Saigne et s'ouvre PV Herminie Peers

Dimanche 16 Octobre 2050,
peu après midi

@Herminie Peers



Une habitude de garçon. Pourtant ce n’est pas moi. Et le comportement non plus. Qui irait perdre son temps dans un bar, un café ou un pub pour espérer diluer dans on ne sait quoi une détresse, qu’elle soit profonde ou passagère.
Alyona ne comprendrait pas. Je crois qu’elle voit en moi beaucoup plus de force qu’il n’en existe. Je me sens souvent faite de carton bouilli. Je ne lui mens pas, n’essaye d’être quelqu’un d’autre. Les… questions intimes sont un sujet impossible à traiter raisonnablement. Je voulais un mari. Je voulais des enfants. Et je les veux encore. C’est que…

Il aura suffi d’entendre Gordon me dire qu’il est à nouveau amoureux pour que ma vision de la vie bascule. Depuis un an il m’a pourchassée de ses avances maladroites, à peine pubères. J’ai été tour à tour odieuse, compréhensive, tolérante voire aidante. Il m’était agréable de me savoir désirée, même s’il était gauche. Avec le temps il a développé des trésors de gentillesse afin d’obtenir une amitié étrange à défaut d’amour. Par lâcheté, peut-être un brin de suffisance, je l’ai laissé faire. C’était dirons-nous une commodité que d’avoir un garçon toujours présent, sympathique et gentil sans être collant. Il aura finalement vite appris comment il faut se comporter avec moi. Je m’y suis habituée.
Hier soir Gordon m’a soufflé qu’il avait croisé le regard d’une fille. Enfin bon, j’ai compris. Je ne suis plus l’objet d’un amour éconduit, juste une amie, peut-être même une simple camarade. Mon égo en sort froissé et si je me livrais à une introspection en règle, je dirais faire face à une jolie claque dans la gueule. Mais c’est un peu plus, en moins vulgaire. Cela, je ne le mesure que très confusément. Derrière le roc que les années froides ont généré, il est une personne manquant cruellement d’amour. Passe encore ce détail. Gordon m’amenait au moins une chose, la sensation d’être une personne intéressante. Il m’estime. Et cela est précieux. Sans lui je me sens seule tout d’un coup.

Toutes ces choses sont confuses en moi, il faut reconnaître l’écart entre ce que je suis et ce que l’on écrit de moi. Toi qui tire mes ficelles tu le sais, je suis fragile. Personne ne m’a appris à regarder en moi. Survivre grâce à Konstantin, revivre avec Aly, mon Aly, à jamais. Mais il reste sur le côté du chemin ce coeur, un coeur vide, en attente désespérée d’un ruisseau pour le remplir. Ce dimanche je ne suis plus rien. C’est terrible. D’autant qu’un effort vient d’être fait pour que l’on comprenne mais moi, je ne m’y retrouve pas. Et cette impression de tomber dans le vide est encore plus douloureuse. Je ne joue pas avec Gordon, pas plus qu’avec quiconque. L’impression que ça donne est le résultat de nos interactions naturelles. Point de manigances. C’est ainsi.

En entrant dans le Café du Rosier, je suis une poupée morte, le genre beauté froide que personne n’abordera et cela me convient. Après tout je suis ici pour oublier, je pourrais tout aussi bien arpenter une plage d’Ecosse ou mes chères forêts. Et personne n’en saurait rien. Là, je donne à voir une éternelle inaccessible parce que dans ses pensées. Et les êtres ont tous leurs moyens de déceler qu’il vaut mieux laisser tranquille celle qui ne demande rien.
Cheveux ébouriffés, systémique tenue bleue, il paraît que je suis belle. A quoi cela peut-il bien servir ? J’ai connu un temps où côtoyer la chair des garçons me donnait l’impression d’exister. Cela n’a pas duré et Merlin, merci de m’avoir fait comprendre que cela était vain ; et dénué du moindre plaisir. Depuis mon entrée à l’Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques, je suis d’une sagesse à pleurer. Les seuls moments d’amusement sont les escapades aux bains. Et quelques conversations avec Gordon qui s’avérait bon camarade. Je connais l’avenir. Il va passer de plus en plus de temps avec elle. Et notre relation deviendra occasionnelle, sans relief. Il viendra pleurer ses angoisses auprès de moi. Ou d’une autre. L’orage passé, de nouveau nous ne nous verrons plus. Il n’est pas nécessaire de lire de longs romans pour le deviner. C’est écrit. Je ne peux lui en vouloir. Retour de la solitude. Ma fois, c’est bien de mes amies la plus fidèle. Alyona, tu ne pourras jamais la battre, c’est mon malheur.

Alors que je m’assieds à la table la moins en vue, je fais un petit bilan : Il se dit que je suis belle, jeune, intelligente. Je pourrais en rajouter, gentille, fidèle jusqu’à la mort. Et encore, et encore. Une chose est vraie, mon âge. Le reste n’est que foutaise. Je sais garder en moi toute cette pitoyable constatation. C’est au moins ça, avoir de la tenue en toutes circonstances, une manière d’être en accord parfait avec les lieux. Ne rien montrer, un sphinx. Mais je préfère le lynx, petit, invisible. Voilà très exactement ce que je veux, être transparente. La raison de ma détestation de moi-même, comment l’être avec une telle enveloppe ? C’est un enfer. Je ne sers à rien. Tout cela ne sert à rien. C’est désespérant. Je retire mes petits gants et les pose à ma droite. J’ai emporté un livre, un long roman que j’aime. Je l’ai déjà lu et le connais bien. Il me serait même possible d’en réciter des pans entiers. Je ne maîtrise pas le russe comme Circéia, disons que le mien est issu de la rue, d’aujourd’hui. J’aime ce texte, ce n’est pas une punition. Il sera toujours un paravent en cas d’agression. Reste à savoir lequel des frères je préfère. Mais ça… mon avis change au fil du temps et des pages. Sur ce plan je ne suis pas fidèle. A moins que… l’écrivain n’ait su percer les diverses facettes de mon coeur. L’un me plaît, puis son cadet.
Enfin bref… me voilà volage, une autre déchéance, plus grave mais c’est bien à cause d’elle que je dévore ce texte dès que le temps le permet. Le temps ou le désoeuvrement...

Saigne et s'ouvre PV Herminie Peers
Troisième dimanche au Café du Rosier. La fatigue de cette vie sans repos commence tout juste à étendre ses doigts impérieux sur son corps, mais dans le même temps, les gestes et les postures de sa fonction émergent à peine, comme sortis de la glaise. Parfois, souvent, ce travail et ses études se mêlent, et elle se surprend à user de la baguette avec une discrétion et une précision chirurgicale qu'elle n'avait jamais jugées utile d'appliquer — qui songerait à vouloir être invisible avec un morceau de bois de plus de trente-deux centimètres au bout des doigts ? Mais voilà, discipline et nécessité font loi. De la même manière, l'équilibre fragile des arômes du Thé à la rose infuse jusqu'au choix des sorts dans la construction minutieuse de son projet de diagramme de défense.

D'erreurs en maladresses, des salles de marbre de l'Académie aux parquets lustrés du Café, elle apprend l'art rigoureux de l'équilibre. Ses grands yeux ne ratent ni les gestes des professeurs, ni les évolutions maîtrisées de ses deux collègues. Tout était matière à apprendre. Chaque tasse déposée sans bruit, chaque plateau accueillant son chargement de porcelaine fine maintenu d'une main sûre, chaque sourire et chaque parole offerts juste au bon moment, le tout formait une chorégraphie précise et secrète, un dessein plus grand. Une leçon de contrôle, de tension maîtrisée, une rigueur exigée autant en magie défensive — où une maladresse dans un minuscule enchantement pouvait, comme une tasse renversée, faire s’effondrer tout l’ensemble. Il fallait que le mouvement reste fluide, invisible, que le flux d'énergie circule sans heurts. Le Café est son terrain d'entraînement, et chaque faux pas trahit l'apprentie qu'elle est encore.

Une femme entre dans le Café, seule, déclenchant les délicieux et si légers enchantements de la pièce, la lumière se fait plus invitante, douce, la musique plus envoûtante. Comme de charmants automates, les employés se fendent d'une inclinaison de la tête et d'un sourire vers la nouvelle venue, qui se dirige d'elle-même vers une table. La chaise l'accueille en se reculant légèrement, et la bougie parme salue son arrivée en rougeoyant. Un mouvement de menton de son collègue, et on envoie Herminie vers la cliente, tandis que les deux autres reprennent leurs tâches. La petite blonde s'avance dans ses petites chaussures noires bien cirées, tâchant de conserver le rythme approprié, les doigts bien serrés sur le menu. Gardant un sourire doux de circonstance, elle dévisage la femme, notant sa beauté, la grâce qui ne dénote en rien avec le lieu, son air... vaporeux ? Le mot qui lui vient à l'esprit quand elle la regarde déposer délicatement ses gants à ses côtés est diaphane.

La jeune serveuse s'interrompt à quelques pas de la table, et s'incline, délivrant la formule d'une voix qu'elle veut claire, en français. "Bonjour, bienvenue au Café du Rosier", puis d'un mouvement qui se voulait précis et d'une légère inclinaison du buste, elle déposa le menu à gauche de la cliente, soigneusement aligné avec la petite sous-assiette de présentation.
"Souhaitez vous consulter la carte, " reprit-elle dans sa langue maternelle. Aussi proche de la femme, la réalisation qu'elle l'a déjà vue s'impose à elle. Poudlard. Plus âgée qu'elle. C'était à peu près tout ce qu'elle pouvait en dire — "Miss ?"
Un clignement des yeux un peu surpris, c'est tout ce qu'elle s'est autorisé. Des contemporains de Poudlard, elle en croisera sans doute encore bien d'autres, et elle n'est pas censée quitter son rôle pour évoquer le bon vieux temps.

Herminie Peers, 19 ans, Étudiante à l'AESM, Serveuse à temps partiel au Café du Rosier ❧
Best Friend 9000, LA référence couleur Poufsouffle #BF9000

Saigne et s'ouvre PV Herminie Peers
De toutes origines, les poupées sont construites pour agir selon le bon vouloir de leur propriétaire. Moldues comme sorcières, ces jouets sont pensés pour obéir au doigt et à l’oeil. Dormir, pleurer, embrasser… Accepter de se faire coiffer d’une manière odieusement douloureuse. Une poupée est un esclave aux ordres de son ayant droit.
Il en va de même des enfants, éduqués chacun selon les principes familiaux. Le drame se situe dans la période suivante lorsqu’une fois adulte, feue la poupée prend conscience qu’elle est enserrée dans un schéma de pensée ne lui convenant pas. Et qui pourtant la constitue. Il faut alors des dizaines d’années pour se détacher du dogme. Si vous croyez qu’une fugue, même semblable en durée à celle d’Ivanovna, suffit pour briser cet embrigadement ancestral, vous vous trompez. Bien sûr, tout ce qui précède n‘est pas de moi. Je ne suis pas porteuse de cette analyse, je la subis. Voilà pourquoi je suis ici, dans le but d’oublier les malheurs que je vis. Tout cela est misérable. Je ne sais pas même me réjouir du bonheur simple d’autrui. Mieux vaut oublier, m’oublier. Faire semblant. Cela, je sais très bien le faire, une longue pratique.

Répondre aux salutations, un léger sourire, tenir son rang selon les habitudes françaises, une sorte de « Transplanage pour Moscou » disait Père. C’est un confort et durant un instant, je ne sens plus ce qui me pèse.

- Bonjour… Oui… Merci Mademoiselle…

Peu ou prou nous sommes du même âge. La personne qui me parle a quelque chose qui fait écho en moi. Mais je ne sais plus quoi. Je devrais mais mon cerveau déréglé m’empêche pour l’heure d’accéder à la mémoire des situations. Et puis… ce lieu n’est pas prévu pour des effusions d’ancien combattant ou quelque règlement de compte.
Le café du rosier… Ils devraient proposer une carte de fidélité...Je me saisis de la liste des consommations proposées, donnant l’impression que le choix va être des plus difficiles. Pas d’alcool, c’est un premier point. Mais ils ont de très bons thés. Si j’étais infidèle, je testerais la plupart d’entre eux. Mais mon coeur comme ce qui me tient lieu d’estomac sont des pièces inflexibles. Je sais déjà que ce sera un thé noir. Habituellement je penche pour le jasmin. Mais il aurait un goût insipide aujourd’hui, je le sens. Sans sucre, ni lait. Un thé, et puis un autre, encore une autre… Du thé jusqu’à plus soif, à me rendre malade, nerveuse, nauséeuse. Des pulsions stupides, ce n’est pas moi. Mais on a tous le droit à des pensées saugrenues ; si elles en restent au stade des intentions cela ne fait de mal à personne.

Je me décide pour un thé. Peut-être ont-ils un thé noir jasminé ? Avec des petits gâteaux au gingembre. Mon Ecosse. Mes repères. Une pensée espiègle me vient, appeler la serveuse en français. Mais je n’ose pas. Ce ne serait pas très gentil de la tester ainsi. A quoi bon ?

- S’il vous plaît Mademoiselle…

Oui, finalement un thé noir au jasmin, avec quelques friandises. Je ne les tremperai pas dedans, surtout pas. Et je dois demander une carafe d’eau si je veux les apprécier…
Elle s’affaire. Ses gestes, son allure… Cette fille me rappelle quelqu’un à Poudlard mais je ne sais plus qui. Voilà ce que c’est de fuir le monde. D’une salle de classe à une autre sans plus jamais se montrer. A trop vouloir se dissimuler, ne pas être vue, j’en ai peut-être perdu mon sens de la vision. En pensant à cette année des BUSEs, oui j’ai eu la chance de pouvoir m’en sortir. Appliquant tous les préceptes de Konstantin, même en DCFM, j’ai étouffé une part de moi. Ce qui m’étonne, c’est que le monde me le rend bien. Comme si jamais je n’avais existé. Preuve d’un aveuglement collectif. A moins que je ne me donne un peu trop d’importance. Je n’ai jamais rien gagné qui vaille la peine qu’on se souvienne de moi autrement que par mon apparence. Cela démontre une fois encore que la beauté ne sert à rien.

- Avez-vous du thé noir au jasmin s’il vous plaît ?…

Ma voix est douce, presque gênée. Il se dit que je suis gouailleuse. Ce fut ma nature.

- ...avec des petits ginger cakes, et une carafe…

Je souris, machinalement. Redevenue la plus petite des poupées russes, celle que l’on manipule à la fin. Celle qui finit dans la poussière, sous la commode. Celle que l’on perd en premier.

Saigne et s'ouvre PV Herminie Peers
La jeune femme est belle, très belle même. Une grâce ancienne, maîtrisée, un peu comme Alice Sangblanc — La marque des vieilles familles sans doute. Peu à peu, la mémoire se met en marche en arrière plan de ses pensées. Elle a l'habitude, il suffit de la laisser travailler et le souvenir remontera, que ce soit dans cinq minutes ou dans trois jours. Pour le moment, il faut continuer le script. Laisser de l'espace à la cliente, aller remettre d'aplomb une table, appeler un nouveau gâteau sous une cloche dégarnie. On lui a fait signe de prendre la commande, cette fois, et c'est sa première fois. Ses paumes sont moites sur sa baguette.

Elle revient à petits pas quand on l'appelle, n'étant jamais partie bien loin — il ne manquerait plus que les clients doivent subir l'inconfort d'alpaguer les serveurs en criant comme des poissonniers, non, certainement pas. Les doigts crispés sur le calepin qu'elle a dégainé trop vite pendant l'approche, elle se place à un pas de la table et incline la tête.

"Avez-vous fait votre choix, Miss ?"

« Avez-vous du thé noir... », commence la cliente. Russe, la pensée s'impose à Herminie comme sortie de nulle part. Du thé noir russe.

« ... au jasmin s'il vous plaît ? ». Elle cligne des yeux comme une chouette, rate à moitié la fin de la phrase et doit mouliner mentalement pour reconstituer la commande. Pourquoi diable ce thé noir russe s'est t-il imposé ? Délicieux évidemment, mais il devait y avoir autre chose, quelque chose chez cette cliente.

"Heu...", bafouille t-elle en rougissant, mortifiée. "Oui bien sûr Miss, très bon choix, je vous prépare cela tout de suite", hop, inclinaison, gribouillage de ladite commande, demi-tour, marche vers le bar.

Elle accroche la note sur le panneau, et souffle un grand coup à l'abri derrière le comptoir pour reprendre contenance. Il y a une belle marge d'amélioration sur la prise de commande, c'est certain. Le tout était de ne pas rater le principal. Reprenons. Être méthodique sans en avoir l'air. Du froid, vers le chaud. Elle se concentre, et sort sa baguette avant de prendre une grande inspiration, visualisant exactement tout ce dont elle avait besoin. Elle appelle à l'aide un petit chariot doré immaculé au plateau de bois verni. Une de ces jolies carafes de cristal fin, dorée d'une fine rose ouvragée, qu'elle remplit d'eau fraîche, lévite jusqu'au chariot. Le verre à eau assorti vient docilement se poser sur le plateau. Une assiette à dessert en porcelaine bondit pour récupérer les trois petits ginger cakes glacés aux agrumes, tandis qu'une petite fourchette à dessert et une serviette de soie sautent sur le plateau. Enfin, une théière qu'elle choisit émaillée d'un bleu pâle, lévite vers l'ensemble. Réchauffée d'un nouvel enchantement, l'eau infusée à l'instant y apparaît grâce à la complicité de l'office. Elle dispose la tasse et sa soucoupe assortie, referme le couvercle de la théière. Les sortilèges s'égrènent dans une petite mélodie chuchotée ininterrompue, accompagnant ses mouvements de cheffe d'orchestre, un parallèle certain avec la manière dont il convenait de construire les enchantements de défense à l'Académie.

La serveuse, un peu essoufflée de cette débauche de magie, observe d'un œil critique son dressage, repassant mentalement toutes les étapes de la dégustation... Ah, le sucre ! Et la petite touche finale sur la soucoupe, la petite fleur de jasmin. Et essuyer la condensation de la carafe qui avait perdu de sa superbe. Satisfaite, elle repousse une mèche de cheveux qui s'était collée à son front et fit mine de pousser le chariot — qui se débrouille en réalité très bien tout seul, même qu'il allait trop vite et qu'elle doit à moitié trottiner —, le parfum subtil du jasmin dans son sillage. A chaque pas, elle se répète les mots et les gestes qu'elle devrait accomplir pour que tout soit parfait. "Merci de votre patience, votre thé au jasmin et vos ginger cakes, Miss", annonce-t-elle une fois arrivée à hauteur de la jeune femme, s'inclinant légèrement.

Elle dépose d'abord la soucoupe puis la tasse avec précaution pour éviter qu'elle ne tinte trop fort, puis la petite cuillère, l'assiette avec les petits gâteaux. Le sort reste un peu bloqué dans sa gorge serrée et la carafe se pose d'elle-même, légèrement tremblante. Le verre offre un peu de résistance, jusqu'à ce qu'elle comprenne qu'il estimait la distance avec l'assiette indigne du standing du lieu. Enfin, elle pose la petite bonbonne de sucre individuelle avec sa petite pince dorée à gauche de l'ensemble et recule d'un pas. La jeune serveuse ramène ensuite vivement ses yeux vers la cliente, cherchant sa réaction. Russe. Ça voulait dire quelque chose. Elle cherche encore dans sa mémoire le souvenir qui lui échappe.

Herminie Peers, 19 ans, Étudiante à l'AESM, Serveuse à temps partiel au Café du Rosier ❧
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Saigne et s'ouvre PV Herminie Peers
Cette jeune sorcière...les yeux d’Ivanovna sont à la fois enquêteurs et aveugles. Une partie d’elle la scrute, cherchant un indice. Poudlard c’est évident. Mais cinq années ont passé, quatre si on compte par la fin… Dans tous les cas, c’est trop pour elle. Et puis il demeure ce garçon, elle n’y comprend rien, elle qui a tout fait pour s’en tenir éloignée, même à être ce qu’elle déteste. Du moins le croît-elle car dès la première fois où il lui a déclaré son amour, si elle l’a éconduit, le ton était à la plaisanterie, comme s’il s’était agi d’un jeu entre deux enfants, dans une cour de kindergarten. Il lui en faudrait bien plus pour laisser couler du sel sur ses joues mais en tout cas, tout cela n’est pas elle, forte et ...disons-le, fière. Dans sa boîte à outils intime, on ne trouve aucune notice donnant accès aux sentiments, surtout ceux de cette nature.

- Merci Mademoiselle, au fait…

Ivanovna tient dans sa main un petit gâteau qu’elle s’apprête à tremper dans le thé qu’elle vient de se servir. véritable scandale, il faut qu'elle soit désorientée au possible pour gâcher un thé de cette manière... Elle va pour demander quelque chose à la serveuse et...Et, allez savoir si le gâteau était fragile, allez deviner si elle le tenait mal… celui-ci plonge dans le breuvage, ce qui, il faut bien le confesser, mute en un blasphème monumental.

- oh... que je suis maladroite aujourd’hui… par Merlin, ce n’est pas possible d’être gourde à ce point.

Une maladresse n’est pas mortelle, elle tente de rebondir aussitôt.

- ...Je n’ai plus qu’à vous demander une autre tasse… je suis désolée de vous donner inutilement du travail.

Les yeux des gens, quand ils sont noirs intensément, brillent dans des circonstances identifiées par tous. Cette fois, les mains d’Ivanovna sont un peu fébriles. Tant bien que mal elle maquille sa nervosité en serrant quelque peu les poings. Un sourire gêné se lit, il ne faudrait pas s’imaginer qu’elle en fait trop. Il n’est pas question de cela le moins du monde. Ses geôliers ne lui ont pas volé son coeur. Il se trouve, possiblement, que celui-ci soit en train de mettre au jour une lueur dont jamais elle n’aurait soupçonné qu’elle prit cette forme-là. La jeune sorcière est désemparée, cela ne va pas durer. Tout ça pour un thé malmené. On pourrait craindre être dans une histoire pour enfants. Et d’une certaine manière nous ne ferions pas fausse route. Pas totalement. Seize octobre 2050, dans les murs du café du rosier, un blizzard hivernal s’annonce, le genre de tempêtes qui bloquent les imprudents durant des semaines.

La chose la plus insupportable quand on a reçu une certaine éducation, c’est qu’on ne peut pas éclater en démonstrations spectaculaires. Elle aurait peut-être envie de se saisir d’un autre petit gâteau, le serrer dans sa main jusqu’à ce qu’il ne soit plus que miettes éparpillées sur le napperon, les doigts satisfaits de régler leur compte avec une vie insupportable. Elle pourrait tout aussi bien reprocher à la serveuse de lui avoir apporté un gâteau en mauvais état. Ce n’est pas son genre de reporter les fautes sur autrui. Il resterait, possiblement, à déclarer les causes de son trouble. Encore faudrait-il manquer de la plus élémentaire pudeur. Et surtout, elle devrait être capable de comprendre ce qui la traverse à cet instant précis. Or elle ne sait plus où elle en est. Une déduction pour le moins hâtive poussera à trancher dans le vif, ne jamais la compter parmi les infiltrés capables de résister à un interrogatoire, même léger. C’est mal la connaître. Car en fait, on peut tout aussi bien lire dans ses yeux qu’elle se trouve ridiculement maladroite et que tout cela est au final un amusement sympathique. D’ailleurs, elle s’en sort merveilleusement, orientant la situation vers le divertissement frivole.

- J’ai décidément deux mains gauches, pardonnez-moi.

Konstantin aurait dit que ces mots étaient de trop. Tant pis, ce bras de fer a été gagné par les Gunnray, elle demeure une fille trop bien éduquée. En cela, la sibérie l’a remise sur les rails.

Saigne et s'ouvre PV Herminie Peers
La sorcière la remercie, mais le texte approprié - Je vous souhaite une agréable dégustation - reste suspendu par ce « au fait ». Étonnée et curieuse de la suite, Herminie ne fait pas grand cas des gestes de sa cliente, après tout elle se doit d'être discrète en toute circonstances — même si observer ce comportement enfantin chez cette femme l'amuse en son fort intérieur, car il jure un peu de l'image qu'elle s'en est faite depuis son arrivée. Tant et si bien que la suite de ce « au fait » ne vient jamais, à la place voilà un torrent de mots qui la laisse pantoise. Comment ça une autre tasse ? Mais de quoi parle-t-elle ? Herminie, interdite, reste une seconde de trop figée avec son sourire professionnel sur les lèvres, ses grands yeux ouverts d'incompréhension. Jusqu'à ce que son regard tombe sur les mains un peu agitées, la fameuse tasse... et le petit poisson tout boursouflé qu'est ce morceau de cake, surnageant dans le liquide. Ah.

Elle ramène son regard dans celui, un peu perdu, de la cliente, qui se confond à nouveau en excuses, et rajuste son sourire de circonstance. "Ce n’est rien, Miss. Si vous me permettez…", profère-t-elle de sa meilleure voix de service. Elle voit bien que la cliente n'est pas dans son assiette, mais à cet instant, lui offrir un sourire sincère et compréhensif était parfaitement au-dessus de ses forces. Pas quand elle manque de tout — d'heures pour dormir, pour étudier correctement, pour s'amuser, d'argent pour avoir de la nourriture de bonne qualité, s'offrir des menus plaisirs, avoir un logement qui ne frise pas avec la définition d'insalubre.

Non, elle se contente du sourire professionnel, agite sa baguette pour envoyer la tasse et la soucoupe à la plonge, et se penche dignement pour saisir la pauvre théière et la poser sur son plateau. Une courbette et elle se dirige vers l'office, posa avec brusquerie la théière presque pleine dans un coin du comptoir et marmonna un sort pour la garder au chaud. Parce qu'elle la boira, cette fichue théière, ce dommage collatéral, quand elle aura une minute pour souffler. Tout comme elle mange les mignardises dédaignées par les clients, ou récupère les garnitures pour les sandwichs à la fin du week-end avant qu'on ne les jette.
L'air sombre, elle commande un nouveau thé au jasmin au bar, avant de revenir dans la salle préparer à nouveau un plateau avec tasse, soucoupe, fleur de jasmin. Si elle était bien lunée, elle aurait sans doute rajouté discrètement un petit ginger cake pour remplacer celui que la précieuse avait dédaigné, mais aucune règle du service haut-de-gamme à la mords-moi-le-nœud ne l'y obligeait.

"Voici, Miss. Bonne dégustation". Elle ne rêve que de s'éclipser rapidement de peur d'assister à une nouvelle démonstration de maniérisme, mais l'étiquette la retient tant qu'elle n'est pas congédiée. L'épisode lui trotte furieusement dans la tête. Est-ce que c'est de la pure malice ? Après tout... Tremper de son plein gré son cake dans son thé puis exiger qu'on change sa tasse, si elle raconte ça à Alienor elle va bien rire. Si c'est bien le cas, elle est une véritable actrice.

Herminie Peers, 19 ans, Étudiante à l'AESM, Serveuse à temps partiel au Café du Rosier ❧
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Saigne et s'ouvre PV Herminie Peers
Le lynx a senti quelque chose. Et d’instinct il se réfugie au fond des bois, là où personne ne le trouvera.

- Merci… Je ne sais pas ce qui m’a pris, un bon thé ne sert pas à saucer le pain. Merci Mademoiselle.

Possiblement, les temps qui viennent se dérouleront ainsi. La serveuse laissera Ivanovna, de peur de la déranger. Elle pourra alors comprendre le sens de ce qui n’en a pas. Pourquoi cette nouvelle lui fait-elle tant de peine ? Une douleur inhabituelle, rien de physique, ni même psychique. C’est ailleurs, c’est différent. En fait, il s’agit d’un sentiment qu’elle n’a jamais connu auparavant. Et il semblerait que cela commence par la rupture. Pas d’innamoramento, ni de compréhension plus ou moins commune d’un amour, d’une passion. Elle doit se débrouiller seule, sans boussole, face à une chose d’autant plus contrariante qu’elle n’a en rien favorisé une étape ou bien l’autre. Alors, si elle est laissée pour morte, elle va ruminer, passer son temps en regards vers ces fenêtres qui sont les seules ici à lui offrir une échappatoire. Fuir, ici ou ailleurs mais fuir. Penser aussi à Konstantin, que lui dirait-il ? Aurait-il de savants conseils en de telles circonstances ? Et pour se protéger du qu’en dira-t-on ? De ces regards jugeants, ces regards permanents. On ne déballe pas sa vie au premier inconnu, c’est la meilleure manière d’être ridiculisée, en face ou dans son dos. Dans tous les cas, c’est quelque chose dont elle se moque, jusqu’à un certain point. On peut bien rire de sa magie, de ses origines, de ses choix même. Mais pas des sentiments, pas de choses que personne ne peut prétendre contrôler. Garder tout, il le faut. C’est le mieux. Ainsi fera-t-elle, possiblement. A moins que… Elle aurait besoin d'Alyona. Une personne de confiance… Combien d’hommes a-t-elle vus se vautrer en longs déballages auprès de barmaids à l’oreille complaisante ? Il ne saurait être question de cela. Et puis, il faut parfois savoir garder en soi son orgueil. Après tout, elle est blessée et ne tient pas tant que cela à ce que le monde sorcier dans son ensemble soit au courant. Tout compte fait, il vaut mieux montrer un abord neutre, la digestion commence.

Il est vrai que les puristes savent que le thé ne doit pas être mélangé. Ni sucre, ni autre substance tendant à en dénaturer le goût. Le lait, un nuage dit-on, ampoulée formule à ses yeux, est tolérable mais elle trouve qu’il se marie peu avec le jasmin. Ou les agrumes, ses agents préférés. Il n’est pas question d’étaler sa science, au demeurant balbutiante en comparaison de beaucoup. Le thé est une affaire sérieuse. Mais surtout c’est l’estomac qui parle. Et la culture. Les gâteaux au gingembre, ça aussi c’est une institution. Et comme elle ne pourra jamais plus boire d’alcool, il ne lui reste pas grand-chose de comestible de sa chère Ecosse. En tout cas la ramener sur la question ne lui vient pas à l’idée. Peut-être que finalement, une issue pertinente existe…
Avant qu’elle ne disparaisse, Ivanovna décide de rompre la glace, à l’instinct. Mais si elle se trompe, le félin s’enfuira pour de bon.

- Dites… vous n’auriez… Je crois qu’on se connaît...

Une ouverture peu fiable aurait dit son Père. Le genre de premier coup que l’on regrette vite sur un échiquier. Mais elle n’a jamais aimé ce jeu. La vraie vie est bien plus exaltante, même les jours d’infortune. Ce matin, elle se levait sans aucun pressentiment, tout allait bien jusqu’à ce hibou, un parchemin raturé dans tous les sens, une œuvre criminelle sur le plan orthographique. Mais s’il n’y avait eu que cela… Le contenu… d’un mièvre… des platitudes comme on en lit que dans les romans de gare (une expression de Konstantin dont elle n’a jamais compris la métaphore, elle se souvient seulement qu’un livre ainsi surnommé ne « valait pas tripette » disait-il). Cisaillée par quelques mots. Et puis… et puis ce gâteau, ce caillou en somme, parfait pour réveiller un esprit hébété.

Voilà où l’on en est, une femme ayant traversé des épreuves vraiment terribles. Une femme dure au mal, qui n’aurait pas dû venir au café du rosier. Caillot de sang dans le coeur, qui sait comment il finira.

Saigne et s'ouvre PV Herminie Peers
Elle s'excuse platement, et vient le « Merci » qui sonne sa délivrance, mais quelque chose la retient. La sensation gênante d'assister à un petit effondrement mental chez son vis-à-vis dont elle ne connaît pas la cause - il serait absurde de croire que le thé gâché en est la raison. Cependant, de deux choses l'une, il est impossible de rester immobile pendant un service - quelque chose de tellement ancré qu'il arrive à la jeune serveuse d'être somnambule et d'essayer de s'affairer sur des tables fantômes en pleine nuit. Et ensuite, rien ne dit que sa présence est requise pour apaiser les élans de l'âme de la cliente. Aussi, avant que ses pieds ne la ramène dans la danse incessante du service, elle se tourne doucement pour réarranger des bricoles et des décorations sur un guéridon de service tout à côté de la table, jetant des œillades inquiètes vers le visage glacé.

Son instinct est le bon, car avant qu'elle se retrouve à court d'idées pour s'affairer, la jeune femme reprend la parole avec forces hésitation. Herminie sourit et se rapproche à nouveau. Elle cligne des yeux. Elle n'était pas la seule à avoir eu un doute.

"Nous nous sommes déjà vues", dit-elle d'une voix plus basse que sa voix de service et au rythme qui lui est d'ordinaire propre. "A Poudlard, certainement, si vous êtes bien native des Îles Britanniques ?", rajoute t-elle, incertaine. Parce que si sa mémoire ne cesse de lui rappeler quelque chose à propos de la Russie, c'était peut-être que c'était par le biais des échanges AMICO qu'elles s'étaient croisées. En tout cas, cette jeune femme n'est pas la correspondante d'Ennis, car elle se souvient encore du style de son visage et ce n'est pas du tout celui qu'elle a en face d'elle. "Mon nom est Herminie Peers", rajouta t-elle pour dissiper tout doute — "J'étais à Poufsouffle et j'ai été diplômée à l'été 49". Ce qui faisait déjà un an et demi. Elle détaille le visage de la sorcière, maintenant qu'elle peut le faire sans paraître intrusive.
Dernière modification par Herminie Peers le 15 févr. 2026, 15:28, modifié 1 fois.

Herminie Peers, 19 ans, Étudiante à l'AESM, Serveuse à temps partiel au Café du Rosier ❧
Best Friend 9000, LA référence couleur Poufsouffle #BF9000

Saigne et s'ouvre PV Herminie Peers
Un coeur blessé, encore plus quand il n’a aucune conscience des raisons réelles de sa meurtrissure, s’avère fragile, peut déraper de ce qu’il est naturellement. La sidération provoque un état dans lequel nous ne sommes plus nous-mêmes.
Il est loin le temps où Ivanovna parlait aisément d’elle. Alors qu’elle a entamé les démarches visant à récupérer son nom maternel, alors qu’elle est une étudiante aguerrie, du moins peut-on le voir ainsi… elle est encore, et pour longtemps, une enfant sur le plan sentimental. D’une certaine manière, ce qu’elle entend l’aide à se déconnecter de sa douleur, dérisoirement intense. 2049, l’été de ses ASPICs.

-Oh ? Nous sommes de la même promotion alors ?!!!

Elle n’a aucun souvenir de ces jours d’examens, si ce n’est les examens eux-mêmes. A part un certain rejet de la part des étudiants « normaux », plusieurs lui signifièrent leur désapprobation à voir une étudiante candidate libre venir manger à leur écuelle, elle n’a vraiment aucun souvenir de quiconque. Objectivement, elle avait été surprise par leur sérieux, leur engagement. Surprise aussi de constater qu’elle n’avait rien à leur envier et ce fut pour elle l’enseignement le plus fort de ces journées.

-… mais vous ne pouvez pas vous souvenir de moi...j’ai eu un parcours un peu tourmenté.

C’est le moins qu’on puisse dire mais il ne faut pas trop en faire… Telle une âme sortie du corps, elle parle avec distance, sans la pudeur qui lui colle à la peau habituellement.

- Vous faites des études supérieures vous aussi ?

...et êtes en nécessité de les financer…?...!... mais cela, il vaut mieux ne pas le dire, ce doit être épuisant. A moins qu’elle ne le fasse par goût, ou dans le cadre d’un parcours universitaire. Circéia a bien travaillé comme barmaid. Dans des conditions sans doute plus exotiques aux yeux de la communauté sorcière. "Herminie Peers"… Non, Ivanovna a beau creuser dans ce qu’il lui reste de souvenirs de Poudlard au cours de sa cinquième année mais cette année scolaire 2045-2046, elle en a tellement peu de souvenirs qu’il lui faudra un jour se pencher sur la vraie raison de cette amnésie. Elle oublie un instant Gordon et entame sa liste des hypothèses possibles. Future auror ? Non… une magicienne pure… Qu’il est difficile de deviner quoi que ce soit derrière une tenue de travail...

Saigne et s'ouvre PV Herminie Peers
Les expressions défilent sur son visage sans qu'elle y prenne garde - si le masque du service est plus aisé à arborer, Herminie est après tout de nature très expressive. Il y a d'abord un clignement des yeux de surprise, tout de suite suivi par un sourire en coin devant l'exaltation soudaine de son vis-à-vis, qui réchauffe nettement l'impression que peut lui donner la sorcière blonde. Puis, un froncement de sourcil. Elle a une vision plutôt nette de tous les étudiants de sa promotion, toute maison confondue, et la jeune femme n'en fait pas partie, elle en est certaine. Mais avant qu'elle ne puisse répondre, l'autre enchaîne sur une rétractation qu'elle pourrait presque qualifier de penaude. Une bulle inattendue de sympathie naît à cet instant envers sa cliente. Elle aurait du lui donner ce gâteau supplémentaire. Et elle a envie de l'écouter. Pour preuve finale de son bon caractère, voilà la femme qui s'intéresse plus avant à la personne derrière la serveuse. Rare. Étonnant. Plusieurs clients ont été surpris en apprenant pourquoi elle ne travaillait là que les week-end. Herminie passe ses mains à plat sur son tablier, sans y penser. Elle a un doux sourire, plus sincère, aux lèvres.

"Et bien, oui tout à fait. Je suis étudiante à l'AESM. L'Académie d'Enchantements, de Sortilèges et de Métamorphose", précise t-elle ensuite à voix basse, en s'inclinant comme elle l'aurait ait si la cliente lui avait demandé de lui parler du cultivar du thé signature du Café. "Et je ne me souviens pas de vous parmi mes camarades de promotions, mais je serais ravie d'entendre l'histoire de ce... parcours mouvementé un jour". Est-il possible qu'elle n'ait partagée presque aucun cours avec elle... Mais qu'elles soient pourtant entrées à Poudlard ensemble ?

"Et vous... Et toi ? Si je peux me permettre", sourit-elle encore, quémandant le droit de se tutoyer. Elle n'en a sincèrement aucune idée. Même si l'air... disons... romantique de la sorcière dont elle ne connaît pas encore le nom lui fait l'imaginer penchée sur des parchemins, appliquée, silencieuse. Elle lève la tête et regarde autour d'elle. Personne ne lui ait signe, mais le travail s'accumule forcément quelque part. La serveuse change d'appui, lisse à nouveau son tablier, mal à l'aise.

Herminie Peers, 19 ans, Étudiante à l'AESM, Serveuse à temps partiel au Café du Rosier ❧
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