Le lynx et le leipreachán
Fécondation de ce qui suit
Un lieu que je connais bien. Mais il se pourrait, pour une fois, que les minutes à venir soient nouvelles pour moi. Tant de fois j’ai bavardé avec des hommes n’ayant qu’une idée en tête. Leur âge n’est pas en cause, j’en connais si peu ayant une considération surprenante. J’ai parfois la sensation que nous les femmes ne sommes qu’un ventre. Ou pire, un boyau. N’allons pas plus loin dans la dissection, la chose est obscène à souhait d’ores et déjà.
Ce Monsieur Nerrah n’a sans doute pas que des qualités mais au moins réfléchit-il avant de parler. A moins qu’il n’y ait encore en lui ce soupçon d’innocence trahissant l’enfance. C’est un atout que d’avoir traversé certaines horreurs. On sait. On sait faire le tri, entre l’envie sauvage et le désir inconscient. On sait deviner qui osera. Et qui restera sur le quai. Jusqu’à un certain point on peut imaginer la suite. Mais en cet instant, je n’en ai pas envie. Juste un thé entre deux personnes qui ne se connaissent pas. Deux innocents face à face. Ils pourraient aussi bien danser, le spectacle vaudrait quelques gallions. Jamais personne ne m’a convié à ce genre de cérémonie, je serais même incapable de la moindre élégance. Sauf à dire qu’une liane s’adapte à toutes les positions, même les plus osseusement scabreuses. Je saurais. Encore faudrait-il m’apprendre...
D’ici là, s’asseoir, être entrée sans la moindre gêne. Après tout, nous ne sommes pas des amants que le mariage séparerait, venant ici en cachette du monde afin d’assouvir une passion que la bague éloigne. Aucune trace de péché autour de nous. Même si les clients croiront voir des jeunes gens maladroits, un couple pratiquant la danse prénuptiale pour la première fois. Ce n’est pas le cas et moi je n’éprouve aucune gêne à avancer vers la table qui nous attend. En outre, le café est encore loin d’être bondé. Seul le personnel prête véritablement attention à notre arrivée. Lorsque je m’assieds, mon fidèle Eclair de feu est un peu encombrant, je le pose sur le côté de la table, donnant l’impression à qui veut bien jeter un oeil que je suis entre deux vols, animale sauvage pressé de ne pas laisser d’empreinte durable où que ce soit. C’est hélas le lot de tous les voyageurs. Wick n’est pas si loin mais il n’y a pas dehors d’espace pour parquer un quelconque destrier… On m’envie souvent cette possession je le sens. Merci ma sœur, j’ai hérité quelque chose de toi. Et à ce propos je suis sûre que tu ne savais pas en tirer autant que moi j’en suis capable. Certes, tu as su décrocher ton ASPIC en vol, quelle gratification n’as-tu pas eue ? Moi je sais voler. C’est une baroudeuse distinguée qui prend place à cette table. Je ne suis pas en sucre. Non que tu le fus. Mais j’ai aussi mes vertus. Et les revendique.
Soulever la chaise de sorte à ne pas la faire couiner. Agir avec souplesse, élégamment. La manière de tenir la tasse compte il est vrai. Mais c’est tout un ensemble. Oui je me suis assise. De façon à ne rien montrer d’impudique, quand bien même mes jambes sont-elles recouvertes de tissu. C’est un art, la manière sans les manières. C'est aussi un plaisir je l'avoue.
Comme j’avoue me sentir à mon aise dans cet alignement, sang pur dénuée de la lourdeur. Il serait faux de croire que je suis diluée dans le russe. Je crois que ma nature est ailleurs même si je ne la comprends pas. Pas encore. Une main sur l’autre, quelques temps après je retire lentement mes petits gants. Des doigts plutôt fins, impeccables et croyez-le ou non, c’est difficile quand on passe son temps les mains dans la terre. Il fait bon, c’est bientôt l’été et je suis en compagnie d’un être délicieux. Que demander de mieux ? Et si pour une fois la vie s’avérait belle ? Aurais-je la force de le croire ?
17 Avril 2050,
Ivanovna, 20ans
Ivanovna, 20ans
Un lieu que je connais bien. Mais il se pourrait, pour une fois, que les minutes à venir soient nouvelles pour moi. Tant de fois j’ai bavardé avec des hommes n’ayant qu’une idée en tête. Leur âge n’est pas en cause, j’en connais si peu ayant une considération surprenante. J’ai parfois la sensation que nous les femmes ne sommes qu’un ventre. Ou pire, un boyau. N’allons pas plus loin dans la dissection, la chose est obscène à souhait d’ores et déjà.
Ce Monsieur Nerrah n’a sans doute pas que des qualités mais au moins réfléchit-il avant de parler. A moins qu’il n’y ait encore en lui ce soupçon d’innocence trahissant l’enfance. C’est un atout que d’avoir traversé certaines horreurs. On sait. On sait faire le tri, entre l’envie sauvage et le désir inconscient. On sait deviner qui osera. Et qui restera sur le quai. Jusqu’à un certain point on peut imaginer la suite. Mais en cet instant, je n’en ai pas envie. Juste un thé entre deux personnes qui ne se connaissent pas. Deux innocents face à face. Ils pourraient aussi bien danser, le spectacle vaudrait quelques gallions. Jamais personne ne m’a convié à ce genre de cérémonie, je serais même incapable de la moindre élégance. Sauf à dire qu’une liane s’adapte à toutes les positions, même les plus osseusement scabreuses. Je saurais. Encore faudrait-il m’apprendre...
D’ici là, s’asseoir, être entrée sans la moindre gêne. Après tout, nous ne sommes pas des amants que le mariage séparerait, venant ici en cachette du monde afin d’assouvir une passion que la bague éloigne. Aucune trace de péché autour de nous. Même si les clients croiront voir des jeunes gens maladroits, un couple pratiquant la danse prénuptiale pour la première fois. Ce n’est pas le cas et moi je n’éprouve aucune gêne à avancer vers la table qui nous attend. En outre, le café est encore loin d’être bondé. Seul le personnel prête véritablement attention à notre arrivée. Lorsque je m’assieds, mon fidèle Eclair de feu est un peu encombrant, je le pose sur le côté de la table, donnant l’impression à qui veut bien jeter un oeil que je suis entre deux vols, animale sauvage pressé de ne pas laisser d’empreinte durable où que ce soit. C’est hélas le lot de tous les voyageurs. Wick n’est pas si loin mais il n’y a pas dehors d’espace pour parquer un quelconque destrier… On m’envie souvent cette possession je le sens. Merci ma sœur, j’ai hérité quelque chose de toi. Et à ce propos je suis sûre que tu ne savais pas en tirer autant que moi j’en suis capable. Certes, tu as su décrocher ton ASPIC en vol, quelle gratification n’as-tu pas eue ? Moi je sais voler. C’est une baroudeuse distinguée qui prend place à cette table. Je ne suis pas en sucre. Non que tu le fus. Mais j’ai aussi mes vertus. Et les revendique.
Soulever la chaise de sorte à ne pas la faire couiner. Agir avec souplesse, élégamment. La manière de tenir la tasse compte il est vrai. Mais c’est tout un ensemble. Oui je me suis assise. De façon à ne rien montrer d’impudique, quand bien même mes jambes sont-elles recouvertes de tissu. C’est un art, la manière sans les manières. C'est aussi un plaisir je l'avoue.
Comme j’avoue me sentir à mon aise dans cet alignement, sang pur dénuée de la lourdeur. Il serait faux de croire que je suis diluée dans le russe. Je crois que ma nature est ailleurs même si je ne la comprends pas. Pas encore. Une main sur l’autre, quelques temps après je retire lentement mes petits gants. Des doigts plutôt fins, impeccables et croyez-le ou non, c’est difficile quand on passe son temps les mains dans la terre. Il fait bon, c’est bientôt l’été et je suis en compagnie d’un être délicieux. Que demander de mieux ? Et si pour une fois la vie s’avérait belle ? Aurais-je la force de le croire ?
Dernière modification par Ivanovna Gunnray le 1 avr. 2026, 17:52, modifié 6 fois.
Le lynx et le leipreachán
Le trajet entre le cimetière et le Café du Rosier tenait du rêve fou et cotonneux, quelques minutes auparavant il n'était encore qu'en train de faire une simple promenade, et voilà qu'il marchait, accompagné d'une Dame Blanche - blonde - qui venait de lui annoncer la mort d'une lointaine camarade. Tout cela était bien réel, mais la situation tenait tout de même d'une scène de pièce de théâtre ou le personnage se fait guider par un ange funeste, ou d'un tableau surréaliste où les couleurs se fondent dans les reflets de la lumière que le peintre à posé par touche comme dans un vitrail.
Son accompagnatrice dégage beaucoup de choses qu'Aliosus à du mal à déchiffrer. Il y a d'abord une assurance certaine, parfois, la seule beauté permet à des individus d'avoir cet aplomb, de profiter de ce privilège sachant que le monde autour d'eux sera plus clément à leur égard, mais ici ce n'est pas le cas. Pas qu'elle ne fusse pas belle, c'était l'inverse le plus criant, mais il sentait qu'elle n'était pas de celles qui abusent de cet avantage. L'assurance lui venait d'ailleurs, mais il devait encore découvrir d'où.
Une grâce ensuite, la grâce de son monde, à la fois acquise à force de répétitions infinies, et innée, car acquise si tôt, comme une évidence, sans jamais avoir su qu'une autre façon d'être était possible. Sa manière de s'asseoir, de se mouvoir, il n'avait pourtant pas le souvenir que Circéia possède ces aisances. Cette pensée le ramena brutalement à l'objet de leur rencontre et à l'amertume de n'avoir qu'une poignée de souvenir, dont l'ultime, le plus prégnant, le plus incroyable et le plus tragique.
Elle retira ses gants devant lui, ce geste anodin pour le commun des mortels qui portait tant de signification pour ceux qui en avaient les clés.
Un serveur arriva mais il ne le regarda pas, il regardait Ivanovna, attendant.
Son accompagnatrice dégage beaucoup de choses qu'Aliosus à du mal à déchiffrer. Il y a d'abord une assurance certaine, parfois, la seule beauté permet à des individus d'avoir cet aplomb, de profiter de ce privilège sachant que le monde autour d'eux sera plus clément à leur égard, mais ici ce n'est pas le cas. Pas qu'elle ne fusse pas belle, c'était l'inverse le plus criant, mais il sentait qu'elle n'était pas de celles qui abusent de cet avantage. L'assurance lui venait d'ailleurs, mais il devait encore découvrir d'où.
Une grâce ensuite, la grâce de son monde, à la fois acquise à force de répétitions infinies, et innée, car acquise si tôt, comme une évidence, sans jamais avoir su qu'une autre façon d'être était possible. Sa manière de s'asseoir, de se mouvoir, il n'avait pourtant pas le souvenir que Circéia possède ces aisances. Cette pensée le ramena brutalement à l'objet de leur rencontre et à l'amertume de n'avoir qu'une poignée de souvenir, dont l'ultime, le plus prégnant, le plus incroyable et le plus tragique.
Elle retira ses gants devant lui, ce geste anodin pour le commun des mortels qui portait tant de signification pour ceux qui en avaient les clés.
Un serveur arriva mais il ne le regarda pas, il regardait Ivanovna, attendant.
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Le lynx et le leipreachán
Le silence s’est installé entre nous. Le paradoxe en l’état est qu’il est plus jeune que moi mais il a connu ma sœur, cela en fait à mes yeux un homme plus mûr. Il a vraiment eu l’air blessé d’apprendre sa mort. Ce genre de peine, je n’y suis pas habituée. Je dois… la partager. Elle est encore la mienne. Et le sera demain même si j’ai digéré tout ça. Le serveur nous demande ce que nous voulons.
- Un thé aux agrumes si vous en avez toujours, avec vos délicieux petits gâteaux Spicy Ginger s’il vous plaît.
Monsieur Nerrah complète la commande à sa manière et je patiente un peu ; le temps que nous soyons de nouveau tranquilles pour reprendre une conversation agréable. Il n’est pas dans mes habitudes de m’engager dans une conférence, enfin disons que celle-ci me semble moins futile que bien des propos tenus en ce genre de circonstances. Mais sa manière d’être, élégante, sans aucun empressement me met à l’aise. C’est assez rare pour que je consente un effort. Et au moins ce garçon-là ne me saute-t-il pas dessus comme si j’étais un vulgaire morceau de chair. Je souris, bien qu’il soit toujours difficile de ne pas exagérer. Ne pas laisser planer une impression volage. Merlin… je me sens tellement vulnérable…
- Je viens souvent au café du rosier, leurs petits gâteaux sont une merveille.
Et voilà, péché de gourmandise… je commence en beauté… Mes joues demeurent roses cependant, ni plus ni moins que deux secondes plus tôt. Je pourrais me défendre en disant que c’est l’un de mes rares luxes ici bas mais ce serait déchoir. Je comprends qu’il faut peser chaque mot. Je veux… Il n’est pas question de plaire, je dois seulement être digne de ma maison, je suis une Gunnray !
- Je serais prête à apprendre à cuisiner s’ils voulaient bien me donner leur recette… mais ils sont aussi inflexibles que des aurors.
Je croise mes jambes et me tourne légèrement. « Il ne faut jamais ressembler à une statue ». Nanny savait cuisiner, elle avait aussi tout une série de préceptes structurant le quotidien. En ce genre d’instants où vous êtes seule face à vous-même, ils m’inspirent souvent. Qu’il est difficile de se montrer naturelle, encore plus quand on n’aime simplement pas se montrer. Faire les choses aisément, en donner l’impression même si tout cela relève de l’appris. Quel emprisonnement...
- Mais vous, parlez-moi de vous...
- Un thé aux agrumes si vous en avez toujours, avec vos délicieux petits gâteaux Spicy Ginger s’il vous plaît.
Monsieur Nerrah complète la commande à sa manière et je patiente un peu ; le temps que nous soyons de nouveau tranquilles pour reprendre une conversation agréable. Il n’est pas dans mes habitudes de m’engager dans une conférence, enfin disons que celle-ci me semble moins futile que bien des propos tenus en ce genre de circonstances. Mais sa manière d’être, élégante, sans aucun empressement me met à l’aise. C’est assez rare pour que je consente un effort. Et au moins ce garçon-là ne me saute-t-il pas dessus comme si j’étais un vulgaire morceau de chair. Je souris, bien qu’il soit toujours difficile de ne pas exagérer. Ne pas laisser planer une impression volage. Merlin… je me sens tellement vulnérable…
- Je viens souvent au café du rosier, leurs petits gâteaux sont une merveille.
Et voilà, péché de gourmandise… je commence en beauté… Mes joues demeurent roses cependant, ni plus ni moins que deux secondes plus tôt. Je pourrais me défendre en disant que c’est l’un de mes rares luxes ici bas mais ce serait déchoir. Je comprends qu’il faut peser chaque mot. Je veux… Il n’est pas question de plaire, je dois seulement être digne de ma maison, je suis une Gunnray !
- Je serais prête à apprendre à cuisiner s’ils voulaient bien me donner leur recette… mais ils sont aussi inflexibles que des aurors.
Je croise mes jambes et me tourne légèrement. « Il ne faut jamais ressembler à une statue ». Nanny savait cuisiner, elle avait aussi tout une série de préceptes structurant le quotidien. En ce genre d’instants où vous êtes seule face à vous-même, ils m’inspirent souvent. Qu’il est difficile de se montrer naturelle, encore plus quand on n’aime simplement pas se montrer. Faire les choses aisément, en donner l’impression même si tout cela relève de l’appris. Quel emprisonnement...
- Mais vous, parlez-moi de vous...
Le lynx et le leipreachán
«Un café s'il vous plait, allongé.» , précisa-t-il après une demie seconde d'hésitation. Le temps était encore frais, et la discussion avec Ivanovna avait de grandes chances de durer plus longtemps qu'une simple tasse. Il était pour le moins curieux, il ne savait pas à quoi s'attendre, et certainement pas à une confidence aussi croustillante que celle-ci. Il leva les mains posées sur son genoux et décroisa les jambes, s'adaptant sans y penser au ton plus familier que la conversation prenait.
«Vous ressemblez à ma cousine, un véritable SüßerZahn, un "bec sucré"...» Il considéra que s'étendre sur sa propre préférence du salé, ou le fait de cuisiner plutôt des plats que des gâteaux n'étaient que des sujets incroyablement vains. Elle avait eu la politesse d'entamer la discussion de manière légère mais il savait qu'elle attendait tout autre chose, lui aussi d'ailleurs.
«Que pourrais je vous dire ? Je suis irlandais mais d'ascendance franco-germanique, je suis allé à Serpentard où j'ai rencontré votre sœur et depuis mon diplôme je suis entré à la Grande École de l'Art du Duel, dans la filière Investigation. J'occupe un appartement au Passage de Draiocht et je préfère en général le salé au sucré. Finalement, l'information lui sembla pertinente, dressant un tableau impressionniste à son interlocutrice. Et...» Il n'alla pas plus loin, il avait soudainement pensé parler de son souvenir de Circéia le plus vif, et désormais le plus amer. Mais était-ce seulement décent ?
«Vous ressemblez à ma cousine, un véritable SüßerZahn, un "bec sucré"...» Il considéra que s'étendre sur sa propre préférence du salé, ou le fait de cuisiner plutôt des plats que des gâteaux n'étaient que des sujets incroyablement vains. Elle avait eu la politesse d'entamer la discussion de manière légère mais il savait qu'elle attendait tout autre chose, lui aussi d'ailleurs.
«Que pourrais je vous dire ? Je suis irlandais mais d'ascendance franco-germanique, je suis allé à Serpentard où j'ai rencontré votre sœur et depuis mon diplôme je suis entré à la Grande École de l'Art du Duel, dans la filière Investigation. J'occupe un appartement au Passage de Draiocht et je préfère en général le salé au sucré. Finalement, l'information lui sembla pertinente, dressant un tableau impressionniste à son interlocutrice. Et...» Il n'alla pas plus loin, il avait soudainement pensé parler de son souvenir de Circéia le plus vif, et désormais le plus amer. Mais était-ce seulement décent ?
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Le lynx et le leipreachán
Et leur monde démarra ainsi.
Ellipses, pour savoir l’aigreur d’une caresse déçue, encore faut-il avoir été caressée. Les compliments n’existant pas, point de reproches. Elle boit du petit lait, sans dent contre le bec sucré.
Draoicht, avec un accent improbable elle ne sait où... l’investigation, compagne des dangers, le lynx aperçoit enfin l’entité qu’il redoute, qui la fascine aussi. Les êtres instinctifs perçoivent les odeurs des sous-bois, les comprennent, savent les apprivoiser pour apparaître ou disparaître. Se montrer tel que l’on n’est pas est une maladresse. Avouer ce que l’on est aussi. En somme, ils peuvent s’entendre. Il apprend un art qu’elle a pratiqué à haute dose en Russie. Coeur battant, quel pédigrée !?! Français, allemand, irlandais, Serpentard, tout pour être aimé des anglais… sophistiqués sourires, petits mots, effacer les impressions. Des mots d’elle, études, les billes dans tous les sens, pétillantes, survivantes. Un thé, un café, honneur aux défunts, les bêtises pour donner impression que tout n’est rien. Miettes sur la table, à peine. Illusion. Cheveux au vent, surtout elle, belle à cause de lui.
- Soyons amis grâce à elle voulez-vous ?
Sait-il au moins que dans la bouche d’Ivanovna, si souvent muette, il s’agirait d’un contrat moral inviolable ?
Un instant, un moment. Ou toute l’après-midi, ce n’est que le début, ne partons pas trop vite. C’est un écrivain, prendre le temps de lui parler. Together, forever. Cendres à l’océan.
Ellipses, pour savoir l’aigreur d’une caresse déçue, encore faut-il avoir été caressée. Les compliments n’existant pas, point de reproches. Elle boit du petit lait, sans dent contre le bec sucré.
Draoicht, avec un accent improbable elle ne sait où... l’investigation, compagne des dangers, le lynx aperçoit enfin l’entité qu’il redoute, qui la fascine aussi. Les êtres instinctifs perçoivent les odeurs des sous-bois, les comprennent, savent les apprivoiser pour apparaître ou disparaître. Se montrer tel que l’on n’est pas est une maladresse. Avouer ce que l’on est aussi. En somme, ils peuvent s’entendre. Il apprend un art qu’elle a pratiqué à haute dose en Russie. Coeur battant, quel pédigrée !?! Français, allemand, irlandais, Serpentard, tout pour être aimé des anglais… sophistiqués sourires, petits mots, effacer les impressions. Des mots d’elle, études, les billes dans tous les sens, pétillantes, survivantes. Un thé, un café, honneur aux défunts, les bêtises pour donner impression que tout n’est rien. Miettes sur la table, à peine. Illusion. Cheveux au vent, surtout elle, belle à cause de lui.
- Soyons amis grâce à elle voulez-vous ?
Sait-il au moins que dans la bouche d’Ivanovna, si souvent muette, il s’agirait d’un contrat moral inviolable ?
Un instant, un moment. Ou toute l’après-midi, ce n’est que le début, ne partons pas trop vite. C’est un écrivain, prendre le temps de lui parler. Together, forever. Cendres à l’océan.
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Le lynx et le leipreachán
Quel moment étrangement agréable, surprenamment enthousiasmant, inopinément doux. Était-ce du à la météo favorable, aux caresses discrète d'un soleil timide, au cadre du café entièrement pensé pour mettre à l'aise ses clients et les encourager à paresser le plus longtemps possible pour consommer d'autant, à la personnalité à la fois mystérieuse et ouverte de son interlocutrice, au deuil diffus et confus qui le traversait et qui l'avait amené dans la situation d'être vu avec une inconnue ? Sans doute l'ensemble de toutes ces choses et d'autres encore plus imperceptibles, mises en musique dans un concert réconfortant l'âme.
La brise souffle un peu, il frissonne à peine avant de se réchauffer de son café tandis qu'elle ne fait rien pour combattre les mèches blondes qui s'agitent autour de son visage à la grâce insolente. Quel bien en tire-t-elle de ce moment ? Quel avantage, quelle information ? Ce sont des questions qu'ils se seraient certainement posé en d'autres circonstance, par habitude calculatrice, pesant chaque mot afin de retirer une valeur à minima égale à celle qu'il offrait, et il pouvait beaucoup en offrir, il le savait, et c'est ce qui le rendait prudent.
«Grace à elle, soyons amis.» répondit il à l'audacieuse proposition d'Ivanovna, sentant confusément que ces mots ne seraient pas évanouis dès le lendemain, bien qu'il ne sût à quoi s'attendre non plus. Une amitié se décrétait elle ainsi, sous l'égide d'une disparue ? Intrigante et mystérieuse, Circéia l'avait toujours été, et cette ultime surprise d'outretombe le confirmait, peut être une ultime fois.
La brise souffle un peu, il frissonne à peine avant de se réchauffer de son café tandis qu'elle ne fait rien pour combattre les mèches blondes qui s'agitent autour de son visage à la grâce insolente. Quel bien en tire-t-elle de ce moment ? Quel avantage, quelle information ? Ce sont des questions qu'ils se seraient certainement posé en d'autres circonstance, par habitude calculatrice, pesant chaque mot afin de retirer une valeur à minima égale à celle qu'il offrait, et il pouvait beaucoup en offrir, il le savait, et c'est ce qui le rendait prudent.
«Grace à elle, soyons amis.» répondit il à l'audacieuse proposition d'Ivanovna, sentant confusément que ces mots ne seraient pas évanouis dès le lendemain, bien qu'il ne sût à quoi s'attendre non plus. Une amitié se décrétait elle ainsi, sous l'égide d'une disparue ? Intrigante et mystérieuse, Circéia l'avait toujours été, et cette ultime surprise d'outretombe le confirmait, peut être une ultime fois.
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