Feutrée
13 JANVIER 2050, 16h13,
JARDIN DE DRAÍOCHT, PASSAGE DE DRAÍOCHT, GALWAY
Alyona, 20 ans
JARDIN DE DRAÍOCHT, PASSAGE DE DRAÍOCHT, GALWAY
Alyona, 20 ans
Fatiguée, je retire mon gant pour passer le dos de ma main sur mon front. C'est l'heure du thé.
Mes ongles sont sales. Ma peau m'irrite autour des poignets. Mes genoux sont douloureux quand je me relève. Pourtant, j'ai un sourire immense, et dans le cœur une fierté fleurissante. Mon stage a commencé il y a plus d'une dizaine de jours, et tout ce qu'on m'a chargé de faire me laisse à penser qu'on cherche à m'évaluer. Je veille à l'étanchéité des serres, paille les plantes, protège les arbres fruitiers. Je tresse doucement des boucliers contre l'hiver. Ce n'est pas bien difficile, cela demande surtout du temps, une certaine rigueur et du soin. Ce ne sont pas des taches qui me font peur. J'en ai vu d'autres plus dures. Mais par Merlin, que cela me plaît ! Je me sens utile, et qui plus est appartenir à quelque chose de plus grand que moi et mes intérêts. Ce que je fais a du sens. Et puis, je le vois m'observer quand je travaille. Bernhard erre dans les jardins et les serres sans prononcer une phrase, silencieux, attentif et discret. Ses yeux gris me poursuivent et me jugent. Que cachent-ils ? Que voient-ils ? Que pensent-ils ? Je n'en sais terriblement rien. Cela fait des jours qu'ils me regardent à distance. Le gérant du Jardin ne trahit pas ses réflexions. Il ne laisse rien paraître. Et, contre toute attente, cela me donne de la force. Ni déstabilisée ni intimidée, je trouve dans cette observation récurrente un désir immuable à montrer de quoi je suis capable. Je ne décevrai pas, je ne faiblirai pas, je ne tremblerai pas. Je sais ce que je fais. Je n'ai pas peur. Ma volonté est aussi inébranlable qu'une montagne. Elle se dresse dans l'horizon de mes pensées, unique perspective, destination et point de fuite. J'ai le corps tour entier soulevé de courage. Et qu'importe ce qu'on me demande, et qu'importe le temps, je ne plierai face à rien.
Bientôt, des cals bourgeonneront sur ma peau trempée de jeunesse.
Je quitte les allées des serres, rejoins l'entrée de la réserve. Mes bottes frappent le sol pour se débarrasser de la terre. Les deux clac qui tombent emportent avec eux les poussières de mon courage. Un soupir m'échappe quand mon corps plonge dans l'ombre de la salle. La fatigue bat contre mes tempes. Peut-être suis-je trop dure avec moi-même, dans mes exigences ? Pourtant, je n'ai pas l'impression de me surmener. Je fais ce qu'on me demande, et je le fais au mieux, avec toute la rigueur, l'instinct, l'habileté et la volonté qui m'habitent. J'arrive en avance, pars plus tard que ce qui est prévu. Je ne rechigne pas, je n'hésite pas. Le soir, il m'arrive même de relire quelques chapitres de manuels pour perfectionner mes techniques botaniques. Je suis sérieuse. Trop ? Je ne sais pas. Je me fous de la fatigue. Elle s'évaporera comme le jour.
Je pose mes gants sur la table. Mes mains sentent la terre. À force de la toucher, elles doivent en être imbibées. Je suis devenue terreuse. La boue m'enveloppe. Et bientôt, elle ruisselle contre mes paumes, emportée par l'eau froide du lavabo au-dessus duquel je me lave les mains. Mes doigts frottent ma peau rugueuse avec force et acharnement, comme si mes impuretés étaient mes inquiétudes. Malheureusement, aucun savon ne nettoie l'âme. Je frotte rudement les bouts de mes bras, remontant jusqu'aux poignets. Le froid et les mouvements répétitifs rougissent ma peau et ternissent la mousse. Puis, l'eau coule et efface les traces. Je ferme le robinet et quitte la réserve, un air concentré tatoué sur le visage.
Le monde, dans le jardin, est affreusement silencieux. J'apprécie ce calme autant que je le redoute. Il traîne avec lui un isolement qui m'est douloureux. Lorsque mes doigts sont plongés dans la paille, mes pensées remontent jusqu'à l'Institut, suivant le sentier principal, grimpant jusqu'aux fenêtres, entrant dans les salles de classe. Les bruits, les paroles, les murmures, tout me revient comme une mélodie que j'aimerais pouvoir répéter en boucle. Parfois, il m'arrive même d'errer plus proche d'ici, dans les rues et les quartiers touristiques de Galway. Mes réflexions glissent sur les passants, s'accrochent aux mots soufflés par leurs lèvres rouges, rêvent sur leurs sourires solides comme des abris de pierre. J'aimerais exister dans leurs phrases, mais les rares dialogues qui peuplent mes heures dans les serres sont partagés avec le bruissement des feuilles. Heureusement, je n'y passe pas tout mon temps.
Le visage forgé d'apaisement, j'entre dans la cuisine et verse de l'eau dans la théière.
@Ada Bentley, en espérant que cela te convienne. Et argh, pardon pour le retard !
Dernière modification par Alyona Farrow le 10 juil. 2025, 10:30, modifié 1 fois.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
baisse de présence jusque fin juillet
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Feutrée
Reducio
| Molly, 41 ans ![]() | wo |
13 janvier 2050, l'après-midi
Molly Bentley, 41 ans
Un soleil entre dans la pièce. Ses pas sont légers, mais sa posture est droite alors qu'il referme délicatement la porte de la cuisine -il ne s'agirait pas de faire entrer les courants d'air hivernaux. Il a des cernes, mais des yeux pétillants, adoucis par la joie de vivre. De sa chevelure brune et de son chignon partent des boucles volages, qui s'enroulent avec inconscience, s'échappant d'un l'élastique, autour d'un visage souriant. La porte est à peine fermée que les rayons rebondissent déjà sur les murs et vers le reste de la pièce : Molly arrive de bonne humeur, attention à ne pas t'éblouir.
Les traits de la vendeuse, paisibles, se métamorphosent en un sursaut de surprise ; elle n'avait pas vu qu'il y avait une autre personne dans la pièce. Elle reste un instant étonnée, puis un sourire rayonnant se peint sur son visage. Elle t'a reconnu, Alyona, et elle est manifestement ravie de te voir.
_Oh, bonjour, Alyona ! C'est super qu'on se croise enfin. Elle t'a déjà vu, au détour de commandes, mais elle n'a jamais osé te déranger pour papoter. Après tout, avec un air aussi concentré que le tiens, on a du mal à te distraire de ton travail...
Elle bataille quelques secondes avec les boutons de la cafetière, avant qu'un vrombissement n'emplisse la pièce et couvre sa voix amicale. Elle attend quelques secondes qu'il s'apaise, puis continue. _Comment allez-vous ? Bernhard ne vous assomme pas de travail, j'espère. Son ton bon-enfant flotte dans l'air, professionnel mais où l'on décèle une pointe d'espièglerie. Le vouvoiement se veut respectueux, mais est contrebalancé par un accent populaire londonien, plein de bonhommie.
Alors qu´elle récupère sa tasse de café, Molly remarque les plis sur son habit de travail, et les lisse d´une main nerveuse. Elle tient à être présentable à son travail, même dans les coulisses. -De toute façon, ce n´est pas comme si elle peux se permettre de perdre cet emploi.
@Alyona Farrow, désolée du retard...
Pourrais-tu mettre la mention [PNJ] dans le sujet du RP, ainsi que (si possible, mais pas nécessairement) le bandeau dans ton premier post également, sous reducio ? Merci !
#28363c
~My smile wraps around my head splitting it in two, two
Feutrée
Pendant que la théière chauffe grâce à la magie, je me retourne pour attraper une tasse. C'est lors de ce mouvement qui ouvre mon horizon que j'aperçois Molly, à peine entrée dans la pièce, et qui pourtant déjà l'éclaire. Merlin, c'est incroyable comme une seule présence peut amener tant de clarté ! Il me faut d'ailleurs quelques instants pour prendre conscience qu'elle me voit aussi, que je suis dans la cuisine avec elle, et tandis que mes yeux papillotent, un sourire coule sur mes lèvres. Quoi qu'on en dise, la compagnie humaine est très différente de celle des plantes. Les végétaux ont quelque chose de la brume, c'est beau mais diffus, calme, lumineux et englobant ; c'est une présence plus répandue, éparpillée, et surtout immobile. Elle vous envoûte en vous prenant par la main. Une personne est d'une compagnie plus directe, plus mouvante aussi, certes, et surtout plus saisissante et évidente ; c'est une présence qui percute, qui cogne comme un éclair ; on ne peut pas passer à côté.
Molly rayonne, et si sa surprise me ferait presque rougir, son naturel me met rapidement à l'aise. Nous n'avons jamais eu l'occasion d'échanger, surtout parce que nous nous croisons rarement. Je la salue quand je la vois, mais elle est souvent occupée, et moi aussi dans des situations inverses. Nous avons nos tâches, nos rôles, nos devoirs à accomplir dans le Jardin. Le sien est tout à fait opposé au mien : non seulement elle est souvent accompagnée par de nombreux clients, qu'elle connaît et qui la connaissent, mais ses mains ne plongent jamais dans la terre, ses paumes ne sont pas calleuses et ses ongles ne sont pas sales. Au contraire, son apparence reste soignée, comme son sourire. Je l'envierai presque par moments, à côté d'elle je me trouve parfois terne, avec ma boue, mes plantes, mes bottes et mes gants. Je n'aurai jamais vraiment cette délicatesse féminine. Du moins, c'est ce que je crois.
Je tourne mon buste vers elle, une tasse entre les doigts.
« Bonjour ! » Une hésitation fait trébucher mes paroles. L'a-t-elle entendue ? Je ne sais pas si je dois utiliser un Mrs respectueux ou simplement l'appeler Molly. Les autres employés du Jardin ont tendance à préférer l'usage de leur prénom, mais qu'en sera-t-il pour elle ? Cela ferait froncer les sourcils de ma famille ; elle est si facilement exigeante avec ces formules et ces marques de politesse. « Oui ! C'est vrai que nous n'avons pas beaucoup eu cette opportunité. » J'hésite une nouvelle fois, mais plus brièvement, avant d'ajouter : « J'aurais dû venir vous saluer plus tôt, j'en suis navrée. »
Après ces mots et son vouvoiement, mes pommettes finissent par prendre une légère teinte rosée. Je ne sais pas encore tout à fait comment me positionner face aux autres employés, certains s'adressent à moi avec une aisance assez déconcertante, adoptant le tutoiement et l'usage des prénoms, et d'autres préfèrent conserver une forme de professionnalisme dans nos relations. Où se positionnera Molly ? Je choisis d'agir avec prudence et d'utiliser des formules respectueuses et cordiales. Je suis jeune et stagiaire, je dois me retirer derrière une certaine distance polie, bien que cela n'est pas figé et peut évoluer.
Heureusement, les autres questions de Molly me permettent d'échapper à ces considérations pour m'orienter vers des terrains que je connais davantage, et maîtrise.
« Oh, ça va, cela ne me dérange pas de travailler, je suis là pour ça. Au contraire, cela me plaît de pouvoir apprendre de tout le monde ici et d'acquérir plus d'assurance dans ma pratique. Je suis très reconnaissante envers Mr McClure pour cela. »
Concernant Bernhard, je n'ai aucun doute : le vouvoiement et le Mr sont de mise. Je me sentirai bien incapable de passer au travers, de toute manière. Nous ne sommes pas assez proches, et il s'agit de mon supérieur.
Je me sers en thé avant de poser ma tasse fumante sur la table, patientant avant d'en goûter le contenu, profitant de ce temps pour m'intéresser à mon tour à cette vendeuse consciencieuse et lumineuse.
« Vous travaillez ici depuis longtemps ? » demandé-je poliment, mon regard bleu naviguant près de ses iris.
Molly rayonne, et si sa surprise me ferait presque rougir, son naturel me met rapidement à l'aise. Nous n'avons jamais eu l'occasion d'échanger, surtout parce que nous nous croisons rarement. Je la salue quand je la vois, mais elle est souvent occupée, et moi aussi dans des situations inverses. Nous avons nos tâches, nos rôles, nos devoirs à accomplir dans le Jardin. Le sien est tout à fait opposé au mien : non seulement elle est souvent accompagnée par de nombreux clients, qu'elle connaît et qui la connaissent, mais ses mains ne plongent jamais dans la terre, ses paumes ne sont pas calleuses et ses ongles ne sont pas sales. Au contraire, son apparence reste soignée, comme son sourire. Je l'envierai presque par moments, à côté d'elle je me trouve parfois terne, avec ma boue, mes plantes, mes bottes et mes gants. Je n'aurai jamais vraiment cette délicatesse féminine. Du moins, c'est ce que je crois.
Je tourne mon buste vers elle, une tasse entre les doigts.
« Bonjour ! » Une hésitation fait trébucher mes paroles. L'a-t-elle entendue ? Je ne sais pas si je dois utiliser un Mrs respectueux ou simplement l'appeler Molly. Les autres employés du Jardin ont tendance à préférer l'usage de leur prénom, mais qu'en sera-t-il pour elle ? Cela ferait froncer les sourcils de ma famille ; elle est si facilement exigeante avec ces formules et ces marques de politesse. « Oui ! C'est vrai que nous n'avons pas beaucoup eu cette opportunité. » J'hésite une nouvelle fois, mais plus brièvement, avant d'ajouter : « J'aurais dû venir vous saluer plus tôt, j'en suis navrée. »
Après ces mots et son vouvoiement, mes pommettes finissent par prendre une légère teinte rosée. Je ne sais pas encore tout à fait comment me positionner face aux autres employés, certains s'adressent à moi avec une aisance assez déconcertante, adoptant le tutoiement et l'usage des prénoms, et d'autres préfèrent conserver une forme de professionnalisme dans nos relations. Où se positionnera Molly ? Je choisis d'agir avec prudence et d'utiliser des formules respectueuses et cordiales. Je suis jeune et stagiaire, je dois me retirer derrière une certaine distance polie, bien que cela n'est pas figé et peut évoluer.
Heureusement, les autres questions de Molly me permettent d'échapper à ces considérations pour m'orienter vers des terrains que je connais davantage, et maîtrise.
« Oh, ça va, cela ne me dérange pas de travailler, je suis là pour ça. Au contraire, cela me plaît de pouvoir apprendre de tout le monde ici et d'acquérir plus d'assurance dans ma pratique. Je suis très reconnaissante envers Mr McClure pour cela. »
Concernant Bernhard, je n'ai aucun doute : le vouvoiement et le Mr sont de mise. Je me sentirai bien incapable de passer au travers, de toute manière. Nous ne sommes pas assez proches, et il s'agit de mon supérieur.
Je me sers en thé avant de poser ma tasse fumante sur la table, patientant avant d'en goûter le contenu, profitant de ce temps pour m'intéresser à mon tour à cette vendeuse consciencieuse et lumineuse.
« Vous travaillez ici depuis longtemps ? » demandé-je poliment, mon regard bleu naviguant près de ses iris.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
baisse de présence jusque fin juillet
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Feutrée
Tu hésites, mais Molly balaye tout d'une main une foie ta phrase finie, même si elle conserve toujours le vouvoiement. Tu ne le sais pas, mais le vouvoiement est une façon pour elle de se sentir moins complexée par son accent populaire et ses mots simples. Et puis, tu es une jeune femme éduquée, qui vient juste de l'université, et tu lui fais un peu peur. Elle veux te montrer qu'elle est respectueuse, bien éduquée elle aussi. Mais elle ne veut surtout pas que tu la penses obsédée par la politesse, alors elle s'empresse de te répondre. Son ton respire la bonhommie : _Mais non, mais non, pas du tout, voyons ! On étais occupée, c'est tout à fait normal. Pas de soucis ! Son sourire s'élargit, alors qu'elle coince derrière son oreille une boucle brune frivole. Elle n'a pas vu ton malaise, mais a bien remarqué que tu ne l'as pas appelée par son prénom jusque là. Peut-être que tu ne te souviens plus de son nom, ou bien peut-être que tu hésites entre Miss et Molly. Qu'importe ! Elle veut te faciliter la tâche, et clarifier les choses. _Appelle-moi Molly ; enchantée ! Ça vous dérange pas si je vous appelle Alyona ?
Elle hoche ensuite la tête à ta réponse. Tu coches toutes les bonnes cases, et elle se remplit de fierté à la vue d'une jeune femme si travailleuse. Bernhard a bien fait de l'embaucher, très bien fait ; mais il a toujours été très responsable avec les embauche et son commerce. Il gère une formidable équipe, après tout, agencée par ses soins. Ton Mr McClure l'amuse, et produit à la fois un sentiment étrange. Elle avait hésité, le premier jour, à rester avec "Bernhard", mais c'était un vieil ami, après tout. Il n'avait pas tiqué sur l'appellation le premier jour, aussi avait-elle continuer le second, et tous les jours d'après.
Elle valide tes propos. _Ma foi, c'est un plaisir d'avoir une stagiaire aussi motivée ! Vous ferez une super botaniste, j'en suis sûre. Molly cherche ton regard franc, pour t'assurer de son honnêteté. Elle t'a vu travailler de loin, et elle a pu constaté à quel point tu faisais du bon travail. Même s'il te reste des choses à apprendre, et heureusement, tu semble être quelqu'un avec qui il est agréable de travailler. Mais elle tient à nuancer les choses, et elle sait la volonté des jeunes à bien faire, parfois un peu trop, aussi elle ajoute : _Mais ce n'est pas une raison pour trop travailler, hein. Ne vous tuez pas à la tâche quand même -même si je suis certaine que vous ne le f'rez pas. Elle porte sur toi un regard protecteur. La jeunesse est quelque chose de beau, mais parfois si fragile... Elle regrette sa jeunesse, parfois, quelques secondes ; puis elle sourie, secoue la tête l'air de dire "c'est comme ça !" et continue sa journée sans plus se morfondre.
Elle n'aime pas se morfondre. Cela ne mène à rien.
Elle prend une gorgée de sa tasse, écoutant ta question. Elle sourit, faisant un geste désinvolte de la main. _Du tout, du tout : je suis toute nouvelle ! Je ne travaille ici que depuis quelques mois. Bernhard est un vieil ami, et comme un poste s'est libéré, il me la proposé. En un sens, on partage le même sentiment : je lui suis très reconnaissante aussi. C'est quelqu'un de très charmant. Elle se pause un instant, le temps de reprendre une gorgée du liquide chaud. Presque brûlant, de la vapeur d'eau s'échappe en volutes délicates dans les airs, avant de disparaître, invisible fumée, parmi les innombrables gaz qui peuplent nos horizons. Elle continue, avec dans sa voix toujours une même franchise joyeuse, presque désinvolte : _Mais franchement, je me plais très bien ici. Ce lieu est fabuleux, absolument fabuleux. Et puis, on y est vraiment bien, vous ne trouvez pas ? Même si je ne passe pas tant de temps que ça avec les collèges des Serres, j'aime beaucoup la bonne ambiance ici. J'espère que vous aussi ; vous vous intégrez bien, ça va ? On vous ne pose pas d'problèmes ? Elle s'arrête enfin de parler, les yeux pétillants et la mine bienveillante, en attendant ta réponse.
Me revoilà !
#28363c
Elle hoche ensuite la tête à ta réponse. Tu coches toutes les bonnes cases, et elle se remplit de fierté à la vue d'une jeune femme si travailleuse. Bernhard a bien fait de l'embaucher, très bien fait ; mais il a toujours été très responsable avec les embauche et son commerce. Il gère une formidable équipe, après tout, agencée par ses soins. Ton Mr McClure l'amuse, et produit à la fois un sentiment étrange. Elle avait hésité, le premier jour, à rester avec "Bernhard", mais c'était un vieil ami, après tout. Il n'avait pas tiqué sur l'appellation le premier jour, aussi avait-elle continuer le second, et tous les jours d'après.
Elle valide tes propos. _Ma foi, c'est un plaisir d'avoir une stagiaire aussi motivée ! Vous ferez une super botaniste, j'en suis sûre. Molly cherche ton regard franc, pour t'assurer de son honnêteté. Elle t'a vu travailler de loin, et elle a pu constaté à quel point tu faisais du bon travail. Même s'il te reste des choses à apprendre, et heureusement, tu semble être quelqu'un avec qui il est agréable de travailler. Mais elle tient à nuancer les choses, et elle sait la volonté des jeunes à bien faire, parfois un peu trop, aussi elle ajoute : _Mais ce n'est pas une raison pour trop travailler, hein. Ne vous tuez pas à la tâche quand même -même si je suis certaine que vous ne le f'rez pas. Elle porte sur toi un regard protecteur. La jeunesse est quelque chose de beau, mais parfois si fragile... Elle regrette sa jeunesse, parfois, quelques secondes ; puis elle sourie, secoue la tête l'air de dire "c'est comme ça !" et continue sa journée sans plus se morfondre.
Elle n'aime pas se morfondre. Cela ne mène à rien.
Elle prend une gorgée de sa tasse, écoutant ta question. Elle sourit, faisant un geste désinvolte de la main. _Du tout, du tout : je suis toute nouvelle ! Je ne travaille ici que depuis quelques mois. Bernhard est un vieil ami, et comme un poste s'est libéré, il me la proposé. En un sens, on partage le même sentiment : je lui suis très reconnaissante aussi. C'est quelqu'un de très charmant. Elle se pause un instant, le temps de reprendre une gorgée du liquide chaud. Presque brûlant, de la vapeur d'eau s'échappe en volutes délicates dans les airs, avant de disparaître, invisible fumée, parmi les innombrables gaz qui peuplent nos horizons. Elle continue, avec dans sa voix toujours une même franchise joyeuse, presque désinvolte : _Mais franchement, je me plais très bien ici. Ce lieu est fabuleux, absolument fabuleux. Et puis, on y est vraiment bien, vous ne trouvez pas ? Même si je ne passe pas tant de temps que ça avec les collèges des Serres, j'aime beaucoup la bonne ambiance ici. J'espère que vous aussi ; vous vous intégrez bien, ça va ? On vous ne pose pas d'problèmes ? Elle s'arrête enfin de parler, les yeux pétillants et la mine bienveillante, en attendant ta réponse.
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Feutrée
La sorcière me met si facilement à l'aise ! Elle me projette dans une cuisine classique, presque comme si j'étais invitée chez elle, ou elle chez moi, et que nous discutions telles des connaissances usées par tous les moments partagés et les propos échangés. Je ne suis plus tout à fait sur mon lieu de stage, reculée derrière une ligne respectueuse qui me pousse à mettre en avant mes compétences et mon savoir-vivre, je suis presque une employée comme une autre, traitée avec bienveillance, et presque une forme de camaraderie naturelle. Cependant, je ne sais pas exactement comment réagir face à cela ; à l'aise, certes, mais un peu perdue, il me faut du temps pour m'accommoder et relâcher prise, décider de la juste manière de me comporter, avec simplicité et vérité, tout en restant non loin du respect qui m'apparaît nécessaire, et obligé.
Molly, puisqu'elle préfère que je l'appelle ainsi, trace par ses mots un sourire sur mon visage. Elle aurait pu n'avoir qu'une aura et une présence lumineuse, mais même sa façon d'être, ses paroles, son naturel et son relationnel rayonnent. Elle est comme un petit bonbon sucré qu'on approche en souriant et rougissant. En cela, il est certain que sa fonction dans le Jardin lui correspond parfaitement. Qu'aurait-elle fait dans le silence des serres à ne pouvoir éclairer que des plantes qui ne manquent pas de soleil ?
« Non, non, m'empressé-je de lui répondre, Alyona me convient tout à fait. » J'hésite avant d'ajouter : « Vous pouvez aussi me tutoyer si vous le préférez. »
Puis, ses compliments me flattent et le rouge s'installe définitivement sur mon visage. Cependant, ce n'est plus la couleur d'un embarras causé par la situation et son caractère surprenant, mais plutôt celle d'une gratitude qui ne trouve pas comment s'exprimer. L'assurance de la sorcière, quand elle me révèle sa pensée, me fait chaud au cœur. Une super botaniste, Merlin ! Les mots se plantent dans mon esprit, annonçant une floraison de confiance à laquelle je n'aurais jamais pu espérer. Est-ce que les autres employés le pensent aussi ? Je sais qu'il ne suffit pas d'être motivé, mais d'avoir des compétences, des instincts et des savoirs. Je ne suis pas certaines d'en avoir énormément, mais j'essaye au moins d'en avoir suffisamment pour me glisser en septembre dans le monde professionnel, et je sais que je pourrai en développer à l'avenir, à force de temps et de patience.
Mon regard tombe dans ma tasse pour éviter de croiser les yeux de l'employée. Je porte le liquide à mes lèvres, rompant un bref instant mon sourire, espérant que la chaleur du thé permettra de justifier le rose qui s'est épanoui sur mes joues. À ses compliments et ses paroles bienveillantes, je ne réponds rien, me contente d'articuler un « merci » du bout des lèvres qui, finalement, veut tout dire. Je n'ai pas l'habitude qu'une sorcière que je connais à peine, et dont la figure a quelque chose de maternel, m'encourage et me soutienne de cette manière. Cela me déstabilise un peu, et en même temps je me sens portée vers l'avant. Il ne me faut rien d'autre pour conserver l'assurance de sa bonté. Je sais qu'à Molly je pourrai demander de l'aide, me confier, et lui faire confiance.
Je suis avec un intérêt sincère les paroles de la sorcière, découvrant avec étonnement qu'elle est aussi nouvelle dans ce commerce. Cela m'étonne : je la sens tout à fait à l'aise et adaptée à et environnement, comme si, à l'instar des plantes qui y sont développées, elle avait eu de longues années pour s'y épanouir. Son contact est peut-être facile, mais je me doute qu'il lui a également fallu bien de la volonté pour se faire une place aussi solide en quelques mois, et ainsi, d'emblée, après avoir reconnu sa bonté, je lui trouve une détermination que j'admire. Molly Bentley paraît peut-être simple et solaire, mais il semble évident qu'elle cache de grandes forces.
« Vous avez l'air tellement bien adaptée ici, je ne pensais pas que vous étiez aussi nouvelle, confié-je. Moi, je me sens très bien ici. Et non, non, ne vous en faites pas, on ne me pose pas de problème. Tout le monde est très gentil avec moi. Si je le pouvais, je resterais bien plus longtemps ! Et puis, je découvre encore l'Irlande, cela fait longtemps que je souhaitais m'y rendre, mais je ne l'ai jamais visitée. Il me reste beaucoup à voir alors je profite de mon temps libre pour parcourir la région. »
Mon sourire s'étire, encore une fois. Je découvre l'Irlande, mais je l'aime déjà énormément. Je me vois bien y vivre, en réalité. Cela semble bien plus paisible que Godric's Hollow, et cela me rappelle, par certains paysages, mon Écosse natale.
Je pose ma tasse sur la table, la curiosité piquée et mise en confiance par la bienveillance de Molly.
« Vous avez déjà travaillé dans un commerce de botanique ? C'est un domaine que vous appréciez ? »
Molly, puisqu'elle préfère que je l'appelle ainsi, trace par ses mots un sourire sur mon visage. Elle aurait pu n'avoir qu'une aura et une présence lumineuse, mais même sa façon d'être, ses paroles, son naturel et son relationnel rayonnent. Elle est comme un petit bonbon sucré qu'on approche en souriant et rougissant. En cela, il est certain que sa fonction dans le Jardin lui correspond parfaitement. Qu'aurait-elle fait dans le silence des serres à ne pouvoir éclairer que des plantes qui ne manquent pas de soleil ?
« Non, non, m'empressé-je de lui répondre, Alyona me convient tout à fait. » J'hésite avant d'ajouter : « Vous pouvez aussi me tutoyer si vous le préférez. »
Puis, ses compliments me flattent et le rouge s'installe définitivement sur mon visage. Cependant, ce n'est plus la couleur d'un embarras causé par la situation et son caractère surprenant, mais plutôt celle d'une gratitude qui ne trouve pas comment s'exprimer. L'assurance de la sorcière, quand elle me révèle sa pensée, me fait chaud au cœur. Une super botaniste, Merlin ! Les mots se plantent dans mon esprit, annonçant une floraison de confiance à laquelle je n'aurais jamais pu espérer. Est-ce que les autres employés le pensent aussi ? Je sais qu'il ne suffit pas d'être motivé, mais d'avoir des compétences, des instincts et des savoirs. Je ne suis pas certaines d'en avoir énormément, mais j'essaye au moins d'en avoir suffisamment pour me glisser en septembre dans le monde professionnel, et je sais que je pourrai en développer à l'avenir, à force de temps et de patience.
Mon regard tombe dans ma tasse pour éviter de croiser les yeux de l'employée. Je porte le liquide à mes lèvres, rompant un bref instant mon sourire, espérant que la chaleur du thé permettra de justifier le rose qui s'est épanoui sur mes joues. À ses compliments et ses paroles bienveillantes, je ne réponds rien, me contente d'articuler un « merci » du bout des lèvres qui, finalement, veut tout dire. Je n'ai pas l'habitude qu'une sorcière que je connais à peine, et dont la figure a quelque chose de maternel, m'encourage et me soutienne de cette manière. Cela me déstabilise un peu, et en même temps je me sens portée vers l'avant. Il ne me faut rien d'autre pour conserver l'assurance de sa bonté. Je sais qu'à Molly je pourrai demander de l'aide, me confier, et lui faire confiance.
Je suis avec un intérêt sincère les paroles de la sorcière, découvrant avec étonnement qu'elle est aussi nouvelle dans ce commerce. Cela m'étonne : je la sens tout à fait à l'aise et adaptée à et environnement, comme si, à l'instar des plantes qui y sont développées, elle avait eu de longues années pour s'y épanouir. Son contact est peut-être facile, mais je me doute qu'il lui a également fallu bien de la volonté pour se faire une place aussi solide en quelques mois, et ainsi, d'emblée, après avoir reconnu sa bonté, je lui trouve une détermination que j'admire. Molly Bentley paraît peut-être simple et solaire, mais il semble évident qu'elle cache de grandes forces.
« Vous avez l'air tellement bien adaptée ici, je ne pensais pas que vous étiez aussi nouvelle, confié-je. Moi, je me sens très bien ici. Et non, non, ne vous en faites pas, on ne me pose pas de problème. Tout le monde est très gentil avec moi. Si je le pouvais, je resterais bien plus longtemps ! Et puis, je découvre encore l'Irlande, cela fait longtemps que je souhaitais m'y rendre, mais je ne l'ai jamais visitée. Il me reste beaucoup à voir alors je profite de mon temps libre pour parcourir la région. »
Mon sourire s'étire, encore une fois. Je découvre l'Irlande, mais je l'aime déjà énormément. Je me vois bien y vivre, en réalité. Cela semble bien plus paisible que Godric's Hollow, et cela me rappelle, par certains paysages, mon Écosse natale.
Je pose ma tasse sur la table, la curiosité piquée et mise en confiance par la bienveillance de Molly.
« Vous avez déjà travaillé dans un commerce de botanique ? C'est un domaine que vous appréciez ? »
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
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baisse de présence jusque fin juillet
Feutrée
Alors que tu proposes à Molly qu'elle te tutoie, celle-ci rougit légèrement. Le remarques-tu ? Deux fleurs s'épanouissent sur ses joues, de celles des premiers heures du printemps, encore pâles mais déjà rosées. Cela la gêne ; elle hésite ; elle voudrait se réfugier dans sa tasse de café, la soulève vers son visage, mais finit par décider du contraire. Elle dit d'un ton doux mais plus prudent : _Oh, je ne sais pas -la vérité est que ça m'gênerait un peu... Vous êtes si... érudite. Tant de mots qu'elle n'ose pas te dire. Ils flottent mais n'arrive jusqu'à toi que dans un murmure déformé que tu ne peux comprendre. Tu sais, Molly, elle n'est pas pessimiste, mais elle a les pieds sur terre. Elle sait bien qu'une hiérarchie existe, parce qu'elle l'a vécu ; toute sa vie, on lui a inculqué que faire des études, c'était bien. Elle-même le fait avec ses enfants -les emmener à la bibliothèque, comme si ça allait changer leur vie. Peut-être bien, d'ailleurs, que ça le fera. Benedict est parti dieu-sait-où faire des cabrioles sur un balai, mais Hector est quelqu'un de sérieux. De déterminé. Un peu lunaire... Elle s'inquiète pour lui, parfois. Mais elle, elle n'a pas de diplômes, contrairement à son fils. Elle n'a pas fini Poudlard, et parfois, elle se sent ridicule face à tous ceux qui l'ont fait.
Un petit blanc s'installe, mais tu n'as pas le temps de répondre que la main fine de Molly balaye les mots, l'air et la gêne, fait apparaître un joli soleil au coin des ses lèvres, et hausse les épaules -dans une grâce inexplicable, une franchise qui est aussi élégance. _Mais c'est ridicule, je sais bien, je sais bien. Vous- tu as raison, c'est bien si on se tutoie, toutes les deux. De toute façon, v-tu es coincée avec moi pendant encore un temps, ahaha ! Le rire est clair, chantant, bref comme un moineau qui siffle quelques notes. Il agite les boucles brunes qui encadrent son visage - boucles belles, rebelles, qu'elle coince derrière son oreille avant de se pencher pour reprendre une gorgée de café.
Alors que la conversation continue, elle voit bien ton air un peu gêné. Tes joues qui rougissent, et tes yeux qui s'enfuient. Elle penche la tête pour chercher ton regard -où est-il ? Le sien est vert-noisette, il est curieux et part à ta rencontre. Il veut de faire sortir de ta coquille : le ferais-tu ? Il n'est pas timide, il insiste un temps -puis abandonne. _Oh, té, te voilà toute rouge ! Je t'ai gêné, excuse-moi ; quelle maladroite je fais !
Elle t'écoute ensuite réagir à ses questions. Elle hoche la tête à tes commentaires. _Bon, bon, c'est bien. C'est super que tu ais trouvé un stage qui te plaît, dis-donc, ça ne doit pas être facile-facile. Je suis contente que v-tu te plaises ici ! C'est vrai, elle est très contente pour toi. Elle te superpose à sa fille et voit quel bel exemple tu fais -elle espère que quand elle sera grande, sa petite Ada sera aussi épanouie que toi. _Et je suis totalement d'accord sur l'Irlande : c'est un endroit adorable, positivement charmant ! J'habite à Londres, alors voir toute cette nature, olàlà ! Que ça me change. Son débit de parole est rapide, avec un accent britanique qui mange les "t" comme de petits biscuits. Elle est bavarde, mais ne s'en excuse pas.
Elle n'a pas besoin de réfléchir pour qu'une réponse éclate : _Ah non, du tout, je ne viens pas du milieu ! J'étais couturière, avant -un œil de lynx et des doigts d'or, qu'on me disait. C'est vrai que c'était un chouette métier. Et puis j'ai fait serveuse, aussi, un peu partout. M'enfin, c'est mon mari qui travaille dans la botanique, c'est comme ça qu'on a connu Bernhard ! Un paysagiste, qu'il est. Ça ne l'enchantait pas au début, et puis la passion l'a prit comme ça ! , et ne l'a plus quitté. C'est drôle comme ça transforme les gens... Il a commencé à envahir l'appartement de plantes, le malin ! Je crois qu'il m'en a donné un peu, aussi -de passion pour la botanique, je veux dire. On se rend compte que les plantes peuvent être des choses merveilleuses, vraiment. Au fond, ce sont des organismes si complexes, si beaux, si paisibles... Charmants, positivement charmants. Elle s'arrête, le temps de te sourire, et puis continue : _Et sans avoir le temps de dire "zut", me voilà ici entourée de serre, dans ce superbe endroit. La vie va bien vite... Elle prend une gorgée de son café. Il ne lui en reste plus beaucoup. Elle sait qu'elle devrait bientôt retourner travailler, mais elle a encore le temps. Elle veut le prendre, de toute façon ; te connaître un peu plus. _Et vou-toi, Alyona ? Comment ça t'es venu, cette envie de travailler dans la botanique ? Tes parents travaillent autour de ça, ou bien c'est au fil de tes études que tu as découvert le domaine ?
Encore désolée du retard, je suis confuse.
#28363c
Un petit blanc s'installe, mais tu n'as pas le temps de répondre que la main fine de Molly balaye les mots, l'air et la gêne, fait apparaître un joli soleil au coin des ses lèvres, et hausse les épaules -dans une grâce inexplicable, une franchise qui est aussi élégance. _Mais c'est ridicule, je sais bien, je sais bien. Vous- tu as raison, c'est bien si on se tutoie, toutes les deux. De toute façon, v-tu es coincée avec moi pendant encore un temps, ahaha ! Le rire est clair, chantant, bref comme un moineau qui siffle quelques notes. Il agite les boucles brunes qui encadrent son visage - boucles belles, rebelles, qu'elle coince derrière son oreille avant de se pencher pour reprendre une gorgée de café.
Alors que la conversation continue, elle voit bien ton air un peu gêné. Tes joues qui rougissent, et tes yeux qui s'enfuient. Elle penche la tête pour chercher ton regard -où est-il ? Le sien est vert-noisette, il est curieux et part à ta rencontre. Il veut de faire sortir de ta coquille : le ferais-tu ? Il n'est pas timide, il insiste un temps -puis abandonne. _Oh, té, te voilà toute rouge ! Je t'ai gêné, excuse-moi ; quelle maladroite je fais !
Elle t'écoute ensuite réagir à ses questions. Elle hoche la tête à tes commentaires. _Bon, bon, c'est bien. C'est super que tu ais trouvé un stage qui te plaît, dis-donc, ça ne doit pas être facile-facile. Je suis contente que v-tu te plaises ici ! C'est vrai, elle est très contente pour toi. Elle te superpose à sa fille et voit quel bel exemple tu fais -elle espère que quand elle sera grande, sa petite Ada sera aussi épanouie que toi. _Et je suis totalement d'accord sur l'Irlande : c'est un endroit adorable, positivement charmant ! J'habite à Londres, alors voir toute cette nature, olàlà ! Que ça me change. Son débit de parole est rapide, avec un accent britanique qui mange les "t" comme de petits biscuits. Elle est bavarde, mais ne s'en excuse pas.
Elle n'a pas besoin de réfléchir pour qu'une réponse éclate : _Ah non, du tout, je ne viens pas du milieu ! J'étais couturière, avant -un œil de lynx et des doigts d'or, qu'on me disait. C'est vrai que c'était un chouette métier. Et puis j'ai fait serveuse, aussi, un peu partout. M'enfin, c'est mon mari qui travaille dans la botanique, c'est comme ça qu'on a connu Bernhard ! Un paysagiste, qu'il est. Ça ne l'enchantait pas au début, et puis la passion l'a prit comme ça ! , et ne l'a plus quitté. C'est drôle comme ça transforme les gens... Il a commencé à envahir l'appartement de plantes, le malin ! Je crois qu'il m'en a donné un peu, aussi -de passion pour la botanique, je veux dire. On se rend compte que les plantes peuvent être des choses merveilleuses, vraiment. Au fond, ce sont des organismes si complexes, si beaux, si paisibles... Charmants, positivement charmants. Elle s'arrête, le temps de te sourire, et puis continue : _Et sans avoir le temps de dire "zut", me voilà ici entourée de serre, dans ce superbe endroit. La vie va bien vite... Elle prend une gorgée de son café. Il ne lui en reste plus beaucoup. Elle sait qu'elle devrait bientôt retourner travailler, mais elle a encore le temps. Elle veut le prendre, de toute façon ; te connaître un peu plus. _Et vou-toi, Alyona ? Comment ça t'es venu, cette envie de travailler dans la botanique ? Tes parents travaillent autour de ça, ou bien c'est au fil de tes études que tu as découvert le domaine ?
Encore désolée du retard, je suis confuse.
#28363c
~My smile wraps around my head splitting it in two, two
Feutrée
Molly c'est le printemps ; avec elle tout paraît revivre. Il ne me suffit que de quelques minutes en sa présence pour qu'elle m'émerveille et m'enchante, je voudrais avoir toujours eu près de moi une sorcière comme elle. En fait, je crois même pouvoir murmurer dans les abysses de mes pensées que j'aurais aimé avoir une mère comme Molly Bentley. Elle me rassure et m'encourage, me pousse vers le haut et me considère ; avec elle je ne me sens plus étudiante mais adulte, les traces de terre sur mes mains prennent des reflets d'or et les quelques hésitations portées dans mes gestes s'effacent sous son regard bienveillant ; elle ferait revenir le soleil en pleine tempête. Comment ne pas se sentir à l'aise avec une telle femme ? Comment ne pas se réjouir de l'avenir quand on sait qu'elle ne sera pas loin ? Son regard, sa voix, son ton, ses paroles et même son visage et ses mouvements : tout chez elle me rassure. Près d'elle je suis aussi bien une jeune femme, une collègue, une sorcière éclairée qu'une petite fille d'une dizaine d'années à qui l'on prend la main, qu'on soutient et qu'on protège sans cesser de l'inciter à voler de ses propres ailes. Oh, Merlin ! oui, comme j'aurais aimé avoir une mère comme Molly. Et comme j'aimerais être comme elle plus tard ! Elle me transforme en l'espace d'un instant. Je n'ai même plus honte de mes joues rougies et de mes ongles terreux. Je lève les yeux vers elle et je suis gagnée d'une volonté nouvelle qui se lève dans mon cœur avec une force merveilleuse. Un sourire timide mais épanouit me mange les lèvres. Je trouve dans la lumière que l'employée dégage l'image d'une femme qui m'inspire, et mon regard en croisant le sien trahit mon admiration et le respect que j'ai pour elle.
Pourtant, l'embarras continue à me piquer les joues. Pourquoi cela la gênerait-il de me tutoyer ? Ne suis-je pas la plus jeune ? J'ai tant à apprendre d'elle ! Mais si elle n'est pas à l'aise, devrai-je la contraindre ? Je ne veux pas qu'elle se sente obligée, j'ai l'impression qu'elle m'estime également, bien que je ne le comprenne pas et ne sais pas l'expliquer, et je ne désire pas la placer dans une situation inconfortable. Oh, par Circé ! Qu'il est étrange que nos joues rougissent en miroir ! Et pourtant je me sens tellement bien avec elle, elle semble posséder une légèreté et une sincérité qui me touchent et me plaisent. Son charme m'enchante. Devrai-je la tutoyer, moi aussi ? Le pourrai-je ? Si elle le fait, ne devrai-je pas le tenter également ?
Heureusement, les paroles spontanées de la sorcière me font oublier les nœuds qui bourgeonnaient dans mes pensées. Les traits de mon visage se détendent, mon rougissement s'apaise, et je parviens de nouveau à croiser son regard, sans pouvoir cacher sous mes paupières mes grands yeux curieux, avides et admiratifs. Pense-t-elle que l'Irlande et le Passage de Draíocht sont de bons endroits pour entrer dans le monde professionnel et se trouver un lieu à soi dans la vie ? Quels conseils pourrait-elle donner à une jeune adulte comme moi ? J'ai pensé à m'installer dans une grande ville comme Londres ou Godric's Hollow, mais je ne suis pas certaine que ce soit ce que je préfère et ce que je souhaite vraiment. J'ai tant besoin de nature ! Mais ma mère accepterait-elle de me voir partir loin du milieu familial en sachant que je ne peux échapper à mes devoirs envers les miens ? Ne dois-je pas rester proche du centre de la vie sorcière pour m'y trouver une place et faire briller mon nom ? Mon cœur me murmure que je peux faire confiance à Molly, que je peux l'écouter et que ses paroles seront sages. L'envie de me confier à elle et de poser mes doutes sur ses épaules se lève dans ma poitrine.
Oui, j'aurais aimé avoir une mère comme Molly Bentley.
« Vous croyez que c'est un bon endroit pour s'installer ? J'aimerais beaucoup rester en Irlande, je m'y sens bien, mais j'ai peur de ne pas trouver d'opportunités, et que ce soit trop loin de chez moi... Ma famille est à Godric's Hollow, et ma maison familiale en Écosse, je dois pouvoir être là pour eux, pour assumer mes devoirs... Vous qui venez de Londres, vous pensez que c'est possible de travailler ici tout en restant proche de l'Angleterre ? »
C'est tellement facile que je ne peux pas m'en empêcher. Je me livre sans pouvoir me retenir, sans même savoir si cela se fait, si c'est correct et non pas déplacé. Mes joues en rougissent de nouveau. N'ai-je pas l'air perdu et peu assurée ? Ne le suis-je pas légèrement ? Mais la sorcière m'apaise, j'ai la certitude que je peux lui faire confiance. Le sourire qu'elle prend le temps de m'offrir en parlant en témoigne. Qui interrompt des paroles pour transmettre à l'autre sa lumière ? Même si elle avouait détester la botanique, je n'aurais pas pu lui en vouloir. Mais elle dit s'être prise de passion pour les plantes ! Elle doit faire une merveilleuse vendeuse si elle apprécie les produits installés sur ses étagères. Je n'ai aucun doute sur le fait qu'elle saurait convaincre même les clients les plus hésitants. Elle paraît si différente des sorciers que je connais, bien plus sincère et libre, solaire et agréable ; elle ne pense pas qu'à elle ou aux siens, ne regarde pas les statuts de sang ou les avantages politiques. C'est une femme simple, et c'est ce que j'aimerais être, moi aussi. Une adulte qui sait retirer son manteau de grande personne pour ponctuer ses phrases d'un sourire.
« J'ai découvert la botanique grâce à ma grand-mère maternelle, mais au départ je pensais plutôt m'orienter vers la médicomagie. Je voulais être utile, être au contact avec d'autres sorciers. À Poudlard, j'ai eu l'occasion de correspondre avec une élève d'une autre école de magie et de voyager dans cette école. Je voulais aller à Jadugara, car ils sont réputés pour leurs connaissances en médicomagie, et finalement on m'a associée avec une élève de Castelobruxo, une école plus proche de la botanique et des créatures magiques. C'est un peu comme cela que j'ai découvert que c'était des plantes dont j'avais besoin pour m'épanouir. Alors je me suis plutôt dirigée vers ce domaine. »
Pourtant, l'embarras continue à me piquer les joues. Pourquoi cela la gênerait-il de me tutoyer ? Ne suis-je pas la plus jeune ? J'ai tant à apprendre d'elle ! Mais si elle n'est pas à l'aise, devrai-je la contraindre ? Je ne veux pas qu'elle se sente obligée, j'ai l'impression qu'elle m'estime également, bien que je ne le comprenne pas et ne sais pas l'expliquer, et je ne désire pas la placer dans une situation inconfortable. Oh, par Circé ! Qu'il est étrange que nos joues rougissent en miroir ! Et pourtant je me sens tellement bien avec elle, elle semble posséder une légèreté et une sincérité qui me touchent et me plaisent. Son charme m'enchante. Devrai-je la tutoyer, moi aussi ? Le pourrai-je ? Si elle le fait, ne devrai-je pas le tenter également ?
Heureusement, les paroles spontanées de la sorcière me font oublier les nœuds qui bourgeonnaient dans mes pensées. Les traits de mon visage se détendent, mon rougissement s'apaise, et je parviens de nouveau à croiser son regard, sans pouvoir cacher sous mes paupières mes grands yeux curieux, avides et admiratifs. Pense-t-elle que l'Irlande et le Passage de Draíocht sont de bons endroits pour entrer dans le monde professionnel et se trouver un lieu à soi dans la vie ? Quels conseils pourrait-elle donner à une jeune adulte comme moi ? J'ai pensé à m'installer dans une grande ville comme Londres ou Godric's Hollow, mais je ne suis pas certaine que ce soit ce que je préfère et ce que je souhaite vraiment. J'ai tant besoin de nature ! Mais ma mère accepterait-elle de me voir partir loin du milieu familial en sachant que je ne peux échapper à mes devoirs envers les miens ? Ne dois-je pas rester proche du centre de la vie sorcière pour m'y trouver une place et faire briller mon nom ? Mon cœur me murmure que je peux faire confiance à Molly, que je peux l'écouter et que ses paroles seront sages. L'envie de me confier à elle et de poser mes doutes sur ses épaules se lève dans ma poitrine.
Oui, j'aurais aimé avoir une mère comme Molly Bentley.
« Vous croyez que c'est un bon endroit pour s'installer ? J'aimerais beaucoup rester en Irlande, je m'y sens bien, mais j'ai peur de ne pas trouver d'opportunités, et que ce soit trop loin de chez moi... Ma famille est à Godric's Hollow, et ma maison familiale en Écosse, je dois pouvoir être là pour eux, pour assumer mes devoirs... Vous qui venez de Londres, vous pensez que c'est possible de travailler ici tout en restant proche de l'Angleterre ? »
C'est tellement facile que je ne peux pas m'en empêcher. Je me livre sans pouvoir me retenir, sans même savoir si cela se fait, si c'est correct et non pas déplacé. Mes joues en rougissent de nouveau. N'ai-je pas l'air perdu et peu assurée ? Ne le suis-je pas légèrement ? Mais la sorcière m'apaise, j'ai la certitude que je peux lui faire confiance. Le sourire qu'elle prend le temps de m'offrir en parlant en témoigne. Qui interrompt des paroles pour transmettre à l'autre sa lumière ? Même si elle avouait détester la botanique, je n'aurais pas pu lui en vouloir. Mais elle dit s'être prise de passion pour les plantes ! Elle doit faire une merveilleuse vendeuse si elle apprécie les produits installés sur ses étagères. Je n'ai aucun doute sur le fait qu'elle saurait convaincre même les clients les plus hésitants. Elle paraît si différente des sorciers que je connais, bien plus sincère et libre, solaire et agréable ; elle ne pense pas qu'à elle ou aux siens, ne regarde pas les statuts de sang ou les avantages politiques. C'est une femme simple, et c'est ce que j'aimerais être, moi aussi. Une adulte qui sait retirer son manteau de grande personne pour ponctuer ses phrases d'un sourire.
« J'ai découvert la botanique grâce à ma grand-mère maternelle, mais au départ je pensais plutôt m'orienter vers la médicomagie. Je voulais être utile, être au contact avec d'autres sorciers. À Poudlard, j'ai eu l'occasion de correspondre avec une élève d'une autre école de magie et de voyager dans cette école. Je voulais aller à Jadugara, car ils sont réputés pour leurs connaissances en médicomagie, et finalement on m'a associée avec une élève de Castelobruxo, une école plus proche de la botanique et des créatures magiques. C'est un peu comme cela que j'ai découvert que c'était des plantes dont j'avais besoin pour m'épanouir. Alors je me suis plutôt dirigée vers ce domaine. »
Je suis vraiment heureuse de pouvoir lire, relire et répondre à tes jolis textes, j'aime énormément la tournure que prend ce rp et l'importance que Molly prend pour Alyona
!
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
baisse de présence jusque fin juillet
baisse de présence jusque fin juillet
Feutrée
Reducio
| Molly, 41 ans ![]() | wo |
_Ah, la jeunesse..., dit-elle en souriant avec indulgence. Son corps s’anime, elle discute, tu vois bien qu’elle est contente d’avoir une aussi bonne compagnie que la tienne. Ses joues rosissent quand tu lui demandes conseil ; qu’une jeune femme si accomplie comme toi, plus érudite qu’elle à ton âge, c’est certain, lui fasse confiance si rapidement, cela la touche. Elle ne se voit plus comme serveuse, mais comme une mère accomplie de 5 enfants, une femme mature et sensée, et par tes yeux qui pétillent et hésitent et se cherchent encore, où la jeunesse ricoche encore en échos, elle apprend sa valeur. Plus que par n’importe qui d’autre, c’est par toi qu’elle se voit. Et elle se rappelle jeune, pleine d’espoir, perdue, amoureuse, et ce tendre souvenir lui donne pour un instant des yeux rieurs. Ah, la jeunesse… _Vous voulez vous éloignez, mais dans quelques années, ce que vous voudrez plus que tout sera de revenir chez vous, auprès des vôtres. C'est important, la famille, un trésor tout ce qu'il y a d'plus précieux. Mais tu sais ça, tu sais ça, je n't'apprend rien. Une fille sensée comme toi n'abandonnerait pas ses vieux parents pour un sou, ça non ! Enfin j'espère, j'espère, ne viens pas les oublier. Une lettre de temps en temps, et puis manger des patates rôties le dimanche en discutant météo, même si c'est ennuyant. C'est important, pardi, la famille ! Tu touches une corde sensible ; pour la première fois, ses bras s’agitent un peu, tu la vois investie. Elle a des enfants majeurs, maintenant, elle sait de quoi elle parle. Son ton n’est pas méchant, mais il est plus intense, plus intime. Fais attention, jeune pousse, le danger n’est pas loin : si tu es attentive, tu sens qu’un pas dans l’une ou l’autre direction pourrait t’emmener plus loin que tu ne le voudrais peut-être. Que défend-elle ? Oublie, respire, sourit, acquiesce, mais ne relève pas ; un autre temps peut-être ; il y a des temps pour tout mais aujourd’hui, c’est un temps pour rien. Un temps pour se connaître et un temps pour vivre ; un temps pour les petites phrases et les tasses de café. N’aurais-tu pas dit la même chose ? Oh- la voilà qui repart - tu n’as pas le temps de relever ses valeurs familiales qu’elle enchaîne sa réponse avec une camaraderie retrouvée :
_Mais je pense que la jeunesse, c'est aussi pour vivre à fond, bien sûr, bien sûr. Fais-toi plaisir, t'auras moins l'occasion de le faire après ! Alors voilà, si c'est l'Irlande qui te fait de l’œil, fonce, tente tout, fais le plein de falaises et de nature, et au pire tu pourras r'commencer ! Même si j’ai peur que tu ne te sente bien seule, perdue dans des coins reculés comme ça. Mais après tout, un petit transplanage, pif pouf, et te voilà à Londres avec tous les copains, le plus important c'est de ne pas perdre le lien, c’est bien vrai. Les amitiés se perdent que si on les laisse s’oublier. Et il faut que tu te fasses des connaissances, ça oui : va à des forum, pose des questions -parce que c'est comme ça que tu te feras connaître. Passe dans les marchés botaniques, va voir les collections privées, fais toi des connaissances et un petit nom, parce que la botanique c'est aussi beaucoup des relations, on va pas se mentir. En Irlande ou en Angleterre, les règles sont les mêmes ! Après voilà, mon mari pense que dans l'métier, on se méfie d'abord de ceux qui vivent en ville… (elle tend l'index, récitant d'un air trop sérieux, comme un vieux moraliste, une maxime qui la fait beaucoup rire, puisqu'elle vient de son mari, qui est lui-même londonien des feuilles aux racines : ) Londres n'est certainement pas un lieu sérieux à habiter quand on est botaniste. Elle prend une grande inspiration, éclate d’un rire cristallin. _N’est-ce pas positivement charmant, à défaut d’êtr’vrai ? Et sans avoir la moindre idée qu'elle s’est contredite à chaque nouveau détour, elle te fait un large sourire, les joues rosées de tous ces avis si tranchés qu'elle a eu plaisir à discuter.
Tu dis peu, mais elle t’écoute aussi intensément qu’elle parle. Elle vit dans le moment ; et son moment, aujourd’hui, c’est toi. Sa tasse est oubliée sur un rebord de la table, de la fumée s’y échappe encore. Son regard s’adoucit alors qu’elle ne parle plus. Un battement de paupière comme pour arrêter le temps, et tout se ralentit à la vitesse de tes mots. Tu es si calme, Alyona, comme une vague tranquille qui accoste le rivage, et qui sans un bruit se retire pour y laisser des coquillages. Si calme ; elle aurait voulu être toi. Parler moins, parler mieux, s’embarrasser d’un sourire gêné et de gestes précis, en sourdine. Vivre dans la nuance. Mais Molly vit dans la vie, et c’est déjà très bien pour elle. Elle se corrige : elle ne veut pas être toi, mais elle te souhaite d’être toi-même.
Tu es si… parfaite, non. Mais tu t’en approches. Ça la blesse, mais elle ne sait pas encore pourquoi. Ce n’est pas par apport à elle, mais alors, par apport à qui ?
Elle se ressaisit quand tu t’arrêtes de parler, mais son sourire s’est effacé. Où va-t-il quand il disparaît ? Pourquoi n’est-il plus là ? -Elle veut dire quelque chose, se retient. Elle hésite, ses rides se font plus visibles alors que les rayons n’éblouissent plus son visage et le rend reconnaissable, mortel. Un humain derrière le soleil. Veut-elle se confier ? -Elle saute
presque à regret
_C’est bien, c’est bien -c’est un beau parcours. Dis-moi… Tu… Tu sais, j’ai plusieurs enfants, moi, ils sont un peu comme toi. Tu as quel âge ? Tu me sembles si… Enfin, assurée je ne sais pas, mais tu poses les bonnes questions, tu a trouvé un stage, une passion. Et quand je regarde mes fils, tu vois, ça a été un peu plus compliqué, pas un aussi joli parcours comme le tien, et… Enfin, j’ai l’impression de les avoir laissé tombé. Un petit peu. De ne pas leur avoir donné assez pour réussir, tu vois ? Un sourire hésitant. La simplicité dans ses gestes, c’est un livre ouvert : elle se sent étrange de se livrer à quelqu’un de si jeune sur le fait d’être parent, et pourtant elle recherche ton approbation. D’une mère à une fille, elle veut savoir qu’elle n’a pas tout raté.
A wizard is never late, Frodo Baggins -dommage que je ne suis pas un magicien. Mes excuses !
S’il faut raccourcir mon post, je peux sans problème.
#9d6c6c "And love is love is love is love is love is love is love is love is love is love, cannot be killed or swept aside !" -Happy Pride Month !
Feutrée
S'éloigner de sa famille ? Mes joues rougissent de nouveau, ses mots me touchent là où il faut. N'est-ce pas un désir sous-jacent, une envie que j'essaie de cacher, ce besoin de prendre mes distances avec les miens, de jouer avec l'écart pour en tester les limites ? Cela fait des années que je ne passe plus mes journées avec eux, des années que nous ne nous voyons qu'à peine. Après l'Institut, une fois diplômée, je pourrais retourner parmi eux, rentrer chez moi, redonner vie à ma chambre, redonner une chance à nos relations, rebâtir quelque chose. Mais est-ce vraiment chez-moi ? Voilà le rougissement, le point douloureux et incertain : plus le temps passe, plus les difficultés sont grandes, moins je me sens proche d'Anastasia et John. Pourtant c'est important, n'est-ce pas ? Je le sais, Molly ne me révèle rien, comme elle s'en doute. Alors dois-je persister, tout tenter pour maintenir notre navire sur l'eau, l'empêcher de couler à tout prix ? La famille, un trésor... Alors pourquoi en vois-je si peu l'éclat ? Est-ce de ma faute ? Est-ce à cause de moi ? Il est de mon devoir de m'accrocher. Peu importe ce qu'on exige, c'est nécessaire. En réfléchissant, en me mettant à la place de ma mère, la compréhension me gagne et ne me laisse pas le choix ; je sais que je ne peux pas les abandonner, ni trop m'éloigner, parce qu'ils m'aiment, et que je les aime, et mes désirs d'aventure et d'espace doivent toujours passer après cela, après le bien de ma famille. Molly a raison, et pourtant c'est douloureux.
Peut-être parce que ma famille n'est pas exactement celle dont on pourrait rêver. Peut-être parce qu'elle me fait mal, parfois.
Mes parents ne mangent pas de patates rôties le dimanche, pensé-je avec un sourire pour cette image à la fois douce et ravissante. Mes parents ne discutent jamais de la météo avec moi. Il n'y a pas d'ennui, juste du malaise, juste du silence. Ils ne parlent jamais pour ne rien dire, tout tourne sans cesse autour de leur travail, de notre avenir, de nos devoirs les uns envers les autres. Où est l'amour là-dedans ? Les sentiments s'expriment peu, et ce sont eux que j'ai peur de perdre, d'oublier, et non mes parents.
Comment faire en sorte que ce ne soit pas le cas ? Dois-je renoncer à mes rêves d'Irlande pour cela ?
Je garde le silence, les lèvres presque pincées, le regard baissé, voilé. Que dire ? J'ai le mal des évidences. Dois-je avouer que ma famille m'est décevante ? Non, ce serait me mettre dans une position inconfortable. Certes, ils ne sont pas parfaits, mais quels parents le sont ? Et est-ce seulement une raison valable pour les oublier ?
Je ne les abandonnerai pas, me garantis-je en hochant discrètement la tête.
La suite des propos de la sorcière plante un sourire sur mes lèvres. Je redresse le regard, mon cœur accélère dans ma poitrine ; l'enthousiasme revient me frapper comme la foudre en une fraction de seconde. Vivre à fond, s'écouter, être libre, se laisser porter par le vent. Mes poumons se gonflent d'air et de rêves, et des landes vertes s'y glissent, recouvrant l'horizon, fleurissantes de promesses. Bientôt, le monde s'ouvrira à moi, dans toutes ses possibilités. Une fois diplômée, je pourrais marcher des heures sans devoir quoi que ce soit à qui que ce soit ; je deviendrais professionnelle, me bâtirais des contacts, me forgerais un avenir à partir de mes choix ; certes, il y a un aspect terrifiant, mais il y a aussi une exaltation puissante à l'idée de liberté. Comme un oiseau qui saute enfin du nid, ailes ouvertes, et s'en va.
Je rêve d'être portée par le vent.
« Vous avez raison. Mais ne vous en faites pas, je ne suis pas seule. J'ai ma famille, après tout. » Et j'ai Vana, ma sœur, la famille choisie, celle qu'il m'est impossible d'abandonner. « Je connais quelques noms de forums, de marchés ou de professionnels. Mr. McClure pourra peut-être aussi m'en donner. Je commencerai par là, j'irai voir, je chercherai, et puis cela m'intéresse. » Mon sourire s'étire, je hoche la tête avec enthousiasme sans m'en rendre compte. « J'ai tellement hâte ! Enfin, cela me fait un peu peur, bien sûr, mais c'est aussi assez excitant... »
L'embarras me grimpe aux joues, discret. Est-ce étrange d'avoir hâte d'entrer dans le monde professionnel ? Et si Molly pensait que cela signifiait un désir de m'éloigner de mes parents en gagnant en indépendance ? Le jugerait-elle déplacé ?
Tandis que la terre m'avale dans ses songes d'avenir et de merveilles, le visage de la sorcière est assombri par un nuage. Son sourire perd en volonté, et je l'observe de mes grands yeux étonnés, ébahis de voir sa lumière ainsi diminuée, et inquiets de ce que cela cache, de ce que cela peut signifier. Molly est-elle triste ? Cela me secoue, je ne serais pas parvenue à l'imaginer. Cette femme de soleil peut être atteinte et bouleversée par un nuage. Il y a dans cette image un impossible à vaincre. Qu'ai-je fait, qu'ai-je dit de mal ?
Mais ce n'est pas ma faute. C'est une histoire de doutes, d'incertitudes, comme je les connais si bien. Et peut-être qu'alors, nous ne sommes pas si différentes, elle et moi, dans nos failles et dans nos rayonnements.
Je cligne plusieurs fois des yeux, muette, interdite. Je ne comprends pas pourquoi Molly se confie à moi, et cependant cela me touche d'une manière que je ne saurais pas décrire. Qui suis-je pour lui donner mon avis ? Pourquoi mes paroles compteraient-elles, pourquoi seraient-elles signifiantes ? Suis-je vraiment l'étudiante posée au parcours réussi que la sorcière semble voir en moi ?
Ne suis-je pas imparfaite, moi aussi, soumise aux nuages, aux erreurs, terrain fertile pour les mauvaises herbes ?
Mon regard frôle le sol, incapable de se sentir assez fort pour grimper dans les hauteurs. Ma voix se fait prudente, lente ; elle n'est pas assurée et se craint maladroite.
« Si vos fils continuent à venir vous voir chaque dimanche, c'est peut-être parce qu'ils ne veulent pas vous laisser de côté, parce qu'ils savent que vous, vous ne les avez pas laissé tomber. » Je tente un sourire et cherche timidement les yeux de Molly. « Tous les parcours ne sont pas droits, et parfois ce n'est pas une question de manque de réussites, juste peut-être une histoire de personnes qui ont besoin de se chercher, de tenter. Cela ne veut pas dire que vous n'en avez pas fait assez, juste peut-être que vos enfants avaient besoin de tâtonner. » Et je tâtonne tellement, moi aussi, si vous le saviez, Molly ! Je doute, j'hésite, je ne sais pas quelle route suivre, je ne sais pas comment agir. Je manque d'assurance. Comment soigner cette plante ? Comment faire plaisir à mes parents ? Dois-je chercher à partir dans la recherche ou ailleurs ? Y a-t-il des risques pour que je m'égare ? Et si j'ai besoin de m'égarer ? En ai-je le droit ? « Mais vous... Vous avez l'air d'être une mère incroyable. Si vous laissez à vos enfants le droit d'échouer, parfois, c'est... c'est que cela en dit déjà beaucoup de vous. J'aurais aimé que ma mère ait cet état d'esprit, vous savez », confié-je dans un murmure, les yeux de nouveau baissés, confessant ma douleur.
Peut-être parce que ma famille n'est pas exactement celle dont on pourrait rêver. Peut-être parce qu'elle me fait mal, parfois.
Mes parents ne mangent pas de patates rôties le dimanche, pensé-je avec un sourire pour cette image à la fois douce et ravissante. Mes parents ne discutent jamais de la météo avec moi. Il n'y a pas d'ennui, juste du malaise, juste du silence. Ils ne parlent jamais pour ne rien dire, tout tourne sans cesse autour de leur travail, de notre avenir, de nos devoirs les uns envers les autres. Où est l'amour là-dedans ? Les sentiments s'expriment peu, et ce sont eux que j'ai peur de perdre, d'oublier, et non mes parents.
Comment faire en sorte que ce ne soit pas le cas ? Dois-je renoncer à mes rêves d'Irlande pour cela ?
Je garde le silence, les lèvres presque pincées, le regard baissé, voilé. Que dire ? J'ai le mal des évidences. Dois-je avouer que ma famille m'est décevante ? Non, ce serait me mettre dans une position inconfortable. Certes, ils ne sont pas parfaits, mais quels parents le sont ? Et est-ce seulement une raison valable pour les oublier ?
Je ne les abandonnerai pas, me garantis-je en hochant discrètement la tête.
La suite des propos de la sorcière plante un sourire sur mes lèvres. Je redresse le regard, mon cœur accélère dans ma poitrine ; l'enthousiasme revient me frapper comme la foudre en une fraction de seconde. Vivre à fond, s'écouter, être libre, se laisser porter par le vent. Mes poumons se gonflent d'air et de rêves, et des landes vertes s'y glissent, recouvrant l'horizon, fleurissantes de promesses. Bientôt, le monde s'ouvrira à moi, dans toutes ses possibilités. Une fois diplômée, je pourrais marcher des heures sans devoir quoi que ce soit à qui que ce soit ; je deviendrais professionnelle, me bâtirais des contacts, me forgerais un avenir à partir de mes choix ; certes, il y a un aspect terrifiant, mais il y a aussi une exaltation puissante à l'idée de liberté. Comme un oiseau qui saute enfin du nid, ailes ouvertes, et s'en va.
Je rêve d'être portée par le vent.
« Vous avez raison. Mais ne vous en faites pas, je ne suis pas seule. J'ai ma famille, après tout. » Et j'ai Vana, ma sœur, la famille choisie, celle qu'il m'est impossible d'abandonner. « Je connais quelques noms de forums, de marchés ou de professionnels. Mr. McClure pourra peut-être aussi m'en donner. Je commencerai par là, j'irai voir, je chercherai, et puis cela m'intéresse. » Mon sourire s'étire, je hoche la tête avec enthousiasme sans m'en rendre compte. « J'ai tellement hâte ! Enfin, cela me fait un peu peur, bien sûr, mais c'est aussi assez excitant... »
L'embarras me grimpe aux joues, discret. Est-ce étrange d'avoir hâte d'entrer dans le monde professionnel ? Et si Molly pensait que cela signifiait un désir de m'éloigner de mes parents en gagnant en indépendance ? Le jugerait-elle déplacé ?
Tandis que la terre m'avale dans ses songes d'avenir et de merveilles, le visage de la sorcière est assombri par un nuage. Son sourire perd en volonté, et je l'observe de mes grands yeux étonnés, ébahis de voir sa lumière ainsi diminuée, et inquiets de ce que cela cache, de ce que cela peut signifier. Molly est-elle triste ? Cela me secoue, je ne serais pas parvenue à l'imaginer. Cette femme de soleil peut être atteinte et bouleversée par un nuage. Il y a dans cette image un impossible à vaincre. Qu'ai-je fait, qu'ai-je dit de mal ?
Mais ce n'est pas ma faute. C'est une histoire de doutes, d'incertitudes, comme je les connais si bien. Et peut-être qu'alors, nous ne sommes pas si différentes, elle et moi, dans nos failles et dans nos rayonnements.
Je cligne plusieurs fois des yeux, muette, interdite. Je ne comprends pas pourquoi Molly se confie à moi, et cependant cela me touche d'une manière que je ne saurais pas décrire. Qui suis-je pour lui donner mon avis ? Pourquoi mes paroles compteraient-elles, pourquoi seraient-elles signifiantes ? Suis-je vraiment l'étudiante posée au parcours réussi que la sorcière semble voir en moi ?
Ne suis-je pas imparfaite, moi aussi, soumise aux nuages, aux erreurs, terrain fertile pour les mauvaises herbes ?
Mon regard frôle le sol, incapable de se sentir assez fort pour grimper dans les hauteurs. Ma voix se fait prudente, lente ; elle n'est pas assurée et se craint maladroite.
« Si vos fils continuent à venir vous voir chaque dimanche, c'est peut-être parce qu'ils ne veulent pas vous laisser de côté, parce qu'ils savent que vous, vous ne les avez pas laissé tomber. » Je tente un sourire et cherche timidement les yeux de Molly. « Tous les parcours ne sont pas droits, et parfois ce n'est pas une question de manque de réussites, juste peut-être une histoire de personnes qui ont besoin de se chercher, de tenter. Cela ne veut pas dire que vous n'en avez pas fait assez, juste peut-être que vos enfants avaient besoin de tâtonner. » Et je tâtonne tellement, moi aussi, si vous le saviez, Molly ! Je doute, j'hésite, je ne sais pas quelle route suivre, je ne sais pas comment agir. Je manque d'assurance. Comment soigner cette plante ? Comment faire plaisir à mes parents ? Dois-je chercher à partir dans la recherche ou ailleurs ? Y a-t-il des risques pour que je m'égare ? Et si j'ai besoin de m'égarer ? En ai-je le droit ? « Mais vous... Vous avez l'air d'être une mère incroyable. Si vous laissez à vos enfants le droit d'échouer, parfois, c'est... c'est que cela en dit déjà beaucoup de vous. J'aurais aimé que ma mère ait cet état d'esprit, vous savez », confié-je dans un murmure, les yeux de nouveau baissés, confessant ma douleur.
Raccourcir ton post ? Retirer certains de tes mots ? Quelle drôle d'idée
!
(et puis, j'ai beaucoup écrit moi aussi je crois ahah)
(et puis, j'ai beaucoup écrit moi aussi je crois ahah)
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
baisse de présence jusque fin juillet
baisse de présence jusque fin juillet
Feutrée
Molly acquiesce à ta réponse. Tu as de la famille ; c'est bien. Elle se note de te donner les contacts de ton mari : n'est-il pas, lui aussi, après tout, dans "le milieu" ? Il a certes une petite entreprise, mais une entreprise quand même. Il faudrait qu'elle parle de toi, cette jeune femme qui, sans doute, aura un joli avenir, et il faudrait qu'elle obtienne de lui qu'elle te partage son adresse de la poste, pour un petit hibou. Oh, il faudrait : si seulement ils se parlaient encore un peu. Chacun parle des patates pour ne pas parler du reste, par peur de contrarier l'autre. Mais il faudrait que cela change. Se crier dessus était peut-être mieux que ne pas se parler du tout... Ou alors elle faisait fausse route. Qu'as-tu dit ? Ah oui, tu as une famille. Eux aussi, ils faut qu'ils soient la famille de quelqu'un, comme toi tu as la tienne.
Molly attend ta réponse et tu vois dans son regard qu'elle regrette de l'avoir posé. Elle a peur de te repousser : les gens de bonne société ne parlent pas de choses si sincères quand ils se rencontrent pour la première fois. Mais elle n'a jamais fait partie de la bonne société, et, d'ailleurs, peut-être que toi non plus : et tout son visage s'illumine quand ta réponse devient sérieuse. Un éclair de surprenante fierté passe dans son visage plein de bonhommie retrouvée : elle n'aurait jamais eu le courage d'aborder de si graves sujets si tôt, si elle ne s'était pas confiée en premier. Mais toi, ça ne te dérange pas, et tu réponds en lui faisant grâce de rire ou de reculer : tu as l'élégance d’accueillir ses mots et de les accompagner. Être une famille et être plus à l'écoute : la liste s'allonge... Mais ce n'est pas plus mal. Molly ne devient Molly que si elle est avec les autres : seule, elle n'est qu'elle-même, sans substance. Et sa plus grande joie est de savoir que c'est dans les rencontres qu'on apprend à être soi. En allant vers les gens, elle va aussi vers elle-même.
Après la surprise et la fierté pour toi vient l'écoute, et elle t'écoute avec la plus grande des attentions. Elle a peur de ce que tu peux dire, parce qu'elle sait que par miracle, elle est attachée à tes mots avant même qu'ils ne l'atteignent, comme une plage aux remous incessant des vagues. Elle cherche validation, et ça l'étonne : quand a-elle commencé à douter d'elle-même ? Elle se pensait simple, tranquille, sereine, mais bien sûr, tout le monde a besoin d'être conforté de temps en temps. Une comparaison, sans fioriture mais tout à son image, vient à son esprit : tu es un peu son chocolat chaud, un jour froid d'hiver, qui lui rappelle qu'il fait toujours bon-vivre. Enfin, un peu plus qu'un chocolat chaud, quand même. Un chocolat chaud n'apporte rien de nouveau, mais toi, tu n'étais que nouveauté.
Nouveauté parce que tes mots ne sont jamais ceux que les adultes lui donnent ; ses collègues ; ses amis ; quand elle se confient à eux. C'est toujours : ...Après, Ada a l'air de s'en sortir, non ?, ou bien la-réussite-en-vrai-qu'est-ce-que-c'est-réellement, hein ?, ou un balbutiant : oooh, ils sont jeunes, c'est tout... Mais toi, tu ne te caches pas derrière des façades. Et ça fait mal, un mal de bien, un mal de fou, parce que la sincérité fait peur, parce qu'il te semble à l'entendre qu'elle aurait pu perdre ses enfants comme tu as perdu tes parents, parce que cela est si étrange de voir une jeune femme s'exprimer aussi justement, parce qu'elle a de la peine pour toi qui semble soudain si fragile, parce qu'elle voit alors ses enfants aussi fragiles que toi -elle, si puissante de gâcher leurs vies, et cela l'effraie, d'un coup -, parce que tes mots apportent une joie et une sérénité et une réassurance si fortes qu'elles en sont violentes, parce qu'elle se demande depuis quand elle ne leur avait pas pris dans ses bras, parce qu'elle a peur -non, elle sait !, elle sait qu'en faisant un peu près bien son rôle, elle n'a plus autant d'importance dans leurs vies qu'avant. Parce que personne ne lui avait dit qu'elle était une mère incroyable, avant. Parce qu'elle a envie de te croire, et en même temps, elle a peur de le faire. _C'est vrai, c'que tu pense ? C'est... adorable, vraiment. Le soleil cherche ses mots. Le visage empreint de surprise, les mots de chaleur, les yeux de reconnaissance. _Merci. C'est... Ça veut dire beaucoup pour moi. Hésitation. Les joues se remplissent d'un sourire. _Tu as probablement raison, bien sûr. Ils faut bien les laisser vivre un peu. Une fois qu'ils deviennent majeurs, notre travail de parent est surtout de leur faire confiance, un peu. Son regard, de courtois-fuyant se fait fixe-sincère : tes yeux cherchait les siens, les voilà, elle te dit d'un ton qui n'est pas désolé, parce qu'être désolé ne résout rien, mais plutôt d'un ton doux, serein, un ton clair qui sonne comme un galet poli le long d'une rivière d'eau douce : _Mais tu sais, Molly, votre mère, et le vouvoiement revient l'espace d'un bref moment, comme un respect prudent face à l'entité froide que constitue ta, votre, mère : _elle est comme toi, comme moi, elle aussi a fait des erreurs. Elle a "tâtonné". Si elle est si..., c'est peut-être qu'elle s'en veut toujours. Mais à elle -pas à toi. Elle ne t'en veux probablement pas, tu sais, elle a juste peur pour toi. Elle n'veut qu'ton bien, même si ça t'étouffe un peu. Molly sait que ce n'est peut-être pas les mots que tu veux entendre. Mais ce sont les mots qu'elle a.
Hé !
La réponse la plus rapide de la carrière de ma triste Plume.
#9d6c6c "And love is love is love is love is love is love is love is love is love is love, cannot be killed or swept aside !" -Happy Pride Month !
Molly attend ta réponse et tu vois dans son regard qu'elle regrette de l'avoir posé. Elle a peur de te repousser : les gens de bonne société ne parlent pas de choses si sincères quand ils se rencontrent pour la première fois. Mais elle n'a jamais fait partie de la bonne société, et, d'ailleurs, peut-être que toi non plus : et tout son visage s'illumine quand ta réponse devient sérieuse. Un éclair de surprenante fierté passe dans son visage plein de bonhommie retrouvée : elle n'aurait jamais eu le courage d'aborder de si graves sujets si tôt, si elle ne s'était pas confiée en premier. Mais toi, ça ne te dérange pas, et tu réponds en lui faisant grâce de rire ou de reculer : tu as l'élégance d’accueillir ses mots et de les accompagner. Être une famille et être plus à l'écoute : la liste s'allonge... Mais ce n'est pas plus mal. Molly ne devient Molly que si elle est avec les autres : seule, elle n'est qu'elle-même, sans substance. Et sa plus grande joie est de savoir que c'est dans les rencontres qu'on apprend à être soi. En allant vers les gens, elle va aussi vers elle-même.
Après la surprise et la fierté pour toi vient l'écoute, et elle t'écoute avec la plus grande des attentions. Elle a peur de ce que tu peux dire, parce qu'elle sait que par miracle, elle est attachée à tes mots avant même qu'ils ne l'atteignent, comme une plage aux remous incessant des vagues. Elle cherche validation, et ça l'étonne : quand a-elle commencé à douter d'elle-même ? Elle se pensait simple, tranquille, sereine, mais bien sûr, tout le monde a besoin d'être conforté de temps en temps. Une comparaison, sans fioriture mais tout à son image, vient à son esprit : tu es un peu son chocolat chaud, un jour froid d'hiver, qui lui rappelle qu'il fait toujours bon-vivre. Enfin, un peu plus qu'un chocolat chaud, quand même. Un chocolat chaud n'apporte rien de nouveau, mais toi, tu n'étais que nouveauté.
Nouveauté parce que tes mots ne sont jamais ceux que les adultes lui donnent ; ses collègues ; ses amis ; quand elle se confient à eux. C'est toujours : ...Après, Ada a l'air de s'en sortir, non ?, ou bien la-réussite-en-vrai-qu'est-ce-que-c'est-réellement, hein ?, ou un balbutiant : oooh, ils sont jeunes, c'est tout... Mais toi, tu ne te caches pas derrière des façades. Et ça fait mal, un mal de bien, un mal de fou, parce que la sincérité fait peur, parce qu'il te semble à l'entendre qu'elle aurait pu perdre ses enfants comme tu as perdu tes parents, parce que cela est si étrange de voir une jeune femme s'exprimer aussi justement, parce qu'elle a de la peine pour toi qui semble soudain si fragile, parce qu'elle voit alors ses enfants aussi fragiles que toi -elle, si puissante de gâcher leurs vies, et cela l'effraie, d'un coup -, parce que tes mots apportent une joie et une sérénité et une réassurance si fortes qu'elles en sont violentes, parce qu'elle se demande depuis quand elle ne leur avait pas pris dans ses bras, parce qu'elle a peur -non, elle sait !, elle sait qu'en faisant un peu près bien son rôle, elle n'a plus autant d'importance dans leurs vies qu'avant. Parce que personne ne lui avait dit qu'elle était une mère incroyable, avant. Parce qu'elle a envie de te croire, et en même temps, elle a peur de le faire. _C'est vrai, c'que tu pense ? C'est... adorable, vraiment. Le soleil cherche ses mots. Le visage empreint de surprise, les mots de chaleur, les yeux de reconnaissance. _Merci. C'est... Ça veut dire beaucoup pour moi. Hésitation. Les joues se remplissent d'un sourire. _Tu as probablement raison, bien sûr. Ils faut bien les laisser vivre un peu. Une fois qu'ils deviennent majeurs, notre travail de parent est surtout de leur faire confiance, un peu. Son regard, de courtois-fuyant se fait fixe-sincère : tes yeux cherchait les siens, les voilà, elle te dit d'un ton qui n'est pas désolé, parce qu'être désolé ne résout rien, mais plutôt d'un ton doux, serein, un ton clair qui sonne comme un galet poli le long d'une rivière d'eau douce : _Mais tu sais, Molly, votre mère, et le vouvoiement revient l'espace d'un bref moment, comme un respect prudent face à l'entité froide que constitue ta, votre, mère : _elle est comme toi, comme moi, elle aussi a fait des erreurs. Elle a "tâtonné". Si elle est si..., c'est peut-être qu'elle s'en veut toujours. Mais à elle -pas à toi. Elle ne t'en veux probablement pas, tu sais, elle a juste peur pour toi. Elle n'veut qu'ton bien, même si ça t'étouffe un peu. Molly sait que ce n'est peut-être pas les mots que tu veux entendre. Mais ce sont les mots qu'elle a.
Hé !
#9d6c6c "And love is love is love is love is love is love is love is love is love is love, cannot be killed or swept aside !" -Happy Pride Month !
