Quand l'encre déborde

Vendredi 03 juin 2050
Dans l'après-midi
Avec
@Abigail Vaughan


Portant ses manuels scolaires qui lui cachaient presque le visage, Eva se dirigeait vers la bibliothèque de Poudlard, prête à réviser pour la 101ème fois au moins. Pourquoi fallait-il que les examens arrivent toujours si rapidement ? Ne pouvaient-ils pas échanger de rôle avec les vacances, qui, elles, semblaient ne jamais se terminer ? La jeune fille n’était pas prête, et elle ne le serait probablement jamais. Les examens n’étaient pas faits pour les élèves comme Eva, qui avaient peur de leur propre ombre, c'était sûr ! La poufsouffle se demandait souvent comment les autres élèves vivaient cette période. Qu’est-ce qu’ils ressentaient eux, si ce n’était ni la peur ni l’angoisse ?

Une fois arrivée, la deuxième année étala ses affaires sur la table : parchemins, manuels, encrier, plume et surtout, son livre préféré. La brunette avait de quoi passer ici tout le reste de l’après-midi. Eva espérait pouvoir finir ses révisions assez rapidement : elle n’avait pas apporté son livre pour rien ! Elle le posa délicatement à côté de la pile de ses manuels, qui formaient maintenant un véritable château, tant elle était grande, avant de commencer à réviser avec une grimace au visage.

Soudain, Eva fit tomber son encrier, qui se renversa entièrement, et sans grande surprise sur son livre. C’était comme s’il l’avait fait exprès. De tous les manuels présents, pourquoi fallait-il que ce soit celui-là et pas celui de sortilèges par exemple ? Décidément, sa maladresse la surprendrait toujours. La jeune fille fixa son livre d’un regard paniqué. Il avait l’air d’être bien… abîmé. Ce simple regard paniqué se transforma en panique complète en une fraction de seconde. De grosses larmes commencèrent à couler lentement le long de ses joues. Eva n’autorisait personne à toucher à ses livres préférés, et maintenant, elle avait réussi à en abîmer un de ses propres mains. La fillette ne se le pardonnerait jamais.
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Quand l'encre déborde
Quand l'encre déborde
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Vendredi 03 Juin 2050
À la bibliothèque
@Eva Howard

MARGEGAUCHE.
Elle soupirait tellement qu'elle aurait sans mal pu faire s'envoler un quelqu'un. Sans déconner, le souffle fort, long, à la limite de la tornade. Bon d'accord, c'était un peu exagéré, c'était du Abigail tout craché. Toujours dans l'excès la gamine, elle aurait sans mal pu faire du cinéma avec ses capacités à jouer la comédie. Mais c'était comme cela qu'on l'appréciait, ou pas d'ailleurs. Les goûts et les couleurs après tout. Il y avait pourtant une chose de vrai dans tout cela. C'était qu'elle soupirait. Et un peu trop d'ailleurs.

Assise sur sa chaise depuis une bonne vingtaine de minutes, elle ne cessait de regarder à droite et à gauche. Elle s'ennuyait, il fallait le dire comme c'était. Comment pouvait-on s'ennuyer alors qu'on se trouvait dans une bibliothèque ? Excellente question, il fallait demander à Abigail la recette, elle était très forte pour réussir à ne pas faire comme tout le monde.

Couic. Couic. La chaise de la gamine qui grince alors qu'elle se balance d'avant en arrière, essayant comme par magie de tenir sur les deux pieds arrières de la chaise sans perdre l'équilibre. Elle allait tomber, elle allait se faire mal. Quand, y'avait personne qui pouvait le savoir à moins d'avoir une boule de cristal et de savoir s'en servir. Elle avait beau être une sorcière Abigail, elle croyait pas à tous ces trucs de divination. C'était de l'abstrait pour elle qui avait besoin de concret. Enfin, la Défense contre les forces du mal c'était aussi de l'abstrait d'une certaine manière, tant qu'on avait pas vu des forces du mal.

Abigail poussait un nouveau soupire et reposait les quatre pieds de sa chaise sur le sol, un peu trop bruyamment, tant pis. Elle en avait marre d'être ici mais elle avait trouvé que ça pour prétendre réviser pour ses examens tout en pouvant rien faire à la fois. Elle n'avait juste pas envie, pas aujourd'hui. Et se cacher au milieu des livres était tout ce qu'elle avait trouver.

Se levant donc de sa chaise, voilà qu'elle commençait à déambuler parmi les rayonnage, l'air de rien, sifflotant comme si elle était tout seule dans la bibliothèque. Elle savait bien qu'il fallait garder le silence dans un tel lieu mais qu'est-ce que c'était ennuyant, surtout pour une fille comme elle qui parlait un peu trop, tout le temps.

Fille du chaos qu'elle était, à toujours vouloir foutre le bordel là où elle passait et surtout à chercher à défier l'autorité par sa tentative d'innocence, à chercher des réponses au pourquoi c'est interdit alors que si ça l'est, c'est sans doute pour une très bonne réponse. Mais ça elle s'en moquait, elle ne faisait pas attention à ce qui l'entourait, comme si elle était seule au monde.

Enfin, ça, c'était ce qu'elle faisait habituellement mais alors qu'elle allait tourner dans une allée en remettant un livre pris un peu plus tôt à la mauvaise place, ça aussi juste pour le plaisir, elle la voit cette fille, assise à une table, avec un livre devant elle en train de vider toutes les larmes de son corps. C'était à se demander ce que ce pauvre ouvrage avait bien pu lui faire.

- Bah alors ? Il t'a fait quoi ton livre pour que tu pleures comme ça ?

Elle rigolait Abi, on aurait pu croire qu'elle avait pas de coeur, c'était seulement comme ça qu'elle fonctionnait. Tout prendre à la légère, parce qu'il y avait bien pire dans ce monde. Elle s'approchait pourtant, pu voir la tête qu'avait le livre avec toute l'encre qui avait coulé dessus.

- Oh la fâche. Il s'est suicidé ton livre ou comme ça se passe ? Non parce que je suis désolée de l'annoncer mais je crois qu'il est foutu là.

Si c'était ça qui la mettait dans un tel état, Abi ne comprendrait décidément vraiment rien à l'humanité.

642 mots
MARGEDROITE.
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Quand l'encre déborde
Eva sentait en elle le poids d’un crime impardonnable, un crime dont la seule victime était ce pauvre livre. Les manuels scolaires, eux, pouvaient bien se noyer dans l’encre, la brunette s'en fichait pas mal. Mais lui ? Il ne méritait pas un tel sort. La fillette n’aurait jamais dû l’apporter avec elle. De toute façon, les manuels scolaires ne méritaient pas d’être proches de lui. Mais maintenant, c’était déjà trop tard. Son livre préféré était tout trempé d’encre. Eva ne pouvait que pleurer, admirant les gouttes d’encre qui avaient effacé les mots que la poufsouffle connaissait par coeur à force de les avoir lus. La jeune fille avait le regard fixé sur les coulées d’encre qui glissaient entre les lignes. Comme si l’encre n’avait pas suffi, les gouttes de larmes de la poufsouffle se formèrent aussi sur ses pages. Des pages qui, en l’espace d’un seul après-midi, avaient déjà trop souffert.

"Q-quoi ?" bredouilla-t-elle, trop bouleversée pour comprendre ce que la jeune fille en face d’elle essayait de lui dire. "Il ne veut plus de moi. C’était mon livre préféré, mais moi, je n’étais sans doute pas sa lectrice préférée." répondit-elle dès qu’elle saisit les paroles de la rouge et or. Eva ne put s’empêcher de sourire en entendant la remarque de sa camarade. En y repensant, les autres élèves devaient sans doute voir une scène assez drôle. La deuxième année ne pouvait pas le nier. Elle-même aurait probablement beaucoup rigolé si elle avait été à la place de la gryffondor. Mais ce n’était pas son livre qui avait rendu l’âme, c’était celui d’Eva. Elle avait donc bien le droit de ne pas s’en remettre tout de suite et de pleurer.

"Tu crois qu’il va me le pardonner ? Les livres ne sont pas faits pour être traités de la sorte." demanda-t-elle comme si les livres avaient des sentiments. Eva s’occupait énormément de ses bouquins : elle veillait toujours à ce que les pages ne soient ni repliées ni déchirées, à ce que la couverture reste intacte. Était-ce vraiment possible d’abîmer un livre à ce point-là ? L’Anglaise était sans doute la première personne à l’avoir fait.

358 mots
Eva est trop dramatique :roll:

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Vendredi 03 Juin 2050
À la bibliothèque
@Eva Howard

MARGEGAUCHE.
- Il ne veut plus de moi. C’était mon livre préféré, mais moi, je n’étais sans doute pas sa lectrice préférée.

Il n'était pas trop tard pour faire demi tour, pas vrai ? Elle pouvait faire un pas en arrière, puis un autre et finalement prendre ses jambes à son cou pour déguerpir loin, très loin de cette fille. Elle pouvait aussi prétendre que finalement, elle avait un truc à faire, une urgence ailleurs. Oui, c'était pas une si mauvaise idée.

- Tu crois qu’il va me le pardonner ? Les livres ne sont pas faits pour être traités de la sorte.

Oui. On avait vraiment atteint le fond du fond en réalité et Abigail, les yeux grands ouverts, fixait la Poufsouffle devant elle sans trop savoir quoi dire ou quoi faire. C'était bien la première fois que quelque chose, ou quelqu'un en l'occurence arrivait à faire taire la Gryffondor. Ce jour était à marquer d'une croix blanche sur le calendrier, à n'en pas douter.

En réalité, Abigail se demandait à quel point la jeune sorcière, peut-être son âge ou un an de plus, guère mieux, était sérieuse. Ce n'était tout bonnement pas possible de l'être. En tout cas, c'était très compliqué pour Abigail de ne pas se remettre à rire face à ces paroles qui semblaient tout droit sortir d'un film.

Mais Abigail, fidèle à elle-même, ne savait pas faire autrement que de prendre les choses à la légère. Enfin pour elle en tout cas. Parce que pour elle, c'était pas grave, un livre ça se remplaçait, ça s'empruntait aussi. Elle ne comprenait pas qu'on puisse autant s'attacher à un livre, à un quelconque objet qui n'était finalement que du matériel.

- On va reprendre les choses dans l'ordre d'accord ? C'est un livre. Il n'a pas d'émotions, il ne ressent rien. Donc il ne peux pas t'en vouloir, il ne peut pas te détester et c'est impossible que tu ne sois pas sa lectrice préférée ou non d'ailleurs parce qu'il n'a pas de conscience justement.

Elle parlait lentement, articulait chacun de ses mots pour ne pas paraître trop brusque et sans coeur. Ca pouvait sans mal être vue ainsi, c'était peut-être le cas mais en même temps qu'est-ce qu'elle pouvait dire, qu'est-ce qu'elle pouvait faire ?

- Je veux pas te décevoir mais je ne pense pas qu'il puisse te pardonner. Attend avant de pleurer encore ! J'ai pas envie que tu inondes la bibliothèque !

Elle prit une profonde inspiration, à croire que tout devait être dosé si elle ne voulait pas perturber la Poufsouffle.

- Il ne peut pas te pardonner, parce qu'il ne peut pas non plus t'en vouloir en fait. Comment t'expliquer ça...

Elle ne savait pas. Elle n'avait aucune idée de comment on pouvait faire comprendre à quelqu'un qu'un livre, ne peut ressentir d'émotions. L'humain était d'un compliqué parfois, c'était vraiment à ne rien y comprendre.

- Regarde par exemple, si je prend ce livre.

Elle en prit un au hasard dans son sac, jugeant rapidement la couverture, son manuel de métamorphose serait parfait pour l'exemple.

- Hé bien si je fais ça.

Elle le jetait alors de toute ses forces par terre.

- Il ne peut pas m'en vouloir parce qu'il n'a pas eu mal, il ne ressent rien, il s'en moque. Tu vois le genre ?

Elle trouvait ça un peu stupide ce qu'elle était en train de faire mais si c'était le seul moyen qui existait pour que la jaune et noire se calme, alors elle était (presque) prête à continuer encore un peu.

552 mots
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Quand l'encre déborde
La jeune fille n’arrivait pas à l’admettre : elle n’avait pas seulement détruit un livre, mais un morceau d’elle-même. Et comme si cela ne suffisait pas, Eva avait aussi réduit à néant l’image de maturité qu’elle s’efforçait de renvoyer. Le tout, face à une gryffondor de première année, qui plus est. À ses yeux, sa réaction était plus que normale, c’était la moindre des choses à faire. Mais devant une élève qui réduisait les livres à de simples mots sur des pages qu’on tourne, la deuxième année pouvait paraître bien folle, elle en avait pleinement conscience. Cette fille-là semblait appartenir à cette catégorie.

Eva n’était pas d’accord avec sa cadette : non, ce n’était pas juste un livre. Ses pages, noircies par l’encre, représentaient bien plus qu’un simple objet pour la jeune anglaise. Mais la gryffondor ne semblait pas vouloir le comprendre. Même s’il ne ressentait rien lui, Eva, elle, sentait son cœur se déchirer à chaque regard porté sur sa victime. Néanmoins, la poufsouffle avait besoin de se mentir et de se convaincre que sa camarade avait raison, pour, comme la gryffondor l’avait dit, "ne pas inonder la bibliothèque" ni les autres livres d’ailleurs. "Ce n’est qu’un livre, il ne ressent rien. Ce n’est qu’un livre." répétait-elle, malgré elle. Croyait-elle à ses paroles ? Pas le moins du monde. De toute façon, se persuader de ce flot de mots suffirait-il à apaiser sa peine ?

Les yeux écarquillés de stupeur, Eva assista à la petite scène de sa camarade. Une boule douloureuse vint s’installer au creux de son ventre dès que le son du livre heurtant le sol se fit entendre. Si elles continuaient comme ça, les deux filles allaient finir par se faire virer de la bibliothèque. "Cette fille avait bien sa place à gryffondor !" songea-t-elle, ébahie par un tel courage. Même si ce n’était qu’un manuel de cours et qu’il le méritait largement, Eva n’aurait jamais pu faire une chose pareille. Contre toute attente, cette scène lui remonta un peu le moral, qui jusque-là était dans ses chaussettes. "T’as raison" dit-elle, un léger sourire aux lèvres, presque convaincue par cette prestation. Elle voulut ajouter que les manuels scolaires le méritaient, qu’ils n’étaient pas comme les grimoires qui la réconfortaient. Mais, ne voulant pas paraître encore plus folle, Eva décida de se taire. Merci beaucoup. se contenta-t-elle de murmurer.

La deuxième année fixa une dernière fois son livre, comme pour le graver dans sa mémoire. On aurait dit qu’elle lui faisait ses adieux. Son regard se tourna ensuite vers sa cadette, prête à prononcer une phrase dont elle pourrait être fière. "Euh… est-ce que tu peux le prendre et le jeter à ma place ? Honnêtement, je ne pourrais jamais le faire." demanda-t-elle en effleurant doucement la couverture pour la dernière fois. "Sinon, tu t’appelles comment ? Moi c’est Eva !"
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Vendredi 03 Juin 2050
À la bibliothèque
@Eva Howard

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Qu'était-ce donc que la folie ? C'était une question très intéressante qui aurait mérité grande étude dans cette situation. Abigail n'avait absolument pas demandé à se retrouver là, dans cette situation, à essayer de résoudre un problème qui selon elle n'en était pas vraiment un.

Tout ça pour un livre.

Abigail ne comprendrait vraiment jamais cet attachement que peuvent avoir certaine personne pour les objets. Ce n'était que du matériel, c'était remplaçable après tout.

- Ce n’est qu’un livre, il ne ressent rien. Ce n’est qu’un livre.

La Poufsouffle répétait les paroles de la Gryffondor comme s'il s'agissait du refrain d'une chanson. Si ça pouvait l'aider à accepter, à comprendre aussi, elle pouvait bien répéter tout ce qu'elle souhaiterait.

Mais comme rien ne valait un bon exemple, la Gryffondor prit un livre qu'elle jetait par terre. Le bruit résonnait dans la bibliothèque et entre ça et les voix, elle s'attendait à tout moment à voir quelqu'un débarquer pour les réprimander, voire les faire quitter les lieux. Elle avait comme l'impression que cette seconde option serait pire que tout pour la Poufsouffle qui semblait plus que chérir la bibliothèque.

- T’as raison."

Bien sûr qu'elle avait raison, bien qu'elle ne le dise pas et se contente d'un sourire.

- Merci beaucoup.

Abigail hochait la tête. Elle avait pas l'impression d'avoir fait grand chose pour mériter des remerciements mais elle les acceptait, c'était toujours bon à prendre.

- Euh… est-ce que tu peux le prendre et le jeter à ma place ? Honnêtement, je ne pourrais jamais le faire.

Elle pouvait le faire mais n'était pas certaine que ce soit la solution.

- Tu sais que ça t'aiderait de le faire toi même mais... bon d'accord, si tu ne t'en sens pas prête, je vais le faire.

Elle prit le livre entre ses doigts et le fourrait dans son sac. Ca n'avait pas d'importance qu'il vienne tâcher ses autres affaires, elle les nettoierait ou elle se débrouillerait dans le cas où ça ne serait pas rattrapable.

- Sinon, tu t’appelles comment ? Moi c’est Eva !

C'était normalement par ça qu'on commençait, par les présentations. Mais il était vrai qu'Abigail ne faisait jamais les choses dans l'ordre et ce avec toutes ses relations. Pour la simple et bonne raison que c'était pas amusant que les choses se faisait normalement. Un peu d'inédit, c'était tout aussi bien.

- Moi c'est Abigail.

Pas besoin d'en dire plus pour le moment. Les uniformes qu'elles portaient respectivement donnaient suffisamment d'informations sur leur maison.

- Dis voir, j'ai une question...

La gamine se mordait les lèvres, surtout parce qu'elle avait peur de vexer Eva qui finalement, n'a pas demandé à se retrouver face à Abi et ses questions à deux balles. Alors la Gryffondor trainait une chaise sur le sol pour s'asseoir, pour fixer avec attention la jeune fille à ses côtés.

- Ca t'arrive souvent d'être un peu... d'être si... comment dire ça avec tact... si dérangée ?

En fait, il n'y avait pas de bonnes ou de mauvaises manière de poser une telle question, fallait juste le faire, simplement, surtout si elle voulait une réponse par que ça allait la tournebouler un sacré bout de temps cette affaire.

- Ne le prend pas mal hein mais... t'avais l'air d'avoir un sacré grain la dedans.

Elle désignait de son index son propre crâne pour lui faire comprendre de quoi elle pouvait bien parler. Espérant seulement qu'elle prendrait pas mal les choses, qu'elle comprendrait même le point de vue extérieur.

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Quand l'encre déborde
Eva n’était encore une fois, pas du même avis que sa cadette : jeter l’objet elle-même ne l’aiderait en rien à assumer sa bêtise. Cela ne ferait que lui faire verser, une fois de plus, toutes les larmes de son corps, chose qu’elle préférait éviter. La Poufsouffle ne voulait pas attirer l’attention des autres élèves de Poudlard, encore moins leur offrir une raison de la critiquer. Eva préférait passer inaperçue dans les couloirs du château, comme un fantôme, elle détestait qu’on la regarde. C’était précisément pour cette raison que la deuxième année, elle ne participait jamais en classe : ce n’était pas une chose que les introvertis comme elle pouvaient faire.

L’unique vision du livre jeté à la poubelle la fit légèrement tressaillir. Eva fut à deux doigts de changer d’avis et de dire à la Gryffondor qu’elle préférait le laisser près de son lit. Même si elle ne pourrait pas l’utiliser, au moins, de cette façon, il serait là, près d’elle. La Poufsouffle pourrait le garder de la sorte comme un souvenir. "J’aurais également pu le garder avec moi, et le mettre près de mon lit. Même s’il n’aurait pas été utilisable, il aurait été au moins avec moi." bredouilla-t-elle rapidement, fuyant son regard bien trop honnête. Eva admirait beaucoup cette fillette. La Gryffondor avait en elle quelque chose que la brunette ne pourrait jamais avoir : du courage. Si elle n’était pas intervenue, la deuxième année aurait probablement continué à sangloter. La Poufsouffle fit de son mieux pour garder son calme quand la rouge et or prit le livre et le mit dans son sac. Eva ne le reverrait plus jamais. C’était fini.

La brunette sourit légèrement en entendant la question d’Abigail. La réponse était bien évidemment un oui. N’importe quelle situation, aussi mineure soit-elle, pouvait mettre Eva dans un état pareil. La jeune fille avait essayé plusieurs fois de changer, d’être plus forte, de pouvoir réfléchir de manière plus mature au lieu de pleurer face aux inconvénients, mais toutes ses tentatives avaient échoué "Ne t’inquiète pas, je ne le prends pas mal !" la rassura-t-elle. "En fait, oui, je suis toujours comme ça. Je panique au moindre inconvénient." avoua-t-elle, changeant de couleur jusqu’à devenir toute rouge. "Ça t’est déjà arrivé toi ?"

Eva pensa immédiatement à la fois où elle avait perdu ses peluches. La Poufsouffle avait bien trop paniqué cette nuit-là, insistant pour les chercher après le couvre-feu. C’était un peu stupide de sa part, elle arrivait enfin à l’assumer. "T’as envie de rigoler ? Si tu veux, je peux t’en parler !" proposa-t-elle, se remémorant toutes les fois où elle avait paniqué plus que nécessaire. La jeune fille ne s’était jamais rendu compte à quel point elles étaient nombreuses.

454 mots

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À la bibliothèque
@Eva Howard

MARGEGAUCHE.
Elle en aurait eu des choses à dire, Abigail, sur tout cette histoire mais le problème avec la Gryffondor, était qu'elle avait du mal avec les limites. Non pas qu'elle ne savait pas qu'elles existaient, simplement qu'elle ne savait pas souvent où elles se trouvaient. En même temps, fallait reconnaître que c'était pas toujours évident de le savoir avec ceux qui se vexaient pour un rien, ceux qui savaient rire de tout même d'eux même, ou encore ceux dont on pouvait facilement dire qu'ils n'avaient pas inventé le pilon et le mortier.

Elle avait beau ne pas se soucier de ce qu'on pouvait penser d'elle Abigail, d'en avoir rien à faire de son image et de préférer faire ce que bon lui semblait, elle n'avait pas envie de se mettre la Poufsouffle à dos. Non étonnement, elle avait envie de l'aider même si tout cette histoire était un peu trop décaler pour Abi.

- J’aurais également pu le garder avec moi, et le mettre près de mon lit. Même s’il n’aurait pas été utilisable, il aurait été au moins avec moi.

Abigail levait les yeux au ciel. Combien de temps est-ce que ça allait bien pouvoir durer cette affaire ? Pas la moindre idée. Pourtant, il n'y avait pas besoin d'être né du dernier lumos pour savoir qu'un livre ça n'avait pas de sentiments. Ca se saurait sinon. Mais ça avait l'air d'avoir de l'importance pour celle qui lui faisait face, qui semblait plus que bouleversé par toute cette histoire et elle n'aimait pas ça, bien que c'était plus facile pour elle d'en plaisanter.

Elle avait de vraie question concernant ce qui se passait, ce qu'elle pouvait bien ressortir. Ca ne devait pas être facile tous les jours quand on était comme elle. Qu'est-ce qu'elle voudrait détester ça la lionne.

- Ne t’inquiète pas, je ne le prends pas mal ! En fait, oui, je suis toujours comme ça. Je panique au moindre inconvénient.

Elle avait les yeux grands ouverts. Si elle n'avait pas été bien élevée par ses parents, probablement qu'elle aurait la bouche ouverte aussi mais tout de même, un peu de tenu, bien qu'elles ne soient que toutes les deux dans la bibliothèque. Y'avait pas grand monde pour les voir, c'était peut être plus simple aussi pour la Poufsouffle.

- Ça t’est déjà arrivé toi ?

Question qui tue. Quoi répondre ? Fallait-il dire la même chose qu'elle pour qu'elle ne se sente pas seule ou bien lui dire la vérité au risque de se sentir à part ? C'était quand même pas simple de grandir, on avait des problèmes un peu... compliqué.

- Non jamais. Après tu sais, je suis certaine qu'il y a plein d'autres choses qui me sont déjà arrivées et pas à toi.

Elle haussait les épaules. En fait, toutes les fois où Abigail se sentait à part, c'était quand elle avait dans la tête une envie irrépressible de faire une bêtise, ou du moins de défier l'autorité. Des moments où trop souvent elle se sentait seule parce qu'on ne voulait pas la suivre, qu'on n'avait pas envie de s'attirer des ennuis ou simplement parce que c'était pas le moment. C'était jamais le bon moment pour défier l'autorité de toute manière mais ça l'amusait, elle aimait comprendre pourquoi des choses étaient interdites alors qu'elles paraissaient inoffensives en apparence.

- T’as envie de rigoler ? Si tu veux, je peux t’en parler !

C'était une proposition sérieuse ? Parce que ça en avait tout l'air mais Abi n'avait pas envie de se montrer trop intrusive. Même si, elle devait bien le reconnaître, il y avait une part d'elle-même qui avait envie de savoir. Surtout que ça pourrait potentiellement lui donner des idées, pour d'autres choses à l'avenir, des méfaits à accomplir.

- Ne te sens pas forcée surtout. T'es pas obligée. Je ne me moquerais pas même si, le prend pas mal encore une fois, t'es quand même sacrément barrée et je te comprend pas vraiment.

Non elle ne comprenait vraiment pas comment on pouvait se mettre dans un tel état pour un livre. Ce qui la rendait d'autant plus curieuse.

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