S.W. Juste nous et les larmes sur tes joues

Bal du Nouvel An 2050
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@Sulien Willows
Titre trouvé par Miya Ryuū


C'est avec un cœur bien trop lourd que je m'avance à travers la foule. Je ne vois que des silhouettes sombres, sans caractéristiques particulières, lorsque je m'évade du centre de la salle, laissant le bal derrière moi quelques instants. J'ai un peu trop bu, bien que je ne pense pas m'arrêter avant d'avoir le visage enfoncé dans la neige dehors, mais une petite pause me fait du bien. M'en fera, j'imagine, dans quelques heures, quand il faudra se réveiller de tout cet émerveillement et retourner à nos vies bien plus grises que le plafond d'étoiles facites qui scintillent sur nos têtes.

Je pousse sur la porte des sanitaires. C'est propre, c'est un soulagement, bien que je ne m'attendais pas à moins en vue du lieu. Mes chaussures font un clac contre le sol carrelé lorsque je m'approche des éviers, un long miroir me montrant tout ce que j'évitais depuis notre départ de mon appartement, des heures auparavant. Je ne suis pas moche, en tout cas pas encore, bien que mes yeux soient légèrement rouges, et mon expression tirée par les conneries de Miya, qui restent une inquiétude constante dans l'arrière de mes pensées.

Lentement, je passe une main dans mes cheveux. Ils glissent et retournent à leur place, presque plaqués sur mon crâne, et je me bats quelques instants avec une mèche rebelle avant d'abandonner et de glisser mes paumes sous un jet d'eau chaude. Je soupire doucement, la chaleur se propageant le long de mes poignets, de mes avant-bras, de mes biceps. C'est agréable comme moment, et rien ne pourrait briser ce doux havre de paix que j'ai instauré, seul dans les sanitaires, sans une autre personne à qui parler—j'adore parler aux gens, bien sûr, mais c'est épuisant, ces jeux, et bon sang, Miya a intérêt à aller bien après sa discussion avec cet homme. Je soupire. Paix brisée, par Miya, comme toujours, je me passe un peu d'eau sur le visage, avant de me figer.

Un bruit étranglé fait écho dans cette petite, toute petite salle, et dans le miroir, je vois la porte d'une des cabines bien fermée. Ma première pensée n'est pas des plus agréables, mais un deuxième bruit me tire de l'idée que quelqu'un oserait faire quelque chose d'obscène ici, et me fait basculer vers une légère inquiétude. Quelqu'un pleure dans les sanitaires du bal. Un cœur brisé à l'approche du nouvel an ? Une tenue ruinée ? Une rencontre avec un mauvais souvenir ?

Est-ce que je devrais dire quelque chose ? J'ai rarement été confronté à un pleureur dans les toilettes, bien qu'ils étaient apparemment fréquents à Poudlard, et je ne suis pas forcément dans mon état. Je suis un peu plus frais, merci au coup de jus de Miya et ses bêtises, mais ça n'évapore pas les quelques cocktails que j'ai pu boire ni cette brume éthylique qui danse dans ma tête. Un autre bruit tourne dans la pièce et je ne sais pas si je l'ai imaginé, mais je soupire doucement, et je m'adosse contre le mur le plus proche, bras croisés sur mon torse. « Excuse-moi, tu euh…t'as besoin d'un truc ? » je dis. C'est un peu con comme question, et je lève les yeux au ciel. Je ne suis pas dans mon meilleur état, en effet. « Euh…j'ai l'impression que tu pleures, là, et je comprends. Tu sais, si elle t'a quitté, c'est pas si grave. Et si c'est pas ça, bah c'est sûrement pas si grave non plus », j'ajoute, et voilà que je suis lancé. « Plein de poissons dans la mer, ou un truc du genre. Tu sais, tu peux toujours récupérer une relation plus tard, rien t'empêche d'essayer, puis si t'y arrives pas, c'est pas grave, c'est que c'était pas fait pour être. » Je raconte quoi, exactement ? « Il est sympa, le bal, non ? Les étoiles et tout…tu sais, je peux t'aider à trouver quelqu'un avec qui danser—c'est pour ça que tu pleures, parce que t'as pas trouvé de partenaire de danse ? Oh, c'est pas grave, tu sais, pas du tout. » Je dis n'importe quoi. « Bref, en tout cas, ça va aller. Tu veux que je t'apporte un truc à boire ou quelque chose ? Tu dois avoir ce qu'il faut niveau mouchoirs », j'ajoute avec un ricanement, même si c'est pas si drôle que ça, et que je suis un peu con là, à parler à une porte. À tout moment je vais me faire insulter, incendier, et cet acte de bonne foi ira dans ma liste de conneries du nouvel an. Parfait.

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TW : crise d'angoise premier paragraphe.

Bordel, pourquoi maintenant ? J'ai mal, putain j'ai oublié à quel point ça faisait mal. Mes poumons me brûlent, je crois que je manque d'air, que j'arrive plus à respirer correctement, que... je sais pas, je sais plus. Je n'arrive plus à réfléchir comme il faut. Je vais quand même pas crever ici, hein ? Non, bien sûr que non, je suis vraiment con parfois. Je suis juste en train de faire une crise encore que je vais réussir à gérer... Non, pas du tout, je m'en sors pas du tout là. Je tremble, j'arrive plus à tenir debout sans m'accrocher à cette porte et ma vision... Je vois presque plus rien, c'est tout flou. Je suis enfermé dans une cabine, comment je peux me dire que je pourrai aller mieux ? On suffoque ici. Comment j'ai réussi à me retrouver comme ça dans un état pareil déjà ? Tout allait bien, j'allais bien, tout se passait bien, putain mes pensées tournent en bourrique ! Je sais plus quoi faire pour me sortir de ce cercle infernal. Alys... Bordel, pourquoi j'ai pas essayé de la chercher dans la foule ? Elle serait en train de m'aider, de me sortir de ce truc insupportable qui me tue la soirée, non, qui me tue tout court. Je vais vraiment crever dans cette cabine au final, j'arrive même plus à contrôler mon corps. Je me vois sans pouvoir agir et les bouffées d'oxygène que j'arrive à attraper se font de plus en plus rare. Si Alys me retrouve mort dans cette cabine elle va me ramener à la vie pour m'étriper et-

Je m'arrête, tout se fige parce que mes oreilles ont détecté le son d'une voix. Il y a quelqu'un qui vient de me parler là ? Mes pleurs ont dû être bruyants sans que je m'en rende compte car je ne l'ai pas entendu rentrer. J'étais vraiment perdu dans mes pensées et ça me fait froid dans le dos. Une de mes mains se place sur ma bouche pour étouffer les possibles lamentations de mes cordes vocales. Peut-être que la personne dans les toilettes va partir et me laisser tranquille. Sauf que mon sang fait un rapide tour quand j'identifie ce ton un peu niais qui m'est bien resté en tête. Alden, pourquoi sur toutes les personnes présentes au bal ça devait être toi ? Tu ne vas pas me lâcher quand tu sauras que c'est moi derrière cette porte, je le sens. Mais je n'ai pas envie que tu me vois comme ça, on se connaît à peine et je suis dans un état pitoyable. Puis sérieux, une rencontre dans l'Allée ce n'est pas significatif dans une relation. L'univers veut le venger parce que je l'ai mis à nu en pratiquant la chiromancie sur lui ? Ou peut-être que c'est parce que je l'ai remis sur sa chaise violemment pour qu'il ne parte pas... Parfois j'ai encore un peu honte en y repensant et j'espère qu'il ne m'en veut pas même si personnellement, s'il m'avait fait ça, je lui en aurais voulu à vie. Mais il est plus clément que moi, enfin je pense.

Par contre, qu'est-ce qu'il est en train de me dire ? Poisson ? Mer ? Relation ? Ses peines de cœur l'ont rendu fou c'est pas possible. Il dit n'importe quoi mais, je l'écoute, ça me distrait. Ça me fait oublier que j'ai fait une gaffe et que je suis extrêmement coupable. Pendant qu'il me parle du bal, des étoiles au plafond et d'une supposée partenaire que je n'aurai pas trouvé - et putain Joyner a pris un malin plaisir à m'anéantir sur place - j'arrive à me concentrer un peu plus sur ma respiration. Je compte de un à dix dans ma tête avec une inspiration puis une expiration et mon corps fatigue. Je me sens épuisé, c'est peut-être aussi pire qu'une grosse insomnie avec les yeux qui piquent sauf qu'en plus, mes manches, mes mains et mes joues sont trempées par mes larmes.

Un rire s'échappe de mes lèvres, il est léger, craquelé, virant vers la folie même. "Par Merlin, l'idiot de l'Allée me donne des conseils sur l'amour. Je suis en plein délire c'est pas possible.", je passe mes mains dans mes cheveux pour les décoller de mon visage humidifié. Ma voix est exténuée et grisée... Attendez, ma voix ? Je viens de dire mes pensées à voix haute ? Super ! Maintenant c'est sûr que là, il sait que c'est moi. Deuxième rencontre et il me surprend en pleine crise d'angoisse. En temps normal, je l'aurai sûrement menacé de le maudire lui et toute sa descendance mais là, je suis si épuisé que je me laisse divaguer. "J'ai oublié à quel point c'était fatiguant de... pleurer. Mais, je pleure pas pour un gars ou une meuf, l'amour c'est fini pour moi depuis bien longtemps.", je raconte tout doucement, "Miya c'est ton amie du coup ? C'est bien, j'espère que tu t'occupes bien d'elle. Elle est forte, je ne dis pas le contraire mais, elle a besoin d'amour... Parlant d'amour, comment ça se passe toi ? Rien encore ?", je lui demande pour le taquiner un peu. La porte que je sens du bout de mes doigts et derrière mon dos me donne une sorte de sécurité. Je me sens plus à l'aise.

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@Alden Wells il dit n'importe quoi mais on le pardonne. :laugh:
@Miya Ryuū et @Émeline Joyner pour les petites mention.

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« Sulien ? » je demande au son de sa voix si familière, quoiqu'un peu lointaine, avec le temps. Je savais bien qu'il était présent, on l'avait vu avec Miya, et qu'elle surprise d'apprendre qu'elle avait déjà fait le tour du médium, mais avec tout le reste, ça m'était un peu sorti de la tête, et puis, pourquoi il pleure dans les toilettes ? Je me regarde dans le miroir, choqué de voir mes joues foncées et mes yeux ronds, et je me tapote la mâchoire de deux doigts pour me reprendre. Oui, j'ai dit n'importe quoi. Non, c'est pas grave. Un peu quand même, juste un peu, mais rien que je ne puisse surmonter. De toute manière il m'insulte déjà—idiot de l'Allée, c'est ce que je suis, pour lui ? Génial.

Je croise mes bras sur mon torse et je regarde la porte fermée derrière laquelle il se cache. Fuyard. « Si pessimiste, » je réponds à ses paroles trop dramatiques. Je m'attendais à quoi ? S'il pouvait passer ses journées à se pavaner avec une cape comme Dracula, il le ferait sûrement. Il parle de Miya et un sourire idiot se place sur mon visage. Je hoche la tête, même s'il ne le voit pas. Mauvaise habitude. Alicia dit que je serais plus utile sur un tableau de bord comme ces figurines bobble head que notre mère déteste. « Miya ? Meilleure amie. Comme une sœur. Pas comme, » je lui dit, tout fier. « On s'est rencontrés quand on était gamins à Poudlard, et elle a passé quasiment tous les étés et hivers chez moi, avec un autre ami. » Ça me demande beaucoup d'effort pour ne pas lui raconter toute ma vie, et celle de Miya en addition, vu qu'elles sont si brouillées. « Vous êtes sortis ensemble, c'est ça ? Ça m'étonne pas. À croire que j'aurais dû le savoir, mais tu sais, vous les sorciers vous adorez pas les photos donc difficiles de mettre des visages sur des noms. »

J'ignore sa question. Déjà, j'ai rien à lui répondre, à part un pathétique morceau de confusion qui me tiraille l'intérieur. Ensuite, il veut juste me rabâcher que ma vie amoureuse est abyssale, chose que je sais déjà. « Ouais, t'as raison, elle a bien besoin d'amour. Sain. Un truc normal, pour une fois, » j'ajoute en un souffle. Mes pensées se dirigent vers Miya et son Lloyd, je prie pour qu'ils ne soient pas en train de s'entretuer, j'espère de tout mon coeur que Kieran a un œil sur eux, mais je pense qu'il est trop occupé à flirter avec une jolie dame, donc mes prières me suffisent quelques instants. Miya est grande. Elle sait se gérer. Parfois. « Du coup euh…tu veux sortir de là ? Ou…parler ? T'es pas obligé, mais ça aide, des fois. Je peux t'apporter un verre d'eau, si tu veux. Faut boire après avoir pleuré, sinon tu vas finir déshydraté. »

Mon ton se fait plus doux. « Rien de grave, j'espère ? » La gravité ça se mesure individuellement, de façon purement subjective, mais je sais pas juger. Ses pleurs me semblaient quand même bien saccadés, et j'ai pas envie qu'il ressorte d'ici avec des idées noires, ou en se sentant encore pire qu'avant, donc j'ajoute : « Si tu veux en parler, je peux écouter. Je suis pas sûr de pouvoir te conseiller, et de toute façon je doute que tu veuilles de mes conseils, et j'ai trop bu, mais je peux me taire. Fastoche. » Le meilleur moyen de lui montrer que je peux le faire c'est…de le faire. Je fais semblant de me zipper les lèvres et de jeter la clé dans le lavabo à ma droite avant de tapoter mon avant-bras, comptant les carreaux au mur directement devant moi. J'espère que personne va nous rejoindre. J'en doute. Tout le monde avait l'air bien occupé dehors, donc on a sûrement quelques minutes devant nous, mais je pense qu'on serait plus à l'aise dehors, sous la neige, ou quelque part d'un peu moins…je sais pas, bizarre ?

@Sulien Willows, mes excuses pour ce retard

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Sa voix résonne de nouveau dans ce lieu cloitré hors des rires et des éclats du bal. Un petit frisson me parcoure. Je dois encore me faire à l'idée qu'il a entendu un prisme de mon mal-être, cette sombre douleur qui va accompagner mon sommeil. Je n'aime pas me montrer ainsi, pourtant je ne lui en veut pas. Il a choisi de se s'inquiéter au lieu de me laisser dans ma misère étouffante. Alden souffle que je suis pessimiste et un léger sourire trouve sa place sur mon visage. Être optimiste, ce n'est pas moi. Je préfère me morfondre dans le négatif pour être surpris par le positif au lieu d'être déçu par un monde illusoire. Puis, la vie me semble plus joyeuse de cette manière.

Le lancer sur Miya le fait parler et je remarque le petit grain de voix un peu plus joyeux qui me confirme qu'il est bien proche d'elle. Comme une sœur ? J'essaye de me faire une vision de ce qu'une relation frère-sœur pourrait donner entre Miya et l'homme que j'ai rencontré dans l'Allée mais rien ne me vient. Je ne le connais pas assez, socialement. Maintenant je me demande ce que ça aurait donné si j'étais resté proche d'elle et je me dis qu'on aurait peut-être eut beaucoup de soucis, entre mes problèmes d'addictions de l'époque et mon manque de responsabilités... C'est peut-être mieux qu'on soit resté chacun de notre côté, pour notre santé et le bien être des autres.

"Sortir ensemble ? On va dire ça pour faire simple...", je répond avec une fatigue qui me monte à la tête. Je ne dirais pas qu'on était un couple dans le premier sens du terme. On était juste coloc de bar avec affinité, quelques chose comme ça. "Je n'étais pas très tableau non plus à cette époque-là, donc, ça serait peine perdu de chercher.", à part si Miya veut bien lui partager quelques souvenirs mais je garde ça pour moi, pour ne pas lui donner de mauvaises idées. Il a l'air de vraiment tenir à elle et ça me fait plaisir d'entendre qu'elle est bien entouré. Par contre, je note qu'il a ignoré ma question. Ça doit l'agacer quand je fais ça.

Mon corps se fige quand il me demande si je compte sortir de cette cabine un jour et il me propose même de l'eau pour maintenir mon corps en vie. Là dans l'immédiat, la pensée de me révéler au grand jour, visage trempé par les larmes avec une mine affreuse, ça me fait peur. J'ai envie de rester caché encore un petit instant, le temps de me rendre moins vulnérable.

Puis le silence s'étire entre nous alors qu'il se tait complètement pour m'écouter. Mais je ne parle pas, me livrer sur quelque chose que je vais peut-être garder à vie sur les épaules, c'est hors de question. Et me demander un effort comme celui-là ce soir ne fait que m'irriter de plus belle. "Tu n'es pas mon psy, Alden.", je dis en brisant le doux son des mouches qui volent. Je n'ai même plus de psy, c'est assez ironique d'en parler comme si cette hypothétique personne existait. Je me demande si ça l'agace le fait que je ne lui donne rien alors que j'ai exploré une bonne partie de sa personne à la Fausse Danse. Peut-être... Mais c'est lui qui a accepté.

"Merci quand même...", je murmure assez fort pour qu'il puisse m'entendre. Un inconnu si attentionné, ça me semble étrange et en général ça me fait fuir car c'est trop beau pour être vrai. Par contre, Alden, lui ça me fait légèrement sourire et ça me rassure. Est-ce que c'est son ton qui est vrai, ou c'est parce que c'est une ancienne silhouette de mon passé ? Je pense ne jamais avoir la réponse à ma question.

Mes mains commencent à chercher frénétiquement quelque chose qui va me calmer dans mes poches, cette chose qui va me distraire. J'ai besoin de ma dose de souffles toxiques journalière. Cependant, je ne trouve rien, j'ai oublié ma cigarette à la maison et j'ai envie de hurler. Plus les secondes avancent, plus je sens que je vais faire une crise, sortir hors de ce bal puis je vais me retrouver avec une affreuse gueule de bois le lendemain matin. Je ne peux clairement pas me permettre un tel écart surtout que je dois être à Poudlard demain.

Je déteste ce que je vais faire mais c'est ma seule solution face à mes démons. J'ouvre doucement la porte de la cabine et mes yeux trouvent ceux du grand brun. En le voyant comme ça, je me dis qu'il n'était pas prêt à bouger d'un pouce. J'ai honte de me montrer comme ça, complètement abattu mais c'est soit ça, soit je fais une grosse bêtise. Lentement, je m'approche de lui et je dépose ma tête contre son épaule puis quelques mini secondes passent dans lesquelles je me fais la réflexion que son corps est chaud face au bloque de glace qu'est le mien. Puis, je reprends la parole. "Alden, distrait moi avant que je sorte d'ici pour vider un paquet de cloque et que je fasse d'autres conneries.", est-ce que demander un tel service à un gars bourré c'est conseillé ? Non, mais c'est mieux que rien.

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@Alden Wells

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Il a pas l'air très coopératif. Je comprends, j'aurais pas non plus apprécié être emmerdé lors d'un moment si intime—mince, j'aurais peut-être dû me taire au final, rien dire et passer mon chemin. Mais j'avais aucun moyen de savoir que ce serait Sulien, et maintenant j'ai plus trop envie de partir. Hors de question que je le laisse comme ça dans sa cabine. Ses réponses sont peu convaincantes, et surtout peu utiles—moi qui voulait comprendre la relation qu'il a entretenu avec Miya, je me retrouve sans infos qui vont me servir à la blackmail plus tard, chose absolument tragique.

Dans tous les cas, je me rappellerai de rien demain. Mais quel plaisir !

« Parce que t'es tableau maintenant ? » je taquine. Je lève mon regard vers le plafond, crâne appuyé contre les carreaux. C'est moi ou ma vision me joue des tours ? Je repasse une main sous l'eau avant de placer ma bouche sous le jet et de prendre une longue gorgée. C'est peut-être pas potable, je me dis après coup, mais peu importe, j'ai pas assez de capacités de raisonnement pour en avoir quelque chose à faire.

Je me redresse au son de sa voix. « Pour cent balles de l'heure, je peux devenir ton psy, » je taquine, suivant la courbe de mon sourire dans le miroir avant de m'en détourner. Puis d'y revenir—mes cheveux ont terriblement poussé depuis ma dernière coupe. Bon dieu, ça me va cette coupe ? J'en suis pas trop sûr. Je passe une main dans mes mèches pour les ramener en arrière, puis je tire sur celles qui descendent le long de ma nuque. Ouais, ça me va. Tout me va. Mon sourire se fait confiant. Je ressemble trop à pauvre idiot du village, donc je me tapote la joue pour le chasser avant de retourner m'adosser au mur comme un bon soldat.

Il va sortir de sa cabine un jour ? J'aimerais bien retourner danser. Ou plutôt commencer. Chris m'avait promis une danse, plus tôt, et je compte bien le chasser à travers la foule pour l'avoir. Mais bon, pas avant d'être sûr que Sulien s'en sortira bien de cette histoire, parce que je suis bourré mais pas sans cœur, et celui-ci aime trop battre de droite à gauche pour toute personne qui me fait de l'œil. Je pourrais lui demander de me lire les paumes à nouveau. Peut-être qu'il pourrait penser à autre chose, laisser ses soucis dans les toilettes, et aller danser avec moi, un truc du genre. Quoique je sais pas si c'est le genre d'homme à laisser ses soucis ailleurs que dans son torse. On dirait qu'il les a cadenassés à son cœur et qu'il peut pas vivre sans. Mais à côté, il peut à peine vivre avec, donc je comprends pas trop, mais je suis pas là pour juger—j'ai mon lot de problèmes qui seraient facilement résolus avec trois mots bien placés dans une conversation.

J'entends un clic et la porte s'ouvre. Je me redresse, illuminé, et mon regard se pose sur Sulien. Il est pâle, et ses yeux sont sombres, du rouge faisant tache contre le blanc neige de sa peau. J'ai presque l'impression qu'il va tituber jusqu'à moi, mais il tient bon, et s'approche, il s'approche et il s'arrête pas et c'est avec des yeux grand ouvert que je l'accueille contre moi. Sa tête pèse peu, et machinalement, mes bras s'enroulent autour de lui. C'est comme avec Miya, comme avec ma sœur, mais à la fois ça l'est pas, parce que mon cœur, ce sale traître, s'emballe. Il peut sûrement l'entendre d'où il est, cet organe malicieux qui me trahira toujours. Mes doigts se glissent le long de sa nuque et je le tiens quelques instants, parce qu'il en a besoin. Il est fin. J'ai l'impression de jamais trouver son corps, de m'appuyer contre des couches de vêtement avant de le trouver lui, et de le serrer contre moi.

J'suis trop bourré pour ça. Parce que j'ai envie de faire tout plein de trucs qui sont pas appropriés, genre lui tenir la main et entrelacer nos doigts ensemble, mais je suis sûr qu'il détesterait, alors je bouge pas, parce que j'ai peur qu'il me repousse et qu'il parte en courant. Comme avec un chat sauvage qu'il faut apprivoiser tout doucement, mes mouvements se font lents et j'arrive pas à voir à travers la brume dans mon cerveau, et l'odeur de cigarettes m'agresse le nez, mais c'est surprenant, parce que je déteste pas l'encens qui se cache sous les effluves de cendres, et bordel faut pas que je me perde.

Un rire rauque m'échappe quand ses mots font le long chemin jusqu'à ma conscience. « Je suis bourré, » je rappelle. C'est peut-être pour lui, pour moi, je sais pas trop, parce qu'au final ça a pas l'effet de barrière que ça devrait faire, et il me demande de le distraire, sauf que je pense qu'à une façon totalement stupide d'aboutir à ça, qui sera un choc pour lui, pour moi, pour futur moi surtout, mais il l'a demandé, donc c'est pas trop grave, si ? Je sais pas s'il a envie de ça, très précisément, mais moi si. Un peu. Je sais pas. Je l'ai toujours trouvé beau, comme la lune, éternellement distant et mystérieux comme tout. Donc ça me dérangerait pas de faire le pas, mais j'ai pas envie de gâcher cette amitié qui commence à peine. Je suis pas trop en contrôle. Ma main décide de se placer sur sa joue, de suivre l'os de sa mâchoire lentement, mon pouce se pose sur sa lèvre inférieure et je regarde le ciel plutôt que lui, parce que c'est pas censé tout ça. Mais faut que je trouve une distraction, et ma tête est vide de tout sauf de lui, donc c'est pas facile, et puis merde alors, avec un peu de chance, on oubliera ça dans quelques jours, ce sera juste un petit service de pote en pote.

Je guide son visage vers le haut. « Me déteste pas, ok ? » je murmure doucement. J'ai pas envie de gâcher notre amitié, et si je lui demande gentiment, peut-être qu'il me gifflera pas trop fort. J'ai pas besoin de vraiment baisser le menton, il doit faire à peine quelques centimètres de moins que moi, donc c'est pratique pour poser mon regard sur ses lèvres et pour me perdre dans cette fantaisie d'une amitié qui tiendra un bon chemin après ça. Je me penche, juste un peu—je veux qu'il puisse s'en aller s'il le veut, qu'il puisse se barrer si c'est pas le bon choix, je veux presque qu'il me repousse pour pas être responsable de cet acte que je vais commettre. Je sais pas s'il a le temps de penser, si les secondes qui défilent devant mes yeux sont les mêmes que celles qui défilent devant les siens, mais quand nos lèvres s'écrasent les unes contre les autres, j'ai l'impression que ça fait quarante minutes que je m'approche de lui. C'est mon cœur qui explose de joie, et je me laisse plus penser. Il voulait être distrait. Je ne suis qu'un ami serviable. Il est distrait. Je mérite une médaille.

@Sulien Willows

Vétérinomage aux Hébrides (12.50) | #6b5884

S.W. Juste nous et les larmes sur tes joues
Les bras d'Alden qui m'entourent se transforment en une chaleur réconfortante. J'ai envie de rester là, contre lui jusqu'à la fin des temps. Je ne sais pas quel pouvoir à cet homme sur moi mais, au fond, je ne pourrai pas m'en passer. Il a ce truc qui m'attire, qui me donne envie de tourner autour à l'infini. Je n'arrive pas à décrire ce qui se passe en moi mais c'est agréable. Je veux rester dans son embrasse pour tout oublier, qu'il ne me lâche jamais.

Des larmes commencent à se former dans le coin de mes yeux. Je veux m'effondrer dans son étreinte pour qu'il me réconforte et que mon malheur s'efface. Est-ce que la vie me permet enfin d'être heureux et de m'attacher à quelqu'un sans avoir peur ? Ce n'est que la deuxième fois qu'on se voit mais le doute disparaît de plus en plus vite à chaque fois. Maintenant que j'y pense, ça faisait longtemps que je ne m'étais pas senti si bien avec un inconnu et peut-être que c'est le début d'un chemin rempli de bonheur. Peut-être qu'avec lui, je pourrais apprendre à faire confiance, à me rendre vulnérable plus facilement.

Sa main fait son chemin sur ma joue et d'une manière inconsciente, je me penche dessus. Mes bras commencent tout doucement à se mettre en marche pour s'accrocher à lui. Sauf que je m'arrête car son pouce se place sur ma lèvre et je me réveille tout d'un coup. Qu'est-ce qu'il est en train de faire ? Mes yeux trouvent son visage pour essayer d'y discerner quelque chose. Cependant tout ce qui remplis ma tête c'est à quel point je le trouve beau. Mais pas juste beau comme je le dirais à n'importe qui, non, c'est plus profond.

Il me regarde enfin ou plutôt, il regarde une partie de mon visage. On est proche physiquement, trop proche pour ce qu'on est. Je ne sais même pas où poser mes mains. Alden me demande de ne pas le détester et je n'ai même pas le temps de lui demander de quoi il parle qu'il s'approche de moi, puis, je sens une pression étrangère sur mes lèvres. Tout s'arrête, je n'arrive plus à penser. L'information me monte au cerveau et mon cœur rate un battement. Je ne sais pas quoi faire mais c'est sûr que l'idée de me ruiner la santé a disparu. Je veux me laisser fondre dans ce baiser mais, je n'y arrive pas. Les souvenirs, tous reviennent comme une piqûre de rappel : si je le laisse faire, ça le détruira.

Difficilement, j'éloigne mes lèvres des siennes et je place mes mains sur sa bouche, lui interdisant toute tentative de reprendre ce baiser. Les larmes qui se formaient dans mes yeux tombent enfin, un mélange de tristesse et de pitié. Mon regard quitte le sien quand je reprends mon souffle et mes esprits. Je ne peux pas me laisser aimer un inconnu, pas une seconde fois. Je ne veux pas voir son visage s'effacer pour laisser place à celui de Roan, cette pensée tortueuse qui me garde entre vie et mort. Je veux l'aimer mais pas comme ça, pas comme un simple voyage de train, éphémère avec une fin. Mon cœur cadenassé, glacé, mis sous un mur de béton armé ne peut pas l'aimer comme il le voudrait.

"Alden, tu ne peux pas embrasser un inconnu, qui vient de faire une crise d'angoisse, en étant complètement bourré.", je commence tout doucement à parler avec une voix complètement cassée. "Tu ne connais pas mes tocs, mes peurs, mes projets, ma famille, où j'habite, mon anniversaire, tu ne sais même pas ce que je fais dans la vie.", c'est froid mais c'est vrai, on ne se connaît pas et je n'aimerai jamais un inconnu. "J'aime beaucoup ta gentillesse, ton rire, ta douceur alors, je t'en supplie,", mes yeux larmoyants se lèvent de nouveau vers les siens, "Ne laisse pas ton cœur geler pour moi, donne-le à quelqu'un qui le gardera au chaud.", mon cœur se tord dans ma poitrine quand ces mots sortent de ma bouche, ceux qui veulent dire arrête de m'aimer.

Je ne peux pas l'aimer dans la peur et l'angoisse que tout s'arrête ou qu'un monstre dévore de nouveau toute ma personne. Tout va trop vite entre nous.

716mots
@Alden Wells, je te remet la médaille pour m'avoir pris au dépourvu. :ninja:

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S.W. Juste nous et les larmes sur tes joues
J'embrasse Sulien. Pas par amour, peut-être par intérêt, parce qu'il m'a demandé de le distraire et je n'ai pas pu penser à autre chose. Peu importe. J'embrasse un homme que j'ai rencontré des mois auparavant, que je n'ai vu qu'une fois, qui a été avec ma meilleure amie, et le pire c'est que je fais ça dans les chiottes d'un bal. Dément.

Ses mains se posent sur ma bouche et il me repousse, prenant avec vous le voile de contentement qui s'était glissé sur mon corps entier. Mes bras restent autour de lui, je le garde proche de moi, parce que j'ai un peu peur qu'il ne tombe, et c'est lentement que mon regard coule le long de ses lèvres, puis remonte à ses yeux. Oh. Oh non. Il pleure parce que je l'ai embrassé ? Mais quel con que je suis—je ne bois plus jamais, c'est fini. Détox demain, détox toute la semaine, tout le mois s'il le faut. Je touche plus à une goutte parce que je fais des trucs cons comme embrasser un mec que je connais à peine et le faire pleurer par la suite—non mais quelle idée, aussi !

Il parle et il parle et j'entends toute la tristesse dans sa voix. Ça a pas l'effet de magiquement évaporer l'alcool de mon sang, mais je ressens sa détresse dans mon torse qui résonne et qui bondit entre mes poumons, donc je le tire un tout petit peu plus proche, pour lui dire que c'est pas grave, que ça voulait rien dire, que je voulais juste le distraire, que j'ai merdé, que je suis bourré et un peu con sur les bords, et que je devrais aller voir un psy. Lui aussi, d'ailleurs, mais je sais pas s'il le prendrait très bien, cet aveu.

Doucement, j'enroule une main autour de ses poignets pour libérer mes lèvres. « Ne pas connaître quelqu'un m'a jamais empêché de… » je lui réponds en bougeant mon autre main sans trouver les mots, avant d'abandonner. « Toi non plus d'ailleurs, j'en suis sûr, » j'ajoute avec un regard accusateur. Je suis sûr qu'il a embrassé des tonnes d'inconnus. C'est pas la fin du monde non plus. Et mon cœur, il est bien où il est. J'essuie ses larmes avec un pouce avant de lui pincer la joue légèrement. « C'était pas une déclaration d'amour, Sulien. »

Loin de là. Une déclaration d'attraction. Un petit 't'es beau gosse'. Un léger 'on pourrait tenter un truc'. Un minuscule 'tu m'intéresses'. Mais pas de l'amour, non, ça, c'est plus tard, un jour peut-être, mais ça fleurit pas comme ça, ça nécessite bien plus, et je peux le rejoindre sur quelques uns de ses points, mais j'ai envie de lui murmurer qu'il s'emporte et de retourner à ses lèvres, sauf que je devrais pas, et c'est l'alcool qui parle. « T'as des tocs ? Tu as peur de quoi ? T'as des projets dans la vie ? Des frères et sœurs ? Tu vis où ? C'est quand ton anniversaire ? Tu fais quoi dans la vie ? » je taquine, un sourire mesquin sur les lèvres. Je devrais sûrement m'excuser. Être mature, lui dire que je suis con et que dans l'immédiat, j'ai pas pensé à lui faire une blague ou à lui proposer une danse, parce que j'ai tellement besoin d'amour que je le cherche partout, mais j'arrive pas à formuler tout ça, ma bouche pâteuse et mes lèvres goût cigarette à cause de lui, donc je joue avec les quelques mèches qui descendent vers sa nuque. « T'aimes bien mes muscles aussi ? » je demande. « T'as vu mon tatouage ? Il est presque aussi cool que les tiens. J'ai bien fait mon boulot, non ? Je vais rajouter ça à mon CV. Professionnel en distraction, ça sonne pas mal. »

Je relâche ses poignets seulement pour attraper une de ses mains et la poser sur mon épaule. « Avoue que mes câlins sont divins. Je suis sûr que t'en veux un autre. Viens là. » Mes bras l'enlacent à nouveau. J'ai peur qu'il s'effondre sous le poids de ses émotions. J'ai un peu froid, le dos collé aux carreaux des toilettes, donc ça m'arrange. Et comme ça, j'ai pas à subir son regard empli de pitié. Il va plus jamais vouloir me voir, c'est sûr. C'est enfantin, cette inquiétude que je ressens. J'ai l'impression d'être redevenu un gamin, d'être tout seul dans la cour. L'alcool ça me réussit pas si ça me ramène comme ça à mes premiers soucis d'enfance. « J'ai quand même envie d'être ton ami. » C'est murmuré tout légèrement, maladroitement, comme l'aurait fait le petit Alden de dix piges. C'est sorti tout seul, un aveu dans son oreille. Je sais pas faire autre chose que m'ouvrir à la déception. J'attends son regard empli de pitié à nouveau, et le froid des carreaux, prêt à être déçu.

@Sulien Willows, roi de la distraction !

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S.W. Juste nous et les larmes sur tes joues
Quand je parle, je sens les bras d'Alden se resserrer autour de moi et ça me lance un frisson de peur dans la colonne vertébrale. J'ai peur qu'il retente sa chance, qu'il efface mon malaise comme si ce n'était rien parce que là, je serai sûr de revoir des mauvais souvenirs et je les associerais à lui. Je n'ai pas envie que mon traite de cerveau me pourrisse encore une fois une relation qui vient tout juste de commencer. Par contre, s'il me dit qu'il m'aime et qu'il me fait une vraie déclaration d'amour, je cours. C'est hors de question que je m'embarque dans une relation bancale.

Sa main s'enroule autour de mes poignets tout doucement, c'est si léger que je n'ai pas de mouvement de recul. Je me fais la remarque que j'ai seulement besoin de tirer un peu pour m'échapper mais je ne le fais pas. Il faut vraiment que j'arrête de psychoter parce que ça devient grave et je n'ai clairement pas envie de retourner voir un foutu psy.

Alden essaye de se justifier d'une manière que je ne comprends plus vraiment depuis bien des années, tout simplement parce, "J'évite d'embrasser les gens en général, surtout les inconnus.", et les personnes qui, j'espère, resteront dans ma vie. Les seules fois où ça arrive, c'est quand je suis bourré, sauf que ça lui donne un point. Il est bourré, ça se voit. Son pouce essuie mes larmes et puis il me dit une phrase - en me pinçant le peu de joue que j'ai - qui détend mon dos. Un souffle de soulagement traverse mes lèvres, un souffle qui montre bien mon expérience avec des timbrés. Après, à traîner dans l'Allée, je devais m'y attendre aux déclarations surprises.

D'un coup, il se met à me poser des questions, exactement ce que j'ai dit mais tourné à l'interrogation. Cette réactivité m'arrache un petit sourire au milieu de ce tournis d'informations. Je pourrai répondre à presque tout, là maintenant mais, il enchaîne sur... ses muscles ? C'est quoi ce genre de questions ? "Je... T'as des muscles même ?", je le titille. Ça c'est un truc que je vais lui ressortir à vie. Il me parle aussi d'un tatouage et automatiquement mes yeux cherche le dit tattoo. Sauf que rien. Peut-être dans son dos alors.

"Hm, je dirais pas qu'embrasser par surprise ça soit la meilleure distraction, je préfère quand on me demande. Alcolo professionnel ça t'irait mieux.", je lui réponds avec un peu plus de sérieux. L'alcool lui fait dire encore plus de connerie, il doit avoir celui qui fait rire. Dans quel type de pétrin il a réussi à se mettre avec un comportement pareil ? Moins que Lloyd c'est sûr et quand j'y pense, moins que moi plus jeune. Ça doit bien faire quelques-uns, j'en suis convaincu. Mais j'aime bien cet idiot. On dirait un enfant qui demande constamment de l'attention dans le corps d'un géant.

Il lâche mes poignets et ma main se retrouve sur son épaule puis, un énorme câlin. Oui, ses câlins sont divins, ils ont une chaleur, venant de son corps, inexplicable qui me calme comme un somnifère. Lentement, mes bras entourent son cou et mon embrasse ne doit pas être très confortable. Elle doit être froide avec beaucoup trop d'espace mais je fais de mon mieux avec le corps que j'ai hérité. Une phrase sort des lèvres d'Alden et mon torse vibre face à son inquiétude qui est presque palpable. Ce n'est pas un loup solitaire que j'ai dans les bras mais tout le contraire. Son murmure me paraît être un supplice pour que je reste avec lui, que je ne quitte jamais son champ de vision.

J'ai envie de le serrer plus fort pour lui dire que je veux toujours entendre son prénom venir à mes oreilles, qu'au fond, j'ai envie que sa voix me surprenne dans mes moments de solitude. Mais je n'y arrive pas. Pourquoi devenir ami avec quelqu'un qui rejette puis qui veut, qui s'accroche puis qui fuit, qui blesse pour soigner ? Doucement, je me détache de lui pour placer mes mains sur ses joues. Il a une mine triste et c'est ma faute. Je suis les épines sur la belle rose en face de moi. Personne n'en veut, pourtant lui, il veut les garder. Un petit sourire désolé se dessine sur mes lèvres. "Ne sois pas triste pour moi, Alden. J'en vaux pas le coup.", je lui dis tout doucement en caressant sa joue. "T'es sûr que t'es pas un Gryffon dans le fond ? Parce qu'il faut être déterminé pour devenir mon ami.", un rire léger traverse mes lèvres. Je n'arrive même pas à me cerner moi-même, comment pourrait-il y arriver ? "Je te laisserai essayer, tu peux te rapprocher autant que tu veux. Mais si j'empoisonne tes pensées, que tout ça te rend fou et que le goût de la vie te quitte à petit feu, je veux que tu me jettes sur le trottoir comme un vieux chiffon froissé.", je préfère souffrir encore une fois que de voir ton sourire disparaître dans le néant à cause de moi. "Je veux t'entendre me le promettre. Je veux t'entendre dire que tu resteras loin de moi si c'est trop dur.", car j'ai le cœur dans une forteresse et la guerre dans la tête.

888mots
@Alden Wells

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S.W. Juste nous et les larmes sur tes joues
J'ai de gros muscles. Bon, ils sont pas énormes non plus, mais depuis ma phase creuse qui date de quelques mois — années , —, j'ai repris de la masse. Et j'y fais attention. Je mange bien, je cuisine tous les jours, je vais courir les matins, je fais de l'escalade avec mes amis. Je m'occupe bien de moi, donc je sais que j'ai des muscles, et que son commentaire est juste une taquinerie, mais je le serre un tout petit peu plus fort le temps d'une seconde pour qu'il repère l'étendue de mes muscles, avant de le relâcher. Je peux pas nier le titre qu'il me propose, parce qu'il a raison, et qu'il faudrait vraiment que j'arrête de boire, ou que j'apprenne à me limiter, une des deux options. Je dis rien à ses mots parce que je sais plus trop quoi dire. C'est sympa, comme ça, en plein câlin, et même s'il est beaucoup trop fin pour son âge ou sa taille, il est pas non plus désagréable à tenir—ses bras sont chauds contre mon cou et je soupire lorsqu'il se recule légèrement.

Ses mains sont sur mes joues et j'observe son regard, puis je descends jusqu'à ses pommettes, je suis la ligne de sa mâchoire, pour revenir à ses yeux si bleus. Il prends tout au sérieux, ou peut-être qu'il n'a pas du tout bu de la soirée, je sais pas trop, je sais rien en réalité, mais il ne semble pas vouloir d'un ami, et une moue se glisse sur mon visage. Je l'écoute au mieux, avalant ses mots tout en faisant mon possible pour ne pas laisser mon regard glisser à ses lèvres. J'ai envie de l'embrasser à nouveau, mais cette fois-ci, seulement parce qu'il parle trop—il veut définir ce qu'on a, il veut mettre un nom dessus, il veut des explications et surtout, il veut me pousser loin de lui, mais j'ai réussi à coller à Miya toute sa vie et je suis tenace, donc j'en ai rien à faire de tous ses mots.

C'est comme s'il essaie de se convaincre qu'il est incapable d'avoir de vraies connexions humaines, et ma moue se transforme en quelque chose d'agacé que je ne peux pas masquer à cause du brouillard dans ma tête. « Je préfère me faire mon propre avis, de si tu vaux le coup ou pas, » je murmure quand il a fini. « Je suis le meilleur ami de Miya, tu crois que j'ai pas ce qu'il faut pour être ton pote ? » j'ajoute dans un souffle.

Lentement, je décroche un bras de son corps pour amener ma main devant son visage, poing fermé à part pour mon petit doigt, qui est tendu vers lui. « Promis juré que je t'embrasse plus jamais, » je propose au lieu de ce qu'il souhaite entendre, parce que je suis pas le genre d'ami à laisser tomber mes proches quand ils vont mal—en-tout-cas, je le suis plus, j'essaie de plus l'être. J'aurai été plus diplomatique à un tout autre moment, mais ce soir, j'en ai rien à faire. « Je suis sûr que tu le vaux bien, et de toute manière, j'ai pas besoin de toi pour que le goût de la vie me quitte, t'inquiètes, » je lui dis alors avec une pointe d'amusement. C'est vrai que j'ai jamais eu besoin de personne pour tomber bien bas, donc c'est pas lui qui va me refaire plonger, et dans tous les cas, je vais mieux. Je vais mieux et je vais de l'avant—c'était ça tout mon truc pour cette fin d'année. Je vais de l'avant et je m'ouvre aux autres, j'arrête de courir quand c'est difficile—là, il me demande de faire exactement l'inverse, et j'en ai plus envie. « Je vais pas te lâcher si tu vas pas bien. Hors de question que je te jettes sur le trottoir. Si tu deviens infecte, par contre, je me réserve tous les droits, comme celui de t'enfermer dans un câlin jusqu'à ce que tu te calmes, » je lui propose alors. Il aimera sûrement pas, mais c'est tout ce que je peux lui offrir là, dans l'état où je suis, donc il faudra bien qu'il accepte.

Demain, je sais même pas si je m'en rappellerais de tout ça. Donc au final, ce que je dis ou non, ça sert un peu à rien—si je me souviens de rien, mes promesses sont nulles, non ? J'aurais préféré faire ça posé, mais j'aurais jamais eu l'audace de l'embrasser, donc c'est pas plus mal au final. Toute conséquence ne m'appartient pas. Je suis libre comme l'air.

@Sulien Willows

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S.W. Juste nous et les larmes sur tes joues
La moue sur son visage se transforme assez rapidement en agacement. Il n'aime pas ce que je suis en train de lui dire et il veut me le faire savoir. Ses paroles me font comme un léger choc électrique comme quand il y a trop de friction dans l'air. Mes doigts se crispent sur ses joues en réponse. Je m'en contrefiche que Miya soit un parcours du combattant elle aussi, qu'elle crache du feu ou quoi que ce soit d'autre. Là, tout ce que je comprends, c'est qu'il adore se coller à des animaux sauvages prêt à le déchiqueter. Ce gars, il me désespère. Je fais l'effort de le prévenir mais il veut encore foncer dedans. On dirait moi plus jeune qui fermait les yeux face aux lumières rouges vives qui m'entouraient.

Je fixe son regard déterminé à me faire céder. Bien sûr que non, il n'a pas ce qu'il faut pour survivre. La dernière fois j'étais à deux doigts de le planter et maintenant, il veut être mon ami. Et moi... Moi je ne sais pas ce que je veux. Cette peur de détruire les autres sans m'en rendre compte me dévore de l'intérieur. J'ai peur d'être comme lui. Alden me tend son petit doigt et mécaniquement je le serre avec le mien. Il me promet de ne plus m'embrasser, c'est déjà ça. "Si tu brises cette promesse, je t'égorge pendant ton sommeil.", c'est ce que je lui murmure assez énervé par sa naïveté. Mais ce qu'il me dit ensuite, ces mots-là, me mettent en rogne. Je suis complètement impuissant face à sa gentillesse et mon visage se crispe. Je ne le mérite pas, pourquoi est-ce qu'il veut tant rester auprès de moi ?

J'attrape ses joues entre mes pouces et mes index, puis je les pince sous l'agacement. "T'es vraiment borné !", je lui crie presque dessus. "Qu'est-ce qu'il y a dans ton crâne pour que tu sois si... Si...", je n'ai même pas les mots pour décrire son comportement avec moi. Rien ne sort et ça me frustre de plus belle, tellement que les larmes reviennent dans mes yeux. Pourquoi est-ce qu'il veut s'accrocher à moi ? Je n'ai rien de spécial, je suis juste un homme complètement perdu qui essaye d'avoir un semblant de vie. Je remarque la force que je mets dans mes doigts. Je suis en train de lui faire mal. Doucement, je lâche ses joues devenues rouges sous la pression. Le sentiment de culpabilité m'attrape la gorge mais mon regard ne lâche pas le sien.

J'ai le souffle court, le cœur qui pulse dans tout mon être. Je peux lui lancer une tempête et il restera quand même. Il m'enfermera dans un câlin comme si ça allait apaiser toute mes peines. Un câlin magique d'un parent. Je suis têtu, mais là, je n'ai plus de force pour me battre. Me faire une telle demande alors que je suis épuisé, c'est clairement injuste. Mes mains se mettent à former des poings avant qu'elles ne frappent légèrement les épaules du grand imbécile. Puis, je m'effondre sur lui, la tête de nouveau enfouit dans son épaule. "Tu ne diras pas que je ne t'ai pas prévenu.", je murmure alors que lâchement, je profite de sa chaleur. C'est si égoïste de ma part de m'accrocher à lui alors que je viens de faire tout un discours pour qu'il me lâche. Mais c'est plus facile de se faire abandonner que d'abandonner les autres. C'est plus facile d'avoir l'esprit en miette que de briser celui des autres.

Le temps passe, je ne sais pas combien de temps je reste dans ses bras mais je m'y suis fait à ce calme. Les larmes sur mes joues ont séché pour y laisser la désagréable sensation du sel qui colle. "Alden...", Ma voix est complètement foutu, je dois me racler la gorge à plusieurs reprises pour la faire revivre. "Ça te dit de sortir de là ? J'en ai marre d'être dans les toilettes, ce n'est pas très... glamour.", je murmure avec un léger rire. C'est claustrophobique et j'ai besoin d'air. D'un vrai air, pas de la salle de bal remplis de trop de gens. "Je rêve d'une dance sous la neige. Juste nous deux, sans les bruits parasites de conversations aux alentours.", j'ajoute d'une manière un peu rêveuse. Je n'ai pas envie qu'on se quitte sur cette triste note. Si je gâche sa soirée à cause de mes états d'âmes, je m'en voudrai.

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@Alden Wells

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