À chaque instant on apprend
Jeudi 6 Octobre
2050
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Depuis l'instant où Marine s'était arrachée à ses couvertures la brunette cherchait du courage partout pour affronter la journée qui l'attendait. Quelle poisse d'avoir sa journée la plus chargée à 1 jour du week-end, soit au moment où la fatigue de la semaine s'accumule et où l'on ne rêve qu'au repos du samedi et dimanche. Et encore le temps restait encore clément, Marine n'imaginait pas comme ce serait dur quand les jours de pluie s'enchaîneraient, enfin mieux valait ne pas trop y penser et profiter des dernières journées au soleil à la chaleur réconfortante. C'était toujours plus agréable d'avoir cours de Botanique ou de Soin aux créatures magiques sous un beau soleil et à température idéale que sous la pluie par temps froid.
Pour ne pas commencer la journée du mauvais pied l'adolescente faisait en sorte de se dépêcher à s'habiller et se coiffer pour arriver avant la majorité des élèves dans la Grande salle. Ainsi elle parvenait à finir son petit déjeuner avant de sentir trop oppressée par la foule de la salle, avant que trop de gens qu'elle ne connaissait pas ou peu ne viennent s'asseoir à ses côtés. Pourtant à peine avait-elle atteint la grande double porte que la fillette déchanta. Sous ses yeux une marée de têtes qui mangeaient gaiement. Un instant elle envisagea sérieusement de sauter le repas mais consciente de l'énergie dont elle aurait besoin pour tenir la matinée elle se força la mine déconfite à trouver la place la moins pire possible.
Des grimaces plus expressives les unes que les autres se succédaient sur son visage, elle sondait les tables dans l'espoir de trouver un coin abandonné, qu'importe si les plats étaient presque vides dans la zone. Elle finit par s'affaler dans un coin moins occupé que les autres même si tout était relatif avec un soupir de désespoir. Complètement démotivée elle se servait mollement ce qu'elle allait manger, le regard inexpressif car la sixième année se refermait sur elle même pour essayer de ne pas trop subir la situation. Manquait plus qu'à ce que quelqu'un s'installe en face d'elle et décide qu'elle était la personne idéale avec qui parler de bon matin pour que cette journée comment aussi mal que dans les cauchemars de l'anglaise.
@Newt Gallagher j'espère que ce début te convient
À chaque instant on apprend
Hazel souriante comme à son habitude cherchait un coin tranquille pour manger. Elle s’était levée aujourd’hui avec pour mission de ne pas sombrer dans la mélancolie des premiers mois d’hiver. C’est donc avec un sourire un peu trop grand qu’elle s’avança tranquillement dans la Grande Salle dans l’espoir de trouver un individu en grand besoin d’énergie positive. C’est toujours ce que répétait sa mère lorsque quelqu’un dans la famille était triste : « Trouve toi une personne ayant une énergie positive et accroche-y toi comme une sangsue ». Aujourd’hui la Gryffondor voulait donc jouer un rôle important : elle voulait être le porte-sangsue de quelqu’un.
Elle était peut-être un peu trop naïve, ou alors elle n’avait pas encore pris le temps de mûrir, mais l’idée lui avait parut plus que parfaite. Elle s’imaginait déjà tel un pirate sur son navire, recueillant une sirène échouée à son bord. Toute la vie d’Hazel était un conte de fée dont elle était le personnage principal. Son imagination était son plus grand défaut mais personne n’avait encore osé lui dire, c’était si réconfortant de la voir s’imaginer toutes ces histoires. Cherchant des yeux un endroit isolé de la table où elle pourra mettre à exécution son plan pas si maléfique, elle repéra une fille de sa maison, Marine si elle s’en souvenait bien qui semblait à la fois démotivée et perdue au fin fond d’une tout autre galaxie. Décidant qu’elle serait sa cible parfaite, elle s’en alla à grande enjambée vers cette sixième année qui ressemblait plus à une huître renfermée qu’à une sirène en détresse.
S’approchant avec la discrétion d’une baleine, Hazel se mit a hésiter. Et si cette Marine à qui elle n’avait jamais parlé était une délinquante qui kidnappait les première année trop téméraire ? Tant pis, pour une fois que la rouge et or s’était réveillée avec une bonne résolution en tête, il ne fallait pas laisser passer l’occasion. S’essayant avec un bruit sourd elle posa ses deux coudes sur la table et fixa bien trop intensément Marine pour qu’elle puisse encore passer pour quelqu’un de normal.
- Salut !
Laissant passer un blanc gênée elle se mit à tapoter le sol de son pied, passant de la lourde baleine au lapin hyperactif.
- Enfin bonjour,
Elle scruta son aînée et essaya de trouver la meilleure approche. Ni trop directe, ni trop étrange, ni trop timide.
- Je suis Hazel !
S’armant de son plus beau sourire elle essaya de lui transmettre toute la sympathie dont elle en était capable, imitant avec peine le charisme magnétique de sa mère.
- Et je suis la personne super archi cool qui va illuminer ta journée !
Elle avait parlé un peu trop fort, un peu trop vite, elle était le stéréotype même d’une première année trop excitée qui déchantera bien vite. Pourtant Hazel reste dans son illusion parfaite d’une personne archi trop cool qui illumine la journée des autres, et tant que l’illusion continue de fonctionner pour elle, tout va bien.
483 mots
@Marine Baylacq Hazel est dans la place
Elle était peut-être un peu trop naïve, ou alors elle n’avait pas encore pris le temps de mûrir, mais l’idée lui avait parut plus que parfaite. Elle s’imaginait déjà tel un pirate sur son navire, recueillant une sirène échouée à son bord. Toute la vie d’Hazel était un conte de fée dont elle était le personnage principal. Son imagination était son plus grand défaut mais personne n’avait encore osé lui dire, c’était si réconfortant de la voir s’imaginer toutes ces histoires. Cherchant des yeux un endroit isolé de la table où elle pourra mettre à exécution son plan pas si maléfique, elle repéra une fille de sa maison, Marine si elle s’en souvenait bien qui semblait à la fois démotivée et perdue au fin fond d’une tout autre galaxie. Décidant qu’elle serait sa cible parfaite, elle s’en alla à grande enjambée vers cette sixième année qui ressemblait plus à une huître renfermée qu’à une sirène en détresse.
S’approchant avec la discrétion d’une baleine, Hazel se mit a hésiter. Et si cette Marine à qui elle n’avait jamais parlé était une délinquante qui kidnappait les première année trop téméraire ? Tant pis, pour une fois que la rouge et or s’était réveillée avec une bonne résolution en tête, il ne fallait pas laisser passer l’occasion. S’essayant avec un bruit sourd elle posa ses deux coudes sur la table et fixa bien trop intensément Marine pour qu’elle puisse encore passer pour quelqu’un de normal.
- Salut !
Laissant passer un blanc gênée elle se mit à tapoter le sol de son pied, passant de la lourde baleine au lapin hyperactif.
- Enfin bonjour,
Elle scruta son aînée et essaya de trouver la meilleure approche. Ni trop directe, ni trop étrange, ni trop timide.
- Je suis Hazel !
S’armant de son plus beau sourire elle essaya de lui transmettre toute la sympathie dont elle en était capable, imitant avec peine le charisme magnétique de sa mère.
- Et je suis la personne super archi cool qui va illuminer ta journée !
Elle avait parlé un peu trop fort, un peu trop vite, elle était le stéréotype même d’une première année trop excitée qui déchantera bien vite. Pourtant Hazel reste dans son illusion parfaite d’une personne archi trop cool qui illumine la journée des autres, et tant que l’illusion continue de fonctionner pour elle, tout va bien.
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@Marine Baylacq Hazel est dans la place
Dernière modification par Hazel Dovee le 24 janv. 2026, 18:41, modifié 1 fois.
~ Il faut porter en soi un chaos pour mettre au monde une étoile dansante ~ Officiellement membre de la secte des vampires
Ma couleur : #943333
À chaque instant on apprend
Et voilà ce qui devait arriver arriva, l'anglaise se demanda même si c'était parce qu'elle avait pensé si fort qu'elle ne voulait personne en face d'elle à ce petit déjeuner que l'univers lui offrait ce malheur quelques secondes plus tard. La détaillant rapidement avec ses petites stratégies acquises et perfectionnées avec le temps pour ne jamais rencontrer le regard de cette boule d'énergie, la brunette estima qu'elle était de première année. Le visage encore enfantin et le sentiment qu'elle n'avait pas beaucoup vu ce visage étaient de bons indices pour en déduire l'année de la jeune fille. Comme elle faisait partie de la même maison que la timide, cette dernière était presque sûre de ses déductions, quand les élèves étaient d'une autres maisons elle se trompait beaucoup plus. Il fallait dire qu'avec son comportement elle ne connaissait des autres maisons que les élèves qu'elle voyait depuis des années et dont elle entendait parler depuis des années alors confondre les première et les deuxième année était récurrent, parfois même le doute pouvait s'étendre jusqu'aux troisième année selon l'efficacité de la puberté.
Ces déductions faites Marine aurait dû se détendre, quel sixième année était impressionné par un petitou de première année ? Et bien Marine faisait partie de ces rares spécimens. Les rôles semblaient presque inversés. Pargois Marine se demandait ce qui clochait avec elle, pas qu'elle veuille effrayer les nouveaux élèves mais elle voyait les nouveaux impressionnés et osant tout juste demander de l'aide aux plus vieux surtout dans les premiers mois sauf pour les plus extravertis alors qu'avec elle les nouveaux étaient au moins aussi à l'aise qu'avec les personnes de leur année, du moins c'est ce qu'elle avait l'impression de percevoir.
Pour des questions de politesse et de timidité la brunette ne répondit que par un sourire gêné et un "M, moi c'est... Marine." avant de faire redescendre son regard sur son petit déjeuner. Il était quand même questions d'économiser son énergie pour tenir jusqu'au bout de la journée. C'est que communiquer était épuisant quand son esprit analysait en permanence chacun de ses propres gestes respirations, mots, tons, articulations et faisait de même pour l'interlocuteur. Cette hypervigilance qu'elle avait avec les personnes qu'elle ne connaissait pas ou peu elle essayait de s'en débarrasser mais sa façon d'être avec cette Hazel était la preuve que son instinct trop protecteur n'arrivait pas à s'effacer.
Ces déductions faites Marine aurait dû se détendre, quel sixième année était impressionné par un petitou de première année ? Et bien Marine faisait partie de ces rares spécimens. Les rôles semblaient presque inversés. Pargois Marine se demandait ce qui clochait avec elle, pas qu'elle veuille effrayer les nouveaux élèves mais elle voyait les nouveaux impressionnés et osant tout juste demander de l'aide aux plus vieux surtout dans les premiers mois sauf pour les plus extravertis alors qu'avec elle les nouveaux étaient au moins aussi à l'aise qu'avec les personnes de leur année, du moins c'est ce qu'elle avait l'impression de percevoir.
Pour des questions de politesse et de timidité la brunette ne répondit que par un sourire gêné et un "M, moi c'est... Marine." avant de faire redescendre son regard sur son petit déjeuner. Il était quand même questions d'économiser son énergie pour tenir jusqu'au bout de la journée. C'est que communiquer était épuisant quand son esprit analysait en permanence chacun de ses propres gestes respirations, mots, tons, articulations et faisait de même pour l'interlocuteur. Cette hypervigilance qu'elle avait avec les personnes qu'elle ne connaissait pas ou peu elle essayait de s'en débarrasser mais sa façon d'être avec cette Hazel était la preuve que son instinct trop protecteur n'arrivait pas à s'effacer.
À chaque instant on apprend
Hazel remarqua le sourire bizarre de Marine sans trop savoir ce qu’il voulait dire. Ce n’était pas un sourire comme dans les histoires, ni un sourire qu’on garde longtemps. Plutôt un sourire qui apparaît parce qu’il faut bien faire quelque chose avec son visage. Hazel se demanda brièvement si elle avait dit une bêtise. Probablement. Elle en disait souvent.
Elle resta plantée là une seconde de trop, hésitante, avant de se laisser tomber sur la chaise en face de Marine, comme si celle-ci l’avait aspirée. Elle se dit qu’il était sûrement trop tard pour faire semblant de partir maintenant. Autant rester.
— Marine, répéta-t-elle avec un petit hochement de tête satisfait, comme si elle venait de réussir un sort compliqué.
Elle observa son aînée manger sans vraiment manger. Hazel n’y comprenait pas grand-chose, mais quelque chose dans l’air lui donnait envie de gigoter moins. Pas par choix, pas par réflexion — juste comme ça. Elle posa ses mains sur la table, puis les retira aussitôt, incapable de les laisser tranquilles très longtemps.
Il y avait un truc étrange. Pas effrayant, pas méchant. Juste… bizarre. Marine avait l’air tendue, comme si Hazel était arrivée sans frapper à une porte invisible. Cette idée fit cligner des yeux la Gryffondor. Elle, faire cet effet-là ? C’était étrange. Les grandes, normalement, ça impressionnait. Les petites, ça posait des questions bêtes. Hazel ne comprenait pas trop comment elle se retrouvait dans ce sens-là de l’histoire.
Elle tira sur la manche de sa robe, puis se servit une tartine, beaucoup trop vite cette fois.
— J’suis pas toujours comme ça, lâcha-t-elle sans trop réfléchir. Enfin si. Mais pas tout le temps.
Elle hocha la tête, comme si cette phrase avait un sens clair.
— Le matin, c’est bizarre.
Hazel jeta un regard circulaire à la Grande Salle. Trop de voix, trop de mouvements, trop de gens trop réveillés. Elle fronça le nez.
— Y a beaucoup de monde.
Elle mordit dans sa tartine, mâcha bruyamment, puis s’arrêta net, un peu gênée, avant de reprendre plus doucement — sans vraiment s’en rendre compte.
— En fait, continua-t-elle, je voulais juste manger avec quelqu’un. Pas forcément parler. Juste… être là.
Elle releva les yeux vers Marine, avec cette franchise un peu maladroite qui ne cherchait pas à convaincre.
— Si tu veux être seule, je peux partir. Je suis rapide quand je pars.
Puis, comme si cette idée l’attristait légèrement, elle ajouta presque aussitôt :
— Mais je peux aussi rester. Je prends pas beaucoup de place. Enfin… pour une première année.
Hazel esquissa un sourire, pas aussi grand que tout à l’heure, mais toujours sincère. Elle ne comprenait pas pourquoi cette grande fille semblait si tendue en face d’elle. Elle n’avait pas l’impression d’être spéciale, ni impressionnante, ni dangereuse. Mais les grands avaient parfois des réactions étranges, et Hazel avait appris qu’il valait mieux ne pas trop chercher à comprendre.
Alors elle resta là, mangeant sa tartine, laissant le silence s’installer ou non, selon ce qu’il déciderait de faire. Parce qu’être deux, même sans parler, c’était toujours mieux que d’être seule.
514 mots
@Marine Baylacq
Elle resta plantée là une seconde de trop, hésitante, avant de se laisser tomber sur la chaise en face de Marine, comme si celle-ci l’avait aspirée. Elle se dit qu’il était sûrement trop tard pour faire semblant de partir maintenant. Autant rester.
— Marine, répéta-t-elle avec un petit hochement de tête satisfait, comme si elle venait de réussir un sort compliqué.
Elle observa son aînée manger sans vraiment manger. Hazel n’y comprenait pas grand-chose, mais quelque chose dans l’air lui donnait envie de gigoter moins. Pas par choix, pas par réflexion — juste comme ça. Elle posa ses mains sur la table, puis les retira aussitôt, incapable de les laisser tranquilles très longtemps.
Il y avait un truc étrange. Pas effrayant, pas méchant. Juste… bizarre. Marine avait l’air tendue, comme si Hazel était arrivée sans frapper à une porte invisible. Cette idée fit cligner des yeux la Gryffondor. Elle, faire cet effet-là ? C’était étrange. Les grandes, normalement, ça impressionnait. Les petites, ça posait des questions bêtes. Hazel ne comprenait pas trop comment elle se retrouvait dans ce sens-là de l’histoire.
Elle tira sur la manche de sa robe, puis se servit une tartine, beaucoup trop vite cette fois.
— J’suis pas toujours comme ça, lâcha-t-elle sans trop réfléchir. Enfin si. Mais pas tout le temps.
Elle hocha la tête, comme si cette phrase avait un sens clair.
— Le matin, c’est bizarre.
Hazel jeta un regard circulaire à la Grande Salle. Trop de voix, trop de mouvements, trop de gens trop réveillés. Elle fronça le nez.
— Y a beaucoup de monde.
Elle mordit dans sa tartine, mâcha bruyamment, puis s’arrêta net, un peu gênée, avant de reprendre plus doucement — sans vraiment s’en rendre compte.
— En fait, continua-t-elle, je voulais juste manger avec quelqu’un. Pas forcément parler. Juste… être là.
Elle releva les yeux vers Marine, avec cette franchise un peu maladroite qui ne cherchait pas à convaincre.
— Si tu veux être seule, je peux partir. Je suis rapide quand je pars.
Puis, comme si cette idée l’attristait légèrement, elle ajouta presque aussitôt :
— Mais je peux aussi rester. Je prends pas beaucoup de place. Enfin… pour une première année.
Hazel esquissa un sourire, pas aussi grand que tout à l’heure, mais toujours sincère. Elle ne comprenait pas pourquoi cette grande fille semblait si tendue en face d’elle. Elle n’avait pas l’impression d’être spéciale, ni impressionnante, ni dangereuse. Mais les grands avaient parfois des réactions étranges, et Hazel avait appris qu’il valait mieux ne pas trop chercher à comprendre.
Alors elle resta là, mangeant sa tartine, laissant le silence s’installer ou non, selon ce qu’il déciderait de faire. Parce qu’être deux, même sans parler, c’était toujours mieux que d’être seule.
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@Marine Baylacq
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À chaque instant on apprend
Marine laissa sa cadette parler toute seule. C'était un sacré numéro. Elle qui ne rêvait que de quiétude le matin se demandait pourquoi la petite ne s'était pas joint à un groupe plus animé, ça devait être son truc les groupes animés vu comme elle gigotait dans tous les sens. Pourquoi avait-elle l'impression que cette élève bridait ses envies pour s'accorder autant qu'il était possible à la minuscule bulle de calme que l'anglaise avait instauré sur cette petite parcelle de table. Pourtant la plus âgée n'avait pas demandé sa compagnie, elle aurait même préféré être seule, cette élève la tendait, elle ne savait pas ce qu'elle attendait d'elle, de l'écouter ou pire de parler ?
Pourquoi est-ce qu'elle l'observait manger ? Elle n'était pas originale, tout le monde mangeait. Le contenu de son petit déjeuner n'était pas non plus extravagant alors pourquoi restait elle là à la fixer ? Si elle n'avait pas faim elle pouvait aller sociabiliser avec d'autres personnes plus dispo en salle commune pas avec elle qui ne demandait que d'être seule le matin pour ne pas déjà drainer toute son énergie. Marine en vint à se demander si elle n'avait pas une traînée de chocolat chaud ou de beurre qu'elle avait tracé par inadvertance sur sa joue. En la frottant vigoureusement elle ne remarqua pas une quelconque texture qui n'aurait pas eu sa place sur son visage.
La sixième année qui pensait que la situation ne pouvait pas empirer se mit à regretter la brûlure du regard posé sur elle quand la petite commença à parler. Elle voyait déjà son temps de parole arriver même si elle ne demandait pas la parole. Presque en apnée la lionne jaugeait en permanence, est-ce que ses mots attendaient une réponse ? Remarquant qu'elle n'énonçait que des vérités générales ou relatives mais rien qui n'attendait une réponse obligatoire, Marine était soulagée bien qu'elle ne parvienne pas vraiment à la suivre. Au moins elle n'avait pas à se battre contre elle-même pour articuler des phrases compréhensibles. Les phrases arrivaient les unes à la suite des autres de façon décousue laissant à l'adolescente le temps de faire des remarques silencieuses entre chaque.
Il n'y avait rien de bizarre à ce qu'il y ait du monde au petite déjeuner, tout le monde commençait à la même heure ou presque alors comme le soir tout le château était au rendez-vous et au vu du court créneau, il était difficile que la salle ne soit pas bondée. Si elle ne voulait pas parler alors pourquoi était-elle partie sur cette lancée ? Vraiment la lionne ne la suivait pas mais n'osa pas pour autant lui demander de partir malgré sa proposition polie de la laisser tranquille. Elle avait commencé, elle ne trouvait pas ça très correct de lui imposer de trouver un autre coin de table à proximité de ce qu'elle voulait manger alors que la salle était bondée. Comme elle avait enfin fini par manger de façon polie elle pouvait largement supporter qu'elle fasse la conversation elle-même. Estimant qu'un sourire était une façon appropriée de répondre elle sourit timidement à la première année et se remit à manger même si elle était démangée par l'envie de faire remarquer à cette petite qu'elle prenait beaucoup plus de place qu'elle ne le pensait, certes elle était petite mais son espace sonore semblait immense.
Pourquoi est-ce qu'elle l'observait manger ? Elle n'était pas originale, tout le monde mangeait. Le contenu de son petit déjeuner n'était pas non plus extravagant alors pourquoi restait elle là à la fixer ? Si elle n'avait pas faim elle pouvait aller sociabiliser avec d'autres personnes plus dispo en salle commune pas avec elle qui ne demandait que d'être seule le matin pour ne pas déjà drainer toute son énergie. Marine en vint à se demander si elle n'avait pas une traînée de chocolat chaud ou de beurre qu'elle avait tracé par inadvertance sur sa joue. En la frottant vigoureusement elle ne remarqua pas une quelconque texture qui n'aurait pas eu sa place sur son visage.
La sixième année qui pensait que la situation ne pouvait pas empirer se mit à regretter la brûlure du regard posé sur elle quand la petite commença à parler. Elle voyait déjà son temps de parole arriver même si elle ne demandait pas la parole. Presque en apnée la lionne jaugeait en permanence, est-ce que ses mots attendaient une réponse ? Remarquant qu'elle n'énonçait que des vérités générales ou relatives mais rien qui n'attendait une réponse obligatoire, Marine était soulagée bien qu'elle ne parvienne pas vraiment à la suivre. Au moins elle n'avait pas à se battre contre elle-même pour articuler des phrases compréhensibles. Les phrases arrivaient les unes à la suite des autres de façon décousue laissant à l'adolescente le temps de faire des remarques silencieuses entre chaque.
Il n'y avait rien de bizarre à ce qu'il y ait du monde au petite déjeuner, tout le monde commençait à la même heure ou presque alors comme le soir tout le château était au rendez-vous et au vu du court créneau, il était difficile que la salle ne soit pas bondée. Si elle ne voulait pas parler alors pourquoi était-elle partie sur cette lancée ? Vraiment la lionne ne la suivait pas mais n'osa pas pour autant lui demander de partir malgré sa proposition polie de la laisser tranquille. Elle avait commencé, elle ne trouvait pas ça très correct de lui imposer de trouver un autre coin de table à proximité de ce qu'elle voulait manger alors que la salle était bondée. Comme elle avait enfin fini par manger de façon polie elle pouvait largement supporter qu'elle fasse la conversation elle-même. Estimant qu'un sourire était une façon appropriée de répondre elle sourit timidement à la première année et se remit à manger même si elle était démangée par l'envie de faire remarquer à cette petite qu'elle prenait beaucoup plus de place qu'elle ne le pensait, certes elle était petite mais son espace sonore semblait immense.
À chaque instant on apprend
Hazel mit un peu de temps à comprendre. Ce n’était jamais immédiat chez elle. Les émotions des autres lui arrivaient souvent comme des vagues lointaines : elle voyait l’eau bouger avant d’en sentir le froid. Mais quelque chose, dans la posture de Marine, dans cette façon presque imperceptible de se refermer sur elle-même, finit par accrocher son attention. Un détail. Un micro-temps de trop. Un sourire qui ne demandait pas de réponse. Alors Hazel ralentit.
Ce ne fut pas spectaculaire. Elle ne s’excusa pas, ne fit pas marche arrière, ne chercha pas à réparer quoi que ce soit. Elle se contenta d’arrêter d’en rajouter. Son corps, d’ordinaire incapable de rester immobile, trouva soudain une position acceptable. Les épaules se détendirent. Les gestes se firent plus rares, moins larges. Même son regard changea : il cessa de chercher Marine à tout prix, préférant se poser sur les détails autour d’elles — la pierre froide du mur, la lumière un peu trop blanche, le bruit lointain du château qui respirait.
Hazel connaissait la gêne. Elle ne la portait pas souvent longtemps sur elle, mais elle savait ce que c’était que de se sentir de trop, de vouloir disparaître sans oser le dire, de sourire parce que c’était plus simple que d’expliquer. Elle reconnaissait ce moment précis où quelqu’un n’avait plus envie d’être observé comme un spectacle. Et même si elle adorait être vue, être entendue, être remarquée, elle avait appris — sans savoir quand ni comment — que parfois, la meilleure façon de rester était de ne pas prendre trop de place. Elle resta donc là.
Pas collée. Pas distante non plus. Juste… présente. Une présence tranquille, inhabituelle chez elle, mais sincère. Elle joua machinalement avec un fil de son vêtement, puis laissa retomber sa main sur ses genoux. Elle ne força aucun mot. Les phrases qu’elle avait en réserve — drôles, enthousiastes, inutiles — restèrent coincées quelque part entre son cœur et sa bouche. Pour une fois, elle ne les laissa pas sortir.
Hazel n’avait pas peur du silence. Elle avait peur de l’abandonner aux autres comme une épreuve. Alors elle fit de son mieux pour qu’il ne soit pas lourd. Elle le laissa respirer. Elle y posa quelque chose de doux, presque invisible. Un calme un peu maladroit, mais honnête.
Elle se demanda brièvement si Marine la trouvait trop. Trop vive. Trop bruyante. Trop Hazel. L’idée la frôla sans s’installer. Elle ne savait pas vraiment faire semblant d’être quelqu’un d’autre, mais elle savait, en revanche, ralentir un peu le rythme. Comme on marche à côté de quelqu’un qui boite, sans lui faire remarquer.
Hazel ne partit pas. Parce que partir aurait signifié renoncer. Et Hazel renonçait rarement aux gens. Elle resta là, simplement. Et dans ce choix minuscule, presque insignifiant, il y avait quelque chose de nouveau pour elle. Une forme d’attention silencieuse. Une preuve, peut-être, qu’elle pouvait être autre chose qu’un feu d’artifice permanent. Pas moins lumineuse. Juste… différemment.
Et si Marine ne disait rien, Hazel n’en ferait pas un problème.
Elle savait attendre. Un peu.
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507 mots
@Marine Baylacq
Ce ne fut pas spectaculaire. Elle ne s’excusa pas, ne fit pas marche arrière, ne chercha pas à réparer quoi que ce soit. Elle se contenta d’arrêter d’en rajouter. Son corps, d’ordinaire incapable de rester immobile, trouva soudain une position acceptable. Les épaules se détendirent. Les gestes se firent plus rares, moins larges. Même son regard changea : il cessa de chercher Marine à tout prix, préférant se poser sur les détails autour d’elles — la pierre froide du mur, la lumière un peu trop blanche, le bruit lointain du château qui respirait.
Hazel connaissait la gêne. Elle ne la portait pas souvent longtemps sur elle, mais elle savait ce que c’était que de se sentir de trop, de vouloir disparaître sans oser le dire, de sourire parce que c’était plus simple que d’expliquer. Elle reconnaissait ce moment précis où quelqu’un n’avait plus envie d’être observé comme un spectacle. Et même si elle adorait être vue, être entendue, être remarquée, elle avait appris — sans savoir quand ni comment — que parfois, la meilleure façon de rester était de ne pas prendre trop de place. Elle resta donc là.
Pas collée. Pas distante non plus. Juste… présente. Une présence tranquille, inhabituelle chez elle, mais sincère. Elle joua machinalement avec un fil de son vêtement, puis laissa retomber sa main sur ses genoux. Elle ne força aucun mot. Les phrases qu’elle avait en réserve — drôles, enthousiastes, inutiles — restèrent coincées quelque part entre son cœur et sa bouche. Pour une fois, elle ne les laissa pas sortir.
Hazel n’avait pas peur du silence. Elle avait peur de l’abandonner aux autres comme une épreuve. Alors elle fit de son mieux pour qu’il ne soit pas lourd. Elle le laissa respirer. Elle y posa quelque chose de doux, presque invisible. Un calme un peu maladroit, mais honnête.
Elle se demanda brièvement si Marine la trouvait trop. Trop vive. Trop bruyante. Trop Hazel. L’idée la frôla sans s’installer. Elle ne savait pas vraiment faire semblant d’être quelqu’un d’autre, mais elle savait, en revanche, ralentir un peu le rythme. Comme on marche à côté de quelqu’un qui boite, sans lui faire remarquer.
Hazel ne partit pas. Parce que partir aurait signifié renoncer. Et Hazel renonçait rarement aux gens. Elle resta là, simplement. Et dans ce choix minuscule, presque insignifiant, il y avait quelque chose de nouveau pour elle. Une forme d’attention silencieuse. Une preuve, peut-être, qu’elle pouvait être autre chose qu’un feu d’artifice permanent. Pas moins lumineuse. Juste… différemment.
Et si Marine ne disait rien, Hazel n’en ferait pas un problème.
Elle savait attendre. Un peu.
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À chaque instant on apprend
Soudain la voix s'arrêta. Dans les oreilles de la brune le silence faisait un bruit assourdissant, ce bruit qu'elle adorait entendre quand ses oreilles subissaient trop longtemps ou au mauvais moment une agression sonore. Lentement et avec appréhension la sorcière détailla la plus jeune, elle espérait ne pas l'avoir blessée. Elle avait l'habitude de voir dans les yeux des autres tout leur jugement, ou la frustration et la colère de ne jamais recevoir plus que quelques mots comme s'ils méritaient de la lionne qu'elle vide toute son énergie pour leur plaisir de recevoir une réponse verbale à chacune de leur phrase. Mais là rien du tout, malgré son intime impression que cette petite boule d'énergie ne devait pas se douter une seconde de l'énergie que pouvait demander un dialogue avec quelqu'un vu comme elle était à l'aise.
Au contraire la petite semblait presque aimer ce calme. Tout son corps paraissait détendu, ses mouvements étaient plus lents, plus réfléchis. Alors que l'adolescente s'attendait à voir s'abattre l'éternel malaise qui arrivait dès que sa timidité refusait aux mots de s'échapper de sa bouche car celui-ci n'avait rien de naturel. Mais ce silence presque imposé ne semblait pas ennuyer la première année qui ne se figea pas un instant continuant de vivre sa petite vie dans cette atmosphère calme. C'était étrange cette impression d'apporter du positif chez quelqu'un par son tempérament que les autres jugeaient plutôt trop renfermé, mou et ennuyeux. Sans le savoir cette Hazel venait de prouver à la Gryffonne que sa personnalité n'était pas bonne à jeter, qu'elle pouvait, même si elle évitait l'échange, apporter quelque chose aux autres.
- Merci. Souffla timidement la sorcière.
La jeune rouge et or ne devait pas se rendre bien compte de tout ce qu'elle faisait réaliser à la sixième année : ce n'était pas normal qu'on la culpabilise de répondre à sa manière c'est à dire en phrases courtes ou en non verbal. Ce n'était pas normal non plus qu'on diabolise tant le silence et qu'à travers celui-ci il est tout de même possible d'être plusieurs et d'échanger quelque chose certes non audible ni palpable mais quelque chose qui apporte quelque chose à l'autre. La sorcière était même convaincue qu'elle contribuait à apprendre à cette petite à se canaliser, ainsi elle arriverait détendue et reposée à son premier cours de la journée, une vrai attitude propice aux apprentissages.
Au contraire la petite semblait presque aimer ce calme. Tout son corps paraissait détendu, ses mouvements étaient plus lents, plus réfléchis. Alors que l'adolescente s'attendait à voir s'abattre l'éternel malaise qui arrivait dès que sa timidité refusait aux mots de s'échapper de sa bouche car celui-ci n'avait rien de naturel. Mais ce silence presque imposé ne semblait pas ennuyer la première année qui ne se figea pas un instant continuant de vivre sa petite vie dans cette atmosphère calme. C'était étrange cette impression d'apporter du positif chez quelqu'un par son tempérament que les autres jugeaient plutôt trop renfermé, mou et ennuyeux. Sans le savoir cette Hazel venait de prouver à la Gryffonne que sa personnalité n'était pas bonne à jeter, qu'elle pouvait, même si elle évitait l'échange, apporter quelque chose aux autres.
- Merci. Souffla timidement la sorcière.
La jeune rouge et or ne devait pas se rendre bien compte de tout ce qu'elle faisait réaliser à la sixième année : ce n'était pas normal qu'on la culpabilise de répondre à sa manière c'est à dire en phrases courtes ou en non verbal. Ce n'était pas normal non plus qu'on diabolise tant le silence et qu'à travers celui-ci il est tout de même possible d'être plusieurs et d'échanger quelque chose certes non audible ni palpable mais quelque chose qui apporte quelque chose à l'autre. La sorcière était même convaincue qu'elle contribuait à apprendre à cette petite à se canaliser, ainsi elle arriverait détendue et reposée à son premier cours de la journée, une vrai attitude propice aux apprentissages.