Une soirée à chaparder
Dans la maison d'Hazel,
Juin 2044,
avec @Aitana Torres![]()

Hazel avait décidé que cette journée était beaucoup trop longue.
Elle était assise dans un fauteuil qui sentait bizarrement le bois ciré et quelque chose de sucré, peut-être du thé renversé depuis longtemps. Le salon était grand, trop grand, avec des murs pleins de tableaux qui la regardaient presque autant qu’elle regardait le plafond. Les adultes parlaient. Ils parlaient tout le temps. Des mots compliqués, des phrases qui n’avaient ni fin ni intérêt, et des rires qui arrivaient toujours trop tard.
Hazel avait essayé de compter les carreaux du sol. Puis les plis du rideau. Puis les fois où quelqu’un disait un mot qu’elle ne connaissait pas. Mais même ça, au bout d’un moment, devenait ennuyeux.
Elle croisa les bras contre sa poitrine et laissa son regard errer, cherchant quelque chose — n’importe quoi — à quoi se raccrocher. C’est là qu’elle la vit. L’autre fille.
Aitana.
Hazel savait son prénom parce qu’on le lui avait dit, juste avant que les grands ne recommencent à parler entre eux. Elle se souvenait aussi qu’on lui avait souri en disant qu’elles allaient « bien s’entendre ». Hazel n’était pas sûre de ce que ça voulait dire, mais elle était déjà certaine que ce n’était pas vrai.
Aitana était là, pas très loin. Elle avait de longs cheveux noirs, lisses, qui tombaient sagement le long de son dos. Ils brillaient un peu à la lumière du salon, comme s’ils étaient trop bien coiffés pour être à leur place. Ses yeux, quand Hazel les aperçut, étaient d’un brun profond, couleur chocolat. Hazel n’aimait pas le chocolat amer. Elle trouva que ça allait bien ensemble.
Avant, Hazel s’ennuyait déjà. Mais maintenant, l’ennui avait changé de forme. Il était devenu plus lourd. Plus évident. Comme si la présence d’Aitana rendait tout encore plus lent, encore plus immobile.
Hazel pinça légèrement les lèvres. Si l’autre fille n’avait pas été là, peut-être que quelqu’un aurait fait attention à elle. Peut-être qu’on lui aurait donné quelque chose à faire. Peut-être qu’on ne lui aurait pas demandé de rester sage et silencieuse, les pieds dans le vide.
Elle jeta un nouveau regard en direction d’Aitana, avec cette certitude très sérieuse que seuls les enfants peuvent avoir : si elle s’ennuyait autant, c’était forcément à cause de quelqu’un. Et ce quelqu’un, pour l’instant, avait des cheveux noirs et des yeux couleur chocolat.
Hazel détourna la tête, un peu plus droite sur son fauteuil, les épaules raides. Elle n’allait pas bouger. Pas parler. Pas faire semblant de s’amuser. Elle allait rester là, très clairement ennuyée, jusqu’à ce que quelque chose change.
Ou jusqu’à ce que les grands arrêtent enfin de parler.
439 mots
~ Il faut porter en soi un chaos pour mettre au monde une étoile dansante ~ Officiellement membre de la secte des vampires
Ma couleur : #943333
Une soirée à chaparder

??.06.2044
Maison des Dovee
@Hazel Dovee

Aitana ne savait pas vraiment ce qu'elle faisait là. Ses parents avait décidé qu'elle devait venir avec eux, et bien qu'elle aimait rencontrer de nouvelles personnes, là, elle aurait préféré rester chez elle. Pourquoi elle ne pouvait pas aller chez grand-père et grand-mère, comme Luz ? Elle en était sûre, c'était parce que les sorciers chez qui ils étaient avaient une fille du même âge qu'elle. Après tout, ils ne s'en étaient pas vraiment caché : dès leur arrivée, elles avaient été laissé dans le salon tandis que les grands s'étaient installés plus loin. Elle pouvait les entendre parler et rire. Oh, eux au moins ils s'amusaient ! Elle...
Elle, et bien elle essayait de s'occuper comme elle pouvait. Elle observait ce salon qu'elle ne connaissait pas, ses pieds se balançant dans le vide, faisant grincer le cuir du fauteuil. Ce serait quand même plus amusant si elle pouvait s'amuser avec cette fille, Hazel. Mais à chaque regard, elle avait l'impression que ses yeux pouvaient la stupéfixier sur place.
Le temps semblait être diaboliquement long. Elle n'aimait pas rester sans rien faire. Encore moins quand elle savait qu'elle pourrait être en train de faire quelque chose. A force de l'observer, le salon n'avait plus aucun secret pour elle. Marrant, puisqu'elle n'habitait même pas ici. Elle essaya d'écouter les conversations des grands, mais le peu de choses qui pouvaient être entendues ne faisaient que peu de sens dans la tête d'une enfant de six ans.
Elle reposa ses yeux sur Hazel, qui boudait sur son fauteuil. Elle ne pouvait pas rendre plus clair que sa présence n'était pas désirée. Tête tournée, épaules raides, posture droite. Mais Aitana en avait marre de se tenir là dans ce silence. Elle n'aimait pas ça. Alors elle tenta quelque chose. De toute façon, si ce n'est pas Hazel qui la tue pour avoir essayer, c'est d'ennui qu'elle va mourrir.
- T'aime les bonbons ? Mon papa m'a acheté des chocogrenouilles.
#937811 - 2A | Co-gérante de Fich'tre ! 2.0 | Avatar par Magic in the hair
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Une soirée à chaparder
Hazel entendit la voix avant de vraiment comprendre les mots.
Elle ne tourna pas la tête tout de suite. Parce que tourner la tête, ce serait répondre. Et répondre, ce serait admettre que l’autre fille existait vraiment. Or Hazel avait décidé, quelques minutes plus tôt, qu’Aitana était la raison officielle de son ennui, et on ne discute pas avec la cause de son ennui. C’était une règle parfaitement logique.
Elle resta donc immobile, les bras toujours croisés, le regard fixé droit devant elle — sur un tableau qu’elle n’aimait pas, parce que la dame peinte dessus avait l’air de savoir des choses. Hazel n’aimait pas les gens qui savaient des choses sans les dire.
T’aimes les bonbons ?
Hazel fronça légèrement le nez.
Des bonbons.
C’était… injuste. Totalement injuste. Les bonbons, c’était une arme secrète. Une arme sournoise. Et Hazel n’aimait pas qu’on triche. Elle pinça un peu plus les lèvres, comme si ça pouvait empêcher l’idée de s’installer dans sa tête. Parce que, très clairement, son cerveau venait de décider qu’il aimait énormément les bonbons. Mais elle, Hazel Dovee, n’allait pas céder aussi facilement.
Elle se redressa encore un peu plus dans son fauteuil, ses pieds se balançant dans le vide sans qu’elle s’en rende compte. Les adultes continuaient de parler, toujours aussi fort, toujours aussi loin. Personne ne faisait attention à elles. Personne ne regardait.
Hazel sentit une drôle de chaleur dans sa poitrine. Pas de la colère. Pas vraiment. Plutôt… quelque chose qui ressemblait à une curiosité mal rangée.
Elle tourna enfin la tête, lentement. Juste assez pour voir Aitana du coin de l’œil. Elle constata deux choses très importantes :
un, Aitana n’avait pas l’air méchante.
deux, Aitana avait vraiment dit chocogrenouilles.
Hazel soupira. Un soupir très sérieux pour quelqu’un de cinq ans.
— J’suis pas fan des bonbons, déclara-t-elle, la voix un peu trop assurée pour être honnête.
C’était faux. Mais c’était une belle phrase. Elle en était fière.
Elle laissa passer une seconde. Puis une autre. Parce que le silence, parfois, ça servait à montrer qu’on réfléchissait beaucoup, même quand ce n’était pas vrai.
— Enfin… pas tous, ajouta-t-elle finalement, en jetant un regard rapide vers les mains d’Aitana, comme si les bonbons pouvaient surgir par magie.
Elle se reprit aussitôt, fronçant les sourcils.
— Et puis d’abord, c’est pas juste. On nous a laissées ici et personne nous a demandé si on voulait rester ensemble.
Elle croisa de nouveau les bras, mais cette fois-ci un peu moins fort.
Hazel observa Aitana plus franchement. Les cheveux noirs, bien lisses. Trop sages, pensa-t-elle. Elle, ses cheveux à elle, ils n’obéissaient jamais. Et c’était mieux comme ça.
— T’façon, reprit-elle, si tu me donnes un bonbon, ça veut pas dire que je vais parler.
Elle hocha la tête toute seule, comme pour confirmer sa propre règle.
— Mais… je peux regarder. Juste regarder.
Elle fit glisser un peu son pied contre le fauteuil, hésita, puis lança, presque à contrecœur :
— Elles sont comment, tes chocogrenouilles ?
Hazel ne souriait pas encore. Mais son ennui, lui, avait commencé à reculer. Juste un peu.
517 mots
@Aitana Torres miam miam
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Elle ne tourna pas la tête tout de suite. Parce que tourner la tête, ce serait répondre. Et répondre, ce serait admettre que l’autre fille existait vraiment. Or Hazel avait décidé, quelques minutes plus tôt, qu’Aitana était la raison officielle de son ennui, et on ne discute pas avec la cause de son ennui. C’était une règle parfaitement logique.
Elle resta donc immobile, les bras toujours croisés, le regard fixé droit devant elle — sur un tableau qu’elle n’aimait pas, parce que la dame peinte dessus avait l’air de savoir des choses. Hazel n’aimait pas les gens qui savaient des choses sans les dire.
T’aimes les bonbons ?
Hazel fronça légèrement le nez.
Des bonbons.
C’était… injuste. Totalement injuste. Les bonbons, c’était une arme secrète. Une arme sournoise. Et Hazel n’aimait pas qu’on triche. Elle pinça un peu plus les lèvres, comme si ça pouvait empêcher l’idée de s’installer dans sa tête. Parce que, très clairement, son cerveau venait de décider qu’il aimait énormément les bonbons. Mais elle, Hazel Dovee, n’allait pas céder aussi facilement.
Elle se redressa encore un peu plus dans son fauteuil, ses pieds se balançant dans le vide sans qu’elle s’en rende compte. Les adultes continuaient de parler, toujours aussi fort, toujours aussi loin. Personne ne faisait attention à elles. Personne ne regardait.
Hazel sentit une drôle de chaleur dans sa poitrine. Pas de la colère. Pas vraiment. Plutôt… quelque chose qui ressemblait à une curiosité mal rangée.
Elle tourna enfin la tête, lentement. Juste assez pour voir Aitana du coin de l’œil. Elle constata deux choses très importantes :
un, Aitana n’avait pas l’air méchante.
deux, Aitana avait vraiment dit chocogrenouilles.
Hazel soupira. Un soupir très sérieux pour quelqu’un de cinq ans.
— J’suis pas fan des bonbons, déclara-t-elle, la voix un peu trop assurée pour être honnête.
C’était faux. Mais c’était une belle phrase. Elle en était fière.
Elle laissa passer une seconde. Puis une autre. Parce que le silence, parfois, ça servait à montrer qu’on réfléchissait beaucoup, même quand ce n’était pas vrai.
— Enfin… pas tous, ajouta-t-elle finalement, en jetant un regard rapide vers les mains d’Aitana, comme si les bonbons pouvaient surgir par magie.
Elle se reprit aussitôt, fronçant les sourcils.
— Et puis d’abord, c’est pas juste. On nous a laissées ici et personne nous a demandé si on voulait rester ensemble.
Elle croisa de nouveau les bras, mais cette fois-ci un peu moins fort.
Hazel observa Aitana plus franchement. Les cheveux noirs, bien lisses. Trop sages, pensa-t-elle. Elle, ses cheveux à elle, ils n’obéissaient jamais. Et c’était mieux comme ça.
— T’façon, reprit-elle, si tu me donnes un bonbon, ça veut pas dire que je vais parler.
Elle hocha la tête toute seule, comme pour confirmer sa propre règle.
— Mais… je peux regarder. Juste regarder.
Elle fit glisser un peu son pied contre le fauteuil, hésita, puis lança, presque à contrecœur :
— Elles sont comment, tes chocogrenouilles ?
Hazel ne souriait pas encore. Mais son ennui, lui, avait commencé à reculer. Juste un peu.
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??.06.2044
Maison des Dovee
@Hazel Dovee

Au moins, elle avait essayé. Même si cet essai ne semblait pas concluant. Cela dit, Hazel ne l'avait pas tué. Ca, c'est positif, non ? Oh, et... Oui ! Elle ne s'était pas remétamorphosé en mur de silence ! Elle parlait. Pas pour dire de belles choses, certes, mais c'était toujours mieux que le silence pesant qui avait envahi la pièce et qui pesait lourdement sur Aitana.
- J'aime bien me faire des amis, moi. T'aime pas ça ?
Qui pouvait bien préférer seul dans un coin alors qu'il est possible de s'amuser avec d'autres personnes ? C'était une notion que le cerveau d'une enfant de 6 ans ne parvenait pas à saisir. Son esprit allait au plus simple et au plus logique, ignorant tout autre variable qui pourrait influencer le désir d'être seul. Elle, elle n'aimait pas être seule, et n'aimait pas le silence. C'est pour cette raison qu'une moue déforma son visage dès l'instant où Hazel affirma qu'un bonbon ne lui vaudra pas une discussion.
Cependant, sa moue disparue tout aussi vite qu'elle était apparue. Hazel lui posait des questions sur ses chocogrenouilles. Aitana sauta du grand fauteuil en cuir avec entrain, trottinant jusque dans l'entrée vers la sacoche qu'elle traînait partout avec elle. Elle l'ouvrit et fouilla quelques instants à la recherche de sa pochette. Enfin, elle tomba entre ses mains. Elle pris avec elle les quelques chocogrenouilles toutes neuves que son père lui aait ramené plus tôt dans la journée, puis elle trottina de nouveau vers le salon dans lequel elle avait été abandonné par les grands. Elle déposa le tout sur la table basse, laissant de côté les boîtes neuves pour ouvrir la pochette et déverser sa collection sur la table. Sa collection, elle l'aimait beaucoup. Elle n'était pas complète - pas encore - mais elle avait beaucoup de cartes. Et puis, qui n'aimait pas le chocolat ?
- Je les ai pas toutes. Papa m'en ramène quand il peut pour que je puisse tout finir. Dit-elle en posant son regard sur Hazel, ajustant sa position pour s'asseoir en tailleur à même le sol et donner à ses genoux un peu de répit. Grand-père et grand-mère la sermonerait sûrement pour ne pas être installée sur quelque chose de convenable. Mais ils ne sont pas là. Après avoir étalé ses cartes, elle accorda un grand sourire à Hazel. Une invitation.
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