9 août 2024, 01:41
La mystérieuse Shirin Osmani


15 Novembre 2048
Bureau du concierge – Poudlard
2ème année
@Suileabhan Kohler




Cela fait déjà deux semaines que la cérémonie de Samain est passée, et pourtant les mots du concierge résonnent encore dans mon esprit, inlassablement, dans un long va et vient incessant. Je ne sais pas pourquoi ils m'ont tant marquée, ni pourquoi je n'arrive pas à penser à autre chose qu'eux. Et ce midi, assise au milieu de la table des Poufsouffle, comptant les petits pois restant dans mon. assiette, je pense une énième fois aux paroles de Mr Kohler sur la sorcière qu'il admirait – et admire – tant. Je me souviens parfaitement de son nom, ai eu le temps de lui donner mille et une vies différentes et de lui imaginer des histoires plus épiques les unes que les autres. Pourtant, ma curiosité à son égard ne veut pas se tarir, recherchant sans cesse des réponses introuvables à mes questions, le seul moyen de les avoir étant de parler au concierge – or je n'en ai pas eu l'occasion depuis la cérémonie.

Cependant, si je veux en avoir, il faut que je me bouge. Décidant une bonne fois pour toute d'en finir, je repousse mon assiette, n'ayant plus l'appétit de la terminer (il restait de toute façon douze petits pois) et quitte la Grande Salle déjà presque vide, le repas s'étant fini il y a longtemps déjà. Je monte les escaliers à petits pas, rapidement, prenant la direction de la Tour Nord, et plus précisément du bureau de concierge. Arrivée devant sa porte, j'hésite un instant, le poing levé frôlant à peine le bois épais qui me sépare de mes réponses. Repoussant mes craintes infondées (après tout, il n'est pas Valerion), je tape trois coups secs, avant d'ouvrir la porte juste assez pour laisser passer mon corps.

Je me poste dans l'encadrement, croisant le regard de Monsieur Kohler. Un instant, les mots m'échappent et j'oublie la raison de ma venue. Me rappelant qu'il n'est qu'un simple adulte, et même plutôt sympathique, je me racle la gorge, redresse la tête et dis :

« Bonjour Monsieur. J'aimerais vous parler de quelque chose. »

Je ne lui dévoile pas tout de suite la raison de ma présence dans son bureau, préférant ne pas trop m'avancer. Peut-être qu'il me dira qu'il n'a pas le temps de parler tout de suite et me demandera de repasser plus tard. Mais quelle que soit sa réponse, maintenant que je suis là, je ne peux plus reculer. Hors de question d'être aussi lâche qu'il y a une semaine à peine, devant le bureau d'une toute autre personne, qui pourtant me parait si similaire au concierge.

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12 août 2024, 21:30
La mystérieuse Shirin Osmani
Deux semaines après, les dernières paroles échangées avec Sixtine hantaient encore l'esprit de Suileabhan. Ils avaient progressé. Pour la première fois depuis l'été, ils avaient établi un semblant de discussion, avant que.. avant que quoi, au juste ? Progressait-il, progressaient-ils seulement dans la bonne direction, où ne faisait-il que tourner en rond ? Quoi qu'il en soit, pour le bien des élèves et surtout, de stagiaire, il se devait de laisser sa situation personnelle propre de côté. Il avait fait tous les pas, toutes les courses encore possible vers elle. Si elle voulait encore de lui dans sa vie, c'était désormais à elle de lui répondre, et il l'avait finalement accepté. Il en souffrait, mais il l'acceptait. Alors, comme toujours, il s'était replongé dans le travail et, aujourd'hui, c'était peut-être lui qui toquait à la porte. Quand il vit de qui il s'agissait, ses yeux s'adoucirent un instant. Il ne l'avait pas plus connue que cela jusque là, mais la Poufsouffle avait été un étonnant baume au coeur du sorcier lors de la soirée de Samain, et Suileabhan ne l'oublierait pas de sitôt.

- Entrez, Miss Houston. Rien ni personne ne mord, dans ce bureau.

Ce n'avait pas toujours été le cas mais, cela, nul besoin de le lui rappeler. Polie, intimidée, et.. il y'avait quelque chose encore, que l'adulte n'arrivait pas à définir. Dans tous les cas, il allait falloir briser la glace pour empêcher le bateau de sombrer directement.

- Bien sûr. Vous avez pris rendez-vous avec la secrétaire ?

Après deux secondes de sérieux, Suileabhan fit un sourire à Ashley, de quoi comprendre immédiatement la plaisanterie.

- Asseyez-vous, Miss. Vous prendrez quelque chose, du thé peut-être ? J'ai un mélange parfait pour faciliter la digestion.

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9 sept. 2024, 22:20
La mystérieuse Shirin Osmani
À ses mots, j'entre entièrement dans la pièce et referme la porte derrière moi. Je regarde autour de moi avec intérêt, me demandant à quoi peut bien ressembler le bureau d'un concierge. Je suis assez déçue de le voir comme tous les autres. Banal, vide et… sans expression ni touche personnelle. Mon regard s’arrête à peine une seconde sur le bureau du concierge, ne le jugeant pas digne d’intérêt, pour s’arrêter sur une grande armoire occupant une majorité de l’espace du mur. Répondant aux paroles du concierge, je fais un pas de plus dans la pièce, arrive en son milieu, et en profite pour observer le mur du côté de la porte plus en détails. La taille de ladite armoire m'impressionne, et l'envie de savoir ce qu'il peut bien se cacher à l'intérieur me prend. Il doit y avoir tout un tas d'objets confisqués, magiques ou non, précieux ou non, et en faire l'inventaire doit sûrement être passionnant. Mais ce n'est pas le moment de demander à en voir le contenu. Peut-être une prochaine fois, si j’ai le courage de revenir, mais pas aujourd’hui Mes yeux glissent sur le meuble posé derrière le bureau, attirés par la présence d'un autel. Dessus, je reconnais trois runes, mais surtout une statuette aux traits féminins qui me rappelle soudainement ma venue. Est-ce qu'elle représente celle pour laquelle je suis ici ?

Lorsque le concierge reprend la parole, je tourne ma tête vers lui, évitant soigneusement son regard, mais sa remarque me crispe d'un coup et je me force à le regarder dans les yeux, paniquée. Une secrétaire ? Depuis quand ? C'est nouveau, c'est obligé, après tout ce n'est écrit nulle part dans le règlement ou sur la porte de son bureau, ni même sur le panneau d'affichage...
Le sourire qu'il m'adresse me prend lui aussi de court, et je comprends avec une seconde de retard que c'est une blague et qu'il n'est pas sérieux. Ne trouvant pas ça drôle, je me force tout de même à lui sourire en retour – un sourire maladroit et piteux, mais je n'arrive pas à faire mieux et c'est en partie sa faute. Je m'assieds ensuite sur la chaise du milieu, face à son bureau, les poings serrés sur mes cuisses. À sa question, je déglutis avant de répondre :

« Oui s'il vous plait. »

Si c'est bon pour la digestion, je n'ai pas de raison de refuser. Et le thé me permettra sûrement de me détendre. Je ne sais pas vraiment pourquoi je stresse autant. Il n'a rien d'effrayant, le concierge, au contraire même, malgré les apparences il est plutôt gentil. Mais il y a un je ne sais quoi qui fait que je n'arrive pas à entièrement lui faire confiance comme je fais confiance à Natanaël, qui fait que j'ai du mal à le cerner et qui fait que je ne suis pas à l'aise en sa présence.

« C'est à propos de- euh... tenté-je laborieusement. Je me racle la gorge, me trouvant minable à bégayer ainsi – ce n'est qu'une toute petite phrase à dire ! – puis réessaye, redressant le menton pour me donner de l'assurance. C'est à propos de Shirin Osmani. »

Ce nom, je me le suis répété sans cesse, le tournant et décortiquant dans tous les sens possibles, y réfléchissant presque tous les soirs dans mon lit depuis Samain. Ce nom, c'est la raison pour laquelle je suis ici aujourd'hui, assise sur cette chaise inconfortable, dans ce bureau à la fois froid et sinistre, au cœur de ce Château où je me suis rarement sentie à ma place. C'est peut-être également la raison pour laquelle je me méfie du concierge (après tout il en a dit si peu sur elle mais sous-entendu tellement), mais ça, je ne sais pas si je suis encore capable de l'accepter.

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21 sept. 2024, 23:29
La mystérieuse Shirin Osmani
Alors que tout en elle criait un étrange mélange d'envie et d'absence d'envie d'être ici, Suileabhan ne put s'empêcher de souffler intérieurement. Il n'était pas le plus heureux du monde d'être dérangé sans avoir été prévenu, mais il n'avait jamais mordu aucun élève qui était venu ingénument le trouver, c'était une certitude. Bien sûr, c'était lui-même qui cultivait avec succès une certaine aura. Mais il ne pouvait s'empêcher de se lasser parfois du comportement des plus jeunes à l'intérieur de son bureau. Enfin, l'enfant avait au moins accepté le thé, et Suileabhan lui tourna le dos afin de le préparer lui-même. Et alors qu'il tenait l'une des soucoupes entre ces doigts, il se retrouva le premier étonné lorsqu'il la vit glisser de sa main pour venir s'éclater en trois ou quatre morceaux sur le vieux parquet.

Est-ce qu'il avait bien entendu ? Comment.. Ah. Samain. Bien sûr. Pour autant, jamais Suileabhan ne se serait attendu à entendre ce nom dans la bouche de quelqu'un d'autre. Pas dans ce bureau, pas au travers d'une enfant de Poufsouffle. Malgré ce trouble manifeste, quelques secondes plus tard, l'homme avait déjà, de sa baguette, récupéré les éclats désormais mis de côté, et installé deux tasses qu'il servit finalement du mélange cité précédemment. Plutôt que de lui mentir, lui dire que ce n'était rien ou faire comme si de rien n'était, il offrit un faible sourire à la jeune fille. Il fut soudain quelque peu touché par l'implication de l'enfant, dont il se souvenait maintenant de l'émotion dont elle avait fait preuve lors de la cérémonie. Il s'assit.

- Vous avez toute mon attention, Miss Houston. Je vous écoute.



Attention, la description du bureau n'est valable qu'à partir de Janvier 2049 !

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27 nov. 2024, 22:28
La mystérieuse Shirin Osmani
Le temps entre ce que j'ai dit et sa réaction semble durer une éternité, si bien que je me mets à croire qu'il ne m'a pas entendue. Mais peut-être ma perception du temps s'est modifiée et considérablement ralentie car au moment où j'entrouvre les lèvres pour prendre mon inspiration et répéter ce que j'ai dit tant bien que mal, la tasse que le concierge tient dans ses mains tombe au sol et me fait sursauter. Je ne dis rien et n'ose bouger, ne sachant comment réagir. Mais l'homme en face de moi s'en charge à ma place, pour mon plus grand bonheur, ou pire malheur.

Bien qu'il ne prononce rien, sa réaction est similaire à un « Ce n'est rien ». Il ment ; ce n'est pas rien. Si ce n'était rien, la tasse ne se serait pas brisée sur le sol en mille éclats de souvenirs. Si ce n'était rien, il n'aurait pas écarté les débris d'un geste nonchalant signifiant que ça lui est égal, pour s'empresser d'écouter ce que j'ai à dire, ce qui trahit son réel état d'esprit. Si ce n'était rien, il ne m'aurait pas dit qu'il m'écoutait et si ce n'était rien, je ne serais pas assise en face de lui, à parler de quelqu'un qui n'est à l'évidence pas « rien ».

Cette tasse remet en doute toute ma détermination et j'esquisse un mouvement pour me relever avant de croiser le regard du concierge. Je me stoppe net, laissant en suspension mes mains sur le bord de ma chaise et mes jambes crispées à demi-pliées. Je me rassieds sur cette chaise que je n'ai pas quittée, ou tout du moins seulement mentalement. Je connais ce regard. Je le connais, car il m'arrive d'avoir le même. C'est celui de quelqu'un qui donne toute son attention à l'autre, pour une raison forcément importante.
Ce n'est donc pas « rien ».

Et à ce regard s'ajoute ce sourire. Mou, fatigué, faible. Ce sourire qui cache tant de choses, tant de soucis, tant de secrets. Sont-ils tous liés à elle ? Est-elle le cœur de ses pensées comme elle l'a été pour moi durant l'entièreté des dernières semaines ? Et si ce n'est pas perpétuel, l'est-elle au moins régulièrement ? Une fois par jour, par semaine, par mois ? Ces questions sans réponses chassent ma peur et mon appréhension à me libérer du poids de mes interrogations et je me racle à nouveau la gorge. Je me redresse, rapproche ma chaise du bureau et pose mes bras sur son bois sombre. Fini, les hésitations sans fin et les craintes infondées. Je ne suis pas là pour me plaindre de mon impuissance face à mes propres sentiments, mais pour obtenir réponse à ce que je mérite de savoir : le secret caché derrière Shirin Osmani.

Mais, avant de reprendre la parole, et peut-être pour faire durer le suspense dans le but de torturer le concierge comme il m'a torturée en mentionnant pour la première fois cette mystérieuse femme sans en dire plus, je prends lentement dans mes mains la tasse intacte dans laquelle il a versé son thé. Je bois quelques gorgées, mes yeux toujours fixés dans ceux de l'adulte. Qu'il patiente ! J'ai bien attendu deux longues et interminables semaines, moi. Je savoure le goût du thé coulant dans ma gorge, appréciant sa douceur et sa chaleur qui sont comme un doux cocon m'enveloppant intérieurement, avant de reposer le contenant sur sa soucoupe. L'attente a assez duré. Je repose mes mains sur mes cuisses, droite comme la justice, et par réflexe redresse légèrement le menton. J'ai l'impression d'être devant Maman lorsqu'elle m'interrogeait sur mes cours, quand j'étais petite. Elle me disait de toujours bien me tenir, avec fierté et peut-être même un peu de défi dans les yeux, car c'est cela qui permet de ne pas perdre de crédibilité lorsque ce que l'on dit est faux, ou lorsque l'on est dans une situation délicate (ce qui est mon cas aujourd'hui, d'une certaine façon). Un seul faux pas, et tout est terminé. Mais quitte à échouer, autant le faire avec la tête haute.

« Vous avez parlé d'elle à Samain. »

L'évidence est telle qu'il en devient ridicule de la rappeler. Mais peut-être est-ce une façon pour moi de gagner un peu de temps sur ce qui va suivre.

« J'aimerais que vous me parliez un peu plus d'elle. »

J'inspire par le nez, puis expire par la bouche.

« Plus que ce que vous nous avez dit la dernière fois. »

À nouveau, je respire lentement, avant de poser mes coudes sur la table et de me pencher un peu plus en avant, le visage affichant le plus grand sérieux du monde.

« Qui était-elle pour vous ? » dis-je dans un souffle.

Ma question, aussi indiscrète qu'un ogre déambulant dans la grande salle, a autant de chances de recevoir une réponse que de m'être renvoyée à la figure. Évidemment, j'ai une préférence pour le premier cas. Mais ça, c'est au concierge de le décider. Il a ma réputation entre ses mains et j'espère qu'il choisira d'en faire quelque chose de bien.

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant

8 janv. 2025, 22:07
La mystérieuse Shirin Osmani
Suileabhan hésita un instant à troquer son thé avec un verre, voir la bouteille entière, mais se ravisa. S'il ne pouvait même pas en parler avec une enfant, comment pourrait-il faire croire à qui que ce soit que cela était derrière lui ? Rien de ce genre ne l'était vraiment par ailleurs, l'irlandais avait simplement appris à vivre avec ce poids sur le cœur. Celui-ci, et bien d'autres encore qu'il était loin d'être prêt à tous partager. Mais, plus important encore, était-il capable de transmettre ce qu'était vraiment, qui était vraiment Shirin Osmani pour lui, ou pour n'importe qui d'autre ? Était-il capable de trouver suffisamment de mots pour lui rendre justice ailleurs que dans le grand hall de ses souvenirs ? Et puis, il y avait toutes ses émotions, certaines choses qu'ils avaient pu vivre, ensemble. Non seulement ces sentiments n'appartenaient.. n'avaient appartenu qu'à lui, qu'au eux, mais ils n'étaient aujourd'hui et hier qu'une infime variable de cette grande équation. Il prit une grande inspiration avant de finalement tenter de répondre.

- Que savez-vous, Miss Houston ? Que connaissez-vous de l'Iran, de ses couleurs, ses paysages, de son cœur, des sorciers qui y vivent et de leurs coutumes ? Lorsque je m'y suis installé, je n'y connaissais rien, moi non plus. C'est elle qui m'a tout appris. À y parler, à y vivre, à les comprendre. À me battre pour eux. À m'y installer. C'était ce qu'elle était pour moi. Tout cela, et pourtant, elle était bien plus encore.

Suileabhan avait commencé a parler, presque à lui même autant qu'à Ashley Houston désormais. Autant un interrogatoire qu'une thérapie dont il n'était peut-être pas le seul à en avoir la nécessité, il continua.

- Shirin était une lointaine cousine de Baqir, un ami à moi, avec qui je partageais le même Maître en magie. Un jour, après un entraînement et sans vraiment m'en dire davantage, il nous a.. ordonné de nous rendre dans un village Iranien.

Suileabhan racontait cette partie de sa vie sa froncer d'un sourcil. Cela ressemblait encore tellement au Zagan d'aujourd'hui que le sorcier n'avait aucun mal à se représenter encore le maître à agir ainsi.

- Là, nous devions rejoindre l'un de ses contacts. Ce contact, c'était Shirin. C'est ainsi que j'ai croisé son regard pour la première fois. Mais son histoire à elle ne commençait ni ne finissait ici, mais bien plus de trente années en arrière, au cœur de ce même village où nous finîmes par nous rencontrer.

Sans s'en rendre compte, le concierge venait déjà de terminer son breuvage. Perdu dans la contemplation de paysages depuis longtemps et à jamais inaccessible à ses yeux, l'irlandais ouvrit un tiroir de son bureau, sortant puis dévoilant à la Poufsouffle un cadre où était gravé à la main les traits d'une femme qu'il n'avait jamais oublié. Par son intensité et sa fidélité, l'ouvrage aurait pu être une photographie, mais n'était pourtant faite que de bois et de passion, où s'était découpé le visage de cette femme voilée avec fierté, les yeux bleus resplendissant d'un amour infini pour la vie, la sienne et celle des autres. Shirin Osmani.

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8 août 2025, 02:15
La mystérieuse Shirin Osmani
L'air semble s'être figé autour de moi. Je retiens mon souffle, examinant le visage du concierge au fur et à mesure que mes paroles parviennent à son esprit. Si son visage reste impassible, ce sont ses yeux qui parlent pour lui. J'avais l'impression d'avoir touché une zone sensible en mentionnant Shirin Osmani précédemment ; j'ai maintenant la confirmation que c'était le cas. J'ai du mal à déchiffrer ses pupilles, mais sans doute y décelé-je de la nostalgie, peut-être même de la douleur, et quelque chose de plus profond sur quoi je ne saurais mettre un mot.

Lorsqu'il prend la parole, c'est tous ses mots qui m'entourent, toutes ses phrases qui m'embarquent et me transportent dans son histoire, dans ces contrées lointaines que je ne connais pas et que j'aimerais tant découvrir, qui exaspèrent mon ignorance et attisent ma curiosité et mon désir de savoir. Les paroles du concierge me paraissent lointaines, et pourtant elles résonnent clairement dans mon esprit. Son récit n'est pas que pour moi ; il est aussi pour lui, et pour chaque âme nous entourant, bien que nous ne soyons que tous les deux. Mais peut-être que celle de Shirin est là aussi ? Nous entend-elle, de là où elle est, où qu'elle soit ? Pense-t-elle que je sois digne de connaître son histoire, que je saurai honorer sa mémoire comme j'ai pu le faire lors de Samain ? Lentement, je m'imagine les scènes de sa vie, la voix du concierge me portant peu à peu dans ce voyage autant imaginaire que réel, si proche mais pourtant si lointain de cet endroit, de cette pièce froide et de cette chaise inconfortable où je me crispe malgré moi, où je bois les paroles de l'adulte en face de moi et où je me perds dans son récit, qui ne fait que commencer et qui pourtant déjà me touche en plein cœur, aussi fortement que lorsqu'il a prononcé le nom de cette femme pour la première fois.

J'avale à grandes difficultés une gorgée de ma tasse de thé, n'osant quitter des yeux le concierge pour m'assurer que tout ceci est réellement en train de se passer, et n'est pas ce que j'aurais souhaité voir et apprendre. À l'instant où il se tait, j'expire, relâchant tout l'air contenu dans mes poumons, inspirant ensuite avec avidité, me rendant enfin compte de toutes ces secondes où j'ai retenu ma respiration. L'air me brûle et je manque de m'étouffer. Je repose ma tasse, toussote une ou deux fois, gênée d'avoir comme première réaction cet étranglement qui peut vite être mal interprété. Oh, il n'y a pourtant rien à mal interpréter. Le peu que j'ai entendu de l'histoire de Shirin suffit à mon bonheur et les questions se bousculent dans mon esprit à toute vitesse, si bien que je ne sais plus où donner de la tête. Je me racle la gorge, clignote une ou deux fois des yeux et les baisse sur le contenant vide de l'adulte.

« Que vous apprenait votre maître en magie ? » est la première question que j'arrive à prononcer.

Celle-ci, parmi tant d'autres mille fois plus importantes ! Celle-ci, un sujet si minime par rapport à Shirin, un sujet si minime que j'aurais pu le garder pour plus tard, le poser sur la table à la fin, ou même un autre jour, tant il importe peu ! Mon courage tantôt retrouvé s'est évanoui en une seconde par cette question maladroite et si mal posée. Je pince les lèvres, frustrée. Il est trop tard pour effacer cette question de l'air, mais je peux toujours en poser une autre. J'aurai de toute façon toujours d'autres questions à poser.

« Comment est-elle... »

L'échec est crucial et le mot « morte » s'évanouit dans ma gorge, au bord de mes lèvres. Je suis incapable de le prononcer, ce petit mot. Si petit qu'il ne fait qu'une syllabe, mais si petit que son impact est trop grand pour que je puisse le dire.

« Comment était-elle ? finis-je par dire, hésitante, redoutant une énième erreur. Comment était elle quand vous l'avez rencontrée ? Pouvez-vous... pouvez-vous aussi me parler d'elle trente ans plus tôt ? »

Je n'ose en demander plus, mais peut-être en demandé-je déjà trop. Qu'importe, après tout. Il semble que nous ayons tous deux besoin de cette discussion, même si c'est sûrement pour des raisons totalement différentes.

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant

31 août 2025, 21:16
La mystérieuse Shirin Osmani
La pouffsoufle se racla la gorge, signal dont répondit à l'appel toute une équipe de questions plus ou moins timides. Elle en aurait presque fait rougir le bleu de Rowena. À la première d'entre elle, Suileabhan darda sur elle son regard brûlant.

- Beaucoup de choses. À commencer par ne pas poser trop de questions.

Son visage changea soudain vers un sourire en coin.

- Rare sujet pour lequel j'ai toujours été un très mauvais élève. Du reste, ses enseignements ne concernaient pas seulement la magie, mais tout autant le physique que le mental - c'est déjà quelque chose intéressant à garder à l'esprit dès le plus jeune âge. Tout cela faisait partie d'un ensemble spécifique, se rapportant à son école de magie. Et par école, comprenez voie, école de pensée - et non pas une institution telle que Poudlard.

Il n'y avait pas de mal à commencer à laisser penser chez la jeune fille qu'il existait de nombreuses manières de réfléchir à et travailler sa magie. Le concierge fronça soudain les sourcils à la maladresse d'Ashley Houston. Il n'aurait de toute façon pas raconté une telle histoire. Pas à un enfant, et pas à Poudlard. Plutôt que de se laisser rattraper à nouveau par de sombres pensées, il préféra se raccrocher à un autre sourire. Pas le sien, mais celui de Shirin.

- Naître en Iran au début du XXIe siècle.. disons simplement qu'il existe des lieux plus faciles pour élever un enfant lorsque son sang est mêlé - à de multiples niveaux. Sans rentrer dans les détails, elle a pu grandir baignée dans une certaine somme de cultures qui ont fait d'elle une femme qui se souciait de tous ses prochains. Elle avait choisi de suivre le mazdéisme de ses ancêtres sorciers, mais restait toute aussi proche de ses origines d'un monde sans magie. Elle en avait fait son métier : Shirin œuvrait pour l'intégration des familles musulmanes sans-magie, lorsqu'un ou plusieurs de leurs enfants rejoignaient Albaldah - cela arrive bien plus souvent que sur v..nos îles.

Suileabhan s'était reprit, même s'il ne se sentait plus chez lui dans sa région natale depuis longtemps. Il but une nouvelle gorgée

- Elle avait de très jolis yeux bleus, mais n'en possédait pas de troisième - ce qui ne l'empêchait pas d'être l'une des sorcières les plus douées en divination qu'il m'ait été donné de côtoyer. Et à moins que vous ne souhaitiez réaliser sa biographie, je pense avoir pu répondre à toutes vos questions ?

C'était tout à la fois une question qu'une affirmation. Le concierge n'allait pas non plus passer la journée à discuter d'une proche passée de vie à trépas avec une jeune élève de Poudlard.

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30 nov. 2025, 18:47
La mystérieuse Shirin Osmani
Je sens mes joues me brûler désagréablement le visage lorsque le concierge fait une remarque sur le nombre de questions que je pose. Mais ce n'est pas vraiment ma faute. Comment résister à tout cette curiosité qui m'enveloppe à cause de cette mystérieuse femme, surtout lorsque la réponse à toutes mes questions se trouve assise en face de moi, une tasse de thé à la main ? Comment empêcher ma langue de parler pour moi alors l'adulte accepte de raconter un peu son histoire, de me partager quelques moments de sa vie ? Je cache mon désarroi et désaccord en me cachant derrière ma tasse de thé, en avalant quelques gorgées le temps que le concierge reprenne la parole. Qu'il la prenne vraiment et me dise ce qui m'intéresse, et non pas un Ne pas poser trop de questions alors que je sais très bien que quand j'ai prononcé le nom de Shirin Osmani pour la première fois, j'ai remué quelque chose en lui et ai immédiatement éveillé son intérêt. Je sais qu'il a envie de répondre à mes questions – qu'il en a besoin – alors il n'a pas à me reprocher d'être trop curieuse. Personne ne devrait reprocher à quelqu'un d'être trop curieux.

Et peut-être qu'au fond, il le comprend lui aussi, au vu de son sourire qui me fait penser que ses reproches n'étaient qu'une illusion, que passagers, le temps de pouvoir pleinement accepter ce que j'ai à dire. Et de fait, il continue son histoire. Ou plutôt, son aparté sur ce qu'était l'école de son maitre. J'ai du mal à voir le concierge mauvais élève. Dans le sens où il semble avoir vécu tant de vies – mille pour une seule. Peut-être qu'il était simplement passionné par les cours ? Que ses pensées se perdaient facilement dans d'autres sujets que ceux de son professeur, et qu'il lui demandait alors tout ce qui lui passait par la tête. Ou peut-être qu'en fait, il était vraiment mauvais, qu'il ne travaillait pas et devait alors demander à son maitre de répéter ce qu'il venait d'expliquer. Je n'aime pas cette deuxième option ; elle ne correspond pas à l'image que je me fais du concierge, n'est pas très cohérente, et de toute façon je préfère la première parce que je me reconnais un peu dans ce cas-là. Quant à l'école ou la voie qu'il mentionne... est-ce comme une sorte de philosophie que l'on suivrait au pied et à la lettre ? Vu comme ça, ça a l'air un peu sévère, pas très amusant et assez exigeant. Ceci dit, ça n'enlève en rien l'intérêt que pouvaient avoir ses cours et entrainements – surtout ceux physiques. Une nouvelle question me brûle la gorge mais je me force à me taire, continuant d'écouter ce que dit l'adulte.

Plongée dans mes réflexions, je ne remarque pas son froncement de sourcils et me contente de boire ses paroles autant que mon thé (qui au final a en effet calmé mes émotions), comme si moi-même j'étais une élève à qui il enseignait l'histoire de cette grande dame que semble avoir été Shirin Osmani. Et cette grande voyante ! Mes yeux s'agrandissent un peu et je me redresse sur ma chaise, immédiatement intéressée par les pratiques divinatoires qu'elle pouvait exercer. Étaient-elles très différentes de celles que je connais au Royaume-Uni ? De celles que pratique ma mère, ou ma grand-mère parfois lorsque nous la voyons lors de fêtes et célébrations magiques ? Est-ce que Shirin n'aurait pas un livre où elle aurait pu écrire toutes ses pratiques et... Non, je n'ose même pas formuler cette dernière question dans ma tête, car elle me paraît trop égoïste et intéressée, et que je n'ose pas avoir tant d'espoirs placés en un adulte qui ne daignerait même pas répondre à une telle grossièreté. Il n'aurait même pas une seule, infime et minuscule raison de le faire.

À ses derniers mots, je sens que notre échange touche à sa fin. Légèrement frustrée, je repose ma tasse à présent vide sur le bureau. J'aimerais en demander plus – beaucoup plus – mais le concierge a déjà assez donné. Beaucoup plus que je n'aurais pu l'imaginer. Néanmoins...

« J'ai une toute dernière question, dis-je en me redressant, prête à me lever pour partir. Est-ce qu'elle aurait aimé le monde d'aujourd'hui ? »

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant

29 déc. 2025, 22:40
La mystérieuse Shirin Osmani
Si le sujet de leur discussion n'avait pas été entouré de tant d'émotions - autant positives que négatives, Suileabhan aurait pu sourire de la jeune Pouffsoufle pendue à ses lèvres. Il aurait également pu s'étonner de ne pas l'avoir vue revêtir le bleu de la curiosité, mais il savait d'expérience que les membres de la maison d'Olga pouvaient être tout autant avides de discuter, sinon davantage, d'un sujet qui avait sû prendre à leurs yeux un intérêt particulier. Pour autant, lui n'était pas professeur de botanique, et il ne tenait donc pas à voir une adolescente s'enraciner dans son bureau.

Le concierge haussa à nouveau un sourcil. Discuter politique avec les plus jeunes de Poudlard n'était dans son cas ni fait ni à faire. Il prit quelques instants, afin de choisir ses mots avec soin.

- Les êtres vivants sont des êtres complexes, Miss Houston, tous autant qu'ils sont, et bien plus encore qu'un récit de leur vie puisse laisser penser.

Suileabhan n'eut aucun mal à se replonger dans les souvenirs qui l'avaient conduit à rentrer au pays - et à s'isoler plus de deux ans ensuite. La guerre et les différents conflits qui s'étaient déployés à même le sol britannique l'avaient tout autant marqué que le décès de sa mère.

- Elle aurait profondément repoussé la vue d'un monde dans lequel ses habitants verseraient le sang de leurs cousins, de leurs voisins. Mais elle aurait chéri davantage la vision de tous ceux et celles qui, dans nos moments les plus sombres, font toujours un pas de plus pour faire naître l'espoir d'un jour meilleur, ne serait-ce que pour une seule personne. Et c'est cette vision qu'elle inspirait et qui habitait son esprit mieux que ne l'aurais fait n'importe quelle boule de cristal.

À charge de celle qui n'était encore qu'une jeune sorcière de savoir quoi faire de ces mots, et de la volonté de celle qui avait tant aimé ce monde.

- Bonne fin de journée, Miss Houston.

Fin pour moi, merci !

Concierge de Poudlard inRP depuis Septembre 2047.
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