23 avr. 2026, 12:19
And yet I smile
Pour la première fois, entendre son prénom dans la bouche du psychomage ne suffit pas à calmer Elijah. Comme si plus rien ne pouvait lui suffire maintenant qu'il avait compris qu'il n'obtiendrait pas tout ce qu'il désirait. Parce que si Monsieur Kyros refusait de lui donner ce qu'il voulait, c'était simplement parce que lui n'était pas suffisant. L'adolescent ne savait plus s'il était trop ou pas assez. Il ne savait pas ce qu'il était tout court, d'ailleurs, et si ce qu'il ressentait n'était pas partagé, c'était bien que la faute venait de lui.

Là où il hurlait que ce n'était pas suffisant, c'était bien parce qu'il sentait que lui ne l'était pas. Il ne l'était pas pour qu'on l'aimât réellement, et ce, malgré toutes les qualités que l'homme avait dit relever chez lui. Il l'appréciait, mais ne l'aimait pas. Alors pourquoi tenait-il tant à l'empêcher de se faire du mal ? Qu'est-ce que cela pouvait-il bien lui faire ? Il avait besoin d'extérioriser toute cette colère, elle prenait tant de place qu'il ne savait plus quoi en faire. Il lui avait bien dit, plus tôt, qu'il avait peur du moment où il ne parviendrait plus à se contrôler. Et bien, ce moment était arrivé.

De toute façon, il ne sentait pas la douleur, il se trouvait dans un état bien trop second pour s'y attarder. Probablement regretterait-il amèrement plus tard. Probablement commençait-il déjà à regretter, mais uniquement les conséquences sur sa relation avec le psychomage. Il était désormais certain qu'il ne voudrait plus rien avoir à faire avec lui. Il avait simplement tout gâché. Et ce simple constat suffit à laisser couler les larmes plus encore sur ses joues.

Ce ne fut que lorsque l'homme lui demanda s'il pouvait le soigner qu'il baissa son regard sur ses mains abîmés. Il desserra les poings, et ses doigts tremblaient. Ce n'était pas très beau à voir, mais encore une fois, il ne sentait rien. Comme si tout cela n'était pas réel. Il les laissa donc retomber le long de son corps avant de reculer d'un pas hésitant. Il se sentait terriblement faible, comme vidé de toute énergie. Comme si cet éclat de violence l'avait plongé dans une sorte de transe. Il secoua la tête de gauche à droite.

- Non.

Sa voix était à peine audible, pourtant le refus était net. Il ne voulait pas qu'on le soignât. Il voulait attendre, ressentir physiquement cette fichue douleur intérieure qui ne le lâchait pas, parce qu'il savait que la douleur physique serait bien plus gérable. Il essuya ses joues d'un revers de manche, avant de renifler bien peu élégamment.

- C'est pas vous qui suffisez pas. C'est moi, lâcha-t-il finalement, la gorge si serrée que cela lui demandait un véritable effort de parvenir à s'exprimer.

Il aurait voulu s'excuser, mais il n'y parvenait pas. Il aurait voulu lui dire qu'il se contenterait de tout ce qu'il voulait bien lui donner, parce qu'il avait toujours fait comme ça, mais il n'y parvenait pas. Parce qu'il était persuadé de ne même pas mériter ça. Pas après la façon dont il venait de réagir. Lui-même se haïssait profondément, il ne pouvait donc plus en être autrement pour Monsieur Kyros. D'ailleurs, il ne le regardait plus.

Il voulut partir, mais il resta planté là à la place. Parce qu'il voulait savoir s'il devait revenir la semaine suivante, comme d'habitude, mais qu'il n'osait pas demander. Pas après ça. Oserait-il d'ailleurs se pointer si leurs rendez-vous hebdomadaires étaient maintenus malgré tout ? Il avait sacrément honte de son comportement. Et tandis que les secondes s'égrainaient, il sentit une drôle de chaleur dans ses mains. Puis son coeur battre jusque dans ses phalanges. Et enfin, une douleur lancinante qui s'avérait presque salvatrice.

4e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes

28 avr. 2026, 20:16
And yet I smile
Le refus tomba, faible dans son volume mais parfaitement net dans son intention, et Hyacinthe le reçut sans broncher - du moins, c'est ce qu'il aurait voulu. Pour son plus grand malheur, il ne pu s'empêcher de se crisper immédiatement, une réaction bien plus instinctive que réfléchie. Ce n'était pas tant parce qu'Elijah rejetait les soins, pas tant par l'opposition, mais surtout parce ce refus d'aide le heurta de plein fouet. Lui, sa profession, ce qu'il était, ce qu'il pensait pouvoir offrir dans cet espace. Psychomage, hein...

Le trentenaire resta immobile quelques secondes, la main encore légèrement tendue dans le vide avant de se retirer lentement. Le geste avait perdu son sens en cours de route, et malgré la sensation fantôme de la brûlure, les mouvements de Hyacinthe restèrent délibérément lents. Son regard ne quitta pas Elijah. Il observa les mains, les doigts tremblants, la peau abîmée, puis remonta vers son visage sans jamais s’arrêter en chemin. Quelle expression il devait avoir, la mâchoire serrée, les sourcils froncés et les yeux larges emprunts d'une vulnérabilité inhabituelle. Hyacinthe cherchait désespérément une ouverture, une permission, une manière d’intervenir sans franchir la limite. Quelle fragile limite.

- C’est moi.

Cette phrase s’installa dans l’espace avec une facilité déconcertante. Une vérité déjà trop répétée pour être contestée facilement, et pourtant, Hyacinthe n'y croyait pas un seul instant. Tout était bien plus compliqué, trop compliqué, et bien qu'il ait conscience des besoins et de la volonté d'Elijah, il savait qu'il avait une part de responsabilité bien plus importante en tant qu'adulte, en tant que psychomage, en tant qu'individu qui avait développé un tel détachement émotionnel. Et malgré cette croyance brute, Hyacinthe sentait que tout ce qu’il pourrait dire là-dessus risquait d’être insuffisant, mal placé, ou inaudible. Il n'avait pourtant pas le choix, il ne voulait ni ne pouvait laisser Elijah dans cet état.

- Non.

L'ironie de la situation n'échappa pas au trentenaire. Quel formidable combat de "ce n'est pas toi, c'est moi" ils menaient. Mais le mot lui échappa, plus bas que celui d’Elijah, sa voix se faisant presque rauque malgré sa fermeté. Hyacinthe inspira légèrement, le corps droit comme un pic. Il chercha une formulation plus précise, plus juste, et pourtant à l'opposé des choses trop travaillées qui lui venaient. De toute façon, cela n'aurait eu aucun sens ; il savait très bien que ces dernières agaçaient le garçon.

- Ce n’est pas vous. Vous êtes... vous êtes largement suffisant.

Quel cliché ridicule. S'il avait entendu cette histoire, Hyacinthe en aurait presque rit ! S'il n'avait pas été impliqué, s'il n'avait pas été emprunt d'un tel sentiment d'inconfort et d'incompréhension. S'il n'était pas terrifié par ce qui allait arriver ensuite, par ce que son intervention avait fait au bien-être d'Elijah. Ajouter davantage aurait dilué ses propos, et Hyacinthe n'était pas certain de pouvoir rendre plus crédibles ses émotions avec des mots supplémentaires.

Le silence lourd, chargé.

Hyacinthe sentit alors avec une acuité désagréable à quel point la séance lui échappait complètement. Ce n’était plus un échange structuré, plus un espace où il pouvait guider, contenir, accompagner. Cela l'avait-il été, aujourd'hui ? Peut-être, au début. Mais c’était devenu quelque chose de beaucoup plus brut, de beaucoup plus instable, où chaque mot semblait soit tomber à côté, soit envenimer davantage ce qui était déjà à vif. Et dans cet entre-deux inconfortable, il n’avait plus ses repères habituels. Il était terrifié.

Alors, Hyacinthe retourna s'asseoir en silence sur son fauteuil. Les jambes écartées, les coudes posées sur les cuisses, le dos arqué. Entre temps, Lernie s'était échappée on ne sut où. Elle n'était plus au niveau du fauteuil, ni-même vers son couchage habituel. Il prit le temps de respirer et laissa ses doigts frotter son front pour tenter de se recentrer. Ses cheveux glissèrent de son épaule et encadrèrent son visage abaissé un court instant, et un souffle plus tard, le roux se redressa lentement en réarrangeant ses cheveux, puis ses vêtements. Sa posture resta toujours négligée, mais il n'en tint pas rigueur. Ses doigts glissèrent un instant sur le bois des accoudoirs avant de se poser à plat, immobiles cette fois, sur ces derniers. Un regard incertain retourna sur Elijah, restant désespérément sur son visage.

- Laissez-moi au moins regarder, murmura-t-il avec l'image nette des marques sur les mains du Poufsouffle en tête.

Il y avait une certaine insistance dans la demande de Hyacinthe. Ce n'était pas tant le psychomage qui le demandait, bien que l'éthique professionnelle restait cruciale ici, mais bel et bien le sorcier qui n'aimait pas ce qu'il voyait. Il ne voulait pas laisser Elijah s'en aller en étant blessé, il voulait faire en sorte que ses blessures soient soignées au plus vite. Était-ce un souhait purement altruiste ? Peut-être pas, bien que le roux puisse sans problème dire qu'il voulait sincèrement que le jeune homme se débarrasse de ça. L'idée qu'il ait été la cause de cette perte de contrôle le tiraillait cependant de plus en plus. Mais Hyacinthe voyait déjà que ce n’était pas gagné. Avec la façon dont Elijah se tenait à distance en s'accrochant à la douleur pour se calmer, comme une ancre nécessaire à son self-contrôle, cela devenait évident. Et une forme d’impuissance beaucoup plus froide s'installa en lui.

- Si vous ne le souhaitez pas... promettez moi au moins d’aller voir Monsieur O’Belt, s'il vous plait. Aujourd'hui.

L'inquiétude de Hyacinthe était palpable, et malgré la faiblesse de sa voix, il avait fait son possible pour que sa demande soit claire. Ce n'est qu'à ce moment là qu'il commença à sentir le contrecoup. La fatigue, d’abord. Puis le doute, qui revenait s’installer lentement, méthodiquement. A-t-il trop ajusté ? L'équilibre avait-il été plus précaire que ce qu'il avait perçu ? Il revoyait certains instants de la séance, certaines phrases, certains choix, et aucun ne lui paraissait pleinement satisfaisant. Hyacinthe aurait le temps de ruminer plus tard, il était encore sur un terrain incertain. Il inspira, lentement, puis parla avec une hésitation qu’il ne prit même pas la peine de masquer :

- ... Est-ce que vous préférez qu’on s’arrête là pour aujourd’hui ? Une courte pause. Qu’on prenne un peu de temps chacun de notre côté... et qu’on se retrouve la semaine prochaine.

Sa voix était restée calme, mais quelque chose en dessous avait changé. Il n'aurait pas le choix de s'ajuster au choix d'Elijah. Devait-il se préparer à contacter un confrère ? Jamais le garçon n'accepterait ça facilement, Hyacinthe le savait très bien. Mais dans l'état actuel des choses, ils ne pouvaient plus avancer.

1088 - @Elijah Cooper

Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c

1 mai 2026, 15:13
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Elijah se sentit plus mal encore en voyant l'effet de son refus sur le psychomage. Il aurait aimé ne pas s'en rendre compte, mais c'était plus fort que lui. Durant cette séance, il avait été particulièrement détestable avec lui, et il continuait de l'être, alors même que l'homme ne désirait que l'aider. Malgré le chaos de ses pensées et de ses émotions, il en était parfaitement conscient, et cela le déchirait plus encore. Il voudrait tant tout lui dire pour de bon. Au lieu de quoi il le repoussait, encore et encore, comme pour s'assurer qu'il resterait là malgré tout. Qu'il était différent de son père. Il poussait les limites instaurées une à une, égoïstement, et se détestait pour cela alors même qu'il était incapable de s'en empêcher.

C'était comme s'il n'était plus du tout en capacité de se contrôler. Ni ses gestes, ni ses paroles, ni ses émotions. Il avait sans doute trop retenu, pendant trop longtemps. Il sentait qu'il était au bord d'un précipice depuis quelques temps, et il lui avait suffit de se sentir en confiance avec Monsieur Kyros pour sauter. Il ne releva pas la tête lorsqu'il lui assura qu'il était suffisant. Il se contenta de serrer de nouveau ses poings, et les plaies qui s'étiraient lui tirèrent une légère grimace de douleur. Comment pouvait-il se montrer aussi avenant envers lui après tout cela ?

Il aurait voulu revenir plus tôt. Revenir à ce moment où il s'était jeté à son cou. C'était bien ça qu'il voulait faire. Il avait désespérément besoin de ce genre de contacts, mais là où ils étaient naturels lorsqu'il était plus jeune, ils étaient devenus de plus en plus difficiles à admettre avec l'adolescence, comme s'ils étaient devenus tabous, voire honteux. Et lorsque le psychomage insista pour voir ses mains, il secoua de nouveau la tête, doucement, sans un mot, les yeux toujours rivés au sol.

C'était comme s'il n'avait plus le droit à cette gentillesse et cette prévenance que l'homme offrait. Il pouvait lui dire qu'il était suffisant tant qu'il le voulait, cela ne le rendait pas méritant pour autant, bien au contraire. Il savait qu'il punissait Monsieur Kyros autant que lui-même en agissant ainsi. Il savait qu'il s'en sentirait plus coupable encore. Mais il préférait s'enfoncer encore et toujours plutôt que de prendre ce qu'il n'estimait pas mérité. Il finit cependant par céder à la deuxième requête, la gorge serrée.

- Promis.

Il lui devait au moins ça. Probablement bien plus d'ailleurs, mais c'était tout ce qu'il pouvait donner actuellement. Il releva enfin la tête quand il lui proposa de mettre fin à la séance tout en lui disant clairement qu'il était toujours invité à revenir la semaine suivante. Ce simple fait le soulageait terriblement. Il ne l'avait pas fait fuir. Pas encore, pas totalement. Il pouvait toujours s'accrocher à lui. Et la semaine suivante, ils parleraient d'autre chose, comme ils le faisaient jusqu'ici. Il boirait son chocolat chaud, et il sortirait avec le sourire. La semaine prochaine, ce moment désastreux sera oublié. Il hocha de nouveau la tête, incapable de parler. Et se dirigea enfin vers la porte.

- Au r'voir M'sieur, parvint-il tout de même à articuler, avant de s'enfuir purement et simplement du bureau. Ses mains lui faisaient mal. Et il allait tenir sa promesse. De toute façon, il ne voulait pas s'attirer de questions de la part de ses amis lorsqu'ils verraient ses mains au prochain cours. Il devait finir sa journée comme si de rien n'était.

Merci beaucoup <3

4e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes

1 mai 2026, 20:54
And yet I smile
Respecter cette promesse n’était pas grand-chose, et en même temps, dans l’état où Elijah se trouvait, c’était déjà beaucoup. Hyacinthe se demanda comment il allait expliquer ça à Diarmuid. L'infirmier irait-il le confronter à ce sujet ? La promesse n'était pas rassurante, ni pleinement satisfaisante, mais elle suffisait pour qu'il puisse relâcher une infime partie de la tension qui s'était accumulée dans son corps depuis de longues minutes. Hyacinthe hocha la tête presque imperceptiblement, distrait par ses pensées, jusqu'à voir Elijah enfin relever le visage vers lui.

Le Poufsouffle n'était ni réparé, ni apaisé. Peut-être même que ses pensées s'étaient décuplées depuis son arrivée. Cependant... il n'était pas totalement brisé. Et Hyacinthe n'osa pas en faire davantage. Il n'y avait plus rien à dire qui ne risquait pas de raviver tout ça, alors il resta silencieux, laissant les cartes dans les mains d'Elijah.

S'il devait être honnête, le hochement de tête du garçon lui fit l'effet d'une bombe. Quel soulagement. S'il revenait... il pourrait essayer de réparer ses erreurs. Il pourrait encore travailler, même s'il ignorait comment. Cela voulait dire que le brun voulait encore le voir. Hyacinthe le regarda se diriger vers la porte, chaque pas semblant à la fois décidé et si fragile. Le roux ne tarda pas à le suivre à distance, se relevant dans un réflexe inconscient pour le raccompagner. Et quand Elijah trouva encore la force de prononcer un au revoir, malgré tout, malgré l’état dans lequel il quittait la pièce, Hyacinthe sentit quelque chose se serrer dans sa poitrine.

- Au rev...

La porte s’ouvrit, puis se referma.

Et pendant quelques secondes, Hyacinthe resta là, debout, la main encore posée sur la poignée, le regard fixé sur le bois comme s’il pouvait encore voir à travers. Peut-être que s'il restait immobile suffisamment longtemps, il pourrait revenir en arrière et faire autrement ? Dire autrement. Être autrement... Quelle idée stupide. Voilà où menaient le bouleversement de ses émotions.

Mais non, rien ne bougea. La salle d'attente restait silencieuse, le couloir tout autant.

Alors Hyacinthe referma complètement la porte avec une lenteur démesurée. La pièce était vide. Tant mieux. Il ne prit même pas la peine de retourner jusqu’à son fauteuil. Son dos trouva la porte presque immédiatement et il s’y adossa, laissant sa tête basculer légèrement en arrière. Puis sans résistance, le roux se laissa glisser jusqu’au sol. Le mouvement fut lent et contrôlé au début, son traditionnel moyen de se calmer. Mais il abandonna bien vite lorsque ses coudes vinrent se poser sur ses genoux. Hyacinthe enfouit son visage entre ses genoux et laissa finalement ses mains glisser sur son cuir chevelu.

La pièce était silencieuse, lourde et saturée de tous les souvenirs de cette dernière heure, de tout ce qu'il n'avait pas su gérer. Chaque moment de la séance se rejouait, découpé, analysé, disséqué - ses mots, ses silences, ses hésitations, ses concessions, ses limites. Tout semblait à la fois justifiable et profondément insuffisant. Il avait tenu le cadre... mal. Il avait été honnête... peut-être trop, ou pas de la bonne manière. Il avait voulu aider... et avait fini par assister à une explosion qu’il n’avait pas su contenir.

Brillant, vraiment. Quelle démonstration de compétence.

Hyacinthe inspira difficilement, laissant échapper un souffle plus sec, agacé contre lui-même. Il s’était cru capable de gérer ça. De tenir. D’accompagner sans dévier. Et au lieu de ça ? Il s’était laissé embarquer dans un équilibre bancal du début à la fin. Même ses silences n’avaient pas été justes. Même ses mots "honnêtes" sonnaient mauvais une fois prononcés. Et ce besoin d’être sincère... quelle idée. Pourquoi a-t-il écouté Elijah. Comme si c’était ce qu’on attendait de lui dans ce métier.

- Eh merde...

Il laissa ses mains glisser légèrement sur son visage, frottant ses yeux un instant avant de les laisser retomber mollement contre ses genoux. Il faisait tout ce qu'il ne fallait pas faire, et c'était un constat froid et terriblement désagréable. Le roux pouvait presque pointer du doigt la seconde où tout avait basculé. Et il n’avait rien rattrapé, il n'avait qu'accompagné la chute en se saupoudrant d'une bonne vieille politesse et d'un peu trop d'honnêteté.

Pathétique.

Un rire sans joie lui échappa brièvement, aussitôt étouffé dans le silence du bureau.

Et le pire, c’était qu’il savait pourquoi ça l’atteignait autant. Pas uniquement parce que Hyacinthe avait raté la séance. Mais parce que ce garçon... par Merlin, Elijah était un garçon qu'il appréciait beaucoup. Parce qu'il avait du coeur, parce qu'il amusait profondément Hyacinthe, parce qu’il voyait trop bien ce qu’il y avait derrière cette facade "cool". Parce que ça résonnait constamment. C'était une erreur, une terrible erreur.

Il inspira profondément, mais l’air sembla rester bloqué quelque part, comme si son corps refusait de suivre. Fatigue. Résignation. Il voulait aller se coucher et se cacher sous sa couverture jusqu'à l'oubli. Parce qu'il s'attachait et qu'il se laissait déborder. Pourquoi est-ce qu'Elijah lui faisait encore faire des choses qui ne lui ressemblaient pas ?

- ... ce petit va me tuer.

Et il resta de longues minutes à ruminer dans cette position inconfortable.

847 - @Elijah Cooper
Fini. Et... +6 PR, parce que je ne m'en remet pas- :'(

Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c