S’éblouir
20 décembre 2050
1ère année RP
On voyait parfois en premier d’une personne ses épaules. Elle nous rentrait dedans comme elle rentrait dans la vie, le regard franc, le menton haut et les jambes décidées. Quelque fois c’était un bout de nez qui dépassait, puis qui disparaissait ; plus rien ; puis soudain, réapparaissant, on avait devant nous, hésitante, la curiosité d’un gamin. Mais on ne voyait rien d’Otis avant de le voir tout en entier. Il apparaissait comme ça, d’un coup, comme s’il s’était trompé de chemin ou que quelqu’un l’avait poussé par l’arrière. Une erreur de la vie, peut-être, qui s’était emmêlé les pinceaux et l’avait peint soudainement là où il n’était pas. Il ne semblait jamais à sa place, il dénotait dans le paysage avec son air apeuré, ses oreilles décollées et ses grandes jambes étirées comme un bonhomme bâton. Il arrivait sans vous prévenir, avec un air doux et des gestes maladroits, une manie de bouger partout et de tout faire tomber, un sourire invaincu et des yeux constamment étonnés, mais ravis, de sa propre existence.
Un jour, il n’y avait pas d’Otis ; l’autre, il ne vous quittait plus.
Le stand du Jardin l’acceuillit avec un grand fracas. D’un coup, il exista pour vous ; un champignon sauteur avait sauté chez son voisin, et tant pis si c’était une violation de propriété privée. _Mince. Le mot avait été chuchoté, comme si malgré le silence causé par le bruit soudain et les têtes tournées vers lui, personne ne pouvait ni entendre ni voir le gamin qui avait fait tomber une décoration florale. _Il suffit juste de… Il prit la couronne, une poignée des boules qui s’en étaient échappées, et puis remit le tout sur son étagère, posant maladroitement de travers la bougie de la couronne qui régnait auparavant bien droite en son centre. _Voilàààà ! Il releva la tête, fier comme un coq, pour trouver Alyona, et probablement chaque personne dans la boutique, le regardant. Il précisa, comme si personne ne l’avait vu : _J’suis désolée Miss, j’ai fait tombé vo’te couronne. Il la désigna d’un mouvement du pouce. _Mais rien d’cassé, hein ! Regardez, je l’ai même remise tout bien sur l’étagère. Il n’avait pas l’air inquiet de sa bêtise, mais il avait le mérite d’avoir l’air contrit, pour un instant. Il attendit que quelqu’un lui dise que ce n’était pas grave, ou de faire attention, figé sur place comme nécessitant une invitation avant de reprendre ses rêveries. Mais que le commentaire soit venu ou non, quelques secondes plus tard, il eût tôt fait de recommencer son inspection de la boutique.
Ces yeux vagabondèrent d’Alyona au reste du stand, et pétillèrent devant tant de jolies choses. Il partit un moment, distrait par les plantes lumineuses du plafond qui semblèrent être, le temps d’un instant, le summum de la botanique moderne. Puis il voulut inspecter les décorations en face de lui, fit un pas en arrière, faillit trébucher et tomber sur les étagères, se redressa d’un bond comme un ressort et plaça ses mains dans son dos, comme un petit garçon qui sait qu’il a fait une bêtise. _Ouups. Son réflexe fut de revenir sur Alyona, qu’il avait identifié comme la gérante, et il sourit d’un air amusé du comique de la situation, ce qui fit remonter ses oreilles décollées, et haussa les épaules d’un air résigné face à sa maladresse. En quelques bondissantes enjambées, il s’approcha de la vendeuse. Il avait un l’air embêté d’un enfant qui vient déranger une grande personne. _Dites, Miss, je peux rester un peu avec vous ? Promis, je ne fais plus rien tomber. Ma maman m’a dit que si je me perdais dans le marché, la boutique avec plein de plantes était le point de rendez-vous. Et euh… Ben, j’me suis un tout petit peu perdu. Il attendit patiemment, mais anxieusement la réponse. Il avait un corps gauche, et grand pour sa taille, et un air doux, si manifestement rempli de vie et pourtant, au lieu d’un feu d’artifice, tout semblait comme en sourdine.
@Alyona Farrow, c’est un test ? Dis moi si le début te convient ou pas, je peux changer si ça t’inspire moyennement.
"I saved Latin. …What’d you ever do?” -Max Fischer, Rushmore
1ère année RP
On voyait parfois en premier d’une personne ses épaules. Elle nous rentrait dedans comme elle rentrait dans la vie, le regard franc, le menton haut et les jambes décidées. Quelque fois c’était un bout de nez qui dépassait, puis qui disparaissait ; plus rien ; puis soudain, réapparaissant, on avait devant nous, hésitante, la curiosité d’un gamin. Mais on ne voyait rien d’Otis avant de le voir tout en entier. Il apparaissait comme ça, d’un coup, comme s’il s’était trompé de chemin ou que quelqu’un l’avait poussé par l’arrière. Une erreur de la vie, peut-être, qui s’était emmêlé les pinceaux et l’avait peint soudainement là où il n’était pas. Il ne semblait jamais à sa place, il dénotait dans le paysage avec son air apeuré, ses oreilles décollées et ses grandes jambes étirées comme un bonhomme bâton. Il arrivait sans vous prévenir, avec un air doux et des gestes maladroits, une manie de bouger partout et de tout faire tomber, un sourire invaincu et des yeux constamment étonnés, mais ravis, de sa propre existence.
Un jour, il n’y avait pas d’Otis ; l’autre, il ne vous quittait plus.
Le stand du Jardin l’acceuillit avec un grand fracas. D’un coup, il exista pour vous ; un champignon sauteur avait sauté chez son voisin, et tant pis si c’était une violation de propriété privée. _Mince. Le mot avait été chuchoté, comme si malgré le silence causé par le bruit soudain et les têtes tournées vers lui, personne ne pouvait ni entendre ni voir le gamin qui avait fait tomber une décoration florale. _Il suffit juste de… Il prit la couronne, une poignée des boules qui s’en étaient échappées, et puis remit le tout sur son étagère, posant maladroitement de travers la bougie de la couronne qui régnait auparavant bien droite en son centre. _Voilàààà ! Il releva la tête, fier comme un coq, pour trouver Alyona, et probablement chaque personne dans la boutique, le regardant. Il précisa, comme si personne ne l’avait vu : _J’suis désolée Miss, j’ai fait tombé vo’te couronne. Il la désigna d’un mouvement du pouce. _Mais rien d’cassé, hein ! Regardez, je l’ai même remise tout bien sur l’étagère. Il n’avait pas l’air inquiet de sa bêtise, mais il avait le mérite d’avoir l’air contrit, pour un instant. Il attendit que quelqu’un lui dise que ce n’était pas grave, ou de faire attention, figé sur place comme nécessitant une invitation avant de reprendre ses rêveries. Mais que le commentaire soit venu ou non, quelques secondes plus tard, il eût tôt fait de recommencer son inspection de la boutique.
Ces yeux vagabondèrent d’Alyona au reste du stand, et pétillèrent devant tant de jolies choses. Il partit un moment, distrait par les plantes lumineuses du plafond qui semblèrent être, le temps d’un instant, le summum de la botanique moderne. Puis il voulut inspecter les décorations en face de lui, fit un pas en arrière, faillit trébucher et tomber sur les étagères, se redressa d’un bond comme un ressort et plaça ses mains dans son dos, comme un petit garçon qui sait qu’il a fait une bêtise. _Ouups. Son réflexe fut de revenir sur Alyona, qu’il avait identifié comme la gérante, et il sourit d’un air amusé du comique de la situation, ce qui fit remonter ses oreilles décollées, et haussa les épaules d’un air résigné face à sa maladresse. En quelques bondissantes enjambées, il s’approcha de la vendeuse. Il avait un l’air embêté d’un enfant qui vient déranger une grande personne. _Dites, Miss, je peux rester un peu avec vous ? Promis, je ne fais plus rien tomber. Ma maman m’a dit que si je me perdais dans le marché, la boutique avec plein de plantes était le point de rendez-vous. Et euh… Ben, j’me suis un tout petit peu perdu. Il attendit patiemment, mais anxieusement la réponse. Il avait un corps gauche, et grand pour sa taille, et un air doux, si manifestement rempli de vie et pourtant, au lieu d’un feu d’artifice, tout semblait comme en sourdine.
@Alyona Farrow, c’est un test ? Dis moi si le début te convient ou pas, je peux changer si ça t’inspire moyennement.
"I saved Latin. …What’d you ever do?” -Max Fischer, Rushmore