Dans les rues de Londres
Il était tard. La nuit était tombée. Il faisait froid. La neige s'accumulait sur les trottoirs. Elle était en retard, très en retard. Sa mère allait la gronder. Mais elle tremblait de tous ses membres. Elle sentait que la fièvre montait.
Du haut de ses jambes de petites filles, elle courrait. Des montres, formés d'ombres et d'arbres, la poursuivaient. Les rares passants dans la rue ne voyaient rien. Tous étaient Moldus. Les Moldus ne remarquaient jamais rien, ils ne comprenaient rien au monde des sorciers.
Sa maison était proche. A quelques rues d'ici. Pourtant, la jeune Whitmore sentait qu'elle ne l'atteindrait pas. Et ses parents devaient être morts d'inquiétude... La culpabilité la rongeait. Elle ne connaissait pas grand-chose à la vie mais elle savait qu'elle était aimée par au moins les deux personnes qui lui avaient donnés la vie.
Alors pourquoi avait-elle agi ainsi ? Pourquoi avait-elle piqué sa crise ? Pourquoi avait-elle décidé de s'enfuir ? A 6 ans, on est stupide... On veut découvrir, on veut s'amuser, on veut jouer. Elle avait hâte d'être une adulte. De pouvoir, comme sa mère, mettre du maquillage et des hauts talons. De pouvoir, comme son père, mettre un costard et une cravate.
Mais en attendant, elle se retrouvait là, à hurler et pleurer, parce qu'on lui avait dit d'aller à la douche alors qu'elle jouait avec ses poupées. Oh, bien sûr, c'était un drame et elle ne le pardonnerait jamais à son père. Toutefois, elle aurait bien aimé ne pas s'être énervée pour ça.
Dans son petit périple de 20 minutes, elle avait réalisé toute la chance qu'elle avait. Elle avait un toit, de la nourriture et un lit, contrairement aux personnes sans maison qu'elle avait croisés.
Elle ne se sentait pas bien. Elle savait qu'il ne lui restait plus qu'une rue à traverser. Mais elle n'y arriverait jamais. Elle était trop mal. A bout de forces, ses jambes incapables de la porter, elle s'assit sur le trottoir, frigorifiée... sauf que le trottoir était gelé. Elle fondit en larmes...
Elle se réveilla quelques temps après, dans son lit, bien au chaud. Un petit mot, écrit par la main de sa mère, était posé à côté :
Reducio
Plus de poupée pendant une semaine. Au lit juste après le repas et ta douche. Tu nous as fait une peur bleue ! Nous sommes au travail. Ne t'avise plus jamais de sortir comme ça de la maison ! Papa t'a préparé de la soupe pour ce midi.
Bisous, ma puce.
PS : Le docteur a dit que tu avais pris un bon coup de froid, mais rien de grave. Tu seras remise dans quelques jours.
Bisous, ma puce.
PS : Le docteur a dit que tu avais pris un bon coup de froid, mais rien de grave. Tu seras remise dans quelques jours.
Elle s'en sortait plutôt bien. Elle se serait attendue à pire, vu sa mère. Cependant, elle se fit une promesse : plus jamais elle ne chercherait à s'enfuir.
Tandis qu'elle marchait dans les rues pour rentrer chez elle, après avoir passé les vacances chez sa grand-mère, ce souvenir resurgit dans l'esprit de Rosalind. Elle avait tenu sa promesse. Et désormais, dans un mois, elle serait à Poudlard, loin de ses parents...
Dernière modification par Rosalind Whitmore le 25 mars 2026, 19:57, modifié 1 fois.
#ed6d94 - Fiche PR - Capitaine des AA (quoi qu’en disent Orion et Cassy) et Elue de Jedusor
Absence des vacances
Dans les rues de Londres
Ma très chère marraine,
Je t'écris cette lettre, sans savoir si tu la liras un jour. Cela fait plusieurs semaines aujourd'hui que tu es dans le coma et pourtant, je continue chaque week-end de me lever à 6h, en attente que papa m'amène chez toi car maman et lui travaillent et ne peuvent pas s'occuper de moi...
Je te vois, en train de m'attendre, préparant des Chocogrenouilles faites maison, que l'on dégustera, en guise de petit déjeuner, sur la terrasse, le lever de soleil en fond. Après cela, tu m'amèneras à Godric Hollow's faire tes courses. Et pendant qu'ébahie, je poursuivrai les objets enchantés, tu discuteras avec les commerçants, échangeant les dernières nouvelles et faisant tes achats de la semaine. Au passage, tu achèteras trois paquets de sucreries en toutes sortes, qu'on grignotera tout le week-end, en libre accès.
Puis, avant de rentrer, si on a le temps, on s'arrêtera dans des boutiques en toutes sortes. On essaiera des vêtements, des bijoux, du maquillage, des jeux, des livres et plein d'autres jeux encore. Comme tu es l'une des personnes les plus adorables que je connaisse, tu accepteras de me payer tous mes coups de cœur.
Quand on sera de retour chez toi, tu prépareras le repas du midi. Moi, j'irai dans le jardin et pendant que la bonne préparera la table, je ferai de cette géante balançoire magique que tu m'as construite. Tu es une personne très manuelle, j'en serai à jamais admirative. Tes constructions sont toujours empreintes d'une pointe de magie qui demande un tel level d'expérience que des fois, je me demande si tous les sorciers expérimentés seraient vraiment capables de faire ça.
Ensuite, on s'installera pour manger. Tu me raconteras des anecdotes sur ma mère et toi quand vous étiez petites. Vous avez fait les cent coups ensemble... j'aimerais avoir une amitié comme la vôtre avec quelqu'un un jour.
L'après-midi, je m'en suis éternellement plainte, mais il faut que je te l'avoue maintenant car je ne veux pas que tu restes encore une seconde de plus sans le savoir : même si je râlais en disant que je m'ennuyais, en réalité, je pouvais rester des heures en train de te regarder créer des habits de tes mains de fée. J'adorais te servir de mannequin.
Le soir, quand ma mère venait me récupérer, j'étais triste et déçue. J'étais impatiente du prochain week-end. En cours, à l'internat, quand je n'étais pas écoutée à suivre les cours, je comptais dans ma tête les jours avant la fin de la semaine en imaginant tous types de scénarios avec toi.
Mais hors de ces week-end, je crois que je n'oublierai jamais les vacances formidables que je vivais quand vous veniez avec nous, ton neveu et toi. Il y en a tant qui m'ont marquées : Bali, Tokyo, Seattle, Rio...
Te souviens-tu, quand dans cette première destination, tu as réalisé qu'une immense araignée était en train de te monter dessus ? Tu as eu bien peur et nous, on a bien rigolé ! Après, on a passé le séjour à venir derrière toi et à te frôler avec nos doigts. A chaque fois, tu sursautais en criant, persuadée que c'était à nouveau l'araignée.
A Rio, l'un de mes meilleurs souvenirs est la grande fête de quartier à laquelle on avait assistée ! Anton, ton cher neveu, s'était mis en tête d'apprendre une danse du ventre avec une madame qui proposait des cours... dommage qu'il ne parlait pas la langue ! Il était en pleine improvisation et ça énervait la madame. Nous, on était en fou rire.
Et je pourrais continuer ma liste encore longtemps...
Je n'ai plus eu de nouvelles d'Anton depuis que l'accident s'est produit. Papa et Maman m'ont dit que ton frère refusait de parler à qui que ce soit, donc impossible d'avoir de nouvelles de son fils. Il me manque un peu. On s'amusait bien ensemble, même s'il avait cinq ans de plus que moi, il était très gentil. Il m'achetait de la glace à l'italienne avec ses économies au moins une fois par vacances !
Cela me fait tellement bizarre de me dire que jamais, je ne t'enverrai cette lettre... D'habitude, quand je t'écris, c'est pour te raconter comment ça se passe pour moi les cours.
Je vais te confier un secret : je n'ai plus envie d'aller à Poudlard. Je ne veux pas emprunter ces couloirs, je ne veux pas aller à Serpentard, je ne veux pas rencontrer les fantômes. Parce que je ne pourrai rien te raconter. Je pourrai toujours t'écrire des lettres comme celles-là, mais tu ne les liras pas alors ça ne servira à rien.
A vrai dire... je ne veux rien faire. Je veux juste pleurer des fois. Papa et Maman ont déjà prévu notre prochain voyage. Mais sans toi ce sera différent. Surtout que j'ai peur qu'on s'éloigne et qu'entretemps, on apprenne que c'est fini.
Et voilà. Je pleure maintenant et je suis en train de tremper ce bout de papier. Mais t'écrire me fait trop de bien, je ne peux pas y renoncer, alors tant pis. Ce sera un torchon illisible et mouillé, mais au moins, je me serai lâchée.
Cette nuit, j'ai fait un cauchemar. Je suis allée me réfugier dans le lit de Papa et Maman et j'ai terminé la nuit avec eux car c'était trop horrible. Ils m'ont rassurée mais j'ai senti Papa pleurer après en silence et je suis sûre que Maman s'est retenue. En fait, j'ai rêvé que je me réveillais soudainement dans les couloirs de Poudlard et qu'il y avait ton fantôme devant moi. Mais il me disait que je ne méritais pas d'être ici, avant de se transformer en une créature noire flottant dans les airs, dont je n'ai plus de souvenir précis. Des larmes s'écoulaient sur mes joues à mon réveil.
Maman m'appelle. Elle me propose d'aller faire une sortie shopping toutes les deux. C'est la quatrième du mois. Mais je vais y aller car j'adore ces moments. Je crois que maman aussi, ça lui fait du bien. Papa, lui, c'est en lisant sur le coma sorcier qu'il va mieux. Et en criant sur les gens qui s'occupent de toi.
Je dois y aller, Maman me presse.
I love you to the moon and back,
Ta filleule, Lili.
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