L'ombre et le mouvement terminé

DIMANCHE 17 AVRIL 2050
8H31, SALLE DE RÉPÉTITION
@Freya Moors


Il y a quelques lieux où l'on peut souvent croiser Orion, à moins que celui-ci ne s'efforce de vous éviter. Tout d'abord, il y a dehors, au-delà des murs de Poudlard ; que ce soit pour s'éloigner de la foule, pour se détendre ou pour se dépenser, il est rare qu'Orion passe une journée sans y passer le bout de son nez. Amateur du silence et friand de sa propre compagnie, il n'est jamais aussi bien que quand personne n'est là pour le sonner. Dehors, on pourra y retrouver un Orion paisible, en paix. Ensuite, là où silence reigne, Orion demeure ; ainsi, les couloirs déserts sont des lieux auxquels il donne toute son affection. Le Serpentard qu'on pourra y croiser n'est autre qu'un Orion renfrogné, peu loquace et, pour la plupart du temps, d'une relative mauvaise humeur si on ose lui adresser la parole. Mais si chat n'est pas là, Orion danse. Ô, qu'Orion danse, de fait ! Car on ne pourra jamais être plus certain de le croiser que si l'on se rend à la salle de répétition aussitôt que l'aurore se lève sur le château endormi.

En effet, s'il y a bien un endroit où on pourra rencontrer sa face la plus vulnérable, c'est dans le studio. Sous la musique, Orion se dévoile, il se cherche, il se trouve. Il s'exprime, il se tait, il écoute, il se dérobe. C'est des moments qu'il se réserve, qu'il n'aime pas partager et que, d'ailleurs, il préférerait ne jamais ouvrir à autrui. C'est pour cela qu'il choisissait toujours le lever du jour pour s'y consacrer ; le matin, les gens préféraient généralement dormir, en particulier le dimanche où la majorité des adolescents s'adonnaient à la grasse matinée. En somme, il pouvait faire ce qu'il ne faisait jamais sans qu'aucun regard ne se glisse sur ses émotions cachées.

Ce matin-là, Orion arriva tôt, comme à son habitude, au palier des répétitions solitaires. À son arrivée à Poudlard, le garçon avait automatiquement exprimé un profond attrait pour cet endroit ; à l'abri des regards, il pouvait s'enfermer dans sa bulle et ne pas être dérangé tout en pratiquant ce sport qu'il aimait tant, la danse. C'était le bonheur absolu. Et Merlin savait à quel point il pouvait squatter cet endroit pour ses propres desseins. Il s'y rendait au minimum deux fois par semaine, mais pouvait parfois monter à quatre ou cinq fois sans éprouver ne serait-ce qu'un soupçon de fatigue. Car pour Orion, la danse n'était pas simplement un sport, c'était une passion. Une passion qu'il avait depuis qu'il était petit et qui ne l'avait jamais quitté. Il se sentait libre, il se sentait lui-même.

Il avait ainsi pris ses affaires de danse avec lui, dans un sac et l'avait déposé dans un coin. Aujourd'hui, il pensait se concentrer sur une variation de danse classique qu'il essayait de perfectionner depuis quelques semaines. Elle était composée de multiples changements de position, mais surtout d'un grand jeté en diagonale, d'une pirouette double depuis la quatrième position et d'une sissonne ouverte de côté. Autant dire qu'il voulait se tirer une balle dans le pied, sans mauvais jeu de mot. Pour ce faire, il avait emprunté le miroir d'apprentissage. Bien que cet objet ne parlait pas, il pouvait l'apparenter à son meilleur ami ; il était quasi aussi efficace qu'un professeur et la fréquence à laquelle il l'utilisait tournait à l'obsession. Mais Orion s'en fichait ; si ça lui pouvait lui servir, alors il l'utiliserait jusqu'à le saigner jusqu'à la moelle, comme toujours.

Il commença par s'échauffer et quelques étirements. Il poussa immédiatement un soupir de bien-être quand il sentit ses muscles se détendre sous les différents mouvements qu'il faisait et se sentit tout de suite en harmonie avec lui-même. La salle était déserte, personne ne pouvait l'embêter ; en somme, rien ne pouvait lui gâcher son moment de plaisir. C'était lui face à son reflet, lui face à sa propre discipline. Enfin seul...

Encore mille fois désolée pour ce délai, j'espère que cela te convient !
668 mots
Dernière modification par Orion Blackburn le 2 janv. 2026, 21:43, modifié 2 fois.

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Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues... | Roi des Dédaigneux, Comte du Mépris et Partisan des Détestables d'après Paige

L'ombre et le mouvement terminé
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Date: avril 2050
Avec: @Orion Blackburn
La danse faisait partie intégrante de son éducation depuis l'âge de deux ans. Elle avait grandi avec les longues heures d'étirements, de mouvements et de rotations qu'exigeait la formation classique, ainsi que la douce fluidité du jazz, complétée par la rigidité de la danse de salon.

Cela n'avait jamais représenté plus que cela pour elle. Très tôt, elle avait trouvé du réconfort dans les règles qu'exigeait chaque discipline : un esprit vif, un corps souple, une bonne mémoire. Elle appréciait cette rigidité, le fait qu'elles n'évoluaient ni ne changeaient au-delà de ce qu'elle connaissait déjà. Dans un monde où elle se sentait si incertaine, où elle passait tant de temps à deviner, la danse avait été un refuge. Elle n'avait pas besoin de réfléchir, de deviner, ni même de créer. Tout était là, pour qu'elle puisse copier, apprendre, sans qu'une seule question ne lui échappe.

C'était vraiment dommage qu'il lui ait fallu plus d'un an pour trouver un endroit où s'entraîner, et plus malheureux encore pour elle qu'elle n'ait emporté ni vêtements de danse, ni d'accessoires en rapport avec la danse. Durant sa première année, dans le train pour Poudlard, elle avait eu l'impression d'avoir abandonné l'une des seules choses qui lui procuraient la paix de l'esprit.

Maintenant, elle était presque folle de joie à l'idée de trouver du temps pour se rendre en salle de répétition. Et encore plus de savoir que, dans son maheur, elle avait emporté avec elle une vieille paire de pointes.

Elle découvrit la pièce avec une curiosité débordante, ses doigts parcourant doucement les courbes des murs tandis qu'elle se faisait petite. Elle se dirigea droit vers la pièce la plus proche, ouvrant doucement la porte, ses yeux bleus scrutant la pièce à travers la faible lumière, l'observant dans son ensemble.

Elle suivit d'abord les courbes du plafond, s'émerveillant du travail artisanal, avant d'y poser un pied, puis deux, le sol lui semblant déjà familier. Elle s'arrêta une seconde en voyant un garçon, peut-être plus âgé qu'elle, s'étirer devant un miroir. Freya lui fit un signe de tête, attendant un mot, quelque chose qui lui dirait qu'elle n'était pas la bienvenue, mais elle se décida de ne pas s'attarder trop longtemps. Elle avait parfaitement le droit d'être ici, elle aussi, et elle ne serait pas importune.

Elle se dirigea vers le coin opposé, posant délicatement son sac. Ses cheveux étaient relevés en chignon, rien d'assez serré au goût de sa mère, mais elle pensait que cela ferait l'affaire. Elle n'avait rien prévu, pour une fois, l'esprit vacillant devant toutes les possibilités.

Elle s'assit et sortit ses chaussures de son sac, les enfilant à ses pieds après quelques ajustements, continuant ceux-cis au fur et à mesure. Ses chevilles étaient raides, ses bras faibles et son tronc n'était plus ce qu'il était, mais elle s'en fichait complètement. Elle travaillerait dur, comme toujours, pour retrouver ses forces. Elle s'étira, les jambes pliées en papillon, le dos cambré pour dissiper la tension de ses hanches, de ses cuisses, de ses mollets. Elle passa quelques minutes à bouger son corps, s'habituant à la sensation de ses muscles, puis hocha la tête.

Se relevant, elle attrapa la barre, le dos droit et le menton relevé. Première position. Ses talons se touchèrent, ses pointes tournées vers l'extérieur. Elle sentit ses muscles brûler, plus habitués à de tels mouvements. Un demi-plié, un grand plié, ses cuisses en feu. Battements tendus. Le mouvement est propre, il est mécanique même, et il manque toute la fluidité de l'habitude et de l'amour pour l'épreuve. Elle pince ses lèvres, s'observant quelques secondes. Elle répéta les mouvements, ces simples mouvements, jusqu'à ce que son corps suive mieux, jusqu'à que ça soit moins robotique, et elle enchaîne, son regard coulissant parfois vers le garçon tout au loin, peu confiante.
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L'ombre et le mouvement terminé
Enfin seul... Ou presque. Le début de la journée aurait été utopique s'il avait commencé comme Orion le souhaitait, évidemment. Il ne devait pas se leurrer, Poudlard était un lieu plein de surprise et de rencontres parfois agréables, la plupart du temps impromptues, et encore bien plus souvent pas à son goût. Alors qu'il tirait sur ses ischio-jambiers assis sur le sol, tentant d'agripper ses orteils, le sol grinça. Si, d'ordinaire, le bruit du parquet qui craque pouvait sonner comme de la musique à ses oreilles, car souvent le signe qu'il se mouvait dans l'entièreté de la salle pour libérer sa créativité, ce grincement n'avait rien d'une mélodie agréable.

Au contraire.

Non, si le sol craquait, c'était parce qu'une tête blonde venait de faire irruption dans la salle de répétition. Sa salle de répétition. Certes, il ne l'avait proclamée sienne mais puisqu'il était arrivé en premier, cela ne signifiait-il pas qu'il était devenu maître des lieux pour au moins aussi longtemps qu'il y résidait ? Visiblement, l'intruse, elle, n'en avait rien à faire. Pire, elle lui avait même adressé un signe de tête lors de son entrée. Comme s'ils étaient égaux. Orion fronça les sourcils, agité par une soudaine nervosité. Il la guetta à travers le miroir alors qu'elle installait son sac, l'ignorant complètement. Lui, en revanche, ne la quitta pas des yeux, continuant à tirer sur ses muscles pour qu'ils sortent doucement de leur rigidité matinale. Il l'observa enfiler ses chaussons — une danseuse, elle aussi ? —, comme si de rien n'était, comme si elle ne venait pas de le déranger dans sa tranquilité. Ses yeux ne la quittèrent pas non plus quand elle commença à étirer ses muscles à son tour. Comme un mîme, il la suivit dans ses positions, ses muscles habitués à se détendre sous les différents mouvements qu'ils enchainaient. Finalement, il resta assis quand elle se releva, mais les yeux du Serpent restèrent figés sur l'inconnue. Il était dans l'attente de son prochain mouvement. Était-elle douée ? Avait-elle de quoi rivaliser avec lui ? Venait-elle pour le ridiculiser ? Il se tâtait de le découvrir, prêt à en découdre. Elle commença à enchainer les positions classiques.

Il fût vite déçu. Elle était raide, beaucoup trop raide. Comme une machine qu'on avait oublié de huiler et qui avait fini par rouiller. Il ne manqua pas d'attraper les quelques regards qu'elle lui jetait, et il put y lire de l'anxiété. Orion était relativement satisfait ; elle savait qu'elle manquait d'entraînement, c'était certain. Il se releva alors, abandonnant finalement la jeune fille de son regard pour se concentrer sur son propre reflet. Son corps était à présent complètement détendu, prêt à être mis en pratique. Rien à voir avec l'automate récalicitrant à l'autre bout de la pièce. Ses yeux vacillèrent à nouveau vers la blonde, qui semblait persister.

Orion plissa alors les yeux. Tiens donc... Ses mouvements se fluidifiaient. Son corps se souvenait. Ainsi, si elle n'était plus une danseuse, elle l'avait été. La curiosité d'Orion était désormais piquée. Il n'était pas vraiment certain de savoir si, oui ou non, il voulait l'explorer. Il se ravisa alors, parce qu'il n'était venu ici que dans l'unique but d'épuiser son corps et non son esprit. Il n'avait pas le temps de s'abandonner à des bêtises pareilles. Il souffla un bon coup puis commença également à s'entraîner à la barre pour pouvoir se permmetre plus tard de se concentrer sur les mouvements plus techniques de sa variation.

Élégamment, doucement et simplement, une main sur la barre, il enchaîna quelques petits battements frappés, les muscles de ses jambes se contractant sous l'action de ses mouvements. Il ne tremblait pas, la simplicité de son entraînement étant relativement facile pour lui, si bien que le miroir d'apprentissage ne rechigna même pas. Son regard glissa alors vers la jeune fille, guettant sa réaction. L'une de ses jambes s'étendit un peu plus pour allonger ses battements tandis que l'autre restait stable et ancrée sur ses appuis, n'affichant pas le moindre tremblement lors de son mouvement. Il fallait qu'elle comprenne que ce lieu était à lui et s'il devait continuer à complexifier ses gestes pour que ça arrive, il le ferait.

@Freya Moors, toutes mes excuses pour ce délai !
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L'ombre et le mouvement terminé
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Date: avril 2050
Avec: @Orion Blackburn
Des souvenirs commencèrent à envahir sa petite tête à mesure qu'elle s'habituait aux mouvements, son corps suivant le mouvement avec toute la rigidité d'une enfance passée en cours de danse. Ses professeurs n'avaient jamais été très bienveillants ; son grand-père y avait veillé. Il exigeait de sa petite-fille une obéissance sans faille, et le ballet était le moyen idéal de lui inculquer des règles.

Elle n'eut pas besoin de réfléchir longtemps, ses muscles se mettant à brûler. L'espace d'un instant, elle oublia les regards indiscrets dans son dos. Elle était habituée à être ignorée, à ce que les regards la contournent comme une ombre. Elle n'apprécia guère que le garçon se mette à bouger, et que quelque chose de laid et de rance se fraie un chemin dans son cœur.

Elle n'avait jamais été très douée pour les relations sociales. Les gens étaient trop exigeants, trop pénibles à discuter, et elle ne comprenait jamais vraiment ce qu'ils attendaient d'elle. De l'amitié ? De la gentillesse ? Mais elle n'était pas idiote. Le garçon se voulait lui faire comprendre quelque chose, elle le voyait aux regards furtifs qu'il lançait, et cela la fit serrer plus fort sur la barre. Ne pouvait-elle trouver aucun repos dans cette école ? Elle n'était ni intrusive, ni impolie, elle se tenait dans un petit coin de la pièce, s'activant tranquillement, et il était là, avec ses mouvements parfaits et son regard sévère, comme s'il lui disait qu'il était meilleur, qu'il valait plus qu'elle.

Freya marqua une pause. Elle se regarda dans le miroir, submergée par la quelque chose de moche. Elle n'était plus aussi douée qu'avant. Elle n'était plus la meilleure, elle ne le serait peut-être jamais, et cette pensée lui trottait dans la tête tandis que le garçon continuait à bouger. Prenant une profonde inspiration, elle s'efforça de garder son sang-froid. Elle ne se laisserait pas entraîner par un garçon, et encore moins par quelqu'un de plus âgé, censé lui montrer le chemin, et non la pousser à en sortir.

Il n'y avait aucune créativité dans ses mouvements lorsqu'elle reprit sa routine. Elle continua avec l'esprit d'un robot, son corps se tournant et s'étirant d'une manière qui lui fit grincer des dents. Elle voulait se donner à fond, ne serait-ce que pour prouver qu'elle méritait de se tenir dans cette pièce, aux côtés du garçon dont elle ne connaissait pas le nom. Cela ne lui ressemblait pas, cet esprit de compétition qui commençait à s'effilocher dans son cœur, et pourtant elle ne pouvait pas reculer, pas maintenant.

Il y avait quelque chose de libérateur dans la compétition. Elle pouvait se pousser, perfectionner ses mouvements avec plus d'attention qu'elle ne leur aurait donné autrement. Elle pouvait se comparer à quelqu'un de meilleur, de plus agile, et copier, de temps en temps, ce qu'il faisait. Elle ne le cacha pas, les mouvements qui suivaient les siens. Son regard resta fixé sur sa propre figure, étudiant sa posture, l'étendue de ses mouvements, la flexibilité de ses jambes. Elle savait qu'il lui faudrait plus de travail pour retrouver le niveau qu'elle avait pu avoir quand elle était plus jeune, mais l'idée de se consacrer à la danse à nouveau éveillait quelque chose d'enfantin en elle. Ou peut-être était-ce le garçon, avec qui elle avait décidé de créer une compétition transparente.
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Je suis super désolée pour le retard ! :cry: <3

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L'ombre et le mouvement terminé
Si l'on remontait assez loin dans les souvenirs d'Orion, on pouvait y trouver sa toute première initiation à la danse. Ce petit bonhomme qu'on prenait pour une tornade à l'époque s'était apaisé presque instantanément en entrant dans le studio. Ce n'était pas tant le fait de savoir que les gens qui y travaillaient respectaient une discipline et une éthique de travail qui le marqua ; non, c'était l'univers dans lequel ils semblaient s'imprégner. C'était l'esprit qui semblait s'élever au-delà du corps pour le laisser se mouvoir dans les airs, laissant simplement les membres suivre ce que les muscles étaient capables de démontrer. Orion n'avait jamais été un artiste, pas vraiment. Mais il aimait s'imaginer un peu rêveur, par moments. Il ne se voyait pas comme ceux qui vivaient à travers des inepties, des images fabriquées de toutes pièces ; ce qu'il voulait, c'était ce sentiment d'évasion. Loin de son corps, loin de ce qu'il ne comprenait pas.

Aussi, s'il avait développé cette discipline, ce n'était pas réellement pour devenir le plus grand danseur que la Terre ait connu. Certes, il aimait se sentir le meilleur — sans aucun doute, c'était même l'un de ses péchés coupables —, mais pour s'exprimer. Alors, il avait travaillé d'arrache-pied pour qu'une fois rentré dans le studio, il n'ait plus à penser à sa technique mais simplement à ses rêveries, celles qu'il laissait rarement prendre le dessus sur son esprit.

Le problème de la présence inconnue, c'est qu'elle perturbait cet océan calme. Et puisqu'Orion n'arrivait pas à ne pas être Orion, il ne pouvait se résoudre à observer quelqu'un ne pas être aussi parfait, à ne pas se laisser envoler comme il aurait pu le faire si elle n'avait pas été là. Pourtant, elle ne prenait pas vraiment de place, elle était discrète. Il se serait menti à lui-même s'il n'assumait pas qu'il crevait d'envie de la corriger. Ce mouvement n'était pas assez fluide, cette jambe était trop rigide. Son regard perçant scannait ses membres, assassin et agacé. Quand il se regardait à son tour dans la glace, il était ridiculement apaisé. Ç'en était presque injuste, presque cruel. Parce que, finalement, elle n'était pas si terrible. Parce que ce mouvement devenait plus fluide et cette jambe devenait moins rigide.

Néanmoins, elle semblait l'avoir ressenti. Cet incessant besoin d'être plus, de faire plus. Et lui, il semblait être le parfait partenaire de crime, la parfaite comparaison meurtrière qui l'empêchait d'être satisfaite de ce qu'elle réalisait. L'espace d'un instant, il crut qu'elle avait abandonné. Tel un automate, elle avait repris ses mouvements dans un but qu'il pouvait lire à travers sa persévérance : la perfection. Ce fut d'un œil nouveau qu'Orion la reconsidéra. Peut-être que finalement, elle n'était pas si dupe et que, finalement, elle aussi ne cherchait qu'à s'évader vers d'autres contrées. Elle souhaitait trouver un adversaire à sa taille ? Il serait son homme.

Lâchant la barre, son entraînement prit une nouvelle direction. Certes, la technique qu'il y avait dans la danse classique était implacable, mais il ne pouvait y trouver un plus grand défi que la créativité. Et cela, Orion y ressentait beaucoup plus de difficultés quand il se mesurait à la danse contemporaine. Les mouvements étaient plus abstraits, parfois moins justes, souvent plus dénonciateurs. C'était l'occasion de voir ce que la jeune fille avait dans le ventre. Face à des mouvements désinvoltes, plus moyen pour elle de le copier, encore moins d'exprimer la même chose. Et c'est ainsi qu'il procéda : abandonnant les mouvements parfaits, le garçon commença à se mouvoir, lançant une musique depuis une enceinte mise à disposition pour laisser libre cours à ses membres de se développer. Qui vraincra ?

@Freya Moors, misère je n'avais pas vu le RP remonter, je suis mille fois désolée !
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Avec: @Orion Blackburn
Cette volonté de toujours faire mieux, être meilleure, devenait envahissante. Freya relâcha la barre d'un coup sec et posa les mains sur les hanches, son regard bleu tranché sur sa réflexion. Elle y voyait tout ce qu'elle détestait : un manque de sérieux, de solidité, de dignité. Pourquoi n'avait-elle pas repris la danse plus tôt ? Pourquoi se retrouvait-elle face à quelqu'un de bien meilleur, quelqu'un de bien plus fluide et confiant, en cette journée qui avait commencé si normalement ? Comme un fil tiré trop fort, elle sentait ses émotions s'empiler les unes sur les autres, devenir un amas de noirceur qu'elle n'arrivait pas à repousser.

D'habitude, elle avait un contrôle presque parfait sur son cœur. Un contrôle peut-être trop forcé mais qui fonctionnait à merveille. Elle n'était pas touchée par les remarques de ses parents, pas touchée par le manque d'une main dans la sienne quand elle allait en cours.

Ce contrôle se perdait avec chaque journée passée au sein du château. La fin d'année approchait et la petite s'était rendue compte d'une chose : elle ne voulait pas rentrer. Elle ne voulait pas retrouver la solitude du manoir, pas se perdre seule dans ses livres et ses manuels, et elle ne voulait pas revoir sa famille. Mais elle le ferait, car Freya faisait toujours ce qu'il fallait sans se plaindre, et les règles étaient sacrées, elle n'y pouvait rien.

Alors, voir quelqu'un si vulgaire dans sa façon de danser, brisant tous les codes qui avaient pris des années à se faufiler dans le cerveau de la petite, ça tendait le fit dans sa poitrine un peu plus fort, à la limite du cassage. Elle ne put s'empêcher une moue agacée, ses yeux se plissant alors qu'ils suivaient les mouvements du garçon avec un peu trop d'attention. La musique qui avait commencé à filtrer dans la pièce n'avait rien de classique et Freya tenta de l'ignorer, d'ignorer ce qu'elle considérait comme un affront, et elle reposa son regard sur elle-même.

Elle se devait d'être intelligente. D'être correcte et de ne pas se laisser emporter par ses émotions. Mais les actes du garçon semblaient bien l'appeler à la fureur, alors, la petite tendit la main vers la barre et recommença ses quelques exercices jusqu'à ce que ses cuisses brûlent de fatigue. Quand elle eut enfin l'aise recherchée avec les mouvements, elle laissa partir la barre et se recula. Freya se rappelait brèvement ses leçons plus particulières, celles lors desquelles elle était amenée à apprendre des séries de gestes qui formaient un tout. Elle n'avait pas eu la chance d'apprendre de grandes choréographies, pas encore, et se demanda alors s'il serait possible pour elle de reprendre la danse à temps plein, malgré sa présence constante à Poudlard.

La blondinette chasse ces pensées d'un coup vif de la main. Elle se mit en position, dos droit et jambes croisées, et peu importe la musique qui ne faisait pas écho à ses pas doux et dociles, elle commença. Rien de très complexe, de quoi se remettre doucement dans le bain, même si son corps protestait déjà contre l'effort. Freya ne se laissa pas abattre et poussa ses membres un peu plus fort, un peu plus loin, tournant sur elle-même et trouvant sa balance, se refamiliarisant avec ce qu'était la danse à ses yeux. Pendant tout ce temps, elle ne quitta presque pas le garçon des yeux, réaffirmant sa place bien méritée dans le studio qu'ils partageaient. Puis, éventuellement, sa rancune se transforma en quelque chose de plus doux, une compétitivité vive qui régnait dans son cœur et qui voulait la pousser un peu plus loin, et sa rigidité commença à fondre petit à petit.
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Aucun souci, prends tout ton temps pour répondre !

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L'ombre et le mouvement terminé
Enfermé dans la propre prison de son esprit, il voyageait. Il voguait sur un océan de pensées, d'idées, d'une créativité dont il ne connaissait ni l'origine ni la destination. Orion ne faisait pas que de simples mouvements, il s'exprimait par des mots qu'il n'aurait jamais prononcés à voix haute. Ses muscles brûlaient sous l'effort, mais ils semblaient en paix avec leur effort parce que le garçon ne s'arrêta pas une seule seconde, pas un seul instant. Parfois, on pouvait l'observer fermer les yeux et se loger dans un recoin de sa tête inaccessible, léger et apaisant. D'autres fois, on pouvait le voir jeter un nouveau coup d'œil vers l'intruse, curieux de voir ce qui se tramait dans sa tête à elle.

Il crut un instant qu'il était capable de lire dans ses pensées. Il déchiffra son visage, bribe par bribe d'expressions qu'il pouvait apercevoir. Elle semblait... insatisfaite. Il pouvait la comprendre ; sans doute l'aurait-il été aussi s'il perdait sa capacité à être doué dans une discipline qu'il appréciait. Peut-être que c'était ce qu'elle ressentait ? Après tout, il avait bien remarqué qu'elle avait été danseuse. Il n'osait imaginer la frustration qu'il ressentirait s'il devait un jour transformer son talent pour l'accorder au passé. Quel gâchis, quelle perte de temps. Mais au-delà de l'insatisfaction et de la frustration, il y avait aussi l'agacement. Orion ne put s'empêcher d'avoir un semblant de pincement au cœur en l'observant. Ce n'était pas tant le fait qu'elle n'aimait pas son manque de technique, c'était plutôt le fait qu'il n'aurait pas aimé avoir tant de hargne dans un moment qui se devait d'être avant tout apaisant. Elle ressemblait à un papillon qu'on avait remis dans sa chrysalide. La douleur devait être insupportable.

Rapidement, néanmoins, il la chassa de ses pensées pour retrouver la transe qui l'emmenait ailleurs. Parce qu'après tout, lui, il n'avait pas à se torturer ainsi, surtout pas quand il cherchait justement à atteindre l'apothéose de son propre art, de son propre calme. La musique filait dans ses oreilles, mais tout ce sur quoi il pouvait se concentrer, à présent, c'était sur les battements réguliers de son cœur, sur la chaleur qui émanait de ses muscles et sur l'air qui filait entre ses doigts et ses membres. Il n'y avait rien de plus doux. Un petit rictus satisfait fleurit sur ses lèvres, content de lui. Il n'avait que faire de la blonde, que faire de sa présence ; à cet instant, ce n'était que lui, son corps et son esprit. Malheureusement, toute chose avait une fin et la musique s'envola avec sa dernière note.

Il s'arrêta, reposant ses pieds sur le sol et étendant ses bras le long de son corps. Son torse montait et descendait rapidement, signe de l'effort qu'il venait de fournir. En se regardant dans la glace, il se détailla avec attention, regardant les quelques gouttes de sueur qui perlaient sur son front tomber sur son t-shirt. Il était bien. Ses yeux vacillèrent une dernière fois vers la blonde qui continuait de pousser son corps et, malgré ses mouvements imparfaits, elle persistait. Il espérait qu'elle croiserait son regard, qu'elle comprenne qu'il l'avait surpassée. Puis, finalement, il lui adressa un hochement de tête avant d'aller chercher ses affaires. Il avait récupéré ce qu'il était venu chercher : un moment de paix et de solitude — ou presque. Mais il avait aussi reçu autre chose en prime : la satisfaction d'être meilleur. Une fois de plus. Il poussa un long soupir et après avoir mis son sac sur son épaule, il quitta les lieux sans un dernier regard pour la jeune fille ; elle ne méritait pas qu'il la juge encore plus qu'elle ne le faisait déjà.

@Freya Moors, c'est une fin de RP pour moi ! Un tout grand merci pour cet échange :cute:
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Avec: @Orion Blackburn
Son corps lui demandait d'arrêter. Elle n'écouta pas et releva le menton, se dévisageant dans le miroir, sans grande fierté, observant ses mouvements sans amour. Cetait un bien triste contraste avec le garçon qui bougeait sans limitations plus loin, dont les bras semblaient être faits de soie et les courbes de papier. Elle ne put s'empêcher de l'observer, de se noyer dans ses gestes et dans la candeur de cette danse, parce qu'il avait du coeur et de l'âme et c'était loin de ce que Freya pouvait rêver de réaliser un jour.

Comment s'était-il extirpé des loins infâmes de la danse pour se créer une identité si propre à ses pensées ? Elle pouvait presque le lire alors qu'il ondulait, ses pas des mots, et Freya laissa ses bras tomber de par et d'autres de son corps.

Démunie, attristée, jalouse. Tant de nouvelles émotions qu'elle ne savait gérer, et pire de toutes, une déception hargneuse qui la regardait dans le miroir, parce qu'elle devenait ce que son grand-père voulait qu'elle soit, et Freya avait pris la décision de devenir sa propre personne. Elle ne put chasser la jalousie qui siégeait dans son coeur mais, alors qu'elle répéta quelques mouvements sans grande conviction à présent, elle se demanda si un jour, elle pourrait aussi accomplir ce que le garçon semblait réaliser derrière elle.

D'un coup ce fut fini et elle le regarda, main crispée autour de la barre, alors qu'il ramassait ses affaires. Une petit voix dans sa tête voulu tendre une main pour l'arrêter, lui dire qu'il était doué et bien meilleur qu'elle, lui demander comment il arrivait à se libérer aussi facilement des fers du classique, mais elle n'y arriva pas. Elle le regarda alors, regard mitigé, et quand il fut parti et qu'elle arriva à respirer à nouveau, elle se décida à lui dire si elle le croisait à nouveau dans le château. À quoi bon vouloir devenir une nouvelle personne si elle ne pouvait pas mettre sa rancoeur de côté ? La blondinette fut rapide lorsqu'elle ramassa ses affaires et elle suivit le garçon, hors de la pièce, heureuse de quitter cet endroit si oppressant.
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Fin

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Freya Ourt, Freya Ourtière, Freya Kuza - K.A.