7 juin 2025, 21:02
Fumée sur les rails
1er Septembre 2049
Poudlard Express
@Kate Jonsthlon


Le quai 9 ¾ était bondé. Les gens couraient, se bousculaient, criaient dans une cacophonie assourdissante. Les parents serraient leurs enfants avec tendresse avant de les regarder s'éloigner vers la locomotive écarlate. Certains pleuraient, d'autres riaient, presque soulagés de ce départ.

Rhéa, elle, restait droite comme un piquet, figée aux côtés de son père. Cela faisait maintenant plusieurs minutes qu'il discutait avec sa sœur, celle qui accompagnait ses filles. Rhéa ne prêtait même plus attention à leurs paroles — des phrases plates, sans surprise, faites de sous-entendus bien trop polis pour être honnêtes.

Elle gesticulait. Pas ostensiblement, bien sûr. Juste assez pour trahir son impatience. Il lui tardait de monter dans les wagons, de s'éclipser dans un compartiment et de retrouver le silence rassurant du train. Loin des regards critiques. Loin de leurs remarques voilées, de leurs sourires forcés.

La conversation s'éternisait. Elle n'en pouvait plus.

Alors elle craqua. Sans un mot pour son père, sans un regard pour sa mère – comme toujours silencieuse, comme toujours absente – elle s'éloigna à grandes enjambées.

Le soulagement fut immédiat. L'air semblait plus respirable à chaque pas qui la séparait d'eux. Le train, massif et fumant, l'attirait comme un refuge. Elle prit une inspiration profonde, et gravit les marches métalliques.

Son cœur battait vite. Presque aussi vite que l'année précédente, lors de son premier départ. Elle se souvenait de l'excitation fébrile, du bourdonnement dans ses oreilles, de cette promesse étrange de liberté. Aujourd'hui encore, elle la ressentait. Peut-être même plus fort.

À Poudlard, elle redeviendrait elle-même. Libérée. Libre de parler, de rire, de choisir ses vêtements, de traîner dans les couloirs sans avoir à rendre de comptes. Loin du manoir Sywell et de son atmosphère étouffante.

Un groupe de gamins surexcités manqua de la renverser – probablement des premières années. Rhéa grogna intérieurement. Encore des marmots à éviter tout au long du trajet. Elle s'éloigna dans le couloir, pressant le pas.

Elle finit par trouver un compartiment vide, un peu en retrait. Parfait. Elle s'y laissa tomber avec un soupir, posant son sac à ses pieds.

Par la vitre, elle aperçut la foule qui s'agitait en contrebas. Son regard chercha, par réflexe, son père. Il n'avait pas bougé. Toujours le dos droit, toujours cette posture impeccable, le visage tourné vers sa sœur comme si rien d'autre n'existait.

Bien sûr qu'il ne l'avait pas vue partir.

Un sourire triste étira les lèvres de Rhéa. Un peu d'amertume, un peu de soulagement aussi. C'était mieux ainsi.

Elle détourna les yeux. Laissant derrière elle les Sywell, elle observa les autres familles. Des enfants agrippés à leurs mères, des parents qui embrassaient leurs enfants comme si c'était la dernière fois, des éclats de rire, des disputes à demi-voix.

De son compartiment, elle assistait à ces scènes comme on regarde une pièce de théâtre. Ce n'était pas son histoire. Pas son monde. Elle n'était que spectatrice. Une observatrice invisible, perchée dans le train, loin des émotions sincères qu'on partage quand on s'aime vraiment.

Ça, c'était son monde.

500 mots
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"On n'apprend pas à marcher en suivant les traces des autres."
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24 janv. 2026, 18:10
Fumée sur les rails
1er septembre 2049
Voix 9 3/4 et Poudlard Express

Le 1er septembre. Le jour du grand départ pour tous pour Poudlard. Son premier départ. Kate frémit à la fois d’exitacion et d’anxiété à cette idée. Bien entendu, elle était ravie d’aller à Poudlard pour y apprendre la magie, mais cela voulait dire quitter sa famille. Ses parents, mais surtout ses sœurs.

Depuis leur naissance, Kate ne les avait jamais quitté. Où qu’elles aillent, les trois rouquines y allaient ensemble. Surtout sa sœur Katie, sa cadette d’un an, et elle. Bien qu’elles ne soient pas jumelles, les deux jeunes filles se ressemblaient tellement et s’aimaient tellement qu’on aurait pu s’y méprendre. Elles avaient aussi une petite sœur, Katrina, mais celle-ci avait seulement cinq ans soit six ans de moins que l’ainée.

Kate enlaça longuement ses deux sœurs et ses parents avant de se diriger vers le Poudlard Express qui crachait de la fumée sur le quai, comme un dragon auquel on aurait volé son déjeûner. Anxieuse, la jeune fille monta dans le train, se retourna et contempla une dernière fois sa famille avant de s’engouffrer dans le serpent de fer qu’était le train.

La rouquine passa devant plusieurs compartiments remplis d’élèves qui riaient et discutaient gaiement, tous heureux de retrouver leurs amis. Kate, elle, ne connaissait personne et avait besoin de tranquilité et de solitude. Enfin, elle trouva un compartiment qui paraissait vide. Elle s’apprêtait à y entrer et s’y installer lorsqu’elle vit qu’une fille brune qui semblait un peu plus âgée que la rouquine était déjà assise et regardait par la fenêtre, contemplant le quai.

« Oh, pardon, je suis désolée. s’excusa Kate en s’apprêtant à partir.

@Eleanora Sywell désolée pour ce retard de sept longs mois. :(

Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin
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