Allant vers
22 DÉCEMBRE 2050, APRÈS-MIDI
MARCHÉ DE NOËL, CHEMIN DE TRAVERSE
Alyona, 21 ans,
MARCHÉ DE NOËL, CHEMIN DE TRAVERSE
Alyona, 21 ans,
Si Bernhard est la respiration régulière et calme qui tapisse les parois sonores de la pièce, d'un rythme tellement connu qu'on ne l'entend presque plus, qu'on n'y porte plus attention, alors je suis le souffle retenu, le hoquet de surprise et l'éclat de rire ; ses phrases sont parsemées de virgules et encadrées de points quand les miennes sont ponctuées d'exclamations ; ses gestes sont cadencés comme les tic-tacs d'une horloge, à croire qu'il mène sa propre danse, toujours à la bonne place, toujours au bon moment, et les miens me paraissent gourds, fébriles et confus, volontaires mais encore imparfaits. Alors mon regard, souvent, s'arrête pour abolir le temps de quelques secondes les deux ou trois mètres qui le séparent de Mr. McClure, et caché dans le dos du sorcier, il observe son assurance, ses manières de faire, d'agir, et s'inspire, se nourrit comme un enfant de ce plus grand, ce plus sage, qui porte aussi en lui l'influence d'un plus tard. Les résolutions reviennent plus fermes, les gestes plus sûrs, et la fierté redessine ma silhouette, redressant mon dos et soulignant mon sourire. Merlin, comme je suis heureuse d'être là !
Appliquée à remettre de nouvelles décorations aux senteurs des grandes plaines irlandaises sur une étagère du stand attribué au Jardin, j'ai les bras chargés de plantes lourdes et encombrantes, que je porte non sans difficulté, mais avec une détermination si exacerbée qu'elle fait renoncer à quiconque l'envie de m'apporter de l'aide. Ce travail au Marché de Noël m'apporte d'étonnantes satisfactions : je renoue avec le plaisir d'être aux contacts des autres, de découvrir du monde, même si cela signifie quitter les serres, les jardins et leur quiétude pleine d'apaisement ; ici je me sens utile, active, il y a toujours des choses à faire ou à voir, parfois les heures sont bruyantes et fatigantes, mais d'autres apportent leurs lots de rires et de rencontres, et j'aime autant être de l'autre côté des allées que de profiter de quelques temps libres pour les parcourir à ma convenance, cela m'aide à me sentir autonome et maîtresse de mes décisions, j'effectue des tâches qui me plaisent, qui me font du bien, et pour le reste je suis libre, sans contrainte, sans enclos.
Je place la dernière décoration sur l'étagère avant de frotter mes mains humides sur ma robe de travail. Bernhard est occupé derrière le comptoir avec des clients qui terminent un achat, j'entends ses paroles claires et posées de là où je me trouve, sans apercevoir le visage de celui qui est mon employeur. Je ne saurai même pas dire pourquoi c'est moi qu'il a choisi pour l'accompagner durant tout le mois ici. Est-ce pour que je puisse me forger une expérience ? Ou parce que je suis jeune, vive, à l'aise, que je n'ai pas peur du monde et que je ne demande qu'à voir du pays ? Ou simplement par sympathie ? Parfois je me questionne dans l'intimité de mes pensées, sans oser porter mon assurance sur un choix ou sur un autre. Au final, cela n'a rien d'important, je crois que je ne pourrai jamais lire dans les secrets de ses décisions, Mr. McClure n'est pas un sorcier à s'expliquer, il n'est même, en réalité, pas un sorcier très bavard de manière générale. Et contre toute attente, je crois que cela me convient bien. Les jours passés ici avec lui ne sont pas pénibles ou silencieux, c'est comme si nous parvenions à former un dialogue, même dans notre silence.
C'est en me dirigeant vers l'opposé du stand, le bac vide contenant auparavant les plantes réinstallées dans les bras, que ma robe accroche une décoration. Celle-ci n'est composée que de végétaux, dont certains sont en fleurs et d'autres sont clairs, qui s'entremêlent dans un dessin agréable à l'œil, formant une structure de petite taille, à disposer dans un pot ou sur une surface plane et à l'esthétique agréable. Une des épines accroche ma tenue, comme une main viendrait s'agripper prestement avant de lâcher le tissu et de chuter. Et dans un bruit étrange, ni fort ni sourd, presque cotonneux, l'objet tombe au sol sous mon regard étonné et perdu. Ce n'est rien, c'est vrai, ce n'est rien. Pourtant, la vision de cette maladresse jette un voile déçu sur mon cœur, comme si j'avais failli dans une mission de la plus haute importance, et le bac porté m'encombre comme une erreur. N'y a-t-il pas, de plus, une famille qui s'approche du stand ? N'attend-on pas de moi que je m'en approche ? Mais ne dois-je pas reposer le bac dans les réserves et remettre la plante à sa place avant ?
Oh Merlin ! Fais que cet embarras qui m'entrave s'en aille au plus vite !
@Nina De Almeida mille excuses pour ce délai !
En espérant que tout te convienne. Si non, n'hésite pas à m'envoyer un hibou !
(Le titre n'est peut-être pas incroyable, désolée !)
En espérant que tout te convienne. Si non, n'hésite pas à m'envoyer un hibou !
(Le titre n'est peut-être pas incroyable, désolée !)
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
présence partielle
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