La maison du brouillard- Recueil d'OS
✦La Maison du Brouillard✦

Recueil d'OS, occasion rares et ponctuelles où Paige est de retour chez elle.
A u Pays de Galles, dans une vallée de brouillard et de pluie, se tient contre les vents une petite maison. Une cheminée dont s'échappe toujours une légère fumée, des fenêtres à la lumière jaunie et aux volets de bois, une silhouette frêle mais solide.
Cette demeure se tient un peu à l'écart du village de Laugharne, village moldu dont les habitants ont l'agréable manie de se mêler de ce qui les regarde. Quelques commères, trop rares pour poser problème.
Sur les habitants de cette maison, on entend toutes sortes de choses. Ils sont polis, ont l'air heureux mais ne s'éternise jamais. On les voit peu, encore moins depuis quelques années. Ils sont un peu étrange mais pas méchants. Alors, malgré quelques grommellements parfois échappées sur le passage, on les laisse tranquille.
Mais moi, narratrice, je vais vous conter ici quelques aventures. La réalité de cette maison qui semble parfois sur le point de s'écrouler, et où se déroule bien plus que ce que les Moldus ne pourraient jamais imaginer.
Dernière modification par Paige Barrow le 5 févr. 2026, 15:52, modifié 1 fois.
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Cour de la Semeuse de Discorde- Vampire du CB
La maison du brouillard- Recueil d'OS
La mélodie du bazar
Maison Barrow, Laugharne, Pays de Galles
Lundi 19 Décembre, aux alentours de 8h30
En présence de Lucy, Jake et Ruth Barrow
Lundi 19 Décembre, aux alentours de 8h30
En présence de Lucy, Jake et Ruth Barrow
Mots en gras souligné pour L'Expert de NoëlLe brouillard régnait ici en maitre. S’enroulant autour des chaumières, les enveloppant de son vent froid qui faisait grincer les tuiles et les portes pas huilées. Il rendait le paysage trouble, et l’endroit hostile. Aucune âme n’aurait choisi de s’aventurer ici trop longtemps.
Sauf Paige. Le brouillard était son allié, son gardien, une présence rassurante. Avec le rire de sa cadette de l’autre côté de la cloison, le cliquetis de clochette des jouets de son chats et le grésillement lointain d’un poste de radio, il formait la douce mélodie de sa maison. Elle n’avait pas pris conscience combien cela lui avait manqué.
Poudlard avait son lot d’aventures, de bazar et de bruit. Mais ce n’était pas pareil. Pas nécessairement mieux, ou moins bien. Simplement différent.
Il régnait ce matin un calme où elle était accompagnée de ses pensées seuls. Ou du moins, pour un court instant. Déjà, elle entendait le pas pressé de sa cadette sur le parquet grinçant. Quelques secondes, et sa tête ébouriffée aparaissait dans l’encadrement de la porte. Encore un instant, et elle était assise sur le lit de Paige. Chaussettes dépareillées, pyjama arborant une tête de renne au nez rouge clignotant et sourire aux dents manquantes.
Sans un mot, et dans un geste agile, Paige descendrait de son lit et guiderait sa petite soeur, qui la suivait comme son ombre, vers l’escalier. D’un même pas, elles descendraient. Eviter la troisième marche, brisée en son centre, esquiver le chat qui courrait entre leurs jambes. Atteindre la table à manger, où régnait un joyeux bazar.
Une pile de carton, dont débordaient toutes sortes d’ornements de Noël, des guirlandes emmêlées et une tasse de café fumant abandonnée là. Un soupir échappé. L’ordre n’était pas un trait familial, ce qu’elle déplorait parfois.
Elle n’eut cependant pas le temps de ranger, pas même le temps de s’exaspérer. La porte venait d’être ouverte dans un grand battement, laissant s’engouffrer un filet d’air glacé et deux silhouettes, de manteaux colorées et d’écharpes de laine. Ses parents étaient matinals. Pendant qu’elle se prélassait, ils étaient aller ramasser du houx frais et choisir un sapin au marché du village.
Sapin qui fut bientôt traîné à l’intérieur, et d’un coup de baguette déplié et installé. Dans un coin du salon, parfaitement à sa place, comme si rien n’avait jamais changé. Pourtant d’une seconde, toutes les boites avaient été ouvertes, les décorations exposées sur la table et quelques cadres réorganisés pour laisser la place à l’arbre.
Tandis qu’un sourire prenait place sur ses lèvres, Paige oubliait déjà son agacement. C’était finalement au milieu de ce bazar, accompagnée des vives exclamations en gallois qui s’élevait à présent qu’elle trouvait son calme. Le silence était agréable, mais il n’était pas souvent d’humeur festive.
Hors, la maison à présent décorée, sentirait bientôt la dinde grillée, le chocolat fondu et le pudding de sa tante. Une tante qui ne devrait pas tarder à faire son arrivée, accompagnée d’Owen. Lui aussi regretterait le silence, mais comme sa petite fille, serait bientôt forcé d’admettre que ce joyeux bazar était réjouissant.
Le brouillard régnait peut être en maitre, mais rien ici n’était hostile. Et quiconque aurait approché la chaumière Barrow, aurait pu, au travers des fenêtres embuées s’en appercevoir. Sauf âme moldu, bien évidemment.
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La maison du brouillard- Recueil d'OS
Nadolig llawen
Maison Barrow, Laugharne, Pays de Galles
Mercredi 21 December 2050, aux alentours de 10h
Solo, ou presque - @Artemis Fraser
Mercredi 21 December 2050, aux alentours de 10h
Solo, ou presque - @Artemis Fraser
En cette matinée d'Hiver, le vent gallois se déchainait sur les côtes Galloises. Il n'y avait pas ici âme qui vive, la nature livrée à elle même.
Dans ce spectacle, plus que jamais, la Maison Barrow semblait sur le point de s'envoler. Une certaine cacophonie emplissait la maison, au rythme des grincements du toits et des volets tapants contre les murs.
Pourtant, dans sa chambre sous les combles, illuminée à la seule lueur d'un plafonnier grésillant, Paige s'occupait comme si de rien n'était. Les plaintes du vent était une musique d'ambiance à ses oreilles, et il y a bien longtemps qu'elle avait cesser de craindre la tempête.
De plus, ses pensées étaient ailleurs. Assise sur le sol, enfoncée dans son tapis duveteux, elle se débattait avec ses paquets. Trouver un cadeau pour chacun n'avait pas été mince affaire. Sa bourse ne correspondait pas à l'ampleur de ses idées, et finalement, son imagination avait du suffire. Un peu de peinture, quelques sculptures négociées à son grand père, des tricots..
Finalement, elle en avait terminé. Non sans un chaos dans son dortoir de retour à Poudlard, mais elle en avait terminé. Maintenant, il lui fallait emballer ses précieux cadeaux, ce qui ne se révélait pas beaucoup plus simple.
Bientôt, ne restait devant elle qu'une jolie pile, un peu difforme d'emballages. Tous du même papier craft, qu'elle avait ornée d'étoiles maladroites à l'aide d'un marqueur ainsi que du nom de chacun inscrit de sa plus belle plume. La fierté pourrait enfin lui dessiner un sourire sur les lèvres, tandis qu'elle se relevait et admirait son travail.
Blop
Un paquet, tomba du haut de la pile, dans un mouvement particulièrement long. Juste pour se faire remarquer à l'oeil de la sorcière. Elle s'en saisit, avant de descendre au rez de chaussée. La chouette de la famille n'était pas en vue. Cela lui laissait le temps d'écrire une lettre.
Une petit aspiration, avant d'appliquer la plume sur le papier.
Relevant la tête de sa lettre, la sorcière afficherait une moue dubitative. Elle n'était pas très forte pour écrire des lettres. De toute évidence. Heureusement, son écriture était assez jolie et elle supposait qu'Artemis ne s'arrêterait de tout façon guère à ce genre de détail. C'était l'attention qui comptait n'est ce pas?C her Artemis,
J'espère que tu va bien, et que tu profites de ces vacances que nous avons bien mérité. Je ne sais pas trop quoi te raconter, mais il me semble d'usage d'écrire quelques mots avec un paquet? Sinon, c'est un peu étrange.
Dans le paquet, tu trouveras plusieurs cadeaux. Ce qui se mange est pour tes parents, je ne sais pas ce qu'ils aiment.. Le "petit truc", je ne veux rien gâcher, est pour ta soeur. Et enfin, le dernier, pour toi.
En espérant que ça vous plaises, et que ma chouette vous trouve à temps,
Passe un merveilleux Solstice, et Joyeux Yule-Noël,
Paige
Un léger claquement la ferait alors sursauter. Dans la cuisine, Owly venait de passer la fenêtre. D'un claquement de langue, Paige l'appellerait. Une petit noix, et elle lui nouerais la lettre à la patte. Le colis, était déjà saisit et coincé dans son bec.
Une nouvelle moue. Il ne lui restait plus qu'à prier Circé, peut être Merlin et Morgane tant qu'elle y était, pour que le paquet arrive en un seul morceau. Et qu'elle ne se soit pas trompé d'adresse.
Reducio
Le colis contient un petit paquet d'Aberffraw biscuit, un pin's aux couleurs des Tornades de Tutshill qui laisse entendre leur thème lorsqu'on le presse et enfin, un pull en tricot bleu. Celui ci est orné, dans le dos d'un aigle en envol, et de l'inscription dorée "FRASER", sur le devant de l'inscription "Serdaigle" et enfin, au bout de chaque manche de quelques étoiles dispersées, du même fil doré.
mot en gras pour les preuves des Défis Mensuels de Serdaigle
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La Petite Paige
Inspiré de ce texte, par Émeline Joyner
Inspiré de ce texte, par Émeline Joyner
Environ de Laugharne, Pays de Galles
Un soir d'automne 2045, aux alentours de Minuit
Avec Jake Barrow
Un soir d'automne 2045, aux alentours de Minuit
Avec Jake Barrow
Retranscription du texte
La petite Paige était sortie de chez elle alors que la nuit était là. Dehors, elle vadrouilla sous des regards étonnés. Que faisait une si jeune enfant à cette heure dans les rues ? Les benêts d'adultes ne pouvaient pas comprendre ce qui poussait l'enfant à se déplacer seule. Car, en effet, la petite avait un but ! Elle quitta rapidement les endroits bondés et arriva vers une zone boisée. Ses pas la menèrent à une clairière où plein de petits papillons l'accueillirent. Au milieu de cette zone inhabitée par les hommes, quelques créatures magiques y avaient élu domicile. C'était le cas d'une certaine fée malicieuse qu'avait rencontrée Paige durant l'une de ses nombreuses balades nocturnes. Depuis le jour de leur rencontre, la petite sorcière allait rencontrer son amie quand le soleil se couchait et laissait place à la lune et aux étoiles . Sous le regard amusé des astres, cet étrange duo passait des soirées heureuses à discuter dans la fraicheur de la nuit.
La nuit était tombée depuis quelques heures déjà. Les quelques âmes qui peuplaient ce coin venteux et isolé du Pays de Galles étaient rentrées chez elles, trouvant refuge auprès de la chaleur des cheminées.
Mais à l'écart du village, dans le jardin d'une petite maison étrange, deux silhouettes se dirigeaient vers l'immensité des plaines alentours. Deux silhouettes difformes dans la nuit claire, l'une svelte, vêtu d'une étrange cape noir qui s'enroulait autour de la seconde, plus petite qui marchait d'un pas maladroit.
Personne ne s'aventurait jamais au delà de leur maison, personne ne trouvait d'intérêt dans les mornes plaines. Pourtant, là bas, entouré des chênes agités par le vent, se déroulait un étrange spectacle.
Chaque nuit, quelques heures après minuit, l'heure des esprits et des malices, des papillons de nuit menait leur ballet. La lumière de la lune se reflétaient sur leurs ailes blanchâtres, créant une oeuvre d'une magie gracieuse, une représentation hypnotisante.
Et une fois par an, réglé comme une horloge, le sorcier cédait aux supplications de la petite. Ils revêtiraient alors leurs plus épaisses capes d'hiver, mitaines et bonnets et s'enfonçaient dans la foret galloise. La petite finissait toujours pas à trembler de froid, et il la serrait alors sous sa cape. Mais rien ne l'empêchait, quelques nuits après, de réclamer la clairière aux papillons. Rien de faisait autant briller ses yeux que ce ballet volant.
Au plus profond de son esprit, ancré parmi ses convictions d'enfant les plus fortes, la Petite Paige savait que ces papillons étaient des fées. Elle entendait leur murmures, leur chants ensorceleurs. Parfois, au coeur de la nuit, elle entendait le bruissement de leurs ailes, leurs petits pas pressés dans les combles de la maison.
Et un jour, on lui avait promis, lorsqu'elle serait assez grande, elle pourrait y aller seule. Discuter avec les fées, qui ne faisaient confiance qu'aux sorcières. Partager leurs secrets, les admirer jusqu'au bout de la nuit.
@Émeline Joyner pour la mention d'auteur
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Chocogrenouille de Proust
Thème en folie- Edition "Chocolat"
Thème en folie- Edition "Chocolat"
Le sommeil était une activité des plus ennuyantes. Les heures nous échappaient sans que l'on ne puisse rien y faire, et l'on ne se souvenait de rien. C'était stupide comme principe. Et puis ça durait toujours trop longtemps.
L'enfant passait ainsi de longues heures à regarder les étoiles de papier suspendus à son plafond, s'hypnotisant de leur mouvement. Cela faisait longtemps qu'elle avait compris que ses plaintes n'attirerait personne. Qu'elle avait appris que son énergie serait bien plus utile à se dresser de toute sa hauteur, pour apercevoir l'extérieur depuis le hublot de sa chambre et admirer la tempête au dehors.
Malheureusement, c'était une activité rapidement lassante. Ainsi, chaque matin, elle finissait pas organiser la même chorégraphie; Se laisser tomber sur les couvertures, lentement se laisser glisser en dehors de son lit et se faufiler en dehors de sa chambre. Elle savait où poser le pied pour que le parquet ne grince pas, où sauter dans l'escalier pour que ses pas soient aussi discret qu'une ombre.
Des heures de pratique, et une maitrise qui faisait secrètement la fierté de l'enfant.
Sauf que cette matinée serait différente. Elle le sut alors que le sifflement de la cafetière atteindrait ses oreilles. Rapidement suivi du rire étouffé de son grand père. Un bruit rare, presque irréel. Mais il se tenait bien là, la regardant du dessus de sa tasse. L'odeur du café viendrait bientôt piquer son nez et lui échapper une grimace.
"C'est donc comme ça que tu t'échappes crapule?"*
Il n'y avait pas de reproche dans sa voix, rien qu'une malice qu'il lui réservait. Ou du moins, la petite en était persuadée. Son grand père était gentil. Il semblait ronchon, mais en réalité, il était gentil.
Et alors qu'il partait en direction de l'atelier, elle sut qu'elle pouvait le suivre. Qu'il ne lui râlerait pas dessus comme il le faisait avec son père, et qu'il ne lui réclamerais pas la solitude.
Elle se glisserais dans son ombre, et tandis qu'il sculpterais, elle le regarderais. Ce matin, il gravais un petit coffret. Le bois lustré avait la couleur du chocolat caramélisé. Son ventre émettrais alors un bruit disgracieux. Mais ce n'était pas grave car déjà, une chocogrenouille était tendue devant elle.
Et tandis qu'elle continuait d'observer, elle pourrait sentir le goût sucré du chocolat. Un goût imprimé dans sa mémoire, associé à l'odeur des chemises propres et du bois. Comme si, pour quelques temps, et dans très longtemps, à chaque fois qu'elle en sentirait l'arôme, elle pourrait se retrouver ici.
Se retrouver dans son endroit préféré, en compagnie d'une de ces âmes favorites, dans un silence fragile uniquement brisé par le bruit des outils contre le bois.
Un moment délicat, qui semblait banal car elle ignorait que bientôt, ce serait un souvenir précieux. Des images devenant floues, dont les couleurs ternes reprenaient un peu de vie au goût d'une chocogrenouille.
*En gallois dans le texte
497 mots-
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La question de trop
Thème en folie- Edition "Limites"
Thème en folie- Edition "Limites"
Tic, tac, tic, tac. Pas un bruit dans la chaumière, rien que l'horloge enchanté pour briser le silence. Tic, tac, tic, tac. L'enfant s'ennuie, comme bien souvent, comme trop souvent. Tic, tac, ti- criiiiiii
La porte s'est ouverte. Un filet glacial vient déjà danser contre elle, et l'enfant laisse son regard virevolter vers l'intrusion. Silhouette imposante, casquette de laine, c'est Owen. L'odeur de bois la rejoint bientôt, celle du tabac froid ensuite.
Le nez se fronce. Elle ne dit rien. Elle veut se plaindre mais elle ne dit rien. Il ne fume que lorsque les soucis pèsent trop lourds. Lorsque ses fantômes l'assiègent, et qui n'est plus capable de les repousser.
Sa tête se retourne, son regard se détourne, se détache, son grand père échappant ainsi à sa vision. Elle entend ses pas grincer sur le parquet. Le tissu rêche du manteau qui glisse sur une chaise, la casquette trouvant toute seule le chemin du porte-manteau.
Le poids à côté d'elle, les coussins qui s'enfoncent. Leurs regards qui se croisent, leurs esprits qui se rencontrent.
"Je sais. Ne dis rien à ton père."
Elle hausse les épaules, pèse chacun de ses mots.
"Tu réponds à mes questions?", elle retient le sourire malicieux. Il répondra, juste pour qu'elle ne se fasse pas de soucis, et qu'elle ne dise rien. Elle le sait, c'est toujours pareil.
Il lève les yeux au ciel, agite sa baguette en direction de la cuisine. Un café trouvera bientôt leur direction. Une assiette de biscuits à la cannelle. Elle en croque un, se redresse pour mieux lui faire face.
"Tu pensais à elle?"
La question est posée. Sa réponse n'est pas forcée. Elle sait qu'il veut partir dès que les mots traversent sa bouche. Fuir sa petite fille comme son passé. Repousser la curieuse. Peut être même retourner fumer, à la simple mention d'elle. Moira. Le fantôme d'une famille, l'ombre dans les regards. Sa grand-mère. Un mot qui lui résonne creux. Elle n'en a jamais eu, ne sait pas ce que sait.
Dans les livres, les grand-mères font des confitures, sentent les fleurs et sont tendres.
"Je pense toujours à elle", les mots coupent. Il n'est pas froid, pas méchant, mais il y a une douleur dans son regard. Elle n'aime pas la voir, cette douleur. Il est doué pour la dissimuler, alors lorsque ça revient.. Ça fait mal. D'avoir rit, parce qu'on avait oublié. Parce qu'on était passé à autre chose.
Elle laisse passer un instant. Le silence répare.
"Raconte moi.. s'il te plait"
Elle veut dresser le portrait de ce fantôme. Encore et encore. Elle veut la connaitre, même si elle les a laissé derrière elle. Elle a fait pleurer son père cette femme. Sa tante aussi. Et elle fait souffrir chacun des membres de sa famille, par son absence. Par sa présence qu'ils n'ont pas oubliés, ou qu'il n'ont pas connue.
".. D'accord. Très bien. Je l'ai rencontré à Cardiff, au marché de producteurs. Il y avait un sorcier qui vendait du bois enchanté, sous couvert d'une échoppe de vannerie. Je revenais de son stand, avec un chariot plein. Et elle, elle était venue visiter. Parce qu'elle habitait pas ici, elle venait de la campagne. Ça lui allait vraiment pas bien la campagne, elle aimait quand les choses allaient vite. Le bruit, l'agitation. Enfin.", un silence.
Elle ne dit rien, ose à peine respirer. Il peut s'arrêter à chaque instant.
"Elle ne faisait pas attention où elle allait, un rire qui sonne creux. "Elle m'a foncé dedans, et pas délicatement. Mais avant que j'ai pu souffler, elle avait disparu. Comme ça. Comme.. si je l'avais imaginé."
Elle la connait par coeur cette histoire. Ça ne l'empêche pas d'être pendu à ses mots, sa tête appuyée sur ces paumes, le regard brillant.
Parfois, elle la déteste cette femme. Mais parfois, comme aujourd'hui, elle lui manque. C'est un sentiment étrange, ce manque de ce que l'on n'a jamais connu. On ne peut pas regretter ce qui n'existe pas. Pourtant, elle se surprend à imaginer la vie si tout était différent. Le sourire de son grand père, et la présence de cette femme.
"J'ai finis par la retrouver, par hasard. Quelque chose après, j'y pensais encore. Et là, elle était au bout de la rue. Une robe d'été, un sourire éclatant. Je suis allé lui parler, j'ai probablement dit n'importe quoi. Je ne sais plus très bien."
Il s'arrête. C'est la limite de sa mémoire. Peut être aussi de sa volonté. Elle n'ajoute rien. Ne pose pas la question de trop, qui le poussera dans ses retranchements. Elle se blottit contre son épaule, et ils restent là en silence.
Tic, tac, tic, tac. L'enfant qui rêve, l'homme qui se souvient. Tic, tac, tic, tac. Ils n'ont besoin de personne d'autre. Tic, tac, tic, tac. Le fantôme flotte toujours mais il a beau crié, plus personne ne lui accorde d'attention.
813 mots
Texte: en gallois dans le texte
Texte: en gallois dans le texte
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La maison du brouillard- Recueil d'OS
Futile chagrin
Thème en folie- Edition "Envie"
Thème en folie- Edition "Envie"
Maison Barrow, Pays de Galles
Quelques jours après Halloween, 10heures et des minutes trop longues
Quelques jours après Halloween, 10heures et des minutes trop longues
Il était une fois une petite sorcière. Une petite sorcière qui ne connaissait que peu de choses, et par conséquent, avait la vie bien simple. Le bonheur était là, à portée de ses petits doigts, juste au bout de rêves soigneusement encouragé de rêves et d'histoires.
Pourtant, la petite sorcière avait aujourd'hui un grand chagrin. Ces chagrins d'enfants qui remplissent le coeur, effacent tout le reste.
Ce coeur qui se brisait, c'était celui d'une gourmande. Une gourmande à qui l'on avait retiré le bonheur, la raison de vivre. Dramatique peut être. La vie était dramatique lorsqu'on était une enfant et que l'on nous retirait le pot à bonbons.
Cette envie de sucre qui la dévorait à présent de l'intérieur était bien trop forte. Elle se languissait de l'acidité brulante d'une suçacide, du chocolat fondant d'une chocogrenouille ou peut être simplement de la dégustation soigneusement lente de n'importe quoi qui lui tomberait dans les mains.
Une envie qui la pousserait à trépasser les règles. Petit pas, petit corps pataud, se glisse par la porte interdite du laboratoire. Mam's n'y est pas. Il y règne des odeurs bizarres, on y entend des sons étranges. Mais là, en haut de cette étagère, a été posée le pot à bonbons. Le gros pot en verre, porteur de tous les miracles.
L'enfant ne pourrait pas faire un pas de plus. Des bras l'attraperaient, la soulèveraient du sol et l'emmènerait loin. Les larmes ne tarderaient pas à venir. Sans bruit, elle ne criait jamais. Juste de grosses larmes qui dégoulines sur les joues potelés, gonflent les yeux. Ne font pas craquer les mères. Pas cette mère là du moins.
Elle gronde, mais la petite n'écoute pas. Le chagrin bouche ses oreilles, l'injustice étouffe son coeur.
Elle avait juste envie d'un bonbon.
296 mots
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