Un Billywig pour deux PV

Dire, pour parler de la politique du pays, qu'elle est très spécifique, c'est d'une prudence toute calculée pour un homme qui est le fils de l'un des patriarches du Conseil. Il ne se mouille pas le moins du monde. Christopher sourit poliment. Si Diarmuid avait été familier des expressions de son visage, sans doute aurait-il reconnu la teinte amusée dans ce sourire d'apparence banale. Il n'en verra sans doute rien. Après tout, Christopher ne voit sur son visage à lui ni étonnement ni rougissement et certainement pas la moindre trace de gêne après le commentaire charmeur qu'il vient de faire — facile de croire, à partir de là, que Diarmuid O'Belt n'est pas du genre à pouvoir comprendre toutes les subtilités de ses expressions.

Un pédiatromage, donc ! L'infirmier de Poudlard. Il aurait dû y penser. Le léger trait d'humour de l'homme lui plait et son sourire s'agrandit.

« Pour des préparations plus sympathiques, fort heureusement ! Je n'ai plus fait de potions depuis bien longtemps. Je préfère les mixtures plus amusantes... »

Son sourire coule sur ses lèvres. Christopher laisse passer quelques secondes durant lesquelles il observe le visage de son vis-à-vis.

« Les cocktails, notamment, précise-t-il avec un léger rire, même si on propose aussi des shots avec cet ingrédient. Les jeunes aiment bien ça, quand ils se mettent à léviter en même temps qu'ils s'enivrent. Je travaille au Pitiponk, le pub à Londres. Mais vous connaissez peut-être ? »

En son fort intérieur, Christopher se dit qu'il l'aurait reconnu, si cet homme avait pour habitude de venir dans son pub. Un visage comme ça ne s'oublie pas. Déjà parce qu'il aurait finit par faire le lien avec les O'Belt si Diarmuid était venu régulièrement, mais aussi parce que cet homme est indéniablement beau. Ses mâchoire sont bien dessinées, son visage a des traits équilibrés et il a des yeux qui sont plaisants à regarder. Ce n'est pas le genre de beauté parfaite qui ferait la Une des magazines people, une beauté qui frappe et qui intimide. Non, Diarmuid O'Belt a la beauté timide et c'est exactement ce qui plait à Christopher dont le regard traîne un peu plus longtemps que nécessaire sur le visage si plaisant à regarder.

« Ainsi donc, vous êtes le garde-fou de l'exubérance des enfants. Vous soignez les petits bobos et les plus gros. Cela ne doit pas être de tout repos. Mon neveu qui est scolarisé à Poudlard m'a dit un jour que l'infirmier était attentionné et très attentif. Avant de rajouter que vous l'aviez sauvé d'une grippe qui avait bien failli le terrasser. Clinton est aussi pompeux que dramatique. »

Christopher grimace avant de froncer les sourcils, les yeux tournés vers la devanture de la boutique derrière les vitres de laquelle des silhouettes vont et viennent.

« Par Morgane, je crois qu'il tient ce second trait de caractère de moi, » réalise-t-il soudain en ramenant ses yeux sur Diarmuid.

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

Un Billywig pour deux PV
Comme il s'en doutait - et ça lui allait parfaitement - le sujet de la politique s'éloigna rapidement. Ne sachant pas vraiment ce que l'autre en pensait, son visage ne présumant pas de grand chose d'interprétable pour lui, cela lui éviterait de jongler avec les tournures de phrases. Bars et mélanges variés étaient un sujet beaucoup moins glissant, plus sûr et plus... Diarmuid sourit en expirant de l'air, amusé. "Je connais oui. J'ai eu une période où... disons que je passais certainement plus de temps dans les bars et au boulot que chez moi. Le Pitiponk n'était pas mon seul lieu de passage ceci dit." Il n'était pas forcément nécessaire d'entrer dans les détails du pourquoi du comment ou encore de ce qu'il retirait de ces soirées. Il n'y tenait pas. C'était déjà bien suffisant.

Il allait ajouter quelque chose sur les cocktails ou les shots dont venait de lui parler Christopher mais le châtain se sentit soudainement comme observé. Un regard sur le côté lui appris que l'employée de la boutique n'était toujours pas revenue de l'arrière boutique - ce qui commençait à devenir inquiétant par ailleurs, c'était organisé là derrière, elle aurait dû mettre la main sur ces dards depuis longtemps. Non c'était bien son interlocuteur qui avait été un peu plus insistant dans son observation. Une expression fugace passa sur le visage du plus jeune, quelque chose qui fronça ses traits l'espace d'un instant. Et puis il y eut la suite qui le fit déglutir. Heureusement que l'homme détourna le regard, il put reprendre rapidement constance et analyser les quelques mots. Son cerveau semblait ne pas vouloir les connecter avec ce qu'il soupçonnait alors il le laissa de côté, choisissant de parler du neveu plutôt que de l'oncle et de son comportement.

- "
Ce sont ses mots? Parce que je n'ai encore eu aucun jeune ayant une grippe sur le point de les envoyer à Sainte Mangouste." L'amusement était légèrement plus crispé du fait de ce qu'il avait décelé mais il existait. "Vous êtes proches? Avec votre neveu je veux dire, pour que vous partagiez le sens de la mesure." Toujours mi amusé mi crispé il tenait encore plutôt bien le change, le tout serait de savoir ce que l'autre parviendrait à percevoir. Mais le saurait-il? Difficile à dire puisque Lisa revenait. L'irlandais se tourna donc vers elle et constata la présence d'un seul pot dans ses mains. "Je n'ai plus que celui-ci, j'aurais les autres d'ici lundi." S'excusa-t-elle en regardant le fils de sa patronne dans les yeux. Ce dernier réfléchissait sur quoi lui dire. Elle n'y pouvait rien. "Je peux attendre." Précisa-t-il. "Poudlard un peu moins." Ce qui était vrai, il y avait eu un besoin plus élevé que la normale récemment et leur stock commençait à devenir juste. Il aurait aimé pouvoir refaire le plein en début de week-end. Il jeta un œil au client, insisterait-il pour obtenir son flacon dès maintenant?

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Un Billywig pour deux PV
Un sourire compréhensif passe sur les lèvres de Christopher qui acquiesce sans pour autant faire de commentaire — et encore moins poser des questions : il en rencontre beaucoup des gens qui ont des périodes durant lesquelles ils passent plus de temps dans les pubs qu'ailleurs. Parfois, c'est pour de tristes raisons. D'autres fois, c'est simplement parce que la personne concernée est étudiante et qu'elle profite de sa nouvelle liberté pour vivre sans se soucier du manque de sommeil et de l'abus des soirées dans les pubs. Lui-même a connu les deux types de périodes et en connaîtra sûrement encore, il ne se fait pas d'illusion. Qui sait ce que traversent les gens ? Diarmuid parlait peut-être seulement de ses jeunes années d'étudiant ou alors il voulait parler d'autre chose. Christopher ne sera pas celui qui posera les questions indiscrètes. Il aurait pu, dans un autre contexte, mais pas là.

Tout comme il note la légère hésitation de l'homme : à le regarder comme il le fait, difficile de manquer les menus détails qui peuvent traverser un visage et donner des indications sur la teneur de ses pensées. Christopher ne sait cependant pas tellement comment analyser ça et c'est ce qui l'aide à comprendre qu'il devrait être plus discret : si Diarmuid était intéressé, peut-être que ça se verrait un peu plus ? Quoi qu'il en soit, il n'a pas envie de le gêner, alors il détourne les yeux comme si de rien n'était.

« Ce sont ses mots, répond-il en riant doucement. Evidemment. Je doute qu'il ait eu une grippe si carabinée que ça. Les gosses exagèrent toujours. »

Et s'ils sont proches ? Depuis qu'il est plus grand, Clinton lui envoie des courriers de temps en temps. Rarement, en fait. Et quand il est de retour à Godric's Hollow, ils se voient par obligation, durant les repas familiaux, mais jamais en dehors. Christopher hausse les épaules de façon nonchalante.

« Pas si proches, non, dit-il sur un ton léger, mais à croire que ça suffit pour qu'il prenne mes mauvais côtés. »

Il le dit avec un sourire qui dévoile ses dents. Il n'a jamais eu de mal à se moquer de lui-même. En vérité, il ne trouve pas que l'exagération soit une partie si mauvaise de son caractère, sinon il essaierait de changer.

Christopher allait ouvrir de nouveau la bouche mais voilà que l'employée revient. Il se redresse et se détourne entièrement de l'autre homme pour lui faire face. Mais la déception apparaît bien vite sur ses traits lorsqu'elle explique qu'il ne reste plus qu'un flacon. La réponse de Diarmuid est aussi apaisée que semble l'être son caractère. Christopher grimace en se tournant vers lui et affiche une mine dépitée.

« J'aurais l'air d'un ingrat si je dis que ma soirée non plus peut pas attendre, hein ? » rigole-t-il en secouant la tête.

Et pourtant, ça l'ennui prodigieusement de devoir changer sa carte pour la soirée alors qu'il aurait pu repartir avec ce qu'il désirait s'il était arrivé cinq minutes plus tôt. Cela dit, s'il était arrivé cinq minutes plus tôt, il n'aurait pas eu le plaisir de cette rencontre pas désagréable du tout. Ce serait déplacé de lui laisser le flacon s'il accepte un rencard ? songe Christopher avec ironie, parfaitement conscient que oui, ce serait déplacé. Mais l'idée lui passe bel et bien par la tête.

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J'ai considéré que Chris avait le temps de répondre avant le retour de l'employé, j'espère avoir bien fait !

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
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