2 mars 2026, 11:39
 Fife, Écosse  Tu es un crétin, Fleurdelys  PV 
Rien ne bouge pendant un très long moment. Et pendant un très long moment, je suis persuadée qu'il n'a rien entendu et que rien ne bougera jamais. J'en ai peur autant que je l'espère. Ce sont deux sentiments contraires qui me tiraillent et qui expliquent pourquoi je reste immobile, les yeux fixés sur lui, le souffle court. Ne te réveille pas ! supplie une partie de mon cœur, tandis que l'autre conjure : ouvre les yeux maintenant ! Les battements sourds de mon cœur sont comme une mélodie au fond de mes oreilles. Je l'entends battre aussi fort que je le sens battre juste là, dans ma poitrine. C'est si fort que ça donne l'impression qu'il va tomber, trébucher, alors même que je sais cela impossible. Il bat douloureusement et à chaque battement il vole un peu plus de la force de mes jambes. J'ai besoin que quelque chose bouge et si rien ne le fait, c'est moi qui vais bouger et m'en aller. Ouvrir la porte, la refermer doucement derrière moi, traverser le couloir, descendre en courant les escaliers et tracer jusqu'aux barrières où je pourrais transplaner. Je vais le faire. Mon pied se soulève du parquet et glisse vers l'arrière. C'est simple, un pas. Mais lui me parait très lourd. Pourtant, mon pied bouge tout de même, je transferts mes appuis vers l'arrière et...

Un très faible mouvement, guère plus qu'un frémissement. Mon cœur renâcle méchamment ; il trébuche. Je m'immobilise, les yeux écarquillés, et j'arrête même de respirer. Puisque j'ai sommé mon corps d'arrêter de vivre, je ne peux rien manquer des mouvements qui traversent celui qui est allongé dans le lit. Alors cela devient évident que Gabryel est en train de se réveiller et je ne peux rien faire pour faire croire à mon cerveau que ce n'est pas le cas. Mon pied glisse sur le parquet dans l'autre sens et retrouve sa place première. Si je suis trop loin pour voir la couleur de ses yeux, je n'ai pourtant aucun mal à voir qu'il a soulevé les paupières. Il l'a fait. Il est réveillé. Il me regarde.

Mon corps se tend, mes mâchoires se crispent. Dans le secret de mes poches, mes poings se serrent. Rien de ce qui a pu traversé mon visage auparavant n'est désormais visible, je fais tout pour l'empêcher. Parce qu'il me regarde, il est réveillé. Mon cœur s'emballe furieusement. Je me dis enfin ! en même temps que je pense et merde ! C'est cette dernière pensée qui gagne. Et merde, merde, merde, merde ! J'aurais dû me taire, pourquoi j'ai parlé par Merlin ? Pourquoi j'ai...

Je vois avant même qu'il parle qu'il va le faire, parce qu'il met du temps à ouvrir la bouche, il met du temps à tout faire, même à regarder. Comme si tout était beaucoup trop dur. Alors je vois qu'il va ouvrir la bouche. Pendant un instant, je crois que je vais parler avant lui. Ouvrir la bouche et commencer à parler pour qu'il la ferme. Je pensais sincèrement que j'allais le faire parce que je n'ai pas envie qu'il parle. Mais voilà, je ne fais rien et sa voix résonne dans la chambre. Enfin, résonner est un bien grand mot. Elle s'élève à peine, sa voix. Elle s'élève à peine et pourtant elle fait tellement de bruit. Un bruit énorme, un bruit qui prend toute la place.

...une légende.

Sa voix prend toute la place dans la pièce, alors lorsqu'il se tait elle laisse derrière elle un silence glacial. Un silence qui dure. Immobile et debout, je regarde Gabryel qui me regarde aussi, alité. Je le regarde et je tourne sa phrase dans ma tête. Dans un sens puis dans l'autre. Cette phrase, elle est totalement lui. Il n'y a que lui pour sortir des débilités pareilles tout en donnant l'impression qu'il les pense sincèrement. C'est très lui, cette phrase, et elle me met hors de moi. J'en prends conscience en sentant mes ongles s'enfoncer dans la chair tendre de mes paumes. La colère part du fond de mon corps et monte lentement, lentement. D'abord elle serre mes poumons entre ses griffes. Ensuite elle noue ma gorge. Après elle commence à se voir sur mon visage. Je sors les mains de ma poche dans un mouvement saccadé qui s'arrête brusquement lorsque je serre les poings pour me retenir. Mes muscles sont crispés. Pendant un instant je me suis vue frapper violemment dans le mur à ma gauche. J'allais le faire. Un grand coup. Très fort. Qui aurait fait du bruit. Et mal. Je serre les poings pour m'empêcher de le faire et baisse brièvement les paupières en respirant longuement par le nez.

Une légende... Une légende... Une légende est ce que l'on devient dans l'esprit des gens quand on disparaît après les avoir marqué par nos actes. Et lui, il a cru que c'était ce que j'étais devenue. Une légende. Alors que c'est lui qui est parti, c'est lui qui a abandonné, c'est lui qui a joué au con, c'est lui qui préfère se laisser crever dans son lit plutôt que de venir me chercher, c'est lui, lui, lui. Qu'il aille se faire voir avec sa légende !

J'ai un poing serré le long du corps, l'autre replié contre mon buste et toujours cette envie de balancer ce dernier dans le mur qui me nargue, ou alors de donner un coup de pied à Gabryel ou alors... Je ne sais pas. Je prends une longue inspiration qui me fait mal aux poumons et qui n'apaise rien des battements furieux de mon cœur et de mon âme. Mais finalement, je baisse le bras et je ramène mes yeux noirs et colériques sur Gabryel qui gît au milieu de son lit. Je le regarde un moment avant de pouvoir parler. Mais quand je le fais, c'est sans desserrer les dents.

« Et moi j'ai cru que tu avais plus de détermination que tu n'en as réellement. À croire qu'on s'est tous les deux trompés. »

12 mars 2026, 12:56
 Fife, Écosse  Tu es un crétin, Fleurdelys  PV 
- Je… (tousse et grimace de douleur en tenant son estomac vide) Tu sais… Ca fffait des années que je te connais. Depuis qu’on a douze ans.. C’est presque ridicule quand on y pense. Mais moi, je me souviens très bien du moment où j’ai commencé à te regarder, je veux dire vraiment. Et jjjje me suis dit un truc tellement simple que ça m’a presque fait rire sur le moment. Je me suis dit : Elle est incroyablement belle. Pas juste belle comme on dit pour être gentil, mais belle comme quand ça coupe le souffle sans prévenir. Comme quand on regarde le ciel en hiver, et qu’on voit quand même des étoiles. Depuis ce jour-là, tttu es restée là, dans ma tête, et dans ma vie. Et dans tout en vrai.
Avant…
(reprend son souffle) Avant toi, il y avait toujours un endroit un peu étrange en moi, et je ne saurais même pas dire si c’était de la tristesse. C’était juste un vvvide. J’avais l’impression que quelque chose manquait, sans savoir quoi. Et puis il y a eu toi, mais ça ne s’est pas rempli d’un coup. Avec toi, ça s’est fait doucement, conversation après conversation , regard après regard. Et un jjjour, j’ai compris. Ce vide était parti, tu l’avais rempli. Et parfois je me dis que c’est juste parce que je suis amoureux de toi. Mais ça ne suffit même pas à expliquer ce que je ressens, parce que je t’aime depuis si longtemps. (silence)
Je voulais te dire, Aelle, encore une fois, (ne la quitte pas des yeux) que je t’aime quand tu souris. Je t’aime quand tu t’énerves et que tu fronces les sourcils contre le monde entier. Je t’aime quand tu doutes de toi, et tes silences quand tu réfléchis trop longtemps à un truc. Je t’aime aussi quand tu ppppenses que tu n’es pas assez bien, que tu aurais dû faire autrement, être plus forte ou plus brillante. Parce que toutes les choses que tttu n’aimes pas chez toi, ben moi, je les trouve belles. Et je crois que je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi beau que ça. (inspire).
Tu es la chose la plus belle que j’aie jamais vue de toute ma vie, Aelle. Et tu sais, il y a des moments avec toi qui sont restés plantés dans ma mémoire. Ce jour dans la forêt. Il y avait ces fleurs partout autour, et j’avais l’impression qu’on était ttttombés dans un endroit qui n’existait pas vraiment. Et moi j’étais là, à côté de toi, le cœur qui battait tellement fort que je suis tombé dans les pommes. (rire) Et puis, je t’ai embrassée. C’était maladroit, sûrement, mais pour moi, c’était comme si le monde venait de s’arrêter. Et puis il y a eu Londres… Cette nuit, moi totalement idiot, couvert de bleus parce que je m’étais fait démonter la gueule par deux crétins. Tu as nettoyé mes ppplaies avec ce regard sérieux que tu prends quand ta magie s’occupe de moi. Je me souviens du silence, et de la lumière des lampadaires dans le parc. J’ai levé la tête vers toi, et on s’est embrassés encore, cette même nuit où je t’ai demandé si je pouvais jjjjuste dormir contre toi, pas plus. J’avais peur de te le demander. (silence) Et toi, tu n’as pas fait un grand discours, m’as juste dit « viens », et rien d’autre. On ne s’est même pas embrassés cette nuit-là, on était juste allongés l’un contre l’autre, ta chaleur contre ma chaleur. Ça a été la plus belle nuit de ma vvvie. (repose sa tête sur l’oreiller et regarde le plafond)
Depuis que je te connais, il n’y a pas une seule journée où tu n’as pas existé quelque ppppart en moi. Tu entends Aelle, pas une seule. Quand quelque chose de drôle m’arrive, je pense à la façon tu me regarderais rire. Quand je dis de la merde, je pense à ce que tu dirais pour me calmer. (silence)
Quand je cherche encore parfois ma place, c’est ttttoujours toi qui me revient en tête. Parce qu’avec toi, tout devient clair. (s’arrête, tourne la tête vers elle)
Et il y a aussi ma… ffff…. fffaçon de parler parfois, tu vois très bien. Ce bégaiement qui se glisse toujours dans mes mots quand je ne peux plus les taire. Les mots arrivent en désordre, ils se cognent contre le regard des autres, et je vois bien leurs regards, leurs silences pour attendre que ça passe. Mais avec toi, ça n’a jamais été ça. Tu n’as jamais détourné les yeux ou essayé de finir mes phrases à ma place. Tu écoutais jusqu’au bout. Et tu sais pas à quel point ça compte pour moi. (se redresse un peu) Parce que quand je parle avec toi, je suis juste moi. (sourie) J’sais que je bbbégaye encore là, maintenant, et que je dois avoir l’air complètement idiot, mais j’en ai rien à foutre, parce que je pensais vraiment que je ne te reverrais jamais, que tu ne voulais plus m’écouter. (ses épaules s’affaissent).
Et cette idée-là me fait crever. Mais il y a une chose que je sais maintenant. (s’ébouriffe nerveusement les cheveux) Si je devais revivre toute ma vvvie, chaque seconde, chaque erreur, même les instants de sollitide, je n’attendrai qu’une chose, c’est de te rencontrer. Et si tu viens me dire qu’on ne va pppplus se voir, ben je voulais te dire tout ça quand même, Aelle.

Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR

20 mars 2026, 15:42
 Fife, Écosse  Tu es un crétin, Fleurdelys  PV 
Lorsqu'il ouvre la bouche, je braque aussitôt les yeux vers lui. Si je pouvais, je lui enverrai un sortilège pour qu'il comprenne qu'il doit se taire. Que c'est le moment de se taire. Que je ne l'ai pas autorisé à parler. Ça s'écrit sur mon visage, que je ne veux pas qu'il parle. Ça s'écrit dans mes yeux noirs. Dans mes lèvres crispées. Ne. Me. Parle. Pas !

Mais il me parle, il ne s'arrête pas. Il commence, il dit trois ou quatre mots alors que je le regarde avec le souffle bloqué dans la gorge, le visage livide de colère, et je sais qu'il ne s'arrêtera pas d'aussitôt. Et il ne le fait effectivement pas. Et lorsque le mot belle apparaît pour la première fois dans son discours, une sorte de ricanement s'échappe de ma bouche, je lève les yeux au ciel avant de les tourner vers la fenêtre pour ne plus avoir Gabryel sous les yeux — j'ai envie de lui envoyer un sortilège pour le faire taire.

Je lance mon regard à l'assaut du ciel et de ses nuages épars. Je regarde le sommet des arbres qui s'étirent au loin. Je ne les vois pas réellement. Je ne vois pas grand chose, en fait. Il n'y a que mon cœur pour m'envoyer un uppercut. Un grand coup dans la poitrine, comme si j'avais soudainement trébuché ou alors manqué une marche. C'est violent. C'est douloureux. Je ne suis pas sûre que ce soit très agréable. Il vient de dire « je suis amoureux de toi » et j'ai l'impression d'avoir manqué une marche. Et puis il continue. Il veut me dire des choses. Il veut me dire ces choses qui commencent par je et terminent par t'aime. Il veut les dire et il les dit, d'ailleurs. Une fois, deux fois, trois fois. Il dit des choses qu'il aime, il dit des choses que moi je déteste, il dit, il dit, il dit et je finis par fermer les yeux. Je me tourne suffisamment pour qu'il ne voit pas mon visage. Je les ferme si fort que des points apparaissent sur mes paupières fermées. Tais-toi, tais-toi, tais-toi ! Je ne suis pas venue pour entendre ces choses ! Je ne suis pas venue pour que tu déblatères ces idioties ! Je ne suis pas venue pour... Pour toutes ces choses. Je ressens le violent envie de le faire taire. J'ai envie de lui balancer quelque chose dans le visage ou de le frapper très fort ou de dégainer ma baguette pour faire quelque chose que je regretterai certainement. J'ai envie de lui faire mal, j'ai envie de le faire taire, j'ai envie que sa voix se taise, je ne veux plus l'entendre, je ne veux plus entendre ses mots. Il raconte des choses que je connais déjà, des moments qui nous appartiennent à tous les deux et que j'ai vécus aussi. Pourquoi me les raconte-t-il ? Pourquoi les répète-t-il ? Nous les avons déjà vécu une fois, cela ne suffit-il pas ? Pourquoi faut-il en parler encore et encore, pourquoi faut-il les répéter ?

J'ouvre de nouveau les yeux. Je ressens une fatigue qui ne porte pas de nom. Une fatigue qui n'est pas de la fatigue physique. Quelque chose qui abîme l'âme, comme si on râclait du papier de verre directement sur elle. Et lui, il continue de parler, il dit tellement de choses. Tellement de choses qui pèse sur mon esprit. Des choses que je sais déjà. D'autres que j'apprends aujourd'hui. D'autres encore que j'aurais voulu ne jamais savoir. Beaucoup que je n'avais pas besoin d'apprendre. Et encore davantage que je trouve insolent de prononcer dans la situation qui est la notre. J'aurais préféré qu'il se taise. Vraiment.

Je n'avais besoin que d'une seule chose. Une seule. Qu'il se lève de son lit et qu'il vienne me trouver à l'AESM. Qu'il refuse que je ne réponde pas à ses hiboux et qu'il vienne me chercher. Pas pour parler. Pas pour me dire ces idioties, pas pour m'ouvrir son idiot de cœur. Mais juste pour que l'on fasse quelque chose, n'importe quoi. Juste ça. Et lui, il parle, il parle encore et encore, il me dit toutes ces choses, tous ces trucs. Ces trucs immenses. Ces trucs qui ressemblent à l'univers tout entier. Que l'on ne m'a jamais dit de toute ma vie. Que je ne veux pas entendre.

Un jour, quand j'étais une petite fille, Thalia m'a dit « Je t’aime et je peux pas faire autrement ». Une autre fois, j'étais encore plus jeune, Charlie m'a dit «
Je peux rester près de toi ? » et ça avait exactement la même signification que les mots de Thalia et que ceux de Gabryel aujourd'hui. Que ce soit dit en mille mots ou en seulement quelques uns... C'est la même chose. Je ne veux pas qu'on me dise ces choses. Ce ne sont que des mots. Les gens disent ça puis ils finissent par disparaître, c'est tout. C'est comme ça que ça fonctionnent. Les mots ne comptent pas. Les mots ne sont rien. Ils n'ont aucune consistance. Et ceux de Gabryel, ils ne sont que la preuve qu'il ne comprend vraiment rien à rien. Il n'a vraiment rien compris.

« T'es vraiment un crétin. »

Ma voix n'est qu'un murmure. Avant de parler, je ne savais pas que j'allais le faire. Mais je l'ai fait. Le son de me propre voix me fait prendre conscience de ma position, à moitié tournée vers la fenêtre mais pas tout à fait, le corps crispé, le visage froid aux traits durs. Je cligne des yeux, déglutis péniblement et ramène mes yeux sur Gabryel, qui gît au fond de son lit mais pas suffisamment pour qu'il ferme sa fichue gueule.

Je le regarde fixement. Comment ce garçon peut-il être aussi idiot ? Comment est-il possible qu'il soit aussi idiot, alors même que je le sais suffisamment fûté pour avoir éveillé mon intérêt alors que nous n'avions que douze ans ? Il n'est pourtant pas ignare, c'est un sorcier exceptionnel, à sa façon, qui comprend la magie d'une manière unique et précieuse. Il n'est pas bête. Alors, Merlin, comment peut-il malgré tout être cet immense idiot, crétin, abruti qu'il est aujourd'hui ? Cela me dépasse. Cela me dépasse tellement que j'ai envie de me tirer. Transplaner, partir, disparaître tout simplement. Aller occuper mon temps au lieu de le perdre ici. Mais voilà, il a été suffisamment con pour se retrouver dans cet état à cause d'une crainte idiote et je n'ai pas envie qu'il aggrave son cas. Je ne peux pas partir. C'est encore pire que si je n'en avais pas envie.

J'arrache mes yeux des siens. Sa tronche, vraiment, me donne envie de l'emplâtrer contre un mur. C'est la première fois que ça me fait ça. Gabryel m'a souvent fait ressentir des choses très fortes, parfois intenses, déstabilisantes. Mais cette violence ? Jamais. Alors je le quitte des yeux car s'il a le malheur d'ouvrir la bouche maintenant, je jure que je l'emplâtre.

J'expulse un bref filet d'air par le nez, je secoue la tête, fronce les sourcils, et finalement je bouge enfin. En trois pas, j'ai atteint la fenêtre. Je ne jette qu'un regard au hibou qui est encore là. Tant pis si je l'effraie. J'ouvre les deux battants en grand. D'abord, j'ai le réflexe de me pencher pour voir ce qu'il y a en-dessous, dans le vide. Puis je dégaine ma baguette, j'attrape une cigarette au fond de ma poche et je la glisse entre mes lèvres sans l'allumer. Le goût du tabac caresse ma langue. J'inspire fort l'odeur de la nature qui provient de l'extérieur, les mains sur l'appui de fenêtre, l'une d'elle serrée autour de ma baguette.

« Non, sérieux, craché-je tout à coup en me dévissant le cou pour regarder Gabyrel. Comment tu fais pour être aussi con ? Tu débites toutes ces conneries et pourtant t'es bloqué au fond de ton plumard au lieu de te bouger parce que... »

Je n'arrive même pas à le dire parce que je ne le comprends pas. Je ne comprends pas comment l'hypothèse que je ne veuille plus lui parler a pu le mettre dans cet état-là. Je ne comprends pas pourquoi il n'a pas bougé son cul pour venir me voir. Je ne comprends tout simplement pas. Alors je fais un geste brusque de la main et fais apparaitre une flamme au bout de ma baguette. Ma cigarette grésille quand je l'allume. J'aspire longuement la fumée avant de secouer brusquement la tête de droite à gauche, yeux fermés, agacée par absolument tout, à commencer par l'abruti dans son lit, derrière.

« Ta gueule, » répliqué-je alors qu'il n'a absolument rien dit.

Et j'aspire une nouvelle taffe, les sourcils tellement froncés que j'ai mal au front.

22 mars 2026, 15:03
 Fife, Écosse  Tu es un crétin, Fleurdelys  PV 
Le jeune homme ne répondit pas. Ce n’était pas qu’il n’avait rien à dire, mais il voyait la colère brutale d’Aelle qui s’exprimait dans chaque tension de son corps. Elle était furieuse, elle avait envie de le frapper et de le faire taire. L’Anglaise voulait lui faire payer ses mots. Il la connaissait. Pourtant, elle était là, et n’était pas partie. Elle aurait pu fuir, transplaner pour disparaître comme elle savait si bien le faire lorsque ses sentiments étaient trop lourds à assumer. Mais elle avait encaissé, elle était restée plantée là devant la fenêtre, et usait de ses forces pour lutter contre lui, contre elle-même, contre tout ce qui la dépassait.

Pour l’ancien Gryffon, ça voulait tout dire. Alors, lentement et avec difficulté, il bougea. Chaque muscle de son corps lui rappela l’état dans lequel il s’était laissé aller. Il se redressa, posa un pied au sol, puis un second pour trouver son équilibre. Il enfila son jean et son sweat, puis glissa son catalyseur dans sa main. Le contact avec sa baguette le rassura. Gabryel avança pas après pas, sans parler.

Aelle regardait par la fenêtre, le dos rigide. De la fumée s’échappait d’entre ses lèvres. L’agitation nerveuse de ses doigts accentuait davantage sa beauté insaisissable. L’Écossais s’arrêta un instant derrière elle. Comme une évidence, il posa ses mains sur ses hanches. Malgré les colères, il avait toujours su où était exactement sa place. Il se pencha légèrement vers elle. Ses lèvres effleurèrent l’oreille de la jeune femme. Sa voix masculine avait la douceur d’une brise.

- Je t’emmène avec moi.

Il y eut un craquement sec significatif, puis tout disparut. Un froid vif et coupant frappa soudain leurs visages et leur peau, en s’engouffrant dans leurs vêtements. L’air ici était salé, humide et minéral, sans concession. Ils étaient au sommet d’une falaise, devant eux s’offrait le Loch Torridon avec un culot presque irréel. L’eau profonde s’étendait à perte de vue. Elle semblait prendre en otage la lumière encore hivernale du ciel. À certains endroits, le lac devenait presque noir, mais à d’autres, un bleu sombre se diluait au vert. Les rafales de vent provoquaient des frémissements sur la surface, au rythme de leurs propres frissons corporels.

Gabryel serra un peu plus Aelle contre lui. Dans le ciel, les silhouettes de centaines d’oiseaux noirs tachaient l’immensité grise. Ils planaient en cercles, portés par les courants glacés, puis plongeaient parfois pour remonter aussitôt, comme dans une danse avec les éléments. Leur présence ajoutait au lieu cette impression de nature sauvage et indomptée. Ils volaient librement, contraints de rien.

De massives montagnes brunes se dressaient tout autour, saupoudrées de neige par endroits. Une fragile lumière s’engouffrait en leurs creux, dessinant sur les reliefs abrupts des formes rassurantes. Le contraste entre le bleu sombre de l’eau et le gris profond des roches était époustouflant. Au travers des nuages, le toit de ciel immense semblait ne jamais finir. Les touches de luminosité sublimaient le tout, rendant ce panorama infini presque irréel. C’était beau à en couper le souffle, une beauté brute sans aucun filtre ni superficialité. Et il y avait ce calme absolu, omniprésent. Ici, le monde n’avait pas besoin de faire semblant.

Gabryel ne lâcha pas ses hanches, ancré à elle comme pour lui prouver que tout était vrai.

- Tu vois, ici le monde arrête de mentir.

Le vent souleva une mèche des cheveux d’Aelle contre sa joue. Sous leurs yeux, l’Écosse sauvage étendait sa superbe, indifférente à eux.

- C’est le seul endroit où j’arrive encore à rrrespirer sans toi. Sauf aujourd’hui.

Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR

27 mars 2026, 11:36
 Fife, Écosse  Tu es un crétin, Fleurdelys  PV 
Je l'entends bouger derrière moi. J'entends les menus bruits de froissement des draps, le sommier qui grince, le son de la respiration un peu trop lourde de quelqu'un qui n'est plus habité à bouger. Je devine à tout ça qu'il se lève et mes doigts se crispent sur l'appui de fenêtre. J'attrape un peu trop vivement le filtre de ma cigarette pour libérer la fumée coincée dans ma bouche vers le ciel que je fusille du regard. S'il m'approche, je lui fous un coup de poing. Je jure que je le fais. Mon poing dans ton nez, dans ton visage, je vais te frapper et te faire mal. Tout mon corps le dit : je suis complètement figé, immobile et crispée, les doigts tellement serrés sur le rebord que leur jointure est blanche et qu'ils me font mal. Ma respiration est courte, coincée, trébuchante. Cela ne m'empêche pourtant pas de fumer un peu trop vite, un peu trop fort, de prendre de trop grandes taffes, de faire trop de bruit quand je recrache la fumée. Tout mon corps dit : ta gueule. Tout mon corps dit : si tu m'approches, je t'envoie mon poing dans la figure. Ne fais rien, ne bouge pas, ne parle pas.

Oh il ne parle pas. Il ne parle pas ! Mais ce qu'il bouge ! Je l'entends qui s'affaire et en tournant très légèrement mon visage vers la gauche — bien malgré moi mais je n'ai pas pu m'en empêcher, je tombe sur ses longues jambes blanches. Il en lève une pour la passer à travers dans son jean. Je tourne aussitôt les yeux vers l'extérieur et je plante mes dents dans ma lèvre. Mais qu'est-ce qu'il fout, bordel ? Pourquoi il s'habille juste derrière moi ? Est-ce qu'il veut me prouver qu'il peut bouger et qu'il peut sortir de son lit ? Bah c'est trop tard, espèce d'abruti ! C'est trop tard, j'en ai rien à foutre que tu sois capable de te lever ! C'est encore pire, en fait ! Ça veut dire que tu le pouvais avant mais que tu ne l'as pas fait, parce que t'es un putain de lâche. Je t'ai souvent pris pour beaucoup de choses, mais jamais pour un lâche, jamais. Et pourtant... La déception a le goût de la cendre. J'aspire une longue taffe pour soulager la douleur que mes pensées m'inspirent.

J'entends un bruit derrière moi. C'est comme si un éclair m'était tombé dessus, ça m'électrise de la tête au pied, mon cœur s'emballe quand je comprends que Gabyrel approche et je me tends encore plus, si tant est que ce soit possible. Je resserre le poing de ma main libre, la gauche, et je me prépare à lui défoncer son joli petit minois s'il ose ne serait-ce que s'approcher.

Mais il ne s'approche pas.
Non.
Il pose ses mains sur mes hanches.

Je ne m'attendais pas à ça. Surprise, je me redresse aussitôt. J'arme mon bras pour lui donner un coup de coude, mais il se penche à se moment là pour me glisser des mots à l'oreille. Avant même que je prenne conscience de ce qu'il m'a dit et qui me rappelle des souvenirs, je sens la magie s'enrouler autour de moi et m'embarquer à travers l'espace.

La panique s'empare aussitôt de moi. Je sens ses mains autour de mes hanches et je regrette aussitôt le geste commencé avant qu'il ne me fasse transplaner et qui se termine pendant que la magie nous emporte : je lui envoie un grand coup dans les cotes avec mon coude. Mais presque aussitôt, ma main libre, celle qui termine le bras vengeur, vient agripper la sienne dans un geste désespéré : comme tout bonne sorcière, je n'ai pas envie de me faire désartibuler et je m'accroche donc à celui qui contrôle la magie qui est en train de m'emporter car je ne peux rien faire d'autre. Je serre, je serre pendant que j'ai l'impression que mon corps entier passe à travers un boyaux beaucoup trop petit pour lui. Ça m'étouffe, ça me frappe, ça me malmène, c'est violent, c'est long, tout s'embrouille autour de moi et j'ai envie de vomir même si je ferme les yeux très fort.

Le sol réapparait sous mes pieds. Je serais tombée si Gabryel n'était pas derrière moi, s'il n'avait pas sa poigne autour de mes hanches. Alors au lieu de chuter vers l'avant pour rendre le contenu de mon estomac, c'est vers l'arrière que je me sens tanguer. Mon dos contre son torse, ses mains sur mes hanches, la solidité de son corps qui m'empêche de tomber. Les assauts de mon estomac sont trop douloureux pour que je pense à m'échapper de son étreinte. Pour l'instant, je m'appuie seulement contre lui parce qu'il est là, les yeux toujours fermés, respirant à plein poumons l'air glacial qui nous entoure pour que ma nausée s'arrête.

Au bout de la troisième grande inspiration, la nausée se calme et je prends conscience de deux choses : du sel dans l'air et de la chaleur de sa main sous la mienne, car je la tiens encore. Je reprends peu à peu le contrôle de mes pensées. Ma première action est de papillonner des yeux. Lorsque je soulève les paupières, un paysage à couper le souffle m'accueille. L'horizon est immense est lointain, fait de montagne escarpées, de la surface aux couleurs nuancés d'un loch et d'un ciel qui semble avoir été peint au pinceau. Puis la voix de Gabryel me parvient et me fait prendre conscience de tout le reste.

Il m'a fait transplaner, il ose me toucher et se tenir près de moi, me maintenir, il a utilisé la magie sur moi sans mon accord et en plus il croit que m'emmener ici arrangera tout. Tout se mélange dans ma tête, absolument tout, des émotions qui grondent et qui hurlent, se qui se mêlent et disparaissent les unes dans les autres. Mais je sais au moins une chose. Je sais que ses doigts me brûlent, je sais que je déteste la sensation de ses mains sur moi, je sais que je pourrais le crever à cause de ce souffle, celui de sa respiration, que je sens contre mon oreille, à cause de la chaleur de son torse contre mon dos qui me protège de la fraicheur de cet endroit que je ne connais pas. Je sais que je ne supporte pas qu'il soit aussi près de moi. Je sais que je brûle d'une colère qui jaillit subitement, sans prévenir, et qui prend le contrôle de moi.

D'abord, mes ongles s'enfoncent dans la chair du dos de sa main. Juste avant que je fasse brusquement un pas en avant pour me dégager de son étreinte, en même temps que je bats des bras pour repousser les siens. Je me retourne subitement vers lui et sans prévenir, je le repousse violemment en le poussant des deux mains sur le torse, de toute la force que je peux y mettre. Puis je m'avance pour le pousser encore une fois en le forçant à reculer. Et encore une fois. Un cri de rage s'échappe de ma gorge. À chaque coup, un mot sort de ma bouche.

« N'utilise. Plus. Jamais. La. Magie. Sur. Moi ! »

Ce qui n'était tout à l'heure qu'une envie de lui faire mal est désormais plus qu'une envie : il est là, juste devant moi, plus grand que moi depuis qu'il a eu l'audace de grandir et de devenir un homme, et j'ai envie de lui faire mal. J'en ai tellement envie qu'un rugissement monte le long de mon corps et traverse mes lèvres. Presque aussitôt je me recule, la respiration sifflante soulevant mes épaules. J'ai ma baguette à la main. J'ai même pas conscience de l'avoir sortie.

10 mai 2026, 14:38
 Fife, Écosse  Tu es un crétin, Fleurdelys  PV 
Le vent continuait de frapper leurs vêtements, et de soulever leurs cheveux, au rythme des herbes folles sur la falaise. Le monde semblait maintenant concentré sur Aelle. Sa colère la faisait paraître encore plus vivante qu’avant. Et Merlin, qu’est-ce qu’elle était belle. Pas à la manière douce ou fragile comme certaines filles des tableaux de Poudlard, mais comme ceux représentant des paysages dangereux. Le jeune sorcier observa en silence ses yeux noirs, la façon dont sa poitrine se soulevait de rage, et ses mèches sombres agitées par la brise montagneuse. Ses doigts crispés autour de sa baguette la rendait plus vivante que jamais.

Fleurdelys s’était attendu à sa réaction. Peut-être même qu’une partie de lui aurait regretté qu’il en fut autrement, parce qu’elle était là, avec lui, et qu’elle brûlait encore. Une Aelle indifférente à tout celà aurait été plus terrible qu’une Aelle furieuse. Un très léger sourire fatigué passa sur les lèvres de Gabryel, ce sourire lumineux et maladroit qui lui appartenait. Sans mot dire, il retira son sweat. La luminosité grisonnante innonda sa peau pâle. Son torse amaigri portait les traces de son épuisement. Ses côtes éraient légèrement visibles, et ses épaules semblaient plus fines qu’avant. Pourtant, quelque chose dans sa manière de bouger retrouvait enfin la vie. Il enleva ses chaussures, ses chaussettes, puis son jean d’ou dépassait sa baguette qu’il abandonna dans l’herbe, avec le reste de ses affaires.

Si l’air écossais aurait dû le faire frissonner, il sembla au contraire réveiller quelque chose au fond de lui. Le Gryffon, et nul doute qu’il en était un, s’approcha du bord de la falaise. À cinq ou six mètres plus bas, un petit bassin naturel s’étendait entre les pierres sombres, une eau incroyablement claire, alimentée par une source glissant de la montagne. Ici tout semblait plus calme, comme un secret murmuré. L’eau avait des nuances presque irréelles, du vert translucide près du bords, puis d’un bleu limpide au centre. À travers ce contraste presque magique, on distinguait des galets pâles, et quelques petits poissons aux couleurs éclatantes glissaint lentement sous la surface.

Gabryel se tourna vers Aelle. Ses yeux bleus s’accrochèrent à ceux de l’Anglaise. Il avait toujours eu cette façon de la regarder comme si le reste du monde était secondaire dès qu’elle entrait dans son champ de vision. Avec ce petit sourire lumineux, il demanda simplement :

- Tu viens ?

Puis il sauta.

En une seconde, son corps s’effaça de la falaise, jusque s’enfoncer dans l’eau. L’instant d’après, il disparut totalement sous la surface. Puis il remonta. Un rire mêlé à une profonde reprise d’oxygène lui échappa aussitôt, résonnant dans tous l’espace. Le jeune homme bascula sur le dos, puis flotta calmement, dominé tout autour par les montagnes gigantesques, et le ciel au-dessus de lui. Il cria, sa voix portée par le vent écossais :

- Elle est trop bonne, Arya !

Désolé pour ce délai. La réfexion fut nécessaire, pour finalement laisser Gab faire à sa tête ^^

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Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR

12 mai 2026, 10:12
 Fife, Écosse  Tu es un crétin, Fleurdelys  PV 
Mes doigts me font mal. J'agrippe si fort ma baguette que mes phalanges sont douloureuses. Ça grouille à l'intérieur de moi, ça brûle, ça s'agite. Ce n'est pas seulement parce que j'ai la respiration affolée, que mes épaules se soulèvent rapidement, que j'ai le visage crispé dans une grimace de rage. C'est parce que je ressens viscéralement le besoin d'envoyer ce corps qui me fait face valdinguer dans le paysage. Ce grand corps et cette tête de con. Le faire voler et qu'il s'éclate plus loin sur la pierre, le bruit serait satisfaisant. Mes membres tremblent de cette colère qui m'envahit totalement. J'ai l'impression qu'il m'a trahie, qu'il m'a fait quelque chose d'impardonnable. La magie qu'il a utilisé sur moi sans me prévenir, cette façon de m'emmener là où je n'ai pas demandé à aller. Je veux le balayer du paysage, le faucher d'un coup de baguette, ou alors de mon golem. Ma respiration s'embraye dans ma gorge, ça pulse dans ma tête.

Ce n'est seulement lorsque je le vois bouger que je me rends compte que j'attendais quelque chose de lui. Peut-être des excuses ou un mot de trop qui m'aurait encouragé à choisir un sortilège encore plus violent que celui que j'avais déjà en tête. Mais il ne dit rien, au contraire : il passe les mains sous son pull et entreprend de l'enlever. Pendant un instant d'une incommensurable bêtise, je suis persuadée qu'il l'enlève pour me le tendre afin de me protéger de la brise qui soulève mes cheveux. Je ricane mais le bruit se coince dans ma gorge. Je me vois déjà brûler son pull. Mais il ne me le tend pas, il le laisse tomber à terre et je me sens forcée de détourner les yeux parce qu'il est torse nu devant moi.

Alors mon bras armé se relâche légèrement et j'écarquille les yeux en les ramenant sur lui. Mais qu'est-ce qu'il fout ? Plantée comme une idiote devant lui, le cœur battant d'une rage qui ne sait plus très bien comment s'exprimer, je le regarde agir sans comprendre ce qui est en train de se passer. Mes yeux dégouline le long de son corps. Je me demande s'il a toujours été aussi chétif. Je n'en ai pas eu l'impression, les rares fois où j'ai été contre lui. Je me rends alors compte, parce que j'ai une mère médicomage et que je ne suis pas une idiote, que c'est sa période de convalescence qui l'a laissé comme ça. Mes yeux se baladent sur son torse à la peau claire. On voit un peu trop ses cotes. Pourtant, il ne bouge pas comme quelqu'un de malade. Pas du tout.

Une fois la surprise passée, une brusque frustration m'étouffe et grossit dans ma gorge. C'est toujours comme ça avec lui, quand j'attends qu'il s'excuse, car il aurait le faire, à la place il se défroque devant moi et pourquoi ? Je n'arrive pas à le savoir, je ne sais pas ce qu'il va faire. Je me recule d'un pas, puis d'un deuxième. Je ne sais pas ce qu'il a en tête. Je sais seulement que s'il m'approche je détache sa peau de son corps et je la fais brûler, je le laisserai la chair béante à hurler de douleur. Je sais comment on fait, je l'ai appris même si je n'ai jamais essayé le sortilège. Je le ferai, espèce d'abruti. Je le ferai.

Puis il se met à enlever son pantalon. Je n'ai même pas la force ni l'envie de dire quelque chose ou de jurer comme je suis pourtant en train de le faire dans ma tête. Parce que c'est lui, ça. Il va faire un truc complètement con au lieu de s'expliquer ou de pleurer parce que je l'ai violemment poussé, au lieu de chercher à se défendre. Comme si je n'étais pas un danger pour lui. Comme si ce que je disais n'avait pas le moindre poids. Comme s'il ne m'avait pas entendu. Ça m'énerve qu'il ne soit pas plus inquiété par ma baguette, par mon regard froid, par mes cris, alors ma bouche se tord en une moue mécontente et je le regarde faire sans ne rien dire, ma respiration plus apaisée mais les épaules toujours soulevée par de fortes émotions.

Il finit en caleçon devant moi. Je ne peux pas être gênée car il est pour moi, actuellement, l'homme le plus idiot que le monde ait porté et qu'il m'inspire une rancœur infinie. Et aussi parce qu'il agit comme ça il me rappelle ce qu'il était quand il n'était qu'un garçon et qu'il me donne l'impression que les choses n'ont pas changé. C'est pourtant le cas ! Je suis une sorcière adulte, je pourrais le consumer sur place ! N'en a-t-il donc pas conscience ?

Je comprends ses intentions seulement quand il s'approche du bord. Je me sens bête de ne pas y avoir pensé plus tôt. L'eau doit être glaciale, il ne va tout de même pas... Il se tourne si subitement vers moi que son regard me renverse le cœur. Je me ferme aussitôt, fronce les sourcils et lui oppose un regard sombre et colérique. Son sourire me tape sur les nerfs. Il a juste le temps de me poser une question avant de se retourner et de sauter. C'est plus fort que moi, mon cœur se soulève et je me précipite vers le bord, parce que ce serait con quand même qu'il y ait dix ou quinze mètres et qu'il n'ait sauté que parce qu'il souffre d'une fièvre délirante. J'aurais dû l'arrêter ! je me reproche avec force.

Je me penche par-dessus le vide. Il n'y a pas quinze mètres. Juste cinq, peut-être moins. Je fouille la surface de l'eau, l'angoisse accrochée au cœur. Je vois son corps se dessiner sous la surface qui est si claire que le ciel ne se reflète même pas dessus. Mes épaules se détendent et j'attends au sommet de mon petit promontoire qu'il daigne remonter. Je jure enfin entre mes dents.

« Espèce de gros con de crétin. »

Il crève la surface de l'eau et son rire éclate, aussi pur que du cristal. Ce putain de rire qui depuis toujours me tord les boyaux et me fait ressentir des choses bizarres. Il ose rire de ce rire là maintenant ? Je serre les poings. Il m'invite comme je pensais bien qu'il allait le faire. Je laisse le silence lui répondre et le quitte des yeux pour jeter mon regard à l'assaut des montagnes qui dominent. La colère tend de nouveau mes muscles et serre mes mâchoires. Le vent soulève mes cheveux. Je n'ai pas envie de m'amuser avec lui, je n'ai pas oublié tout ce qu'il s'est passé, je n'ai pas pardonné qu'il ait utilisé sa magie sur moi. Je me vois le planter là. Tiens, je pourrais voler ses vêtements et me casser, il serait comme un con, là.

Au lieu de ça, je me penche de nouveau par-dessus le vide.

« T'es vraiment qu'un crétin ! » je hurle, bien que cela ne soit pas nécessaire.

Je brandis ma baguette magique devant moi. J'y mets toute ma force, dans ce sortilège qui demande habituellement dextérité et subtilité si on ne veut pas se retrouver noyé.

« Aguamenti. »

Un large jet d'eau jaillit puissamment de mon catalyseur. Lentement, je baisse la baguette vers le vide, directement vers Gabryel.

12 mai 2026, 12:19
 Fife, Écosse  Tu es un crétin, Fleurdelys  PV 
Le sorcier n’eut besoin que d’une fraction de seconde pour comprendre ce qu’Aelle était en train de faire. Il observa depuis sa position le mouvement de sa baguette, et la manière dont son bras s’abaissait. Une puissance vibra dans l’air autour de lui. Ses yeux bleus s’ouvrirent avec surprise. Elle n’y allait pas de main morte, cela aurait éte mal la connaître. Le sort partit dans un claquement familier. L’Aguamenti frappa la surface du bassin avec une violence spectaculaire. L’eau explosa aussitôt dans un vrombissement sourd. Un immense jet atteignit le centre de l’étendue d’eau, projetant d’énormes vagues contre les rochers. Dans un tourbillon, le calme du bassin avait disparut en une seconde. Les poissons se dispersèrent tandis qu’un vrai mini ouragan faisait ce qu’on attendait de lui.

Mais Gabryel avait disparu avant que le jet ne le percute. Après avoir inspiré profondément, le Gryffon avait plongé vers le fond. Son corps traversa les profondeurs avec rapidité, malgré la fatigue de ses muscles. Il ouvrit les yeux sous l’eau. Les remous provoquaient des reflets presque irréels tout autour de lui. Le jeune Écossais connaissait cet endroit par coeur, chaque pierre de cet espace aquatique, autant que les passages forestiers utilisés par les renards dans les collines de son village. Il nagea sans hésiter vers la droite du bassin, jusqu’à une petite ouverture dissimulée sous la roche. Il s’y glissa pour disparaître du champ de vision de la falaise. Il ne fallut que quelques secondes au Rouge et Or pour ressortir discrètement de cette étroite cavité cachée derrière la pierre.

Un instant, il reprit doucement son souffle. L’eau coulait le long de ses cheveux et de ses maigres épaules. Son cœur battait vite, mais pas à cause du sortilège, à cause d’elle. Un sourire lumineux se déposa ses lèvres. À pas de loup, il commença à remonter la falaise en empruntant un faux plat rocheux sur la droite de la falaise. Ses pieds glissaient sans un bruit. Il avançait comme lorsqu’il suivait des animaux dans la forêts autour du domaine Fleurdelys avec son ami d’enfance Gregoire. Le vent continuait de souffler lorsqu’il atteignit enfin le sommet. Le mini tsunami provoqué par le sortilège s’était maintenant presque dissipé, et l’étendue d’eau avait retrouvé son calme. De Gabryel, il ne restait maintenznt plus la moindre trace à la surface du bassin.

Rapidement, il se trouva derrière elle, assez près pour entendre sa respiration, et pour sentir l’odeur de ses cheveux. Doucement, sans aucune brutalité, il posa ses deux mains mouillées contre les hanches d’Aelle, puis se pencha vers son oreille, pour murmurer :

- Alors… T’as voulu me noyer ?

Très lentement, il fit pivoter le corps de l’Anglaise vers lui. L’eau coulait sur sa gorge et sur son torse pâle. Sa main glissa dans le dos de la jeune femme, tandis que l’autre entoura délicatement son poignet qui tenait encore la baguette. Il déplaça doucement la main féminine vers sa nuque tendue, jusqu’à sentir le bois du catalyseur le long de sa peau humide, juste au niveau de son palpitant. La sorcière ne se laissa guère dominer. D’un geste rapide, elle s’affranchit de la douce étreinte du garçon en reculant d’un demi pas. Elle continua toutefois à le tenir en joue, la baguette appuyée sur sa carotide. Les yeux bleus du Lion plongèrent profondément dans les siens, et son regard changea. Il ne s’y trouvait plus de provocation, ni de jeu. S’y était installée cette tendresse immense, et ce désir dévorant qu’il avait toujours ressentit pour elle. Est ce que le vent souffflait encore ? Les montagnes avaient elles pris congé, et l’eau évaporée ? Il n’y avait plus qu’elle. Sa voix était basse :

- Il y a maintenant trois possibilités, Arya…

Ses cheveux coulaient encore sur son front blanc.

- Soit je te jette à l’eau…

Un sourire fatigué passa sur son visage.

- Soit tu m’embrasses tout de suite…

Sa nuque se redressa, accentuant d’avantage la pression du bois sur sa peau.

- Soit tu me ppppulvérises avec un autre sortilège…

Il la regardait comme un homme qui lui confiait quelque chose de plus dangereux que sa vie entière.

Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR

13 mai 2026, 10:16
 Fife, Écosse  Tu es un crétin, Fleurdelys  PV 
Le jet percute l'eau avec une telle force que la surface du loch est aussitôt déchirée par des vagues violentes. Gabryel disparaît de mon regard, avalé par le jet avec lequel je l'ai visé. Je ressens un grand bien être en voyant les vagues frapper les bords du bassin naturel avec brutalité et l'eau s'obscurcir à cause du sable ou des cailloux que les remous secouent. Je crispe les doigts autour de ma baguette, satisfaite encore une fois de voir ma magie à l'œuvre et de découvrir ce lieu de paix avec lequel Gabryel me narguait détruit par les vagues.

Ce n'est qu'après m'être délectée du spectacle de l'effet de mon jet d'eau sur l'eau que je prends conscience que je ne vois plus aucune trace du jeune homme. Mon sortilège cessant de faire effet, je baisse la baguette le long de ma hanche en me penchant dangereusement par-dessus le vide. Je fouille du regard la surface de l'eau mais elle est encore trop assombri par la poussière. Alors j'attends, j'attends et si au départ j'étais agacée parce que persuadée qu'il avait plongé comme il l'a fait tout à l'heure, je commence à sentir une étrange inquiétude lorsque l'eau retrouve sa clarté et que je ne vois aucune trace de Gabryel. Mes doigts deviennent moites autour de ma baguette et mon ventre se noue. Malgré ça, j'analyse froidement la situation : aurais-je pu le blesser ? Et si oui, qu'est-ce que cela me ferait ? Après tout, ne méritait-il pas que je me venge ? Mais le froid commence à remplacer la chaleur de la colère dans mon sang et la vive inquiétude que je ressens à l'idée qu'il puisse avoir été violemment envoyé contre le bord me fait prendre conscience que je n'ai peut-être pas envie qu'il soit sérieusement blessé ou pire que ça. Il était censé seulement avoir peur. Enfin, je ne sais pas très bien ce que je voulais, en fait. Je voulais seulement lui dégager ce sourire du visage et qu'il arrête de faire le malin et de considérer mes mots et ma colère comme rien d'important, comme des choses dont il ne faut pas se soucier.

Bientôt, une boule douloureuse apparaît dans ma gorge. Ma respiration s'accélère et s'entrave. Figée au sommet de la petite falaise, je continue en vain de fouiller la surface de l'eau, le cœur frappant dans ma poitrine et me remontant au bord des lèvres.

Le son de sa voix m'arrache un sursaut violent. Le soulagement manque de me renverser. Je comprends une demi-seconde après qu'il ait posé ses mains sur mes hanches qu'il est derrière moi. Je me retourne et tombe sur son regard familier. L'eau dégouline sur ses cheveux, son visage, son torse. Sa peau claire est recouverte de frissons. Le soulagement qui m'envahit est proportionnel à ma colère de m'être faite surprendre. J'ai l'impression qu'il s'est bien foutu de ma gueule à me laisser croire que je l'avais noyé. Sa proximité, ses mains sur moi... C'est comme si ça me brûlait, comme si quelque chose s'attaquait à moi, j'ai envie de le repousser brutalement. Je lève aussitôt le bras pour... Je ne sais pas pour quoi exactement. Gabryel noue ses doigts autour de mon poignet. Le contact et l'expression sur son visage me font pousser un grognement colérique. Je m'arrache violemment de sa poigne et recule d'un pas en brandissant ma baguette.

Je ne sais pas pourquoi je fais ça. Mon cœur bat dans ma gorge. Je ne sais pas pourquoi mais je le fais, je le tiens en joue, mon visage déchiré par une grimace colérique. Pourtant, mes yeux, eux, continuent de fouiller son corps à la recherche d'une blessure ou de quoi que ce soit signifiant qu'il ne va pas bien. J'ai peur de lui avoir fait mal. Ça me prend d'un coup, comme ça, une peur viscérale et un regret que je n'ai pas l'habitude de ressentir. Et s'il avait été blessé ? Ou pire que ça ? Pourrais-je être dans un monde sans lui ? Je suis persuadée que oui, je le sais, et pourtant... Pourtant l'imaginer me fait ressentir un vide énorme, quelque chose dans lequel je pourrais me perdre et me noyer, quelque chose qui me ferait si mal que je pourrais m'étouffer en moi-même. Je ne l'explique pas, je ne veux pas l'expliquer. Ce n'est pas comme si on se voyait tous les quatre matins pourtant et il vient de passer plusieurs semaines en avoir tellement rien à foutre de moi qu'il n'a même pas pu se lever de son lit pour venir me voir quand je ne répondais pas à ses hiboux. Il m'a tellement déçue que je devrais vouloir me débarrasser de lui, non ? Qu'il crève, qu'il disparaisse. Oui, je devrais. Mais je n'y arrive pas. Je ne peux pas.

Ce regard, là, je le connais par cœur. Il n'a plus rien de l'éclat amusé qu'il avait avant qu'il ne saute. Il est plus sérieux mais ne contient rien de la colère qui aurait pourtant dû s'y trouver. Cela ne m'étonne pas, Gabryel n'a été en colère contre moi qu'une seule fois et c'est parce que c'est lui qui allait mal. Ça remonte à si loin. Ses yeux agrippent les miens. En fait... Peut-être que je ne le connais pas tant que ça, ce regard, car il contient quelque chose que je ne veux pas comprendre et qui me met mal à l'aise.

Il ouvre de nouveau la bouche. Nous sommes si proche que ma baguette frôle son cou. Le bois ne tremble pas. Mes yeux quittent ses lèvres pour revenir à son regard. Trois possibilités ? Un rictus enragé se dessine sur mes lèvres. Moi même je n'en vois aucune, alors trois ? La première me fait froncer fort les sourcils : qu'il ose seulement m'approcher et je l'envoie valdinguer. La seconde me fait détourner le regard et serrer les mâchoires — qu'il ait envie malgré tout ça que je l'embrasse remue mon cœur, je ne comprends pas pourquoi il n'est jamais en colère. La troisième m'aurait fait lever les yeux au ciel si je n'avais pas tant envie qu'elle puisse être réalisable.

Pendant un instant, je me vois le faire. Ce serait si simple. Il n'aurait pas le temps de réagir. Je l'enverrai valdinguer. Il se blesserait sûrement en tombant. Je pourrais sans aucun souci le faire. Mais je réalise que je n'en ai pas envie. Et je n'ai pas non plus envie qu'il me pousse dans l'eau — là, n'aurais plus aucun scrupule à l'ensorceler — et encore moins de l'embrasser.

Mes mâchoires sont serrées à m'en éclater les dents. Pendant quelques secondes tendues, nos regards se côtoient sans que rien ne se passe. Ce serait mentir que de dire que je ne suis pas en train d'hésiter. Au bout d'un temps qui semble avoir duré une éternité, je baisse ma baguette magique.

« Quatrième possibilité, je crache dans sa direction, tu fermes ta gueule et tu proposes pas à quelqu'un qui a les moyens de te faire du mal de te lancer un sortilège. »

Je le fusille du regard en m'éloignant de quelques pas le long de la falaise pour mettre de l'espace entre lui et moi.

« T'as aucun putain d'instinct de survie, Fleurdelys ? »

De ma main libre, je passe une main sur mon visage. Un mal de tête commence à poindre. Je n'aurais jamais dû venir. Je suis épuisée. Pourtant, je prends une inspiration tremblante et tourne de nouveau les yeux vers lui.

« Comment tu t'en es sorti ? » marmonné-je en désignant vaguement l'eau en contre bas.

13 mai 2026, 14:29
 Fife, Écosse  Tu es un crétin, Fleurdelys  PV 
Gabryel resta quelques secondes à la regarder sans répondre, un peu comme s’il hésitait, puis tout naturellement, il finit simplement par reculer d’un pas. Il passa une main dans ses cheveux trempés en soufflant par le nez, puis alla récupérer ses affaires abandonnées un peu plus loin. Son pull était mouillé à cause des éclaboussures de l’Aguamenti. Il le secoua plusieurs fois avant de l’enfiler.

- Bordel, qu’est ce que ça caille…

Sa voix était presque amusée. Il s’accroupit pour récupérer une chaussette, puis l’autre un peu plus loin, et les enfila rapidement en tentant de garder l’équilibre. Ses gestes n’avaient plus rien de tendu. Il ressemblait à nouveau au Gab qu’elle connaissait depuis toujours, qui passait tout son temps dehors, les mains pleines de terre ou de boue, jamais sérieux bien longtemps. Il releva les yeux vers Aelle :

- Il y a une cavité sous le lac. Ce n’est pas une vraie grotte ggggigantesque j’veux dire, plutôt une sorte de creux dans la roche.

Il attrapa ses chaussures en parlant, puis s’assit sur une pierre pour les enfiler.

- Quand on plonge un peu plus loin sur la droite, on peut passer dessous. Faut juste bien connaître l’endroit pour pas se cogner.

Un doux sourire apparut sur son visage.

- J’y passais des heures quand j’étais petit. Mes parents adorent aussi venir là. J’explorais tout le coins et les passages. Il y a même des nids d’oiseaux au bord des falaises. Et tu sais, les animaux ddddescendent y boire la nuit quand c’est ccccalme.

Il releva les yeux vers le lac, son regard s’éclaira vraiment.

- Une fois j’ai même vu une loutre sortir. Elle grignotait je sais pas quoi. Tu voudras que je te montre où c’était ?

Il eut un petit rire discret en y repensant, pour terminer d’attacher maladroitement les lacets de sa deuxième chaussure. L’eau continuait à couler de ses mèches sur ses joues. Elles étaient rouges comme à chaque fois qu’il évoquait la nature. Il se releva, puis son regard descendit vers ses jambes.

- Ah, ben tiens…

Il baissa encore les yeux, comme très concentré sur un détail en particulier. Il releva la tête vers la sorcière avec un air très sérieux :

- J’ai oublié de remettre mon pantalon.

Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR