Un bleu un peu trop voyant…

Le jeune homme la serra dans ses bras et effleura ses cheveux. Anais se laissa faire et m’écouta. Il la comparait à une bûche, déjà presque entièrement brûlée. Une chandelle à bout de souffle.
Puis il lui proposa de parler à sa place. Avec un adulte de confiance. Anais se crispa.
- Je ne veux pas en parler, dit elle en serrant les dents. - Surtout pas un adulte. Je les connais, ils vont vouloir le dire à mes parents mais c’est exclu.
Elle se prit la tête entre les mains puis murmura.
- Ça fait du bien d’être à Poudlard. Je n’ai plus la menace constante de Will sur moi. Mais si j’en parler, tous me verront avec pitié, me croirons faible.
Elle regarda à nouveau le jeune homme. Il voulait son bien elle le savait. Mais tout expliquer à un adulte rendrait les choses plus compliquées.
- Tu ne peux pas comprendre. Si mes parents sont au courant, ils chasseront Will de la maison. Et il sera encore plus furieux contre moi.
Rien que l’idée qu’un adulte puisse être au courant la hantait. L’idée que ses parents soit au courant lui faisait peur. Mais l’idée que William soit plus furieux la terrifiait. Il avait brisé sa sœur, qui n’osait même pas souffrir de peur qu’il le remarque. En lui répétant qu’elle était faible, il la rendait vraiment faible. Il avait un contrôle sur elle, absolu.
Mais la lumière s’était allumée. La partie apeurée d’Anais refusait de parler. Mais la partie courageuse, la partie Gryffondor, elle avait aperçu une lueur d’espoir. Faible. Mais présente.
- Si seulement…je pouvais me libérer.

@Alexandre Bellanger

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Un bleu un peu trop voyant…
Alexandre soupira.

Que ce monde l'agaçait à considérer qu'une personne en détresse ou malheureuse puisse être considérée comme faible. Au contraire, pour se taire durant des mois, donner le change que tout allait pour le mieux, il fallait une très grande force. Il serra les poings afin de contenir une nouvelle fois le début de colère qui l'envahissait. Pourtant, ce jour-là, cette technique ne fonctionna pas. Face à cette fillette qui souffrait et qui persistait à y rester enfoncée sous le simple prétexte de ce que les autres en penseraient, sa colère continua de monter.

"Fiche-toi donc des autres !"

Il regretta son cri qui avait fusé seul devant l'injustice et tenta de se regrette.

"Pardon. C'est juste... Tu n'as pas à porter un fardeau inutile de plus sur le dos. Pourquoi te soucies-tu autant de leurs regards à eux ? Qui s'est réellement préoccupé de toi ? Si tu as des amis, de vrais amis, ils ne riront pas et t'entourerons. Et ceux qui se moquent, eh bien, ignore-les. Ils ne méritent pas une seconde de tes pensées."

C'était la première fois qu'il verbalisait ses idées avec des mots si durs, mais ils reflétaient les évolutions de sa pensée au fil des années, de son décalage avec ses semblables. Il contempla avec tristesse Anaïs et lui caressa avec douceur la joue.

"Je suis désolée, ma belle, mais pour te libérer, il n'y a qu'en parlant que tu peux le faire. C'est la seule solution. Plus tu enfermes tes émotions, plus tu souffriras."

@Anais Hairwood

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Alexandre est un ainé gentil, très soucieux des petits, surtout des nouveaux venus, et en particulier ceux de sa maison.

Un bleu un peu trop voyant…
Anais sursauta au cri du jeune homme. Il lui demandait pourquoi le regard des autres avait une telle importance pour elle. Des amis devraient la comprendre, pas se moquer.
Les larmes montèrent aux yeux de la jeune fille. Elle éleva la voix à son tour ;
- Mes amis sont importants. Leur regard aussi. Ils comptent pour moi, je ne veux pas les perdre.
Le jeune homme la regarda avec tristesse puis lui caressa la joue. Ce contact apaisa Anais qui se tut mais continua de pleurer. Encore, il lui demandait de parler. Doucement, mais fermement.
La jeune fille sentit ses dernières résistances disparaître. Son épuisement la fatiguait et elle n’en pouvait plus. Silencieuses, les larmes continuaient de dévaler ses joues. Elle murmura alors :
- Je sais. Je sais mais c’est trop dur.
Elle ferma les yeux un instant. Les souvenirs de son frère défilaient et elle les rouvris. Les yeux au sol, elle continua :
- Je ne sais pas. J’ai besoin d’en parler mais je n’y arrive pas. Et jamais je n’oserais.
Anais respira profondément. Un long silence lui permit de ralentir les battements de son cœur. Sa tête bourdonnais, une migraine arrivait. Elle savait ce qu’elle devait faire. Mais elle n’arrivait pas. Les mots refusaient de franchir ses lèvres, restaient coincés. A bout, elle adressa un regard suppliant au garçon et parvint à dire :
- …aide moi…

@Alexandre Bellanger

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Un bleu un peu trop voyant…
Malgré son refus de ne pas vouloir parler, d'affirmer de ne pas pouvoir y arriver, il était indéniable que la malheureuse fillette n'avait pas d'autre choix. Elle s'étiolerait de plus en plus si elle persistait à conserver son secret, puis pourrait être poussé aux pires extrémités. La situation le frustrait. Il aurait voulu trouver moyen de la persuader tout de suite, mais il savait aussi que trop la forcer serait aussi destructeur que le silence. L'aîné secoua doucement la tête.

"Si ce sont des amis, de vrais amis, ils ne te jugeront pas, au contraire, et seront là pour toi."

Il la fixa avec tristesse alors que celle-ci luttait contre ses propres émotions. Après de longues secondes, ou peut-être même des minutes, elle lâcha avec douleur vouloir parler mais ne pas savoir comment faire, qu'elle n'oserait jamais. Elle le supplia alors du regard, ses démons enfin vaincus, et implora son aide. Il lui sourit et lui caressa tendrement la joue.

"Je suis avec toi, Anaïs, je ne te lâcherai pas. Nous pouvons aller, ensemble, voir un professeur, un que j'estimerais de confiance, et j resterai avec toi pendant que je t'explique. Je prendrais le relais si à un moment tu ne sais plus parler."

Dans son esprit, il songea aussitôt au professeur Sullivan, leur directrice de maison, qui l'avait si bien écouté, avec gentillesse, lors qu'il se posait des questions sur son orientation.

@Anais Hairwood

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Un bleu un peu trop voyant…
Le jeune lui sourit avec douceur et lui caressa la joue. Il lui promit qu’il resterait avec elle et qu’ils allaient en parler à une adulte de confiance.
Anais avait fermé les yeux. Des larmes coulait encore sur ses joues mais sa respiration s’était ralentie.
Elle prit la main qui caressait sa joue et la serra, pas très fort mais assez pour y sentir un ancrage. Elle y resta accrochée.
En ce moment, tout ce qu’elle voulait c’était dormir. Passer une nuit complète sans cauchemar et tout oublier. Tout oublier. Mais elle ne pouvait pas.
La seule porte qui s’ouvrait à elle était la parole. Mais en avait elle la force ? Avait elle le choix ?
Ses yeux se rouvrirent et allèrent se planter dans ceux de son interlocuteur. Le désespoir brillait, entouré de peur et de fatigue. Anais voulut parler, elle entrouvrit les lèvres. Rien ne sortit. Les mots restaient bloqués, sans qu’elle ne le sache pourquoi. Ils refusaient tout simplement de sortir.
La jeune fille serra un peu plus fort la main du jeune homme. Il était sa bouée, le seul ancrage qui la retenait à la surface. Ses yeux la retenait, sa main la soutenait. Il voulait que son bien. Juste l’aider.
Enfin, les lèvres d’Anais laissèrent s’échapper un filet d’air. Elle se sentait vide, se confier l’avait apaisée plus qu’elle ne le pensait. Elle avait dû lutter contre elle même.
Un seul et unique mot sortir, tout doucement :
- …qui…?

@Alexandre Bellanger

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Un bleu un peu trop voyant…
Sa petite protégée était décidément bien brisée et sa détresse l'anéantissait moralement. Alexandre aurait tant aimé la soulager de ses douleurs. Malheureusement, aucune formule magique, aucune potion, n'avait été inventé pour calmer les problèmes existentiels. Certes, le philtre de Paix existait, mais c'était une solution passagère. La douleur et l'anxiété revenaient rapidement, une fois les effets du breuvage dissipées. L'an dernier, lorsqu'il stressait en songeant aux examens des BUSES, plusieurs de des camarades de la même année avaient suggéré d'avaler cette potion. Il s'y était toujours refusé. Il la voyait comme une faiblesse alors que la vraie force, c'était de tenir et d'apprendre à résister à ses fragilités. La magie, certes, était pratique, mais elle ne pouvait pas tout arranger.

Alors qu'il s'égarait un peu dans ses pensées, un sanglot de la fillette le ramena à la réalité. Il l'entendit alors demander d'une petite voix qui pourrait l'écouter. La réponse lui fut évidente. Ils étaient tous deux des Gryfondor, ils devaient parler à leur directrice. Par ailleurs, il y a deux mois, elle l'avait si gentiment reçu. Elle serait à nouveau de bon conseil.

"Nous irons voir le professeur Sullivan. Tu verras, elle et très gentille, et puis, avant d'y aller, on va répéter un peu. Tout ira bien, ne t'inquiète pas. Et puis, je serai avec toi. Promis !"


@Anais Hairwood

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Un bleu un peu trop voyant…
Le jeune homme posa un regard rassurant sur la blonde et lui donna un nom d’une voix douce. Miss Sullivan. Anais se crispa légèrement mais, à bout de force, hocha la tête. Elle ne la connaissait pas bien mais le garçon assurait qu’elle était gentille. Alors elle le croyait, n’ayant personne d’autre à suivre.
Anais ferma les yeux. On répétera un peu…elle ne savait pas si elle avait vraiment envie de répéter. Expliquer une fois lui semblait déjà un défi insurmontable alors s’entraîner ?
Elle murmura donc :
- C’est dur, trop dur….
Quand elle rouvrit les yeux, elle sentit quelques larmes s’échapper et chuchota à nouveau ;
- Si j’arrive pas à parler ? A expliquer ?
Jamais elle n’avait réussi à le dire. Ce jeune homme dont elle ne connaissait pas vraiment le nom était le premier à comprendre ce qu’il lui arrivait. Le premier. Et elle n’avait même pas mis de vrais mots sur sa souffrance, son vécu.
Mais il était là. Et il promettait de rester avec elle. Non pas qu’elle avait plus de force en sa présence, mais elle avait moins l’impression de sombrer. Il la retenait à la surface, lui permettant de reprendre sa respiration, même qu’un seul instant. Une bouée qui la retenait, la sauvait. Il était sa porte de secours, le premier à avoir cherché ce qui n’allait pas. Le premier qui avait juste voulu que tout s’arrange.
Elle ne savait pas encore si tout irait mieux, mais d’avoir partagé sa peine la libérait déjà d’un grand poids.
Sans réfléchir, Anais se blotti dans les bras de son sauveur en murmurant :
- Merci…

@Alexandre Bellanger Je pense qu’on est bientôt à la fin

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Un bleu un peu trop voyant…
Cette situation n'avait rien de facile. Pour personne. Il l'enlaça la taille de la fillette et espéra lui transmettre suffisamment de sa force et de son courage pour l'aider à affronter ses futures épreuves. Elle doutait de savoir parler, de bloquer pendant l'entretien. Il sourit et lui promit de rester à ses côtés. Il l'accompagnerait, demeurerait un temps retrait et prendrait la parole au besoin si cela s'imposait. L'adolescent lui caressa les cheveux.

"Tout ira bien. Je serais là, avec toi, tout le temps que durera l'entretien. Tu ne dois pas avoir peur. Fais-moi confiance, Anaïs."

Il ne savait pas si cela l'apaiserait. Probablement que non. Il faudrait au minimum des semaines afin que la fillette relève enfin la tête et sorte du marasme dans lequel sa triste histoire l'avait plongé. Le professeur Sullivan l'aiderait. Il en était persuadé. Tout allait s'arrangerait. Il continua de lui caresser doucement les cheveux et de la bercer tendrement.

"Tout ira bien, Anaïs. Tout ira bien."

Il continua longtemps à la bercer de la sorte, à répéter ces mêmes mots, comme une sorte de comptine susceptible de la calmer. Au soir, il se promit de faire ses devoirs à ses côtés et l'aiderait avec les siens. Il ne la lâcherait pas cette petite. Il la laisserait plus rester seule avec ses tristes pensées dans la tête.


@Anais Hairwood

Pour moi, on peut conclure là, et lancer le suivant, non ?

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