Le cœur d'Aliosus

L'image d'une Lumah Greenleaf suspendue dans les airs par un mouvement de baguette d'un Dale l'air bien trop ravi de son exploit était une image non pas courante, mais disons que dans une grande salle remplie de jeunes sorciers et sorcières de tous âges et de toutes naissances, Aliosus avait eu le temps de voir son lot de curiosité. Ici le principal attrait de la scène était l'air complètement ahurie de la Poufsouffle alors qu'elle se balançait au dessus des tables du petit déjeuner. Dieux soient loués, la gravité ne compromis en rien la pudeur de l'amie d'Élicia, et bientôt elle se retrouva, avec l'insupportable Serpentard - Merlin savait ce qu'il avait prévu d'en faire - hors de vue.

Il se tourna de nouveau vers la table, continuant de masser sans y penser l'arrière de son crâne où il sentait déjà la déformation se former sous ses doigts. Il entreprit de réunir ses affaires dispersées par l'interruption inopinée qui avait eu lieu. Un couteau là, sa tartine ici... Il en croqua un large morceau, il avait être en retard avec ses stupides histoires. Comment s'y était elle pris pour trébucher alors qu'elle foulait ce sol tous les jours, plusieurs fois par jours depuis des années, il bu une nouvelle gorgée et prépara mentalement cette question à poser à Elicia qui était assise en face de lui.

«Dit moi Élicia, comment se fait-il qu'après toutes ces années, je ne t'ai pas dit explicitement combien tes tâches de rousseurs sublimaient ton visage ? C'est vraiment incroyable comment, à l'arrivée des beaux jours, elles refleurissent comme des soucis dans une prairie irlandaise, ça me rappelle les paysages de mon enfance, je pourrai me perdre dans leur contemplation pendant des heures, heureusement que tes yeux m'en distraient sinon...»

Voilà qui était dit et bien dit. Il continua sa tartine en songeant à la journée qui venait. Après les deux heures de sortilèges, et jusqu'à son option d'Histoire de la magie, de dix heures à 17h, il disposait d'une large plage de temps libre qui lui permettrait d'avoir le temps de proposer Élicia un déjeuner en tête à tête près du lac et une ballade seul à seul dans le parc, magnifique a cette saison. Il fini sa bouchée et reposa les yeux sur elle, pas que les yeux d'ailleurs, sous la table, son pied s'élança en avant afin de trouver le sien et d'établir un contact physique. Il ne supportait pas d'être privé d'elle, même à un mètre de distance.

«Merci pour tout à l'heure, pour ta sollicitude je veux dire, à l'égard de ma blessure. Je vais bien, rien qu'une bosse. Je te promets que si je ne me sens pas bien je te préviendrai, je ne peux avoir aucun secret pour toi tu sais, je veux tout te dire Élicia. Son pied remonta un peu sur le mollet de la Poufsouffle. Tout...»

Il lui tardait de lui en dire plus, il craignait de la faire fuir mais les mots se bousculaient dans sa gorge pour avoir l'honneur d'être prononcés et entendus les premiers par les délicates esgourdes de la sulfureuse rousse aux yeux bleus.

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Le cœur d'Aliosus
Tout était confus dans la tête d’Élicia. Entre Lumah qui s’était retrouvée à passer derrière Aliosus pour sortir de la Grande Salle, prétextant une envie pressante, Lumah qui s’était accrochée à Aliosus en tombant et l’avait entraîné avec elle dans sa chute… Aliosus qui comme à son habitude avait les mots les plus doux pour exprimer sa… frustration ? Colère ? Puis les deux qui s’assuraient qu’ils n’avaient rien, pour qu’au final Élicia soit prête à accompagner Lumah à l’infirmerie, histoire d’être sûre. Et voilà qu’Edmund faisait son apparition dans l’affaire. Pas pour se moquer ou quoi, non, il avait emmené, kidnappé Lumah. Il l’avait soulevé du sol à l’aide d’un sort et Élicia n’avait pas su quoi faire à part regarder sa meilleure amie se débattre tandis que les deux sortaient de la Grande Salle, disparaissent derrière sa grande porte.

C’était ce qu’elle était : confuse. Que faire, que dire, que ? Tout s’était passé bien trop vite pour qu’elle arrive à réagir rapidement, et correctement. Alors elle était restée là à fixer le point où Lumah et Dale avaient disparut, avant de secouer la tête comme pour se réveiller. Ses cheveux avaient suivi son mouvement, chatouillant ses joues et sa nuque. Ses yeux s’étaient ensuite tournés vers la table à côté d’elle, et Aliosus. Elle n’allait quand même pas retourner s’asseoir à sa place comme si de rien était… Et puis tant pis, elle avait suffisamment de temps pour recommencer un petit déjeuner, il y avait encore de quoi se servir ici.
Élicia fit rapidement le tour de la table – heureusement Aliosus et Dale s’étaient installés pas loin du bord - et se mit en face d’Aliosus. La place était libre, et de toute façon ça aurait été quelque peu embarrassant si elle s’était assise à côté. Pas pratique pour converser.
Le temps de s’installer à sa nouvelle place, la jeune sorcière avait cherché des yeux Maxence et Tess assis bien plus loin, mais puisqu’ils ne se tournèrent pas vers elle, elle reporta son attention vers son ami et lui sourit.

Ses sourcils se froncèrent légèrement lorsqu’elle remarqua qu’il se frottait l’arrière du crâne. Avait-il une bosse ? Peut-être aurait-il du aller à l’infirmerie, lui aussi. Au cas où.
Elle se pencha suffisamment pour attraper une assiette, y mit deux tranches de bacons, un œuf au plat, et une gaufre saupoudrée de sucre. Suffisant, elle avait déjà mangé deux tartines à sa place, à la table Poufsouffle. Plus tard elle irait chercher le reste de son assiette, mais pas maintenant.
Un instant plus tard, un verre rempli de jus de citrouille accompagnait le tout, et enfin Élicia commença à manger.

Aliosus choisit cet instant pour continuer la conversation. Enfin, la relancer serait plus juste. Avec… Hein ? Elle avait bien entendu ? Qu’est-ce qu’il lui arrivait ? Elle rêvait. Forcément.
Dans un geste particulièrement élégant, la jeune fille arrêta sa fourchette piquée d’un morceau de bacon à quelques centimètres de sa bouche, grande ouverte. Elle en resta bouche bée, avant de la refermer une seconde plus tard, ébahie. Impossible qu’il ait dit ça.
Ses joues étaient brûlantes. Nul besoin de les voir pour savoir qu’elles avaient pris une belle teinte rouge vif. Et Élicia, elle, regardait le jeune homme comme s’il lui était poussé une deuxième tête.

- Je… Eh bien je…

Il avait complimenté ses tâches de rousseurs. Les avaient comparés à ses terres adorées. Puis… Ses yeux ? Il se perdait dans ses yeux ? C’était une farce. Jamais elle n’avait entendu Aliosus dire un truc pareil.

- Merci… souffla-t-elle, baissant le regard instant, ses cheveux cachant partiellement ses joues devenues encore plus rouge – si c’était humainement possible.

Qu’est-ce que ? Était-ce le pied d’Aliosus qui avait touché le sien ? Non quand même pas. Si ? Il n’avait pas fait exprès, voilà tout. Peut-être qu’il la confondait avec le pied de table. C’était sûrement ça. Donc… Pas bougé, sinon la situation deviendrait encore plus gênante. Plus qu’elle ne l’était déjà, du moins. Si c’était encore possible.

Qu’est-ce qu’il disait encore ? Des secrets ? Mais…
Confuse. Élicia était encore plus confuse qu’avant.
Ses yeux bleus trouvèrent ceux d’Aliosus, puis elle les baissa rapidement. Qu’avait-il mangé ? Ou bu ? Ou… Mince, c’était anormal. Il y avait quelque chose, forcément. Maxence aurait pu faire ce genre de blague – et encore, d’après lui il avait ses limites. Mais Aliosus ? Aliosus faire une blague déjà c’était… surprenant, mais alors de mauvais goût comme celle-ci ? Non, elle rêvait forcément. Mais comment ça, « tout lui dire » ?

Eh bien euh… pas de soucis… C’est gentil mais… t’es pas obligé de tout dire... tu sais.

Que… Oh. OH. Il savait que ce n’était pas un pied de table. IL SAVAIT. Qu’est-ce qu’il faisait ? Pourquoi il ?… AAAAAH mais qu’est-ce qu’il se passait à la fin ? Il était vraiment entrain de lui caresser la jambe là ?

Le pire dans tout ça, c’était son être tout entier, et la manière dont il réagissait.
D’abord ses joues rougissantes. Sa perplexité si grande qu’elle n’osait plus faire le moindre geste – même déplacer sa jambe. Et surtout, oh surtout son pauvre cœur qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait et qui s’emballait. Qui s’EMBALLAIT, le traître ! Il cognait dans sa poitrine à un rythme si effréné qu’elle s’attendait presque à ce qu’il en sorte. Presque. Et c’était anormal.
Peut-être était-ce le fait que c’était la première fois qu’elle entendait ces mots de la bouche d’un garçon. Que ce garçon était Aliosus. Celui pour qui elle avait développé des sentiments il n’y avait pas encore si longtemps. Celui qui l’avait rejeté, préférant être son ami plutôt que plus. Et là, il lui offrait ces mots comme ça, comme s’il avait toujours été quoi, amoureux d’elle ? Impossible.
Quant à ses gestes… Là encore, elle n’avait jamais été touchée de la sorte – par le bout du pied, mais tout de même. Surtout pas par un garçon. C’était à ne rien y comprendre, et son cœur se fou, s’emballait de ces sensations nouvelles.

Pourtant ce n’était pas – plus – de ce garçon qu’elle voulait les entendre, ces mots. Ou ressentir ces sensations. C’était Brett. Et où était-il, d’ailleurs ? Peut-être arriverait-il à la sortir de là…

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Le cœur d'Aliosus
... de t'écraser comme ç-...

Et elle se jette à mon cou. Pour me répéter exactement ce que je viens de lui dire.

Je ne peux m'empêcher de lâcher un long soupir en levant les yeux au ciel, un sourire en coin. Du Lumah tout craché. Ne rien écouter et surréagir.

Au moins, j'ai la confirmation qu'elle ne s'est pas vraiment blessée. Tant mieux, parce que je n'avais honnêtement aucune envie d'aller à l'infirmerie. Maintenant que Nerrah a bu son verre je n'ai qu'une seule envie : profiter du spectacle !

Il faisait partie du contrat, le câlin ?

Ça devrait normalement suffire à ce qu'elle se détache de moi et se voit être repoussée comme un aimant opposé aussi vite qu'elle s'est accrochée. Normalement.

Je lui ai volé un baiser l'été dernier et maintenant elle se croit tout permis...

Mon sourire s'élargit pour devenir, je l'espère, insupportable à ses yeux. Qu'elle rougisse et balbutie est mon seul objectif à cet instant.

Puis... Je me rends compte des propos que j'ai tenus. En plein milieu du hall. Alors que je me suis remis avec Lili. Alors qu'absolument n'importe qui, y compris elle, aurait pu m'entendre.

Je me mords la lèvre, espérant qu'elle n'ait pas remarqué que mon sourire soit devenu crispé, pour avoir une transition plus douce jusqu'à un retour à une humeur neutre. Puis ce n'est qu'à partir de ce moment que je me permets de regarder autour de moi :

Bon... Donne ta cravate et ton blason. Je sais pas toi mais moi j'ai envie de voir si ça a réussi. Ils ne regarderont pas dans notre direction s'ils voient un brun de Poufsouffle et une blondinette de Serpentard.

Je commence moi-même à enlever ma cape pour que seule ma chemise soit apparente et défaire quelques boutons du haut avant de dénouer ma cravate. Il ne faut pas qu'ils reconnaissent le style d'Edmund du coin de l'œil.

Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
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Le cœur d'Aliosus
Edmund n’eut pas à employer ses meilleures techniques pour que Lumah s’éloigne de lui comme s’il avait la peste : son premier soupir avait suffit. Pfff, quel rabat-joie, celui-là… Elle en serait presque vexée. Mh ? On me dit à l’oreillette que j’ai dit une bêtise. Ah ! Je vois. Je retire donc ce que j’ai dit : Lumah était vexée.

La jeune fille ne pris pas la peine de répondre à sa première provocation : ce serait, après tout, lui faire le plaisir de rentrer dans son jeu. Or, Lumah ne souhaitait pas lui faire ce plaisir. Mais elle se prit en plein visage sa seconde provocation. Ses joues et oreilles virèrent au rouge d’un seul coup et ses sourcils se froncèrent davantage, ses yeux le fusillant en silence, tandis que sa bouche s’ouvrait et se fermait sans laisser échapper un bruit, car les mots lui manquaient.

Donc non, la jeune fille ne remarqua pas le changement dans l’attitude d’Edmund, bien trop occupée à chercher the insulte dans son répertoire étroit. Elle reprit seulement ses esprits lorsqu’il lui fit cette drôle de demande, qu’elle exécuta alors qu’elle ne l’avait même pas encore comprise. C’est seulement lorsqu’elle eut ôté la première manche de sa robe que son cerveau saisit enfin le plan du garçon..

« Oooooooh, c’est pas bête ça ! », s’exclama-t-elle en lui tendant ses affaires.

Mais l’excitation céda vite place à l’inquiétude.

« Euh, par contre, je vais devoir m’asseoir avec les Serpentard ? », lui demanda Lumah, la mine déconfite.

« Pas que ça me dérange, hein… », commença-t-elle à se justifier, mais elle abandonna vite le projet.

« En fait si, ils me font trop peur. Pas toi, hein, mais y’en a certains qui regardent trop mal… Tu garderas un oeil sur moi depuis la table des Poufsouffle hein, promis ? Je veux pas être mangé toute crue, chui trop jeune pour mourir, pitié », avoua-t-elle, cédant à la panique. Malgré tout, elle enfila les affaires d’Edmund. Elle se serait noyé dedans il y a peu, pourtant elles lui allaient presque.

338 mots

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Le cœur d'Aliosus
Ce qu'elle était belle quand elle était confuse, le rouge vif de ses joues et de ses oreilles peignaient un paysage d'automne où ses cheveux étaient autant de frondaisons d'octobre et ses tâches de rousseurs, comme des feuilles disséminées sur le plus beau des visages, gracile, harmonieux, lumineux, aux deux puits sans fond qu'étaient ces yeux immenses et pourtant modestes dans leur douceur. Aliosus souriait en voyant Élicia lui répondre, le temps semblait couler au ralentit, comme si l'univers lui faisait une fleur pour qu'il profite plus longtemps des sons qui franchissait sa bouche en une si parfaite musique. Chaque bafouillement était une sonate, chaque hésitation une symphonie, son merci sonnait comme un Te Deum carillonnant dans le coeur du Serpentard. Ah, que la vie était tout simplement belle lorsqu'Élicia Caldin parlait, c'était comme si le brouhaha de la Grande Salle cessait pour ne pas avoir l'indignité de perturber les envolées si claires et si justement modelée par une bouche si bien dessinées, par des lèvres si gorgées de vie.

Il poussa un petit soupir de contentement alors qu'il sentait son pied remonter le long de la jambe de la nymphe automnale en face de lui.
«Nous devrions passer plus de temps ensemble ne crois tu pas ? Depuis combien de temps ne t'ais-je pas accordé toute mon attention ? C'est un crime, et je veux que tu saches que je m'en repentirai, quoi qu'il en coûte. Tu n'as qu'à demander et je m'exécuterais, je suis tout à toi Élicia, pour toi, jusqu'à ce que tu sois comblée au delà de tout tes rêves.»

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Le cœur d'Aliosus
Il avait été ensorcelé. Il ne pouvait y avoir d'autre explication à ça. Ce ne pouvait être Aliosus qui lui parlait comme ça. Enfin, si, ça manière de parler, ses mots, ses expressions, tout en élégance... C'était bien lui, mais à la fois tout son opposé. Jamais il ne dirait de telles choses comme ça, jamais elle ne l'avait vu - entendu - le faire, encore moins avec elle.
La piste de la blague ne pouvant être gardée, trop incohérente selon elle... Ça ne pouvait être qu'un enchantement. Il n'y avait pas d'autre option envisageable.
Il n'était pas amoureux d'elle, ça elle le savait. Elle ne l'était pas plus de lui, après avoir enfin réussi à tourner la page.
C'était Brett qu'elle voulait. Elle voulait que ces mots sortent de la bouche de Brett, pas d'Aliosus. Merlin mais que se passait-il aujourd'hui ? Était-elle en train de rêver ? Sûrement. Elle allait se réveiller en boule dans sa couette, sur son lit dans son dortoir, près de ses camarades de Poufsouffle. Dans son terrier. Si la maladresse de Lumah avait paru bien réelle et très cohérente, ressemblant parfaitement à son amie... Le reste n'était qu'un songe, forcément.
Ou alors elle était tombée en rejoignant Lumah, s'était tapée la tête si fort qu'elle avait des hallucinations.
Mais des hallucinations particulièrement puissantes parce que malgré tout, elle avait toujours l'impression de sentir le pied d'Aliosus contre sa jambe... C'était réel ?

Élicia plongea ses yeux dans ceux d'Aliosus une seconde, puis, piquée par le doute de sa situation, se pencha légèrement en arrière pour voir. Elle devait être sûre que les sensations contre sa jambe étaient seulement imaginées...
Ce n'était pas le cas. Evidemment. Son rêve était vraiment très très réaliste... Et vraiment très très gênant. Qu'est-ce qu'elle raconterait à Lumah le lendemain matin ? Et que dire à Aliosus si elle le croisait pour de vrai ?
Un rêve lucide... ça existait, alors peut-être que c'était bien ce qui lui arrivait.

Ses yeux s'étaient écarquillés en voyant le pied d'Aliosus contre son tibia, ses joues avaient rougies davantage - si c'était seulement possible -, et lorsqu'elle s'était redressé, reprenant sa position droite initiale.. Que faire ? Que dire ?
Elle était perdue, gênée, son cœur battait toujours bien trop fort et Brett tardait toujours à venir.

Élicia adressa un petit sourire timide à Aliosus, regarda rapidement autour d'elle comme pour chercher une preuve qu'elle rêvait bien... Tess et Maxence étaient toujours trop loin, hors de sa portée. Et au delà de la grande porte, Brett n'apparaissait toujours pas.
Alors elle reporta son attention sur Aliosus, réfléchit à ce qu'elle pourrait bien dire après ça.

- Je... C'est un rêve, n'est-ce pas ? Je suis en train de réveiller, c'est pas réel tout ça. Si ?

Pitié, Merlin, faîtes que ce soit bien un rêve qui tournait au désastre et pas la réalité, pitié...

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Le cœur d'Aliosus
Elle plongea ses yeux dans les siens et le cœur d'Aliosus s'emballa de nouveau, quelle présence, quelle beauté ! Elle aussi s'abandonnait au plaisir de partager sa compagnie, il le voyait bien, elle se laissait aller, autorisant sa peau sublime et veloutée à passer par autant de nuances de rouges que pouvait en receler un feu ardent tel celui qu'il ressentait en son for intérieur lui aussi.

Mais une ombre pernicieuse, un nuage noir s'invita soudainement dans cet instant de connexion privilégiée, un doute sur le visage de sa bien aimée, un froncement de sourcils trahissant une inquiétude, il ne pouvait le tolérer, quand bien même cette nouvelle expression était une démonstration de sa perfection et de sa grâce. La façon dont ses yeux incroyables d'intensités cherchaient une réponse à ses interrogations, la plissure à peine perceptible autour de son nez parfaitement proportionné, l'angle dubitatif de sa bouche, Oh Merlin, sa bouche....

Il ne pouvait accepter qu'Élicia puisse douter ainsi du moment qu'ils vivaient, il se leva aussitôt bien que cela lui coûta de rompre le divin contact de son mollet, mais pour franchir la table et la rejoindre c'était un piètre sacrifice. Il arriva pour s'asseoir à côté d'elle, il tendit une main pour glisser une mèche de ses cheveux blonds vénitiens derrière son oreille et il dut se concentrer pour ne pas tomber en pâmoison immédiate à ce simple contact électrisant. Ses doigts redescendirent le long de la ligne de sa mâchoire que mille sculpteurs auraient pu tenter d'immortaliser dans le marbre sans jamais parvenir à s'approcher de la réalité tant elle confinait à la divine création. Puis, son pouce s'attardant sur son menton, si proche et à la fois si loin de cette lèvre inférieure gorgée du sucre de la vie, il la rassura.

«Ce n'est pas un rêve Élicia, ou si c'en est un, je fais le voeux de ne jamais me réveiller.»

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Le cœur d'Aliosus
Mort. De. Rire.

C'est plutôt de cette sensation de laquelle je m'étais rapproché lorsque j'ai vu le visage de Lumah devenir rouge tomate, en "colère" puis ouvrir la bouche sans trouver quoi répliquer. Pfft... Hahaha !

Finalement, ça en valait la peine. D'autant plus que j'ai l'impression que personne ne m'a fait de remarque à ce sujet dans le hall. C'est que personne n'a entendu. Et c'était vachement drôle. Non ?

Essayant de contrôler tant bien que mal mes pouffements face à sa réaction, je finis par avoir le style décontracté que je recherche. Voilà. Parfait.

Puis je me saisis de sa cravate pour la mettre autour de mon cou, le temps d'épingler le badge à mon uniforme, à la place de mon badge de Serpentard.

Erk. Je n'ai même pas besoin de me regarder dans le miroir de ma trousse de maquillage pour comprendre que le jaune, ça ne me va pas du tout. Rien que sur mon torse, je sens déjà que ça me démange. J'espère sincèrement que personne ne va me reconnaître avec ce badge de Poufsouffle. Ce serait trop la honte...

Grimaçant, je me décide finalement à ne... Pas nouer cette cravate jaune. En fait, en restant simplement autour de mon cou, elle est déjà amplement suffisante. Pas besoin d'en ajouter plus. Pas besoin d'abuser sur la marchandise non plus.

Or lorsque Lumah, dans sa grande Lumattiude, commence à paniquer à l'idée de se retrouver seule à la table de Serpentard, je suis frappé d'un tel mélange d'émotions différentes que le dégoût présent lorsque je me suis vêtu du badge est noyé sous ce mélange d'émotions. Je ne sais pas si je dois être dépité, moqueur ou déçu de son étroitesse d'esprit ? Secouer la tête, se frapper le visage ou mourir de rire ? Mon cœur balance...

J'opte donc finalement pour lever les yeux au ciel en soupirant longuement, un léger sourire aux lèvres. Je pense que c'est la réaction qui se rapproche le plus de toutes les émotions que j'ai décrites au préalable. Oui.

Lumah.

Je pose mes deux mains sur ses deux bras, de manière à l'encadrer pour bien la regarder dans les yeux.

On est en mai.

L'heure est grave. Très grave.

Plus personne ne respecte le plan de table des maisons en mai.

Autant, au début de l'année, les élèves sont tous soutenus par des balais dans le derrière, ce qui fait qu'ils respectent tous machinalement les règles et veillent à ne surtout pas déborder sur les tables des maisons d'autrui. Autant, à la fin de l'année...

Puis, avant qu'elle n'ait le temps de répliquer, je lâche son bras gauche pour pouvoir me saisir à deux bras de son bras droit, mon bras gauche crocheté en-dessous et ma main droite agrippant son biceps, comme July le faisait avec Jacob de manière absolument kitsch dans les couloirs de l'école. Puis je l'embarque droit vers la Grande Salle, un immense sourire aux lèvres.

Et puis si elle pense que je vais louper tout le spectacle en me mettant à la table des Poufsouffle qui se trouve à l'autre bout de la Grande Salle... Non mais elle se met le doigt dans l'œil ! Quelle idée de se séparer comme ça...

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Alors qu'elle jette des regards de détresse à Edmund, celle-ci s'envole progressivement pour laisser place au scepticisme, et ses yeux se plissent. Il essaye de le masquer, mais il se fiche clairement d'elle, elle le devine à la drôle de grimace qu'il fait.

Cela dit, elle a d'autres chats à fouetter - en l'occurence, cette satanée cravate. Car, pour une mystérieuse raison, celle-ci refuse de coopérer, alors que normalement, et par normalement, elle sous-entend 'si Edmund ne l'a pas altérée', seule sa couleur devrait avoir changé. Alors pourquoi, nom d'un chaporouge, pourquoi n'arrive-elle pas à la nouer?? Cela fait pourtant quatre ans qu'elle doit en porter une, quatre! N'avait-elle pas suffisament peiné à maîtriser cet art comme ça? Par Merlin, elle était peut-être étourdie, mais jamais, jamais, Ô grand jamais!! Elle n'avait eu autant de mal à dompter quoi que ce soit.

Houlà, mais il fallait qu'elle se calme, ça ne lui ressemblait pas de s'emporter comme ça. On aurait plutôt cru voir.. Mais oui, elle avait pensé comme Edmund! C'était sans doute l'effet de sa cape.

Bref, et pour en finir avec cette histoire de cravate, elle n'aurait pas dit non à un miroir pour voir ce qu'elle faisait. Ah, mais Edmund en avait peut-être dans ses poches, non? Lumah glisse ses mains le long de la cape de celui-ci, avant de s'arrêter net: tout compte fait, non. Elle ne voulait pas faire de mauvaises découvertes, comme des cha- cra? Chabottes? Bref, ça.

Tant pis, elle allait plutôt mettre sa broche, tiens. Lumah noue donc sa cravate approximativement et s'empare de la fameuse broche, qu'elle déclipse avant d'en guider l'épingle sur le tissu, au-dessus de son coeur. Et pique, et repiq- Aille. Ça, c'était son doigt. Décidément.. La jeune fille porte ledit doigt à sa bouche pour en lécher le sang avant de finir son oeuvre, concluant que les affaires d'Edmund avaient tout simplement une dent contre elle.. Ou alors qu'elle n'était vraiment pas faite pour être Serpentard.

C'est alors que la voix du garçon s'éleva. Lumah fronce les sourcils.

« ..Edmund? », l'appelle-t-elle à son tour, légèrement inquiète.

C'est alors qu'il lui saisit les bras. Lumah cligne des yeux, désormais abasourdie. Qu'est-ce qu'elle avait dit de mal, encore?

« Ah bon?? », s'étonne-t-elle quand il lui dit rappelle qu'ils étaient en mai. Déjà? « Enfin, euh, oui oui », aquiesce-elle, ne comprenant toujours pas où il veut en venir. Pour être honnête, elle ne se souvenait même pas de ce qu'elle avait dit.

« Ohh », fait-elle lorsqu'il lui éclaire enfin la lanterne.

C'était donc par rapport à ça. Elle se détend visiblement. « Ça m'était sorti de l'esp- », commence-t-elle, mais voilà qu'il lui entoure son bras droit de ses deux mains. Euh?

Hébétée, Lumah suit machinalement Edmund les premiers pas, avant de se ressaisir et tenter de se décontracter pour ne pas avoir l'air trop louche malgré la situation, s'essayant même au personnage d'un Serpentard. C'étaient quoi, déjà, leurs attributs? Ruse, ambition... Vraiment, on ne pouvait pas faire plus éloigné: Lumah avait pour seule ambition la survie et était bien trop honnête pour s'essayer à la ruse. Quoique.. Techniquement, ce plan en constituait une.. Par Merlin, avait-elle été contaminée? Tout sauf ça!

Mais elle s'arrête net dans ses réflexion lorsqu'elle repère leurs deux cobayes, prise d'horreur. Affolée, elle tire nerveusement et à plusieurs reprises sur la cape d'Edmund - enfin, la sienne, techniquement - pour avoir son attention, parce que, horreur! Aliosus! Par le slip de Merlin, Aliosus était en train de faire du pied à sa meilleure amie! Alors certes, c'était un signe que leurs manigances avaient marché, mais à quel prix! Quelle bête avaient-ils libérée? Argh, Lumah ne l'avait peut-être jamais apprécié, mais si elle avait su quel personnage tordu c'était, jamais elle n'aurait infligé ça à Élicia, jamais! Mais où était donc Brett, qu'il mette fin à cette vision d'horreur??

:P

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Le cœur d'Aliosus
Jamais encore le regard d'Aliosus ne lui avait paru aussi intense. Cette impression qu'il lisait son âme rien qu'en la regardant. Cette impression qu'il était attiré par elle tel un aimant, incapable de détourner son regard clair d'elle. De ses tâches de rousseurs qu'il affectionnait tant, à l'en croire.

Elle les voyait, ses yeux qui caressaient son visage, s'arrêtaient parfois sur sa bouche, sur ses joues. Qui plongeaient dans son propre regard pour ne plus en sortir. Il s'abandonnait à elle.
Et son pied qui se ne faisait pas oublier contre son mollet. Comme s'il était vital pour lui de garder ce contact si intime.
Est-qu'on ressentait aussi bien chaque sensation quand on rêvait ? Ou ce rêve était-il une exception ?
Edmund et Lumah avaient disparu. Direction l'infirmerie, à en croire le déroulement de son rêve. Les bruits autour étaient bien moins forts, comme si Aliosus et elle se trouvaient dans une bulle qui n'appartenaient qu'à eux. Preuve que c'était un rêve, puis que les paroles de son ami se trouvaient bien plus fortes que celles de leur présumés voisins de tables. Que la sensation de son pied contre sa jambe lui paraissait démesurée par rapport à celle de la table contre son avant bras, du banc contre ses cuisses.

Et Aliosus ne la lâchait toujours pas du regard. Pourquoi n'avait-il pas été comme ça lorsqu'elle était amoureuse de lui ? Pourquoi ce rêve venait maintenant alors que c'était de Brett dont elle voulait rêver ?

Le jeune homme du rêve sembla comprendre sa confusion, car il se leva, brisant le contact. Élicia put enfin souffler une seconde. Peut-être que Brett apparaîtrait à sa place. Parfois c'était ça les rêves.
Mais non. C'était particulièrement réaliste la manière dont Aliosus contournait la table, aussi rapidement qu'il le pouvait, pour s'installer à côté d'elle.
Et elle le laissa faire, incapable de faire le moindre geste, encore trop choquée pour que son esprit marche vraiment. A cet instant, il était tellement perdu que c'était son coeur, l'affreux traitre qui battait toujours aussi fort dans sa poitrine, qui prenait le contrôle.

Son visage tourné vers Aliosus, elle ne fit pas le moindre geste quand il replaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Elle rougit, encore. Elle ouvrit la bouche, cherchant ses mots. La referma, sans savoir quoi dire. Elle devait se réveiller, vite.

Aliosus lâcha sa mèche rousse, son regard clair braqué dans le sien. Elle voulait le détourner, regarder ailleurs, mes ses doigts tracèrent une ligne chaleureuse sur la peau de sa machoîre. Elle avait chaud. La couette dans la réalité de son lit lui donnait soudainement très chaud. Et elle était toujours incapable de se réveiller.
Les doigts du jeune homme s'arrêtèrent sur son menton. Elle ne fit toujours rien pour les déloger. Accepter son sort. Attendre le réveil. Oublier. Ne pas croiser Aliosus de la journée. Ne rien raconter à Lumah. Encore moins à Brett.

Il lui dit que ce n'était pas un rêve. C'était facile de dire ça, pour un garçon qui se trouve justement dans un rêve. Il en a juste pas conscience.
Elle sourit doucement, toujours aussi gênée. Un rêve, rien de plus. Rien ne pouvait lui arriver ici.
Pourtant même en essayant de se rassurer, son coeur continuait de frapper frénétiquement sa poitrine.

- Si ce n'est pas un rêve alors prouve le moi, murmura-t-elle. C'était son rêve, son esprit. Rien ne pouvait arriver qu'elle ne puisse pas contrôler.

La prochaine fois, faire en sorte que ce soit Brett qui soit comme ça avec elle. Pas Aliosus.

Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off