Certaines ombres naissent trop tôt
Dimanche 18 décembre 2050
LONDRES
LONDRES
51 New Cavendish StreetAppartement de Christopher« Tu es sûre que tu ne veux pas rester ? » demande Christopher dans un long bâillement.
Il laisse tomber sa tête contre le chambranle de la porte d’entrée et se gratte le ventre, les yeux lourds de sommeil. Une femme se tient sur le pas de la porte ; quand elle rit, de longues rigoles s’étirent autour de ses yeux. C’est ce qui a plu à Christopher, un peu plus tôt dans la soirée. Là aussi elle rit, un rire qui veut dire : tu sais très bien ce qui était prévu. Et d’ailleurs :
« Ce n’est pas ce qui était prévu, dit-elle dans un petit rire d’une voix grave qui n’est pas sans rappeler à Christopher celle de Jude. C’était une bonne soirée !
— Je suis d’accord, » acquiesce-t-il en souriant doucement.
Il ne prend pas ombrage de son refus. Il aurait bien voulu qu’elle décide de rester et qu’elle habille cette nuit de sa présence, de sa discussion intelligente et de son charmant humour, parce que Christopher déteste dormir seul. Mais il sait que ça fait partie du jeu. Alors il se penche en avant quand elle approche et la laisse déposer sur sa joue un baiser bruyant. Elle lui fait un geste de la main et s’éloigne sans ne plus se retourner dans le couloir. Christopher écoute le bruit du talon de ses bottines jusqu’à entendre la porte de l’immeuble claquer derrière elle.
Il referme la porte en étouffant un second bâillement. D’un coup de baguette, il allume son gramophone. Les notes d’une guitare résonnent dans l’appartement, la mélodie apporte une présence familière, réconfortante, habituelle. Christopher retourne dans la chambre et se laisse tomber sur les draps défaits. Il reste étendu un moment. Ses doigts battent la mesure de la musique. Quand il en trouve le courage, il se tord et s’étend pour attraper le cendrier sur la table de chevet. Il le pose en équilibre sur son ventre nu. La cigarette grésille quand il l’allume. La fumée envahit la chambre ; il ne s’en soucie guère. Il a l’intention de rester étendu là jusqu’à ce qu’il s’endorme, à écouter la musique. Cela ne devrait pas tarder : il a enchaîné une très longue journée de travail qui a fait suite à une petite nuit et la soirée a été intense et alcoolisée. Il sent déjà ses paupières s’alourdir, ses pensées s’étirer jusqu’à se diluer. Sa conscience s’éteint doucement. Heureusement, il a terminé sa cigarette. Ses membres sont lourds sur le matelas et la musique l’accompagne avec tendresse dans sa longue chute vers le sommeil.
Au plus profond de sa conscience, il entend un bruit sourd qui ne le tire pas de sa somnolence mais qui le fait se dire : ça, c’est pas dans la musique. Il met cela sur le compte des voisins et se laisse bercer par la voix de Jase Whitaker. Il sombre si bien qu’un léger ronronnement l’informe qu’il est en train de ronfler. Tout à coup, un bruit sourd résonne de nouveau. Bam ! bam ! bam ! Christopher se redresse en sursautant, le cœur battant la chamade, la crainte vrillée au corps. Elle disparaît bien vite quand il reconnaît le bruit d’un poing qu’on frappe sur le battant de la porte. Il pousse un long grognement en se frottant le visage.
« Et merde, » grommelle-t-il en remarquant que son cendrier s’est renversé dans le lit et sur son ventre.
Mais dans le salon, la porte continue encore de subir les à-coups d’un poing colérique. Serait-ce sa compagne d’un soir ? Comment s’appelait-elle, déjà ? Abby ? Elizabeth ? Il lui semble même entendre une voix. Trop de choses arrivent au même moment. Au lieu d’éteindre la musique et de se lever, Christopher entreprend de ramasser à la main la cendre, de s’en mettre partout et de l’étaler sur son ventre avant de se souvenir qu’il a une baguette magique. Qui est… Pas là, apparemment, songe-t-il en regardant autour de lui. Et le poing qui frappe encore contre cette porte ! et la musique qui étouffe la voix qu’il est désormais sûr d’entendre ! Christopher se lève difficilement. Il se prend les pieds dans le draps et manque de se rétamer sur le parquet. Il se rattrape au dernier moment en se cognant contre la table de chevet.
« Aïe…, gémit-il avant de crier : j’arrive ! »
Le poing ne s’arrête pas de frapper. Décidément pas Abby-Elizabeth. Impossible de deviner qui, il connaît au moins une dizaine de personnes qui pourraient le déranger à cette heure de la nuit et Lloyd River est tout en haut de la liste. Thomas suit de près mais puisqu'ils doivent se voir demain, il n'y a aucune raison qu'il débarque ce soir. Christopher parvient enfin à se libérer des griffes de ses draps. En se redressant, il trouve sa baguette magique, posée à côté d’un verre vide. Il s’en saisit pour se nettoyer de la cendre qui le recouvre, nettoie aussi son lit au passage et il débarque enfin dans le salon. Les coups ont cessé. Christopher éteint la musique d’un geste du poignet. Plus aucun bruit en provenance du couloir.
« Chelou…, » marmonne-t-il en se passant la main dans les cheveux et en traînant les pieds jusqu’à l’entrée.
Il est encore en train de bâiller lorsqu’il déverrouille la porte. Et quand il enclenche la poignée, il prend conscience qu’il ne porte qu’un simple caleçon. Boarf, pas grave. Il n’a rien à cacher et n’est pas gêné de se montrer dans cette tenue. Il ouvre la porte en grand. Son cœur manque un battement quand il découvre l’identité de son visiteur. Il est forcé de baisser les yeux pour le regarder.
Un gamin de douze ans lui jette un regard penaud derrière les mèches noires qui tombent devant ses yeux rougis par les larmes.
« Salut, oncle Christopher…, » fait-il d’une petite voix qui s’élève à peine dans le couloir.
PNJ actif : Clinton Hangoover (Fiche de PNJ)
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Certaines ombres naissent trop tôt
Le petit garçon se tord les mains et fuit son regard. Son visage est rougi par le froid mais aussi par les émotions. Il ne porte en tout pour tout qu’une veste de costume sur une chemise, qui sont certainement les vêtements les plus moldus qu’il ait, et une grosse écharpe qui l’étrangle presque. Christopher cligne plusieurs fois des yeux, comme s’il y avait une chance que son neveu disparaisse à un moment ou un autre. Mais il est encore là après le troisième clignement, ce qui force Christopher à se rappeler quel jour on est. Le dimanche des vacances scolaires. Clinton est censé être chez lui, heureux de retrouver ses parents et son frère pour les vacances de Noël. Et vu l’heure avancée de la soirée, il devrait d’ailleurs être en train de dormir, bien au chaud dans son lit, en sécurité dans la capitale sorcière. Au lieu de cela, il est sur le pas de sa porte, ce qui signifie qu’il vient de traverser seul les rues moldues et qu’il a échappé à la surveillance de ses parents.
Bouche bée, Christopher le regarde. Clinton ne parvient pas à soutenir son regard et garde les yeux baissés sur ses pieds.
« Mais qu’est-ce que tu fais là ? » parvient enfin à s’exclamer son oncle.
Paniquée, sa voix part dans les aiguës. Clinton lève un œil vers lui. Son regard est comme un électrochoc pour Christopher : il prend conscience de sa tenue. Il ne porte qu’un foutu caleçon face à son neveu de douze ans ! Et il pourrait bien en avoir vingt que ce serait la même chose. Un peu maladroitement, il entoure son ventre de ses bras, même si ça ne cache pas grand-chose.
« Je… J’ai…, » balbutie Clinton.
Sa voix tremblante fait grimacer Christopher. Il espère qu’il ne va pas se mettre à pleurer. Il ne peut pas gérer les pleurs d’un enfant. Ce n’est pas la bonne soirée. Ce n’est jamais le bon moment pour ça de toute manière. Ses pensées fusent dans sa tête, il essaie de comprendre pourquoi son neveu est là, comment c’est possible qu’il soit là, mais il ne parvient pas à trouver de réponse car en même temps qu’il pense à ça, il pense à la colère de son frère quand il se rendra compte de l’absence de son fils et à tout le bordel qui va lui tomber dessus à lui, parce que bien sûr il sera rendu coupable de la fugue de son neveu. Parce que c’est cela, n’est-ce pas ? Oh, par Morgane, est-ce bien cela ?
« Me dis pas que tu as fugué ? s’horrifie Christopher en écarquillant les yeux. T’as pas intérêt d’avoir fugé ! C’est pas possible, non, tu… »
Pas Clinton, si raisonnable, si réservé, si sage ! Il secoue la tête de droite à gauche comme pour refuser nette l’idée idiote que son neveu ait pu faire quelque chose d’aussi inconscient. Face à lui, Clinton prend une inspiration qui soulève ses épaules, il dresse le menton et serre les poings. Quand il reprend la parole, sa voix est déterminée :
« Je veux rester avec toi, affirme-t-il. Je veux rester ici. »
Il fait un pas en avant pour rentrer dans l’appartement. Le bras de Christopher lui barre aussitôt le passage.
« Hop, hop, hop ! Tu fais quoi, là ? Reste-là ! Je vais te ramener chez tes parents.
— Non, s’il te plaît, gémit Clinton d’une petite voix, ses traits déformés par l’angoisse, son assurance disparue. Je veux rester…
— Non mais je vais me faire défoncer, moi, quand ils sauront que tu es là ! poursuit Christpoher sans se soucier de ce que raconte son neveu. On va rentrer de suite, d’accord ? Et peut-être même qu’ils n’auront rien remarqué ! Toi tu files dans ta chambre et tu te fais aussi discret que possible. Tout sera réglé en quelques minutes. »
C’est la meilleure idée du monde. Ils vont tranplaner tous les deux, il va foutre son neveu dans son lit et repartir, personne ne remarquera rien et tout sera réglé. Christopher ne désire qu’une seule chose : que son neveu reparte le plus rapidement possible de là où il vient avant que ça lui retombe dessus. Il était censé partir demain à Paris avec les Sangblanc et ne plus revoir sa famille pendant une longue semaine bénie, ce n’est pas pour se coltiner un drame familial parce que son neveu à décider de fuguer à douze ans !
Bouche bée, Christopher le regarde. Clinton ne parvient pas à soutenir son regard et garde les yeux baissés sur ses pieds.
« Mais qu’est-ce que tu fais là ? » parvient enfin à s’exclamer son oncle.
Paniquée, sa voix part dans les aiguës. Clinton lève un œil vers lui. Son regard est comme un électrochoc pour Christopher : il prend conscience de sa tenue. Il ne porte qu’un foutu caleçon face à son neveu de douze ans ! Et il pourrait bien en avoir vingt que ce serait la même chose. Un peu maladroitement, il entoure son ventre de ses bras, même si ça ne cache pas grand-chose.
« Je… J’ai…, » balbutie Clinton.
Sa voix tremblante fait grimacer Christopher. Il espère qu’il ne va pas se mettre à pleurer. Il ne peut pas gérer les pleurs d’un enfant. Ce n’est pas la bonne soirée. Ce n’est jamais le bon moment pour ça de toute manière. Ses pensées fusent dans sa tête, il essaie de comprendre pourquoi son neveu est là, comment c’est possible qu’il soit là, mais il ne parvient pas à trouver de réponse car en même temps qu’il pense à ça, il pense à la colère de son frère quand il se rendra compte de l’absence de son fils et à tout le bordel qui va lui tomber dessus à lui, parce que bien sûr il sera rendu coupable de la fugue de son neveu. Parce que c’est cela, n’est-ce pas ? Oh, par Morgane, est-ce bien cela ?
« Me dis pas que tu as fugué ? s’horrifie Christopher en écarquillant les yeux. T’as pas intérêt d’avoir fugé ! C’est pas possible, non, tu… »
Pas Clinton, si raisonnable, si réservé, si sage ! Il secoue la tête de droite à gauche comme pour refuser nette l’idée idiote que son neveu ait pu faire quelque chose d’aussi inconscient. Face à lui, Clinton prend une inspiration qui soulève ses épaules, il dresse le menton et serre les poings. Quand il reprend la parole, sa voix est déterminée :
« Je veux rester avec toi, affirme-t-il. Je veux rester ici. »
Il fait un pas en avant pour rentrer dans l’appartement. Le bras de Christopher lui barre aussitôt le passage.
« Hop, hop, hop ! Tu fais quoi, là ? Reste-là ! Je vais te ramener chez tes parents.
— Non, s’il te plaît, gémit Clinton d’une petite voix, ses traits déformés par l’angoisse, son assurance disparue. Je veux rester…
— Non mais je vais me faire défoncer, moi, quand ils sauront que tu es là ! poursuit Christpoher sans se soucier de ce que raconte son neveu. On va rentrer de suite, d’accord ? Et peut-être même qu’ils n’auront rien remarqué ! Toi tu files dans ta chambre et tu te fais aussi discret que possible. Tout sera réglé en quelques minutes. »
C’est la meilleure idée du monde. Ils vont tranplaner tous les deux, il va foutre son neveu dans son lit et repartir, personne ne remarquera rien et tout sera réglé. Christopher ne désire qu’une seule chose : que son neveu reparte le plus rapidement possible de là où il vient avant que ça lui retombe dessus. Il était censé partir demain à Paris avec les Sangblanc et ne plus revoir sa famille pendant une longue semaine bénie, ce n’est pas pour se coltiner un drame familial parce que son neveu à décider de fuguer à douze ans !
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Certaines ombres naissent trop tôt
Clinton essaie vaguement de passer sous son bras. Christopher l’attrape par les épaules pour le faire reculer. Son cœur se serre lorsqu’il aperçoit les yeux aussi sombres que les siens de son neveu se remplir de larmes brûlantes. Pourtant, Clint essaie de résister : il renifle, fronce les sourcils avec détermination pour retenir ses pleurs. Mais il ne s’arrête pas de parler :
« Je serai discret, supplie-t-il en attrapant le bras de son oncle, je te jure que je ne ferai pas de bruit, je ferai mes devoirs et je ne te dérangerai pas !
— Ce n’est pas comme ça que ça marche, conteste Christopher en se dérobant aux doigts de Clinton. C’était imprudent de sortir de chez toi à cette heure-là et encore plus d’aller tout seul dans le monde moldu. Tu vas rentrer chez toi ce soir et tu ne diras rien à tes parents.
— Mais Christopher…
— Tu rentres maintenant, annonce son oncle d’une voix ferme en évitant de croiser le regard de Clinton. Je vais enfiler quelque chose et on y va. »
Il n’arrête pas d’imaginer toutes les horreurs que lui balancera Donovan s’il apprend ce qui est en train de se passer, sans parler de son père qui lui lancera ce regard déçu dont il a le secret et les paroles venimeuses de sa mère. Il doit ramener Clinton là où il est censé être : dans son lit. C’est tout, c’est comme ça, c’est la seule chose qui importe actuellement. Christopher lance un dernier regard au garçon qui essaie de retenir ses larmes sans beaucoup de réussite et se détourne de la porte d’entrée pour aller chercher des vêtements. Son cœur tonne désagréablement dans son torse et la fatigue pulse dans ses tempes. Il n’a qu’une hâte : que tout cela se termine.
Il arrive dans le salon lorsqu’une ombre passe tout à coup à côté de lui en le bousculant. Christopher se cogne contre le mur. Clinton s’est faufilé derrière lui dans le couloir et il fuse en direction de la chambre à coucher.
« Eh ! s’écrit Christopher. Reviens i… »
Bam ! La porte de la chambre claque derrière Clinton. Son oncle reste les bras ballants dans le salon. Derrière la porte, des bruits se mettent à résonner. Des grincements, des craquements, des halètements d’effort.
« Clinton ! »
Christopher s’approche de la porte et essaie d’enclencher la poignée. Évidemment, elle est verrouillée. Il secoue vainement la poignée et frappe du plat de la main sur le battant en bois.
« Clinton, allez ! Ouvre cette porte ! »
Les raclements se poursuivent derrière la porte. Quand il entend un bruit sourd contre cette dernière, Christopher comprend que son neveu est en train de pousser les meubles pour bloquer l'entrée. Il pousse un grognement de dépit. La lourde commode à droite en entrant a sûrement subi l’assaut de l’enfant, tout comme son lit. Rien qui ne pourrait résister à un coup de baguette. Christopher cogne avec force contre la porte.
« Ouvre ! ordonne-t-il. Tu sais très bien que je peux utiliser la magie pour rentrer, alors arrête tes bêtises et…
— T’as pas intérêt à entrer ! hurle tout à coup l’enfant à travers la porte. T’as pas intérêt ou sinon je casse tout ! »
Sous le choc, Christopher arrête de frapper. C’est la première fois qu’il entend Clinton crier. Il n’a jamais élevé la voix devant lui. Les quelques fois où il a osé le faire devant son père, celui-ci lui a coupé l’envie de recommencer. Christopher y a assisté une ou deux fois. La voix de Clinton est désespérée et vibrante de colère. Il continue de crier tout en haletant sous l'effort. Si on en croit le bruit, il doit être en train de déplacer le lit.
« Je partirai pas ! Si tu rentres, je… Je casse tes affaires et j’arrêterai jamais de crier, alors t’as pas intérêt d’utiliser la magie, tu le fais pas ! »
Immobile devant la porte, le cœur serré, Christopher ne fait plus rien. Il n’a aucune idée de comment gérer cette situation qui le dépasse totalement. Il se sent con, en caleçon dans son salon, à subir les exigences de son neveu. La voix de ce dernier continue de lui parvenir, étouffée par la porte qui les sépare.
« De toute façon, t’es comme eux, t’es pareil ! T’es comme mon père ! » s'écrit Clinton, un sanglot brisant sa voix.
Christopher fait un pas en arrière, sincèrement blessé par cette odieuse comparaison.
« Je veux pas… J’veux pas rentrer ! » sanglote Clinton à travers la porte. Les bruits ont cessé de résonner. « Je rentrerai pas, jamais ! »
Christopher prend une inspiration pour se donner du courage avant d’avancer vers la porte. Il n’essaie plus de l’ouvrir. Ses doigts se relâche autour de sa baguette magique qu’il avait déjà levé.
« Écoute Clinton, commence-t-il en essayant de contrôler sa voix, ce n’est pas possible, ça. Il faut que…
— J’ai dit non ! se remet à hurler Clinton à travers la porte. Non !
— Mais tu…
— Non ! Non, non, non, non, non ! »
Dépassé par les cris de son neveu, Christopher appuie son front sur le battant et ferme les yeux. Il pourrait forcer l’ouverture, attraper son neveu et transplaner sans lui demander son avis. Mais ce serait risqué avec un enfant hors de lui. Il a beau être fatigué par toute cette affaire qui lui tombe dessus et dépassé par les événements, il ne mettra pas la santé de son neveu en danger. Alors quoi ? Attendre qu’il se calme et discuter avec lui ? Il n’a aucune idée de comment parler à ses neveux. Généralement, ils ne se voient jamais assez longtemps pour avoir le temps d’avoir de longues conversations avec Clinton et Derek. Ils se contentent des banalités, il leur fait faire quelques bêtises pour emmerder Donovan et pour les faire rire, il profite de rester avec eux pour ne pas passer du temps avec le reste de la famille. Voilà tout. Ce qui est en train de se passer ce soir est inédit. Et Christopher n’a aucune idée de ce qu’il doit faire.
« Je serai discret, supplie-t-il en attrapant le bras de son oncle, je te jure que je ne ferai pas de bruit, je ferai mes devoirs et je ne te dérangerai pas !
— Ce n’est pas comme ça que ça marche, conteste Christopher en se dérobant aux doigts de Clinton. C’était imprudent de sortir de chez toi à cette heure-là et encore plus d’aller tout seul dans le monde moldu. Tu vas rentrer chez toi ce soir et tu ne diras rien à tes parents.
— Mais Christopher…
— Tu rentres maintenant, annonce son oncle d’une voix ferme en évitant de croiser le regard de Clinton. Je vais enfiler quelque chose et on y va. »
Il n’arrête pas d’imaginer toutes les horreurs que lui balancera Donovan s’il apprend ce qui est en train de se passer, sans parler de son père qui lui lancera ce regard déçu dont il a le secret et les paroles venimeuses de sa mère. Il doit ramener Clinton là où il est censé être : dans son lit. C’est tout, c’est comme ça, c’est la seule chose qui importe actuellement. Christopher lance un dernier regard au garçon qui essaie de retenir ses larmes sans beaucoup de réussite et se détourne de la porte d’entrée pour aller chercher des vêtements. Son cœur tonne désagréablement dans son torse et la fatigue pulse dans ses tempes. Il n’a qu’une hâte : que tout cela se termine.
Il arrive dans le salon lorsqu’une ombre passe tout à coup à côté de lui en le bousculant. Christopher se cogne contre le mur. Clinton s’est faufilé derrière lui dans le couloir et il fuse en direction de la chambre à coucher.
« Eh ! s’écrit Christopher. Reviens i… »
Bam ! La porte de la chambre claque derrière Clinton. Son oncle reste les bras ballants dans le salon. Derrière la porte, des bruits se mettent à résonner. Des grincements, des craquements, des halètements d’effort.
« Clinton ! »
Christopher s’approche de la porte et essaie d’enclencher la poignée. Évidemment, elle est verrouillée. Il secoue vainement la poignée et frappe du plat de la main sur le battant en bois.
« Clinton, allez ! Ouvre cette porte ! »
Les raclements se poursuivent derrière la porte. Quand il entend un bruit sourd contre cette dernière, Christopher comprend que son neveu est en train de pousser les meubles pour bloquer l'entrée. Il pousse un grognement de dépit. La lourde commode à droite en entrant a sûrement subi l’assaut de l’enfant, tout comme son lit. Rien qui ne pourrait résister à un coup de baguette. Christopher cogne avec force contre la porte.
« Ouvre ! ordonne-t-il. Tu sais très bien que je peux utiliser la magie pour rentrer, alors arrête tes bêtises et…
— T’as pas intérêt à entrer ! hurle tout à coup l’enfant à travers la porte. T’as pas intérêt ou sinon je casse tout ! »
Sous le choc, Christopher arrête de frapper. C’est la première fois qu’il entend Clinton crier. Il n’a jamais élevé la voix devant lui. Les quelques fois où il a osé le faire devant son père, celui-ci lui a coupé l’envie de recommencer. Christopher y a assisté une ou deux fois. La voix de Clinton est désespérée et vibrante de colère. Il continue de crier tout en haletant sous l'effort. Si on en croit le bruit, il doit être en train de déplacer le lit.
« Je partirai pas ! Si tu rentres, je… Je casse tes affaires et j’arrêterai jamais de crier, alors t’as pas intérêt d’utiliser la magie, tu le fais pas ! »
Immobile devant la porte, le cœur serré, Christopher ne fait plus rien. Il n’a aucune idée de comment gérer cette situation qui le dépasse totalement. Il se sent con, en caleçon dans son salon, à subir les exigences de son neveu. La voix de ce dernier continue de lui parvenir, étouffée par la porte qui les sépare.
« De toute façon, t’es comme eux, t’es pareil ! T’es comme mon père ! » s'écrit Clinton, un sanglot brisant sa voix.
Christopher fait un pas en arrière, sincèrement blessé par cette odieuse comparaison.
« Je veux pas… J’veux pas rentrer ! » sanglote Clinton à travers la porte. Les bruits ont cessé de résonner. « Je rentrerai pas, jamais ! »
Christopher prend une inspiration pour se donner du courage avant d’avancer vers la porte. Il n’essaie plus de l’ouvrir. Ses doigts se relâche autour de sa baguette magique qu’il avait déjà levé.
« Écoute Clinton, commence-t-il en essayant de contrôler sa voix, ce n’est pas possible, ça. Il faut que…
— J’ai dit non ! se remet à hurler Clinton à travers la porte. Non !
— Mais tu…
— Non ! Non, non, non, non, non ! »
Dépassé par les cris de son neveu, Christopher appuie son front sur le battant et ferme les yeux. Il pourrait forcer l’ouverture, attraper son neveu et transplaner sans lui demander son avis. Mais ce serait risqué avec un enfant hors de lui. Il a beau être fatigué par toute cette affaire qui lui tombe dessus et dépassé par les événements, il ne mettra pas la santé de son neveu en danger. Alors quoi ? Attendre qu’il se calme et discuter avec lui ? Il n’a aucune idée de comment parler à ses neveux. Généralement, ils ne se voient jamais assez longtemps pour avoir le temps d’avoir de longues conversations avec Clinton et Derek. Ils se contentent des banalités, il leur fait faire quelques bêtises pour emmerder Donovan et pour les faire rire, il profite de rester avec eux pour ne pas passer du temps avec le reste de la famille. Voilà tout. Ce qui est en train de se passer ce soir est inédit. Et Christopher n’a aucune idée de ce qu’il doit faire.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
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Certaines ombres naissent trop tôt
« Je veux pas te parler ! continue de crier Clinton derrière la porte, encouragé par le silence de son oncle. Tu comprends rien à rien ! T’es comme mon père ! Bientôt tu vas me frapper comme lui, hein ? »
Sa voix se brise. Christopher relève subitement la tête, horrifié.
« Quoi ! s’écrit-il d’une voix aiguë en posant une main sur la porte. Mais non, Clint ! Je ne ferai ja…
— Je veux pas te parler ! hurle Clinton pour couvrir sa voix. Tais-toi, je veux pas te parler ! Je… J’veux lui parler à elle !
— Mais de qui tu parles ? gémit Christopher en se frappant le front contre la porte. Allez, sors de là et on va discuter tranquillement. On va juste discuter et…
— Non ! » aboie l’enfant.
Un grand coup résonne contre la porte. Christopher sursaute et s’éloigne d’un pas. Il imagine sans mal Clinton avoir attrapé le cendrier ou le verre et l’avoir lancé sur la porte. Aucun bruit de casse, c’est déjà ça… La violence de son neveu l'effraie : elle est anormale, dérangeante dans une famille dans laquelle on apprend dès que l’on sait parler à lisser ses propos et ses comportements.
Le silence s’étire durant quelques secondes derrière la porte. Christopher se dit que Clinton commence à réfléchir et à envisager l’idée de sortir. Mais au lieu de ça, sa voix résonne de nouveau, suffisamment forte pour que Christopher n’en manque rien.
« J’veux parler à Mademoiselle Sangblanc ! C’est elle que je veux voir ! »
Un rire ahuri échappe à Christopher.
« Quoi ? » s’exclame-t-il sans vraiment pouvoir cacher sa stupeur.
Qu’est-ce qu’Alice vient faire dans la conversation ? C’est la dernière personne dont il s'attendait à entendre le prénom ce soir !
« Mademoiselle. Alice. Sangblanc, tonne Clinton d’une voix déterminée. C’est elle à qui je veux parler. Elle. Et tu… Tu.. Si tu préviens mes parents, je... Je te jure que… »
Clinton s’embrouille dans ses paroles et ses menaces ; Christopher le laisse faire. C’est évident que cet enfant n’a jamais été habitué à menacer qui que ce soit. Il soupire et se frotte le visage, invoquant malgré lui les traits d’Alice Sangblanc. Clinton a dû entendre parler d’elle par son frère. Le petit garçon suit des cours avec la jeune femme. Christopher a entendu sa mère s’en vanter, évidemment, et s’il en croit le jour où il les a aperçus sur le marché de Noël, Derek aime beaucoup sa professeure. Et c’est réciproque.
« Tu ne vas pas parler à Alice Sangblanc, réplique Christopher qui est agacé qu’Alice l’emmerde jusque dans ses soucis familiaux — et pas seulement quand il est question de mariage. À cette heure-là, elle dort, et puis de toute façon je ne vais pas…
— Je veux lui parler ! crie Clinton. C’est elle que je veux voir, personne d’autre !
— Mais tu la connais même pas ! s’insurge son oncle en levant les mains au ciel même si personne ne peut le voir.
— Derek m’a parlé d’elle, répond le garçon après un court silence. Il m’a dit qu’elle était gentille et bienveillante même s’il n’a pas utilisé ce mot. Et puis il a dit qu'elle ne lève jamais la voix, elle, et qu’elle lui sourit tout le temps. Il a dit… »
Un nouveau silence s’étire. Christopher en profite pour articuler sans son : qu’elle était une chieuse. Mais ce n’est pas ce que Clinton a en tête.
« Apparemment, tu vas te marier avec elle… »
Le cœur de Christopher bondit dans son torse et laisse derrière lui une douleur lancinante. La réalité de la situation dans laquelle il est embourbé lui tombe violemment dessus. Clinton ne devrait pas être au courant de ça ! Il s’appuie sur la porte en fermant les yeux.
« C’est pas vrai, annonce Christopher d’une voix blanche, incapable d’en dire davantage ou de contredire plus sérieusement son neveu.
— C’est pas ce qu’a dit Derek, marmonne l’enfant derrière la porte, avant de reprendre, plus fort : mais ça veut dire que tu la connais et que… Que… C’est à elle que je veux parler, c’est tout !
— Mais pourquoi ? soupire Christopher en attrapant ses cheveux, lassé par la situation.
— Parce qu’elle va m’écouter, elle ! réplique hargneusement l’enfant en élevant de nouveau la voix. Toi, t’es comme… T’es comme mon père !
— Arrête de dire ça ! proteste l’homme en tirant sur ses cheveux. Je ne suis pas comme ton père ! »
Les paroles de l’enfant s’incrustent au plus profond de lui et lui font plus mal que toutes les insultes qu’on lui a un jour lancé. La gorge nouée, il se redresse. Que fait-il de mal ? Comment doit-il se comporter pour que son neveu voit qu’il n’est pas comme Donovan ? Que doit-il faire pour lui faire comprendre ça, par Morgane ?! Comme s’il avait entendu ses pensées, Clinton reprend :
« Montre-le moi en me laissant voir Mademoiselle Sangblanc, alors, » supplie-t-il. Presque aussitôt, il arrête de supplier pour prendre un autre ton, plus incisif : « C’est à elle que je veux parler, je resterai là tant que je l’aurais pas vue et tu te feras gronder par mon père. Je bouge pas. Je bouge pas ! » insiste-t-il dans un cri.
Christopher se tape le front du poing plusieurs fois de suite, complètement perdu. Derrière la porte, un bruit sourd : Clinton se remet à bouger des meubles. La fenêtre est trop haute pour qu’il s’enfuie par là et il n’y a aucune autre issue exceptée la porte. La salle de bains est un lieu hermétique. Clinton ne risque rien en restant dans cette chambre, c’est déjà ça. À part sa propre tristesse, bien sûr : à travers la porte, Christopher l’entend renifler.
Sa voix se brise. Christopher relève subitement la tête, horrifié.
« Quoi ! s’écrit-il d’une voix aiguë en posant une main sur la porte. Mais non, Clint ! Je ne ferai ja…
— Je veux pas te parler ! hurle Clinton pour couvrir sa voix. Tais-toi, je veux pas te parler ! Je… J’veux lui parler à elle !
— Mais de qui tu parles ? gémit Christopher en se frappant le front contre la porte. Allez, sors de là et on va discuter tranquillement. On va juste discuter et…
— Non ! » aboie l’enfant.
Un grand coup résonne contre la porte. Christopher sursaute et s’éloigne d’un pas. Il imagine sans mal Clinton avoir attrapé le cendrier ou le verre et l’avoir lancé sur la porte. Aucun bruit de casse, c’est déjà ça… La violence de son neveu l'effraie : elle est anormale, dérangeante dans une famille dans laquelle on apprend dès que l’on sait parler à lisser ses propos et ses comportements.
Le silence s’étire durant quelques secondes derrière la porte. Christopher se dit que Clinton commence à réfléchir et à envisager l’idée de sortir. Mais au lieu de ça, sa voix résonne de nouveau, suffisamment forte pour que Christopher n’en manque rien.
« J’veux parler à Mademoiselle Sangblanc ! C’est elle que je veux voir ! »
Un rire ahuri échappe à Christopher.
« Quoi ? » s’exclame-t-il sans vraiment pouvoir cacher sa stupeur.
Qu’est-ce qu’Alice vient faire dans la conversation ? C’est la dernière personne dont il s'attendait à entendre le prénom ce soir !
« Mademoiselle. Alice. Sangblanc, tonne Clinton d’une voix déterminée. C’est elle à qui je veux parler. Elle. Et tu… Tu.. Si tu préviens mes parents, je... Je te jure que… »
Clinton s’embrouille dans ses paroles et ses menaces ; Christopher le laisse faire. C’est évident que cet enfant n’a jamais été habitué à menacer qui que ce soit. Il soupire et se frotte le visage, invoquant malgré lui les traits d’Alice Sangblanc. Clinton a dû entendre parler d’elle par son frère. Le petit garçon suit des cours avec la jeune femme. Christopher a entendu sa mère s’en vanter, évidemment, et s’il en croit le jour où il les a aperçus sur le marché de Noël, Derek aime beaucoup sa professeure. Et c’est réciproque.
« Tu ne vas pas parler à Alice Sangblanc, réplique Christopher qui est agacé qu’Alice l’emmerde jusque dans ses soucis familiaux — et pas seulement quand il est question de mariage. À cette heure-là, elle dort, et puis de toute façon je ne vais pas…
— Je veux lui parler ! crie Clinton. C’est elle que je veux voir, personne d’autre !
— Mais tu la connais même pas ! s’insurge son oncle en levant les mains au ciel même si personne ne peut le voir.
— Derek m’a parlé d’elle, répond le garçon après un court silence. Il m’a dit qu’elle était gentille et bienveillante même s’il n’a pas utilisé ce mot. Et puis il a dit qu'elle ne lève jamais la voix, elle, et qu’elle lui sourit tout le temps. Il a dit… »
Un nouveau silence s’étire. Christopher en profite pour articuler sans son : qu’elle était une chieuse. Mais ce n’est pas ce que Clinton a en tête.
« Apparemment, tu vas te marier avec elle… »
Le cœur de Christopher bondit dans son torse et laisse derrière lui une douleur lancinante. La réalité de la situation dans laquelle il est embourbé lui tombe violemment dessus. Clinton ne devrait pas être au courant de ça ! Il s’appuie sur la porte en fermant les yeux.
« C’est pas vrai, annonce Christopher d’une voix blanche, incapable d’en dire davantage ou de contredire plus sérieusement son neveu.
— C’est pas ce qu’a dit Derek, marmonne l’enfant derrière la porte, avant de reprendre, plus fort : mais ça veut dire que tu la connais et que… Que… C’est à elle que je veux parler, c’est tout !
— Mais pourquoi ? soupire Christopher en attrapant ses cheveux, lassé par la situation.
— Parce qu’elle va m’écouter, elle ! réplique hargneusement l’enfant en élevant de nouveau la voix. Toi, t’es comme… T’es comme mon père !
— Arrête de dire ça ! proteste l’homme en tirant sur ses cheveux. Je ne suis pas comme ton père ! »
Les paroles de l’enfant s’incrustent au plus profond de lui et lui font plus mal que toutes les insultes qu’on lui a un jour lancé. La gorge nouée, il se redresse. Que fait-il de mal ? Comment doit-il se comporter pour que son neveu voit qu’il n’est pas comme Donovan ? Que doit-il faire pour lui faire comprendre ça, par Morgane ?! Comme s’il avait entendu ses pensées, Clinton reprend :
« Montre-le moi en me laissant voir Mademoiselle Sangblanc, alors, » supplie-t-il. Presque aussitôt, il arrête de supplier pour prendre un autre ton, plus incisif : « C’est à elle que je veux parler, je resterai là tant que je l’aurais pas vue et tu te feras gronder par mon père. Je bouge pas. Je bouge pas ! » insiste-t-il dans un cri.
Christopher se tape le front du poing plusieurs fois de suite, complètement perdu. Derrière la porte, un bruit sourd : Clinton se remet à bouger des meubles. La fenêtre est trop haute pour qu’il s’enfuie par là et il n’y a aucune autre issue exceptée la porte. La salle de bains est un lieu hermétique. Clinton ne risque rien en restant dans cette chambre, c’est déjà ça. À part sa propre tristesse, bien sûr : à travers la porte, Christopher l’entend renifler.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Certaines ombres naissent trop tôt
Pendant un moment, il reste immobile contre la porte, la tête entre les mains, à écouter les reniflements et les efforts de son neveu pour coincer la porte. Il ne lui dit plus rien. Christopher non plus. Il a abandonné l’idée de le faire sortir de là. Quand il relève la tête, ses yeux tombent sur la cheminée et un grand désespoir lui tombe dessus. Il était censé se coucher, dormir et se lever tôt demain pour préparer sa valise. Puis il aurait retrouvé les Sangblanc pour un voyage qui le réjouissait, même si l’idée de se coltiner Alice durant une semaine ne le mettait pas particulièrement en joie. Et voilà qu’il songe à contacter cette dernière pour lui demander de venir ici en pleine nuit régler une histoire dans laquelle elle n’a absolument rien à faire.
Ou alors… Christopher s’éloigne de la porte dans un coup de bassin pour s’approcher de la cheminée et du petit sac de poudre de cheminette suspendu à un crochet. Ou alors il pourrait contacter la maison de Donovan, les prévenir que le lit de leur fils est vide et leur demander de venir le chercher. Ce n’est pas difficile d’imaginer la scène : Donovan débarquera sur le champ, rouge de colère. Il glissera une insulte à Christopher, défoncera la porte de sa chambre d’un coup de baguette et fera la même chose pour les meubles. Il ordonnera à Clinton de venir et si celui-ci résiste, il se jettera sur lui pour l’attraper. Il lui mettra une claque ou deux. Il le secouera. Fort. Il lui criera dessus. Puis il le traînera derrière lui jusque dans le salon. À Christopher, Donovan dira qu’il est la lie de la famille Hangoover et qu’il refuse qu’il contamine son fils. Clinton évitera son regard, la main sur la joue pour contenir la douleur des claques, les yeux plein de larmes que son père condamnera dès qu’ils seront rentrés. Une fois à la maison, impossible de savoir ce qui arrivera. Christopher n’a jamais vraiment su. Clinton passera certainement les vacances enfermées dans sa chambre, à subir les remontrances de son père et les marchandages de sa mère qui, elle, ne gère pas la déception par la violence, mais par la culpabilisation.
La gorge nouée, Christopher attrape une bonne poignée de poudre de cheminée et la jette dans l’âtre en prononçant l’identité de la personne qu’il souhaite contacter.
« Thomas Sangblanc. »
Il ne peut pas faire ça à Clinton. Il ne peut pas contacter ses parents.
Quand il plonge la tête dans la cheminée, Christopher n’a pas besoin d’attendre trop longtemps avant que le jeune homme lui réponde, contrairement à ce qu’il pensait ; à croire qu’il n’était pas encore endormi. La silhouette de son ami se détache au centre de sa vision bien limitée. Christopher est direct par nécessité ; ce qu’il demande lui arrache la langue :
« J’ai besoin de contacter ta sœur mais je n’ai pas son adresse… »
Mal à l’aise, il détourne les yeux pour observer le salon de Thomas qui s’étire derrière lui. Ce dernier se penche en avant, son regard pénétrant cherchant à croiser celui de Christopher.
« Tu veux que je vienne ? T'as besoin d'aide ? Faut planquer un cadavre ? »
Un petit rire nerveux échappe à Christopher qui secoue la tête, amusé malgré lui.
« Non, non c’est… Je te raconterai demain, d’accord ? »
Thomas n’a jamais eu besoin d’explications détaillées, de preuves, de raisons particulières pour l’aider. Il acquiesce aussitôt et s’éloigne de l’âtre de la cheminée en l’invitant à venir chez lui pour contacter Alice ; impossible de le faire de sa propre cheminée. Christopher se redresse en poussant sur ses genoux, le souffle court. Il jette un regard hésitant en direction de la porte fermée, derrière lui. Doit-il prévenir Clinton qu’il va partir durant quelques minutes ? Non… Mieux vaut que le garçon le croit encore déterminé à l’attraper pour le ramener chez ses parents, cela l’encouragera à rester enfermé.
Un instant plus tard, Christopher débarque dans le salon de son ami, la peau recouverte de cendre. Thomas le regarde de la tête au pied.
« Mais dis donc, tu t’es fait tout beau pour moi.
— Merde ! s’écrit Christopher en regardant vers ses pieds. J’ai oublié d’enfiler un truc… »
Et effectivement, il ne porte qu’un caleçon noir moulant. Comment a-t-il pu oublier de s’habiller ? Il ne peut décidément pas se présenter comme ça devant Alice. Devant Thomas, oui, mais sa soeur ? Plutôt se jeter de la plus haute tour du Consilium. Sous les moqueries de Thomas qui, lui, est encore habillé et bien installé dans son fauteuil accompagné d’un verre et d’un livre, Christopher se dirige sans lui demander son avis vers sa chambre pour se dégoter quelque chose à enfiler, et rapidement si possible.
« Je t’ai piqué ça, » l’informe-t-il en revenant dans le salon quelques instants plus tard.
Ça étant le genre de tenue que porte Thomas habituellement et qui, évidemment, serre Christopher aux épaules et aux hanches. Il se sent comme un con, mais il n’a pas le temps de trouver autre chose. Chaque seconde loin de son appartement et de Clinton lui fait craindre le pire. Alors il traverse le salon avec un orgueil fabriqué de A à Z pour supporter les moqueries de son ami, et se penche devant la cheminée, une bonne poignée de poudre de cheminette à la main.
« Ça ne va pas être une partie de plaisir…, soupire-t-il avant de lancer la lancer la poudre et d’annoncer distinctement : Alice Sangblanc. »
En espérant, évidemment, ne pas tomber sur Monsieur Problème, à savoir le cousin d’Alice. Thomas lui a bien fait comprendre que cet homme, Alexius ou quelque chose comme ça, en tout cas un rejeton Nerrah, ne présentait pas le moindre danger pour sa sœur, au contraire. L’idée même que Christopher ait cru qu’Alexius pouvait vouloir du mal à Alice a paru hilarante à Thomas. Mais Christopher se méfie tout de même encore, comme si désormais cet homme à la mine revêche avait une étiquette dont il ne pouvait plus se débarrasser.
____
@Alice Sangblanc, coucou chère fiancée ! La jolie tête de Christopher apparaît dans ta cheminée.
Actions de Thomas vues avec la plume d'Alice.
Ou alors… Christopher s’éloigne de la porte dans un coup de bassin pour s’approcher de la cheminée et du petit sac de poudre de cheminette suspendu à un crochet. Ou alors il pourrait contacter la maison de Donovan, les prévenir que le lit de leur fils est vide et leur demander de venir le chercher. Ce n’est pas difficile d’imaginer la scène : Donovan débarquera sur le champ, rouge de colère. Il glissera une insulte à Christopher, défoncera la porte de sa chambre d’un coup de baguette et fera la même chose pour les meubles. Il ordonnera à Clinton de venir et si celui-ci résiste, il se jettera sur lui pour l’attraper. Il lui mettra une claque ou deux. Il le secouera. Fort. Il lui criera dessus. Puis il le traînera derrière lui jusque dans le salon. À Christopher, Donovan dira qu’il est la lie de la famille Hangoover et qu’il refuse qu’il contamine son fils. Clinton évitera son regard, la main sur la joue pour contenir la douleur des claques, les yeux plein de larmes que son père condamnera dès qu’ils seront rentrés. Une fois à la maison, impossible de savoir ce qui arrivera. Christopher n’a jamais vraiment su. Clinton passera certainement les vacances enfermées dans sa chambre, à subir les remontrances de son père et les marchandages de sa mère qui, elle, ne gère pas la déception par la violence, mais par la culpabilisation.
La gorge nouée, Christopher attrape une bonne poignée de poudre de cheminée et la jette dans l’âtre en prononçant l’identité de la personne qu’il souhaite contacter.
« Thomas Sangblanc. »
Il ne peut pas faire ça à Clinton. Il ne peut pas contacter ses parents.
Quand il plonge la tête dans la cheminée, Christopher n’a pas besoin d’attendre trop longtemps avant que le jeune homme lui réponde, contrairement à ce qu’il pensait ; à croire qu’il n’était pas encore endormi. La silhouette de son ami se détache au centre de sa vision bien limitée. Christopher est direct par nécessité ; ce qu’il demande lui arrache la langue :
« J’ai besoin de contacter ta sœur mais je n’ai pas son adresse… »
Mal à l’aise, il détourne les yeux pour observer le salon de Thomas qui s’étire derrière lui. Ce dernier se penche en avant, son regard pénétrant cherchant à croiser celui de Christopher.
« Tu veux que je vienne ? T'as besoin d'aide ? Faut planquer un cadavre ? »
Un petit rire nerveux échappe à Christopher qui secoue la tête, amusé malgré lui.
« Non, non c’est… Je te raconterai demain, d’accord ? »
Thomas n’a jamais eu besoin d’explications détaillées, de preuves, de raisons particulières pour l’aider. Il acquiesce aussitôt et s’éloigne de l’âtre de la cheminée en l’invitant à venir chez lui pour contacter Alice ; impossible de le faire de sa propre cheminée. Christopher se redresse en poussant sur ses genoux, le souffle court. Il jette un regard hésitant en direction de la porte fermée, derrière lui. Doit-il prévenir Clinton qu’il va partir durant quelques minutes ? Non… Mieux vaut que le garçon le croit encore déterminé à l’attraper pour le ramener chez ses parents, cela l’encouragera à rester enfermé.
Un instant plus tard, Christopher débarque dans le salon de son ami, la peau recouverte de cendre. Thomas le regarde de la tête au pied.
« Mais dis donc, tu t’es fait tout beau pour moi.
— Merde ! s’écrit Christopher en regardant vers ses pieds. J’ai oublié d’enfiler un truc… »
Et effectivement, il ne porte qu’un caleçon noir moulant. Comment a-t-il pu oublier de s’habiller ? Il ne peut décidément pas se présenter comme ça devant Alice. Devant Thomas, oui, mais sa soeur ? Plutôt se jeter de la plus haute tour du Consilium. Sous les moqueries de Thomas qui, lui, est encore habillé et bien installé dans son fauteuil accompagné d’un verre et d’un livre, Christopher se dirige sans lui demander son avis vers sa chambre pour se dégoter quelque chose à enfiler, et rapidement si possible.
« Je t’ai piqué ça, » l’informe-t-il en revenant dans le salon quelques instants plus tard.
Ça étant le genre de tenue que porte Thomas habituellement et qui, évidemment, serre Christopher aux épaules et aux hanches. Il se sent comme un con, mais il n’a pas le temps de trouver autre chose. Chaque seconde loin de son appartement et de Clinton lui fait craindre le pire. Alors il traverse le salon avec un orgueil fabriqué de A à Z pour supporter les moqueries de son ami, et se penche devant la cheminée, une bonne poignée de poudre de cheminette à la main.
« Ça ne va pas être une partie de plaisir…, soupire-t-il avant de lancer la lancer la poudre et d’annoncer distinctement : Alice Sangblanc. »
En espérant, évidemment, ne pas tomber sur Monsieur Problème, à savoir le cousin d’Alice. Thomas lui a bien fait comprendre que cet homme, Alexius ou quelque chose comme ça, en tout cas un rejeton Nerrah, ne présentait pas le moindre danger pour sa sœur, au contraire. L’idée même que Christopher ait cru qu’Alexius pouvait vouloir du mal à Alice a paru hilarante à Thomas. Mais Christopher se méfie tout de même encore, comme si désormais cet homme à la mine revêche avait une étiquette dont il ne pouvait plus se débarrasser.
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@Alice Sangblanc, coucou chère fiancée ! La jolie tête de Christopher apparaît dans ta cheminée.
Actions de Thomas vues avec la plume d'Alice.
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« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
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Certaines ombres naissent trop tôt
Passage de Draíocht Appartement d’Aliosus Nerrah et Alice Sangblanc____________________________
Alice et le sommeil n’avaient jamais été de bons amis. Insomnies, cauchemars, terreurs nocturnes, somnambulismes, autant de troubles contre lesquels lutter avec autant d’acharnement que inefficacité.
Tout ce qui fonctionnait tenait en une potion : celle du Sommeil Sans Rêves.
Hélas, ses stocks se raréfiaient, aussi devait-elle diluer la dernière survivante avec encore et toujours un peu plus d’eau. La voilà désormais inefficace, et Alice n’avait pas la moindre noise à mettre dans cet achat qu’elle jugeait évitable.
Et puis, s’effondrer d’épuisement, n’était-ce pas s’endormir, au bout du compte ?
Ses longues boucles blanches attachée en un chignon lâche, ses lunettes rondes sur le bout de son nez, Alice s’était allongée sur le sofa pour y dévorer un roman sous la lumière tamisée des flammes agonisantes de la cheminée. Son visage était dépouillé de tout artifice, exposant alors ses cernes bien trop creusées, sa cicatrice boursoufflée et, surtout, surtout, la finesse d’un visage qui ne mange pas à sa faim.
Il lui arrivait parfois de remettre convenablement les pans de sa longue chemise de nuit de soie sur ses mollets nus, juste au cas où Aliosus finissait par descendre pour boire un verre d’eau. Alice avait beau faire montre d’un laisser allé absolument scandaleux, elle n’en demeurait pas moins une jeune femme bien élevée.
Et aux aguets.
Sa main s’empara de sa baguette -toujours non loin d’elle- lorsque les flammes de la cheminée se tintèrent de vert. Toujours allongée, mais son arme levée et dirigée vers l’intru, Alice demeurait attentive… et curieusement agacée.
Elle n’était pas en tenue pour recevoir qui que ce soit.
Son agacement se métamorphosa en colère lorsqu’elle vit quelle silhouette émergea des flammes.
« Non mais, vous vous fichez de moi ? » s’étrangla t-elle en se relevant d’un bond. Le livre fut refermé brutalement, et sans son marque page. De quoi relancer encore un peu plus sa fureur.
Elle n’était pas du tout en état pour recevoir qui que ce soit, et certainement pas Christopher Hangoover. Son presque-futur-fiancé.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Certaines ombres naissent trop tôt
Il aperçoit d'abord une silhouette qui se détache dans la pénombre de la pièce faiblement illuminée par la lueur tremblotante des flammes. Avoir la tête dans une cheminée n'est pas agréable, déjà parce qu'il faut se tenir à genoux devant l'âtre et que ses reins se plaignent de cette position inconfortable, mais aussi parce que lorsque l'on est qu'une tête dans les braises, on n'a pas la meilleure vue possible sur l'autre. En l'occurrence, Alice Sangblanc. Christopher ne s'attendait pas à la trouver elle en premier. Il pensait devoir crier dans le salon jusqu'à réveiller quelqu'un et avec sa malchance ça aurait été Monsieur Problème. Voir Alice l'étonne tant et si bien qu'il ne peut que cligner des yeux et la laisser lui jeter son venin au visage.
Christopher grimace. Il aurait dû se douter qu'elle ne serait pas heureuse de le voir débarquer. Peu importe l'heure, elle n'aurait pas apprécié. Et puis à sa tenue et à son visage, il voit bien qu'il la dérange au pire moment. Alice n'est pas le genre de femme à se présenter en public les cheveux défaits et... En chemise de nuit. Christopher ne peut pas s'empêcher d'avoir un moment d'hésitation en la voyant comme ça. Sans ses artifices habituels, elle parait beaucoup plus jeune. Plus fragile. Il croit apercevoir sur sa joue quelque chose qu'il craint de voir depuis que Thomas lui en a parlé mais avec le jeu tremblotant des ombres, il n'est sûr de rien. Et puis, c'est vrai, il ne s'attendait pas à la voir avec une paire de lunettes sur les yeux. Il ne savait même pas qu'elle avait besoin de lunettes. Un poids alourdit son cœur. Il ne savait même pas qu'elle avait besoin de lunettes et sa mère voudrait le marier avec elle ?
« Euh... bonj- ...soir ? »
Sa grande éloquence résonne dans le silence et paraît encore plus idiote qu'elle l'est réellement. Il est presque sûr que, dans son dos, Thomas retient un ricanement moqueur. Et sûrement l'aurait-il entendu s'il n'avait pas l'insupportable son du grésillement des flammes dans les oreilles. Ses genoux le font souffrir le martyr, il a tout intérêt de se dépêcher, à la fois avant qu'Alice n'éteigne sa cheminée d'un coup de baguette pour couper la conversation, mais aussi pour éviter de se coincer le dos. Il n'a vraiment pas le temps de se coincer le dos. Surtout que Clinton attend chez lui et qui sait ce qu'il est en train de faire ? Peut-être démonter le lit pour bloquer la porte de la chambre. L'angoisse sourde de l'avoir laissé seul se réveille dans sa gorge et le force à faire preuve d'une once de courage, bien que le regard colérique d'Alice lui donne plutôt envie de faire marche arrière.
« Je sais, ce n'est pas une heure pour déranger les gens, mais... »
Par Morgane, comment présenter la situation ? Il a envie d'être partout ailleurs sauf ici. Christopher remue inconfortablement sur le parquet et retient in extremis un gémissement de douleur. Quelque chose le bloque dans la suite de sa phrase. L'égo ou la fierté. Il déteste l'idée de devoir demander de l'aide à Alice Sangblanc. Il n'aurait eu aucune gêne avec Jude, avec Lloyd ou avec Thomas, mais Alice ? Depuis novembre, ils se sont vus régulièrement au Pitiponk, tous les samedis en fait puisque la jeune persistait en venir boire son fichu thé, et c'était assez réconfortant de la voir, sachant qu'ils sont tous les deux dans le même bateau. Cela donnait du courage à Christopher qui parvenait plus facilement à snober les hiboux de sa mère et tous ses sous-entendus à propos des fiançailles. Pour Lillian Hangoover, ne pas dire un non équivaut à dire oui, comme il s'y attendait. De toute manière, avec elle dire un non équivaut également à dire oui si elle l'a décidé parce que cette vieille harpies n'a aucun respect pour le consentement. Malgré tout ça, Christopher n'est pas à l'aise et n'a pas la moindre envie de demander quoi que ce soit à Alice.
Christopher cligne des yeux et avale une grande bouffée d'air, conscient du temps qui passe et de la nécessité de parler rapidement pour ne pas qu'Alice l'interrompt pour lui envoyer au visage qu'il n'est qu'un abruti irrespectueux. Elle le ferait, il le sait. C'est pour cela qu'il enchaine rapidement, même s'il n'a pas pris la peine de réfléchir à ce qu'il allait dire, même s'il n'a aucune idée de comment la convaincre de venir.
« Clinton demande à vous voir, » lâche-t-il d'une traite d'une voix rapide.
Il prend seulement conscience qu'elle ne sait peut-être pas de qui il s'agit. Oh par Morgane, elle ne sait peut-être même pas que le frère de Derek s'appelle Clinton. Elle ne sait sûrement rien, pourquoi viendrait-elle gâcher sa dernière soirée en Grande-Bretagne chez lui à venir secourir un gamin dont elle n'a que peu faire ?
« C'est le... Frère de Derek, balbutie Christopher qui préfèrerait être en train de se jeter du Tower Bridge que de faire ce qu'il est en train de faire. Il a... » Un rire sans joie franchit ses lèvres. « "Fugé", grimace-t-il en mimant les guillemets avec ses doigts et en levant les yeux au ciel, et allez savoir pourquoi, il exige de vous parlez à vous. Croyez-moi, je ne vous aurais pas dérangé si j'avais eu le choix. »
Cela aurait pu sonner comme des excuses, mais avec son ton insolent et ses dents serrées, on croirait plutôt qu'il reproche à Alice tout ce qui est en train d'arriver. Ce qui n'est pas exactement vrai mais pas exactement faux non plus.
Christopher grimace. Il aurait dû se douter qu'elle ne serait pas heureuse de le voir débarquer. Peu importe l'heure, elle n'aurait pas apprécié. Et puis à sa tenue et à son visage, il voit bien qu'il la dérange au pire moment. Alice n'est pas le genre de femme à se présenter en public les cheveux défaits et... En chemise de nuit. Christopher ne peut pas s'empêcher d'avoir un moment d'hésitation en la voyant comme ça. Sans ses artifices habituels, elle parait beaucoup plus jeune. Plus fragile. Il croit apercevoir sur sa joue quelque chose qu'il craint de voir depuis que Thomas lui en a parlé mais avec le jeu tremblotant des ombres, il n'est sûr de rien. Et puis, c'est vrai, il ne s'attendait pas à la voir avec une paire de lunettes sur les yeux. Il ne savait même pas qu'elle avait besoin de lunettes. Un poids alourdit son cœur. Il ne savait même pas qu'elle avait besoin de lunettes et sa mère voudrait le marier avec elle ?
« Euh... bonj- ...soir ? »
Sa grande éloquence résonne dans le silence et paraît encore plus idiote qu'elle l'est réellement. Il est presque sûr que, dans son dos, Thomas retient un ricanement moqueur. Et sûrement l'aurait-il entendu s'il n'avait pas l'insupportable son du grésillement des flammes dans les oreilles. Ses genoux le font souffrir le martyr, il a tout intérêt de se dépêcher, à la fois avant qu'Alice n'éteigne sa cheminée d'un coup de baguette pour couper la conversation, mais aussi pour éviter de se coincer le dos. Il n'a vraiment pas le temps de se coincer le dos. Surtout que Clinton attend chez lui et qui sait ce qu'il est en train de faire ? Peut-être démonter le lit pour bloquer la porte de la chambre. L'angoisse sourde de l'avoir laissé seul se réveille dans sa gorge et le force à faire preuve d'une once de courage, bien que le regard colérique d'Alice lui donne plutôt envie de faire marche arrière.
« Je sais, ce n'est pas une heure pour déranger les gens, mais... »
Par Morgane, comment présenter la situation ? Il a envie d'être partout ailleurs sauf ici. Christopher remue inconfortablement sur le parquet et retient in extremis un gémissement de douleur. Quelque chose le bloque dans la suite de sa phrase. L'égo ou la fierté. Il déteste l'idée de devoir demander de l'aide à Alice Sangblanc. Il n'aurait eu aucune gêne avec Jude, avec Lloyd ou avec Thomas, mais Alice ? Depuis novembre, ils se sont vus régulièrement au Pitiponk, tous les samedis en fait puisque la jeune persistait en venir boire son fichu thé, et c'était assez réconfortant de la voir, sachant qu'ils sont tous les deux dans le même bateau. Cela donnait du courage à Christopher qui parvenait plus facilement à snober les hiboux de sa mère et tous ses sous-entendus à propos des fiançailles. Pour Lillian Hangoover, ne pas dire un non équivaut à dire oui, comme il s'y attendait. De toute manière, avec elle dire un non équivaut également à dire oui si elle l'a décidé parce que cette vieille harpies n'a aucun respect pour le consentement. Malgré tout ça, Christopher n'est pas à l'aise et n'a pas la moindre envie de demander quoi que ce soit à Alice.
Christopher cligne des yeux et avale une grande bouffée d'air, conscient du temps qui passe et de la nécessité de parler rapidement pour ne pas qu'Alice l'interrompt pour lui envoyer au visage qu'il n'est qu'un abruti irrespectueux. Elle le ferait, il le sait. C'est pour cela qu'il enchaine rapidement, même s'il n'a pas pris la peine de réfléchir à ce qu'il allait dire, même s'il n'a aucune idée de comment la convaincre de venir.
« Clinton demande à vous voir, » lâche-t-il d'une traite d'une voix rapide.
Il prend seulement conscience qu'elle ne sait peut-être pas de qui il s'agit. Oh par Morgane, elle ne sait peut-être même pas que le frère de Derek s'appelle Clinton. Elle ne sait sûrement rien, pourquoi viendrait-elle gâcher sa dernière soirée en Grande-Bretagne chez lui à venir secourir un gamin dont elle n'a que peu faire ?
« C'est le... Frère de Derek, balbutie Christopher qui préfèrerait être en train de se jeter du Tower Bridge que de faire ce qu'il est en train de faire. Il a... » Un rire sans joie franchit ses lèvres. « "Fugé", grimace-t-il en mimant les guillemets avec ses doigts et en levant les yeux au ciel, et allez savoir pourquoi, il exige de vous parlez à vous. Croyez-moi, je ne vous aurais pas dérangé si j'avais eu le choix. »
Cela aurait pu sonner comme des excuses, mais avec son ton insolent et ses dents serrées, on croirait plutôt qu'il reproche à Alice tout ce qui est en train d'arriver. Ce qui n'est pas exactement vrai mais pas exactement faux non plus.
Dernière modification par Christopher Hangoover le 27 mai 2026, 16:13, modifié 1 fois.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
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Certaines ombres naissent trop tôt
La scène lui semblait si surréaliste qu’Alice ne parvenait pas tout à fait à savoir si elle avait finit par s’endormir et vivait actuellement un rêve qui ne la mettrait point dans de bons offices pour débuter la journée du lendemain.
Cauchemar ou non, Alice ajusta machinalement la retombée de sa chemise de nuit pour qu’elle coule comme il le fallait.
Ses yeux d’argent ne devaient désormais ressembler qu’à deux fentes crachant des orages. La verbe pitoyables et balbutiante de Christopher provoqua en elle un violent agacement. Il n’y avait bien que lui pour la mettre dans de tels états, même dans les cendres chaudes d’une cheminée.
C’était donc à cet abruti qu’il lui faudrait se marier pour s’éviter une existence incertaine ? A cet homme qui, parce qu’il demeurait son presque-futur fiancé, se permettait de débarquer chez elle ainsi ? Et qu’aurait-il fait si Alice ne souffrait pas d’insomnie ? Et si ce n’était point elle qui l’avait trouvé, mais Aliosus ? Oh, Circée : Christopher aurait sans nul doute un tisonnier planté entre ses deux yeux.
Cette image ne lui apporta aucun réconfort.
Alice s’apprêtait déjà à venir piétiner son visage de flamme avant de se souvenir qu’elle était pied nu. Vraiment, elle n’était pas en état de recevoir qui que ce soit.
Mais Christopher fut plus rapide qu’elle, et annonça la raison de sa présence.
Clinton voulait la voir.
Pendant quelques secondes, Alice ne comprenait plus rien. Non pas qu’avant cela, la sorcière ai été éclairée sur la situation. Certes non.
Clinton, il ne s’agissait que d’un nom. Des Clinton, dans la bouche de Christopher, cela pouvait être tout un tas de rustre malodorants, de cousins indigestes ou tout autre gueux qui entourait l’homme.
Mais non.
Ce Clinton était un enfant. Et pas n’importe lequel : le frère de Derek, le petit protéger d’Alice. Aussitôt, toute véhémence abandonna Alice. Son regard froid se voila d’inquiétude malgré le rire de Christopher. Fugué.
Bien sûr qu’il avait fugué. Avec le père que le Destin avait décidé de lui donné, il était évident qu’une telle chose finirait par arriver.
La colère revint soudain. Cette fois, elle n’était plus dirigé vers le visage enflammé de Christopher.
Oh, cela non.
Elle était pour Donovan Hangoover. Encore. L’homme qui se disait père. Le chacal qui se pensait sorcier. Le visage même de ce qu’Alice désirait plus que tout anéantir.
« J’arrive », dit-elle à la suite de Christopher.
Et sans un mot supplémentaire, Alice marcha à grandes enjambées jusqu’aux escaliers branlants qui la mènerait aux chambres.
Alice ne mit pas bien longtemps à se préparer. Ses longs cheveux furent lâchés en cascade laiteuse, son buste habillé d’une robe de laine anthracite, ces jambes trop fines d’un épais collants couleur lie-de-vin et ses pieds de bottes slouchy de cuir brossé. Aucun effort ne fut apporté à son visage, sinon le renforcement de son enchantement pour ne point exposer au monde -et surtout au jeune Clinton- la vue d’une cicatrice qui lui provoquerait quelques cauchemars.
Alice prit plus de temps à prévenir son cousin, assoupis dans sa chambre. « Le frère d’un de mes élèves a fugué », lui dit-elle, ses doigts cherchant naturellement à ajuster la couverture autour de lui pour qu’il ne prenne pas froid. « Je vais voir ce qu’il en retourne. Je reviens vite. Rendors toi. »
Elle n’était pas bien certaine de combien de temps cela durerait. Et ce n’était pas important. Ce qui l’était, c’était de comprendre pourquoi Clinton avait fugué en laissant derrière lui Derek.
A chaque pas qu’elle dévala pour rejoindre le salon, Alice sentait sa gorge l’étrangler. Pourquoi avait-il fugué ? Donovan s’était-il montré violent ? Et Derek, Circée ? Derek ? Allait-il bien ? Que ferait-elle si ce n’était point le cas ?
Elle irait débusquer le chacal dans sa tanière et lui arracherait les garçons. Au diable les conséquences. Alice prendrait les garçons et n’hésiterait pas une seule seconde à faire montre de violence pour que Donovan comprenne qu’elle ne plaisantait pas avec la sécurité des enfants.
Pas après ce qu’elle avait vécu.
Alice ne s’embarrassa pas la dernière marche et atterrie sur le plancher grinçant dans un ample pas. Ses talons frappaient le sol sans se préoccuper des voisins du dessous. Qu’ils aillent tous au diable.
Elle se planta enfin devant la cheminée et offrit à Christopher la vue de son regard colérique perché sur un mètre soixante quinze de fureur continue.
« J’imagine que je dois vous rejoindre chez Thomas ».
Cauchemar ou non, Alice ajusta machinalement la retombée de sa chemise de nuit pour qu’elle coule comme il le fallait.
Ses yeux d’argent ne devaient désormais ressembler qu’à deux fentes crachant des orages. La verbe pitoyables et balbutiante de Christopher provoqua en elle un violent agacement. Il n’y avait bien que lui pour la mettre dans de tels états, même dans les cendres chaudes d’une cheminée.
C’était donc à cet abruti qu’il lui faudrait se marier pour s’éviter une existence incertaine ? A cet homme qui, parce qu’il demeurait son presque-futur fiancé, se permettait de débarquer chez elle ainsi ? Et qu’aurait-il fait si Alice ne souffrait pas d’insomnie ? Et si ce n’était point elle qui l’avait trouvé, mais Aliosus ? Oh, Circée : Christopher aurait sans nul doute un tisonnier planté entre ses deux yeux.
Cette image ne lui apporta aucun réconfort.
Alice s’apprêtait déjà à venir piétiner son visage de flamme avant de se souvenir qu’elle était pied nu. Vraiment, elle n’était pas en état de recevoir qui que ce soit.
Mais Christopher fut plus rapide qu’elle, et annonça la raison de sa présence.
Clinton voulait la voir.
Pendant quelques secondes, Alice ne comprenait plus rien. Non pas qu’avant cela, la sorcière ai été éclairée sur la situation. Certes non.
Clinton, il ne s’agissait que d’un nom. Des Clinton, dans la bouche de Christopher, cela pouvait être tout un tas de rustre malodorants, de cousins indigestes ou tout autre gueux qui entourait l’homme.
Mais non.
Ce Clinton était un enfant. Et pas n’importe lequel : le frère de Derek, le petit protéger d’Alice. Aussitôt, toute véhémence abandonna Alice. Son regard froid se voila d’inquiétude malgré le rire de Christopher. Fugué.
Bien sûr qu’il avait fugué. Avec le père que le Destin avait décidé de lui donné, il était évident qu’une telle chose finirait par arriver.
La colère revint soudain. Cette fois, elle n’était plus dirigé vers le visage enflammé de Christopher.
Oh, cela non.
Elle était pour Donovan Hangoover. Encore. L’homme qui se disait père. Le chacal qui se pensait sorcier. Le visage même de ce qu’Alice désirait plus que tout anéantir.
« J’arrive », dit-elle à la suite de Christopher.
Et sans un mot supplémentaire, Alice marcha à grandes enjambées jusqu’aux escaliers branlants qui la mènerait aux chambres.
•••
Alice ne mit pas bien longtemps à se préparer. Ses longs cheveux furent lâchés en cascade laiteuse, son buste habillé d’une robe de laine anthracite, ces jambes trop fines d’un épais collants couleur lie-de-vin et ses pieds de bottes slouchy de cuir brossé. Aucun effort ne fut apporté à son visage, sinon le renforcement de son enchantement pour ne point exposer au monde -et surtout au jeune Clinton- la vue d’une cicatrice qui lui provoquerait quelques cauchemars.
Alice prit plus de temps à prévenir son cousin, assoupis dans sa chambre. « Le frère d’un de mes élèves a fugué », lui dit-elle, ses doigts cherchant naturellement à ajuster la couverture autour de lui pour qu’il ne prenne pas froid. « Je vais voir ce qu’il en retourne. Je reviens vite. Rendors toi. »
Elle n’était pas bien certaine de combien de temps cela durerait. Et ce n’était pas important. Ce qui l’était, c’était de comprendre pourquoi Clinton avait fugué en laissant derrière lui Derek.
A chaque pas qu’elle dévala pour rejoindre le salon, Alice sentait sa gorge l’étrangler. Pourquoi avait-il fugué ? Donovan s’était-il montré violent ? Et Derek, Circée ? Derek ? Allait-il bien ? Que ferait-elle si ce n’était point le cas ?
Elle irait débusquer le chacal dans sa tanière et lui arracherait les garçons. Au diable les conséquences. Alice prendrait les garçons et n’hésiterait pas une seule seconde à faire montre de violence pour que Donovan comprenne qu’elle ne plaisantait pas avec la sécurité des enfants.
Pas après ce qu’elle avait vécu.
Alice ne s’embarrassa pas la dernière marche et atterrie sur le plancher grinçant dans un ample pas. Ses talons frappaient le sol sans se préoccuper des voisins du dessous. Qu’ils aillent tous au diable.
Elle se planta enfin devant la cheminée et offrit à Christopher la vue de son regard colérique perché sur un mètre soixante quinze de fureur continue.
« J’imagine que je dois vous rejoindre chez Thomas ».
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Certaines ombres naissent trop tôt
C'est quand même incroyable qu'une jeune femme en robe de chambre en soie, les cheveux en bazar et une paire de lunette sur le nez, c'est à dire dans une tenue bien loin de celles dans lesquelles elle se présente habituellement au monde — même à Paris il ne l'a pas vue ainsi —, c'est quand même incroyable qu'elle parvienne dans cette tenue-là à paraître si colérique. Christopher est intimement persuadé que s'il essayait d'avoir l'air si menaçant en caleçon et les cheveux en vrac, il n'aurait rien d'impressionnant et tout de ridicule. C'est d'ailleurs ce que lui a prouvé Clinton tout à l'heure quand il s'est faufilé dans son appartement malgré son interdiction. La prochaine fois, il apprendra de ses erreurs : toujours s'habiller pour donner du poids à ses paroles.
Alice, donc, a sa tête des mauvais jours, les jours où elle lui prend la tête en boucle sans prendre la peine de prendre du recul et de réfléchir à la situation, butée comme elle est. Déjà, Christopher se prépare à lui expliquer par A plus B pourquoi il a besoin qu'elle vienne jusqu'à chez lui, doit-il pour cela lui dire s'il vous plaît. Sa loyauté envers sa famille n'est peut-être pas exceptionnelle mais même lui est capable du pire pour les rares membres des Hangoover qu'il ne déteste pas. Il aurait été prêt à le faire mais Alice, après avoir craché deux mots qu'il n'est même pas sûr d'avoir bien compris tant ils l'étonnent, disparaît hors de son champ de vision sans lui laisser l'opportunité de la convaincre. Le son de ses pas sur le parquet et dans ce qu'il imagine être des escaliers résonne pendant un moment au milieu de son silence stupéfait.
C'est tout ? Christopher se sent un peu con, la tête dans les braises. Il est à moitié persuadé qu'elle va revenir avec un seau d'eau pour éteindre les flammes et couper la communication. Il pensait batailler ! Avec elle, il faut toujours batailler. S'expliquer encore et encore pour que madame daigne faire quelque chose que l'on désire. Mais là, elle accepte sans attendre ? Il faut quelques longues secondes à l'homme pour comprendre que c'est le fait d'avoir évoqué l'enfant qui a convaincu Alice. Encore une chose d'elle qu'il ne comprend pas : qu'en a-t-elle à faire de gamins qui ne sont même pas les siens ? C'est incompréhensible. Mais ça l'arrange. Moins elle pose de questions, plus vite cette histoire sera réglée.
Christopher reste silencieux et patiente dans la douleur, car ses reins n'apprécient définitivement pas cette position. Il entend dans son dos quelques bruits discrets. Il se doute sans s'en étonner que Thomas poursuit sa petite vie tranquille. Cela le soulage. Au moins une chose en moins à gérer dans ses galères de la nuit. Et dire qu'il devrait être en train de dormir profondément après l'agréable soirée passée avec Gaëlle, Isabel ou il-ne-sait-plus-qui.
Ce n'est que lorsque ses genoux crient de douleur et que ses reins ne sont plus que deux boules enflammées qu'il entend le son de pieds chaussés s'approcher. Prenez plus de temps, encore, râle-t-il intérieurement en essayant, en vain, de s'étirer. Alice fait de nouveau son apparition dans le salon. Il note la robe, l'effort fait pour s'habiller, même si lui n'aurait pas été choqué qu'elle le suive en robe de chambre puisqu'il se fiche totalement de comment elle s'habille. Même l'ombre a disparu sur sa joue. Il pourrait l'avoir rêvée, mais il ne le croit pas. Elle l'a bien camouflée. Par contre, elle n'a rien fait pour sa tête toute colérique. Elle transpire littéralement de colère. Christopher a envie de lui dire : c'est bon là, pardon d'avoir un idiot de neveu qui ne trouve rien de plus intelligent à faire que de s'enfermer dans ma chambre et d'exiger à vous voir, je suis pas fautif je vous rappelle ! Parce qu'évidemment, la colère d'Alice ne peut être tournée que vers lui. Il doit faire un effort surhumain pour ne pas lui balancer cette phrase au visage. Le fait qu'il ait un gosse coincé dans sa chambre l'aide à garder un semblant de calme.
Son sourcil s'arque sur son front lorsqu'elle s'adresse enfin à lui. Il pensait sincèrement devoir, encore, s'expliquer pour la convaincre de venir jusqu'à chez lui, mais apparemment elle a compris sans avoir besoin d'en apprendre d'avantage ce qu'il attendait d'elle. Pour cela, peut-être peut-il faire l'effort de ne pas laisser transparaître son agacement, son impatience et sa fatigue. Même s'il préfèrerait toujours sauter dans la Towy ou de n'importe quel autre fichu fleuve que d'avouer à la femme qu'il est soulagé qu'elle accepte de venir car sans elle il n'aurait eu aucune idée de comment gérer la situation.
Christopher grimace un sourire.
« Ouais, lance-t-il à Alice, je vous attends. »
Et enfin, il peut s'éloigner pour lui laisser la place dans la cheminée. Ce qu'il fait après s'être redressé difficilement et lentement en prenant appui sur ses genoux.
« Putain, grogne-t-il à destination de Thomas ou peut-être bien de personne, à vingt ans ça m'aurait pas fait mal. »
Il le dit en se tordant le dos vers l'arrière pour s'étirer, un long grognement roulant dans sa gorge. C'est dans cette position qu'Alice le trouve lorsqu'un éclat de flammes vertes illumine soudainement le salon de Thomas et qu'apparaît dans l'âtre sa sévère silhouette. En l'ayant en face de lui, bien en face, Christopher prend conscience des vêtements de Thomas qu'il a enfilés et qui le serrent aux épaules et aux hanches. Il a vraiment l'air d'un foutu épouvantail, lui qui porte toujours de belles pièces qui soulignent sa silhouette et parfois ses muscles. S'il se fiche du regard d'Alice en tant que femme, il reconnait douloureusement ne pas en faire de même pour sa partie d'elle qui apprécie la haute couture. Il n'aime pas être mal fringué devant elle, c'est tout.
« Merci d'être... venue, » articule-t-il avec un rictus.
Cela serait moins difficile si ce n'était pas elle, Alice Sangblanc.
« Clinton s'est... Et bien il s'est enfermé dans la chambre quand j'ai, évidemment, dit que j'allais le ramener chez ses parents, » annonce-t-il en levant les yeux au ciel et en lisant l'arrière de sa tête avec des gestes maladroits.
Les enfants ! Les enfants, par Morgane !
« Il veut absolument vous voir et je ne sais pas pourquoi. Il m'a pas plus expliqué que ça. »
Un euphémisme pour dire qu'il a passé son temps à gueuler, lui qui n'ose habituellement pas dire un mot plus haut que l'autre, ce qui l'a rendu chiant durant toute son enfance aux yeux de son oncle.
« On a qu'à... »
D'un geste, Christopher désigne la cheminée. Il n'arrive pas à croire qu'il se trouve au beau milieu de la nuit à devoir faire ça. Certes, il devait retrouver ces deux-là le lendemain, mais il y était préparé, c'était prévu. Là, il n'est qu'un épouvantail sous le regard colérique d'une femme qui n'a rien à faire chez lui. Il n'a pas envie qu'elle voit son appartement. Oh, merlin, il y a des bouteilles vides sur la table basse, une odeur de vieille clope dans tout l'appartement et même des vêtements dispersés un peu partout parce que, vous comprenez, ils ont été enlevés au compte goutte.
« ...aller chez moi. »
Ça sonne comme une invitation à le poignarder.
Alice, donc, a sa tête des mauvais jours, les jours où elle lui prend la tête en boucle sans prendre la peine de prendre du recul et de réfléchir à la situation, butée comme elle est. Déjà, Christopher se prépare à lui expliquer par A plus B pourquoi il a besoin qu'elle vienne jusqu'à chez lui, doit-il pour cela lui dire s'il vous plaît. Sa loyauté envers sa famille n'est peut-être pas exceptionnelle mais même lui est capable du pire pour les rares membres des Hangoover qu'il ne déteste pas. Il aurait été prêt à le faire mais Alice, après avoir craché deux mots qu'il n'est même pas sûr d'avoir bien compris tant ils l'étonnent, disparaît hors de son champ de vision sans lui laisser l'opportunité de la convaincre. Le son de ses pas sur le parquet et dans ce qu'il imagine être des escaliers résonne pendant un moment au milieu de son silence stupéfait.
C'est tout ? Christopher se sent un peu con, la tête dans les braises. Il est à moitié persuadé qu'elle va revenir avec un seau d'eau pour éteindre les flammes et couper la communication. Il pensait batailler ! Avec elle, il faut toujours batailler. S'expliquer encore et encore pour que madame daigne faire quelque chose que l'on désire. Mais là, elle accepte sans attendre ? Il faut quelques longues secondes à l'homme pour comprendre que c'est le fait d'avoir évoqué l'enfant qui a convaincu Alice. Encore une chose d'elle qu'il ne comprend pas : qu'en a-t-elle à faire de gamins qui ne sont même pas les siens ? C'est incompréhensible. Mais ça l'arrange. Moins elle pose de questions, plus vite cette histoire sera réglée.
Christopher reste silencieux et patiente dans la douleur, car ses reins n'apprécient définitivement pas cette position. Il entend dans son dos quelques bruits discrets. Il se doute sans s'en étonner que Thomas poursuit sa petite vie tranquille. Cela le soulage. Au moins une chose en moins à gérer dans ses galères de la nuit. Et dire qu'il devrait être en train de dormir profondément après l'agréable soirée passée avec Gaëlle, Isabel ou il-ne-sait-plus-qui.
Ce n'est que lorsque ses genoux crient de douleur et que ses reins ne sont plus que deux boules enflammées qu'il entend le son de pieds chaussés s'approcher. Prenez plus de temps, encore, râle-t-il intérieurement en essayant, en vain, de s'étirer. Alice fait de nouveau son apparition dans le salon. Il note la robe, l'effort fait pour s'habiller, même si lui n'aurait pas été choqué qu'elle le suive en robe de chambre puisqu'il se fiche totalement de comment elle s'habille. Même l'ombre a disparu sur sa joue. Il pourrait l'avoir rêvée, mais il ne le croit pas. Elle l'a bien camouflée. Par contre, elle n'a rien fait pour sa tête toute colérique. Elle transpire littéralement de colère. Christopher a envie de lui dire : c'est bon là, pardon d'avoir un idiot de neveu qui ne trouve rien de plus intelligent à faire que de s'enfermer dans ma chambre et d'exiger à vous voir, je suis pas fautif je vous rappelle ! Parce qu'évidemment, la colère d'Alice ne peut être tournée que vers lui. Il doit faire un effort surhumain pour ne pas lui balancer cette phrase au visage. Le fait qu'il ait un gosse coincé dans sa chambre l'aide à garder un semblant de calme.
Son sourcil s'arque sur son front lorsqu'elle s'adresse enfin à lui. Il pensait sincèrement devoir, encore, s'expliquer pour la convaincre de venir jusqu'à chez lui, mais apparemment elle a compris sans avoir besoin d'en apprendre d'avantage ce qu'il attendait d'elle. Pour cela, peut-être peut-il faire l'effort de ne pas laisser transparaître son agacement, son impatience et sa fatigue. Même s'il préfèrerait toujours sauter dans la Towy ou de n'importe quel autre fichu fleuve que d'avouer à la femme qu'il est soulagé qu'elle accepte de venir car sans elle il n'aurait eu aucune idée de comment gérer la situation.
Christopher grimace un sourire.
« Ouais, lance-t-il à Alice, je vous attends. »
Et enfin, il peut s'éloigner pour lui laisser la place dans la cheminée. Ce qu'il fait après s'être redressé difficilement et lentement en prenant appui sur ses genoux.
« Putain, grogne-t-il à destination de Thomas ou peut-être bien de personne, à vingt ans ça m'aurait pas fait mal. »
Il le dit en se tordant le dos vers l'arrière pour s'étirer, un long grognement roulant dans sa gorge. C'est dans cette position qu'Alice le trouve lorsqu'un éclat de flammes vertes illumine soudainement le salon de Thomas et qu'apparaît dans l'âtre sa sévère silhouette. En l'ayant en face de lui, bien en face, Christopher prend conscience des vêtements de Thomas qu'il a enfilés et qui le serrent aux épaules et aux hanches. Il a vraiment l'air d'un foutu épouvantail, lui qui porte toujours de belles pièces qui soulignent sa silhouette et parfois ses muscles. S'il se fiche du regard d'Alice en tant que femme, il reconnait douloureusement ne pas en faire de même pour sa partie d'elle qui apprécie la haute couture. Il n'aime pas être mal fringué devant elle, c'est tout.
« Merci d'être... venue, » articule-t-il avec un rictus.
Cela serait moins difficile si ce n'était pas elle, Alice Sangblanc.
« Clinton s'est... Et bien il s'est enfermé dans la chambre quand j'ai, évidemment, dit que j'allais le ramener chez ses parents, » annonce-t-il en levant les yeux au ciel et en lisant l'arrière de sa tête avec des gestes maladroits.
Les enfants ! Les enfants, par Morgane !
« Il veut absolument vous voir et je ne sais pas pourquoi. Il m'a pas plus expliqué que ça. »
Un euphémisme pour dire qu'il a passé son temps à gueuler, lui qui n'ose habituellement pas dire un mot plus haut que l'autre, ce qui l'a rendu chiant durant toute son enfance aux yeux de son oncle.
« On a qu'à... »
D'un geste, Christopher désigne la cheminée. Il n'arrive pas à croire qu'il se trouve au beau milieu de la nuit à devoir faire ça. Certes, il devait retrouver ces deux-là le lendemain, mais il y était préparé, c'était prévu. Là, il n'est qu'un épouvantail sous le regard colérique d'une femme qui n'a rien à faire chez lui. Il n'a pas envie qu'elle voit son appartement. Oh, merlin, il y a des bouteilles vides sur la table basse, une odeur de vieille clope dans tout l'appartement et même des vêtements dispersés un peu partout parce que, vous comprenez, ils ont été enlevés au compte goutte.
« ...aller chez moi. »
Ça sonne comme une invitation à le poignarder.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Certaines ombres naissent trop tôt
Alice attendit que le visage de Christopher disparaisse de sa cheminée pour y pénétrer à son tour. Elle récupéra une poignée de poudre à cheminette dans le pot ouvragé déposé sur le bord de la cheminée. Avec un mépris certain pour la garçonnière qu’elle s’apprêtait à rejoindre, Alice annonça l’adresse avant de jeter la poignée à ses pieds. Les flammes vertes indolores l’avalèrent aussitôt;
La jeune femme fut recrachée dans le salon de Thomas. Elle s’extirpa de la cheminée dans un pas, ses mains toutes occupées à débarrasser ses épaules de la sensation d’être soudain toute sale.
Alice connaissait l’appartement de Thomas, mais pas assez pour que son regard ne saute pas d’un détail à un autre. Circée, lorsqu’elle comparait leurs deux appartement, force était de constater que l’un d’entre eux n’avait aucun problème d’argent.
Après tout, leur mère ne lui avait pas vidé ses comptes en banque, à lui.
Son regard méprisant retomba sur la masse abominable que représentait Christopher, tout occupé à soulager son dos endolori. Mais ce ne fut pas tant cette position qui déplaisait à Alice, elle était habituée à le voir se tenir avec nonchalance.
Oh, non.
Alice condamna l’accoutrement vestimentaire de l’anglais.
Christopher était un homme soucieux de son apparence, Alice le savait. Elle appréciait cela chez lui : Christopher avait du goût. Ces choix de cette nuit montrait qu’il n’avait pas eu le temps de passer trois heures devant son miroir pour assortir ses vêtements… et aussi que ceux ci ne lui appartenait pas.
Ses yeux roulèrent naturellement vers la touffe de boucles blanches qui dépassaient du dossier d’un fauteuil. Thomas ne s’habillait qu’avec des vêtements sur-mesure… et prêtait tout de même ses précieuses affaires de luxe à Christopher ?
Oh, Circée. Alice ressentit soudain un violent dégoût teinté de condescendance. Thomas n’avait aucun respect pour ses affaires. Aucun.
Le menton un peu plus haut, Alice revint à Christopher. Elle écouta. Avec soin. Avec attention. Elle enregistrait les dits et les non-dits.
Clinton avait décidé de se rendre chez Christopher après sa fugue. Pourquoi ? Christopher était-il une figure protectrice ? Si l’enfant s’était enfermé, c’était bien par réelle peur d’être ramené chez ses parents. Si il s’était enfermé, cela voulait bien dire qu’il savait que Christopher agirait non pas pour lui, mais contre lui. Et que ce serait-il passé ? Comment aurait réagit Donovan Hangoover ? Cruellement, bien sûr. Le regard d’Alice se durcit.
Tout allait très vite dans l’esprit d’Alice. Clinton voulait la voir elle. Pourquoi ? Alice ne se souvenait pas avoir déjà vu le garçon. Elle s’en souviendrait, n’est-ce pas ? Derek. Il devait s’agir de Derek. Il avait dû parler d’elle. Mais cela n’expliquait pas pourquoi c’était elle qui était mendiée.
Oh, et qu’importe !
L’heure n’était plus à la réflexion.
Clinton était seul dans l’appartement d’un énergumène aux mœurs désastreuses
« Bien sûr que nous allons chez vous », cracha t-elle comme un reproche. Elle contourna Christopher pour s’avancer jusqu’à la masse de boucles blanches. Une fois à sa hauteur, Alice s’en saisit à pleine poignée alors que son buste basculait sur le côté pour que Thomas puisse contempler le visage d’une soeur passablement agacée.
Et cet abruti avait à peine levé les yeux de son livre pour lui sourire.
« Mon appartement n’est pas un quai de gare », grogna t-elle. « Refais moi un coup comme ça, et je te jure sur les Anciens que je donne accès à ton appartement à toute la GEAD. »
Un rire roula dans la gorge de Thomas. Il bascula la tête sur le côté pour qu’Alice ne rate rien de son insolent sourire. Ses yeux d’argent quittèrent ceux de sa sœur pour se placer un tout petit peu plus haut. Son sourire s’élargit.
« Je suis si heureux de constater que tu te sens en confiance avec Chris, au point de te montrer devant lui… avec tes lunettes. »
Un poids sourd tomba dans le ventre d’Alice. Elle relâcha aussitôt Thomas pour s’assurer que…
Eh bien, si.
Du bout de ses doigts, Alice sentit les branches de ses lunettes de vue. Oh, Grands Ancêtres. Dans la précipitation, elle n’avait plus pensé à ses lunettes. Bien sûr. Trop pressée, trop inquiète, elle n’avait songé qu’à ce petit Clinton et la cruauté qu’il avait sans doute affronté ce soir.
Comme si tout était de la faute de Christopher -c’était le cas- Alice se tourna vers lui, les yeux crachant des éclairs. Thomas, lui, s’était déjà remis à sa lecture, sa main caressant ses boucles rudoyés.
Elle lui désigna sèchement la cheminée. Et elle espérait sincèrement qu’il se presse d’agir.
PNJ présent dans ce RP :Thomas Sangblanc, frère d'Alice
La jeune femme fut recrachée dans le salon de Thomas. Elle s’extirpa de la cheminée dans un pas, ses mains toutes occupées à débarrasser ses épaules de la sensation d’être soudain toute sale.
Alice connaissait l’appartement de Thomas, mais pas assez pour que son regard ne saute pas d’un détail à un autre. Circée, lorsqu’elle comparait leurs deux appartement, force était de constater que l’un d’entre eux n’avait aucun problème d’argent.
Après tout, leur mère ne lui avait pas vidé ses comptes en banque, à lui.
Son regard méprisant retomba sur la masse abominable que représentait Christopher, tout occupé à soulager son dos endolori. Mais ce ne fut pas tant cette position qui déplaisait à Alice, elle était habituée à le voir se tenir avec nonchalance.
Oh, non.
Alice condamna l’accoutrement vestimentaire de l’anglais.
Christopher était un homme soucieux de son apparence, Alice le savait. Elle appréciait cela chez lui : Christopher avait du goût. Ces choix de cette nuit montrait qu’il n’avait pas eu le temps de passer trois heures devant son miroir pour assortir ses vêtements… et aussi que ceux ci ne lui appartenait pas.
Ses yeux roulèrent naturellement vers la touffe de boucles blanches qui dépassaient du dossier d’un fauteuil. Thomas ne s’habillait qu’avec des vêtements sur-mesure… et prêtait tout de même ses précieuses affaires de luxe à Christopher ?
Oh, Circée. Alice ressentit soudain un violent dégoût teinté de condescendance. Thomas n’avait aucun respect pour ses affaires. Aucun.
Le menton un peu plus haut, Alice revint à Christopher. Elle écouta. Avec soin. Avec attention. Elle enregistrait les dits et les non-dits.
Clinton avait décidé de se rendre chez Christopher après sa fugue. Pourquoi ? Christopher était-il une figure protectrice ? Si l’enfant s’était enfermé, c’était bien par réelle peur d’être ramené chez ses parents. Si il s’était enfermé, cela voulait bien dire qu’il savait que Christopher agirait non pas pour lui, mais contre lui. Et que ce serait-il passé ? Comment aurait réagit Donovan Hangoover ? Cruellement, bien sûr. Le regard d’Alice se durcit.
Tout allait très vite dans l’esprit d’Alice. Clinton voulait la voir elle. Pourquoi ? Alice ne se souvenait pas avoir déjà vu le garçon. Elle s’en souviendrait, n’est-ce pas ? Derek. Il devait s’agir de Derek. Il avait dû parler d’elle. Mais cela n’expliquait pas pourquoi c’était elle qui était mendiée.
Oh, et qu’importe !
L’heure n’était plus à la réflexion.
Clinton était seul dans l’appartement d’un énergumène aux mœurs désastreuses
« Bien sûr que nous allons chez vous », cracha t-elle comme un reproche. Elle contourna Christopher pour s’avancer jusqu’à la masse de boucles blanches. Une fois à sa hauteur, Alice s’en saisit à pleine poignée alors que son buste basculait sur le côté pour que Thomas puisse contempler le visage d’une soeur passablement agacée.
Et cet abruti avait à peine levé les yeux de son livre pour lui sourire.
« Mon appartement n’est pas un quai de gare », grogna t-elle. « Refais moi un coup comme ça, et je te jure sur les Anciens que je donne accès à ton appartement à toute la GEAD. »
Un rire roula dans la gorge de Thomas. Il bascula la tête sur le côté pour qu’Alice ne rate rien de son insolent sourire. Ses yeux d’argent quittèrent ceux de sa sœur pour se placer un tout petit peu plus haut. Son sourire s’élargit.
« Je suis si heureux de constater que tu te sens en confiance avec Chris, au point de te montrer devant lui… avec tes lunettes. »
Un poids sourd tomba dans le ventre d’Alice. Elle relâcha aussitôt Thomas pour s’assurer que…
Eh bien, si.
Du bout de ses doigts, Alice sentit les branches de ses lunettes de vue. Oh, Grands Ancêtres. Dans la précipitation, elle n’avait plus pensé à ses lunettes. Bien sûr. Trop pressée, trop inquiète, elle n’avait songé qu’à ce petit Clinton et la cruauté qu’il avait sans doute affronté ce soir.
Comme si tout était de la faute de Christopher -c’était le cas- Alice se tourna vers lui, les yeux crachant des éclairs. Thomas, lui, s’était déjà remis à sa lecture, sa main caressant ses boucles rudoyés.
Elle lui désigna sèchement la cheminée. Et elle espérait sincèrement qu’il se presse d’agir.
PNJ présent dans ce RP :Thomas Sangblanc, frère d'Alice
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
