Ă€ l'ombre des jeunes sorcier.es en fleurs O.B.

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peu après l'heure du déjeuner
avec @orion blackburn

La Grande Salle avait des allures de ruche le dimanche midi, lorsque chacun avait achevé son déjeuner. Le bourdonnement se réverbérait sur les vitraux et l'été s'annonçant, l'atmosphère prenait déjà des allures estivales. Les examens n'étaient plus une vague vision de l'avenir et il ne restait aux jeunes sorciers qu'une poignée de jours pour achever leurs révisions et se préparer à une descente vers les Enfers.

Tamsin ne se leva pas quand ses camarades de classe proposèrent de quitter les lieux pour aller profiter de l'air extérieur. D'un geste de la main, elle leur fit signe. Oui, elle allait les rejoindre d'un instant à l'autre. Mais pour l'heure, elle avait encore quelque chose à achever. À quelques mètres d'elle, sur le long banc de la table des Serpentard se tenait Orion Blackburn. Figure de sa maison, il avait eu le don de l'intriguer depuis qu'elle s'intéressait de plus près aux coïncidences. Ce gamin portait le nom d'une constellation, et par Merlin le même nom de famille que Veronica. Il y avait des signes qui ne trompaient pas. Pour autant, le jeune apprentie sorcière n'avait pas encore eu l'occasion, ni vraiment le courage, d'aller l'aborder. Alors, à sa manière de vipère, elle avait trouvé un subterfuge bien plus intéressant pour engager la discussion. Ou le provoquer, elle ne savait pas encore trop sur quel pied danser, car le caractère d'Orion ne semblait pas des plus faciles à apprivoiser. Du moins, c'est ce qu'elle avait ouïe dire.

Et pourtant, il fallait reconnaître une certaine témérité à Tamsin. Car qui donc s'était délibérément emparé du carnet oublié du garçon en salle commune ? Qui avait omis de lui rapporter immédiatement et lui éviter ainsi des heures de recherche sous son lit ? Qui avait passé plusieurs jours à écumer les pages de fleurs séchées pour y déceler une signification, un message codé ou n'importe quoi d'autre ?

Elle.

Orion était un mystère et la ferveur de détective qu'elle avait mis dans cette mission faisait presque pitié à voir. Mais face à ce mur, elle y avait vu une excuse, un moyen de l'aborder et peut-être d'en découvrir un peu plus sur ce mystérieux Serpentard.

Alors, quand la salle de banquet fut plus calme et que les abeilles cessèrent de butiner, elle se leva et aussi silencieusement qu'un fantôme l'aurait fait, elle longea le banc pour venir se poster derrière Orion. Elle déposa avec une certaine délicatesse le carnet perdu — ou abandonné — et aborda le collectionneur de pétales. « Salut Blackburn » s'entendit-elle dire avec étrangeté. « Je crois que tu as perdu un précieux trésor et que ceci t'appartient ? »

astre au 𝔷𝔢𝔫𝔦𝔱𝔥.

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AVIS DE RECHERCHE POSTÉ QUELQUES JOURS PLUS TÔT EN SALLE COMMUNE
Reducio
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La semaine qui venait de s'écouler avait été des plus stressantes pour Orion. Certains auraient pu croire que c'était les examens qui l'avait mis dans cet état, mais il n'en était rien. Un vulgaire parchemin n'aurait pas pu avoir cet effet-là sur le Serpentard. Non. Si, une semaine auparavant, il se prélassait dans le parc, partant à la cueillette pour rembourrer l'un de ses biens le plus précieux — un bouquin où il acollait des fleurs, trouvées dans la nature, reflétant à peu près chaque endroit et souvenir qu'il avait pu emmagasiné au cours de sa vie —, aujourd'hui, ce livre avait disparu. Le jour de sa disparition, Orion l'avait rejoué des centaines de fois dans sa tête et se sentait de plus en plus stupide. Lui qui, d'ordinaire, ne s'aventurait jamais à le remplir en salle commune, avait fait l'erreur de déserter sa chambre pour le salon de sa maison et en faire son affaire là-bas. Seulement, quand il s'était levé parce qu'il avait oublié du papier collant dans sa chambre, quelqu'un l'avait dérobé. Non, pire, quelqu'un l'avait volé.

Il en était certain. Enfin, presque.

Il avait retourné toute sa chambre, ses draps, ses armoires, sa malle. Tout, tout, tout. Rien, rien et encore rien. Le vol était la seule solution parce qu'il n'y avait aucune raison qu'il ait eu une amnésie au point qu'il ne se souvienne même pas ce qu'il en avait fait, n'est-ce pas ? Plus les jours avançaient, plus Orion n'était plus sûr de rien. Et s'il l'avait égaré ? Si toutes ces années de dur labeur était échouées quelque part, dans le château ? Pire, et si quelqu'un tombait dessus et s'amusait à lire toutes ses pensées ? Il n'était pas assez explicite pour que l'on comprenne tout ce qu'il s'y trouvait, mais tout de même, ça n'enlevait pas le stress qui planait au-dessus de sa tête constamment. Il avait même posté un avis de recherche en salle commune dans l'espoir que quelqu'un se montre assez clément pour l'éloigner de ses tourments. Mais là encore, c'était le néant absolu.

Désormais, cela faisait une semaine complète qu'il l'avait égaré et il commençait à perdre espoir. Morose, il mangeait son déjeuner sans vraiment se concentrer, la tête appuyée sur sa main. Il ne s'entourait que rarement donc fort heureusement, son esprit absent ne pouvait déranger la compagnie de personne. Pourtant, au fur et à mesure que la salle se vidait, il n'avait pas l'impression d'être tout seul. Pour une raison qu'il ignorait, il se sentait observé. Trop amer pour s'en soucier, ce n'est finalement qu'en entendant une voix s'adresser à lui que ses soupçons se confirmèrent. Relevant les yeux, il tomba nez à nez avec Tamsin Gillies.

Tiens donc.

La meilleure amie de Niks. Qu'est-ce qu'elle lui voulait ? Il n'avait même pas le souvenir de s'être déjà adressé à elle pour des échanges plus que cordiaux. Haussant un sourcil, il ne l'écouta que d'une oreille à peine et ne jeta même pas un regard à ce qu'elle venait de déposer sur la table. Mais tout à coup, elle retint toute son attention. Un précieux trésor ? Qui lui appartient ? Ses yeux s'écarquillèrent et filèrent vers le carnet qu'elle avait déposé sur la table. Son carnet. Ses émotions se bousculèrent entre le soulagement, la méfiance et l'envie irrépressible de se jeter sur son bouquin. En toute honnêteté, il aurait probablement opté pour cette dernière s'il n'avait pas pris l'habitude vicieuse de ne jamais montrer ses émotions à quiconque. Cependant, il se redressa tout de même en se tournant vers Tamsin, sa main glissant lentement vers le livre.

« Gillies » la salua-t-il avec méfiance, bien que l'urgence de récupérer son bien trahissait son ton. « Je peux savoir comment tu t'es retrouvé en possession de ça ? » demanda-t-il, le regard sceptique.

@Tamsin Gillies, j'espère que ça te convient ! ^^
649 mots

Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues... | Roi des Dédaigneux, Comte du Mépris et Partisan des Détestables d'après Paige

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À la faveur des jours écoulés, elle avait beaucoup réfléchi. Car oui, il lui faudrait forcément une parade, une excuse, une fausse mise en scène pour éclairer l'arme de son crime. Comment avait-elle pu se retrouver en possession d'un si précieux trésor ? Son nom de famille résonna entre eux comme un appel à l'aide — ou bien était-ce un soulagement ? Tamsin eut bien du mal à contenir le sourire qui fleurissait sur ses lèvres. Elle avait devant elle un gamin de six ans, privé de sa peluche d'enfance depuis de trop longues heures.

Avant de répondre, elle décida qu'il était temps de s'installer, car cette remise en main propre nécessitait une discussion et lui permettrait enfin de récolter des informations sur ce mystérieux fils d'Orion. On ne portait pas un nom pareil sans que Tamsin s'en mêle, ça c'était certain. Enjambant le banc de bois de leur table de maison, elle s'assit à ses côté et du bout du doigt, poussa le carnet vers son propriétaire, signe qu'il ne disparaîtrait désormais plus de sa vue. « Il était coincé dans un des fauteuils de la salle commune » répondit-elle les yeux dans le vague pour éviter d'avoir à croiser le reflet de son propre mensonge. « Tu sais entre le coussin et l'accoudoir. » Combien d'élèves avaient perdu une plume, un collier ou n'importe quel bien précieux dans ces fauteuils qui semblaient avaler tout ce qui passait. C'était sa meilleure parade et il avait intérêt à la croire.

Enfin, ses yeux clairs se tournèrent vers sa victime. Elle lui décocha un sourire enjôleur, pour attendrir ses derniers soupçons. « Qu'est-ce que tu consignes là dedans qui soit si précieux ? » La question ne portait aucune moquerie, aucun jugement. Au contraire, elle était simple et douce, curieuse certainement, mais surtout fascinée par ce qu'elle y avait découvert. Alors autant feindre l'ignorance pour espérer obtenir une réponse honnête. C'est du moins le pari que pris Tamsin en fixant Orion avec attention.

@Orion Blackburn

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Quelque chose clochait. Comment diable Tamsin Gillies s'était-elle retrouvée en possession de son précieux bouquin ? Le fait qu'elle venait de sa maison n'arrangeait pas les choses ; elle devenait la parfaite suspecte. Et ce n'était pas ses yeux brillants qui allaient l'innocenter aussi facilement. Orion l'observa s'installer à ses côtés, épaules tendues et yeux plissés, prêt à la pointer du doigt à tout moment pour vol. Il n'avait aucune idée de ce qu'elle manigançait ; diable, jusqu'à preuve du contraire, elle pouvait même l'avoir simplement récupéré en pensant qu'il s'agissait d'un livre perdu, mais il avait le pressentiment qu'il y avait quelques points à éclaircir dans toute cette histoire.

Une fois qu'elle poussa le recueil vers lui, ses mains s'y agrippèrent avec un peu trop d'urgence et d'insistance pour que cela ne paraisse naturel. Tant pis, cela faisait une semaine de trop que l'objet et son maître avaient été séparés, il n'y avait pas besoin de faire durer l'attente un peu plus longtemps. Automatiquement, quand il put sentir le cuir de la couverture intact entre ses doigts, Orion se sentit soulagé et ses épaules se détendirent. Il regarda le livre avec des yeux brillants, rassuré de savoir que ses années de souvenirs n'étaient pas détruites, réduites à néant dans un coin sombre du château pour toujours. Misère, il ne savait pas à quel point il était attaché à ce livre, mais ce sentiment de bien-être venait de le confirmer. Il releva ses yeux vers Tamsin, curieux de l'excuse qu'elle allait lui fournir pour avoir attendu une semaine entière pour lui remettre son précieux, et haussa bien vite un sourcil à sa réponse. Coincé ? Dans un fauteuil ? Impossible. À moins que... Il fallait avouer qu'Orion avait commencé à douter de tout, y compris lui-même. Il fronça les sourcils, confus et incapable de discerner si cela pouvait être la vérité ou pas. Une petite voix lui souffla que cela importait peu étant donné que le problème était réglé mais quand même... Orion ? Si peu consciencieux ?

« Ok... Bizarre... » répondit-il, toujours peu convaincu. Il entrouvrit les pages du livre pour voir si tout était à sa place et souffla légèrement en voyant que le bouquin avait été conservé avec soin. Bon, au moins, elle l'a pas détruit, songea-t-il. Puis, Orion fut interpellé par la question de la Serpentard et referma vivement l'ouvrage dans un bruit sourd en relevant les yeux vers elle une nouvelle fois. Le sourire qu'elle affichait était sincère. Presque un peu trop, au point de ne pas l'être du tout. Il plissa les yeux. « Comme si tu ne l'avais pas ouvert. Tu vas me dire que tu n'as regardé que la page de garde, peut-être ? »

Son ton n'était pas nécessairement froid, juste interloqué. Pincé par le fait qu'il lui était maintenant redevable, il ne se sentait pas légitime de la soumettre à un interrogatoire — ou bien était-il simplement aveuglé par la joie d'avoir retrouvé son bien ? Peu importe. Il hésita légèrement, incertain de savoir si, oui ou non, il voulait bien divulguer ces années de sa vie gratuitement — d'autant plus que la quantité de personnes au courant de son passe-temps était plutôt maigre. C'est bien parce que je te dois ça, Gillies. Puis, c'était la meilleure amie de Niks ; elle devait bien avoir des bons côtés. Il soupira et poussa le livre vers elle. « Je collectionne les fleurs. Puis je les fais sécher. Tu peux regarder, si tu veux. Enfin, si t'avais pas déjà tout regardé » ajouta-t-il avec une ironie malicieuse et un sourire en coin. « Ça vient d'un peu partout où j'ai été. C'est-à-dire, pas très loin, rien d'intéressant pour toi, en somme. »

@Tamsin Gillies
623 mots

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