She's a maniac on the floor
Et un et deux et trois et quatre. Cinq, six, sept, huit. Et un et deux et trois et quatre. Cinq, six, sept, huit. Pas de bourrée, vague, triplette, on enchaîne avec ce saut dont elle oublie toujours le nom.Just a steel town girl on a Saturday night
Lookin' for the fight of her life
In the real-time world no one sees her at all
They all say she's crazy
La sueur coule sur ses cheveux en désordre. Au rythme de la basse, son coeur pleure des larmes de musique, transformées en art à chacun de ses mouvements. Son cerveau concentré sur les comptes a fait passer dans les choeurs les blessures qui saignent encore.
Qu'elle est belle la vie à 7 ans. Qu'elle est belle cette vie qui prend plaisir à planter des couteaux dans une petite fille qui a appris il y a peu à marcher sans trembler. Alors oui les adultes, ils sont tristes. Oh oui qu'ils sont tristes. Elle le ressent. Elle ne comprend pas pourquoi mais ils le sont.
Mais elle aussi elle est triste. Triste parce que le vieux monsieur dans la rue n'avait pas d'argent. Triste parce que son voisin n'a pas voulu jouer avec elle. Triste parce que la madame dans la rue ne lui a pas aussi fait coucou.
Des fois, elle est en colère. Par exemple quand Papa lui dit d'aller à la douche alors qu'elle, elle est en train d'habiller ses poupées. Ou encore quand Marraine ne lui amène pas de cadeaux même si elle lui avait envoyé un hibou pour lui en demander un.
La majorité du temps quand même, elle est contente. Il y a plein de raisons d'être joyeuse. Elle ne pourrait pas les lister tellement il y en a. Même si certaines sont plus grandes que d'autres.
Jasper est dehors en train de fumer sa cigarette. Papa et Maman n'aiment pas qu'il fume. Ils disent qu'il montre le mauvais exemple à leur fille. Elle, elle s'en fiche. Elle ne veut pas fumer. Elle veut juste danser.
Hier soir, ses parents se sont disputés. Parce que Maman elle voit un autre homme. Rosalind ne comprend pas le souci. Elle aussi elle voit des garçons. Elle a des yeux. Tout le monde a des yeux. Alors pourquoi papa était-il aussi en colère ?
Quand ça s'est terminé, Maman est partie chez Marraine. Papa a dit qu'elle reviendra quand elle réalisera tout ce qu'elle perd. Après ça, Mamy et Papy sont arrivés. Les parents de Papa. Pendant que Papy jouait avec elle, Mamy et Papa ont parlé.
Peu importe ce qu'ils se sont dits, Papa est ressorti en pleurant. Quand elle lui a demandé ce qu'il se passait, Mamy a répondu qu'il n'était qu'un gros amoureux de Maman et qu'elle lui manquait déjà.
A elle aussi elle lui manque Maman. Elle n'était pas là de la journée. Elle a dû s'occuper toute seule pendant que Papa était enfermé dans sa chambre, allongé sur son lit. Papy et Mamy se sont relayés pour la distraire mais ils n'étaient pas très concentrés.
Et un et deux et trois et quatre. Cinq, six, sept, huit.
#ed6d94 - Fiche PR - Capitaine des AA (quoi qu’en disent Orion et Cassy) et Elue de Jedusor
Absence des vacances
She's a maniac on the floor
Maman n'était pas contente aujourd'hui. Elle n'a pas compris pourquoi. Elle n'a rien fait. Papa non plus n'a rien fait. Il lui a même offert un bouquet de fleurs. Pourtant, Maman l'a refusé en criant qu'il pouvait l'offrir à Laurine.Locking rhythms to the beat of her heart
Changing movement into light
She has danced into the danger zone
When the dancer becomes the dance
Laurine c'est le prénom de la madame qui travaille avec Papa. Apparemment, c'est elle la star. Tout le monde l'adore. Quand Papa s'ennuie et veut discuter, c'est elle qu'il va voir. Quand il a un souci, c'est elle aussi. Et tous ses collègues font pareils.
Jamais la petite fille n'a rencontrée cette Laurine. Maman visiblement si vu qu'elle a écrit tout un hibou à sa meilleure amie pour lui raconter que Laurine elle est française. C'est même "le chic parisien incarné". Après, Maman l'a insultée de mots vraiment pas beaux.
Rosalind, elle ne se sent pas bien. Elle n'a pas osée lui dire car elle était ailleurs toute la journée. Mais elle a mal au ventre. Elle a une grosse boule qui lui donne envie de pleurer et c'est pas agréable. Elle devrait se mettre debout et aller rejoindre les autres au centre de la pièce mais elle n'y arrive pas.
Jasper ne comprend pas. Il essaie de l'encourager, de lui dire de venir. Mais elle se contente de secouer la tête. Elle ne réussira pas à faire ce cours. Son corps est trop lourd. Son coeur est trop lourd.
Papa et Maman ils ne font que se crier dessus. Elle a même entendu Mamy dire qu'ils devraient plus habiter ensemble. Et ça, c'est inimaginable. Elle en a des amis qui ont les parents qui habitent pas ensemble. Et ça a l'air trop nul.
Toutes ces disputes, elle en a marre. Elle n'a même pas pu leur raconter que Peter, le garçon qui vivait dans la rue avec sa maman, près de chez elle, il était très malade et qu'elle avait peur qu'il n'aille jamais mieux.
Peter, c'était un petit ange. Sa maman et lui ils n'avaient pas assez d'argent pour se trouver une maison. Alors ils en demandaient à ceux qui passaient dans la rue. Chaque fois qu'elle passait devant eux, elle, elle leur donnait de l'argent. Et il lui souriait, de ses lèvres gercées. Il était trop mignon.
Elle ne savait pas pourquoi mais il ne savait pas lire ni écrire. Quand il dessinait, c'était moche. Des dessins brouillons, ratés. Quand elle le lui avait dit, il avait pleuré. Alors depuis, ils ne dessinaient plus ensemble, allongés sur le trottoir. Ils jouaient et s'inventaient des histoires.
Leurs histoires elles étaient magiques. Pleines de créatures incroyables et d'aventures toutes plus drôles les unes que les autres.
Maintenant, c'était peut-être terminé. La maman de Peter ne voulait plus qu'il joue avec elle car il avait trop de fièvre. Il dormait tout le temps, en tremblant. Cela faisait peur. Elle espérait qu'il irait bientôt mieux.
Jasper s'énervait. Il voulait qu'elle se lève et aille danser maintenant tout de suite ou il la punirait. Alors elle se releva et alla se placer. Quand la musique commença, elle sentit quelque chose dévaler sa joue.
Elle toucha. De l'eau. Une larme. Elle pleurait. La musique était lancée. Sur les touches tristes du piano, elle battait silencieusement la mesure, tentant d'arrêter de pleurer. Elle ne comprenait même pas pourquoi elle pleurait.
Elle voulait que Maman et Papa soient là. Qu'ils lui fassent un gros câlin en lui disant que tout allait bien, qu'ils étaient là à jamais pour elle en lui faisant des bisous sur le front.
Dès que les dernières notes s'estompèrent, elle se reprit. Hors de question de laisser les autres voir qu'elle allait mal. Elle avait trop d'honneur pour ça et elle ne voulait pas être ridicule.
Mais Jasper n'était pas bête. Il avait tout vu. Il lui adressa un regard compatissant. Elle ne lui répondit pas. Cela ne le regardait pas. Quand Papa viendrait la chercher, tout s'arrangerait. Après tout, c'était lui qui avait lancé le souci. Il le résoudrait. Elle en était complètement sûre. Il ne pouvait pas y avoir de doutes. Andrew Whitmore, c'était l'homme parfait.
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Absence des vacances
She's a maniac on the floor
Papa est parti. Depuis trois jours. Seule, allongée sur son lit, les sanglots engloutis par l'immensité de cette nuit qui semblait ne jamais vouloir en finir, Rosalind en a pleuré. Papa, il part jamais d'habitude. C'était long sans lui.It can cut you like a knife,
If the gift becomes the fire
On a wire
Between will and what will be
Maman, elle n'a rien voulu entendre. Elle s'est même mise en colère et elle a jeté un vase par terre. C'était un vase que Mamy, la maman de Papa, lui avait offert pour Noël. Après, elle a claqué la porte. Et la petite fille n'a pas réussi à sécher ses larmes.
C'était la pire nuit de toute sa vie. Et aucun des sauts, aucune position de bras, aucun battement de jambe, ne pouvait l'aider à ramener son père à la maison. Elle essayait sincèrement de se concentrer sur les instructions de Jasper... pourtant, son coeur ne voulait ralentir, ses yeux ne voulaient s'arrêter de couler et ses mains ne voulaient s'arrêter de trembler.
Ces dernières semaines, elle pleurait beaucoup. Maman elle était fatiguée de ça, elle le lui avait dit. Elle lui avait demandé d'être une grande fille, d'arrêter de l'embêter pour des bêtises. Et elle n'avait même pas voulu l'amener chez Mamy et Papy.
Chez Mamy et Papy, c'est chouette. Ils ont des bons biscuits et ils lui font de gros câlins. Quand elle va pas bien et qu'elle va là-bas, elle va mieux. Mais Maman, elle veut pas les voir. Alors elle doit rester à Londres.
La maison de Londres, elle est grande. Rosalind en profite pour se cacher. Quand elle entend le bruit des talons de sa Maman qui résonnent sur le plancher, elle va dans une pièce loin.
Elle s'imagine des histoires où elle est une héroïne, qui sauve la ville, et le grand méchant veut se battre contre elle. Mais elle, elle peut pas se battre. Car c'est une mauvaise super héroïne, elle n'a pas de supers pouvoirs.
Elle n'a pas de pouvoirs tout court. Maman, elle dit qu'à sept ans, si c'était vraiment une Whitmore, elle saurait déjà faire de la magie. Papa, il a hoché la tête. C'était quand Papa était encore là.
Oh mince. Jasper commence à crier. Elle s'est trompée. Elle a raté un temps. Elle est nulle. Elle le savait. Dans le vide de sa poitrine, résonnaient les basses désordonnées, qui s'acharnaient contre les parois de sa douleur.
Cette douleur, elle s'étendait de jour en jour et elle menaçait de tout engloutir. Elle était comme un ouragan, incapable de s'étendre et dévorant tout sur son passage, pour ne laisser que des ruines ternes et pourries jusqu'à la racine.
Elle ignorait comment elle faisait pour tenir encore debout, alors que pas un seul jour ne passait sans que son fragile esprit d'enfant ne soit ébranlé. Elle était secouée dans tous les sens, emportée par la tempête, sans repères et sans pilier auquel s'accrocher.
Parfois, elle voyait passer des rayons d'émotions autres. Mais c'était rare. Elle était terrifiée. De sa bouche, aucun son ne sortait quand elle essayait de crier car l'ouragan assourdissait tout. C'était sûrement pour ça que sa marraine ne venait pas l'aider.
Elle, elle en rêvait des fois. Que Marraine arrive et lui annonce que c'était elle sa maman en réalité. Puis elle regrettait. Parce qu'elle devait être fière de sa Maman, pas vouloir ne plus vivre avec elle. Elle était une mauvaise fille pour elle...
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Absence des vacances