Pour les regards indiscrets
FIN MAI 2050
CULDUTHEL, INVERNESS
AVEC MAXINE TREMBLAY

CULDUTHEL, INVERNESS
AVEC MAXINE TREMBLAY

LOIN DES GARGOUILLES


Quand Maxine lui avait rappelé que les examens arrivaient à grand pas et qu’elle serait peut-être moins disponible, Niall lui avait proposé une sortie. Juste une soirée, pour quitter un peu ses murs dans lesquels elle s’enfermait toute l’année, un soir où elle ne serait pas de ronde. Alors quelques jours avant, il lui avait envoyé un hibou pour lui proposer de se retrouver vers Inverness. C’était tout ce qu’elle avait à faire. A peine venait-elle d’arriver qu’il lui avait souri et s’était rapproché d’elle. — Tu as un couvre-feu avant que les gargouilles de Poudlard ne se mettent à te chercher ?, demanda-t-il avant de lui tendre sa main pour l’inviter à transplaner avec lui. Posés sur un des talus qui entouraient le quartier de Culduthel, Niall s’était enfin autorisé à expliquer son choix à la sorcière. — Tu as déjà observé des Moldus riches qui partent en soirée ? Je t’assure que c’est fascinant. Et lorsque le couple de Moldus en question, de la première maison visible, venaient de sortir dans leur cour arrière, l’Irlandais avait donné un petit coup de main dans le bras de son invitée du soir. — Tiens, regarde ! Le couple tout bien apprêté, le petit pull posé sur le dos aux manches croisées à l’avant et aux pantalons en lin venait de sortir pour s’assurer que leur système d’alarme fonctionnait. Maxine ne pourrait sûrement pas le voir, mais l’homme agitait sa petite télécommande dans diverses directions pour actionner tout ce qu’il y avait à protéger : portail, lumières, enceintes, piscine, cabane. Tout y passait. Et une fois le tout protégé, le couple se dirigeait vers leur voiture de luxe pour s’en allait. — C’est le moment où on descend, prévint-il avec son petit rictus. Une fois arrivés devant le portail de la maison, Niall avait dégainé sa baguette avant de s’assurer que personne ne pouvait les voir. Par habitude, il savait que c’était rarement le cas. Puis face à l’objet de convoitise de la soirée, Niall s’était retourné, tout sourire. — Et ça, c’est le mieux ! Ils ont un système pour protéger leur piscine et la chauffer. Et souvent... Il brandit sa baguette… Ils croient que leur système a eu un soucis et le réparent le lendemain. D’un coup de baguette, il fit alors disjoncter ce fameux système pour pouvoir ouvrir la piscine. Face à la réaction de Maxine, Niall tourna la tête vers elle pour s’assurer du sérieux du commentaire, mais n’eut de toute évidence pas le temps d’analyser quoi que ce soit puisqu’il fut tiré par la sorcière et englouti dans la piscine des Moldus riches. Tout habillé cette fois, Niall mima une réaction faussement choqué alors qu’il rabattait ses cheveux en arrière, puis s’avança du mieux qu’il put dans l’eau pour rejoindre Maxine en l’attrapant par la taille. |
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LES JARDINS DE LA NUIT


Profitant d’un retour dans sa ville natale, Niall venait de pousser la lourde porte d’une librairie dublinoise qu’il connaissait bien. Dans cette librairie, il y aurait forcément ce qu’il recherchait. Comme à son habitude, la maîtresse des lieux n’était pas prostrée à son comptoir mais bien dans un coin de sa boutique, à arranger plusieurs dizaines de livres. À croire que la magie n’était jamais assez suffisante pour l’esprit de la femme qui changeait d’organisation à un rythme indescriptible. Niall le savait, s’il ne passait pas par une salutation habituelle avant de se faufiler dans les allées, elle lui en voudrait. Elle lui en voudrait comme une femme qui en veut à quelqu’un qu’elle connaît depuis qu’il a six ans, c’est-à-dire très mal. Alors il s’était dirigé vers la sorcière, alors qu’elle avait déjà scandé son nom et ouvert grands ses bras pour l’accueillir et pour y coller un baiser sur son front, tout en plaquant ses mains sur les joues du garçon. Comme un enchantement qui aurait été lancé sur les lieux, Niall redevenait toujours l’enfant qui se réfugiait au milieu des livres, et la maîtresse ne parvenait jamais à accepter le fait qu’il ait pu grandir. — Je ne reste pas longtemps, prévint-il en s’écartant de son amie. Je cherche un livre un peu spécial. Comme toute bonne libraire qui se respectait, la femme avait tendu l’oreille, curieuse d’en entendre davantage sur ce livre un peu spécial ; comme tout bon libraire qui se respectait, Niall savait ce qu’il venait de déclencher et ajouta ce qui était attendu de lui. Du moins, ce qu’il put donner. — Je ne sais pas.. J’ai peur de me tromper. Si en plus de vingt années à le côtoyer, la sorcière avait pu retenir une chose sur l’Irlandais, c’était qu’en matière de livres, il s’y connaissait. Non seulement elle lui avait presque tout appris, mais elle devait bien admettre parfois — et seulement parfois, car sa fierté n’aurait pas supporté — qu’il en savait plus qu’elle. Alors cette inquiétude l’étonna. Elle l’étonna au point de laisser quelques secondes de silence et d’interrogations s’installer. Puis peut-être que ce fut son cœur de femme, ou son instinct qui lui souffla une piste qui fit étirer un sourire sur son visage, la poussant à poser une première question. — C’est pour qui ? Alors qu’il s’était déjà avancé dans une première allée aux montagnes irrégulières de livres, Niall s’était retourné aussitôt, le cœur déjà battant. Lui aussi opta pour la stratégie des quelques secondes de silence. Le temps que le rouge sur ses joues s’estompe. Le temps qu’il sache comment répondre, et si même, il souhaitait répondre. Peut-être l’avait-elle remarqué — sans aucun doute d’ailleurs —, car elle se contenta de sourire et de sortir sa baguette pour tourner le loquet de la porte d’entrée, et le petit panonceau qui affichait désormais que la boutique était exceptionnellement fermée. — Pour ce type de recherche, hors de question que tu y passes cinq minutes !, annonça-t-elle d’un ton ferme et catégorique avant d’attraper sa besace tenant sur son épaule. Tu dois prendre ton temps. Niall, souriant tendrement à celle qu’il admirait tant, se laissa faire et s’enfuit sous les livres dont il lisait les titres rapidement, comme s’il attendait qu’un ou deux se mettent à léviter subitement devant lui. Assis dans un coin, entouré de nombreuses piles, l’Irlandais avait défait sa cravate et continuait de faire passer les livres d’une pile à l’autre. Il prenait le temps de lire quelques pages, de découvrir le degré de magie qu’il y avait dans chacun d’eux et de se projeter celui qui recevrait ce cadeau. Et si rien de tout cela ne lui plaisait ? Et si les étagères de Fabio Dermott n’étaient pas faites pour recevoir un livre trouvé par Niall O’Barden ? Entre deux soupires, la sorcière était venue déposer une petite tasse de thé posée sur sa coupelle en porcelaine. D’un simple sourire, le libraire remerciait sa libraire et reprenait ses recherches. Il en avait bu trois des tasses, avant de tomber sur le livre qui allait le faire se redresser. Il l’avait pris d’un air un peu curieux, l’avait retourné deux fois avant de s’assurer qu’il souhaitait bien l’ouvrir et avait arrangé sa mèche rebelle avant de le faire. Les Jardins de la Nuit. La première de couverture semblait presque banale, le temps avait laissé ses traces, mais le titre avait attrapé son regard. Alors il l’ouvrit et un petit homme en costume noir le salua en agitant sa main. Comme s’il avait à nouveau six ans, l’émerveillement du Dublinois se lit aussitôt sur son visage et il se laissa emporter par cette baguette d’orchestre qui l’invitait à tourner la page. Page après page, Niall fut absorbé par l’histoire. C’était une vieille époque, les rencontres, les spectacles et les concerts se faisaient la nuit, dans les jardins, par portoloins secrets. Un des spectacles s’était d’ailleurs animé au dessus des lignes du livre. Et puis, il y eut ces arbres. Il aurait pu jurer avoir senti leur odeur. — Margarett ?, appela Niall sans décoller son nez du livre qu’il venait de refermer, avant de se rendre compte qu’elle était déjà là à lui sourire. — Ça va lui plaire, anticipa-t-elle avec une conviction que Niall ne remit même pas en question. Alors il se leva d’un bond, fourra sa main droite dans sa poche pour retirer les gallions nécessaires à l’achat et remercia son amie avant de venir récupérer sa besace. — Et s’il n’aime pas, tu me l’envoies ! Il fallait qu’il se dépêche s’il voulait pouvoir lui envoyer à temps pour son anniversaire. Ou s’il n’avait pas le temps, peut-être qu’il devrait passer à la salle pour le lui donner en mains propres. Ou ailleurs. Il n’avait pas réellement pensé à tout cela. Dans un petit rire envoyé à la sorcière, Niall se dépêcha de partir et alors qu’il repensait au livre, la dernière phrase de son amie lui revint en tête. Avait-elle dit il ? |
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FIN JUILLET 2050
LOUTRY STE CHASPOULE
@MAXINE TREMBLAY

LOUTRY STE CHASPOULE
@MAXINE TREMBLAY

VISITE PARENTALE


En juillet, Niall avait vu Fabio trois fois : à la boutique et aux deux représentations à Godric's Hollow. Suffisamment de fois donc pour que l'Irlandais constate qu'il n'avait pas eu assez de répit pour digérer ses émotions avant de revoir Maxine. Il se convainquait qu'elle ne voyait rien et qu'elle ne sentait rien, pour se persuader à son tour que lui non plus ne voyait rien et ne sentait rien. Le voile sur ses yeux et son cœur tenait bon pour la seule raison qu'il appréciait la sorcière. C'était indéniable et cela le faisait tenir dans son monde. Terminant d'enfiler son pantalon et sa ceinture argentée à la tête de serpent, Niall chercha sa chemise dans sa salle de bain. Il fit un premier tour, puis un deuxième, et commença à penser qu'il avait simplement dû la laisser sur son lit. Impossible toutefois d'aller vérifier puisque Maxine arriva en trombe jusqu'à lui, l'urgence dans le regard. Ce n'en était d'ailleurs pas un qu'il avait l'habitude de voir chez la sorcière — même lorsqu'il l'avait retrouvée à Poudlard en juin. En somme, c'était une urgence suffisamment exceptionnelle pour attirer son attention et l'alerter. Et l'urgence ne l'enchanta pas. Non seulement leur arrivée n'était pas prévue, n'était pas non plus souhaitée, arrivait à un moment qu'il aurait préféré être autre et ne présageait rien de très joyeux pour sa journée. La seule chose qui l'empêcha pourtant de céder à l'agacement à cet instant précis fut la précise panique dans les gestes de la sorcière qui s'empresser de s'habiller. Certes leur première rencontre n'avait pas été des plus mémorables — ou dans un sens, si —, mais l'Irlandais n'aurait jamais pensé qu'elle aurait provoqué une telle réaction. Alors le rire qui lui échappa le détendit presque suffisamment pour oublier ses parents et observer Maxine se presser. Dans cette scène à laquelle il assistait avec amusement, il constata d'ailleurs que la chemise perdue était justement portée par celle qui s'en allait. Durant un court instant, il s'interrogea sur cette chemise. Cette chemise portée sur le corps de Maxine. Est-ce qu'il la regarderait différemment, cette chemise, si elle était portée par Fabio ? Puis la rêverie cessa et l'urgence reprit. Réagissant aussitôt, prenant conscience qu'il allait passer une journée bien ennuyante, il courut pour se placer devant Maxine et lui prit les mains dans un réflexe non réfléchi. — Max, reste s'il te plait ! Je sais que tu dois voir Tara demain et que ce sera mille fois mieux que ce que je te propose, mais est-ce que tu peux rester s'il te plait ? Juste cette fois ? Un simple petit service. Pour mille et une raisons, il avait besoin qu'elle lui accorde cette fleur de rester, de subir les attentes de ses parents encore une fois. C'était égoïste de sa part, il le savait, mais c'était tout ce qu'il avait trouvé sur le moment pour ne pas avoir à affronter la réalité. |
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30 AOÛT 2050
LOUTRY STE CHASPOULE

LOUTRY STE CHASPOULE

QUI ES-TU ?
Niall face à son miroir

Niall face à son miroir

— Quoi ? Pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça ? — Je n'ai rien dit ! — Mais tu le penses, je t'entends ! Je t'entends et je te vois ! — La faute à qui ? Le déni porterait-il son nom ? — C'est toi qui me pousses à le faire. — Moi ? — Oui, toi et cette impulsion qui grandit. Toi et tes objurgations, tes mises en garde... Tu m'y forces alors que je n'en ai pas envie. — Je veux bien me taire et retourner à mes.. — Attends ! (Silence) — Peut-être que tu pourrais commencer par dire son nom ? — A Fabio ? — Je ne sais pas, à toi de me dire. Je note tout de même que c'est le premier qui t'est venu à l'esprit. — Mais parce que c'est toi qui.. — Tu aurais très bien pu parler de Maxine, de Elle, de Fáel.. — Les autres ne m'intéressent pas. — Et je le sais, je suis toi, alors cesse de tenter de négocier avec toi-même. (Silence) — Tu ne crois pas qu'elle mérite une explication ? — Elle ne m'en a pas demandé ? — C'est lâche. — C'est vrai. — Et lui ? — ... — Ton haussement d'épaules n'y fera rien, un jour ou l'autre, il te faudra répondre à la question. — J'attends le bon moment. — C'est ce que les livres t'ont appris ? Qu'il en existe vraiment un ? — Ecoute, je ne sais pas. J'ai l'impression de connaître les règles et pourtant, aucune ne semble s'appliquer à moi. Un jour, je pourrais le regarder des heures, et d'autres où je ne peux associer aucun visage à nos souvenirs. Et c'est quand toi, tu es là ! Quand tu ne me laisses pas tranquille. — Toujours cette même crainte. Souviens-toi comme elle revient à chaque fois que nous pensons que l'autre nous utilisera. N'est-ce pas ce que nous faisons subir à Maxine ? Ne lève pas les yeux au ciel comme ça ; elle n'est pas aveugle. — Un problème à la fois, s'il te plait ! (Silence) — Quand alors ? A l'automne ? — Beaucoup trop tôt. — Dans ce cas ? — Dans ce cas, je ne sais pas ! Je n'ai rien à nous proposer ! Peut-être qu'il m'en faut plus, peut-être que je pourrais encore attendre un peu, pour être vraiment sûr, pour avoir suffisamment de preuves que.. — ... — Oh, cette fois c'est toi qui lèves les yeux au ciel ! — C'est que je commence à m'impatienter. — Bon. L'hiver. Donnons-nous l'hiver. |
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OCTOBRE 2050
GODRIC’S HOLLOW
@FABIO DERMOTT

GODRIC’S HOLLOW
@FABIO DERMOTT

BERLIN


Depuis qu’il avait reçu l’accord du gérant de Fleury & Bott, Niall ne cessait d’y penser. Avant cela, il avait réussi à mettre l’idée dans un coin de sa tête et même à oublier qu’il quitterait la librairie si on l’acceptait. Ce matin là, la lettre que son gérant faisait tapoter contre la paume de sa main, un sourire aux lèvres, l’avait projeté aussitôt et tout droit en Allemagne. Il était donc officiellement inscrit pour ce séminaire à Berlin et il partirait dans un mois. Cinq jours à écouter des professionnels parler d’ouvrages anciens, de leur restauration, de leur remise en circulation, cinq jours à abreuver la soif de connaissance de l’ancien Serdaigle, mais surtout cinq jours loin de Godric’s Hollow. Ce n’était pourtant pas comme s’il s’y rendait tous les jours. Ces derniers d’ailleurs pouvaient passer plus rapidement et parfois la Ville ne traversait même pas son esprit. Mais cette fois, c’était différent. Niall quitterait la ville et le pays pour partir dans un autre dont il ne connaissait même pas la langue. Alors oui, les sortilèges de traduction existaient, les portoloins également, il pourrait même faire des allers-retours tous les jours si l’on cherchait à répondre à toutes ses excuses, mais ce qu’il avait en tête revenait inlassablement : est-ce que Godric’s Hollow pouvait venir jusqu’à Berlin ? Penché sur son bureau, plume en main, les gouttes d’encre ne faisaient que retomber dans l’encrier sans ne jamais toucher le parchemin. Niall cherchait la bonne formulation et celle-ci peinait à venir. Il avait même changé l’outil, prétextant que la couleur, ou l’animal dont la plume provenait y changerait quelque chose, en vain. Il avait même hésité à transplaner à Pré-au-Lard pour revisiter cette petite boutique et acheter toutes les plumes les plus chères que le gérant aurait si celles-ci lui permettaient de trouver la phrase d’accroche. Niall venait finalement d’écrire le prénom du destinataire mais même une fois la tâche terminée, l’Irlandais semblait insatisfait. Frustré de voir qu’une simple lettre prenait tant de temps à s’écrire, il reposa la plume et se leva pour, dans la seconde qui suivit, transplaner à Godric’s Hollow. L’idée était complètement insensée. Sûrement pire que celle de toquer à sa porte en plein soir de mars sans être annoncé. Et puis où le chercher en premier ? La Salle ? Les probabilités étaient plus fortes, à cette heure-là, alors oui, Niall tenta cette option et se faufila jusqu’à l’entrée. — Bonjour. Sauriez-vous me dire si M. Dermott est déjà sorti ? Dans dix ou quinze minutes ? Parfait, je vais attendre à l’extérieur dans ce cas. Je vous remercie. Et puis il n’eut plus d’autre choix que d’attendre. Attendre et repasser son texte, comme un comédien que le trac obligerait à faire répéter avant le spectacle. — Fabio ?, s’exclama-t-il aussitôt lorsqu’il l’aperçut sortir enfin. Il avait tenté de contrôler son ton pour ne pas l’effrayer, tout en le gardant suffisamment fort pour qu’il n’ait pas à se répéter. Échouer au premier mot aurait été un peu difficile pour assumer la suite, mais le voir sourire avait suffi pour apaiser les craintes que la lettre n’avait pas su apaiser. J’ai été accepté ! Il l’avait annoncé comme si Fabio avait toujours été au courant. Pour ce séminaire qui m’intéressait. Je pars à Berlin en novembre pour cinq jours. Son sourire de joie laissa place à un sourire plus sérieux et concentré sur son objectif. Et je… Je ne sais pas vraiment si des choses pourraient t’intéresser là-bas. Je me dis qu’y voir certaines pièces… peut-être ? Je serai occupé la semaine, mais peut-être que je pourrais y aller le weekend avant, pour être déjà sur place… Et puis je me demandais si tu aurais envie de venir ? Avec moi ? Et juste comme ça, face à Fabio, tout était sorti. Plus décousu que ce qu'il aurait aimé, mais la demande, au moins, était faite. S’il refusait, si pour diverses raisons, la ville ne l’intéressait pas, Niall pourrait juste aussitôt transplaner chez lui et ne plus se montrer pendant un moment, le temps d’effacer ce souvenir de sa mémoire. |
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– Fabio ? Le cœur du concerné s'envola. Il avait reconnu la voix avant même d'avoir vu le visage et avec un sourire qui avait tout naturellement – et sans qu'il ne s'en rende compte – pris place sur son propre visage, Fabio tourna la tête en direction de Niall. À en croire l'interpellation et son positionnement, ici sur l'esplanade en haut des quelques marches d'escalier menant à la porte d'entrée de la Salle de Spectacle, le sorcier l'avait attendu. Sans hésiter le moindre instant, Fabio bifurqua pour changer de direction et réduire l'espace entre le libraire et lui en quelques grandes foulées. L'Egyptien n'eut cependant pas le temps de saluer celui qu'il appréciait autant voir, que Niall avait déjà repris la parole. Et l'enthousiasme avec lequel il évoqua ce séminaire qui l'intéressait fut suffisamment contagieux pour que Fabio se réjouisse avec lui avant même de comprendre que cela signifiait que Niall allait partir à l'étranger pendant quelques temps. Et avant qu'il ne puisse relativiser en se disant que cinq jours, ce n'était finalement vraiment pas longtemps. Après tout, il lui arrivait souvent de passer autant de temps sans voir l'Irlandais, même si le contraire ne l'aurait certainement – et il ne ressentit aucune honte à se l'avouer – aucunement dérangé. Niall continua et… rectification : tout à l'heure, son cœur n'avait de visiblement fait qu'un grand bond, car ce fut maintenant qu'il s'envola pour de bon. – Quand est-ce que c'est, exactement ? Je vais voir si j'arrive à… Fabio s'interrompit, bien conscient de l'inexactitude flagrante de la phrase qu'il venait d'amorcer. Oh que non. Il n'allait très certainement pas "voir s'il allait arriver à". Il irait. Point. Il n'avait en réalité pas besoin de connaître la date pour prendre sa décision puisqu'il n'envisagea même pas de refuser. Car accompagner Niall à Berlin – et peut-être même n'importe où, en fait –, cela ne se refusait tout simplement pas. Alors il se força à s'accorder le temps – cruellement nécessaire pour ne pas s'étouffer de bonheur – de prendre une inspiration afin de pouvoir se concentrer sur l'essentiel : – Oui. La commissure de ses lèvres fut inévitablement tirée vers le haut lorsqu'il parvint à lâcher dans un ton étonnamment posé pour les circonstances : – Ils sauront se débrouiller sans moi pendant quelques jours, ici. Ça me ferait énormément plaisir de venir avec toi. Fabio reprit conscience de son cœur, qui avait de toute évidence retrouvé refuge dans sa poitrine puisqu'il l'y sentait à nouveau cogner comme un fou. Une douce chaleur – si incroyablement agréable qu'il aurait eu de la peine à la décrire autrement que par les mots "c'est l'effet que me fait Niall" – semblait en émaner et monter jusqu'aux joues et oh-oh ! Il eut l'impression que ça ne s'arrêtait plus. Si Niall n'entendait pas déjà les battements de son coeur, Fabio savait que les chances étaient grandes que ses joues trahiraient à quel point c'était vrai. Tellement qu'il oublia de préciser qu'effectivement, Berlin lui semblait excellent comme destination. Que oui certainement, il y aurait des spectacles susceptibles de l'intéresser. Que de toute façon, la culture ne manquait pas dans la capitale allemande, qu'il trouverait facilement autant de choses à faire que d'endroits à explorer. Qu'il n'avait encore jamais visité Berlin et qu'il avait toujours eu envie – un jour – de plonger dans le chaos coloré de la ville. Car tout cela avait beau être très vrai, cela lui semblait également très insignifiant à côté de l'autre aspect de cette escapade qui s'annonçait. Je sais que tout le monde à compris mais il n'y a aucun mal à répéter ce dont Fabio ne revenait pas. Alors voilà : Niall venait de lui proposer de partir en week-end à Berlin. De l'y accompagner. D'y aller ensemble, rien que tous les deux. En novembre. Et novembre était tout bientôt, mais à ce moment-là, Fabio aurait aimé que novembre soit demain déjà. Ou pourquoi pas même aujourd'hui, là sur le moment, il aurait aimé partir immédiatement. |
Fab’ulous
#583400
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DÉCEMBRE 2037
POUDLARD
@GARETH KNOTT

POUDLARD
@GARETH KNOTT

JAUNE ET BLEU


Rester à Poudlard lors des vacances de Noël n’avait jamais été une option. Pour Niall, elle avait pu l’être ; pour ses parents, jamais. Il fallait rentrer, exposer ses connaissances, rafraîchir celles qui fanaient et ne pas perdre de temps sur les prochaines. D’autant plus que la famille serait évidemment réunie et qu’un concert de théories, de débats littéraires et scientifiques serait de mise ; et ce, depuis le vingt-quatre dans l’après-midi. Alors non, Niall n’avait pas une seconde pu espérer que sa demande de rester au sein du château soit acceptée. Et comme il savait qu’il ne reverrait pas ses amis durant ses vacances, il avait dû les offrir avant. Au moins pour un, un qui comptait. — Gareth !, héla-t-il le Poufsouffle du bout du couloir, le bras en l’air armé d’un livre. Gareth, attends ! Comme s’il venait à l’instant de se rendre compte du chemin que le Poufsouffle empruntait — et lui aussi par conséquent —, il oublia une seconde son objectif premier lorsqu’il examina les murs qui les entouraient. — Tu te rendais vers les cuisines ?, demanda-t-il un sourire en coin, comme si l’habitude collait à la peau du sorcier. Puis le Serdaigle se ressaisit. Pardon, je voulais … hum.. te donner quelque chose. Niall baissa les yeux vers le livre qu’il tenait et l’ouvrit à la page où se trouvait ce qu’il cherchait. Légèrement hésitant sur la qualité du présent, il ne put s’empêcher de lancer un regard vers les yeux du Poufsouffle, cherchant là un quelconque réconfort, une quelconque assurance que c’était la bonne chose à faire — alors que le pauvre Gareth n’avait sûrement aucune idée de ce que Niall s’apprêtait à lui offrir. Alors il se saisit délicatement du marque-page jaune et bleu et le lui tendit comme on tendrait l’hostie. — C’est un marque-page, ajouta-t-il au cas où l’évidence n’était pas suffisamment frappante, puis sortit son catalyseur. Il y a les noms des trois sorts qu’on a travaillés ensemble, tu vois ? Et si tu poses ta baguette dessus… Au contact de celle de Niall sur le premier nom du sort inscrit, une petite lumière bleue en sortit et vint aussitôt se poser sur la poitrine du sorcier, faisant sourire l’Irlandais, satisfait de voir que son travail fonctionnait. — Tu sauras où aller chercher l’émotion qu’il te faut. Je te laisserai découvrir les autres. Il rangea alors sa baguette et retourna l’objet offert. Oh, et j’ai gribouillé quelques dessins des aliments que tu aimes bien. Niall releva la tête pour chercher à nouveau le regard du Poufsouffle. Voilà. La nourriture, c’est toi, le marque-page, c’est moi. Joyeux Noël, Gareth ! Niall passa sa main dans sa nuque, un peu gêné et espéra — comme depuis des semaines déjà — que le cadeau plairait. __________ Merci |
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JUILLET 2043
CORK, IRLANDE
ELLE PETERSON

CORK, IRLANDE
ELLE PETERSON

BÊTA TESTEURS


— Tu vas voir, il n'y a pas meilleur en Irlande !, affirma Niall sans le moindre doute. C'est une heure de visite pour trente secondes de dégustation - sauf si tu sais savourer, mais moi non - et après, tu n'auras qu'une envie, c'est y retourner. L'Irlandais, tout excité à l'idée de faire découvrir la boutique à Elle, marchait en arrière, tout en expliquant le concept de la visite avec de grands gestes. Il connaissait tout par cœur — seul Merlin sait combien de fois il s'y est rendu —, les premières machines, les explications données, le temps de fabrication et même les questions que le ou la guide posaient et qui ne changeaient jamais. Les deux sorciers avaient dû prendre quelques rues et transports moldus — cela faisait partie de l'expérience, disait-il — avant d'arriver face à la grande porte métallique dont les inscriptions gravées au-dessus annonçait fièrement que l'expérience valait le détour. Pour cause, les moldus la qualifiaient d'incontournable sur ce qu'ils nommaient le très célèbre Internet. A leur arrivée, Niall avait brandi les deux billets de leur réservation garantissant visite et dégustation et avait délicatement posé sa main sur le dos de la sorcière pour lui indiquer la direction à prendre pour rejoindre la première petite salle. Niall faisait un effort innommable pour ne pas décrire dans les moindres détails le fonctionnement des premières machines pour nettoyer et décortiquer les fèves de cacao. Il ne voulait pas non plus voler la vedette à la guide, ni agacer son amie, alors il se retenait. De salle en salle. — Les moldus sont super ingénieux quand même, tu trouves pas ?, chuchota-t-il plein d'admiration. Puis, enfin, vint le moment de la dégustation et le petit plateau argenté leur fut déposé devant eux. Il contenait cinq gâteaux aux goûts différents, mais tous avaient un même élément en commun : le chocolat. Puis, Niall n'y tint plus et pointa du doigt celui du milieu, chuchotant à nouveau dans l'oreille d'Elle des indications d'une importance extrême. — Elle va te conseiller de commencer par celui-ci, commença-t-il l'air bien sérieux, mais moi, je te conseille vraiment de commencer par celui-là. Ils ont mis du sucre pétillant dedans. Dès que tu manges et que tu ouvres la bouche, ça pétille. Ca va te rappeler des bonbons sorciers, mais évidemment, aucune magie là-dedans, c'est trop dingue ! Sans attendre de voir si la sorcière allait suivre son conseil, Niall fit glisser son propre plateau vers lui, et s'intéressa au petit nouveau qu'il ne connaissait pas. Son conseil s'appliquait bien évidemment à lui, et ce fut avec un grand sourire qu'il fit cogner son gâteau contre celui de Elle pour célébrer leur venue ici et les récents résultats aux examens de la sorcière. — Félicitations pour vos brillants résultats ! Et en une bouchée, le gâteau au chocolat pétillant fut englouti. |
Pour les regards indiscrets
JUIN 2050
PARC, LONDRES
@MAXINE TREMBLAY

PARC, LONDRES
@MAXINE TREMBLAY

RETOUR DANS LE PASSÉ


Allongé sur le côté, Niall observait Maxine, sa paume de main droite soutenant sa tête ; sa main gauche imitait les gestes de la sorcière et venait se saisir de quelques légumes, sans tellement se préoccuper de ce qui finirait dans son estomac. Alors, c'était silencieux qu'il écoutait la sorcière raconter sa bêtise, l'imaginant, à défaut de n'avoir jamais visité Tawaneer, fauter dans les couloirs de Poudlard. Ce qu'il aimait chez Maxine, c'était le contexte qu'elle instaurait avant chacune de ses histoires. Pour le petit garçon qu'était Niall, et l'imagination qu'il avait encore aujourd'hui, chaque détail comptait. Plus il en entendait, plus il semblait sentir son cerveau bouillir de joie. Alors il s'imaginait la sorcière à ses dix-sept ans, dans le froid du Canada, à la période de Noël et... Embrassant une fille. Ce n'était pas que cette dernière tâche était difficile à réaliser, au contraire, il parvenait aisément à la dessiner embrasser une femme sans se préoccuper pour le moins du monde de ce que les gens penseraient. Et c'était précisément ce dernier point qui envoya un coup dans l'estomac de Niall et qu'il dut cacher en buvant son verre d'une traite. Tout semblait si facile dans la vie de Max, et pourtant rien ne parvenait à pousser Niall à lui poser les bonnes questions. Celles qui l'aideraient à faire que sa vie aussi serait aussi facile. Le verre aidant, l'Irlandais balaya la gêne de côté et revint s'intéresser au fond de l'histoire et à ce professeur de magie arbustive. Amusé par l'histoire et par sa manière de la raconter, Niall suivait l'histoire de la remarque dans le bulletin et des parents complices. Il pouvait s'imaginer une toute autre version si cela avait été lui et ses parents. — Je ne sais pas ce qui me choque le plus dans cette histoire : le fait que tu aies embrassé ta copine sous une température atteignant probablement les -30° ou ton inconvenance... J'espère au moins que tu as recommencé après !, plaisanta-t-il en quittant ses pensées. Il s'empara du bâtonnet de carotte que venait de saisir Max, l'engloutit et se mit à réfléchir. — Hmmm... Et bien j'en ai une où je n'ai jamais été officiellement pris. Je soupçonne un de mes professeurs de m'avoir vu, mais de n'avoir rien dit. J'avais seize ans et il y avait un Serpentard qui m'agaçait à l'époque parce qu'il avait de meilleures notes que moi en Histoire de la Magie. Et te moque pas ! Il trichait ! J'aurais pu laisser couler, j'allais évidemment pas rapporter, mais c'était que j'avais mon père derrière moi tout le temps ! Alors je me suis vengé... J'ai attendu la fin de l'année pour me rendre à la salle des trophées, j'ai fait disparaître la vitre qui protégeaient les coupes et j'ai changé son nom par le mien. Niall laissa l'information s'implanter dans l'esprit de la Canadienne et reprit. Alors si tu y vas et que tu vois un attrapeur au nom de O'Barden, tu pourras te dire que c'est moi, sans vraiment que ce soit moi. . Dans le sourire de Niall, il y avait certes de l'amusement, mais peut-être un peu de honte dans cet acte que son père jugerait de totalement immature. Et il se demandait dans quel camp était Maxine. Je crois que mon prof de sortilèges m'a vu parce qu'il est passé derrière moi, m'a salué et m'a simplement souri. Tu sais avec un de ces sourires complices ? Je le soupçonne de ne pas avoir tellement apprécié ce Serpentard de toute façon... Se remémorant ce souvenir, Niall regrettait presque de n'y avoir pas pensé plus tôt en juin, quand il s'était rendu dans le château ; il aurait pu s'éclipser discrètement et partir à la découverte de son nom sur un trophée. Maintenant, il n'avait plus qu'à attendre de savoir si Maxine allait accepter de réaliser la mission pour lui. |
