Le prix de la gourmandise PV

Samedi 1er octobre 2050

Herminie passa une main moite sur son tablier noir brodé d'une rose. Le miroir du vestiaire lui renvoya un visage plus pâle qu'à l'ordinaire, le front barré d'un sillon d'appréhension. Ses cheveux avaient été domptés dans un chignon serré, comme elle en avait l’habitude dans les précédents établissements où elle avait travaillé. Seule nouveauté — et non des moindre — la présence, dans une discrète poche de son uniforme, de sa baguette. Nerveuse, elle referma son casier avec une grande inspiration et se dirigea vers l'office, où elle se saisit d'un fin plateau d'argent qui allait devenir son meilleur allié. Enfin prête, elle franchit les doubles portes de service avant que l'appréhension ne la fige sur place.

L'étudiante resta quelques secondes immobile dans le passage. C'était la première fois que la toute nouvelle serveuse voyait la salle illuminée pour les clients. L'atmosphère était feutrée, élégante, solennelle mais intime à la foi. La lueur chaude des lustres enchantés avait la teinte du soleil rasant et doré de l'automne, que les grands miroirs renvoyaient sur l'argenterie et les verres. Les présentoirs luisaient comme fraîchement polis, exhibant pâtisseries fines et viennoiseries encore tièdes sous des globes de verre. Les services de porcelaine patientaient sagement dans de sublimes vaisseliers en bois de rose. Un léger air de musique — peut-être Satie — égrenait ses notes dans l'air.

Les conversations se suspendirent un battement de cœur, juste le temps que les regards glissent vers sa silhouette frêle, ses joues trop rougissantes, ses yeux trop écarquillés. La jeune fille croise le regard de Clémence, qui lui indiqua d'un mouvement des yeux une table à débarrasser. Tentant d’arborer une expression plus assurée, elle s’approcha des vestiges d’une collation encore éparpillés sur la nappe blanche. Et eut un petit hoquet quand la vaisselle s'anima d'elle-même et s'écrasa sans grâce sur son plateau, qu’elle maintenait trop bas.

D'accord, pensa la novice, café magique, ce n'était pas qu'un détail.

Baissant la tête comme pour s'excuser, elle releva le tout à hauteur d’épaule, comme on le lui avait appris, puis tenta de dégainer sa baguette avec grâce avant de marmonner un sort de nettoyage sur les miettes restantes. Elle fila ensuite en cuisine déposer porcelaine et petites cuillères à la plonge.

Malheureusement, en commençant à midi, elle n’avait pas le loisir de s’attarder. C'était directement le grand bain, et elle eut l'impression de courir partout sous les directives muettes de ses collègues : préparer des plateaux de thé sans offenser les théières, découper des parts de tarte, préparer des petits sandwichs, s’appliquer à disposer petites cuillères, tasses et soucoupes parfois récalcitrantes avec précision. Heureusement, on ne lui confierait aucune prise de commande tant qu’elle n’aurait pas maîtrisé la carte dans ses moindres détails.

@Redose Omniak, j'espère que ça te convient ainsi que le titre !

Herminie Peers, 19 ans, Étudiante à l'AESM, Serveuse à temps partiel au Café du Rosier ❧
Best Friend 9000, LA référence couleur Poufsouffle #BF9000

Le prix de la gourmandise PV
Reducio
- Identité du/des PNJ (Prénom, Nom) : Bean Heart
- Lien dans le répertoire : Ici


Aujourd'hui, premier octobre, Redose et sa tante, Bean, se réunissaient. Elle l'avait prise de court à Pré-au-Lard et l'avait emmené à Edimbourgh, pour finalement se rendre à Godric's Hollow. Ils étaient censés se voir dimanche, mais Bean étant Bean ils se voient samedi, et ce bien sûr sans prévenir le garçon qui porte toujours sa fausse moustache.

Le contraste entre les deux sorciers étaient bien marqué, par au moins vingt à trente centimètres. Bean étant une grande femme, une immense femme lorsqu'elle porte ses bottines.

Les deux entrèrent et s'installèrent, l'un plus enthousiaste que l'autre, l'ayant littéralement tiré jusqu'ici.

- Oh Redose oooh Redose regarde ils ont plein de choix, alors, alors, tu veux quoi ? Feint-elle d'être surprise, comme si elle n'était pas déjà venu ici de nombreuses, très nombreuses fois dans l'espace de ses cinquante années de vie. Elle s'amusait pourtant à montrer la carte et à la pointer du doigt à son neveu, l'empêchant par ailleurs de lire la carte lui-même.

-Bean, oh Bean, c'est le principe d'un lieu de restauration en général. Lui répond t-il, cyniquement.

- Redose, oh Redose. Calme toi. Rétorqua t-elle d'un ton sec.

Le garçon laissa s'échapper un souffle, le souffle que l'on a quand on se voit imposer la garde d'un enfant, et que l'enfant n'est pas gardable.

- Je vais prendre un jus d'orange. Finit par demander le garçon à sa tante. Toutes ces douceurs ne lui faisait aucunement envie, et ce n'était qu'un café. Ça n'était pas un véritable restaurant à ses yeux.

Bean mit sa main sur l'épaule de Redose, l'air déçue, et le secoua.
- Quoi ? Mais c'est du gâchis, c'est moi qui paie ! Regarde y'a plein de trucs sucrés ! Plein... D'appétissantes... Douceurs... Insiste t-elle.

Sans réussir à faire changer l'expression faciale de Redose, arborant fièrement ça "on-ne-peu-plus-évidente" fausse moustache contrastant avec son visage arborant une mine renfermée et très peu aventuresque.

Le garçon se disait qu'elle était là pour elle et qu'elle avait seulement eu besoin d'une excuse.
Qu'aussi, elle semblait baver à mesure qu'elle regardait la carte, suggérant qu'elle est bel et bien celle qui veut manger ces choses sucrées.

- Je déteste. Mais Redose n'est pas facile à convaincre.

- Ce que tu peux être salé toi, moi je vais prendre un cheesecake. Rétorqua t-elle d'un air d'une suffisance bien plus salée que l'humeur la plus salée que le jeune exclu avait en stock

- J'ai pas vraiment demandé, c'est ton argent. Sale t-il un peu plus l'ambiance qui n'est visiblement, jamais assez salée.

- Et toi tu vas prendre ces petits sandwiches tout mignons ! Ils sont tellement adorables, et tu vas aimer ça. Fit-elle en pointant une autre table et ignorant totalement les codes les plus basiques du savoir-vivre en société, et l'avis du garçon.

Ce dernier posa ses coudes sur la table et joint ses mains avant de baisser la tête, dépité par l'attitude immature et ingérable de sa tante. Celle-ci ne tardait pas à commander ce qu'elle avait voulu commander.

Ça me convient, j'espère que c'est également le cas !
Dernière modification par Redose Omniak le 1 nov. 2025, 22:14, modifié 1 fois.

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Le prix de la gourmandise PV
La première heure était passée à une vitesse folle. Il lui semblait être écartelée entre la nécessité de courir partout pour satisfaire le moindre désir des clients, mais surtout du mobilier et des services à thé parfois caractériels, tout en conservant la retenue et la grâce nécessaire à sa fonction.

Quand une très grande femme et dans son ombre, un jeune homme, tout deux arborant des cheveux sombres, passèrent les portes de verre, elle inclina le buste avec un sourire dans leur direction pour les accueillir comme on le lui avait appris, tout en terminant de faire disparaître les reliefs d'une petite collation. Tous les serveurs étant occupés, une des tables de deux se chargea de les inviter à s'installer, les chaises se reculant d'elle même et la nappe ondulant doucement. Le photophore en verre dépoli qui ornait la table s'alluma d'une chaude flamme légèrement parfumée. Une carte voleta avec grâce jusqu'à la table.

Herminie observa du coin de l'œil les deux nouveaux venus. L'homme avait l'air assez jeune, mais cette moustache, choix étrange pour son âge, même Dale n'aurait sans doute pas osé... La femme était très volubile, et faisait de grands gestes, au désespoir de son vis-à-vis qui se cachait derrière ses mains., alors que des regards curieux se posaient parfois sur le duo. D'ailleurs, celui-ci lui disait franchement quelque chose. Peut-être qu'elle l'avait croisé à Poudlard ? Son collègue, Gaby, se chargea de prendre leur commande, le professionnalisme au maximum, avant de lui faire signe et d'aller épingler la note sur le guéridon de service. Elle le suivit à petit pas pressés, désireuse de savoir ce qu'il en avait pensé, mais il la fit attendre d'un discret geste impatient. Par dépit, elle se pencha derrière le présentoir à douceurs pour lire ce qu'avait commandé les deux clients.

Ne pouvant que mentionner en passant les PNJ et pas les faire prendre directement ta commande, j'espère que cette solution te convient ;)

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- Tout le monde est vieux ici, enfin, personne n'a mon âge, ça fait bizarre. Feint Redose de se plaindre, pour commencer une discussion simple et posée, qui empêcherait les dérives de sa tante.

-Oui et bien, les sorciers de ton âge ne peuvent pas choisir ce qu'ils mangent, eux. Et puis... Ici on trouve de tout tu sais, des enfants, des adultes, des- oh mon Dieu ! Regarde comme il a l'air riche. Déclare t-elle, chuchotant en regardant une personne.

- Il a juste un cost- Essaya de dire Redose, avant d'être interrompu.

- Oh et puis regarde la serveuse comme elle est mignonne, peut-êt... Fit-elle en désignant une blonde au présentoir avec son menton.

Bean ne pensait pas vraiment à mal, mais Redose avait du mal à supporter sa manière de se comporter en public. C'est irrespectueux, et lourd. En particulier quand la personne est en train de travailler.
Bean n'avait même plus essayé de chuchoter, elle ne criait pas ni ne parler êmement fort non plus. Mais elle ne faisait aucun effort pour camoufler le son de sa voix. Le bruit ambiant s'en chargeait à sa place, aux oreilles du garçon, ça ne change rien.

- Ça suffit. Sérieusement... Tu me mets mal à l'aise... Imagine que les gens de qui tu parles puisse t'entendre. Redose coupa net Bean dans sa prise de parole.

Il s'était saisi de sa main pour qu'enfin elle l'écoute, mais ça ne suffirait sans doute pas.
Il avait essayé de donner quelques raisons qui font que, n'importe quelle personne un tant soit peu réfléchie se remette en question.
Bean le regarda avec un air moqueur, sarnique, narquois.
Presque cynique.

- Ça vaaa, détends-toi je parle doucement. Et puis, c'est pas comme si c'était une insulte. Réplique la femme un large sourire, les paupières à moitité baissées, comme si la réflexion que venait de lui faire l'enfant était tout ce qu'il y'a de plus ridicule. Alors même qu'elle ne faisait même pas l'effort de chuchoter.

Le garçon n'avait jamais vraiment eu peur de faire ce genre de compliments à qui que ce soit. Un homme âgé attendant un bus avec lui, une fille à la bibliothèque de poudlard, qu'importe. Mais aussi lourd soit-il, compliment ou non, il ne s'était encore jamais permit et refuse de se permettre de parler ainsi dans le dos d'une personne. Qui plus est quand cette personne est susceptible d'entendre.

Bean ne semblait pas connaître ce genre de limites, au plus grand regret du garçon. Elle semblait être à un point dans sa vie où elle n'a plus peur ni du ridicule, ni d'être mise mal à l'aise, ni même de mettre mal à l'aise. Au plus grand regret du garçon.

- Oui, t'as sans doute raison. Peu importe... La dernière fois tu m'as dit que t'avais quelque chose d'important à m'apprendre. Répond Redose, pour ne pas avoir à s'attarder sur le sujet trop longtemps. Bean lui cachait de nombreuses choses, et ça n'aurait pas grande importance aux yeux du garçon si elle n'avait pas promis de parler, ou si elle n'avait pas commencé à parler.

- Ohhhhhh, mais ouuiiiiii !! J'avais complètement oublié de te dire. Les viennoiseries ici sont in-cro-yables. Et les théééés... Hmmm, on se croirait en France. Déclara t-elle, alors même que, ses voyages l'ayant amené en France, elle n'y avait jamais mangé ni bu quoique ce soit de sucré.

Elle avait entendu dire plusieurs fois que ce café avait un rafinement très français, et très noble. Ce que Bean ne comprenait absolument pas. Elle n'était pas non plus très intéressée par ledit "rafinement français".

Redose pour sa part, ne connait que peu de choses à la France, il a d'ailleurs longtemps cru que la France était toujours une monarchie, donc il ne se permettrait pas de juger quoique ce soit ici. Si ce n'est sa tante.

Les mains sur le visage, comme s'il était absolument dépité de ne pas réussir à tenir une conversation avec Bean sans qu'elle ne parte ailleurs. Probablement car il est absolument dépité de ne pas réussir à tenir une conversation avec Bean sans qu'elle ne parte ailleurs. Et il semble plus qu'évident que cette dernière, sachant lancer des sortilèges et étant une spécialiste de nombreux domaines, sait parfaitement se discipliner. Redose ne semble juste pas en valoir la peine, il coula un regard vers le présentoir à douceurs. Quite à ne rien pouvoir tirer de sa tante, il obtiendrait au moins quelques informations ou inspirations, peut-être qu'avec le bon angle vu et en étant au bon endroit, au bon moment, il pourrait même avoir la chance d'observer, ne serait-ce qu'un bref instant, les cuisines.

En attendant que les plats ne soient servis, ou que sa tante ne soit décidé à lui parler d'autre chose que de la pluie ou du beau temps, il regarderait le présentoir. En espérant que Bean ne profite pas de son inattention pour le mettre mal à l'aise ou disparaitre.
Le présentoir n'étant pas très dynamique, le garçon observa les aller-retour des serveurs, leur manière de fonctionner, la prise de commande, le service, tout ça.

Ça me convient parfaitement, j'espère que c'est le cas aussi :)

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Herminie déchiffra rapidement la note concernant la table du duo de la grande femme et du jeune moustachu. Un jus d'orange, un cheesecake, et un assortiment de sandwichs. Très bien, ça n'était pas trop compliqué, surtout si les sandwichs étaient déjà tout préparés.

C'était la première fois qu'elle préparait un jus, mais elle repéra rapidement les grands verres à cocktails aux parois lisses et fines et à la base renforcée dans une des armoires basses. Ceux-là étaient un peu ouvragés, mais les choses pratiques ne changeaient pas entre les deux mondes. La prochaine fois, elle pourrait probablement les chercher avec sa baguette, maintenant qu'elle savait où ils étaient. Les oranges fraîches attendaient dans un panier sur le bar, mais elle mit un peu de temps à comprendre ce qu'elle devait faire avec le pressoir. On lui fit un signe : couper l'orange et la poser sur la machine. D'accord... Elle sortit sa baguette pour couper deux gros fruits mûrs, mais ceux-ci s'écrasèrent comme sous l'action d'une lame grossière et de grosses gouttes vinrent tacher le plan de travail. Elle aurait été plus efficace avec un couteau... Peut-être qu'elle aurait dû. Si elle osait, la jeune serveuse se renseignerait sur les pratiques de ses collègues. Maladroitement, elle tendit les moitiés d'orange maltraitées à la machine, qui s'en empara vivement comme agacée. Un jus d'un appétissant orange coula dans le verre, effaçant toute trace de ses méfaits.

Elle alla couper une part de cheesecake avec un grand couteau argenté et une pelle à tarte, à la main pour ne pas faire de bêtises, et récupéra les petits sandwichs triangles, disposés sur un présentoir d'argent. Herminie posa l'assiette avec le petit napperon en papier et le cheesecake sur le plateau, attrapa une petite fourchette à dessert, une plus grande ainsi qu'un petit couteau à bout rond et enfin disposa le verre de jus et les sandwichs sur le plateau. Enfin prête, elle posa précautionneusement le plateau sur sa main gauche et se mit en marche vers la table. La grande femme discourait sans discontinuer avec de grands gestes et des doigts pointés un peu partout, et le garçon avait l'air si dépité qu'il en cachait sa moustache derrière ses mains. Elle ravala un sourire. Des touristes sans doute — la femme au moins en avait les manies.

"Madame, Monsieur, merci pour votre patience", récita la jeune femme en attrapant prudemment le verre de jus d'abord, ne pensant pas à s'aider de sa baguette cette fois-ci. Toute proche de le poser, elle marqua un coup d'arrêt, réalisant qu'elle ne savait pas pour qui étaient les différents items de la commande.

Elle toussota "Votre jus d'orange fraîchement pressé, madame, monsieur ?", demanda la serveuse sans en avoir l'air.

Si proche d'eux, elle trouvait quand même qu'elle était étrange cette moustache. Et cette femme si exubérante. Peut-être trop pour être vrai... Et si ces deux personnes n'étaient pas ce qu'il semblait d'eux au premier abord ? La fausse moustache, la façon dont cette femme avait de tout scruter et commenter. Soudain alertée, Herminie sentit ses mains se couvrir d'une moite appréhension. Et si ces deux là étaient des critiques ? Par la barbe de Merlin, et il avait fallu que ça tombe sur elle, pour son tout premier jour. Elle en bafouilla à moitié, se trompant dans la formulation des formules dédiées.

"Qui sont ces sandwichs — heu, pour qui sont ces sandwichs, s'il vous plaît ?"

571 mots

Herminie Peers, 19 ans, Étudiante à l'AESM, Serveuse à temps partiel au Café du Rosier ❧
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Les mains du garçon tombèrent de son visage pour se poser sur la table, son regard alternant entre la serveuse et sa tante. Sa tante quant à elle, semblait n'avoir de l'attention que pour la serveuse et ce qu'elle tenait dans ses mains. Les sandwichs et le jus d'orange étaient tout les deux pour Redose, le cheesecake pour Bean.

La serveuse avait dit trois phrases avec un léger cafouillage à la fin. Bean avait tendance à n'avoir que peu de filtre, et à se moquer à la moindre occasion. Redose pour sa part comprenait, le métier de serveur ne pourrait pas lui convenir. Il ne sait pas comment il ferait face à des clients comme lui et sa tante d'un point de vue relation client. Il finirait probablement par péter un câble et les virer s'il ne se fait pas virer d'abord.
Par chance, Bean semble plus calme que d'habitude et Redose plus mature.

Elle leva son doigt et le laissa sautiller d'un sandwich à l'autre sans les toucher.
- Oh et bien, j'imagine qu'on peut dire qu'ils sont Alfred, Mathilda, Dorothée et... Suspendant le ton, tandis qu'elle faisait tournoyer son doigt au-dessus du dernier sandwich avant de délicatement s'en saisir avec deux doigts.

- Anna. Ajouta t-elle enfin avant de l'amener à sa bouche pour en prendre une bouchée devant la serveuse, sans prendre la peine de lui répondre. Ce comportement était en tout point terrible aux yeux du garçon, mais ça aurait pu être pire.

La grande dame lançait un regard et un sourire joueur qui aurait sans doute été plus que charmant, si ses lunettes de soleil ne cachait pas son regard, rendant son expression faciale ridicule. En particulier en octobre.

- Olala que c'est fameux ! S'enjoua t-elle à la première bouchée, portant les mains à ses joues. Redose fut un peu touché ceci dit, ça lui donnait envie d'en goûter, d'en manger même. Même s'il la trouvait plus que ridicule à marquer ainsi chacun de ses mots et s'enjouer pour un simple croc dans un sandwich.

Il prend la parole.
- Vous n'êtes pas obligée de l'excuser pour ses affreuses manières, les sandwichs sont pour moi, le jus d'orange aussi. Merci beaucoup. Lui dit-il.
Pendant que Redose lui disait ça d'ailleurs, elle avait englouti Anna et attendait le bon moment pour s'emparer de Dorothée.

- Pourriez-vous rajouter des sandwichs je vous prie mademoiselle ? Demanda Bean, comme si elle n'avait pas déjà son cheesecake à manger.

- Finis ton cheesecake déjà. Lui lança Redose comme il lancerait à une enfant.

- Nooon, mettez des viennoiseries plutôt s'il vous plaît. Conclue t-elle.
Dépité, Redose haussa les épaules, c'est comme ça qu'elle est et puis c'est tout conclue t-il pour sa part.
reposant sa tête sur l'une de ses mains en regardant la serveuse et en espérant qu'elle ne soit pas trop mise à l'épreuve alors même qu'il est loin d'être connu pour son empathie.

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Le plateau tremblait légèrement, signe de sa nervosité. Le niveau de jus d'orange, ce traître, vacillait sur le verre, alors que la cliente se mettait à énumérer des prénoms – elle mit un certain temps à comprendre que la femme se moquait de son inversion de tantôt. Mortifiée, Herminie resta muette, le visage rouge, alors que les longs doigts se mettaient à jouer à quelques centimètres de son tablier avant de se saisir un sandwich sur le plateau.

Effarée, elle regarda la femme aux yeux obscurcis par une –incongrue, elle le réalisait maintenant – paire de lunettes de soleil ouvrir la bouche pour mordre à pleines dents dans la délicate collation nommée "Anna". Elle aurait aussi bien pu porter son propre nom, considérant l'impression tenace de se faire dévorer toute crue. L'hypothèse de la critique gastronomique, du genre portée sur le cannibalisme symbolique, prenait de la consistance. Merlin, est-ce que son emploi allait s'arrêter avant même la fin de la première journée ?

Elle fut sauvée par le garçon moustachu – si elle louchait très fort sur cette moustache, les larmes de stress ne couleraient pas, ce qui était fort utile. La serveuse fit un sourire crispé et délivra enfin la commande sur la table, l'assiette de sandwichs entamés devant le garçon, ainsi que le jus d'orange, et le cheesecake devant l'ogresse, bafouillant – "et voici bonne dégustation".

Mais la femme ne lui laissa pas le loisir de s'éclipser, car elle renchérit immédiatement avec une nouvelle commande de sandwich, non, de viennoiseries. Dans sa tête, elle fit défiler les visages de ses amis et de sa famille, tous arborant ladite pilosité sub-buccale, pour se redonner une contenance et ne pas craquer de nervosité. "Bi-bien Madame, un assortiment de viennoiseries, dans un instant", bafouilla-t-elle encore avant de s'éclipser vers le comptoir après une sorte de courbette.

Elle attrapa un collègue, paniquée, pour qu'il valide l'ajout au bon de commande, et lui indique comment présenter ça. À savoir, un panier un peu du genre formule petit-déjeuner, avec un chausson aux pommes, un croissant et un pain au chocolat, et pour finir le traître pain aux raisins, avec une assiette et un couteau. Une fois son tableau prêt, elle prit son courage à deux mains et retourna vers la table redoutée, un sourire crispé sur les lèvres.

Navrée pour cet affreux délai :ninja:

Herminie Peers, 19 ans, Étudiante à l'AESM, Serveuse à temps partiel au Café du Rosier ❧
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- Ça fait bizarre d'être la personne normale pour une fois. Lâchait le garçon en gardant le regard fixé sur la serveuse alors qu'elle s'éloignait. D'habitude, c'est lui qu'on reprenait, quoiqu'on ne le reprend plus vraiment depuis qu'il a été renvoyé de Poudlard.
Il retourna sa tête dans un mouvement mécanique, pour se rendre compte d'une part : Que sa tante posait sur lui un regard on ne peut plus sérieux, et que cette gloutonne avait arrêté de manger. Surpris et confus, le garçon leva un sourcil. Visiblement pas prête de s'expliquer, la dame leva un sourcil en retour.
Elle approcha sa main dans la joue de Redose pour la caresser, avec un tendre sourire étonnamment compatissant. Ça n'étonnait pas l'ancien Gryffondor, celui-ci soupira, faire ce genre de choses faisait partie de l'excentricité de sa tante. Même si, il avait deviné qu'elle ne le faisait pas sans raison. Sans doute en avait-elle eu marre qu'il la reprenne sans cesse.
La dame arracha d'un trait la fausse moustache, heureusement alors que Redose n'avait encore développé qu'un léger duvet.
Ce geste tira une grimace au garçon, mais il comprenait la leçon.

- Désolé, fais ce que tu veux j'm'en tape. À ces mots, sa tante déclara un sourire satisfait, avant de se saisir de Dorothée pour l'engloutir. Redose, de son côté, commença à manger Mathilda. Le sandwich était particulièrement délicat et raffiné, très bon, il n'était définitivement pas habitué à ce niveau de cuisine même si ce n'est qu'un sandwich.
Malgré la nausée, cette bouchée lui avait ouvert l'appétit.

- Tu aimes alors dis-moi, mon garçon ? Lança t-elle à son neveu un large sourire aux lèvres. Oui, merci, Bean. Répliqua t-il avec un très léger sourire, et les yeux dans le vide. Quand est-ce que tu me parleras de ma mère ? Dit-il finalement.

Un blanc s'installe, et Bean se saisit d'Alfred. Sans sourire, sans air grognon, sans extravagance. Ce n'est pas tant qu'elle avait l'air confuse, surprise, ou qu'elle ne savait pas quoi dire. Seulement, elle ne semblait pas vouloir répondre. Redose ne lâcha pas l'affaire pour autant, et laissa couler ses yeux jusqu'à ceux de la femme, afin d'y ancrer son regard.
Bean, pour sa part, mangeait Alfred morceau par morceau, de manière normale somme toute, ce qui apparaissait comme anormal de manière flagrante, pour une femme qui vient d'engloutir deux sandwichs, avant de tout juste terminer le dernier. Il lui restait son cheesecake, elle posa la main sur la fourchette à dessert, mais Redose ne la laissait pas continuer dans sa folie, et posa sa main sur la sienne.

Ainsi, il établirait un contact, peut-être que ça lui permettrait de lui délier la langue, peut-être qu'enfin elle pourrait parler sérieusement. Il offrait un regard plein de demande, ses yeux supplient clairement ceux de Bean pour une réponse, même une réponse négative ou désagréable, pour vu qu'il ait une réponse. Pourvu que le garçon sache.

- Écoute, tout ça... C'est encore frais tu sais. Commence t-elle, détournant vite le regard. Raison de plus, il faut battre le fer tant qu'il est chaud. La dame regarda à nouveau son neveu, les yeux tremblant, avant de tortiller sa tête comme pour montrer qu'elle est torturée, puis elle grimaça, grimaça d'autant plus, elle sourit, puis grimace à nouveau, soupire et sourit enfin comme pour montrer sa résignation.

- Comment dire non à une bouille comme la tienne hein ? Fit-elle en tirant sur une joue du garçon. T'as définitivement les même yeux qu'elle, je te dirais tout ce que tu veux savoir, inutile d'attendre. La main du garçon se retira, et aussitôt sa tante planta sa fourchette dans le cheesecake.

Et le visage de Redose s'illumina enfin, même s'il avait du mal à croire qu'elle lui dévoilerait enfin tout ce qu'il voudrait savoir. Sous l'effet de l'euphorie, la nausée disparu, et le garçon afficha un large sourire en terminant son sandwich, son appétit venait de s'ouvrir. Dès qu'un serveur viendrait, il commanderait, et bien sûr, Bean paiera. C'est tout naturel après tout c'est elle qui l'invite. Il coula un regard vers les membres du personnel du café, avant de finalement prendre le courage de lever la main au lieu d'attendre. Il ne pourrait pas poser ses questions sans quoique ce soit pour faire office de pop-corn devant les réponses.
Il tourna une dernière fois sa tête vers Bean, et celle-ci venait d'avaler la dernière moitié du cheesecake d'un trait. L'expression de Redose changea pour un ton d'exaspération.

Aucun soucis :)

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