Le premier pas
1er septembre 2050
Avec @Saphira Riven
Avec @Saphira Riven

_____
Le couloir du wagon était animé. Des élèves passaient dans les deux sens, certains traînant leur malle derrière eux, d’autres installés par petits groupes derrière les portes entrouvertes des compartiments. Des rires éclataient parfois, mêlés au bruit des valises qu’on hissait sur les banquettes et aux appels qu’on échangeait d’un compartiment à l’autre. Lucie avança lentement, tirant sa malle derrière elle.
Elle jeta un coup d’œil à travers la vitre d’un premier compartiment. Trop plein. Un second. Déjà occupé. Elle poursuivit encore un peu. Elle n’avait pas imaginé que trouver une place lui demanderait autant de courage. Elle aurait pu continuer jusqu’au bout du wagon, à chercher un compartiment vide. Attendre encore un peu, repousser le moment de devoir faire la conversation avec un autre élève. À ce moment-là, la phrase de son père lui revint :
“Le plus difficile, c’est souvent de faire le premier pas.”
Lucie s’arrêta devant une nouvelle porte coulissante. Il restait de la place. Elle posa la main sur la poignée, hésita une fraction de seconde, puis entra.
Une élève était déjà installée près de la fenêtre. Elle observait le paysage avec calme, comme si le départ du train n’avait rien d’incertain pour elle, ce qui attira l’attention de Lucie. Ses longs cheveux noir reposaient sur ses épaules. Elle n’avait pas l’air perdue, ni intimidée. Elle donnait plutôt l’impression d’être exactement là où elle devait être.
Lucie referma doucement la porte derrière elle.
— Est-ce que je peux m’installer ici ?
Elle attendit un signe avant d’avancer et de poser sa malle contre la banquette. Le compartiment vibrait légèrement au rythme du train maintenant lancé sur les rails, et ce mouvement régulier la détendit. Elle n’était plus sur le quai, elle était en route pour Poudlard. Elle s’assit en face de l’autre élève, les mains posées sur ses genoux pendant quelques secondes, sans trop savoir quoi faire ensuite. Le silence n’était pas désagréable. Peut-être pourrait-elle s’en sortir sans discuter.
Lucie observa discrètement le paysage, puis revint vers l’intérieur du compartiment. Elle sentait malgré elle la présence de l’autre élève assise en face d’elle. Elle avait l’air sûre d’elle, les traits de son visage étaient doux, mais ses yeux avaient une lueur décidée. Lucie baissa un instant son regard vers ses mains. Elle n’avait pas prévu de parler à quelqu’un aussi vite, surtout si elle pouvait l’éviter, mais rester silencieuse tout le trajet lui sembla soudain plus difficile encore. Il fallait au moins qu’elle se présente.
— Es-tu en première année ?
Elle réalisa aussitôt que la question n’apportait pas grand-chose, mais elle poursuivit malgré tout, avec un léger sourire :
— Moi oui. Je m’appelle Lucie.
Le train accéléra légèrement et elle posa instinctivement une main contre le rebord du siège pour garder l’équilibre. Elle jeta un nouveau regard vers la fenêtre. Puis vers l’autre élève. Il y avait quelque chose de rassurant dans sa manière d’être là, comme si tout ce qui se passait autour ne la concernait pas.
Lucie se leva pour ouvrir le sac en jean fait par elle, sous la supervision de sa tante, et en sortit un livre sur le voyage d’un sorcier au Mexique. Sa mère le lui avait donné la veille, un cadeau pour occuper son temps lors de son premier voyage en train. Elle était maintenant prête à se mettre à l'aise pour commencer sa lecture.
_____
Ma couleur RP #992600
552 mots
Le premier pas
1er Septembre 2050
Saphira était installée près de la fenêtre d'un compartiment vide. Le Poudlard Express venait de partir, laissant derrière lui les quais de la gare et les derniers éclats de voix des familles encore présentes.
Son livre reposait ouvert sur ses genoux, mais son regard s'en détachait régulièrement, se perdant dans le paysage qui défilait sous ses yeux. Des champs, des arbres, des lignes floues de ciel gris.
Elle n'arrivait pas à se concentrer, ce qui était inhabituel chez elle.
Ses pensées vers le quai de la gare.
Sa mère n’avait pas dit grand-chose. Elle avait simplement ajusté ses vêtements avec ce calme précis qui donnait l’impression que tout était déjà sous contrôle. Son père, lui, avait été plus bref encore — une main posée sur son épaule, un regard qui ne laissait aucune place au doute.
- Fais attention à toi, a-t-il dit.
Des mots simples. Trop simples.
Mais Saphira n'avait pas répondu grand chose. Comme toujours.
Elle n'était pas du genre à transformer les adieux en quelque chose de long et visible.
Sa famille, de toute façon, n'a jamais vraiment été très expressive. Tout était contrôlé, mesuré, presque silencieux. Même sa sœur qui était habituellement plus expressive avait simplement détournée le regard.
Saphira regardait par la fenêtre quand soudain, la porte du compartiment coulissa. Elle se figea légèrement mais resta calme.
Soudain, une voix lui demanda si elle pouvait s'asseoir. Elle tourna lentement son interlocuteur – ou plutôt son interlocutrice.
C'était une jeune fille, brune qui devait avoir son âge. Sans la regarder, elle répondit :
- Oui.
Sa voix était calme et froide sans pour autant être agressive.
Elle détourna le regard et regarda à travers la fenêtre le paysage.
Elle était sur le chemin pour aller à Poudlard.
Ce château dont elle avait toujours rêvé. L'endroit dont elle avait tant entendu parler depuis sa plus tendre enfance.
Ce lieu pour lequel elle a tant travaillé toute son enfance, pour être aussi excellente que sa sœur. Pour rendre fière ses parents, rien qu'une fois.
La voix de la brune en face d'elle résonna. Elle lui demanda si elle était en première année, car apparemment, elle, elle l'était.
Saphira leva lentement les yeux vers elle et répondit brièvement :
- Oui, je suis en première année.
Elle ferma son livre et prit son carnet de poèmes dans son sac. Elle regarda par la fenêtre afin de se donner de l'inspiration.
La jeune fille croisait juste les bras pour que sa camarade ne la dérange pas. Elle n'était pas d'humeur à parler.
Espérons que ce voyage se passe bien.
@Lucie Carignan
428 mots
Couleur RP : #17591e
Le premier pas
1er septembre 2050

_____
Le train avançait à allure régulière depuis maintenant de longues minutes. Lucie était plongée dans son livre et sa voisine de cabine alternait entre écrire dans son carnet et observer le paysage extérieur. Les deux jeunes étudiantes ne s’étaient pas adressé la parole depuis que le train avait quitté la gare.
Suite à sa question maladroite, Lucie avait senti que l’autre ne voulait pas entretenir la conversation, ce qui la rassura. Elle aussi préférait profiter du voyage dans le silence. Ce n’est pas qu’elle n’aimait pas discuter ou qu’elle n’était pas sociable, simplement, quand elle était dans des situations inconnues, elle aimait commencer par observer. Ce n’est qu’une fois qu’elle avait l’impression de comprendre ce qui se passait autour d’elle qu’elle se sentait à l’aise d’y participer.
Depuis qu’elle avait reçu sa lettre d’admission à Poudlard, elle s’était mentalement préparée à devoir briser cette habitude. Toutefois, comme elle pouvait repousser le moment encore un peu, elle le faisait volontiers.
Elle avait déjà bien avancé dans son livre, étant peut-être rendue aux trois quarts du roman. Comme il était de son habitude, elle avait un marqueur de couleur et un stylo noir pour annoter le livre. Particulièrement lorsque c’était sa mère qui le lui offrait, elle aimait noter ses passages préférés et écrire ses pensées dans la marge. Comme ça, une fois terminé, elle le passait à quelqu’un dans sa famille et c’est un peu comme s'ils le lisaient ensemble. C’est sa mère qui faisait cela, car étant elle-même écrivaine, elle ne pouvait s’empêcher d’analyser les œuvres qu’elle lisait. Certains considéraient cela comme un crime envers le livre, mais pour Lucie, c’était un moyen de s’approprier l’histoire.
Le calme de leur cabine fut malheureusement interrompu par un élève portant déjà sa robe aux couleurs de Poufsouffle. Il ouvrit la porte coulissante et entra en trombe dans le petit espace. Il était essoufflé et fouillait frénétiquement partout : entre les fentes des coussins, sous les sièges, dans les compartiments au-dessus d’eux et il ne semblait pas prêt de s’expliquer.
Les deux jeunes filles se regardaient, perplexes, puis observaient le jeune garçon continuer son processus de recherche. Lucie se décida finalement à dire quelque chose :
- Heuuu… Est-ce qu’on peut t’aider ?
- Vous ne pouvez pas comprendre, si je l’ai perdu, je ne pourrai jamais retourner chez moi. Je suis foutu !
Il avait l’air tellement angoissé que Lucie en ressentit de la pitié. Ses yeux étaient énormes, exorbités par la terreur, et il suait à grosses gouttes. Il repartit en courant vers la sortie, déçu de n'avoir rien trouvé, mais dans sa précipitation, il se cogna violemment la tête contre le cadre de la porte. Après un « ouch », il continua sa course dans le couloir vers la prochaine cabine.
Le silence revint, mais seulement quelques secondes avant que Lucie n'éclate de rire. Elle ne comprenait absolument pas ce qui venait de se passer, mais elle ne pouvait s’empêcher de rire. La situation était si étrange qu'il était impossible d’y trouver un sens. Elle se plia en deux en essayant de calmer son fou rire, mais ne réussit qu'à faire tomber son livre et ses crayons par terre.
Après quelques secondes, elle reprit son souffle et essuya les quelques larmes qui avaient commencé à couler. Qu’est-ce que c’était ridicule ! Elle devrait écrire à son oncle Jacob en arrivant, il adorerait cette histoire.
_____
La suite est à toi, @Saphira Riven !
J'espère que tu ne laissera pas Lucie rigoler toute seule
557 mots