Comme des gamins
June Dale (1 PNJ utilisé)
TW : Vulgarités, légères insultes (désolé, June n'a pas un langage aussi soutenu qu'Edmund)
— Donc... De la mandragore, tu dis ?
Je fronce les sourcils en contemplant la feuille enroulée autour de la plante qui se situe entre mon majeur et mon index. Plante qui serait donc, logiquement... De la mandragore. Mh. Bien mystérieux, tout ça. Je ne savais pas que cette plante pouvait se consommer... De cette manière.
Mais c'est June, après tout. Toutes les choses les plus douteuses, on peut être sûrs qu'elles les a déjà essayées. Et qu'elles les a déjà validées, aussi, par ailleurs. Aussi suspectes soient-elles. Des fois, on peut avoir de bonnes surprises mais, la plupart du temps, c'en est de mauvaises. Et je ne sais pas. Là, mon instinct me dicte bizarrement que c'en est une mauvaise et que je vais finir avec l'effet inverse de ce qu'est censé me produire un philtre de mandragore. C'est-à-dire me pétrifier sur place.
Oui, je n'ai toujours pas confiance. Même si je l'ai déjà vue tirer dessus sans se pétrifier. Il faut dire qu'elle a tellement testé tout et n'importe quoi qu'elle doit être immunisée à absolument tout, à l'heure actuelle. Dont la pétrification suite à la tire d'une taffe sur un joint de mandragore.
Ou peut-être n'ai-je pas confiance parce que j'ai encore du mal à réaliser que c'est la première fois de ma vie que je parle sans crier avec June. Et la première fois que je la vois depuis cette soirée avant qu'elle ne quitte Poudlard, aussi. Soirée qui s'est d'ailleurs très mal finie. Et... On ne peut pas vraiment dire qu'on s'est quittés en bon terme puisqu'on s'est esquivés mutuellement toute la soirée.
— Il ne va pas te manger, tu sais.
Mais moi, je décrète que si.
Les lèvres pincées, je me retiens de répliquer. Je me retiens de me désister lâchement par cette pirouette. J'agite de nouveau un peu mes jambes dans le vide pour faire évacuer un peu le stress qui monte sans grande raison. Puis j'ose. J'ose finalement porter ce "joint" à mes lèvres.
Je suis adulte, maintenant. Oui ou non ?
TW : Vulgarités, légères insultes (désolé, June n'a pas un langage aussi soutenu qu'Edmund)
DIMANCHE 20 NOVEMBRE 2050
01H22
01H22
— Donc... De la mandragore, tu dis ?
Je fronce les sourcils en contemplant la feuille enroulée autour de la plante qui se situe entre mon majeur et mon index. Plante qui serait donc, logiquement... De la mandragore. Mh. Bien mystérieux, tout ça. Je ne savais pas que cette plante pouvait se consommer... De cette manière.
Mais c'est June, après tout. Toutes les choses les plus douteuses, on peut être sûrs qu'elles les a déjà essayées. Et qu'elles les a déjà validées, aussi, par ailleurs. Aussi suspectes soient-elles. Des fois, on peut avoir de bonnes surprises mais, la plupart du temps, c'en est de mauvaises. Et je ne sais pas. Là, mon instinct me dicte bizarrement que c'en est une mauvaise et que je vais finir avec l'effet inverse de ce qu'est censé me produire un philtre de mandragore. C'est-à-dire me pétrifier sur place.
Oui, je n'ai toujours pas confiance. Même si je l'ai déjà vue tirer dessus sans se pétrifier. Il faut dire qu'elle a tellement testé tout et n'importe quoi qu'elle doit être immunisée à absolument tout, à l'heure actuelle. Dont la pétrification suite à la tire d'une taffe sur un joint de mandragore.
Ou peut-être n'ai-je pas confiance parce que j'ai encore du mal à réaliser que c'est la première fois de ma vie que je parle sans crier avec June. Et la première fois que je la vois depuis cette soirée avant qu'elle ne quitte Poudlard, aussi. Soirée qui s'est d'ailleurs très mal finie. Et... On ne peut pas vraiment dire qu'on s'est quittés en bon terme puisqu'on s'est esquivés mutuellement toute la soirée.
— Il ne va pas te manger, tu sais.
Mais moi, je décrète que si.
Les lèvres pincées, je me retiens de répliquer. Je me retiens de me désister lâchement par cette pirouette. J'agite de nouveau un peu mes jambes dans le vide pour faire évacuer un peu le stress qui monte sans grande raison. Puis j'ose. J'ose finalement porter ce "joint" à mes lèvres.
Je suis adulte, maintenant. Oui ou non ?
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
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— Bwah ! Hahahahaha !
Il tousse ! Il s'est étouffé ! Avec de la mandragore, en plus ! Oh bordel, la honte !
— C'est... Kof kof. Pas drôle !
— Ooh, si, je te garantis que c'est à pleurer de rire !
D'ailleurs, j'ai une petite larme qui perle de mes yeux, là, à force de rire... Pfioouf. Il fallait vraiment le vivre, pour y croire, ça. Merci, Edmund. Merci de rester le petit escroc que tu étais autrefois.
— Et donc, rappelle-moi... C'est quoi exactement, que tu fumes tous les jours sans aucun problème ?
Dis-je en lui reprenant soigneusement la feuille des mains. Il risque de se réétouffer, sinon. C'est un peu trop dangereux pour lui.
À vrai dire, j'étais déjà morte de rire depuis très longtemps intérieurement, lorsqu'il est venu chez Bella' et Jo' sous prétexte d'une "simple visite familiale". Puis encore plus lorsqu'il m'a vue et a commencé à déblatérer comme quoi il avait son propre appartement et qu'il était devenu responsable, indépendant, nanani nanana, tout le tralala comme quoi il n'avait finalement besoin de personne et qu'il était bien évidemment trop fort pour nous tous.
Mais le moment où j'ai craqué et j'ai lâché mon premier pouffement, c'est lorsqu'il a osé prétendre qu'il s'était mis à la clope, une fois seul à seule sur le toit de la maison. Edmund. La clope. Sérieusement ? Si j'avais encore un léger doute sur le fait qu'il baratinait nos tantes depuis qu'il a passé le pas de la porte, là, plus aucun doute n'était permis. Il se foutait bel et bien de la gueule du monde.
Mais en voyant que je ne le prenais pas au sérieux, bien évidemment, il s'est offusqué. Et il a essayé de me prouver qu'il fumait en me baratinant par A plus B ou je-sais-pas-quoi qu'il s'y connaissait énormément sur le sujet. Donc j'ai sorti ma mandragore. Je n'avais que ça sur moi et les effets sont à peu près similaires à la nicotine. Mais de toute manière, s'il avait vraiment les poumons qu'il prétendait, il aurait pu gérer n'importe quoi.
— Des... Kof. Cigarettes.
Bwahahahahaha !
Oh putain. C'est vrai, pardon. Des "cigarettes", non des clopes. Excuse-moiii ! Bwahahahahaha !
— J'suis morte. T'as visiblement pas changé d'un poil, en dehors de la barbe. Je pensais que tu grandirais avec... Mais pas du tout, en fait.
Ce qui est triste, tout de même. Il faut le dire. Je me mets même à douter du fait qu'il soit réellement en couple avec sa Lumah et que cela fasse presque un an. Est-ce qu'il n'aurait pas voulu se prouver, un peu, qu'il était un bon petit ami en s'amusant à faire le mytho auprès de personnes qui sont incapables de vérifier l'information ? Peut-être. Mais dans ce cas, c'est giga triste. Mon petit frère restera donc à jamais petit, malgré le fait qu'il me dépasse en taille maintenant.
Je tire sur ma mandragore en méditant au sujet et en étendant un peu mes jambes dans le vide pour m'étirer. Qu'est-ce que j'aime cet endroit. Surtout à une heure aussi tardive.
— Qu'est-ce que... Tu veux dire par là ?
Tiens. Je ne m'étais pas rendue compte qu'il était resté étrangement muet suite à ma dernière déclaration avant qu'il ne brise le silence.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
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Je ne m'attendais décidément pas à ce que cette phrase m'affecte autant. Surtout venant de la part de June. C'est quand même giga la honte : c'est une personne qui fait tout le temps la gamine, et qui est fière de l'être, qui prétend que j'ai besoin de grandir. Sainte Mangouste qui se moque éperdument de la charité.
Mais, étonnamment, là, ça m'a fait un petit trou au cœur. Juste un petit. Tout petit. Les effets de la mandragore n'ont pas suffi à totalement effacer la douleur. Elle est toujours présente.
Même June me traite de gamin... Je suis censé être majeur. C'est censé être bien derrière moi, cette appellation. Pourquoi on me le reproche sans cesse ? Quelle gaminerie y a-t-il à vouloir défendre son honneur ?
— D'jà, arrête de faire comme si t'avais tout compris à la vie. T'arrêteras un peu de passer pour un con.
Je grimace tandis qu'elle tire une autre taffe sur son joint. C'est vrai que, le coup de la cigarette... Ce n'est peut-être pas ma meilleure performance à ce jour.
Jambes toujours pendantes dans le vide, je m'allonge sur le dos en soupirant longuement. Et en admirant ce ciel éblouissant de pollution lumineuse, alors qu'il est censé être une heure du matin. Ces moldus, décidément... Je ne comprends pas comment ils font pour dormir la nuit.
— Ensuite, accepte d'avoir tort, de temps en temps.
Je me redresse brutalement à l'entente de ce "conseil".
— Mais je... !
— Ta gueule. Tu vois ? Tu commences.
Je soupire longuement en me rallongeant. Bon. Je vais la laisser finir. Après, je lui crierai dessus.
Je me disais bien qu'une soirée entière sans se prendre la tête avec elle, c'était trop beau pour être vrai. Même après... Deux ? Trois ans sans s'être vus ? Trois ans, déjà ?!
On dit souvent que la distance rapproche. Et j'avais bel et bien eu cette impression, depuis le début de la soirée. Mais je pense qu'on est destinés à éternellement reboucler sur des disputes si on commence à traîner trop longtemps ensemble. Parce qu'après tout, ça ne peut pas bien se finir avec June. Jamais.
— Depuis quand tu t'en soucies ?
— Pardon ?
Je gaine un peu mes abdominaux pour relever la tête, afin qu'elle puisse voir l'expression de perplexité que je suis en train de faire. Mais elle regarde droit devant elle en continuant de fumer, paisiblement. Ce qui tombe extrêmement mal puisque je ne comprends absolument rien à sa question.
— Qu'on te dise que t'es un gamin. Depuis quand t'en as quelque chose à foutre ?
Mais... C'est vraiment June ? J'ai un doute, là.
— Eeuh... Depuis que je suis né ? Je sais pas si tu te rappelles mais j'ai juste passé l'intégralité de ma vie à lutter pour qu'on me prenne au sérieux.
— Non mais qu'est-ce qu'il est con...
C'est toi la conne, à poser des questions aussi absurdes ? Non mais je rêve ?!
Elle se frappe violemment le front avant de se tourner vers moi.
— Ça, je sais. "Gneuh gneuh gneuh, personne ne prend jamais au sérieux. Gneuh gneuh gneuh, personne ne comprend mon potentiel." Ça, je connais. Mais c'est pas ça que j'appelle grandir. Au contraire. Qu'on te dise qu't'es un sale gosse alors qu't'es encore à Poudlard, c'est normal. Mais maintenant qu't'es majeur et qu'tu ressembles à peu près à un homme, si on ne te prend toujours pas au sérieux, c'est peut-être parce que le problème vient de toi.
Mais, étonnamment, là, ça m'a fait un petit trou au cœur. Juste un petit. Tout petit. Les effets de la mandragore n'ont pas suffi à totalement effacer la douleur. Elle est toujours présente.
Même June me traite de gamin... Je suis censé être majeur. C'est censé être bien derrière moi, cette appellation. Pourquoi on me le reproche sans cesse ? Quelle gaminerie y a-t-il à vouloir défendre son honneur ?
— D'jà, arrête de faire comme si t'avais tout compris à la vie. T'arrêteras un peu de passer pour un con.
Je grimace tandis qu'elle tire une autre taffe sur son joint. C'est vrai que, le coup de la cigarette... Ce n'est peut-être pas ma meilleure performance à ce jour.
Jambes toujours pendantes dans le vide, je m'allonge sur le dos en soupirant longuement. Et en admirant ce ciel éblouissant de pollution lumineuse, alors qu'il est censé être une heure du matin. Ces moldus, décidément... Je ne comprends pas comment ils font pour dormir la nuit.
— Ensuite, accepte d'avoir tort, de temps en temps.
Je me redresse brutalement à l'entente de ce "conseil".
— Mais je... !
— Ta gueule. Tu vois ? Tu commences.
Je soupire longuement en me rallongeant. Bon. Je vais la laisser finir. Après, je lui crierai dessus.
Je me disais bien qu'une soirée entière sans se prendre la tête avec elle, c'était trop beau pour être vrai. Même après... Deux ? Trois ans sans s'être vus ? Trois ans, déjà ?!
On dit souvent que la distance rapproche. Et j'avais bel et bien eu cette impression, depuis le début de la soirée. Mais je pense qu'on est destinés à éternellement reboucler sur des disputes si on commence à traîner trop longtemps ensemble. Parce qu'après tout, ça ne peut pas bien se finir avec June. Jamais.
— Depuis quand tu t'en soucies ?
— Pardon ?
Je gaine un peu mes abdominaux pour relever la tête, afin qu'elle puisse voir l'expression de perplexité que je suis en train de faire. Mais elle regarde droit devant elle en continuant de fumer, paisiblement. Ce qui tombe extrêmement mal puisque je ne comprends absolument rien à sa question.
— Qu'on te dise que t'es un gamin. Depuis quand t'en as quelque chose à foutre ?
Mais... C'est vraiment June ? J'ai un doute, là.
— Eeuh... Depuis que je suis né ? Je sais pas si tu te rappelles mais j'ai juste passé l'intégralité de ma vie à lutter pour qu'on me prenne au sérieux.
— Non mais qu'est-ce qu'il est con...
C'est toi la conne, à poser des questions aussi absurdes ? Non mais je rêve ?!
Elle se frappe violemment le front avant de se tourner vers moi.
— Ça, je sais. "Gneuh gneuh gneuh, personne ne prend jamais au sérieux. Gneuh gneuh gneuh, personne ne comprend mon potentiel." Ça, je connais. Mais c'est pas ça que j'appelle grandir. Au contraire. Qu'on te dise qu't'es un sale gosse alors qu't'es encore à Poudlard, c'est normal. Mais maintenant qu't'es majeur et qu'tu ressembles à peu près à un homme, si on ne te prend toujours pas au sérieux, c'est peut-être parce que le problème vient de toi.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
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Dis-je en enfonçant l'index de ma main droite, ma main libre, bien sur son torse. Qu'il se réallonge, tiens. Il est bien à sa place, là. Sur les tuiles qui composent le toit de la maison de nos deux tantes.
— Genre, à tout hasard, quand on te demande si tu fumes alors que t'as jamais fumé de ta vie, tu dis non.
— Non mais merci Merlin. J'y aurais jamais pensé sans toi.
Dit-il en roulant des yeux et en s'enfonçant encore plus dans ses tuiles ! Oh, le gamin... Il me fatigue.
Je n'arrive toujours pas à comprendre ce qu'il est venu faire là. Pourquoi il est venu ici. Pourquoi il a fait tout ce trajet. Est-ce qu'il veut que sa soeurette adorée lui donne des conseils de vie ou qu'elle la ferme. Il en demande et, dès que ça commence à ne pas lui plaire, il recommence à bouder. Je suis censée faire quoi, moi, avec un caractère de troll pareil, sérieusement ?!
Mes yeux roulent de nouveau sur ma mandragore. Il en reste la moitié. Donc je tire une dernière fois. Rien qu'une dernière. Juste pour éviter de lui en foutre une. Puis je l'écrase contre le toit, au lieu d'en profiter jusqu'au bout.
On va dire que le fait d'avoir été refusée une première fois dans l'équipe des Harpies de Holyhead parce que j'étais une fumeuse active m'a bien refroidi. Et m'a donné une belle motivation pour arrêter. Dire que j'ai fait tenter ça à Edmund... J'espère qu'il a assez toussé pour ne plus vouloir en reprendre.
— Que... Déjà ?
Ah. Peut-être pas.
— Crois-moi, tu veux pas tomber d'dans. J'ai failli passer à côté de la Ligue à cause de ça.
Je finis de l'écraser convenablement sur ce toit puis je récupère ma baguette, qui était posée juste sur mon flanc droit, après que j'aie allumé les feuilles avec. Un petit sortilège de disparition et le problème est résolu.
— Tu vois ? La bonne réponse n'était pas « bien sûr que j'ai énormément d'expérience avec ce truc qui bousille la santé mais qui a l'air giga cool, parce que je connais toute la vie sur le bout des doigts » mais « non, jamais je touche à cette merde ».
Puis je m'allonge à ses côtés, toujours sans le regarder.
— T'as pas la magie infuse. Faut juste que t'acceptes les leçons venant des autres, de temps en temps.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
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J'inspire profondément pour éviter de lui répondre que j'aurais bien voulu essayer de tirer à nouveau dessus, moi... Mais bon. Il faut croire qu'elle a choisi ce soir pour faire la grande sœur responsable plutôt que celle hors-la-loi de d'habitude.
Même si... Elle a pas totalement tort. Ce n'est pas parce que je trouve quelque chose de stylé que je dois plonger les deux pieds dedans. J'ai juste eu l'air d'un mouton sans âme sur le coup. Ridicule.
— Mais donc... Au risque de me répéter : depuis quand t'en as quelque chose à foutre ?
Je me mords la lèvre.
J'avais en fait parfaitement compris sa question dès le début. Je voulais simplement... Je ne sais pas. Je ne suis pas très à l'aise avec toute cette histoire donc... Raah.
— Depuis, euh...
Comment dire ?
— Tu... Vois, le Pitiponk ?
— Quoi ? Tu t'es embrouillé avec un habitué ? Normal. Classique. C'est le bar étudiant par défaut. C'est celui où tu peux trouver absolument tout le monde et n'importe qui en terme d'étudiants. Connards prétentieux de l'ISDM qui ont un caractère pire que le tien inclus. Et honnêtement ? Ça ne m'étonne pas, venant de toi. Le moindre petit truc le plus basique, tu l'prends beaucoup trop à cœur au lieu de juste laisser couler et passer ton énergie à faire autre chose.
Je fronce les sourcils à l'entente de cette déclaration.
Je prends tout trop à cœur ? C'est bien la première fois qu'on me le dit, ça. Au contraire : on me reproche souvent de ne pas avoir grand chose à faire de mon entourage. Mais, prendre à cœur... Techniquement, ce n'était pas vraiment ça. C'était simplement que... Je voulais prouver à Chris que... Thomas... Hmpf.
Je me suis salement fait avoir par un personnage qui s'amuse à se pavaner et je ne peux pas laisser passer ça. Si je laisse passer ça, c'est la porte ouverte à tout et n'importe quoi par la suite.
Mais peut-être... Peut-être que ce n'était pas la bonne manière de procéder. Certes. Peut-être que j'aurais dû essayer d'en parler au préalable au lieu de vouloir me constituer un carnet de preuves.
— C'est une bonne chose d'être têtu comme toi mais faut savoir l'être au bon moment et choisir ses combats, en fait. Tu peux pas te battre contre l'univers entier. Et face à des gens en droit, c'est...
— Ahem...
Entendant ma légère apostrophe, elle se tait de nouveau et reporte son regard sur moi, un sourcil arqué.
Pourquoi je l'ai ouvert, en fait ? J'aurais pu garder ça pour moi. J'aurais pu la laisser déblatérer infiniment sur l'ISDM. En plus, elle n'était pas totalement hors sujet non plus parce que, en effet, je me suis bel et bien "embrouillé" avec un habitué avec un melon infini. Même si, pour le coup, il n'avait pas l'air de se soucier plus que ça de notre "embrouille", lui. Là où, moi, j'étais surtout vexée de voir qu'il osait ne pas faire son boulot et s'accaparer l'intégralité de l'attention de Chris. Mais... Ce n'est pas s'embrouiller avec Thomas qui m'a le plus affecté, dans cette affaire. Non, bien au contraire.
— En fait, c'est... C'est avec Chris.
Même si... Elle a pas totalement tort. Ce n'est pas parce que je trouve quelque chose de stylé que je dois plonger les deux pieds dedans. J'ai juste eu l'air d'un mouton sans âme sur le coup. Ridicule.
— Mais donc... Au risque de me répéter : depuis quand t'en as quelque chose à foutre ?
Je me mords la lèvre.
J'avais en fait parfaitement compris sa question dès le début. Je voulais simplement... Je ne sais pas. Je ne suis pas très à l'aise avec toute cette histoire donc... Raah.
— Depuis, euh...
Comment dire ?
— Tu... Vois, le Pitiponk ?
— Quoi ? Tu t'es embrouillé avec un habitué ? Normal. Classique. C'est le bar étudiant par défaut. C'est celui où tu peux trouver absolument tout le monde et n'importe qui en terme d'étudiants. Connards prétentieux de l'ISDM qui ont un caractère pire que le tien inclus. Et honnêtement ? Ça ne m'étonne pas, venant de toi. Le moindre petit truc le plus basique, tu l'prends beaucoup trop à cœur au lieu de juste laisser couler et passer ton énergie à faire autre chose.
Je fronce les sourcils à l'entente de cette déclaration.
Je prends tout trop à cœur ? C'est bien la première fois qu'on me le dit, ça. Au contraire : on me reproche souvent de ne pas avoir grand chose à faire de mon entourage. Mais, prendre à cœur... Techniquement, ce n'était pas vraiment ça. C'était simplement que... Je voulais prouver à Chris que... Thomas... Hmpf.
Je me suis salement fait avoir par un personnage qui s'amuse à se pavaner et je ne peux pas laisser passer ça. Si je laisse passer ça, c'est la porte ouverte à tout et n'importe quoi par la suite.
Mais peut-être... Peut-être que ce n'était pas la bonne manière de procéder. Certes. Peut-être que j'aurais dû essayer d'en parler au préalable au lieu de vouloir me constituer un carnet de preuves.
— C'est une bonne chose d'être têtu comme toi mais faut savoir l'être au bon moment et choisir ses combats, en fait. Tu peux pas te battre contre l'univers entier. Et face à des gens en droit, c'est...
— Ahem...
Entendant ma légère apostrophe, elle se tait de nouveau et reporte son regard sur moi, un sourcil arqué.
Pourquoi je l'ai ouvert, en fait ? J'aurais pu garder ça pour moi. J'aurais pu la laisser déblatérer infiniment sur l'ISDM. En plus, elle n'était pas totalement hors sujet non plus parce que, en effet, je me suis bel et bien "embrouillé" avec un habitué avec un melon infini. Même si, pour le coup, il n'avait pas l'air de se soucier plus que ça de notre "embrouille", lui. Là où, moi, j'étais surtout vexée de voir qu'il osait ne pas faire son boulot et s'accaparer l'intégralité de l'attention de Chris. Mais... Ce n'est pas s'embrouiller avec Thomas qui m'a le plus affecté, dans cette affaire. Non, bien au contraire.
— En fait, c'est... C'est avec Chris.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
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Comme des gamins

— BWAHAHAHAHAHAHA !
AVEC CHRIS ? IL A RÉUSSI À S'EMBROUILLER AVEC CHRIS ?
Non. C'est trop, là. C'est trop gros. Il se fout de moi. Il se fout éperdument de ma grosse tronche, là.
Mes abdos, en riant, ont relevé le haut de mon corps. C'est pourquoi, tant qu'à choisir, je me redresse totalement pour me remettre assise. Et j'essuie la petite larme qui a commencé à perler au coin de mon œil. J'ai besoin de souffler. J'ai besoin d'une petite pause. C'est trop de sport, d'écouter ses histoires, à Edmund...
— Nooooon. Vraiment ? Arrête de te foutre de ma gueule.
Chris. Un des hommes les plus sympathiques et cools qu'il m'ait été donné de rencontrer. Celui qui connaît absolument tout le monde, qui ne manque jamais d'honnêteté et qui possède le sens de l'humour le plus aiguisé qui soit. Mais qui, étonnamment, sait se montrer à la hauteur de ses responsabilités lorsqu'on s'y attend le moins. Mais jamais sans y apporter sa petite touche personnelle, pour notre plus grand bonheur.
— On parle bien du même Chris ? Le responsable de bar ? T'es sûr ?
Je ne cache pas un nouveau pouffement lorsqu'il hoche honteusement la tête. Sérieusement ? Comment est-ce simplement possible de s'embrouiller avec Chris ? Il se moque de tout ! Les seules fois où je l'ai vu se prendre réellement le bec avec des clients, c'était parce que c'étaient des clients irrespectueux qui avaient dégradé consciemment et volontairement son précieux bar. C'est tout. Et c'était totalement légitime. Mais Edmund...
— Mais comment t'as fait ton coup ? T'as pissé sur une table ?!
— Hé ! J'ai un peu d'honneur, merci !
Honneur... Sortant de sa bouche... Soit il n'en a pas du tout fait preuve pour avoir réussi à se le mettre à dos, soit il en a justement un peu trop eu et... Il s'est retrouvé dans l'exacte même situation que je lui ai décrite auparavant : à lutter pour une cause qui n'en vaut pas la peine au lieu de simplement ignorer l'événement et passer à autre chose pour passer une bonne soirée. Mais non. C'est visiblement trop compliqué pour lui.
— Il t'a fait une pique que tu as prise premier degré ? Dans ce cas-là, je te rassure : il s'en fout. Tu peux revenir tr-...
— Non non, j'ai...
Il laisse sa phrase en suspens, cherchant visiblement ses mots. Puis il abandonne l'idée de la finir en détournant le regard, essayant de se soustraire au mien.
Il a honte.
Alors là... Je ne sais pas ce qu'il a fait. S'il n'a ni abîmé son bar ni mal compris son humour noir, qu'il s'est embrouillé avec lui et qu'il en a honte... Wow. Qu'est-ce qu'il a fait ?
Mes yeux s'écarquillent brutalement lorsque la vérité me frappe. Je comprends enfin pourquoi Edmund est venu rendre une "visite familiale" à Jo' et Bella'. Pourquoi il est venu me voir. Et pourquoi il ne le fait que maintenant, après trois ans sans contact.
Finalement, ce qu'il a bien pu faire importe peu. Puisque ma réponse à sa future suggestion sera toute faite. Il est hors de question que je sois mêlée à cette affaire, de près ou de loin.
Alors qu'il commence à ouvrir la bouche, je l'interromps :
— Tu veux que j'aille parler à Chris.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
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Comme des gamins
Ah.
Je ferme la bouche. Finalement, je n'en aurai pas besoin tout de suite.
C'est que... Ça bousille un peu mes plans, là. T'as juste sauté une étape. Mais tranquille, sinon.
— C'est... Une question ?
— C'est une affirmation.
Je baisse de nouveau le regard. Ça non plus, je n'en aurai pas besoin tout de suite.
— T'es vraiment qu'une sale petite merde.
Et sur ces très belles paroles, elle se lève.
— Non non non, attends !
Je me lève précipitamment à sa suite, passant d'allongé à debout en un quart de seconde.
Je sens que ma tête n'a vraiment pas aimé ce mouvement puisqu'elle se met un peu à tourner et j'ai la vision qui se brouille l'espace de quelques secondes mais je m'en fiche bien. Je n'ai qu'un seul objectif : lui saisir le bras avant qu'elle ne rejoigne la fenêtre qui donne sur le grenier et ne s'évapore. Ce que j'arrive à faire au bout de deux tentatives. Miraculeusement et maladroitement.
Je retrouve la vue en même temps que je la vois se retourner brutalement vers moi. Plus aucune once de chaleur ou de complicité dans ses yeux. Juste... Un regard froid. Glacial. Et porté de jugement. Beaucoup de jugement.
— Je ne veux pas savoir que tu as fait. Je ne veux pas être mêlée à ça. Je ne veux même pas que tu daignes citer mon nom. Tu as fait de la merde ? Tu t'excuses. C'est aussi simple que ça.
Je reste bouche bée tandis qu'elle se dégage le bras d'un coup sec pour rejoindre la fenêtre. Toujours aussi froide.
Je... Je...
Je sais pas quoi faire.
Je ne sais plus quoi faire.
Donc je me contente de me rassoir en tournant de nouveau le dos à la fenêtre. Droit sur la rue en contrebas. Je plie mes jambes contre mon torse. Puis je glisse mes bras autour de mes jambes. Et je pose mon menton sur mes genoux. Voilà.
J'ai l'air bien con, maintenant. Comme ça.
Oui. J'ai en effet pensé à demander à June de parler à Chris pour avoir plus de chance la prochaine fois que je mettrai les pieds au Pitiponk et la prochaine fois que j'aurai à affronter son courroux. Mais ça, je n'y ai pensé qu'il y a quelques minutes à peine, lorsque la conversation a dérivé sur ça. De base, si je suis venu...
C'est simplement parce qu'elle me manquait.
À vrai dire, je ne m'attendais pas à ce que ma relation avec un simple responsable de bar me fasse autant penser à ma relation avec une de mes sœurs. Et, le fait de la voir se risquer à la ruine aussi facilement... Ça m'a juste rappelé que j'avais une autre relation similaire. Censée être beaucoup plus solide puisque créée par les liens du sang. Ça m'a fait ressentir à quel point la maison était vide, ennuyeuse et oppressante depuis son départ. Puisque je suis bien plus souvent à la maison maintenant que je ne suis plus à Poudlard. Et... Ça m'a rendu nostalgique. Tout simplement.
Mais je doute que, si je lui dis qu'elle me manquait parce que ma relation avec Chris me faisait penser à sa relation avec elle, elle le prenne bien. Et puis, de toute manière, c'était trop suspect que je débarque comme une fleur trois ans plus tard. Mieux vaut qu'elle ait une justification derrière cela. Je veux dire, autre qu'un simple « tu me manquais ». Elle n'aurait jamais gobé ça. Finalement, elle l'a trouvée toute seule, sa justification. Tant mieux.
Je soupire longuement en méditant à tout ce qu'elle m'a sorti ce soir. Tout cet innombrable flot de reproches, comme quoi c'est toujours ma faute et que c'est moi le problème... Ça alors, elle n'a pas lésiné là-dessus. Elle me l'a bieeeeen fait savoir. Je n'ai jamais autant pris sur moi dans mes souvenirs. Généralement, je craquais en quittant la pièce bien avant.
Peut-être... Que je devrais essayer. Accepter de ne pas tout savoir. Laisser les autres m'apprendre des leçons. Laisser couler. Aller... M'excuser.
Hm. Non, peut-être pas le dernier point, quand même. Il ne faut pas abuser.
Mais, visiblement, sans l'écouter, je me retrouve toujours dans des situations pas possibles. Eh bien... Soit. Je vais essayer de l'écouter. Appliquer quelques uns de ses conseils. Et on verra bien si ça marche, au fil du temps, hein. Comme ça, elle ne pourra pas me reprocher de ne pas l'avoir écouté, aujourd'hui. Comme ça, elle n'aura d'autre choix que d'admettre que je suis capable de lui rendre visite simplement parce que j'ai envie de la voir, et non pas simplement par intérêt. Comme ça, à défaut d'avoir un responsable de bar, je gagnerai peut-être une soeur dans le lot.
Je ne suis vraiment pas convaincu mais rien que pour lui prouver qu'elle a tort, je suis prêt à le faire.
Je ferme la bouche. Finalement, je n'en aurai pas besoin tout de suite.
C'est que... Ça bousille un peu mes plans, là. T'as juste sauté une étape. Mais tranquille, sinon.
— C'est... Une question ?
— C'est une affirmation.
Je baisse de nouveau le regard. Ça non plus, je n'en aurai pas besoin tout de suite.
— T'es vraiment qu'une sale petite merde.
Et sur ces très belles paroles, elle se lève.
— Non non non, attends !
Je me lève précipitamment à sa suite, passant d'allongé à debout en un quart de seconde.
Je sens que ma tête n'a vraiment pas aimé ce mouvement puisqu'elle se met un peu à tourner et j'ai la vision qui se brouille l'espace de quelques secondes mais je m'en fiche bien. Je n'ai qu'un seul objectif : lui saisir le bras avant qu'elle ne rejoigne la fenêtre qui donne sur le grenier et ne s'évapore. Ce que j'arrive à faire au bout de deux tentatives. Miraculeusement et maladroitement.
Je retrouve la vue en même temps que je la vois se retourner brutalement vers moi. Plus aucune once de chaleur ou de complicité dans ses yeux. Juste... Un regard froid. Glacial. Et porté de jugement. Beaucoup de jugement.
— Je ne veux pas savoir que tu as fait. Je ne veux pas être mêlée à ça. Je ne veux même pas que tu daignes citer mon nom. Tu as fait de la merde ? Tu t'excuses. C'est aussi simple que ça.
Je reste bouche bée tandis qu'elle se dégage le bras d'un coup sec pour rejoindre la fenêtre. Toujours aussi froide.
Je... Je...
Je sais pas quoi faire.
Je ne sais plus quoi faire.
Donc je me contente de me rassoir en tournant de nouveau le dos à la fenêtre. Droit sur la rue en contrebas. Je plie mes jambes contre mon torse. Puis je glisse mes bras autour de mes jambes. Et je pose mon menton sur mes genoux. Voilà.
J'ai l'air bien con, maintenant. Comme ça.
Oui. J'ai en effet pensé à demander à June de parler à Chris pour avoir plus de chance la prochaine fois que je mettrai les pieds au Pitiponk et la prochaine fois que j'aurai à affronter son courroux. Mais ça, je n'y ai pensé qu'il y a quelques minutes à peine, lorsque la conversation a dérivé sur ça. De base, si je suis venu...
C'est simplement parce qu'elle me manquait.
À vrai dire, je ne m'attendais pas à ce que ma relation avec un simple responsable de bar me fasse autant penser à ma relation avec une de mes sœurs. Et, le fait de la voir se risquer à la ruine aussi facilement... Ça m'a juste rappelé que j'avais une autre relation similaire. Censée être beaucoup plus solide puisque créée par les liens du sang. Ça m'a fait ressentir à quel point la maison était vide, ennuyeuse et oppressante depuis son départ. Puisque je suis bien plus souvent à la maison maintenant que je ne suis plus à Poudlard. Et... Ça m'a rendu nostalgique. Tout simplement.
Mais je doute que, si je lui dis qu'elle me manquait parce que ma relation avec Chris me faisait penser à sa relation avec elle, elle le prenne bien. Et puis, de toute manière, c'était trop suspect que je débarque comme une fleur trois ans plus tard. Mieux vaut qu'elle ait une justification derrière cela. Je veux dire, autre qu'un simple « tu me manquais ». Elle n'aurait jamais gobé ça. Finalement, elle l'a trouvée toute seule, sa justification. Tant mieux.
Je soupire longuement en méditant à tout ce qu'elle m'a sorti ce soir. Tout cet innombrable flot de reproches, comme quoi c'est toujours ma faute et que c'est moi le problème... Ça alors, elle n'a pas lésiné là-dessus. Elle me l'a bieeeeen fait savoir. Je n'ai jamais autant pris sur moi dans mes souvenirs. Généralement, je craquais en quittant la pièce bien avant.
Peut-être... Que je devrais essayer. Accepter de ne pas tout savoir. Laisser les autres m'apprendre des leçons. Laisser couler. Aller... M'excuser.
Hm. Non, peut-être pas le dernier point, quand même. Il ne faut pas abuser.
Mais, visiblement, sans l'écouter, je me retrouve toujours dans des situations pas possibles. Eh bien... Soit. Je vais essayer de l'écouter. Appliquer quelques uns de ses conseils. Et on verra bien si ça marche, au fil du temps, hein. Comme ça, elle ne pourra pas me reprocher de ne pas l'avoir écouté, aujourd'hui. Comme ça, elle n'aura d'autre choix que d'admettre que je suis capable de lui rendre visite simplement parce que j'ai envie de la voir, et non pas simplement par intérêt. Comme ça, à défaut d'avoir un responsable de bar, je gagnerai peut-être une soeur dans le lot.
Je ne suis vraiment pas convaincu mais rien que pour lui prouver qu'elle a tort, je suis prêt à le faire.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
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Comme des gamins

— June !
Tiens. Revoilà le petit emmerdeur, qui descend du toit.
Alors qu'il rentre dans la salle de bain, je lui désigne la porte par laquelle il vient de rentrer de ma main gauche, ma main droite étant occupée à secouer la brosse à dents dans ma bouche.
— June...
— Ga hortie h'est ar là.
Ce n'est pas très clair mais il comprendra. J'espère. Il faut dire que je ne peux pas vraiment faire mieux à l'heure actuelle.
Mais rien. Absolument rien ne me fera revenir sur ma décision. Donc il faut qu'il sache que ça ne servira à rien d'argumenter. Donc mieux vaut qu'il quitte la maison dès maintenant. On gagnera du temps tous les deux. Qu'importe ce qu'il dit, jamais je ne-...
— Je vais m'excuser.
Ma mâchoire tombe. Ma brosse à dents avec.
Pardon ? J'ai bien entendu ?
Comme s'il comprenait mon interrogation silencieusement via mon regard incrédule, il se permet de répéter. Avec un léger sourire, de plus. Il a presque l'air fier de son coup.
— Je vais aller m'excuser auprès de Chris.
Non, il n'a presque l'air fier. Il est absolument fier de son coup. Ça cache quelque chose. Ça cache forcément quelque chose.
— Et reconnaître mes torts, et apprendre des leçons des autres, et lâcher prise, et blablabla. Tout ce que t'as dit. Et on verra bien si le problème vient vraiment seulement de moi.
Alors ça... Il faut pas me le dire deux fois.
Je récupère la mousse du dentifrice de ma bouche dans l'optique de la recracher dans l'évier. Mais, au lieu de la recracher dans l'évier, je la recrache sur le nez d'Edmund.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
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Comme des gamins
Mon sourire disparu, les yeux clos et les sourcils arqués sous le choc, la seule raison pour laquelle je n'ouvre pas la bouche est pour éviter que le mélange de mousse et de salive qui me colle allègrement au visage ne dégouline pas dedans.
ELLE SE FOUT DE MOI ?
L'évier. J'ai besoin de l'évier. C'est plus vital que son rinçage de dents à la con, là !
Elle est carrément entre l'évier et moi donc je la bouscule pour pouvoir l'atteindre et pour pouvoir me retirer cet ignoble mélange du visage. Et lorsque, je me retourne vers elle... Elle pouffe comme une grosse gamine. Non mais j'hallucine.
— T'ES SÉRIEUSE ?
— HAHAHAHA !
Je vais la tuer. C'est aussi simple que ça : je vais la tuer. Sur place et sur le champ.
Mais elle se contente de se rincer la bouche derrière moi comme si de rien n'était. Comme si elle ne venait pas de me cracher au visage. LITTÉRALEMENT.
— Je fais un pas monstrueux vers toi et tout ce que tu trouves à répondre, c'est me cracher au visage ? Sérieusement ?!
— Rétroactivité. Rétr-...
Elle s'interrompt elle-même en s'essuyant avec la serviette pour avoir la bouche totalement libre avant de reprendre.
— Tu l'as dit toi-même : reconnaître tes torts.
— J'ai fait quoi dans les quinze dernières secondes pour mériter ça ?!
— Tu m'as dérangé pendant que j'étais en train de me brosser les dents alors que je t'avais fait explicitement savoir que je ne voulais pas te voir ?
— Mais c-... !
— Et, malheureusement pour toi, la vie ne commence pas à partir de l'instant où t'as décidé que tu arrêterais d'être un connard.
— Mais j-... !
— Donc il faut non seulement que t'assumes ce que tu fais à partir de maintenant mais aussi ce que t'as fait par le passé. Et j'ai toujours pas reçu de promesse d'excuse, moi.
— Mais...
Cette fois-ci, ce n'est pas elle qui m'interrompt mais moi-même. Elle a pas tort.
— Je... Pardon. T'es contente ?
— C'est pas du tout sincère mais c'est un début, on va dire. En tout cas, félicitations : tu as mis sept secondes, chrono en main, pour briser tes résolutions.
— MAIS TU M'AS CRACHÉ DESSUS !
— Et estime-toi heureux ! Il y en a qui seraient beaucoup moins cléments que moi !
J'ouvre la bouche pour répliquer. Puis je la referme aussitôt. Ah ?
— T'es plus à Poudlard, tu sais. Tu peux plus te cacher derrière les profs en cas de problème.
Pourquoi cette conversation prend une tournure que je n'aime pas du tout ? Pourquoi j'ai l'impression qu'elle sous-entend que certaines personnes sont capables de me jeter un sortilège pour se venger alors que j'ai le dos tourné ?
Mais... La police est faite pour ça. Non ? C'est juste... Un peu moins cadré. Certes. Mais... Elle reste représentante de la loi. Non ?
— Et tu risques de t'attirer des ennuis plus gros que toi si tu l'ouvres comme ça devant le mauvais sorcier.
Dit-elle avec son immense sourire et en me prenant le bras pour me faire un bisou sur l'épaule, faute d'être assez grande pour pouvoir le faire sur la tête.
Ce à quoi je réponds en déglutissant, nerveux. Quand June utilise la technique des câlins et des bisous, c'est toujours une menace. Toujours.
ELLE SE FOUT DE MOI ?
L'évier. J'ai besoin de l'évier. C'est plus vital que son rinçage de dents à la con, là !
Elle est carrément entre l'évier et moi donc je la bouscule pour pouvoir l'atteindre et pour pouvoir me retirer cet ignoble mélange du visage. Et lorsque, je me retourne vers elle... Elle pouffe comme une grosse gamine. Non mais j'hallucine.
— T'ES SÉRIEUSE ?
— HAHAHAHA !
Je vais la tuer. C'est aussi simple que ça : je vais la tuer. Sur place et sur le champ.
Mais elle se contente de se rincer la bouche derrière moi comme si de rien n'était. Comme si elle ne venait pas de me cracher au visage. LITTÉRALEMENT.
— Je fais un pas monstrueux vers toi et tout ce que tu trouves à répondre, c'est me cracher au visage ? Sérieusement ?!
— Rétroactivité. Rétr-...
Elle s'interrompt elle-même en s'essuyant avec la serviette pour avoir la bouche totalement libre avant de reprendre.
— Tu l'as dit toi-même : reconnaître tes torts.
— J'ai fait quoi dans les quinze dernières secondes pour mériter ça ?!
— Tu m'as dérangé pendant que j'étais en train de me brosser les dents alors que je t'avais fait explicitement savoir que je ne voulais pas te voir ?
— Mais c-... !
— Et, malheureusement pour toi, la vie ne commence pas à partir de l'instant où t'as décidé que tu arrêterais d'être un connard.
— Mais j-... !
— Donc il faut non seulement que t'assumes ce que tu fais à partir de maintenant mais aussi ce que t'as fait par le passé. Et j'ai toujours pas reçu de promesse d'excuse, moi.
— Mais...
Cette fois-ci, ce n'est pas elle qui m'interrompt mais moi-même. Elle a pas tort.
— Je... Pardon. T'es contente ?
— C'est pas du tout sincère mais c'est un début, on va dire. En tout cas, félicitations : tu as mis sept secondes, chrono en main, pour briser tes résolutions.
— MAIS TU M'AS CRACHÉ DESSUS !
— Et estime-toi heureux ! Il y en a qui seraient beaucoup moins cléments que moi !
J'ouvre la bouche pour répliquer. Puis je la referme aussitôt. Ah ?
— T'es plus à Poudlard, tu sais. Tu peux plus te cacher derrière les profs en cas de problème.
Pourquoi cette conversation prend une tournure que je n'aime pas du tout ? Pourquoi j'ai l'impression qu'elle sous-entend que certaines personnes sont capables de me jeter un sortilège pour se venger alors que j'ai le dos tourné ?
Mais... La police est faite pour ça. Non ? C'est juste... Un peu moins cadré. Certes. Mais... Elle reste représentante de la loi. Non ?
— Et tu risques de t'attirer des ennuis plus gros que toi si tu l'ouvres comme ça devant le mauvais sorcier.
Dit-elle avec son immense sourire et en me prenant le bras pour me faire un bisou sur l'épaule, faute d'être assez grande pour pouvoir le faire sur la tête.
Ce à quoi je réponds en déglutissant, nerveux. Quand June utilise la technique des câlins et des bisous, c'est toujours une menace. Toujours.
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
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Comme des gamins

Et le plus triste dans tout ça, c'est qu'il n'y a que l'effrayer qui a l'air de vraiment fonctionner.
Il faut croire qu'il ne changera jamais. Mais peut-être que la crainte d'une réelle menace lui fera, a minima, changer son comportement.
C'est après tout un peu de cette manière que j'ai moi-même peu à peu arrêté ma consommation : la crainte de ne jamais être prise chez les Harpies. Il faut croire que les sourcils froncés et les retenues de Mr Featherstone lorsqu'il a su que j'étais aussi bonne en botanique parce que je m'amusais à essayer des trucs avec des feuilles de dictame et de mandragore n'ont pas été des motifs assez effrayants à mes yeux. Dès que cela concerne un sujet qui nous tient réellement à cœur, on est subitement plus attentifs et on fait preuve de plus de bonne volonté. Du simple bon sens pur et dur.
Tiens. Ça me donne peut-être même une meilleure idée de mise en pratique pour les "résolutions" d'Edmund. Parce qu'il semble toujours avoir oublié qu'il me devait des excuses. L'idée de lui recracher dessus m'est, bien évidemment, venue à l'esprit mais je pense qu'il est dans un état encore un peu trop tendu pour ne pas réaboyer dès que j'aurai ouvert la bouche. Donc je vais essayer une autre stratégie. Et on verra bien s'il arrive à tenir la soirée.
— Donc... Le Pitiponk, c'est mort. C'est ça ?
Il hausse les sourcils, essayant de reprendre un air nonchalant et détaché :
— Bah laisse-moi quelques jours et c-...
— Non mais pour ce soir.
Il se tait et m'observe, incrédule.
— Ce soir ?
— Ce soir.
L'abandonnant à sa perplexité, je le dépasse pour rejoindre ma chambre.
Je vais quand même pas y aller en sweat. J'ai un peu de respect pour cette adresse. Non, je vais plutôt prendre... Hmm, cette veste en cuir, elle pue ? Je la porte à mon nez pour la renifler. Ça passe. Avec un p'tit décolleté et un p'tit jean à la place de mon jogging, ce sera nickel.
— Bon, tu te bouges ?
Je commence à m'impatienter. Je suis déjà prête, en train de me mettre du déo sous les bras, alors qu'il est toujours dans la salle de bain. De laquelle il ressort enfin la tête.
— Je vais quand même pas y aller comme ça !
— Mais si ! Du moment que t'es pas en pyjama, tranquille.
En plus on est samedi soir. C'est le soir parfait pour venir décontracté.
Alors que je jette le déo sur mon lit, je tends ma main vers Edmund qui l'observe comme si elle allait l'entraîner dans le plus grand guet-apens de sa vie. Ce qui n'est techniquement pas faux, en soi.
Après quelques secondes, il se décide finalement à attraper ma main. Et, en un claquement sonore, on se retrouve devant la devanture rouge du bar. Les lettres dorées éclairées ne laissent pas libre à court à l'interprétation. Je ne me suis pas gourée au niveau de l'adresse, c'est déjà ça.
— « La Fausse Danse » ?
Reducio

Je m'arrête ici pour Cardiff. À dans 7 ans pour la suite 
Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
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