Deux lignes de trop Ernest Stevens

Samedi 29 janvier 2050,
10h20,


La bibliothèque était encore calme à cette heure-là. À travers les vitres de la bibliothèque, on pouvait voir un ciel uniformément gris, la lumière du jour semblait lutter pour éclairer l’intérieur. D’ailleurs, quelques bougies étaient encore allumées. Estelle s’était habillée en conséquence : une robe pull rose pastel, un collant blanc épais et ses Converse noires et blanches.

Elle s’était installée à la même table que lors de leur première rencontre, comme si ce détail avait une importance particulière, mais peut-être que cela lui permettrait de la retrouver plus facilement. Devant elle, sur la table, était posé le livre : Admission à l’Institut supérieur de Droit Magique, à la page 10. Cependant, elle ne le regardait pas, cela faisait dix bonnes minutes, qu’elle n’arrivait pas à se concentrer. Son esprit revenait sans cesse au message qu’elle avait envoyé la veille, à l’heure du déjeuner grâce à sa chouette Alpach, à Ernest :
Image postée par le membre
Elle se souvenait très bien du moment où elle l’avait écrit, vendredi matin, à 10h, après son cours de métamorphose, pendant la récréation, elle avait couru jusqu’à la volière et avait écrit ce message, le cœur encore lourd. Pourtant, la découverte remontait au mercredi, mais le choc avait été si brutal qu’il lui avait fallu du temps pour accepter ce qu’elle avait lu. En effet, en cherchant des informations plus précises sur les écoles post-Poudlard, elle était tombée sur une information, discrète mais implacable, qui occupait deux lignes à la page 10 : l’Institut supérieur du Droit Magique n’acceptait pas les élèves nés-moldus.

Deux petites lignes qui l’avaient remplie d’une colère sourde, presque brûlante. Elle qui avait jeté son dévolu sur la filière Sciences avec pour options Sortilège et Défense contre les forces du mal, pour l’année prochaine, car c’était celle qui lui ouvrirait le plus de portes possibles. Elle venait de comprendre que certaines portes resteraient fermées, quoi qu’elle fasse. Non pas par manque de talent ou de travail, mais à cause de ce qu’elle était. Et ça, elle n’arrivait pas à l’accepter.

Reprenant ses esprits, Estelle consulta sa montre. Il restait encore dix minutes avant qu’Ernest n’arrive. Dix longues minutes durant lesquelles son anxiété commença à se faire sentir. Et s’il ne venait pas ? Peut-être avait-il trouvé son message étrange ou trop autoritaire. Peut-être qu’il avait autre chose à faire ? Elle se mordit légèrement la lèvre, tentant de se rassurer. Ernest lui avait paru gentil, tolérant et réfléchi… mais elle ne pouvait s’empêcher de douter. Elle inspira profondément, redressa un peu sa posture, posa les mains à plat sur la table et attendit.


@Ernest Stevens

14 ans - 4ème année RP - couleur RP =#a96800

-

Deux lignes de trop Ernest Stevens
Ernest était habitué au balai des hiboux qui s’amorçait tous les matins dans la Grande Salle. Il n’était d’ailleurs pas rare qu’Herbert, le hibou familial, se pose entre les manuels ouverts et l’assiette de son petit déjeuner pour laisser choir nonchalamment les lettres de sa mère. Depuis quelques mois néanmoins, il arrivait que des hiboux étrangers viennent à sa rencontre à fréquence variable. Alors sa poitrine se serrait, ses mains devenaient moites et la cadence de ses battements de cœur se mettait à accélérer.

La gorge un peu sèche, l’adolescent déglutit tout en décrochant le petit parchemin suspendu à la patte de la petite chouette qui venait de se poser devant lui. Le garçon déplia le petit rouleau avec précaution, comme s’il s’agissait d’un objet très fragile. Mais rapidement, il réalisa qu’il ne s’agissait pas de ce à quoi il s’attendait. Il était néanmoins surpris par cette prise de contact. Bien sûr, il se souvenait d’Estelle et du moment qu’ils avaient passé ensemble à la bibliothèque quelques semaines plus tôt.

Il espérait sincèrement que leur échange l’aiderait à y voir un peu plus clair dans ses choix de filière. Quoi qu’il en soit, son mot donnait l’impression d’une découverte majeure. L’enthousiasme qui transpirait entre les lignes traduisait peut-être d’une innovation capitale. Ernest était peut-être timide, il n’en demeurait pas moins curieux. Et malgré un emploi du temps déjà bien chargé entre toutes ses options supplémentaires et ses expériences, il n’était pas capable de reculer face à un bon mystère. Ou de refuser son aide à quelqu’un qui semblait en avoir besoin.

L’adolescent avait précautionneusement replié la note et l’avait glissé discrètement dans la poche de sa chemise. Ce n’était pas le genre de truc à laisser traîner à la table de Serpentard. Quelqu’un serait bien fichu de le lire et d’imaginer toutes sortes d’histoires saugrenues. C’était le genre de choses qui arrivaient régulièrement quand un garçon recevait un mot de la part d’une fille. Même les notes les plus anodines.

Quoi qu’il en soit, il se présenta à la bibliothèque une dizaine de minutes avant l’heure du rendez-vous. Les mains serrées sur les lanières de son sac à dos, le jeune garçon tentait de se donner plus de contenance qu’il n’en avait vraiment. Il aperçu la deuxième année et inspira avant de s’avancer.

“Eh… euh… salut Estelle… Tu… euh… tu voulais me parler d’un truc ?”

Ernest se frotta l’arrière de la nuque, signe manifeste de malaise. Et si elle avait des questions auxquelles il ne savait pas répondre ? Et s’il était incapable de l’aider ?

“...’fin… je… ça avait l’air important…”

433
@Estelle Rubble

4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- COMPTE EN HIATUS -

Deux lignes de trop Ernest Stevens
Lorsqu’elle aperçut Ernest entrer dans la bibliothèque, elle eut un léger mouvement de surprise, presque imperceptible. Au fond, elle s’attendait presque à ce qu’il ne vienne pas, mais elle était heureuse d’avoir fait confiance à sa première impression. Mieux encore, il était en avance. Peut-être qu’il était exactement la personne dont elle avait besoin à cet instant.

Il s’approcha d’elle et la salua. Elle remarqua tout de suite son hésitation, ses gestes un peu maladroits, sa voix incertaine. Elle pencha légèrement la tête, intriguée. Est-ce qu’il était intimidé par elle ? Elle ne put s’empêcher de ressentir une petite pointe de fierté, peut-être que son ambition et son intelligence avaient émerveillés Ernest lors de leur première rencontre. Cependant, elle avait besoin qu’il soit moins mal à l’aise pour la suite de la conversation. Ainsi, elle se redressa et lui adressa un sourire chaleureux, et elle se surprit par la sincérité qu’elle ressentait à ce moment-là :

« Salut Ernest ! »

Puis se trouvant trop brusque, elle prit une voix plus calme.

« Merci, d’être venu. J’apprécie vraiment. Viens assieds-toi, il faut que l’on parle. »

Et elle le pensait vraiment. Le simple fait qu’il ait fait l’effort de venir, malgré son appréhension visible, comptait plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Mais ce moment de légèreté ne dura pas, il s’estompa presqu’aussitôt que son regard glissa sur le livre posé devant elle. Son sourire s’effaça lentement, remplacé par une mine plus grave.

« Tu savais… que certaines écoles étaient fermées aux nés-moldus ? »

Elle releva les yeux vers lui, une certaine tristesse dans le regard.

« Comment on est censés faire pour réaliser nos rêves, maintenant ? »


@Ernest Stevens

14 ans - 4ème année RP - couleur RP =#a96800

-

Deux lignes de trop Ernest Stevens
Ernest sursauta légèrement face à l’aplomb d’Estelle mais un léger sourire étira le coin de ses lèvres et il tira un peu plus sur les bretelles de son sac à dos, rapprochant ses mains contre son poitraille.

“Hein ?... ‘Bin… nan, ‘fin… il y a pas de quoi… ‘fin… ah ok !”

Le ton de sa cadette était sans appel. Le petit brun laissa glisser son sac d’école sur le sol et tira la chaise à côté de la jeune Poufsouffle avant de s’y asseoir. La lumière qui s’était allumée au fond de ses yeux s’éteignit aussi vite face au sérieux de la demoiselle. Ça avait l’air vraiment grave. Ernest fronça les sourcils. Dans sa tête, il était déjà en train d’imaginer les pires situations : que le Professeur Charleston prenne une retraite anticipée, qu’on l’oblige à passer une journée dans la peau d’un gryffondor, …

“Quoi ? Hein… mais de quoi tu p…”

La phrase d’Estelle résonna finalement dans son esprit, chassant toutes ses hypothèses farfelues de fin du monde.

“Mais nan… j’suis sûr que c’est un erreur…”

Il tira l’ouvrage qu’Estelle vers lui et parcouru rapidement son contenu. Son visage se décomposa. Il n’osa pas lever son regard clair sur la jeune fille. La fébrilité de sa dernière remarque lui donna la chair de poule. Il n’arrivait pas à le croire. C’était absolument inconcevable. Ils étaient à Poudlard. Et Poudlard, c’était le monde de tous les possibles. Enfin c’était le rêve qu’il avait nourrit depuis qu’il était tout petit.

Et à mesure qu’il relisait encore et encore les passages concernant les statuts des sorciers, son esprit se déchirait petit à petit, tout comme son cœur. Il savait bien qu’il y avait des déséquilibres entre les communautés. Des disparités. Il avait été éduqué dans le Secret Magique et savait que les sorciers ne portaient pas tous les moldus dans leur coeur. Mais pas tous. Enfin pas chez lui. Et puis les nés-moldus, c’était des sorciers aussi…

“Je… j’comprends pas…”

Comment est-ce qu’on pouvait les envoyer à Poudlard, faisant croire aux enfants que toutes les portes du monde magique allaient s’ouvrir devant eux. Enfin c’est ce qu’avaient fait ses mères. Mais depuis qu’il avait commencé sa scolarité dans le château, les preuves que les adultes mentaient s’accumulaient. La vérité, c’était finalement comme une boule de pâte à modeler que les grands façonnaient de la manière dont ça les arrangeait.

“Il y a forcément une explication… j’suis sûr qu’il doit y avoir d’autres moyens…”

414
@Estelle Rubble

4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- COMPTE EN HIATUS -

Deux lignes de trop Ernest Stevens
« Non, il n’y a pas d’erreur, j’ai relu le passage plusieurs fois… » dit-elle d’une petite voix.

Elle était sûre d’elle, ainsi elle regarda le brun tirer le livre vers lui et le lire, observant son visage se décomposer. Cela ne rassura pas la Poufsouffle, au contraire, elle était dépitée, elle qui pensait qu’Ernest allait trouver une réponse à sa question. Lui qui avait su l’aider quand elle en avait besoin. Car comment est-ce que tous les né-moldus allaient faire ? Elle avait beau se creuser les méninges elle ne trouvait pas de solution.

Par conséquent, lorsqu’elle entendit Ernest dire qu’il y avait un autre moyen, elle reprit un peu espoir.

« Oui, tu as sans doute raison, peut-être que si on a des bonnes notes jusqu’à la septième année, on sera acceptés même si on est des nés-moldu ! » s’exclama-t-elle en le regardant avec espoir.

Après tout, il n'y avait pas de raisons pour les sorciers de rejeter les nés-moldu, car s'ils étaient ici, à Poudlard, c'est qu'ils avaient toute leur place dans le monde sorcier. Et personnellement, elle se trouvait aussi bonne, voire meilleure, que certains nés-sorciers sur le plan académique. Mais, elle avait quand même l'impression que quelque chose lui échappait. Si cette information a été rendue publique dans un ouvrage que tout le monde pouvait consulter dans la bibliothèque, c'est qu'il y avait quelque chose.... Estelle perdit son sourire et son enthousiasme, puis elle se tourna vers Ernest et lui demanda :

« Pourquoi ils ont écrit ça ? »

Puis quelque chose lui vint à l'esprit et elle prit son courage à deux mains pour s'exprimer.

« S'ils ont écrit ça, c'est qu'ils ont le droit. Sinon, c'est de la discrimination et c'est puni par la loi. », dit-elle calmement, le regard dans le vide.

Bon, elle ne savait pas vraiment si les lois moldues et les lois sorcières étaient les mêmes. Mais, elle se souvenait clairement de ce que sa mère lui avait dit sur la discrimination, c'est le fait de mettre à l'écart une personne à cause de son origine, religion, et d'autres choses dont elle ne se souvenait plus trop. Mais ce passage elle en était sûre.


@Ernest Stevens

14 ans - 4ème année RP - couleur RP =#a96800

-

Deux lignes de trop Ernest Stevens
Ernest se mordit la lèvre inférieure. Il avait longtemps pensé que le Secret Magique était simplement une mesure de protection pour les sorciers. Et pour les familles composées également. En réalité, il n’avait jamais entendu parler du statut de Sang Pur avant d’arriver à Poudlard. Et il était loin de pouvoir imaginer que son nom pouvait figurer sur un tel registre.

Quoi qu’il en soit, sa mère l’avait toujours préservé des discriminations. Peut-être un peu trop. Mais plus il sortait de sa bulle et plus il réalisait que sa perception du monde qui l’entourait était erronée. Parfois certains détails se rappelaient pourtant à sa mémoire. Cette femme qu’il avait croisé au Chemin de Traverse et qui ressemblait tant à sa mère. Ses mots tranchants. Les conflits à Londres. Les une de journaux qu’on retournait discrètement mais systématiquement. Tout ça restait confus dans son esprit. Comme si quelqu’un y avait appliqué un flou gaussien.

La remarque d’Estelle le sortit de ses pensées. Il s’était toujours convaincu que quelqu’un qui travaillait suffisamment (avec acharnement) pouvait choisir sa propre étoile. Que l’ambition (et le travail, évidemment) ouvrait toutes les portes. Et face à ce regard gonflé d’espoir, il tenta d’esquisser un sourire qui se voulait rassurant mais qui ressemblait plus à une grimace.

“Mais… euh… tu sais déjà ce que tu veux faire plus tard ?”

De ce qu’il semblait comprendre, il n’y avait que certaines écoles qui pratiquait ce genre de discrimation. Pourquoi s’inquiéter inutilement si on était pas concerné. Il savait pertinemment que ce n’était pas la réponse au problème. Mais ça lui ferait peut-être gagner du temps car il n’était pas prêt à être la personne qui allait briser tous les rêves de la brunette qui se tenait juste en face.

“Je… je sais pas trop, Estelle… Je... j’crois pas que le monde sorcier et le monde moldu, ça soit vraiment pareil… J’pensais pas que c’était tellement différent, mais…”

Il fit un geste vers le livre et les articles et afficha une moue dubitative. Ernest s’était peut-être mis des œillères durant tout ce temps. Il avait focalisé son attention sur d’autres détails, d’autres centres d’intérêt. Parce que c’était plus simple de penser que ça ne le concernait pas.

“J’ai grandi dans une famille mixte, mais j’suis allé à l’école moldu… en fait, je… j’ai toujours vécu avec la magie… mais… j’connais pas grand chose de la société magique… mis à part quelques trucs quoi…”

Il haussa les épaules, désolé. Il se sentait un peu coupable de ne pas avoir de meilleurs conseils à donner à la deuxième année. Et sous la culpabilité, les braises de la colère commençaient à se raviver. Cette conversation, mais surtout son impuissance, alimentait silencieusement un brasier de révolte.

“Mais euh… t’inquiète pas ! On va faire des recherches ! Et on trouvera forcément un moyen…”

Quelques années plus tôt, il aurait probablement proposé d’envoyer un hibou à sa mère pour lui demander ou bien dirigé Estelle vers un adulte de confiance. Seulement le temps passant, grandissait en lui le sentiment qu’on ne pouvait pas se fier aux grandes personnes. Mais pas question de laisser tomber la jeune poufsouffle. Et puis il avait l’intuition que ça les dépassait un peu. Que c’était un combat plus grand qu’eux deux.
542
@Estelle Rubble

4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- COMPTE EN HIATUS -

Deux lignes de trop Ernest Stevens
La question d’Ernest la prit au dépourvu, mais elle y répondit honnêtement, même si cela allait lui donner une image d’indécise.

« Je ne sais pas trop, en vrai, je veux être médicomage, puis après je me dis qu’être potionniste ou botaniste, c’est bien aussi. Mais, cette semaine, je me suis dit et pourquoi pas faire du droit comme maman, papa et Tom, ça a l’air génial aussi. Et boum ! Je tombe sur cette information…. »

Elle poussa un gros et long soupir en posant son menton dans sa paume gauche, avant de reprendre d’une voix triste :

« Ça veut dire que je vais devoir choisir une carrière par défaut, parce que ça se trouve que quand j’aurai 17 ans, eh bien, certaines écoles me seront fermées, donc je n’aurai pas vraiment le choix, et je trouve ça vraiment injuste ! Pas toi ? »

Elle le regarda avec une moue triste, cherchant la confirmation qu’elle n’était pas la seule à ressentir de l’injustice. D’ailleurs, cela lui laissait un goût amer, lui donnant envie de pleurer. Mais bon, elle n’allait pas pleurer comme ça devant quelqu’un d’autre, se dit-elle en clignant des yeux plusieurs fois. Alors qu’elle sentait que c’était une bataille perdue, Ernest reprit heureusement la parole. Ce qu’il dit ne lui plût pas vraiment sur les différences entre le monde sorcier et moldu, mais cela signifiait qu’elle allait devoir chercher ou demander des informations. Cependant, l’information qu’il lâcha sur lui, l’intéressa au plus haut point.

« Mais oui tu es un sang-mêlé, et tu es aussi concerné par ça, non ? Attends… »

Elle tira le livre qu’il tenait vers elle, sans lui arracher des mains, se pencha, cherchant l’information qu’elle voulait, et elle s’écria :

« Là, par exemple, pour l’institut supérieur du droit magique, il faut prouver son statut de né-sorcier sur 4 générations, attends, ça veut dire que…. »

Elle se prit la tête entre les mains pour réfléchir, et prononça doucement :

« Donc, si tu es un sang-mêlé, c’est que tu as un parent moldu, donc tu ne peux pas prouver que tu es un né-sorcier, ou c’est moi qui ne comprends rien ? »

Estelle essayait vraiment de réfléchir, de faire des liens, mais elle sentait qu’elle ne maîtrisait pas pleinement le sujet, en même temps, elle sentait qu’elle touchait quelque chose. Alors qu’elle tentait désespérément d’y voir plus clair, le serpentard reprit la parole lui redonnant espoir. Elle releva subitement la tête et le regarda avec un grand sourire :

« Mais oui ! On va faire des recherches ! Et on va mettre fin à cette injustice ! Vas-y tope-là ! » dit-elle pleine d’enthousiasme, levant la main dans sa direction, attendant qu’il tape dedans.


@Ernest Stevens

14 ans - 4ème année RP - couleur RP =#a96800

-

Deux lignes de trop Ernest Stevens
Ernest analysait comme il pouvait les informations qu’il collectait. Autant celles du livre que les confessions de la jeune Poufsouffle. Même si cette conversation touchait plus ses sentiments que sa raison, il tentait d’y faire le tri de manière rationnelle. Plus facile à dire qu’à faire. En ouvrant un livre, deux élèves voyaient les portes de leur avenir se fermer. Enfin pas toute, et c’était déjà ça.

“Oh t’inquiète pas… j’pense qu’il y a plein de gens qui sont pas fixés… ‘fin… on a encore le temps… moi j’suis pas trop sûr non plus, à vrai dire…”

Même si elle était hésitante, Estelle semblait avoir des idées assez précises tout de même. Ernest, lui, savait qu’il aimait pratiquer les sortilèges, la botanique et la métamorphose, mais il n’avait pas encore trouvé le métier de ses rêves. Et s’il n’existait pas, il faudrait probablement qu’il l’invente.

“Quand j’étais plus p’tit… j’voulais faire auror, comme ma mère… enfin auror ça n’existe plus… mais maintenant, j’suis plus trop sûr. Enfin… j’pense que je préférerais faire autre chose.”

La famille ça influençait forcément un peu la direction dans laquelle on avançait. Pas parce qu’on nous forçait mais parce que c’était la seule chose qu’on connaissait.

“Mais du coup, tu viens d’une famille mol… non maj’ c’est ça ?”

Face à la petite brune, utiliser le mot “moldu” semblait presque déplacé. Pourtant il l’avait utilisé toute sa vie sans vraiment y voir de jugement. Enfin jusqu’à ce qu’il croise la route de Lavinia Campbell.

“Tu sais… si tu veux faire du droit comme tes parents, rien ne t’empêche d’étudier dans une université moldue après Poudlard… ‘Fin… au final, c’est pas parce que tu es à l’école ici que t’es forcément obligée de travailler dans la société magique…”

C’était une idée qui venait d’éclore dans son esprit mais elle n’était pas complètement dénuée de sens. Une idée qui venait d’ouvrir une nouvelle fenêtre dans son esprit au moment où il pensait que certaines étaient en train de se refermer.

“En fait… en tant que né-moldu ou sang mêlé, on a peut-être plus d’opportunités que les né-sorciers…”

Ernest pensait à voix haute. Il avait soupiré cette phrase, comme si le souffle de sa voix avait aspiré sa pensée à mesure qu’elle se formait pour la laisser s’échapper de ses lèvres. Le garçon baissa les yeux et se mit à gratter une imperfection du bois dans la table, l’air légèrement gêné. S’il n’avait jamais eu de complexe particulier par rapport au fait d’avoir deux mamans, ce n’était pas tout à fait la même chose que de ne pas avoir de père.

“Je… ouai… probablement… je… j’sais pas à vrai dire…”

Il ne savait pas exactement ce qu’il ressentait à cet instant. De la honte ? De l’injustice ? Peut-être de l’impuissance aussi ? Une chose était sûre, l’adolescent ne savait pas d’où il venait et jusqu’à aujourd’hui, le cocon familial, l’amour maternel, ça lui avait suffit. Pourtant, il manquait une pièce de son puzzle et elle était de taille.

“Ma mère biologique est une sorcière… et… ma mère adoptive est une moldue…”

Il n’était néanmoins pas capable de formuler la troisième partie de cette phrase à voix haute. À peine de la penser. Je n’ai pas de père… Il en avait forcément un et cette pensée le frappa de plein fouet. Le ton d’Estelle changea et il préféra chasser ce genre d’idée de son esprit pour se focaliser sur autre chose. Il regarda la main levée de la demoiselle un peu surpris.

“Ah… Euh… euhm… ok !”

Il la frappa en retour et timidement, lui retourna son sourire. Tout tournait un peu trop vite dans sa tête. Mais dans le chaos de tous ces fils qui se mélangeaient, un souvenir vague lui revint en mémoire.

“Attends… j’me souviens d’un truc…”

Il se leva rapidement et à pas de loup (parce qu’ils étaient quand même à la bibliothèque), il partit farfouiller dans l’étagère dédiée aux archives de la Feuille de Lard, le journal de l’école.

“J’y avais pas porté plus attention que ça quand c’est sorti, parce que le droit ça m’intéresse pas vraiment…”

Il tendit le feuillet à la demoiselle pour qu’elle y jette un œil.

Reducio
Image postée par le membre


Edition n°18 - Dimanche 17 janvier 2049

_______________________________________________________________

L'ISDM, l'école de la justice?

Image postée par le membre

L'Institut Supérieur de Droit Magique (ISDM) est une école post-ASPIC existant maintenant depuis plusieurs siècles. Elle forment les sorciers passant par ses bancs à de nombreux métiers juridiques. D'abord logé dans les locaux d'une université moldue au cœur d’Édimbourg, l'institut a déménagé au nord-ouest de la ville en raison de la rupture du Secret Magique de 2044. Il y est dispensé des enseignements permettant aux étudiants de prétendre à l'un des cinq diplômes délivrés par l'Institut. Parmi ces diplômes on retrouve:
  • Analyste juridique: constitution et suivi de dossiers et contrats avec une vision légale
  • Anthropologue magico-judiciaire: assistance des enquêteurs et policiers pour résoudre des enquêtes
  • Avocat: assistance et représentations des personnes morales ou physiques lors de procès
  • Historien dans l'art du droit: connaissance pointue de l'ensemble des lois actives afin d'assister les juges lors des procès ou à demande du gouvernement
  • Juge: présidence des procès et décision sur les torts de chacune des parties, jugement et décision des sanctions adéquates
De tous ces métiers, quatre sont également accessible via une formation professionnalisante, directement auprès d'un professionnel qui accepte de vous prendre en stage: avocat, analyste juridique, anthropologue médico-judiciaire et historien du droit. Cela permet à toute personne qui le souhaite d'exercer ce métier en cabinet privé ou bien au sein du Conseil des Sorciers. Dans ce deuxième cas, c'est à condition d'être Sang-Mêlé ou Sang-Pur en accord avec la politique du Consilium (selon les critères de statut de sang du gouvernement, c'est-à-dire d'avoir au moins un parent sorcier).

En théorie, les juges - qui ne peuvent exercer qu'en lien avec le Secrétariat de la Justice - répondent aux mêmes critères à l'embauche. Sauf... qu'on ne peut se former à ce métier que d'une manière, entrer à l'ISDM. Or, l’ISDM demande quelque chose d’aussi problématique que discriminant, et ce depuis sa création: une pièce d'identité du candidat ainsi que celles des ancêtres sorciers sur 4 générations pour pouvoir s'inscrire. Autant dire le statut de sang-pur ! Voilà qui est hautement démodé mais doit bien arranger notre gouvernement (dont l’âge-moyen doit dépasser les 60 ans) de conserver cette condition en l'état, n'est-ce pas?


Résumons la situation.
  1. Les lois sont faites par une Chambre entièrement "sang-pur".
  2. Les juges, ceux qui appliquent les lois en tranchant les litiges aux tribunaux et en fixant les peines, ont nécessairement suivi un parcours de l’ISDM, haute école élitiste où il faut pouvoir justifier sa lignée sorcière.
  3. Les conseillers légaux des juges, aidant à l'interprétation de ces mêmes lois, ont soit ciré les mêmes bancs que leurs amis les juges, soit sont passés par une formation professionnalisante.
Mais cette option sonne plus belle qu’elle ne l’est, car non seulement faut-il trouver quelqu'un acceptant de nous apprendre, mais le tout doit également se faire en accord avec le Conseil des Sorciers... donc on imagine bien quel genre de discours il est préférable d'adopter et quelles valeurs défendent finalement ceux qui ont une chance d'être sélectionné.

Il y a de quoi se questionner!

Les sorciers nés-de-moldus ont-ils vraiment un moyen d'accéder aux métiers juridiques?
Surtout les plus puissants: ceux qui permettent de poser un jugement!


Image postée par le membre
En somme : notre système judiciaire est entièrement concentré entre les mains d'un petit groupe dont sont directement ou indirectement exclus une majorité de sorciers. Cette discrimination permet au Conseil de continuer à perpétuer les vieilles traditions qui lui donnent le pouvoir de tirer les ficelles du système judiciaire, mais elle ne se justifie aucunement. Car Poudlard offre à chaque sorcier le même enseignement et la possibilité de développer les mêmes compétences. Et indépendamment de notre origine, à l'issue des sept années de formation, nous serons tous diplômés de la même façon.

En attendant, les futurs étudiants de l'ISDM vivent aujourd'hui entre les murs du château.

C'est toi et moi. Enfin...

Ça devrait pouvoir être toi et moi!

Image postée par le membre

698
@Estelle Rubble

4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- COMPTE EN HIATUS -

Deux lignes de trop Ernest Stevens
« Auror ? » Estelle n’osa pas demander à Ernest ce que c’était comme métier, il fallait vraiment qu’elle se renseigne plus sur le monde sorcier, voilà deux ans qu’elle était à Poudlard, et elle ne connaissait encore pas grand-chose de ce monde. Mais, elle se sentait déjà tellement submergée par toutes les informations qu’elles recevaient. Enfin, elle nota ça dans un coin de sa tête et se concentra à nouveau sur le brun qui était en train de parler et ce qu’il dit ne lui plut pas tant que ça.

« Je ne serai jamais prise dans une université moldue, parce que j’aurai fait toutes mes études à Poudlard. Et comment je vais expliquer que je n’ai pas le baccalauréat parce que j’ai passé mes ASPIC. Et en plus je n’aurai pas fait le programme, je pourrai parfaitement expliquer comment faire une potion contre les furoncles, mais je serais incapable d’expliquer le théorème de Pythagore… »

Elle se gratta le menton, songeant à cette opportunité présentée par son camarade.

« Oui, peut-être, mais ça serait vraiment en dernier recours. Et puis, est-ce que après 7 ans à Poudlard, on peut dire qu’on a encore notre place dans le monde moldu ? »

Elle fut elle-même choquée par sa soudaine éloquence. Mais, c’était une question qu’elle ne cessait de se poser depuis l’été dernier, où elle avait dû mentir à sa famille sur l’année qu’elle venait de passer, dans un soi-disant internat en Suisse. Elle s’était sentie en décalé avec son cousin Harry. Qu’est-ce que ce serait après 7 ans.

Si elle se sentait comme ça, comment cela devait être pour Ernest qui était un sang-mêlé qui du coup toute sa vie avait dû jouer une sorte de double rôle, comme un espion. Et puis, comment ça il avait une mère biologique et une mère adoptive ? Elle le regarda songeuse, mais n’osa pas lui poser la question de peur de le blesser. Elle se dit qu’un jour, elle oserait lui poser la question, aujourd’hui, ce n’était pas le sujet.

Estelle fut heureuse qu’il n’ignore pas sa main, il aurait pu au vu de la surprise qu’elle lut sur son visage. Elle le regarda se lever et prit le feuillet qu’il lui tendit, avant de le lire avec attention.

« On est pas les seuls à trouver cette discrimination injuste. Il y a peut-être forcément eu des révoltes non ? Les gens ne peuvent juste pas accepter ? »

Elle relut attentivement, le passage qu’elle ne comprenait pas.

« C’est qui ce Conseil Sorcier ? C’est là qu’on le président du monde sorcier ? »


@Ernest Stevens

14 ans - 4ème année RP - couleur RP =#a96800

-

Deux lignes de trop Ernest Stevens
Ernest avait grandi avec un pied dans le monde des sorciers mais emballé par sa mère, avec du papier-bulle. Il savait qu’une ligne séparait les deux mondes et cette ligne s’appelait le Secret Magique. Et lui, il avait toujours vécu dessus, mais sans réaliser que les inégalités venaient aussi du dedans. Lui n’avait jamais vu que le meilleur des deux mondes et n’avait jamais compris pourquoi on ne pouvait pas les réunir. Bien sûr, il avait connaissance de certaines histoires, de certaines dates. Des conflits. Mais il les croyait isolés. Épisodique. Et face à la deuxième année et toutes ses questions, il se trouvait lui-même bien ignorant. Et bien naïf.

“Attends, Estelle… t’enflamme pas… y a des équivalences… des cours par correspondance… et puis si t’as des soucis en maths, j’connais un bon prof d’arithmancie… ‘fin… c’est un tableau mais il est quand même vachement intelligent…”

Ernest avait sympathisé avec les portraits bien avant d’oser adresser la parole à d’autres élèves. Néanmoins, celui auquel il pensait était accroché dans son dortoir. Mais peut-être qu’il pouvait en visiter d’autres ? Il faudrait qu’il lui pose la question. C’était quand même une question de vie ou de mort. Enfin pas vraiment. Mais de vie quand même. Ou plutôt d’avenir.

“Te fermes pas de porte…’fin je… un dernier recours, ça reste un recours… c’est juste… une carte en plus dans ta main…”

Lui qui avait voulu lui montrer qu’elle avait plus d’opportunité qu’elle ne semblait le croire avait mis les pieds dans le plat. Sa question le laissa songeur. Ernest ne voulait pas choisir entre l’un ou l’autre. Mais peut-être que pour lui, c’était plus simple. Lucy, sa mère moldue était au courant de l’existence de la communauté magique. Et il avait toujours considéré ça comme un acquis. À présent, il réalisait qu’il ne s’était jamais posé la question pour les autres élèves.

“Euh… tes parents… ils… ils savent que t’es une sorcière ? Et le reste de ta famille ?”

Pops et Gran, les parents de Lucy n’avaient aucune idée des capacités magiques d’Ernest ou de sa mère. Quant à sa famille sorcière, l’adolescent ne les connaissait pas. Finalement, le Secret Magique dépassait largement la frontière entre les deux communautés et il était bien plus flou qu’il ne l’aurait pensé. Sa mère, Elianor, l’avait toujours décrite comme une ligne bien nette mais depuis qu’il était entré à Poudlard, il réalisait que cette vérité-là n’était pas absolue.

La remarque d’Estelle mit l’adolescent quelque peu mal à l’aise. Parce que oui, cette histoire avait quelque chose de révoltant. Mais il ne se souvenait pas que la parution de ce feuillet n’ait soulevé d'insurrection. Même lui était passé un peu à côté. Il en avait d’ailleurs un peu honte. Et même si ça lui faisait mal de le penser, il semblait bien que les gens se soient contentés d’accepter. Même les adultes. Surtout les adultes. Les joues du gamin s’empourprèrent légèrement mais pas de gêne cette fois. Cette pensée avait quelque chose de révoltant.

“Euh… le Conseil, c’est euh… un peu comme le parlement des moldus… enfin… euh… Il me semble… avant y avait un Ministère de la Magie… je…”

Ernest savait en théorie. Et pourtant, il commençait à avoir l’intuition que peut-être, il était passé à côté de quelque chose de plus énorme.

“Il y a eu un coup d’état… ‘fin des méchants, en gros… et puis ils se sont fait arrêter finalement… mais euh… j’avais l’impression que c’était revenu à la normal…”

Pourtant, le Ministère n’était pas redevenu le Ministère. Ernest avait pris des raccourcis. Enfin c’était plutôt sa mère qui avait simplifié les choses à l’extrême. Parce qu’un enfant ne devrait pas se soucier de ces choses là. Et lui, il ne remettait pas en question ce que disait sa mère. Ou aucun adulte. Jusqu’à Poudlard.

“J’crois que… ça mériterait de se pencher un peu plus sur la question… je fais plus HDLM… mais j’pense qu’on devrait sûrement trouver des infos quelques part… y a forcément quelque chose…”
666
@Estelle Rubble

4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- COMPTE EN HIATUS -