20 avr. 2026, 18:45
 Libre  À la recherche de Morgan
La main qui se met sur mon épaule ressemble à une caresse plus qu'autre chose. Comme si j'étais sous l'eau, que mes membres aient besoin d'oxygène, qu'il y a de la matière entre nous. Maintenant que je suis déplacée, je me rends compte des fourmis qui ont envahit mes membres. J'ai encore ce que je viens de voir gravé dans mon esprit. Instinctivement ma main gauche se pose sur mes yeux. Un espoir de cacher cet état. Espoir réduit à néant quand je sens l'humidité qui la prends, quand je me rends compte des râles de mes sanglots. Je m'accroche à la voix de Priddy. Souffler. Inspirer, expirer. Inspirer, expirer. Ravaler ces larmes improductives. Une série de "Désolé, je suis désolée" s'échappe sans cohérence de mes lèvres. Je ne sais pas de quoi je m'excuse. Sûrement de l'affichage de tant d'émotions. Mon impuissance. Ce qu'elle a vécu. Un tout. Un rien. Priddy me lance un sort d'allégresse. Une part de moi veut l'en empêcher, l'idée qu'elle puisse contrôler mes émotions m'étant dérangeante, et l'autre la laisse finalement faire. Tout pour arrêter ce flot de questions, d'états d'âmes, cette série d'excuses qui s'extirpe de moi sans mon consentement. Je ne fais pas encore confiance à mes capacités de communication. Je me contente d'accepter le verre d'eau, d'accepter le chocolat d'un hochement de tête. Je suis une enfant qui se réveille d'un cauchemar. Tout en moi s'échine à écouter ce que la professeure a à dire. Le dominion, une entité, et pas que un lieu.

-"Comment une prison peut avoir une volonté ? Je finis enfin par croasser, ma voix rauque. Je sais d'avance que mes yeux sont rouges, bouffis, fixés sur la pensine. Une part de ma vision est resté là bas, dans ce souvenir. Repassant en boucle le moment où Morgan a décidé de rester. Quand elle a fait un choix qui m'excluait. Qui excluait ma mère. Qui excluait tout ceux pour qui elle comptait. Un choix qui est soi égoïste, soit altruiste, mais pas dans un entre-deux. Je cherche quelque part en moi la force de ne serait-ce que pouvoir la pardonner un jour. Mais à l'instant t, je ne ressens rien de tout ça. La colère continue de gronder, en arrière-plan cette fois. La déception prends de l'ampleur. Je renifle encore sans élégance. Mon souffle est calmé, un calme froid et amer m'envahit. Je continue de hocher la tête reconnaissante. Reconnaissante que la directrice m'accepte dans ce projet, m'inclut dedans. Mes mains pendent mollement sur mes jambes, encore ensanglantées. Je ressens à nouveau la pression au niveau de mes yeux, avec. l'impression que je pourrais passer des jours en boule dans le fond de mon lit à pleurer. Mon corps se fait lourd, je comprends que c'est le contrecoup.

-Merci. De m'avoir montré ça, et pour tout."

Une voix que je déteste souffle qu'elle voulait me montrer qu'on continuerait de m'abandonner. Rien de plus. Que j'étais un repoussoir. Que l'histoire ne cesserait de se répeter. J'aimerais lui demander si tout ça signifiait qu'on ne m'aimait pas, je suis sur le point de le faire avant de me raviser. C'est une pensée enfantine. Une pensée honteuse, égocentrique. Il était plus que probable que le choix de Morgan n'avait rien à voir avec moi. Qu'elle ne m'avait pas accordé une pensée. Mais ça blesse tout autant.

Ça me rassure de voir que Priddy n'a pas non plus les réponses aux questions que je me pose. Je me permet enfin de la détailler. Connait-elle ce sentiment ? Ce vide dans le corps qui se creuse par l'absence d'un proche ? Et puis merde. Après tout ce qu'elle vient de voir, une question idiote de plus n'aggravera pas mon cas.
-"Vous pensez que les gens peuvent partir en nous aimant quand même ?"
Ma mère m'avait dit qu'elle avait disparu pour moi. Parce qu'elle m'aimait. Cette pilule n'était jamais passé. Aimer, c'est rester non ? Mon père lui avait préféré s'enfermer dans l'ignorance de mon existence, qu'il trouvait confortable.

Je ne veux plus jamais me sentir ainsi. Si lessivée, impuissante. Peut-être que je place trop de pouvoirs dans les mains de mes proches. J'aurais dû apprendre la leçon avec Cora et Jonathan. N'attendre rien de personne. Ne pas placer d'espoirs. Toujours se préparer à la disparition. Après tout, avec mon père, à chaque fois je me met une armure. Parce qu'aujourd'hui, il a une famille saine, une femme qui est resté, est moldue comme lui, un enfant qu'il verra grandir, qu'il comprendra. Et que je ne sais toujours pas pourquoi il s'encombre de l'élément perturbateur que je suis.
-"Parce que ce n'est pas la première fois," je murmure pour donner du contexte.

3a88fe-Marrainage
6ème année RP- préfète INRP de Septembre 2047 à Février 2048 et de nouveau à partir du 17 Avril 2051

30 avr. 2026, 22:14
 Libre  À la recherche de Morgan
" Nous ne connaissons pas tout de la magie et nous sommes loin de tout maîtriser. Si les recherches vous intéresse, vous aurez encore bien des chemins à explorer une fois vos études terminées. Il existe des lieux magiques avec une forme de volonté comme vous dites. Poudlard comme le Dominion en font partie. Je ne dirais pas qu'il s'agisse vraiment une volonté propre, je pense que c'est plutôt la magie qui a été lancée, qui a imprégnée les lieux, qui continue à s'exprimer après des siècles et des siècles. C'est honnêtement assez mystérieux mais on ne peut nier certains faits. "

L'adolescente semblait retrouver un peu son souffle et Sarah fit une petite moue à ses remerciements. Elle n'avait malheureusement pas fait grand chose. Au moins, elle avait mis au clair la situation ou du moins, expliqué ce qu'il était possible de savoir. La question qui suivit laissa un instant l'adulte silencieuse bien qu'un sourire doux apparaissait sur son visage. Sans regarder la plus jeune, les yeux perdus dans le vague, elle répondit.

" Oui. On peut partir en aimant. On peut partir en pleurant car sait qu'on laisse une part de soi en le faisant. On peut partir et le regretter amèrement. On peut partir et revenir plus fort et plus aimant encore. Elle posa à nouveau son regard sur la Serdaigle avant de conclure. Il y a des tas de raisons de partir, pas toujours bonnes, pas toujours claires et les personnes qui restent ne sont pas la cause des départs mais bien souvent elles sont la raison du retour. "

Il n'était probablement pas simple d'avoir l'impression de se faire abandonner mais, il fallait garder espoir et continuer à s'autoriser à aimer sans quoi la vie deviendrait bien fade.

" Continuez à croire en ceux que vous aimez. Dites vous que c'est sûrement en partie grâce à vous qu'ils trouveront la force de revenir si un jour ils sont partis. "

Sur ce, Sarah se leva de la banquette, invitant silencieusement la visiteuse à en faire autant. Il était temps de quitter le bureau vide de la directrice.

352 mots
Selon ce que fait Noémie, c'est potentiellement une fin de mon côté.

#343663 -------- absence jusqu'au 6 juin
... ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page.

1 mai 2026, 22:52
 Libre  À la recherche de Morgan
J'accepte avec une joie mesurée les explications. C'est toujours quelque chose qui me fait penser un peu moins à Morgan. À... tout ça. La magie, et ses volontés. J'aimerais prendre les instruments moldus, accélerateur à particules, microscopes et tout le reste pour pouvoir un jour comprendre ce que c'est rééllement. Je continue à essayer de réflechir sur cette lancée, sur l'oisiveté intellectuelle des sorciers, mais bien vite mon regard se détourne vers la pensine. Vers les couloirs suintants du Dominion. Vers l'idée qu'il est plus que probable que je n'arrive pas à rentrer dedans, à en trouver la localisation. Que je suis condamnée à attendre. Sans aucune garantie. Que peut-être qu'à quarante ans j'attendrai encore, parce que jamais l'idée que ma marraine soit définitivement perdue ne me semblera plausible.

Selon Priddy, partir et aimer ne sont pas inconciliables. J'aimerais la croire. Je lui ai posé la question pour la croire. Alors pourquoi les mots qu'elle prononce me poignardent le corps ? Pourquoi ils sonnent si faux ? Parce que Morgan est restée là bas. Parce que je n'arrive pas à dire si elle n'a juste pas réflechi, et donc que ça indique que je ne suis pas si importante pour elle. Ou si elle a pensé à moi, et à décreté que j'étais moins importante que... Que quoi ? Des couloirs emplis d'êtres malveillants ? Une directrice qu'elle ne connait pas ? Une envie de comprendre ce lieu ? Est ce que la balance fonctionne vraiment ainsi ? Est-elle sincèrement juste ? Je restreins mes bras, qui voudraient se fourrer dans mes cheveux, tirer légèrement dessus pour m'assurer que je reste dans le réél tandis que j'essaye de comprendre cette énigme insoluble. C'est bête. C'est bête parce que la seule raison que je trouve pour contrôler mon corps, c'est que je ne veux pas mettre de sang dans mes cheveux, que je les ai lavé la veille. C'est absurde.

J'aimerais lui demander si être la raison d'un retour impliquait un devoir de pardon. J'ai beaucoup trop pardonné avant. Et l'histoire recommence. Je suis fatiguée de chercher la force pour cet acte, sans retours. Si l'univers était juste, les religions réélles, j'aurais dû être recompensée des pardons que j'ai donné sans un mot à mes parents. Mais l'univers s'en fout de cette même balance. La balance n'est pas aveugle, elle est biaisée. Alors non, je ne trouve pas en moi une cellule qui soit prête à pardonner Morgan. J'en trouve plein qui veulent revenir sur ceux que j'ai donnés avant, les reprendre, parce qu'un effort mérite une retributions, et que si le contrat n'est pas rempli, je ne vois pas pourquoi je continuerais à respecter ma part.

La discussion était de toute évidence finie quand la professeure se leva. Je suivais son mouvement, mes yeux fixés sur mes pieds, leurs mouvements sur les pierres. Je n'avais aucune envie de croiser son regard.

-Je vous enverrais un hibou si je pense à des pistes."

Fin pour moi aussi ! Merci pour ce RP riche en émotions, c'était un plaisir. Considère que très régulièrement, Sarah reçoit un hibou avec différentes pistes (plus ou moins farfelus). (La pauvre Sarah qui se fait harceler par les proches de Morgan).

3a88fe-Marrainage
6ème année RP- préfète INRP de Septembre 2047 à Février 2048 et de nouveau à partir du 17 Avril 2051