24 janv. 2026, 14:35
Là où les lignes se rencontrent  PV ● DK 
Ce post RP mentionne et compare des catalyseurs magiques : la baguette magique et les bracelets de force. Pour plus de détails sur ces bracelets, portoloin : grosso modo, ce sont des bracelets métalliques forgés par les géants (donc par une magie massive, archaïque, instinctive) qui une fois apprivoisés confèrent une force physique/magique amplifiée à leur porteur. Le mentor de Luke, ce PNJ référencé, en porte depuis son entraînement avec un demi-géant en janvier 2046, de là la curiosité de Luke vis-à-vis de ces bracelets.


dans une salle de cours calme, peu fréquentée, propice à la concentration



On dessinait, comme on était. C'était ce qui se disait. Et Luke avait déjà, de son sens de l'observation aiguisé, repéré plusieurs fois qu'une Gryffondor plus âgée tenait un carnet où elle dessinait, sans jamais cependant montrer ses productions, et la curiosité sur le sujet de ses productions l'avait conduit à la convier à une séance de dessin et schématisation partagée. Luke ne lorgnait pas sur les productions de la Gryffone - elle choisirait ou bien de les garder pour elle ou bien de les partager, le choix lui revenait - et était concentré sur son propre parchemin, mais il aimait l'idée d'être accompagné pour une nouvelle soirée studieuse passée à schématiser, réfléchir et rechercher.

Certes, le blond n'était pas un grand dessinateur artistique, mais il aimait représenter ses idées, les visualiser, les entourer de nombreuses notes, pour les mémoriser, les développer, les affiner. Et ses dessins, s'ils ne révélaient pas la fibre d'un artiste caché, révélaient un sens de la géométrie certain, et une perception fine de l'espace et des symétries, en somme un regard aussi affûté que structuré.

Aujourd'hui, son programme d'étude portait sur les catalyseurs magiques, un sujet qui figurait haut dans sa liste des préférés. Il s'intéressait à la façon dont ces catalyseurs faisaient transiter la magie sans la créer, et aux conditions qui pouvaient optimiser le passage de ce flux magique. Luke n'était pas du genre à se contenter de dessiner un trait pour la baguette, et le caractère détaillé de son dessin témoignait des nombreuses interrogations qu'il se posait, et dont le dessin était un jalon, censé apporter nouvelles hypothèses et pistes de solutions.

En effet, la baguette n'était pas un simple objet inerte dénué de toute volonté : il fallait prendre en compte en plus de ce qu'on lui demandait ce qu'elle sollicitait pour fonctionner, on négociait avec sa baguette plutôt qu'on lui imposait. Même, il n'était pas bien sûr de qui avait plus d'influence dans le sort à la fin, de la baguette ou du sorcier, si c'était lui, Luke, ou sa baguette de bois de cerisier qui avait l'intention de la plus grande clarté ou la précision de la plus grande fermeté.

De cette volonté de la baguette résultaient encore de nombreuses interrogations qu'il restait à résoudre : car si la baguette orientait la magie autant qu'elle la filtrait, quelle part du pouvoir que lui donnait le sorcier se perdait au passage ? pouvait-on minimiser cette "perte de pouvoir" ? si la baguette canalisait la magie, n’apprenait-on pas à ne plus sentir la magie autrement : d'extension de la volonté du sorcier, ne risquait-elle pas de devenir écran entre le sorcier et la source brute de sa magie ? est-ce qu'il s'était déjà produit des occurrences où un sorcier et sa baguette entraient en conflit ? qui alors restait connecté à sa magie ? la baguette pouvait-elle révoquer le propriétaire qu'elle s'était auparavant choisie ? et si le sorcier succombait à l'ivresse du savoir ou du pouvoir qu'on pouvait ressentir en exerçant la magie, la baguette en portait-elle une part de responsabilité ? pouvait-elle faire naître ou accentuer une telle ivresse chez un sorcier ?

Le coloriage qu'il effectuait de la baguette aux contours assurés était témoin de cette exploration en cours : entre ombres et lumières, entre zones déjà connues et éléments encore à apporter. Ainsi les petits reliefs du bois et les variations légères de couleur et de luminosité étaient bien plus le témoin d'un souci de justesse que d'un souci de beauté. Et pour ces raisons de minutie, il préférait encore dessiner à la pointe de la plume qu'à la pointe de la baguette, comme s'il y avait un risque pour la baguette de se rebeller à ainsi se voir dessinée et questionnée.


Au premier dessin Luke en ajouta rapidement un second : deux anneaux massifs, métalliques, martelés, trop grands, pas encore ajustés pour un poignet de simple sorcier. Le dessin retranscrivait ses souvenirs de ces objets qu'il avait vus au poignet de Jacob, des aspérités de leur métal épais, de leur apparente rudesse venue tout droit du monde de muscles, de souffle et de volonté bruts où ils avaient été forgés.

Il avait dessiné ces trois objets seuls, sans porteur, et la plume levée hésitait à glisser par deux traits un poignet dans un des bracelets de force, tandis que ses interrogations sur le rapport entre le catalyseur magique et le sorcier revenaient par ricochet : certes, le bracelet de force amplifiait la force physique et magique de son porteur une fois bien entraîné mais ils révélaient aussi celui qui les portait, dans ses capacités, ils le révélaient, dans son travail de la chair et des muscles pour maintenir la façon dont ceux-ci épousaient le bracelet, ils le révélaient enfin, dans son humeur et sa forme de la journée. En tout cas, c'était autant d'hypothèses qu'il pouvait et souhaitait vérifier. Autant d'hypothèses qui lui permettraient, il le sentait, d'encore progresser dans cette matière des sortilèges qu'il affectionnait.

Il ne dessina finalement aucun poignet, et, les grands traits de ces deux objets en noir et blanc dessinés tout à côté, le blond recula plutôt son regard, pour bien les observer : sur la moitié gauche du parchemin, la baguette, fine, interrogative ; sur la moitié droite, les bracelets, massifs et silencieux. Deux visions du pouvoir. L'une où le flux magique est canalisé, orienté, filtré pour être utilisé. L'autre où au contraire afflue la force brute, originelle de la magie, de la tension de la chair même du sorcier pas même verbalisée. Maîtrise patiente et précision acquise contre force brute et pleine spontanéité. Son profil contre celui de son mentor.

Et Luke se demanda, la plume suspendue entre ses doigts, lequel de ces artefacts en disait finalement le plus long sur celui qui les choisissait. Toujours pensif, il finit par poser la question à sa vis-à-vis : "Qu'est-ce que tu penses que notre catalyseur magique révèle de nous ?" De ce qu'on est ? De ce qu'on est appelés à devenir ?

Puis réalisant que Dorra était peut-être tout à fait dans un autre imaginaire avec ses propres dessins : "Ah pardon, pour moi, ce soir, c'est soirée catalyseurs magiques, j’essaie de comprendre comment on dirige le pouvoir sans l’étouffer," *rien que ça* "les canalisations, les débordements, tout ça, et toi ?"

@Dorra Kane, c'est parti T-)

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Lucky Luke (crédits Nélya), Luke Skyponger (crédits Drelall) -HRP : Lucky Charm, crédits Thomas- Logical, oh, responsible Gryffindor - Oh, clinical, intellectual, cynical... - Respectable, presentable, a vegetable !