31 août 2025, 21:16
Camp Pédagogique Le corps au service de la magie
Si Suileabhan approuvait silencieusement dans son esprit l'ensemble des décisions et du comportement d'Eileen en cet instant, il n'en laissait rien penser pour autant. Le visage gravé du sérieux à tout épreuve qu'il réservait aux véritables combats, il ne voulait pas que la jeune sorcière puisse penser qu'il ne la prenait pas au sérieux - ce qui n'était jamais le cas, lui qui enseignait justement de toujours prendre chaque adversaire au sérieux. Pour autant, même s'il pensait qu'il aurait pu tenter de contrer le soudain enchainement de la diplômée, son corps et son esprit réagirent de concert, tous deux persuadés qu'il existait une meilleure manière de réagir autant que de faire preuve de pédagogie.

Aussi, au moment où la force de l'ancienne Poufsouffle s'appliqua à l'intérieur de son mollet, le concierge se laissa basculer avant de soudainement agripper Eileen à son tour pour la trainer avec lui dans sa chute. De fait, plutôt que d'encaisser l'impact seul, il avait rajouté sa propre force à celle de la jeune femme pour les faire pivoter vers la gauche : c'était donc ce même bras, et le droit de la sorcière qui rencontreraient le sol à pleine vitesse. L'épaule habituée au choc, la main droite enfermant sa baguette de l'autre côté, Suileabhan vint porter le bout du catalyseur sur une des tempes adverse avant même de faire mine de se relever - et de la relever par la même occasion. Il grimaça cependant en bougeant à nouveau son épaule.

- Voici donc une occasion d'apprendre pour tous les deux. Nous noterons d'éviter ce contre en terrain accidenté lorsque l'âge commencera à venir nous chercher. Mieux vaut garder nos épaules en un seul morceau.

Il sourit légèrement à Eileen, avant de reprendre.

- Pour le reste, tu as eu l'occasion de voir plusieurs choses, y compris une utilisation différente d'une baguette en main, si par exemple j'avais décidé de faire porter mon dernier coup - davantage encore si j'avais eu un manche. C'était une initiative intéressante, tu pourras continuer d'y réfléchir. D'autres pistes peuvent aussi se trouver dans l'étude des zones sensibles de la main, il en existe plusieurs pouvant induire le mauvais réflexe de faire lâcher son arme. Et tu as dans ton arsenal plusieurs enchainements capables de t'y conduire.

Était-ce une pointe de fierté dans la voix du cinquantenaire ? Qui aurait pu le dire.

- Mais nous voici déjà face à face pour le cinquième et dernier concept. Fuir. Cette fois, cela fait écho à des conseils que j'ai déjà pu vous donner de nombreuses fois lors des entrainements communs avec d'autres jeunes engagés parmi nous, et cela s'en inspire effectivement quelque peu. C'est un concept essentiel, parce qu'au cours d'un véritable affrontement, ni les pertes adverses ni l'honneur ne sont des victoires. Le plus important, c'est que ceux que tu cherches à protéger soient encore debout, et toi avec. La mort est la seule défaite qui existe, tout le reste n'est qu'une leçon supplémentaire. Lorsqu'une vie est en jeu, la tienne et d'autres, l'honneur, c'est ce que tu mets en œuvre pour qu'il y ait encore un lendemain.

Le concierge coupa court à son monologue avant d'en devenir barbant. L'objectif n'était pas non plus d'en arriver à la conclusion qu'il fallait toujours éviter de combattre, loin s'en fallait.

- Mais ça, c'est ce que j'en pense. Ta vérité sera peut-être différente. Quoi qu'il en soit, et pour t'illustrer une façon de fuir..

En un mot, Suileabhan transplanna, disparaissant de son côté. Sans prendre le temps de se remettre du déplacement magique, il avança rapidement et prudemment.. pour reprendre la parole dans le dos d'Eileen.

- ..Ou pas. Mais ça, ton adverse n'a pas à le savoir.

L'irlandais était relativement fier de son petit effet qui ne pouvait bien sûr véritablement fonctionner que dans les lieux qu'il connaissait comme sa poche - heureusement, ils étaient chez lui. Le jour où lui était venu sa variante de ce cinquième concept restait cependant gravé dans sa mémoire comme l'une des rare fois où il avait réussi à lire ensuite quelque chose qui n'était pas de l'agacement dans le visage de son propre maitre.

- Nous n'allons cependant pas nous mettre à courir pour illustrer une fuite sans magie, mais il s'agit une fois encore d'un exemple où l'entrainement physique à lui seul te donne un avantage réel. Il se fait tard, et il est grand temps de conclure pour aujourd'hui. Tu connais maintenant le contenu et l'objectif de tes prochains. Tu as eu un aperçu de l'essence du véritable Sayokan, et il ne te reste plus qu'à la capturer. Tu as des questions ?

Son maître n'aurait même pas demandé, mais lui n'était pas son maître.

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14 sept. 2025, 22:56
Camp Pédagogique Le corps au service de la magie
Lorsqu’Eileen avait imaginé son enchaînement pour essayer de prendre le dessus sur celui qu’elle considérait comme son mentor, elle n’avait pas prévu de réussir. Ce n’était pas qu’elle n’avait pas confiance en ses capacités, loin de là, mais elle savait que la différence entre leurs deux physiques était bien trop grande. Ce fut d’ailleurs pour cette raison qu’elle avait essayé d’utiliser son propre poids contre lui. Alors, quand l’homme commença à basculer, l’Irlandaise pensait avoir trouvé la faille nécessaire pour le faire vaciller et pourquoi pas tomber. Mais il n’en était rien, car aussitôt il bascula, qu’Eileen sentit son corps suivre Suileabhan dans sa chute.

L’impact avec le sol fut rude, douloureux, mais pas aussi douloureux que l’humiliation qui s’empara d’elle à la présence d’une baguette contre sa tempe. Mais ce sentiment d’humiliation, aussi fort soit-il, s’estompa bien assez rapidement. Elle n’était pas encore au niveau de son mentor, et elle le savait. Cette humiliation se mua facilement en motivation : elle devait devenir plus forte, assez forte pour éviter que cette situation ne se reproduise, encore moins en dehors de ces entraînements. Elle devait devenir plus forte pour protéger ceux qu’elle aimait, pour que plus jamais elle ne soit intimidée par quelqu’un au point de devoir disparaître.

Eileen saisit la main tendue qui se présentait à elle pour l’aider à se relever. Une fois sur ses pieds, elle dépoussiéra son legging noir avant d’étirer l’épaule qui avait absorbé la force de sa chute. Ses muscles criaient sous l’effort du mouvement qu’elle leur demandait, signe qu’elle en sentirait sûrement les conséquences pendant quelques jours.

Un léger rire s’échappa de la bouche de l’adolescente aux mots du concierge de Poudlard, avant de secouer doucement la tête, « Je suis jeune, et pourtant, je sens que mon épaule va m’embêter quelque temps. »

Enfin, les deux membres de l’UDS retrouvèrent rapidement leur sérieux. Comme toujours, la néo-diplômée écouta avec attention les paroles de Monsieur Kohler, rangeant dans une case de son esprit ce qui lui semblait important, ce sur quoi il insistait, fronçant les sourcils lorsque certains mots amenèrent leur lot de questions. Mais l’Irlandaise les garda pour plus tard, car l’homme aborda le dernier des cinq principes du Sayokan. La fuite. Si elle avait songé à penser que la fuite n’était pas une ‘technique’ qu’elle envisagerait un jour d’utiliser, les mots qui suivirent la ramenèrent à la raison. Comment pouvait-on concevoir de laisser son honneur, sa fierté, ou encore son ego se mettre en travers de sa survie, de celle de ses proches ? La preuve en était, elle avait fui face aux menaces de son père.

« Elle ne le sera pas, » assura Eileen.

La fuite par le transplanage. Voilà qui était intéressant, et qui donnait matière à réfléchir. Les bras croisés contre sa poitrine, l’adolescente se retourna tout en faisant un pas en arrière au moment même où la voix de son mentor retentit de nouveau. Elle s’était douté, comme leur entraînement n’était pas fini, et surtout que son dos était la seule zone vulnérable à ce moment-là, que c’était derrière elle qu’il allait réapparaître. Mais elle était surprise, même si elle ne le montrait pas, par sa vitesse d’exécution, surtout si elle prenait en compte les quelques effets secondaires qu’on pouvait rencontrer après avoir transplaner, même sur une courte distance. Cela lui montrait un autre point qu’elle allait devoir travailler si elle voulait en faire bon usage. Heureusement, et normalement si sa candidature était acceptée par la Grande École de l’Art du Duel, Eileen pourra mettre à profit ses cours, et pourquoi pas trouver une salle mis à disposition des élèves pour pouvoir polir tout ce qu’elle avait appris jusque-là.

Fermement, l’Irlandaise hocha la tête. Cependant, avant qu’ils ne retournent au camp, l’adolescente profita de la question de Suileabhan pour poser la sienne.

« Vous venez de parler de ‘manche’, est-ce qu’ils font partie des améliorations que vous avez mentionné tout à l’heure ? »

« Free will does exist, it's just fucking hard.»
Étudiante à la GEAD - Membre de l’UDS [#601070]

18 nov. 2025, 23:45
Camp Pédagogique Le corps au service de la magie
Le problème, lorsque celle qui apprenait était fait du même bois que celui qui enseignait, c'était la tentation de toujours vouloir en montrer davantage. Le problème, lorsque celle qui apprenait était talentueuse, c'était de vouloir préserver et exploiter ce talent à son plein potentiel. Le problème, c'était que cela prenait du temps. Et le véritable problème, c'est qu'avec le temps et de tels éléments venaient fatalement l'attachement. Suileabhan se sentit sourire aux dernières réponses et réactions de la jeune femme. Lui qui savait depuis longtemps ne pouvoir masquer les émotions de son visage força soudain discrètement son épaule encore quelque peu endolorie à bouger. La douleur était largement supportable, mais suffisante pour faire oublier à sa bouche toute envie de sourire.

Même loin d'ici, alors qu'il était encore plongé dans des forêts roumaines peuplées de vieux dragons et d'une jeune dragonologiste, l'irlandais ne s'était jamais vraiment senti la fibre enseignante. Il avait fait de son mieux au cours de l'année écoulée avec les jeunes de l'UDS, et davantage encore avec celles qu'il avait lui-même sélectionné, mais aucune appétence particulière n'était née de cela. Jusqu'à aujourd'hui. Aujourd'hui, en cet instant précis, Suileabhan Kohler était en train de se demander s'il ne pouvait pas en faire davantage. Dans une autre vie, il aurait aimé faire de la jeune sorcière son apprentie. Lui donner tout ce qu'il fallait pour qu'elle atteigne son niveau bien avant lui, qu'ils apprennent l'un de l'autre. Et, un jour, qu'elle le dépasse et devienne meilleure que lui. Mais, dans ce monde-ci, s'il espérait une conclusion similaire, le chemin pour y arriver serait bien différent. Et l'avenir seul pourrait leur dire si un mal ou un bien ce serait. Après tout, apprendre de nombreux tuteurs et professeurs était également une chance unique qui pouvait grandement bénéficier à Eileen.

Suileabhan chassa ces vaines pensées de destins différents pour en revenir au temps précieux qu'ils avaient encore tout deux en commun.

- C'est exact oui, les manches en font partie. Il y'a aussi toutes sortes de modifications plus permanentes et plus.. risquées. Dans tous les cas, il s'agit d'un sujet intéressant et important, mais j'ai bien peur de moins en savoir à ce sujet que certains de tes professeurs futurs et passés.

Après tout, la dernière fois que le concierge avait sérieusement étudié les catalyseurs, c'était la veille de son ASPIC de sortilèges. Le reste tenait de théories intéressantes qu'il n'avait malheureusement jamais eu le loisir de pouvoir concrètement étudier pour le moment.

- Je peux te conseiller un ou deux livres à ce sujet afin que tu t'en fasses une meilleure idée. Nous aurons par contre peut-être un jour l'occasion de nous pencher tous deux sur de futurs choix à faire pour ta baguette si tu choisis d'emprunter cette voie. Ce qui pourrait le mieux convenir à ta manière d'appréhender ta magie.

Suileabhan avait hésité à dire notre magie, tant il savait que la sienne et celle de la jeune sorcière étaient similaires, encore davantage après ce qu'elle avait appris de lui. Mais lui ne choisirait jamais à sa place. Sauf peut-être sur le fait qu'il était désormais temps qu'ils se séparent - pour aujourd'hui seulement.

- Une dernière chose. L'année prochaine, tu passeras par la volière de Poudlard afin de me contacter. Sauf cas de force majeure, nous nous retrouverons ici, en Irlande, suivant les disponibilités que tu me communiqueras.

Ainsi, il pourrait gérer plus facilement également les entraînements de Dawn, qui eux nécessiteraient moins dd temps en sa compagnie. Suileabhan fronça alors doucement les sourcils, comme s'il venait de se souvenir de quelque chose.

- Tu peux retourner au camp, j'ai encore une chose à faire.

Lorsque, depuis de longues secondes déjà, Eileen ne put plus voir ni entendre le concierge resté derrière elle, un croassement se fit entendre, suivit quelques instants plus tard par une présence que l'irlandais avait presque pu deviner.

- Elle apprend plus vite que toi.

- Je sais. Son enseignant..

- A encore failli dire quelque chose qu'il aurait regretté.

Suileabhan grimaça.

- Vous comptez intervenir ?

Un silence. Puis, une réponse.

- Pas que je sache. Elle est trop jeune, de toute façon.

- C'est tout ce que je voulais savoir.

- Je sais.

Suileabhan se retourna, prêt à continuer la joute verbale, mais Zagan s'était déjà envolé. Pourtant, quelques instants plus tard, l'irlandais souriait. Le destin d'Eileen serait radieux.


Merci pour ce RP, j'espère que cette fin te conviendra !

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