Deux noms sur la même porte

30 Juillet 2050
Nous sommes enfin réunis, et nous ne seront plus jamais séparés.
Voilà les songes d’une jeune sorcière qui, pour la première fois depuis près de cinq années, avait la conviction que plus rien ne lui arracherait son cousin.
Dans le confort d’un petit restaurant londonien, les deux sorciers s’étaient retrouvés pour parler de leur vie ensemble.
Ensemble.
Ce mot résonnait en Alice, rebondissait dans sa poitrine pour se mêler aux battements de son cœur. L’euphorie qu’elle ressentait était silencieuse, mais pétillait dans le fond de ses yeux gris.
Aliosus et Alice allaient vivre ensemble. Rien que tout les deux. Ensemble.
Dés Septembre, ils intégreraient la prestigieuse Grande École de l’Art du Duel. Leurs candidatures avaient été envoyé, ne restaient plus qu’à attendre. Mais attendre dans le vide ne ressemblait ni à l’un, ni à l’autre. Alice était convaincue qu’elle serait acceptée. Son bulletin était excellent. Et sa lettre de motivation ? Parfaite.
Alors, fils Nerrah et fille Sangblanc s’étaient lancé dans la recherche de l’appartement idéal. Leur premier appartement.
Le premier espace à eux, un lieu qu’aucune tragédie familiale ne viendrait souiller.
Alice n’était pas naïve, et savait qu’ils ne pourraient point de permettre d’investir dans un manoir… quand bien même elle en avait un à sa disposition. Aliosus n’en avait pas connaissance, et il fallait que cela reste ainsi. Ce manoir verrait bien évoluer quelque chose, mais il ne s’agirait pas de ces deux jeunes adultes.
Ils avaient arpenté les villes et villages sorciers en quête de leur chez eux. De nombreux appartements avaient été visités. Certains avaient été balayé d’un simple regard, d’autres avaient été observé de fond en comble. Alice avait imaginé des scènes de vies dans chaque pièce. Et si l’une lui était désagréables ? Elle quittait l’appartement et le rayait de sa mémoire.
Certains, en revanche, lui firent bonne impression. Peu, en réalité.
Alice ne se considérait pas comme quelqu’un de capricieuse, mais d’exigeante. Ce n’était pas un défaut, mais une nécessité absolue. Pourquoi devrait-elle se contenter de quoi que ce soit si elle pouvait obtenir l’excellence ? Un premier appartement, ce n’était pas quelque chose d’anodin. Il devait être parfait. Aliosus et Alice le méritaient.
Ils méritaient les carreaux impeccables, la lumière parfaite dans la cuisine, l’odeur rassurante du vieux parquet.
Aliosus et Alice mériteraient de se créer des souvenirs merveilleux. Des centaines, des milliers de souvenirs. Pour tout ceux qu’ils leur avaient volés lorsqu’ils étaient enfants.
Mais aujourd’hui, Alice ne songerait pas au passé. Le cousin qui se tenait assis devant elle aujourd’hui n’était pas un enfant, pas plus qu’elle. Ils auraient tout loisir de les laisser s’exprimer et se retrouver plus tard, dans le confort d’un nid choisi à deux.
« Très honnêtement, mon sang… j’ignore si ma préférence va à cet appartement dans le…. Passage de Draíocht…? Ou bien celui de Brislean. Les deux ont leurs avantages pour tout autant d’inconvénient. Tiens, par exemple : je suis persuadée que le Passage de Draíocht… je ne suis pas même sûre de le prononcer correctement. Je disais donc… il y a fort à parier que la présence d’un cours d’eau en plein milieu de la ville apporte son lot de nuisances olfactives. Quant à Brislean, m’est d’avis que les escaliers ont eu raison du locataire précédant. »
Alice replaça correctement sa longue tresse blanche d’un ample mais délicat roulement de son épaule, avant de récupérer l’une de ses jolies petites bouchées aux légumes. Ses gestes étaient gracieux, comme si chaque mouvement devait honorer l’instant.
Ce restaurant ne valait pas ceux de Paris, mais Alice s’en accommoderait bien volontiers tant que son cousin-aimé était à ses coté. Par sa seule présence, Aliosus aurait rendu fréquentable n’importe quel boui-boui gallois.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Deux noms sur la même porte
Alice et moi cherchons un appartement où vivre pendant nos études à la Grande École de l'Art du Duel.
C'était une phrase simple et compréhensible, mais elle avait tant et tant tourné dans la tête du jeune homme qu'elle avait perdu tout le sens qu'elle était sensé contenir, comme ces mots utilisés depuis des dizaines d'années, répétés des milliers de fois et qui soudain apparaissent nouveaux à l'esprit, étranger, saugrenus. "Non ça ne peut pas s'écrire comme ça ? Ça sonne bien trop étrange, quelque chose cloche, quelque chose ne va pas." Il en était arrivé à ce stade. Rien n'allait dans cette phrase.
Alice et moi.
Pour commencer, ce postulat n'allait certainement pas de soi, Alice et moi, depuis sept ans cette associations de mots n'avait signifié qu'une série de malheurs entrecoupés de bref moments de joie. Combien de temps avait-ce été "Alice et moi" depuis sept ans ? A peine plus d'un an cumulé peut être, et encore... Alice et moi, c'était plus un vœux pieu, une idée, un idéal, un rêve, qui ne se concrétisait qu'en de rares moments aussi fugaces que précieux.
Cherchons un appartement où vivre.
Démarche curieuse de la part de jeunes adultes issus de familles on ne peut mieux placées dans la société de Grande Bretagne. Dans un monde fait de voyages instantanés, que signifiait donc une recherche d'appartement ? A quoi bon choisir de s'enfermer dans un lieu aussi exigu que celui qu'ils pourraient à peine se permettre de louer avec leurs maigres économies propres au lieu de bénéficier des demeures familiales ? Les Nerrah auraient été si ouverts à la présence, à l'année, de leur nièce à Godric's Hollow, Alice aurait ravivé les sourires de son oncle, autrefois si courant, ils se faisaient petit à petit plus rares, quant à sa tante, elle n'aurait plus touché le sol pendant des jours à force de danser de joie à la vue de la chevelure blanche arpentant les couloirs de sa maison. Mais ces considérations ne les avaient pas retenus, peut être ne les avaient elles pas effleurés, et Magnus et Willow n'auraient jamais osé les évoquer. Alice et lui avaient décidé de ne pas se faciliter la tâche avec cet appartement, pour mieux réussir à reconstruire une relation aussi fusionnelle que déchirée, d'une façon qui n'appartiendrait qu'à eux, avec leurs choix, leurs erreurs, et leurs apprentissages.
Pendant nos études à la Grande École de l'Art du Duel.
Après sept années passées à Poudlard, l'idée même de quitter le château semblait trop insensée, même après qu'elle se soit réalisée. Septembre, et sa rentrée dans un nouveau lieu, serait le moment, sans doute, où se concrétiserait toute cette perte. L'odeur du parc, le Saule cogneur au printemps, le robinet d'argent de la salle de bain, la voix juvénile de ses camarades de dortoirs, ces escaliers traitres qui l'avaient tant fait pester, ces murs, ces torches, ces armures, ces ogives, ces linteaux, ces silhouettes, ces professeurs... Sept ans à apprivoiser un lieu. Un fauteuil de salle commune qui les avaient accueilli, Irisia et lui, depuis cette première nuit au château où ils n'étaient que deux enfants perdus à minuit et jusqu'à ces disputes, de stupides disputes pour des raisons trop adultes pour eux qu'il regrettait amèrement. Le banc de tribune de Quidditch où une main pâle l'avait invité à prendre place, sans savoir qu'elle provoquerait une avalanche terrible d'événement aussi viscéraux que précieux. Un lit dans lequel il avait autant pleuré de désespoir que passé des nuits sans dormir, trop euphorique d'amour. Un couloir anonyme où deux Poufsouffle l'avaient fait tomber par terre. Un slow tendre et discret, un soir de réveillon, dans la salle commune, où l'évidence s'était enfin frayée un chemin à son cerveau. Les occasions manquées, les espoirs, déçus, les surprises délicieuse, les éclats de rires.
Clarée, Rufus, Elladora, Thaléa, Kevin, Jenny, Andrew, Julia Lili, Panthéa... Où étiez vous donc passés ?
Hannah Lyse, Ennis, Ruby, Kelly, Lili, Alienor, Deryn... Vous semblez déjà si loin.
Eileen, Cannelle, Orphéa, Garrett, Lydia, Eider, Mélissandre... Qu'aurai-je bien pu vous dire de plus ?
Lavinia, Alizée, Dorra, Oxy... Quelle image vous laisserai-je ?
Leo, Edmund, Felicia, Megan, Jenna, Lumah, Celia, Cinead, Harriet, Ethan, Anathema , Azaël, Siam, Isaac, Ebony, Sybil, Alexei, Galvane, Hestia, Gabryel, Arya... Membres de la promotion 2043, vous reverrai-je un jour bientôt ?
Miss Kwon, Perkins, Xarinez, Valerion, Messieurs Lynch, Mason, Miss Bergsturm, O'Sullivan, Crane, Holloway, Priddy, Montmort, Monsieur Saunders, Featherstone et tous les autres encore... Merci pour tout.
Aelle, Adaline... vous, vous savez, savamment.
«Dree-ukht» répondit-il machinalement. Il avait entendu le mot prononcé par Alice et la prononciation du mot irlandais avait réussi à s'imposer à son esprit, puis à sa gorge et enfin a sa bouche, perçant la brume de souvenirs et de visages qui semblaient déjà s'effacer. Le présent avait reprit le dessus sur le passé. Désormais il faudrait qu'il en soit ainsi, pour vivre.
«Cela se prononce Dree-ukht, cela veut dire Magie, tout simplement... Il laissa la phrase en suspens. Excuse moi, je me rend compte que... je crois que j'ai encore un peu de mal a réaliser ce qui se passe.»
RP garantis 0% IA et 100% humain
C'était une phrase simple et compréhensible, mais elle avait tant et tant tourné dans la tête du jeune homme qu'elle avait perdu tout le sens qu'elle était sensé contenir, comme ces mots utilisés depuis des dizaines d'années, répétés des milliers de fois et qui soudain apparaissent nouveaux à l'esprit, étranger, saugrenus. "Non ça ne peut pas s'écrire comme ça ? Ça sonne bien trop étrange, quelque chose cloche, quelque chose ne va pas." Il en était arrivé à ce stade. Rien n'allait dans cette phrase.
Alice et moi.
Pour commencer, ce postulat n'allait certainement pas de soi, Alice et moi, depuis sept ans cette associations de mots n'avait signifié qu'une série de malheurs entrecoupés de bref moments de joie. Combien de temps avait-ce été "Alice et moi" depuis sept ans ? A peine plus d'un an cumulé peut être, et encore... Alice et moi, c'était plus un vœux pieu, une idée, un idéal, un rêve, qui ne se concrétisait qu'en de rares moments aussi fugaces que précieux.
Cherchons un appartement où vivre.
Démarche curieuse de la part de jeunes adultes issus de familles on ne peut mieux placées dans la société de Grande Bretagne. Dans un monde fait de voyages instantanés, que signifiait donc une recherche d'appartement ? A quoi bon choisir de s'enfermer dans un lieu aussi exigu que celui qu'ils pourraient à peine se permettre de louer avec leurs maigres économies propres au lieu de bénéficier des demeures familiales ? Les Nerrah auraient été si ouverts à la présence, à l'année, de leur nièce à Godric's Hollow, Alice aurait ravivé les sourires de son oncle, autrefois si courant, ils se faisaient petit à petit plus rares, quant à sa tante, elle n'aurait plus touché le sol pendant des jours à force de danser de joie à la vue de la chevelure blanche arpentant les couloirs de sa maison. Mais ces considérations ne les avaient pas retenus, peut être ne les avaient elles pas effleurés, et Magnus et Willow n'auraient jamais osé les évoquer. Alice et lui avaient décidé de ne pas se faciliter la tâche avec cet appartement, pour mieux réussir à reconstruire une relation aussi fusionnelle que déchirée, d'une façon qui n'appartiendrait qu'à eux, avec leurs choix, leurs erreurs, et leurs apprentissages.
Pendant nos études à la Grande École de l'Art du Duel.
Après sept années passées à Poudlard, l'idée même de quitter le château semblait trop insensée, même après qu'elle se soit réalisée. Septembre, et sa rentrée dans un nouveau lieu, serait le moment, sans doute, où se concrétiserait toute cette perte. L'odeur du parc, le Saule cogneur au printemps, le robinet d'argent de la salle de bain, la voix juvénile de ses camarades de dortoirs, ces escaliers traitres qui l'avaient tant fait pester, ces murs, ces torches, ces armures, ces ogives, ces linteaux, ces silhouettes, ces professeurs... Sept ans à apprivoiser un lieu. Un fauteuil de salle commune qui les avaient accueilli, Irisia et lui, depuis cette première nuit au château où ils n'étaient que deux enfants perdus à minuit et jusqu'à ces disputes, de stupides disputes pour des raisons trop adultes pour eux qu'il regrettait amèrement. Le banc de tribune de Quidditch où une main pâle l'avait invité à prendre place, sans savoir qu'elle provoquerait une avalanche terrible d'événement aussi viscéraux que précieux. Un lit dans lequel il avait autant pleuré de désespoir que passé des nuits sans dormir, trop euphorique d'amour. Un couloir anonyme où deux Poufsouffle l'avaient fait tomber par terre. Un slow tendre et discret, un soir de réveillon, dans la salle commune, où l'évidence s'était enfin frayée un chemin à son cerveau. Les occasions manquées, les espoirs, déçus, les surprises délicieuse, les éclats de rires.
Clarée, Rufus, Elladora, Thaléa, Kevin, Jenny, Andrew, Julia Lili, Panthéa... Où étiez vous donc passés ?
Hannah Lyse, Ennis, Ruby, Kelly, Lili, Alienor, Deryn... Vous semblez déjà si loin.
Eileen, Cannelle, Orphéa, Garrett, Lydia, Eider, Mélissandre... Qu'aurai-je bien pu vous dire de plus ?
Lavinia, Alizée, Dorra, Oxy... Quelle image vous laisserai-je ?
Leo, Edmund, Felicia, Megan, Jenna, Lumah, Celia, Cinead, Harriet, Ethan, Anathema , Azaël, Siam, Isaac, Ebony, Sybil, Alexei, Galvane, Hestia, Gabryel, Arya... Membres de la promotion 2043, vous reverrai-je un jour bientôt ?
Miss Kwon, Perkins, Xarinez, Valerion, Messieurs Lynch, Mason, Miss Bergsturm, O'Sullivan, Crane, Holloway, Priddy, Montmort, Monsieur Saunders, Featherstone et tous les autres encore... Merci pour tout.
Aelle, Adaline... vous, vous savez, savamment.
«Dree-ukht» répondit-il machinalement. Il avait entendu le mot prononcé par Alice et la prononciation du mot irlandais avait réussi à s'imposer à son esprit, puis à sa gorge et enfin a sa bouche, perçant la brume de souvenirs et de visages qui semblaient déjà s'effacer. Le présent avait reprit le dessus sur le passé. Désormais il faudrait qu'il en soit ainsi, pour vivre.
«Cela se prononce Dree-ukht, cela veut dire Magie, tout simplement... Il laissa la phrase en suspens. Excuse moi, je me rend compte que... je crois que j'ai encore un peu de mal a réaliser ce qui se passe.»
Dernière modification par Aliosus Nerrah le 27 juin 2026, 00:31, modifié 1 fois.
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Deux noms sur la même porte
« Dree-ukch », répéta Alice avec toute la maladresse d’une jeune femme coincée entre deux langues s’essayant à une autre. Elle goûta le mot, persuadée de ne pas parvenir à capter toutes ses sonorités. Circée, était-ce sage de vivre dans une ville dont elle ne savait comment prononcer le nom ?
Alice contempla Aliosus pendant de longues secondes, touchée par son aveu. Il était perdu, n’est-ce pas ? Encore incapable de comprendre qu’un nouveau livre venait de s’ouvrir rien que pour eux, qu’il n’attendait que leurs deux mains pour s’écrire.
Elle sourit, attendrie et heureuse. Que ne donnerait-elle pas pour immortaliser à jamais le visage de son cousin tant aimé, dans ce restaurant, lui livrant ses difficultés à imaginer un avenir qui leur appartenait. A eux. Rien qu’à eux.
« Il me semble que c’est tout à fait normal. »
Droite sur sa chaise, Alice glissa sa main sur la table, cherchant à rejoindre celle d’Aliosus. Elle avait besoin de le sentir, de lui montrer que tout cela était réel. Que, désormais, plus rien ne saurait les séparer.
L’ombre d’un mais grandit dans le dos de ses certitudes, Alice l’envoya paître d’un sourire plus grand. Plus affirmé. Se mentir était devenu si simple.
« Il n’y aura plus que nous, mon sang. Rien que toi, et moi, sous le même toit. A partager les mêmes repas, la même école. Après sept années à vivre les mêmes journées, il est difficile d’envisager en vivre d’autres… mais nous serons ensemble pour cela. J’en conviens, ce changement est brutal. Nous voilà au crépuscule d’une nouvelle vie à laquelle nous n’avons jamais été préparée. »
Alice se pencha un peu en avant, ses yeux braqués sur ceux de son cousin. Sa natte coula naturellement le long de sa poitrine, jusqu’à effleurer la table de ses pointes blanches.
« Et je suis heureuse de partager cette nouvelle vie avec toi, mon sang. Je n’aurai pas pu rêver meilleur partenaire. »
La décence forçait ses lèvres à garder un sourire poli, quand bien même ses masséters luttaient pour en exposer un grand, un de ceux qui font bien plus de bruits qu’un cri de joie, qui réchauffent bien plus qu’un brasier.
Alice était heureuse. Si heureuse qu’elle ne ressentait nul sentiment d’appréhension, de doute ou de terreur à l’idée de débuter une nouvelle vie loin de sa famille, loin de son école, loin de ses repères.
Le plus précieux d’entre tous était juste en face d’elle.
Alice contempla Aliosus pendant de longues secondes, touchée par son aveu. Il était perdu, n’est-ce pas ? Encore incapable de comprendre qu’un nouveau livre venait de s’ouvrir rien que pour eux, qu’il n’attendait que leurs deux mains pour s’écrire.
Elle sourit, attendrie et heureuse. Que ne donnerait-elle pas pour immortaliser à jamais le visage de son cousin tant aimé, dans ce restaurant, lui livrant ses difficultés à imaginer un avenir qui leur appartenait. A eux. Rien qu’à eux.
« Il me semble que c’est tout à fait normal. »
Droite sur sa chaise, Alice glissa sa main sur la table, cherchant à rejoindre celle d’Aliosus. Elle avait besoin de le sentir, de lui montrer que tout cela était réel. Que, désormais, plus rien ne saurait les séparer.
L’ombre d’un mais grandit dans le dos de ses certitudes, Alice l’envoya paître d’un sourire plus grand. Plus affirmé. Se mentir était devenu si simple.
« Il n’y aura plus que nous, mon sang. Rien que toi, et moi, sous le même toit. A partager les mêmes repas, la même école. Après sept années à vivre les mêmes journées, il est difficile d’envisager en vivre d’autres… mais nous serons ensemble pour cela. J’en conviens, ce changement est brutal. Nous voilà au crépuscule d’une nouvelle vie à laquelle nous n’avons jamais été préparée. »
Alice se pencha un peu en avant, ses yeux braqués sur ceux de son cousin. Sa natte coula naturellement le long de sa poitrine, jusqu’à effleurer la table de ses pointes blanches.
« Et je suis heureuse de partager cette nouvelle vie avec toi, mon sang. Je n’aurai pas pu rêver meilleur partenaire. »
La décence forçait ses lèvres à garder un sourire poli, quand bien même ses masséters luttaient pour en exposer un grand, un de ceux qui font bien plus de bruits qu’un cri de joie, qui réchauffent bien plus qu’un brasier.
Alice était heureuse. Si heureuse qu’elle ne ressentait nul sentiment d’appréhension, de doute ou de terreur à l’idée de débuter une nouvelle vie loin de sa famille, loin de son école, loin de ses repères.
Le plus précieux d’entre tous était juste en face d’elle.
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Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
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Par tous les Dieux, qu'elle semblait dubitative sa cousine lorsqu'elle tentait de prononcer de l'irlandais, elle ne s'en sortait pourtant pas si mal, avoir vécu son enfance à Limerick vous aidait forcément à vous forger une oreille instinctive pour cet accent, quand bien même ni votre père ni votre mère ne sache prononcer un seul mot de gaélique. Reportant son attention sur ce qui lui semblait apparemment plus important, le jeune homme blond bien coiffé en face d'elle, elle lui offrit sa compréhension, ponctué de ce geste discret et intime, invitant sa main au contact de la sienne.
S'il était parfois plus butor qu'il ne le paraissait, ce n'était toutefois heureusement pas le cas en cet instant, c'est bien enchanté qu'il reçu l'offre de sa cousine et qu'il fit glisser les doigts fins dans sa paume large en refermant son pouce sur le dos de la main délicate. Une caresse, douce, puis un raffermissement net pendant que son cœur s'affolait des informations envoyées par son cerveau. Ce toucher était réel, cette peau contre la sienne était bien celle qui lui avait tant manqué, et mieux que tout, cet instant ne s'inscrivait pas dans un nouveau drame, dans une nouvelle déchirure. Dix huit ans de malédiction allait prendre fin, et Alice sentit sûrement le léger tremblement de la main d'Aliosus lorsque son esprit commença à lui rappeler que la dernière fois c'est aussi ce qu'il avait pensé. Il la relâcha doucement pour éviter que cette trahison de son corps ne fut trop explicite.
Il sourit, bercé par la voix et par les mots plus doux que ceux que le plus merveilleux des rêves avec elle n'aurait pu lui apporter. Ses immenses yeux gris le fixaient d'encore plus prêt et sa tresse manqua de renverser un verre, quelle importance ? Savait-elle à quel point il tenait à elle ? Se doutaient ils chacun du vertige de sentiments qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre ?
«Je suis ravi aussi...» il revenait mot après mot à la réalité de ce restaurant, les sons des couverts, les bruissements de conversation, les odeurs des plats, le confort de sa chaise, tout revint peu à peu.
«Encore faut il que nous ayons un endroit ou vivre cette nouvelle vie. C'est vrai que les escaliers de l'appartement de Brislean arriveraient presque à me faire regretter ceux de Poudlard... Mais au passage de Draíocht, l'eau, tu s... Non elle ne savait pas, la demeure de mes parents à Godric's Hollow est sise sur la Promenade des Sirènes, le long de la Towy, et nous n'avons jamais eu à nous plaindre d'aucune nuisance particulière, encore que cela peu définitivement rafraîchir l'air...»
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S'il était parfois plus butor qu'il ne le paraissait, ce n'était toutefois heureusement pas le cas en cet instant, c'est bien enchanté qu'il reçu l'offre de sa cousine et qu'il fit glisser les doigts fins dans sa paume large en refermant son pouce sur le dos de la main délicate. Une caresse, douce, puis un raffermissement net pendant que son cœur s'affolait des informations envoyées par son cerveau. Ce toucher était réel, cette peau contre la sienne était bien celle qui lui avait tant manqué, et mieux que tout, cet instant ne s'inscrivait pas dans un nouveau drame, dans une nouvelle déchirure. Dix huit ans de malédiction allait prendre fin, et Alice sentit sûrement le léger tremblement de la main d'Aliosus lorsque son esprit commença à lui rappeler que la dernière fois c'est aussi ce qu'il avait pensé. Il la relâcha doucement pour éviter que cette trahison de son corps ne fut trop explicite.
Il sourit, bercé par la voix et par les mots plus doux que ceux que le plus merveilleux des rêves avec elle n'aurait pu lui apporter. Ses immenses yeux gris le fixaient d'encore plus prêt et sa tresse manqua de renverser un verre, quelle importance ? Savait-elle à quel point il tenait à elle ? Se doutaient ils chacun du vertige de sentiments qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre ?
«Je suis ravi aussi...» il revenait mot après mot à la réalité de ce restaurant, les sons des couverts, les bruissements de conversation, les odeurs des plats, le confort de sa chaise, tout revint peu à peu.
«Encore faut il que nous ayons un endroit ou vivre cette nouvelle vie. C'est vrai que les escaliers de l'appartement de Brislean arriveraient presque à me faire regretter ceux de Poudlard... Mais au passage de Draíocht, l'eau, tu s... Non elle ne savait pas, la demeure de mes parents à Godric's Hollow est sise sur la Promenade des Sirènes, le long de la Towy, et nous n'avons jamais eu à nous plaindre d'aucune nuisance particulière, encore que cela peu définitivement rafraîchir l'air...»
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Le contact des doigts d’Aliosus sur les soins provoqua en Alice un sentiment de bien être grisant. Elle sentait tout, comme si c’était son coeur qu’elle tenait dans sa paume. Ses doutes, ses peurs, ses espoirs, ses fardeaux, tout était là, dans chaque veine, dans chaque callosité. Tout était sien, désormais, et jusqu’à la fin des temps. Alice prendrait ses doutes et les métamorphoserait en foi, elle étranglerait ses peurs, elle porterait ses espoirs autant que ses fardeaux. Il en ferait de même, n’est-ce pas ?
… n’est-ce pas ?
Alice doutait-elle ? Alice avait-elle peur ? Avait-elle des espoirs ? Des fardeaux… eux, étaient légions. Les porterait-il ?
Lui laisserait-elle seulement voir leur silhouette ? Celle du Concilium, de Jacob, de Père, d’Oncle Kenneth ? Celles des Nerrah ?
Alice déglutit dans le sourire que lui inspira celui de son cousin. Il était pour elle. Rien que pour elle. Comme tout les autres à venir.
C’était à cela qu’il fallait songer. Pas aux fardeaux.
Elle écouta paisiblement la voix d’Aliosus comme si il s’agissait d’une mélodie complexe mais ô combien agréable à ses oreilles mélomaniaques. Il chantait l’espoir pour leur vie à venir, la complexité du choix de leur appartement, la teinte assombrie d’un appartement qu’elle n’avait jamais foulé, la caresse de l’air de là Towy. Alice comprenait le sous texte, et sourit d’un air coquin, son pouce effleurant la courbure de sa paume.
« Alors ce sera le Passage de … » Un rire lui échappa, son regard se levant au plafond. « Tu vas devoir me donner des cours de langue irlandaise, mon sang. Sans quoi, je finirai par me ridiculiser à chaque fois qu’il me faudra annoncer où nous résidons. »
Sans jamais se déparer de son sourire, Alice se pencha en avant en soulevant leurs mains. Elle déposa un baiser sur les doigts d’Aliosus, là où l’anneau d’or qu’elle lui avait offert pour ses dix-huit printemps se trouvait. Ses lèvres contre le métal, elle referma lentement ses paupières.
… n’est-ce pas ?
Alice doutait-elle ? Alice avait-elle peur ? Avait-elle des espoirs ? Des fardeaux… eux, étaient légions. Les porterait-il ?
Lui laisserait-elle seulement voir leur silhouette ? Celle du Concilium, de Jacob, de Père, d’Oncle Kenneth ? Celles des Nerrah ?
Alice déglutit dans le sourire que lui inspira celui de son cousin. Il était pour elle. Rien que pour elle. Comme tout les autres à venir.
C’était à cela qu’il fallait songer. Pas aux fardeaux.
Elle écouta paisiblement la voix d’Aliosus comme si il s’agissait d’une mélodie complexe mais ô combien agréable à ses oreilles mélomaniaques. Il chantait l’espoir pour leur vie à venir, la complexité du choix de leur appartement, la teinte assombrie d’un appartement qu’elle n’avait jamais foulé, la caresse de l’air de là Towy. Alice comprenait le sous texte, et sourit d’un air coquin, son pouce effleurant la courbure de sa paume.
« Alors ce sera le Passage de … » Un rire lui échappa, son regard se levant au plafond. « Tu vas devoir me donner des cours de langue irlandaise, mon sang. Sans quoi, je finirai par me ridiculiser à chaque fois qu’il me faudra annoncer où nous résidons. »
Sans jamais se déparer de son sourire, Alice se pencha en avant en soulevant leurs mains. Elle déposa un baiser sur les doigts d’Aliosus, là où l’anneau d’or qu’elle lui avait offert pour ses dix-huit printemps se trouvait. Ses lèvres contre le métal, elle referma lentement ses paupières.
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Ainsi c'était décidé, ainsi, ensemble, ils prenaient la première décision concrète et commune de leur avenir. Le Passage de Draíocht serait leur lieu de résidence, cet appartement sur deux niveaux, cette porte en bois un brin fatigué, le beau parquet craquant de la pièce principale, cette cuisine étroite mais bien fournie, ce bow-window donnant en contrebas de la rue, cet escalier tournant vers le palier qui desservait deux chambres et une salle de bain. Gott in Himmel, il allait falloir se partager la salle de bain... Et pas que ça, les courses de ravitaillement, le ménage, la cuisine... Ce n'était pourtant pas une découverte mais le fait d'acter un choix ancrait ses implications dans le réel, plus que toute réflexion qu'il avait pu avoir auparavant, y compris lors des visites.
Ce saut dans l'inconnu, il le savait, il le faisait avec la plus grande des confiances. Alice était tout l'inverse de l'inconnu, c'était une familiarité intime et viscérale, une compréhension naturelle et douce, à eux deux, ils sauraient bien comment se sortir des vicissitudes de la vie adulte.
Le baiser qu'elle posa comme pour sceller un Pacte sur l'anneau qu'elle lui avait elle même offert avait le goût d'un rituel païen de Willow, quelque chose qui impliquait le sang, la fidélité et l'amour. Cela le combla tout en faisait naître une parcelle d'inquiétude sourde encore indécelable en lui, qui saurait se nourrir de ses doutes et de ses craintes s'il devait en connaître dans les prochains mois.
«Ce sera à prévoir oui, il ne faudrait pas qu'Alice Sangblanc, diplômée de Beauxbâtons, première année à la Grande École de l'Art du Duel, ne sache prononcer le mot...»
Il laissa volontairement sa phrase en suspens en la regardant pour voir si elle allait de nouveau se risquer au gaellique.
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Ce saut dans l'inconnu, il le savait, il le faisait avec la plus grande des confiances. Alice était tout l'inverse de l'inconnu, c'était une familiarité intime et viscérale, une compréhension naturelle et douce, à eux deux, ils sauraient bien comment se sortir des vicissitudes de la vie adulte.
Le baiser qu'elle posa comme pour sceller un Pacte sur l'anneau qu'elle lui avait elle même offert avait le goût d'un rituel païen de Willow, quelque chose qui impliquait le sang, la fidélité et l'amour. Cela le combla tout en faisait naître une parcelle d'inquiétude sourde encore indécelable en lui, qui saurait se nourrir de ses doutes et de ses craintes s'il devait en connaître dans les prochains mois.
«Ce sera à prévoir oui, il ne faudrait pas qu'Alice Sangblanc, diplômée de Beauxbâtons, première année à la Grande École de l'Art du Duel, ne sache prononcer le mot...»
Il laissa volontairement sa phrase en suspens en la regardant pour voir si elle allait de nouveau se risquer au gaellique.
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Deux noms sur la même porte
Durant deux années au minimum, Alice vivrait avec son cousin, son tendre, son merveilleux, son si précieux cousin. Elle n’aurait su expliquer avec des mots pourquoi cela pouvait la ravir autant, elle qui n’aspirait qu’à la tranquillité et la solitude. Avec Aliosus, les choses étaient naturellement différentes. Comme si ensemble, ils ne formaient qu’un seul corps pour une seule âme.
Alice aurait aimé pouvoir lui dire tout ce que son cœur portait en lui. Ses espoirs et ses peurs, son amour et ses doutes, sa fidélité et ses mensonges. Elle voulait que son cousin sache tout, que jamais il n’apprenne tout cela par lui même. Elle voulait, ô Circée, ce qu’elle voulait que rien ne puisse jamais entacher leur nouvelle vie ensemble. La seule qui comptait.
Ses lèvres quittèrent l’anneau d’Aliosus avec une seconde de retard. Ses yeux vinrent trouver les siens. Ce beau regard bleu comme l’océan, ses cheveux blonds comme les champs de blés, cette peau pâle. Et surtout, ce sang, le sien, le leur, bouillonnant dans ses veines. Lui aussi, le sentait-il pulser plus fort encore lorsqu’ils étaient ensemble ? Ressentait-il ce besoin viscéral de presser son cœur contre le sien pour les entendre chanter ensemble ? Grands Ancêtres, que n’aurait-elle pas donné pour faire disparaître tout les gueux autour d’eux pour s’élancer contre Aliosus et le serrer fort, fort, si fort contre lui. Elle lui aurait murmuré des mots inconvenants, comme des ne me quitte plus jamais, j’ai besoin de toi, pardonne moi.
Alice n’en fera rien. Jamais. Aliosus n’avait nullement besoin de l’entendre dire ces choses là. Son sang chuchotait au sien ces vérités là. Ces choses que l’on ne dit pas avec les lèvres.
L’oeil mutin, un sourire taquin aux lèvres, Alice tenta de terminer la phrase laisser en suspens par son filou de cousin : « Driotch. »
Non. Définitivement, non.
Alice aurait aimé pouvoir lui dire tout ce que son cœur portait en lui. Ses espoirs et ses peurs, son amour et ses doutes, sa fidélité et ses mensonges. Elle voulait que son cousin sache tout, que jamais il n’apprenne tout cela par lui même. Elle voulait, ô Circée, ce qu’elle voulait que rien ne puisse jamais entacher leur nouvelle vie ensemble. La seule qui comptait.
Ses lèvres quittèrent l’anneau d’Aliosus avec une seconde de retard. Ses yeux vinrent trouver les siens. Ce beau regard bleu comme l’océan, ses cheveux blonds comme les champs de blés, cette peau pâle. Et surtout, ce sang, le sien, le leur, bouillonnant dans ses veines. Lui aussi, le sentait-il pulser plus fort encore lorsqu’ils étaient ensemble ? Ressentait-il ce besoin viscéral de presser son cœur contre le sien pour les entendre chanter ensemble ? Grands Ancêtres, que n’aurait-elle pas donné pour faire disparaître tout les gueux autour d’eux pour s’élancer contre Aliosus et le serrer fort, fort, si fort contre lui. Elle lui aurait murmuré des mots inconvenants, comme des ne me quitte plus jamais, j’ai besoin de toi, pardonne moi.
Alice n’en fera rien. Jamais. Aliosus n’avait nullement besoin de l’entendre dire ces choses là. Son sang chuchotait au sien ces vérités là. Ces choses que l’on ne dit pas avec les lèvres.
L’oeil mutin, un sourire taquin aux lèvres, Alice tenta de terminer la phrase laisser en suspens par son filou de cousin : « Driotch. »
Non. Définitivement, non.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050