Au fil des pierres et des saisons
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Ce sujet est un recueil d'OS rassemblant des épisodes marquants de la vie de Rebekah à Dublin, à différents âges, permettant de suivre son évolution, ses choix et ses relations au fil du temps.
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Sommaire :
- 12 octobre 2045 ~ 7 ans ~ Sous la pluie, loin de balais
- 20 juin 2050 ~ 12 ans ~ Une fin d'année à la maison
La plupart de ces Rps contiennent des pnj actifs, en particulier les parents de Rebekah :
ReducioPNJs :
- Alister É. Norfolk père
- Isobel É. Norfolk mère
Dernière modification par Rebekah Norfolk le 18 janv. 2026, 19:49, modifié 3 fois.
Au fil des pierres et des saisons
Une fin d'année à la maison
Lundi 20 juin 2050 ~ 12 ans
Fin d'après-midi, Manoir Norfolk,
PNJ actif : Isobel É. Norfolk mère
Fin d'après-midi, Manoir Norfolk,
PNJ actif : Isobel É. Norfolk mère
Rebekah poussa le portail de la propriété Norfolk sous le ciel lumineux de fin d’après-midi. L’allée gravillonnée s’étirait devant elle, bordée d’arbres centenaires dont les branches dessinaient des ombres mouvantes sur le sol. Au bout de cette allée, la demeure familiale se dressait, imposante et majestueuse, comme si elle voulait à la fois la protéger et la rappeler à ses racines. C’était le manoir dans lequel elle avait grandi, celui qu’elle avait quitté pour Poudlard, lieu qu’elle en venait maintenant à considérer comme une seconde maison.
Avant de s’avancer, la jeune fille prit le temps d’observer chaque pierre, chaque détail qu’elle connaissait depuis toujours et qu’elle redécouvrait comme pour la première fois. Les murs épais, taillés dans une pierre claire légèrement veinée, captaient la lumière du soleil et la renvoyaient en éclats chauds, presque dorés. Les colonnes du porche, aux chapiteaux finement sculptés, semblaient veiller sur la double porte massive en bois, ornée de ferronneries délicates. L’entrée paraissait solennelle, presque cérémonieuse, comme si franchir ce seuil revenait à pénétrer un monde chargé d’histoire et de mémoire. Le jardin qui entourait la maison respirait la perfection et la tranquillité. Les pelouses étaient soigneusement entretenues, les massifs de fleurs éclataient de couleurs et de parfums, et des bosquets taillés avec précision structuraient l’espace. Des allées sinueuses menaient à des recoins ombragés où de vieux bancs de pierre invitaient à la contemplation. Tout cela formait un tableau harmonieux et vivant, où passé et présent se mêlaient. Rebekah sourit doucement, réalisant combien ce lieu avait façonné son enfance et combien il restait un repère rassurant malgré la distance de Poudlard.
Alors qu’elle était perdue dans sa contemplation, la porte s’ouvrit et sa mère apparut dans l’encadrement, un tablier taché de farine et un sourire radieux aux lèvres. L’odeur sucrée des biscuits encore chauds flottait dans l’air derrière elle, enveloppant la plus jeune d’une chaleur immédiate et familière.
- Rebekah ! s’exclama sa mère en l’attirant dans ses bras. Tu es enfin rentrée !
Son coeur se gonfla d’un mélange de soulagement et de bonheur. Elle rendit son étreinte, inspirant profondément l’odeur de pâte à cookies et de beurre chaud, un parfum qui lui rappelait chaque après-midi passé ici, avant Poudlard.
- Maman… murmura-t-elle, un peu étourdie par le retour au foyer. C’est… bon d’être à la maison.
Sa mère la lâcha doucement, les yeux brillants, et la guida vers la cuisine où les biscuits dorés s’empilaient sur une planche de bois. Le plan de travail était couvert de bols, de cuillères et de petits tas de farine. Rebekah parcourut la pièce du regard avec émerveillement : les étagères en bois regorgeaient de pots et de bocaux en terre cuite, les rideaux légers flottaient aux fenêtres ouvertes, et la lumière du soleil baignait la cuisine d’une douceur presque irréelle. La dernière fois qu’elle était venue, toute la famille était présente, et avec elle, la tension et la retenue qu’on pouvait attendre des générations passées l’avaient empêchée de profiter pleinement de son retour. Cette fois-ci, seule avec ses parents, elle comptait bien savourer chaque instant avant de repartir à Poudlard pour sa deuxième année.
- Alors, raconte-moi tout ! lança Isobel, les mains toujours occupées à façonner une nouvelle fournée. Comment était Poudlard depuis la dernière fois ? Je veux tout savoir : tes cours préférés, les professeurs, Serpentard…
Rebekah se laissa tomber sur un tabouret, sentant le poids de l’année s’évacuer peu à peu. Elle sourit, observant sa mère s’activer avec une grâce naturelle et rassurante, et se mit à raconter ses aventures, ses découvertes, les sorts qu’elle avait appris, et ses premières confrontations avec ses camarades.
- Poudlard est… énorme, commença-t-elle, fascinée par ses propres souvenirs. Chaque couloir est comme un labyrinthe, et les escaliers ne tiennent jamais en place ! Les salles… toutes différentes, toutes magnifiques. La bibliothèque est immense, on pourrait s’y perdre des heures.
Elle marqua une pause, se rappelant ses cours.
- Les professeurs sont impressionnants. Certains sont gentils, d’autres… enfin, certains font un peu peur au début, mais on apprend énormément avec eux. Et les sorts ! J’ai réussi à lancer quelques-uns qui m’étaient presque impossibles au début de l’année. C’est excitant… et parfois un peu effrayant. Mais tu me connais, j’adore me lancer des défis.
La jeune fille se pencha un peu en avant, les yeux brillants de malice et d’admiration, observant sa mère s’afférer.
- Et puis il y a les autres élèves… certains sont incroyablement intelligents, autant que d’autres sont… moins… disons, intéressants. Les Serpentard sont formidables, et je suis vraiment contente d’avoir pu entrer dans cette maison et de ne pas m’être retrouvée dans un endroit comme Poufsouffle. J’ai aussi rencontré quelques Gryffondor… certains sont très… bruyants. Enfin, je crois qu’ils le sont tous, ça doit être une condition pour entrer là-bas, murmura-t-elle en riant légèrement.
Elle s’interrompit un instant, un léger froncement de sourcils marquant son hésitation avant qu’une question ne lui vienne naturellement :
- Et… papa ? Tu sais où il est ?
Sa mère se redressa doucement, passant ses doigts dans la longue chevelure rousse qu’elle partageait avec sa fille, un sourire un peu désolé aux lèvres, étalant la pâte avec soin.
- Ton père ? Il est au bureau, ma chérie. Il a encore du travail qui l’attend.
Rebekah sentit un petit pincement au cœur. Elle avait espéré que son père serait là pour la retrouver, pour lui poser mille questions, comme sa mère le faisait. Elle baissa légèrement les yeux, un peu déçue, avant de se reprendre et de plaquer un sourire sur son visage. Elle avait l’habitude que son père soit occupé, ce n’était pas la première fois et sûrement pas la dernière.
- Ne t’en fais pas, dit doucement sa mère. Il sera content de te voir ce soir, et puis… on va profiter de la fin d'après-midi toutes les deux pour rattraper un peu de temps perdu.
Un sourire timide se dessina sur le visage de Rebekah. Elle hocha la tête et reporta son attention sur la pâte à cookies, laissant ses pensées se mêler aux souvenirs de l’année écoulée. Elle parla encore, racontant des anecdotes plus légères : ses expériences avec les potions, les sorts ratés en sortilèges, et même sa première confrontation avec une autre élève qui avait voulu la provoquer. Chaque mot qui sortait de sa bouche faisait naître un rire discret chez sa mère, et Rebekah se sentit de plus en plus légère, comme si toutes les tensions de Poudlard s’étaient évaporées dans un souffle sucré et chaud.
- Allez, viens, dit sa mère en lui tendant une cuillère pour former les biscuits. Maintenant, on va mettre la main à la pâte ensemble. Et puis… je veux que tu m’aides à choisir les meilleurs pour le goûter.
Rebekah se leva, laissant tomber ses affaires et avançant vers le plan de travail. La farine effleura ses mains, et un rire léger s’échappa d’elle alors qu’elle commençait à pétrir la pâte aux côtés de sa mère. La chaleur de la maison, l’odeur sucrée et la simple joie de retrouver sa famille apaisèrent toutes les inquiétudes de l’année écoulée. Ici, chez les Norfolk, tout semblait enfin à sa place.
1200 mots
Dernière modification par Rebekah Norfolk le 22 févr. 2026, 10:04, modifié 1 fois.
Au fil des pierres et des saisons
Sous la pluie, loin des balais
Jeudi 12 octobre 2045 ~ 7 ans
Dans la soirée, Manoir Norfolk,
PNJ actif : Aliste É. Norfolk père
Dans la soirée, Manoir Norfolk,
PNJ actif : Aliste É. Norfolk père
La pluie tombait avec une régularité presque hypnotique sur les hautes fenêtres du manoir Norfolk, faisant vibrer le verre ancien dans un murmure constant. À l’intérieur, le salon baignait dans une lumière chaude, nourrie par les flammes tranquilles de la cheminée. Les murs étaient tapissés de boiseries sombres, ornés des tableaux préférés de son père, tandis que l’odeur mêlée de cire, de feu de bois et des vieux livres appartenant à sa mère donnait à la pièce une solennité rassurante, presque immuable. Rebekah était assise sur le grand canapé, l’air trop grande pour son âge, ou peut-être était-ce simplement son sérieux qui donnait cette impression. À sept ans, elle avait appris depuis longtemps à se tenir droite, les épaules légèrement tendues, comme si relâcher sa posture constituait une faute. En tout cas, si l’on en croyait sa grand-mère, c’était bel et bien le cas. Les jambes repliées contre elle, elle tenait un livre ouvert sur ses genoux : un recueil de contes qu’elle connaissait presque par cœur. Pourtant, son regard avait déserté les pages. Du bout du doigt, elle suivait les gouttes de pluie qui dévalaient la vitre, traçant des chemins irréguliers, observant celles qui allaient plus vite que les autres, comme une compétition silencieuse.
Le bruit feutré d’une porte que l’on referme attira son attention. Son père venait d’entrer. Il avait ôté sa veste de travail et desserré sa cravate, un signe rare, qui signifiait qu’il avait enfin laissé le monde extérieur et ses obligations derrière lui, au moins pour le reste de la soirée. Sans un mot, il s’approcha et s’installa à côté d’elle, prenant soin de ne pas troubler son silence. Pendant quelques instants, ils restèrent ainsi, côte à côte, à écouter le crépitement apaisant du feu.
- Tu sais, dit-il finalement d’une voix douce, quand il pleut comme ça… ça me donne envie de parler de quidditch.
La jeune fille tourna lentement la tête vers lui. Ses sourcils se froncèrent légèrement, juste assez pour trahir sa perplexité.
- Le quidditch ? répéta-t-elle.
- Oui. Tu en as déjà entendu parler ?
Elle prit le temps de réfléchir, comme si la question exigeait une réponse parfaitement exacte.
- C’est le jeu où les gens volent sur des balais… et où il y a des balles qui attaquent les joueurs, non ?
Alister laissa échapper un rire discret, attendri par ce résumé aussi succinct que brutal.
- Vu comme ça, admit-il, ce n’est pas très rassurant. Mais c’est aussi un sport ancien. Très populaire. Quand j’avais ton âge, c’était ce que j’aimais le plus au monde.
Il se tourna légèrement vers elle, son visage s’animant peu à peu. Il lui expliqua les équipes de sept joueurs, les poursuiveurs qui se passaient le Souafle, les batteurs chargés de repousser les Cognards, le gardien protégeant ses anneaux. Ses mains dessinaient les trajectoires dans l’air, traçant des cercles invisibles au-dessus de la table basse. Rebekah suivait chacun de ses gestes avec attention, ses yeux bleus curieux, concentrés, mais sans réelle étincelle d’émerveillement. Lorsqu’il évoqua le Vif d’or, toutefois, son regard sembla s’éclairer un peu plus.
- Il est minuscule, presque impossible à attraper. Mais celui qui y arrive fait basculer tout le match.
- Donc… tout peut changer à la dernière seconde ? demanda-t-elle.
- Exactement.
Elle resta silencieuse un moment, intégrant l’information, avant de hocher lentement la tête. Alister continua, emporté par ses souvenirs. Il parla des matchs écoutés avec son propre père, des cris de la foule, du froid mordant dans les gradins, de l’excitation qui lui serrait la poitrine à chaque but marqué. Il évoqua aussi sa jeunesse avec une nostalgie douce : les parties improvisées avec son frère, les discussions animées après les matchs, et même cet entraînement maladroit où il s’était cru assez courageux pour devenir batteur… avant une chute mémorable. Rebekah sourit brièvement à cette image.
- Ça faisait mal ? demanda-t-elle.
- Terriblement, admit-il avec un sourire. Mais à l’époque, je trouvais que ça valait le coup.
Il la regarda alors avec un air presque interrogateur.
- Et toi ? Tu aimerais jouer, tu crois ?
La question resta suspendue. Rebekah baissa les yeux vers son livre, caressant distraitement la couverture du bout des doigts. Elle imagina les balais s’élevant dans le ciel, les joueurs criant, les balles filant à toute vitesse. Elle comprenait l’excitation. Elle la ressentait même un peu. Mais quelque chose résistait en elle, profondément.
- Je crois que… non, dit-elle enfin, d’une voix calme.
Son père cligna des yeux, surpris mais attentif.
- Non ?
- J’aime bien le jeu, précisa-t-elle aussitôt. Les règles sont intéressantes. Et les stratégies aussi. Mais jouer… non. Je pense que je préférerais regarder de loin, essayer de deviner ce que les autres vont faire.
Elle chercha ses mots avec soin, comme toujours.
- Il y a trop de bruit. Trop de choses qui arrivent en même temps. Et puis… voler sans rien sous les pieds, avec des gens qui peuvent te heurter… je crois que je n’aimerais pas ça.
Elle marqua une pause, puis ajouta, plus sérieusement encore :
- Par contre, je crois que ça me dérangerait pas d’être quand même sur le terrain.
Il haussa un sourcil, intrigué.
- Comment ça ?
- Comme les cheerleaders, expliqua-t-elle simplement. Maman m’a dit qu’elle adorait ça. Ou dans la fanfare s'il y en a une. Comme ça, je peux faire partie du match, mais sans avoir à courir après des balles ou risquer de tomber. Et je peux observer tout ce qui se passe.
Elle leva les yeux vers lui, presque prudente, comme si elle craignait sa réaction. Un silence suivit. Puis Alister éclata d’un rire franc, chaleureux, nullement moqueur.
- Eh bien, voilà une idée que je n’avais jamais envisagée, admit-il. Mais je dois reconnaître que ça te ressemble beaucoup.
Il posa une main sur ses cheveux roux.
- Participer sans se jeter dans le chaos… observer pendant que les autres foncent tête baissée. C’est une manière très intelligente d’aimer le quidditch.
Rebekah sembla se détendre, satisfaite. Elle se cala un peu plus contre le canapé, rassurée. Dehors, la pluie continuait de tomber, le feu crépitait doucement, et les images de stades, de balais et de matchs restèrent dans un coin de son esprit, fascinantes, mais volontairement lointaines. Elle savait déjà, sans pouvoir encore le formuler clairement, que le quidditch ferait partie de ces choses qu’elle préférerait toujours comprendre, analyser… et applaudir depuis le bord du terrain.
1072 mots
Au fil des pierres et des saisons
Pour l’équilibre, évidemment
Jeudi 23 juin 2050 ~ 12 ans
Après-midi, Manoir Norfolk
Après-midi, Manoir Norfolk
Le chocolat n’était pas une tentation. C’était une question de principe.
Rebekah considérait sincèrement qu’elle entretenait avec cette substance une relation saine, mesurée, parfaitement maîtrisée. Elle appréciait le chocolat comme on apprécie une belle plume ou un livre bien relié : pour sa qualité, sa texture, son équilibre. Rien de compulsif. Rien d’excessif.
Ce mercredi-là, le soleil inondait la maison familiale d’une lumière presque insolente. Les grandes fenêtres de la cuisine étaient ouvertes, laissant entrer un air tiède qui portait l’odeur de l’herbe fraîchement coupée. Dehors, le jardin semblait vibrer sous la chaleur douce de ; les massifs colorés penchaient légèrement sous une brise paresseuse, et quelque part, un insecte traçait une ligne sonore régulière. Tout était lumineux, net, parfaitement en ordre.
La cuisine, elle, brillait. Le plan de travail renvoyait des reflets dorés, les bocaux alignés formaient une ligne impeccable, et l’ombre des rideaux dessinait des motifs réguliers sur le carrelage clair. Rien ne dépassait. Rien ne débordait.
Sauf la tablette.
Posée au centre du plan de travail comme une provocation silencieuse, elle captait la lumière du soleil, son emballage brillant presque indécent dans sa perfection. Chocolat blanc suisse aux framboises. Épais. Sérieux. Celui qu’on gardait « pour une occasion ». Une formule vague qui, dans la réalité, signifiait qu’il resterait là pendant des semaines, attendant désespérément que quelqu’un ne craque.
Rebekah n’était entrée dans la cuisine que pour prendre un verre d’eau.
Strictement.
Elle traversa la pièce avec assurance, ouvrit le placard, prit un verre, le remplit. Son regard ne se posa pas sur la tablette. Pas immédiatement. Elle but une gorgée, puis une seconde. Reposa le verre avec une précision calculée.
Le soleil frappait directement l’emballage.
C’était presque agressif.
Elle tourna légèrement la tête. Juste pour évaluer. Pas pour envisager quoi que ce soit.
Chocolat blanc. Aux framboises.
Elle plissa les yeux. Le chocolat blanc était souvent trop sucré. Trop simple. Trop… enfantin. Mais celui-ci était suisse. Cela changeait tout. Les Suisses prenaient le chocolat au sérieux. Quant aux framboises, elles apportaient une acidité intéressante. Un contraste. Une complexité.
Il aurait été irresponsable de ne pas vérifier la qualité.
Elle s’approcha, lentement, les mains croisées derrière le dos. Elle examina l’emballage, lut la description avec une attention presque académique. « Notes fruitées équilibrées par la douceur du beurre de cacao. » Très bien. Prometteur.
Un carré.
Uniquement pour confirmer.
Elle ouvrit le papier avec un soin remarquable, veillant à ne pas créer de pli suspect. Le parfum sucré et légèrement acidulé s’échappa aussitôt, porté par l’air chaud de la pièce. Elle cassa un carré. Le bruit sec résonna brièvement, net, irrévocable.
Elle se figea.
Silence.
Le jardin continuait de bruisser paisiblement.
Très bien.
Le carré fondit rapidement sur sa langue, plus doux qu’elle ne l’aurait admis, ponctué de minuscules éclats de framboise qui éclataient sous la dent. Elle ferma les yeux une seconde. Purement pour analyser la texture. La chaleur ambiante rendait l’expérience presque excessive.
Elle rouvrit les yeux.
Un carré en moins, cela se voyait.
L’espace vide rompait l’alignement parfait.
Elle inclina la tête.
L’asymétrie était… dérangeante.
Elle en prit un deuxième.
Pour équilibrer.
Puis un troisième.
Parce que trois formaient une ligne plus cohérente que deux.
Elle contempla la tablette quelques instants plus tard. L’organisation initiale avait souffert. Ce n’était pas dramatique, mais perceptible.
Le problème n’était pas la quantité consommée.
C’était la preuve.
Elle entreprit donc une opération de réajustement. Elle rapprocha les carrés restants, les pressa délicatement pour combler l’espace, modifia l’angle général afin que l’absence paraisse intentionnelle. Elle lissa l’emballage, reconstitua les plis d’origine, souffla légèrement pour éliminer une trace imaginaire.
Elle recula d’un pas.
Acceptable.
Elle quitta la cuisine avec une dignité intacte, persuadée d’avoir agi avec mesure et discernement.
Dix minutes plus tard, elle revint.
Purement pour vérifier que la chaleur n’avait pas altéré la structure.
Elle observa la tablette longuement.
Un léger déséquilibre persistait.
Elle soupira, très doucement.
On ne pouvait pas laisser une chose imparfaite dans une pièce aussi parfaitement ordonnée.
Deux carrés supplémentaires furent retirés. Par cohérence esthétique.
Rebekah n’avait aucun problème avec le chocolat.
Elle maintenait simplement l’harmonie d’un environnement qui exigeait, à juste titre, un certain sens des responsabilités.
694 mots