2 nov. 2025, 03:46
Réparer les fissures
Les yeux de Dorian restèrent sur le psychomage en face de lui. Ils analysaient, non pour identifier une menace, au contraire, ils passaient de fond en comble chaque détail pour identifier un possible mal-être suite à ses paroles. C'était bizarre de se soucier de quelqu'un qui paraissait cacher une mauvaise surprise quelques instants plus tôt. Mais c'était plus fort que lui. Le Poufsouffle avait besoin de savoir qu'il pouvait partager le poids qui se trouvait sur ses épaules aux autres sans que cela ne soit trop lourd et insupportable. La dernière fois qu'il avait analysé quelqu'un de cette manière, il avait six ans et un précepteur très peu expressif était rentrée dans sa vie, précepteur qui était dès à présent son parrain. La dernière fois, il s'était confié sur la situation à la maison, comment toute cette nouvelle atmosphère lui faisait peur. Heureusement que ça n'avait duré que durant la chasse aux sorcières... Cependant, les images du passé refaisaient parfois le chemin vers la surface et dans ces moments-là, la personne pour calmer ses pensées qui lui venait en tête était...

"Mon parrain, je lui dis presque tout. Il est pas très expressif et on dirait pas trop quand on le voit, mais il est super gentil, il fait tout le temps attention à moi et il m'apprend plein de trucs super utiles.", le blondinet expliqua en tournant son regard vers la tasse de chocolat. Un peu étrange de ne pas penser à ses parents en premier. Il leur faisait confiance ! C'était juste que parfois, un fossé entre lui et eux se faisait ressentir, comme une fissure qui était là, mais qu'on ne la voyait pas. "J'aime bien mes parents aussi, c'est juste que... je sais pas... Ma maman est moldu et j'ai pas trop l'impression qu'elle va comprendre si je lui dis... Et mon père... Il est gentil, c'est juste que... hm...", on ne demande pas de l'aide à quelqu'un qui n'arrive pas à recoller ses propres morceaux, ça ne se fait pas.

L'incident... Le jeune Poufsouffle devait encore réfléchir, est-ce qu'il avait vraiment envie de revivre la scène dans sa tête ? Puis, est-ce qu'il allait parler seulement que de ce jour ? Le temps d'avoir cette petite réflexion, une boite de mouchoir se déposa sur la table. Sans hésiter, le blondinet attrapa un mouchoir et se moucha un bon coup afin d'éviter les reniflements incessants. Il déposa le petit papier plié sur un coin de la table puis reposa son regard sur Mister Kyros. Le garçon écouta ses mots attentivement et après un petit laps de temps, il acquiesça une première fois, oui, il pouvait concevoir que son corps agissait tout seul. Puis, quand c'était arrivé, il était jeune, très jeune. Son parrain lui disait toujours que les enfants étaient comme des éponges, ils absorbe tout même le mauvais, puis ça reste longtemps. Ce jour-là, Dorian avait absorbé un mauvais souvenir.

Le garçon leva un sourcil quand le psychomage lui dit qu'ils n'allaient pas essayer d'effacer sa peur. Puis la suite donna du sens à la phrase et Dorian acquiesça une seconde fois. Éradiquer la peur n'était pas une si bonne idée, car s'il n'avait plus peur, le moment où le blondinet allait être en danger, il n'allait pas réagir. Finalement, ne plus avoir peur était peut-être plus terrifiant que la peur en elle-même.

Puis, Dorian entendit le mot "impressionnant" pour décrire ses efforts et ses joues prirent une teinte légèrement rouge. "Merci...", le garçon murmura avant d'entamer son chocolat chaud. Le Poufsouffle prit une petite gorgée et oh... C'était bon, très bon. Il déglutit et déposa la tasse sur la table. Si ses efforts étaient impressionnants autant continuer sur cette voie, et il avait envie d'en parler, de mettre des mots dessus.

"L'incident... C'est hum...", les mots ne venaient pas, peut-être que de mettre le contexte en lumière allait l'aider. "C'est quelqu'un de ma famille... Fin, non, c'est pas ma famille, mais par le sang oui. C'est... Le frère jumeau de mon père.", seulement dire ces mots fut assez pour que Dorian ressente un frisson de dégoût le parcourir. "Et... je me souviens pas trop, c'est un peu flou, mais je me souviens que je l'avais confondu avec mon papa et... au début, il était gentil, je lui faisais pas trop confiance parce que c'était un inconnu... Et quand il a remarqué, il m'a donné son nom... Du coup, j'ai donné le mien, puis il s'est transformé en monstre.", Dorian expliqua avant de continuer un peu plus malgré le fait que les chaînes se renfermaient autour de sa gorge. Le garçon pouvait déjà ressentir des points de légère douleur sur sa mâchoire et le froid, surtout le froid. "Il a dit que j'étais sale et impur et... hm...", le Poufsouffle s'arrêta là, il n'avait pas besoin de rapporter tout ce qu'il lui avait dit ce jour-là, puis de toute façon, le garçon n'y arriverait pas.

820mots
@Hyacinthe Kyros

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2 nov. 2025, 16:24
Réparer les fissures
Hyacinthe demeura silencieux, mais pas absent. Il écoutait Dorian avec une attention qui ne se forçait pas, une concentration d’une délicatesse issue des valeurs qu'il apportait à son travail. Après toutes ces années, ces dernières n'étaient en rien diminuées, semblant au contraire toujours se renforcer à l'écoute d'un tel discours fissuré.

Les mots du garçon tombaient lentement, hachés, pris dans la gorge. Mais chacun d’eux avait le poids d’une pierre balancée au fond d’un lac. Et plus Dorian parlait, plus la surface se troublait : Un membre de la famille, le frère du père, la confusion.

Un monstre.

Ces fragments seuls suffisaient à dessiner une image que Hyacinthe n’avait pas besoin d’entendre jusqu’au bout pour comprendre. L’air dans la pièce s’était épaissi et un frisson remonta le long de sa nuque, qu'il masqua en croisant ses jambes dans l'autre sens.

Le trentenaire resta ancré dans son siège, les mains jointes, la respiration volontairement lente. Ce n’était pas seulement pour calmer Dorian, même si là était son principal objectif, c’était aussi pour se maintenir lui-même. Par Merlin, tant de ces images résonnaient avec sa propre vie... Son propre père, les soirs d’orage, la peur qui prenait racine dans le ventre avant même que le ton monte... Ces souvenir n'avaient jamais laissé Hyacinthe guider une séance avec autre chose que du professionnalisme. S'il devait paniquer à chaque fois qu'il rencontrait un enfant battu, il aurait choisi le mauvais métier. Il reconnaissait ce froid, et savait simplement que sa nuit ne serait pas agréable. Ce n'était pas si grave, après tant de temps. Cela lui fit simplement penser avec déception qu'il devrait aider Dorian à se débarasser de ses cauchemars alors que lui-même ne l'avait jamais fait.

- Vous n’avez pas besoin d’en dire plus, Dorian. Je... je pense avoir compris, commença-t-il avec ancrage. Merci d'avoir osé partager cela avec moi. Vous avez parlé d’un moment où quelqu’un a utilisé la confiance, la ressemblance, pour vous tromper. Et pour un enfant, il n’y a rien de plus déstabilisant.

Le silence s’étira encore un peu. Hyacinthe devait choisir chaque mot avec soin, parce que le moindre faux pas pouvait heurter ou refermer la porte que Dorian venait d’entrouvrir.
Il marqua une pause, assez longue pour laisser les mots respirer. Puis reprit doucement :

- Votre... non, pas oncle. Dorian ne l'a pas appelé comme tel. Le frère de votre père... c'est un sorcier, n'est-ce pas ? Ais-je droit de supposer qu'il n'a pas apprécié le choix de votre père d'entretenir une relation avec votre mère ? Son regard glissa vers la tasse encore tiède, puis revint sur le garçon. Je comprends que vous ayez peur que les adultes changent d’un coup. Quand on a vu quelqu’un qu’on croyait connaître se transformer, on ne croit plus à la stabilité. On apprend à se méfier. Mais... sachez que vous n'êtes pas condamné à revivre ce changement-là avec tous les autres visages que vous rencontrerez.

Hyacinthe se redressa un peu dans son fauteuil, cherchant à ramener un peu de chaleur dans la pièce. Il décida de conclure sur une note positive, qu'il avait perçu dès le début du discours du Poufsouffle. C'est avec un sourire fier qu'il reprit la parole.

- Je suis cependant content d'apprendre que vous pouvez compter sur votre parrain. Il semble avoir compris ce dont vous aviez besoin. Est-ce que vous pensez lui faire confiance ? Lui qui est un adulte ?

Hyacinthe resta ainsi, le dos droit, la respiration calme, sans chercher à combler le silence. Il décida ensuite de mentionner les idées qui le travaillaient.

- Ce que je vous propose, Dorian, c’est qu’on avance très lentement. On n’a pas besoin de tout revivre pour comprendre. On peut simplement commencer par regarder ce que cette peur fait dans le présent, dans votre corps, dans vos pensées, dans vos nuits. Soyez cependant certain d'une chose, le roux posa ses yeux sur ceux du petit blond. rien ne se passera ici sans que vous soyez d'accord. Vous êtes maître de tout ce qui se passera dans cette pièce.

678 - @Dorian Peachey

Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c

9 nov. 2025, 22:32
Réparer les fissures
Le regard du blondinet parcouru le psychomage à la recherche de n'importe quel signe d'inconfort. Est-ce qu'il en avait trop dit ? Est-ce qu'il aurait dû attendre un moment plus propice ? Le doute s'installait tout doucement en Dorian, et un autre type de peur fit son entrée, celle d'en avoir trop dit, d'avoir partagé quelque chose de trop lourd. Le garçon attendit que Mister Kyros reprenne la parole, sa gorge étant de nouveau nouée. Il essaya tant bien que mal de faire passer cette sensation en buvant le chocolat chaud, c'était plutôt efficace.

Les légères hésitations du roux firent tiquer le jeune blond et une petite grimace apparue sur son visage quand le mot oncle failli sortir des lèvres du psychomage pour décrire le monstre au sourire charmant. Heureusement, l'adulte rectifia le tir rapidement.

"Oui, c'est un sorcier et il a vraiment pas aimé quand papa s'est marié avec maman... En faite, on m'a dit que toute la famille de papa a pas aimé et ils l'ont expulsé. Mais papa s'en fiche, il dit que c'est mieux comme ça et que de toute façon, il veut plus jamais les voir.", Dorian expliqua brièvement suite à la supposition de Miss Kyros.

Le garçon écouta avec attention le reste du discours qui résonnait avec d'autres souvenirs plus douloureux. Les adultes avaient trop de facettes différentes et certaines étaient agressives, effrayantes et parfois, elles semaient la terreur à vie. Le Poufsouffle aurait aimé ne jamais prendre conscience de cela, car dès à présent, le doute était un compagnon constant. Ses parents avaient des facettes alors tout le monde pouvait en avoir, même l'adulte en face de lui. C'était facile de faire un sourire...

Le blondinet secoua légèrement la tête pour se sortir ses pensées de la tête, ce n'était pas le moment de laisser le doute prendre le dessus. Puis, Dorian devait bien se l'avouer, en passant du temps avec le psychomage, il avait complètement oublié le sentiment de danger. Pourtant, ce n'était pas comme s'il avait passé un moment à rire aux éclats ou à parler de ses intérêts, non, il avait parlé de son mal-être et d'un souvenir qui lui donnait encore des frissons. Il avait ressenti la même chose que ses moments partagés avec son parrain sauf que les deux adultes étaient évidemment différents sur certains points. Pas sûr que le psychomage serait resté calme en se prenant une voiture en plastique en plein visage durant leur première rencontre.

"Je fais confiance à mon parrain parce qu'il porte jamais un masque, il essaye pas d'aller dans mon sens pour créer un faux sentiment de sécurité. Il a pas peur de me reprendre quand je fais une bêtise, mais il me crie pas dessus -pas comme la bibliothécaire- il prend le temps de m'expliquer ce qui va pas pour que je comprenne et que je fasse pas la même erreur. En fait... Il reste lui-même et... Il est jamais parti, il est toujours resté même quand c'était dur pour lui.", Dorian répondit sans avoir besoin de réfléchir, c'était évident pour lui.

Les yeux du blondinet s'illuminèrent un peu quand Monsieur Kyros lui mentionna qu'il n'aurait pas à tout revivre, qu'il n'aurait pas à entendre les cris de colère de nouveau. Puis, le Poufsouffle fit un peu la grimace vers la fin. C'était bien d'avoir la main sur tout, mais pour le jeune blond, ça devait aller dans les deux sens. Il ne voulait pas faire quelque chose sans que le psychomage ne soit d'accord.

"M'sieur, vous êtes sûr que... ça vous dérange pas ? Fin, que je vous raconte tout ça ? J'ai pas envie que ça soit trop lourd pour vous... Hum...", les joues de Dorian prirent une teinte rouge. C'était peut-être blessant de dire ça. "Je sais que c'est votre métier et tout, mais je veux être sûr que vous vous forcez pas pour moi... C'est important de se mettre des limites tout ça, tout ça...", le blondinet n'osait plus regarder l'adulte dans les yeux, son regard se plaça sur la tasse de chocolat chaud.

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@Hyacinthe Kyros

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10 nov. 2025, 15:47
Réparer les fissures
Hyacinthe observa le garçon sans un mot, laissant le flot d’inquiétude s’installer comme une onde dans l’air. Il voyait les yeux de Dorian courir sur lui, guetter la moindre crispation, la plus petite trace de malaise, et il comprit tout de suite ce que ce geste cachait. Il ne fut pas compliqué pour le psychomage de s'ouvrir à cette inspection, détendu. Malgré le masque nécessaire à l'exercice de son travail, malgré les souvenirs qui remontaient, il n'était pas difficile pour le roux de se sentir à l'aise avec le jeune Poufsouffle.

Il prit une respiration lente. Le parfum du chocolat chaud s’était mêlé à celui, plus discret, de l'encens qui avait fuit la porte de ses appartements. Dorian, les joues rosies, fuyait le regard de l’adulte en triturant la tasse entre ses doigts. Hyacinthe ne pu s'empêcher de sourire en le remarquant. Il s’appuya légèrement en avant, les coudes sur ses genoux et les doigts entrelacés. Il ne chercha pas à se faire grand ni à s’imposer, mais plutôt à se montrer le plus stable possible pour le sorcier.

- Est-ce que votre père vous en parle, parfois ? De la façon dont il s'est détaché des opinions de sa famille ? Hyacinthe marqua une courte pause, puis ajouta : Et... le fait qu'il ait choisi un autre chemin, est-ce que cela vous rassure ou est-ce que cela vous semble un peu flou ?

C'était tout à fait compréhensible. Un homme qui ne se cachait pas derrière de faux-semblants... quelque chose qui était loin de ce qu'il avait fini par devenir, pensa-t-il avec une certaine ironie. L'image était facile à former, et Hyacinthe comprenait en quoi un tel homme pouvait être rassurant pour Dorian. Ses doigts effleurèrent distraitement le bord de son genou, un tic discret, avant qu'il ne reprenne.

- Vous avez confiance en lui. Pensez-vous concevoir qu'il y ait d'autres personnes capable de se montrer aussi... franches, dirons-nous, que votre parrain ? Vous m'avez aussi parlé de votre mère avec beaucoup d'affection... Lui avez-vous déjà parlé de tout ça ?

Un léger sourire effleura ses lèvres, un sourire tranquille, amusé et bienveillant. La bibliothécaire, hein... bien que la mention résonne dans l'esprit de Hyacinthe, il décida de l'ignorer pour le moment. L'air embarrassé du Poufsouffle était attendrissant, et le roux ne pu s'empêcher de vouloir le rassurer.

- Oh non, ne vous inquiétez pas, Dorian, dit-il finalement, d’une voix douce mais ferme. C’est important, bien sûr, de se mettre des limites. C’est essentiel dans mon métier comme dans la vie.

Le roux laissa le silence revenir quelques secondes, le temps que les mots s’installent. La lumière de la lampe dessinait sur son visage des reflets tièdes, qui adoucissaient la rigueur naturelle de ses traits.

- Ce que vous me racontez ne dépasse pas mes limites. Je vous le dirai, si c'est le cas. Cela voudrait dire que je ne serai pas la personne la mieux placée pour vous aider. Pour l'instant... ce que vous partagez ici, c’est quelque chose qu’on porte à deux.

Hyacinthe s’interrompit, attentif au moindre tressaillement du garçon. Avait-il réussi à le rassurer ? Il marqua une courte pause, ses yeux glissant brièvement vers la tasse encore tiède, puis de nouveau vers Dorian.

- Ici, c'est à moi de faire en sorte que cet espace reste sûr. Pour que vous ne preniez pas cette charge sur vos épaules. De votre côté... vous m'apportez de la confiance. Assez pour que nous puissions discuter. Ou ne pas discuter, si vous souhaitez une pause. Nous ne sommes pas pressé.

La pièce retomba dans un silence doux, l'air était bon.

603 - @Dorian Peachey

Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c

18 nov. 2025, 21:25
Réparer les fissures
Les mains du jeune garçon prirent la tasse de chocolat chaud pour la placer à ses lèvres et y boire le reste du contenu. En quelques gorgées, il vida la tasse puis il la reposa sur la table. Le chocolat pouvait faire des miracles parfois, ça avait peut-être des propriétés magiques qui sait. Dorian prit un certain temps avant de répondre à la première question du psychomage. Son père, parler de son passé ? C'était une bonne blague... Son père était silencieux, le garçon l'avait appris avec le temps. Pour en savoir plus, il fallait soit passer par autrui ou soit il fallait être assez discret.

"Mon père veut pas parler de ça avec moi, il dit que je suis trop jeune encore pour entendre tout ça, que c'est trop compliqué et plein d'autres excuses... Il parle de ça que avec mon parrain ou ma maman quand il se sent pas bien...", le garçon commença à expliquer avant d'hésiter à en dire plus. Est-ce qu'il pouvait dire qu'il écoutait aux portes ? Que tout ce qu'il savait n'était pas destiné à ses oreilles ? Dorian n'en était pas si sûr. Oui, le secret médical était une chose, mais qu'est-ce qu'il lui disait que Monsieur Kyros allait tenir sa parole ? Rah ! Les doutes reprenaient place dans ses pensées !

Le blondinet se racla la gorge avant de reprendre la parole. "Je sais pas vraiment si il s'est à 100% détaché de ces opinions... Mais je sais pourquoi il a choisi un autre chemin et... Je pense que beaucoup de personnes auraient fait pareil...", c'était étrange de répondre à des choses auxquelles on ne devrait pas avoir de réponses claires. Ça mettait le blond mal à l'aise, il avait l'impression de faire quelque chose d'interdit. D'ailleurs en pensant à des choses interdites, le psychomage était-il au courant de son Diffindo sur une affiche et toute l'histoire qui va avec ? Dorian espérait que non, que ce soit pour sa réputation à lui ou... Elijah... et ses tendances nudistes... Ouais, nan, c'était mieux d'éviter le sujet, le blondinet trouvait ça embarrassant pour l'autre adolescent et il ne voulait pas enfoncer le couteau dans la plaie.

"D'autres personnes que mon parrain ? Hum... peut-être... Monsieur Charleston ? Mais il est trop gentil, c'est bizarre un peu... Puis je sais pas vraiment s'il est franc... Mmmh, Miss Priddy ? Mais elle fait un peu peur... Ou peut-être Miss Tremblay... La bibliothécaire est franche, non, elle est juste méchante.", Dorian murmura en réfléchissant à tous les adultes de Poudlard qui l'entouraient. Il aurait pu dire Vous Monsieur mais il ne le connaissait pas assez. Puis est-ce que l'adulte en face de lui était vraiment franche ?

"Ma maman est franche, elle dit presque tout ce qu'il lui passe par la tête comme moi.", le garçon ajouta pour pouvoir rebondir sur la troisième question de Miss Kyros. "Je lui parle un peu de ça parfois, mais j'ai l'impression qu'elle ose pas trop me dire tout ce qu'elle pense. Genre elle commence à dire un truc puis elle s'arrête... comme si elle avait peur de dire un truc en trop.", le Poufsouffle expliqua avec une légère moue. Il aurait bien aimé que cela soit autrement. "Du coup, j'ai arrêté d'en parler avec tout le monde parce que ça les rend mal à l'aise, surtout papa."

Les yeux de Dorian se posèrent sur l'adulte et il écouta les explications du psychomage avec grande attention. Porter à deux ? Un sourire apparu sur le visage du blondinet, il n'était pas contre cette idée. Ils n'étaient pas pressés, pas du tout pressés... Il était quelle heure ? Le garçon jeta des regards à travers la pièce. Ça faisait combien de temps qu'il était là ? Ses amis devaient s'inquiéter ! Et s'ils étaient en train d'attendre devant le bureau de Monsieur Khan... et qu'il l'avait croisé... Par Morgane, le blondinet ne voulait pas penser aux têtes que ses meilleurs amis tireraient en le voyant !

"Monsieur, vous... Vous avez l'heure ?"

672mots
@Hyacinthe Kyros

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20 nov. 2025, 14:02
Réparer les fissures
Hyacinthe se redressa un peu, comme pour recentrer son attention, puis revint sur ce que le garçon avait confié. L'intérêt porté au chocolat, son agitation nerveuse, son envie d’éviter certains sujets... et surtout cette phrase : “Mon père veut pas en parler avec moi.”

- Votre père ne parle peut-être pas de tout ça parce qu’il veut vous protéger de quelque chose qu’il n’a pas encore digéré lui-même. Ce n'est souvent pas le plus efficace, mais... cela part d'une bonne intention. Le fait que vous ayez conscience de ce qui se passe chez vous est encourageant.

Le regard de Dorian l’avait quitté, mais il continua de s’adresser à lui avec une certaine prudente. Le voir parler autant était encourageant : l'attitude du blondinet était bien différente de ce qu'elle était avant qu'il n'entre dans la pièce. La liste non exhaustive des personnes avec qui le jeune garçon se sentait en confiance ne surprit pas beaucoup Hyacinthe. Avec ce qu'il avait entendu précédemment, le fait qu'il y ait une majorité écrasante de membres du personnel de Poudlard semblait logique. Le nom de son parrain avait fait naître un peu de lumière dans les yeux du Poufsouffle, cela fit apparaître un mince sourire sur le visage de Hyacinthe. Celui-ci se transforma en un rire contenu à la mention de la bibliothécaire. Par Merlin, il n'avait pas le droit d'en rire, de rire de ses collègues, ce serait inadmissible et impoli à souhait.

- Je... je vois, en effet. Il me semble néanmoins que vous avez pu trouver un certain équilibre, une sécurité, avec certains adultes du château, n'est-ce pas ? De même, votre parrain a l’air d’avoir trouvé un équilibre très juste. De la franchise, des limites, et de la stabilité.

Puis, un très léger froncement de sourcils lui échappa, lorsque Dorian évoqua sa mère qui s’arrêtait de parler, comme si les mots qu’elle voulait dire n’avaient pas le droit de sortir.

Cela résonnait trop fort avec autre chose. Sa père à lui, peut-être. Lors des rares fois où elle avait tenté trouver des excuses aux abus qu'elle subissait. Ces silences teinté d'une tristesse et d'une douleur morale qui les avait fait souffrir, à l'époque. Le mal de voir sa mère dans un tel état, de la voir se raccrocher à la moindre once de lumière qui restait dans son mariage malgré l'engloutissement. Il repoussa cette pensée persistante d’un geste mental sec et précis.

- Je pense pouvoir comprendre votre point de vue, Dorian. Je trouve même que vous êtes très éclairé à ce sujet, très observateur. Vous avez arrêté de parler de ces sujets aux adultes de votre famille, mais... si nous mettons de côté leur inconfort, pensez-vous ressentir le besoin d'en parler ? Avec eux, avec une tiers personne ?

Il eut un sourire à peine plus marqué avant de relever doucement les yeux lorsque Dorian demanda l’heure. Le rouquin ne répondit pas tout de suite ; à la fois parce qu'il fallait trouver une réponse, mais aussi parce que le changement avait été trop net. La panique à peine calmée, synonyme d'un inconfort se réduisant petit à petit, venait d’être remplacée par une inquiétude plus triviale, plus... enfantine. Une inquiétude normale, saine même.

Il consulta sa montre d’un mouvement calme.

- Il est bientôt 14h10. Il nous reste quelques minutes pour conclure, si cela vous convient ? Je n'aimerai pas vous retenir trop longtemps. N'hésitez pas à prendre ce temps pour finir votre chocolat.

Son regard glissa vers la porte, puis revint vers Dorian.

- Si vous souhaitez revenir me voir, sachez que la porte vous est ouverte, Dorian. Je serai content de vous revoir ici. J'aimerai également vous le répéter : vous ne dépassez pas mes limites. Si un jour c’est le cas, je vous le dirai de façon claire. Le psychomage fit une pause, hochant la tête dans un signe encourageant, puis reprit avec une voix douce. Y a-t-il autre chose que vous souhaiteriez me dire, avant que nous terminions ?

Hyacinthe resta assis, conscient que le moindre mouvement fait pour se redresser serait un signe clair que la séance touchait à sa fin. Cela était le cas, bien sûr, mais il était préférable de garder un court moment pour que Dorian puisse s'exprimer de façon plus libre que durant l'entretien semi structuré qu'ils avaient réalisé jusque-là. Aucun des deux sorciers ne semblait pressé, tout se passerait en temps voulu.
735 - @Dorian Peachey

Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c

24 nov. 2025, 23:40
Réparer les fissures
Dorian se concentra sur les mots de Monsieur Kyros à propos de son père. Le protéger de quelque chose dont il n'arrivait pas encore à faire face ? Le blondinet acquiesça, c'était l'une des raisons de son silence, le jeune Poufsouffle ne pouvait pas le nier. Il voulait le protéger de ses propres démons, de ses cauchemars, de ses flash-back les plus violents, ceux qui hantaient encore les pensées de Dorian quand leurs regards se croisaient.

"Une bonne intention...", le garçon répéta dans un murmure, comme pour se convaincre que ce n'était que ça, une bonne intention, celle de laisser la conscience de Dorian tranquille. Sauf que cela faisait tout l'inverse. Le jeune blond avait tellement entendu les plus tard mon petit dragon ou les quand tu seras prêt qu'il ne les voyait que comme des excuses quand il demandait d'avoir juste un peu plus d'information, pour savoir si son propre père pouvait affronter une nouvelle journée.

"J'ai plus l'impression que c'est autre chose, comme de la peur ou... de la honte... Je sais pas vraiment en fait.", il dit avec une légère moue. "Je voudrais l'aider, mais je peux pas faire grand-chose, déjà que maman elle y arrive pas, alors moi, je vais rien faire du tout...", Dorian pris une petite inspiration tremblante avant de continuer un peu plus. "Ça me rend triste un peu, mais au moins il va mieux qu'avant."

Dorian se secoua un peu la tête pour faire partir les mauvaises pensées puis il reprit la conversation, d'un ton plus léger. "Les adultes de Poudlard sont sympas en général, ils font moins peur.", à part Miss Pinehead... Et le concierge, lui aussi, il faisait peur un peu, mais c'était pour d'autres raisons. "Après, je leur ferai jamais autant confiance qu'avec mon parrain, fin, je crois.", le jeune blond hésitait un peu sur la question. Ça avait mis du temps aussi avec son parrain.

Le froncement de sourcil du psychomage n'échappa à Dorian, quelque chose avait déstabiliser l'adulte en face de lui, mais le blondinet ne pouvais pas mettre son doigt dessus. Le mouvement avait été si subtil, le masque avait dû se briser pendant une fraction de seconde. C'était différent de son parrain, parce que... bah Alexander et montrer ses émotions ça faisait deux voir plus. Les joues de Dorian prirent une petite teinte rouge quand Miss Kyros lui dit qu'il était observateur. Observateur ça, il l'était ! En-tout-cas avec sa famille.

"Bah... Oui, je voudrais, mais du coup... Je peux pas... C'est pour ça que je suis venu vous voir, parler c'est important, mais faut pas le faire avec n'importe qui. Puis Arthur il peut pas me répondre... C'est mon chien, fin c'est mon frère, mais quand je dis ça les autres comprennent pas.", le jeune Poufsouffle expliqua avec un petit sourire vers la fin.

Dorian resta assis sur le tapis et finit les dernières goûtes de cacao qui se trouvait dans sa tasse. Le jeune blond devait filer pour retrouver ses amis qui devaient être morts d'inquiétude après 40 min sans sa présence, mais il resta encore un peu, parce qu'il se sentait bien ici, il commençait à se sentir en sécurité.

"Ça me va de rester ici, c'est juste mes amis, ils vont peut-être s'inquiéter et tout ça tout ça, je leur ai un peu menti en disant que j'étais convoqué dans le bureau de notre Directeur de Maison... J'espère qu'il l'ont pas croisé sinon le cours de Sortilège, il va être vraiment gênant et ils vont pas arrêter de me poser des questions.", Dorian déballa à la va-vite. Dans tous les cas, ses amis lui auraient posé des questions. Il s'était peut-être mis dans une situation plus compliquée qu'il l'aurait voulu.

Le blondinet releva les yeux un peu surpris quand Monsieur Kyros ajouta qu'il serait content de le revoir. Content ? Vraiment ?

"Si on se revoit, est-ce qu'on peut se voir pas trop souvent, fin, je veux pas que ça soit évident. Si j'ai menti à mes amis, c'est parce que je veux pas qu'ils s'inquiètent pour moi, ça serait vraiment trop lourd pour eux puis... Je veux pas qu'il me voie que pour ça..."

Le psychomage lui laissa lui dire une chose de plus avant de partir ou de demander. Instinctivement, Dorian aurait demandé une question toute simplette comme Mes yeux, ils sont rouges ou pas ?, mais maintenant qu'ils avaient bien parlé de ce qu'il se passait à la maison, une question dont il n'avait jamais vraiment eu de réponse lui revint à l'esprit. Une question, dont il espérait au fond de lui, ne recevrait pas de réponse positive.

"Monsieur, est-ce que... est-ce que les médecins, ils utilisent le sortilège Oubliette pour soigner les gens ?"

C'était une question qui fâche, mais Dorian voulait une réponse, une qui lui dirait que venir ici n'était pas inutile.

807mots
@Hyacinthe Kyros

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26 nov. 2025, 14:35
Réparer les fissures
Hyacinthe resta un instant silencieux, ses yeux observant Dorian avec une attention presque palpable. Le garçon s’était adouci, son agitation s’était transformée en un mélange de curiosité et de prudence. Le psychomage nota la façon dont le jeune blond manipulait sa tasse, comme si chaque geste devait l’ancrer un peu plus dans le présent, et le léger sourire qui traversa son visage lorsqu’il évoqua Arthur. C’était subtil, mais révélateur : Dorian avait trouvé un espace sûr pour déposer une partie de son monde. Il n'était pas rare que les animaux de compagnie aient une telle importance pour les individus, encore moins à un si jeune âge. Membre de la famille, confident, frère... Hyacinthe hocha la tête d'un air compréhensif.

- Je comprends, dit-il d’une voix posée. Arthur est un allié fidèle dans les bons et les mauvais jours, j’imagine ? Il a l’air d’être quelqu’un à qui l’on peut se confier sans crainte. Quant à votre mère... je pense qu'elle souhaite tout autant que vous accompagner votre père, et que vous faites tout ce que vous pouvez pour lui. C'est déjà un soutien important.

Ses yeux glissèrent sur le visage de Dorian : les joues un peu rouges, l’attention rivée sur la tasse vide, puis le regard qui se levait avec ce petit mélange de curiosité et d’appréhension.

- Et il est tout à fait normal que votre relation avec votre parrain soit plus forte qu'avec vos professeurs. C'est bien différent, je pense que vous le savez. Vous entretenez une relation familiale avec lui, c'est... bien moins formel que ce que vous pourrez trouver avec les adultes de l'école. Mais avoir un peu de soutien ici, que ce soit avec moi ou avec d'autres, cela n’enlève rien à votre autonomie, au contraire. C'est une excellente base sur laquelle vous pouvez vous reposer pour vous construire et grandir.

Il laissa un silence s’installer, un silence confortable, qui laissait le garçon respirer entre les mots. Puis, Hyacinthe ne pu s'empêcher de sourire lorsque Dorian parla de ses amis. Oh, c'était un rendez-vous secret. Par gêne ? Honte ? Envie de discrétion ? Selon Dorian, il semblait que l'empathie soit la réponse attendue. Ne pas inquiéter ses amis, c'était honorable. Cependant, le mensonge pouvait avoir un certain poids qu'il n'était pas agréable de porter.

- Me voir peut signifier tout un tas de choses différentes, pas nécessairement que vous vous sentez mal. Une jeune fille est déjà venue parce qu'elle voulait parler à quelqu'un de sa passion pour les voies de chemin de fer ! S'exclama-t-il alors. Les souvenirs avaient beau dater de plusieurs années, ils semblaient encore aussi frais que son repas de la veille. Quelle énergie elle avait eu ! C'était passionnant, même si nous avons fini par parler de beaucoup d'autres choses. Mais... tout ça pour vous dire que vous n'avez pas à porter le poids d'un secret grave, si vous n'en avez pas envie. C'est à vous de choisir, bien entendu. Hyacinthe fit une pause, puis étira un sourire discret. Rien ne sortira de ma bouche, en tout cas. Vous avez ma parole.

Puis vint la question qui cloua légèrement Hyacinthe sur place. Oubliette. Les médecins... utilisaient-ils ce sort pour soigner ? Il se demandait même si une telle utilisation n'était pas illégale. Il était bien plus sain pour quelqu'un d'apprendre à gérer ses souvenirs plutôt que de les effacer. Lui-même avait songé à effacer ses souvenirs, adolescent, pour au final se dire qu'il préférait entretenir sa haine. (cela avait été une excuse ridicule). Pourtant, le ton de Dorian était curieux, innocent mais chargé d’un mélange de peur et d’espoir. Le psychomage sentit une pointe de gravité l’envahir, parce que ce genre de question n’était jamais anodine. Il inspira lentement, se préparant à répondre avec honnêteté.

- Non, Dorian. Je crains que les médecins, même médicomages, n’utilisent pas l’Oubliette pour soigner. Ce sortilège efface les souvenirs, il ne soigne rien. Et croyez-moi... il vaut mieux garder ses souvenirs, même les plus douloureux, plutôt que de les effacer. Ce sont eux qui vous construisent, qui vous aident à comprendre vos réactions, vos peurs... qui façonnent qui vous êtes aujourd'hui. Et surtout, ils permettent de garder ce qui est important.

Il marqua une pause, le temps que la gravité de ses mots s’installe, tout en observant Dorian. Le garçon semblait peser chaque mot, réfléchir à ce que cela impliquait. Hyacinthe ne dit rien d’autre tout de suite, laissant Dorian digérer. Puis, presque comme un souffle, il ajouta :

- Maintenant, ce que nous avons fait aujourd’hui... c’était difficile. Mais vous avez parlé de choses très fortes, avec beaucoup de courage. C’est un exploit, vous pouvez être fier de vous. Souhaitez-vous que nous nous retrouvions toutes les deux semaines ? Peut-être trois, si cela vous semble trop rapproché ? À cette même heure ?

806 - @Dorian Peachey

Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c

6 déc. 2025, 11:30
Réparer les fissures
Dorian entendit les paroles du psychomage sur son fidèle Samoyède et un sourire se dessina sur ses lèvres. Le garçon était content des mots choisis : allié fidèle et quelqu'un, Monsieur Kyros considéré Arthur comme une personne et cela réchauffait le cœur du blondinet.

"J'aime beaucoup la fourrure d'Arthur, elle est réconfortante et toute douce. Quand je me sens pas très bien, il vient me faire des câlins, un peu comme s'il pouvait le ressentir. C'est pour ça que c'est mon frère préféré, il est toujours là pour moi.", Dorian expliqua avec un petit enthousiasme.

La conversation divagua de nouveau sur son père et le blondinet fit un petit sourire. Il apportait déjà un soutien important et c'était tout ce que Dorian espérait. Le garçon écouta la suite et il acquiesça aux paroles du rouquin. Même si son parrain n'a pas été son parrain depuis le début, maintenant son nouveau statut aux yeux du jeune blond changeait la donne. Il était bien plus qu'un précepteur.

"Les voies de chemins de fer ?", c'était étonnant, mais tout le monde avait des passions différentes. En y réfléchissant un peu, Dorian pouvait y voir l'intérêt, cependant ce n'était pas son truc à lui. Le garçon comprenait que voir le psychomage ce n'était pas grave, mais en général...

"Je pense pas que si je leur dis que je viens vous voir juste pour parler tranquillement, ils vont y croire. 'Fin, quand j'aime bien un truc je leur parle à eux, pas à un adultes, à part ma famille mais c'est autre chose.", le blondinet pris une petite inspiration avant de continuer, "Je pense qu'il vont se dire que c'est grave et ils vont vouloir savoir et moi j'ai pas envie de leur raconter tout ça, pas encore. Donc je pense c'est mieux si je leur dis pas. J'aime pas trop mentir mais c'est mieux comme ça.", il expliqua avec une petite moue sur la tête. Dorian était solaire en général, c'était mieux de cacher la pluie.

Quand Monsieur Kyros répondit à sa question, un petit sourire prit place sur les lèvres du Poufsouffle, un sourire de soulagement. Oublier était une chose terrible, peut-être l'une des peurs du blondinet. Se faire oublier était une chose, mais oublier ses souvenirs, les personnes autour de soit, sa vie, c'était encore plus terrifiant.

"C'est cool alors. Oublier ça me fait peur, et je voudrais pas qu'on m'enlève mes souvenirs même ceux que j'aime pas. En plus, si j'ai plus de souvenir de trucs qui font peur bah, je pourrais me faire avoir une nouvelle fois et j'ai vraiment pas envie. C'est important les souvenirs puis le sort il marche que sur les souvenirs dans la tête non ? Mon parrain il m'a dit que même si on oublie en haut, bah le corps il oublie pas forcément du coup après ça fait des truc compliqué tous les jours, 'fin j'ai pas tout compris mais c'était un peu ça l'idée. Je voudrais pas que ça m'arrive, ça doit être vraiment ennuyant et dur à vivre !", Dorian s'exclama révolté à l'idée d'oublier les choses importantes.

Deux semaines ? Un petit trop pour le blondinet, mais trois c'était parfait !

"Je pense toutes les trois semaines à la même heure, c'est mieux, j'attire pas trop l'attention et en plus j'aurai plein de trucs à vous raconter. C'est un peu nul si je viens pour rien dire.", il répondit avant de ranger ses deux livres dans sa sacoche. En rangeant, Dorian remarqua un changement dans son corps. Il était léger, beaucoup plus léger qu'au début de la séance où il se sentait extrêmement lourd. Il aimait bien cette sensation de légèreté, c'était agréable comme un vent léger.

Dorian se leva pour s'approcher de la porte et partir, mais il s'arrêta en plein milieu de son mouvement. Quelque chose n'allait pas, il avait l'impression de partir comme un voleur. Le jeune Poufsouffle fouilla dans son sac pour attraper un sorbet citron puis approcha le psychomage pour lui tendre le bonbec.

"C'est pour vous Monsieur !", Dorian attendit que le rouquin prenne le bonbon de ses mains avant de déguerpir rejoindre ses amis. "Au revoir Miss !"

694mots
@Hyacinthe Kyros
Merci beaucoup pour ce RP, j'ai adoré chaque post. :cute:

Couleur: #253725 - 2A RP - Dorian le clown de service pour vous servir - Machine de guerre de Poufsouffle - Le pot de colle d'Elam Thomais - Petit Lutin - Animal Sauvage

7 déc. 2025, 15:55
Réparer les fissures
Hyacinthe leva le regard vers Dorian au moment où celui-ci parla de la fourrure de son animal de compagnie, et malgré lui, un sourire franc étira brièvement ses lèvres. Il sentit une chaleur douce lui remonter dans la poitrine. L’affection que le garçon portait à son chien, cette certitude tranquille qu’Arthur savait quand il n’allait pas bien... c'était plein d'une tendresse ramollissant le cœur du trentenaire.

- Les chiens ont ce talent particulier, vous savez. Ils sentent nos émotions d’une façon qui nous échappe encore, commença-t-il en penchant la tête sur le côté. On dit qu’ils repèrent les variations dans la respiration, la tension des muscles, même les battements du cœur. Mais Arthur à l'air de vous avoir choisi comme son humain préféré. C’est un rôle très sérieux.

Le sourire de Dorian s’élargit, et Hyacinthe nota mentalement l’effet que cela avait sur l’atmosphère : la pièce semblait se détendre toute seule. Il songea à faire un peu plus d'humour qu'à l'accoutumée.

Quand le garçon développa ses raisons de ne pas mentionner ses séances à ses amis, Hyacinthe ne pu qu'hocher la tête. C'était un raisonnement censé, et même s'il pouvait distinguer l’ombre d’une gêne dans la posture du blondinet, il ne pouvait, de toute façon, rien dire. Il comprenait. Oh, il comprenait très bien. Il n'hésita pas un instant à accepter la décision de Dorian.

- Vous avez raison. Vous êtes le mieux placé pour savoir ce que vous souhaitez partager avec vos amis ou non. Je n’ai aucune difficulté à m’adapter à ça. Nous ferons les choses à votre manière.

Le Poufsouffle sembla soulagé, et Hyacinthe sentit une petite tension se défaire dans ses propres épaules. De même, le discours maladroit mais lumineux de Dorian sur la mémoire, sur ce que son parrain lui avait expliqué, le fit regarder les yeux verts avec beaucoup d'attention. Le psychomage laissa le garçon parler sans l'interrompre, hochant la tête au fil des explications. Il ne pouvait nier que son parrain avait raison : le corps gardait en mémoire, d'une certaine manière, quant bien même l'esprit oublierait. Il ne manqua pas de faire part de ses réflexions à Dorian. Lorsqu'il proposa de revenir toutes les trois semaines, Hyacinthe répondit d’un petit hochement de tête approbateur.

- Très bien. Trois semaines. Même heure. Et je serai heureux d’entendre tout ce que vous aurez à me raconter.

Là, son regard glissa naturellement vers les mouvements du garçon tandis qu'il s'apprêtait à partir : le Petit Prince de rangé, les gestes vifs par ici, légers par là. Dorian semblait différent de celui qui était entré ici. Reclus, presque écrasé... il ressortait avec une énergie et une légèreté qui était agréable à voir. Hyacinthe sentit une satisfaction discrète se loger dans sa poitrine, d'avoir bien fait son travail, de voir le blond si réceptif à leur entretien.

- Oh.

Hyacinthe cligna des yeux, intrigué, lorsqu'il remarqua le sorbet citron qui lui était tendu.
Quand le garçon tendit un sorbet citron, le psychomage resta un instant immobile, comme surpris en plein milieu d’une photo, avant que sa main ne se lève d'elle-même, par réflexe, ses doigts se refermant sur le bonbon avant qu'il n'ait le temps de réfléchir.

Il regarda le sorbet dans sa paume, stupéfait, une expression presque enfantine lui traversant le visage l’espace d’une seconde - visage qu’il réajusta très vite, bien sûr.

- Je...merci, Dorian. C'est gentil de votre part.

Il se leva enfin, accompagnant le garçon vers la porte, lui ouvrant en lui souhaitant une bonne fin de journée. Dorian salua en s’emmêlant encore dans le "Monsieur" et "Miss", et Hyacinthe étouffa un petit rire derrière sa main, touché plus qu’il ne l’aurait admis de le voir aussi à l'aise pour jouer avec son identité de genre.

- Au revoir. Prenez soin de vous.

La porte se referma doucement après le jeune Poufsouffle.

Hyacinthe resta un moment immobile, la main toujours refermée sur le sorbet citron, le regard perdu vers la porte où le garçon avait disparu. Puis seulement, il retourna d'un pas tranquille vers le fauteuil, se préparant à débarasser la table basse. Il glissa le bonbon dans la poche de sa veste. Ce soir, oui, il aurait un petit dessert en plus.

701 - @Dorian Peachey
Merci pour cet écrit ! J'espère qu'il t'a été bénéfique.
Tu gagnes par la même occasion 5 PR, que je t'ajoute de suite. ^^

Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c