15 mars 2026, 18:51
Souvenirs dans un carton
1ER MARS 2051
VERS 15 HEURES
@CHRISTOPHER HANGOOVER


Le carton rempli de vieux livres patientait dans l'arrière boutique de Fleury & Bott depuis maintenant trois semaines. Peut-être davantage, mais Niall préférait se contenter d'un chiffre suffisamment acceptable comme le chiffre trois. En trois semaines, le monde ne changeait pas drastiquement, les sorciers continuaient de mener leur vie et personne ne pouvait donc reprocher à l'Irlandais de laisser trainer ce carton dans un coin. Et puis, il était le manager maintenant, il pouvait bien justifier comme il le souhaitait de n'en avoir toujours rien fait. Ainsi, chaque matin, il y jetait un rapide coup d'œil, s'assurant qu'il était toujours là, tout en espérant au fond qu'il n'y soit déjà plus. Puis vint le premier jour du mois de mars, et Niall eut l'envie de démarrer son nouveau mois par le débarras définitif de cet objet, avec toutes les conséquences que cela impliquait.

Ce n'était qu'un carton, se répétait-il alors qu'il traversait la rue, l'objet dans ses bras. Ce n'était qu'un carton rempli de vieux livres et plein d'excuses. Et c'était précisément ces excuses qui prenaient la poussière que Niall tentait de combattre depuis trois semaines.

De son dos, il poussa la porte du Pitiponk et se glissa dans le bar, la boule au ventre. C'était complètement idiot d'être angoissé pour des livres. Ce n'étaient que des livres ; mais des livres qui allaient finir dans les mains de Christopher Hangoover. Et ça, ça avait le don d'augmenter la poussière sous le tapis ; et Niall détestait secouer la poussière sous les tapis.

— Bonjour ?, lâcha-t-il la voix hésitante, peu sûr de l'étape à suivre lorsque l'on n'entre pas pour consommer.

Son regard s'appuya sur les murs, les tables et les quelques clients, et fut déjà soulagé de ne pas y croiser Fáelán. Ce n'était pas son heure habituelle pour roder par ici, et c'était tant mieux. Puis il attendit que l'on vienne à lui, un cuisinier, une musicienne, un employé, peu importe, tant que ce n'était pas Christopher. Après tout, il venait simplement déposer un carton, n'importe qui pouvait le réceptionner, n'importe qui pouvait s'en charger. Voilà, tous ces arguments le rassuraient suffisamment pour arrêter de taper du pied nerveusement.

Et en même temps, il était presque sûr que si on lui annonçait que le sorcier était ailleurs, il trouverait une excuse pour repasser. Après tout, comme dit plus tôt, c'était un simple carton. Niall n'était pas à une semaine près, il n'était pas non plus très loin, et les livres qui s'y trouvaient n'allaient pas non plus disparaître. Alors oui, il serait plus sage de repasser pour donner le tout au concerné, puisqu'il n'y avait que lui qui pouvait le réceptionner.

16 mars 2026, 15:52
Souvenirs dans un carton
Mercredi 1er mars
AU PITIPONK
Peu après l'ouverture


Son équilibre est plutôt instable. Pieds croisés sur le bureau, dossier du fauteuil renversé en arrière, les fesses avancées sur l'assise, la tête posée contre le dossier. C'est instable, comme position, pourtant Christopher somnole depuis une vingtaine de minutes sans que rien ni personne ne vienne le déranger, ni les clients, ni ses collègues, ni même une chute soudaine. À cette heure de la journée, le Pitiponk est tellement calme. Christopher déteste être au Pleuroir à ce moment-là. Il ne se passe jamais rien. Il n'y a jamais personne. C'est pour ça que c'est Elisha qui tient ce créneau, normalement. Il apprécie de ne voir personne. Christopher ? Il déteste ça. Alors généralement il lit ou... Il dort. C'est appréciable, une petite sieste, d'autant plus quand il a abusé de sa soirée. Ce qui était le cas, hier soir.

C'est la porte intérieure de la salle qui l'arrache aux brumes de sa somnolence. Elle a un petit grincement très discret qui ne s'entend pas quand le pub est remplit, ce qui n'est pas le cas pour le moment. Christopher n'ouvre pas les yeux, mais une alarme "client" s'allume dans sa tête. Il n'entend pas de bruit de conversation, pourtant, ou de rire. Ce qui pourrait signifier un client tout seul. Et les clients tout seuls, ça veut dire des clients à qui parler. Christopher daigne ouvrir un œil, puis un second, et il se redresse dans un bâillement qui lui décroche la mâchoire.

Evidemment, sa position était si instable que ce faible mouvement manque de le faire tomber sur le côté.

« Oh putain ! » s'exclame-t-il en se retenant au dernier moment au bureau.

Il se retrouve plié dans une position très peu agréable qui fait ressortir sous son tee-shirt les bourrelets de son ventre, les pieds toujours posés en hauteur, le buste exagérément penché vers l'avant. Dans cette position, Christopher aperçoit le haut de la tête du client qui vient d'arriver. Alors il s'étire, s'étire pour voir le reste de sa personne. Il le reconnaît aussitôt : c'est le beau gosse de Fleury et Bott ! Un mec avec qui il sait avoir passé quelques années à Poudlard, même s'ils ne sont jamais que croisés dans les couloirs. O'Barden, de son petit nom. Et son prénom ? Niall. Ça roule bien sur la langue.

Christopher enlève ses jambes du bureau avec un sourire, content de voir que son "client tout seul à qui parler" est un homme comme celui-ci.

« Eh ! lui lance-t-il de la petite salle du Pleuroir. Salut ! »

Il se lève en tirant sur son tee-shirt pour qu'il retombe comme il faut sur ses hanches et se penche pour passer la tête par l'ouverture et surtout pour s'appuyer sur le comptoir avec ses coudes. Ses lèvres s'étirent tandis qu'il observe Niall. Ses yeux coulent le long du corps du libraire avant de remonter. Ils s'arrêtent sur le carton qu'il porte.

« J'ai pas l'habitude d'avoir des livreurs... » aussi canon que toi « ...comme toi, » s'amuse-t-il en désignant d'un geste du menton le carton.

Pourquoi se pointe-t-il dans un pub avec un carton ? Peut-être quelque chose à donner à un ou une amie ? Dans ce cas, Christopher se fera un plaisir de l'occuper avant que la personne qu'il rejoint n'arrive. Niall est certainement en avance. Voilà qui éloigne les brumes du sommeil et qui illumine un peu ce morne après-midi !

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

16 mars 2026, 16:36
Souvenirs dans un carton
A ce premier "Eh", Niall avait encore espéré. Il s'était dit qu'un "eh" après tout, cela pouvait appartenir à n'importe quelle voix, venir de n'importe quel sorcier. Mais au "salut " qui avait suivi, le libraire n'avait pas eu besoin de tomber sur l'homme pour savoir à qui il appartenait. Malheureusement. C'était précisément celui qu'il aurait préféré ne pas voir.

Niall avait profité du mouvement et du temps qu'il avait gagnés pour prendre une grand inspiration contrôlée et offrir la meilleure version du sorcier poli qu'on lui avait appris ; celui qui savait rester professionnel et que rien ne pouvait ébranler. Tout démarrait donc bien jusqu'à ce que Niall aperçoive ce regard qui descendait le long de son corps.

Ses lèvres s'étaient presque aussitôt serrées. Voilà, c'était exactement pour cette raison que Niall s'était toujours interdit de rester trop proche de lui : cet homme observait les hommes comme on observe les femmes. Et ce simple regard l'avait mis mal à l'aise. Tout autant d'ailleurs que le commentaire qui avait suivi. Des livreurs comme lui ? Qu'est-ce que cela pouvait bien dire d'autre que ce que cela voulait dire ? Niall sentait quelque chose monter en lui, sans tellement savoir quoi ni pourquoi,, et la lutte pour paraître irréprochable gagnait en difficulté.

Les autres avaient raison lorsqu'ils parlaient de Hangoover. Faelan avait raison et sa remarque avait aussitôt résonné dans ses oreilles : "aussi gay qu'un elfe, celui-là". Niall n'avait jamais compris la comparaison, mais ce qu'il savait, c'était qu'il n'avait pas l'intention de s'y retrouver, dans cette comparaison.

— Comme moi ?, répéta-t-il en surjouant l'étonnement pour masquer son agacement. Enfin peu importe ! Je venais te déposer ce carton. Je l'ai récupéré en brocante, y a tout un tas de livres de boissons, cocktails, repas, et histoires des bars sorciers. Je ne sais pas si ça t'intéresse ? Sinon, je le donne ailleurs.

Puis, l'idée que le sorcier puisse penser que Niall venait précisément pour lui l'horrifia et il se sentit obliger de corriger son intervention.

— Enfin je dis "te déposer", mais j'aurais déposé ce carton à n'importe qui du bar. Je venais pas spécialement pour toi, j'aurais pu le donner à Sasha, hein. Elle est pas là d'ailleurs ?

Voilà. Donner le nom d'une femme était bien mieux, bien plus logique. Couvrir ses arrières, comme on disait.

16 mars 2026, 17:47
Souvenirs dans un carton
Il répète sa phrase et Christopher penche la tête sur le côté, un sourire aux lèvres. Oui, comme toi, canon, avec des cheveux aussi soyeux et une mâchoire bien dessinée. Les livreurs, généralement, sont des gens plutôt banals qu'il ne regarde même pas. Christopher a toujours trouvé Niall beau garçon. Le genre de beauté qui donne envie de l'inviter boire un verre pour pouvoir le regarder parler pendant des heures plus que le genre de beauté qui lui donne envie de lui sauter dessus. Alors Christopher sourit et il penche la tête, son regard curieux passant du carton au visage, jusqu'au moment où il s'arrête sur le visage et sur rien d'autre.

Sa mine se froisse sous l'étonnement lorsqu'il apprend enfin ce que comporte le carton. Christopher se redresse, désormais appuyé sur ses mains et non plus sur ses coudes. Alors O'Barden est venu jusqu'ici pour lui donner un carton de livres qu'il a trouvés en brocante ? Et il a pensé que ça pourrait lui plaire à lui ? C'est plutôt... Attentionné de sa part. À sa place, Christopher n'aurait pas même jeté un coup d’œil au carton et l'aurait encore moins trimballé jusque dans un commerce, qu'il soit voisin ou non. Sauf si le responsable était beau gosse, bien sûr. L'espace d'une seconde, une vague seconde qui passe comme un coup de vent capricieux, Christopher se complait à penser qu'il pourrait plaire à Niall. Ce ne serait pas la première qu'il l'espère. Puis la pensée passe et Niall corrige ce qu'il vient de dire, comme s'il avait entendu ce qu'il se passait dans l'esprit de Christopher.

Ce dernier arque un sourcil. Sasha ? Pas spécialement pour lui ? Ça lui paraîtrait normal, à lui, que Niall vienne spécialement pour lui : après tout il est responsable de bar, c'est lui qui peut décider de mettre ces livres à disposition de ses employés s'il le désire et c'est lui qui gère ce pub, surtout. À part cette fameuse pensée qu'il a eue et qui n'est née que de son propre intérêt, à aucun moment il n'a vraiment songé que Niall pourrait venir spécialement pour lui de cette façon-. Jusqu'à maintenant, du moins. Parce que cette façon de se corriger et de préciser sans la moindre subtilité qu'il ne vient pas du tout pour lui... C'est suspect.

« Sasha ? Pas encore, nan, sourit Christopher en soutenant le regard du libraire. Elle commence un peu plus tard, comme elle fait la fermeture. C'est Kemby en cuisine. »

Il se redresse totalement et glisse les pouces dans les poches de son pantalon. Il aurait bien aimé être de l'autre côté du comptoir pour pouvoir s'adosser nonchalamment, mais pas possible sans faire le tour par la cuisine.

« Alors du coup... Comme elle n'est pas là, tu vas en faire quoi de ton carton ? Tu reviendras plus tard ou tu me laisses regarder ? » lance-t-il, l'amusement perceptible dans sa voix.

Du menton, il désigne le petit comptoir sur lequel il était appuyé, pour l'encourager à approcher et à venir déposer le carton. Il ne manque rien des expressions de son visage, curieux de voir comment Niall va réagir maintenant qu'il s'est posé la question des véritables raisons de sa présence ici.

« Après, si c'est avec Sasha que tu veux avoir à faire... »

Face à un Alden dont l'intérêt est clairement réciproque, peut-être que Christopher aurait répondu : « t'es pas venu spécialement pour moi, hein ? Mince, je suis déçu... ». Mais avec Niall ? Il n'a jamais vraiment su, pour lui. Et cette phrase hésitante le perd plus qu'autre chose. Alors il se retient mais ne peut pas se départir de son petit sourire amusé qui retrousse le coin droit de sa bouche

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

26 mars 2026, 09:50
Souvenirs dans un carton
Feindre la déception était une compétence que Niall pouvait maitriser en haute société, au milieu de professeurs ou lors de dîners importants — même si l'utiliser n'était pas ce qu'il préférait —, mais dans cette situation où ses émotions étaient s'en dessus dessous, sa compétence n'en était plus une. Il avait baissé les yeux, lâché un petit "oh" mécanique qui n'avait aucunement le goût de la déception et avait fixé les cuisines lorsque Christopher avait mentionné Kemby en cuisine ; tout pour éviter le regard du gérant qu'il trouvait hautement magnétique, comme s'il pouvait lire à travers tous les filtres que Niall avait mis tant d'années à installer.

Heureusement qu'il y avait ce comptoir entre les deux, finalement. Au moins un élément physique, à défaut de trouver autre chose.

Niall se retrouvait là, son carton dans les mains et l'interrogation de Chris dans les airs ; interrogation à laquelle il ne savait pas quoi répondre : continuer son rôle d'homme totalement désintéressé du sorcier qu'il avait en face de lui en prétextant s'intéresser à Sasha ou assumer que sa visite était intéressée. Et l'amusement dans la voix de Chris perturbait Niall. Il le perturbait car il titillait ses valeurs, ses envies de fuite ou son besoin de rester, et comme tout homme disposant d'une fierté difficile à mettre de côté, Niall répondit presque aussitôt.

— Non, non, c'est bon, fit-il en s'avançant précipitamment vers le comptoir. C'est pas grave, après tout, c'est toi le chef.

Et Niall s'exécuta : il déposa doucement et habilement le carton sur le comptoir, l'ouvrit tout en faisant quelques aller retours maladroits entre Chris et les livres et en sortit un premier.

— Comme je te disais, ces livres étaient au milieu d'autres que j'ai gardés. Certains sont intéressants, mais je doute que ma clientèle s'y intéresse, même avec une Bibliocabine capricieuse.

Et puis entre deux livres que le libraire avait sorti pour les déposer en une petite tour sur le comptoir, Niall passa du coq à l'âne dans sa tête. D'une manière tellement forte, tellement pressante que ses pensées aussi se déposèrent sur la tour de livre, entre les deux sorciers.

— Je suis désolé pour ce que disait Fáelán disait de toi. J'étais pas... 'Fin je ... C'était nul.

Et le dernier livre s'était posé sur la tour à livres qu'il fallait désormais contourner pour avoir un champ de vision totalement parfait entre les deux hommes. Cette unique tour aurait pu être décomposée en plusieurs, mais Niall avait agi machinalement, l'esprit trop embrumé pour se rendre compte de ce qu'il venait de construire et n'avait plus aucune compétence pour penser à autre chose que ce qu'il venait d'énoncer. Il n'y avait bien que cela dans sa tête, à cet instant.

27 mars 2026, 12:21
Souvenirs dans un carton
Intéressant, ce visage. Intéressant à regarder. Intéressant à analyser. Intéressant de voir à quel point il manque de sincérité. Mais encore une fois, ce n'est pas une certitude : et s'il se faisait des idées juste parce qu'il avait envie de voir des choses là où il n'y en a pas ? Christopher reste prudent avec les hypothèses que son esprit a envie de faire et les laisse à l'orée de sa conscience, assez près pour qu'il puisse les regarder mais pas assez pour qu'il les adopte entièrement. Et en attendant, Niall s'avance subitement vers lui comme s'il s'était rendu compte qu'il était resté trop longtemps immobile avec un carton sans doute un peu lourd entre les bras.

Christopher le regarde approcher avec un sourire aux lèvres. Ce sourire est né du « c'est toi le chef » qui l'a un peu trop flatté et de la précipitation de Niall. Mais il ne dit rien, se contente de sourire et regarder le libraire déposer le carton sur le comptoir et l'ouvrir. Si le regard de l'homme se pose un peu partout sauf sur lui, celui de Christopher est bien plus intéressé par le visage qui lui fait face que les livres qui commencent à être empilés hors du carton. Pourtant, il faut bien qu'il s'y intéresse, alors il se force à arracher ses yeux du mystère que représente le sorcier devant lui pour observer les couvertures. Il n'a cependant pas le temps d'en lire le titre car Niall ne fait que sortir des livres du carton pour les empiler. Il empile, il empile, il empile. Il parle, aussi, mais Christopher est plus préoccupé par la pile qui s'agrandit trop vite que par le blabla qui sort de sa bouche, même si celle-ci est fort jolie. Il a ôté un pouce de sa poche pour appuyer sa main sur le bureau et pris une position nonchalante. Il observer le libraire sans pouvoir s'empêcher d'avoir quelques gestes parasites de la main, comme s'il allait plonger en avant pour diviser cette pile en deux et l'éviter de tomber. Il se retient car il n'est pas du genre à imposer son aide aux autres. Et aussi parce que ça l'amuse que Niall ne s'arrête pas d'empiler, comme ça. On dirait qu'il n'a plus conscience de ce qu'il fait.

Tout à coup, quelque chose qui n'a rien à voir avec les livres sort de la bouche de Niall. Christopher quitte la pile des yeux pour lui lancer un regard éberlué. Attends... Quoi ? Si le prénom Fáelán lui a inspiré une petite moue assez peu flatteuse pour la gallois, c'est le reste de la phrase qui brouille totalement ses pensées. Quoi ? Christopher regarde Niall fixement pendant quelques secondes, sans doute un peu trop longtemps, forcé de se pencher bêtement sur le côté pour pouvoir le voir sans être entravé par cette pile idiote. Il doit sans doute faire référence à cette période, si lointaine par Morgane, où Niall et Fáelán venaient au Pitiponk ensemble, car ça fait très longtemps que Christopher ne les a pas vus tous les deux ici. Mais il a beau tourner la phrase du libraire dans tous les sens dans son esprit, il ne la comprend pas le moins du monde.

Un petit rire qui n'a rien de moqueur lui échappe ; ce n'est qu'une réaction naturelle chez un homme habitué à rire et à sourire à outrance peu importe ce qui se passe face à lui.

« Ce qu'il disait de moi ? » répète-t-il, la mine curieuse, son sourire persistant sur ses lèvres.

Et pourquoi Niall se sentit-il forcé de s'excuser pour un truc qu'un de ses amis de l'époque a dit sur lui, il y a une éternité ? D'un geste nonchalant, mais aussi parce qu'il n'a jamais aimé l'idée qu'on puisse parler de lui dans son dos, Christopher attrape le premier bouquin de la pile et fait mine de le regarder pour s'occuper. Il n'arrive même pas à lire le titre. Et arrête de faire semblant de vouloir le faire.

« Il disait quoi de moi ? »

Il baisse le livre et braque les yeux vers Niall pour essayer de capturer son regard. Non pas que l'avis d'un type comme Fáelán puisse l'intéresser, mais quand même : qu'est-ce qu'ils pouvaient dire sur lui à l'époque ? Qu'est-ce qui serait suffisamment horrible pour que dix ans plus tard Niall se sente le devoir de venir s'excuser ? Et s'excuser pour quoi ? De ne pas avoir réagir, devine Christopher, de ne pas avoir contredit Fáelán peut-être ou de ne pas l'avoir fait taire quand il allait trop loin. Ou peut-être d'avoir renchérit ? Niall culpabilise-t-il de l'avoir insulté quand il n'était qu'un gamin à peine vingtenaire ? C'est ça, le souci ?

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER