Résidence Dermott • Quai Glanmore Peakes



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𝚁𝚎𝚌𝚞𝚎𝚒𝚕 𝚍𝚎 𝙾𝚂
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𝚁𝚎𝚌𝚞𝚎𝚒𝚕 𝚍𝚎 𝙾𝚂
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Instants prenant place dans le décor de l'appartement & fourre-tout pour petits textes inclassables

🄻'🄰🄿🄿🄰🅁🅃🄴🄼🄴🄽🅃 🄳🄴 🄵🄰🄱🄸🄾
𝚀𝚞𝚊𝚒 𝙶𝚕𝚊𝚗𝚖𝚘𝚛𝚎 𝙿𝚎𝚊𝚔𝚎𝚜 𝟽

SOMMAIRE
15.05.50Réception de l'invitation de Fleury & Bott
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Fab’ulous
#583400
Résidence Dermott • Quai Glanmore Peakes

C’était une chouette effraie qui s’était présentée à sa fenêtre, cet après-midi de juin, attirant l’attention de Fabio par des tapotements légers mais à fréquence élevée – tant qu’il n’attendit pas longtemps pour refermer son livre et déposer la tasse sur la rondelle en bois d’arbre anti-pesanteur qui flottait non-loin de lui. Fabio dirigea le tapis volant sur lequel il était installé vers la fenêtre et l’ouvrit pour laisser le brave oiseau entrer.
La chouette perchée sur son bras gauche, il décrocha la lettre et gagna à nouveau quelques mètres de hauteur. Il retourna distraitement l’enveloppe afin de prendre connaissance de l’expéditeur, prêt à la poser de côté pour plus tard. En découvrant le sceau, il changea d’avis.
Cette fois-ci, l’Egyptien fit atterrir le tapis volant au sol. Après avoir déposé l’oiseau sur le dossier d’une chaise et lissé d'une caresse les quelques plumes encore ébouriffées par le vol – il espérait que ses griffes n’abimeraient pas le bois – Fabio s’approcha de la commode dans laquelle était rangé son coupe-papier. Il ouvrit l’enveloppe d’un unique geste précis. Il déplia la lettre et sourit. Il retourna la lettre et son sourire s’élargit.
Fabio s'assit à son bureau, se saisit d'une plume et d'un morceau de parchemin.
•••
La chouette était repartie avec une nouvelle enveloppe et Fabio était à nouveau confortablement installé sur son tapis volant. Après avoir glissé le marque page entre deux pages à la fin du livre, Fabio reprit tranquillement sa lecture, un léger sourire revenant inlassablement entre les gorgées de thé et les pages tournées.
La petite note non-signée que Fabio a glissée dans l’enveloppe :
Reducio
Penses-tu vraiment qu'il faille des runes et de l'Egypte pour que je vienne dans ta librairie ? Cela dit, programme proposé me semble bien intéressant – merci pour l'invitation.
Bien sûr, Fabio serait présent.
@Niall O’Barden
Fab’ulous
#583400
Résidence Dermott • Quai Glanmore Peakes
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LES JARDINS DE LA NUIT
17 AOÛT 2050
Précédemment • @Niall O'Barden
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LES JARDINS DE LA NUIT
17 AOÛT 2050
Précédemment • @Niall O'Barden
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Les paupières papillonnaient, somnolentes, sur ses yeux bleus. C’était une question de minutes : bientôt, alourdies par le sommeil, elles allaient se clore définitivement sur cette journée.
Une journée des plus classiques, finalement. Il s’était rendu à la salle de spectacle et sa matinée avait été rythmée par deux rendez-vous. Ainsi, une série d'essais en matière d'éclairage pour une représentation à venir avaient précédé l'arrivée d'une artiste venue livrer des prototypes de quelques éléments de décor qui lui avaient été commandés. À midi, le Directeur était sorti manger avec quelques collègues avant de retourner à son bureau pour se débarrasser d’un peu de paperasse. Vers seize heures, il avait délocalisé au Café du Rosier, quelques parchemins sous le bras, pour terminer de rédiger ses lettres devant une tasse de thé et des scones. Jina et Tam l’avaient rejoint un peu plus tard et étaient spontanément restés à Godric's Hollow un peu plus longtemps que prévu, accompagnant Fabio chez lui le temps du souper. Vers vingt-et une heures, Fabio avait raccompagné sa sœur et l'elfe – qui passait depuis quelques mois bien plus de temps avec elle qu'avec lui – à la porte.
Un peu plus tard encore, il avait quitté le salon pour la salle de bain. Pendant de longues minutes, Fabio était resté devant le miroir, à contempler son reflet. Celui de son visage. Celui de sa peau entretenue avec la minutie de quelqu'un qui fait de la présentation un art discret. Trente-sept ans, depuis quelques jours maintenant. Le nombre flottait devant ses yeux avec un mélange de résignation et d’orgueil blessé. Il avait fermé les paupières pour se démaquiller et lorsqu'il les avait rouvert, n'avait pu s'empêcher de trouver son regard terni – du moins, moins éclatant. Ce geste lui donnait toujours l'étrange impression – paradoxale, surtout – de se défaire d'une part de lui-même : celle qu'il choisissait d'offrir au monde au long de la journée.
Il avait adressé un demi-sourire à son reflet – un peu trop tendu, un peu trop conscient – et avait passé le bout des doigts sur sa peau comme pour lisser les années qui laissaient leurs traces sur son visage. Légères certes, mais Fabio, en juge particulièrement sévère, remarquait tout. Fabio avait toujours eu cette espèce d'obsession pour l'apparence – la sienne surtout. En tout cas, elle avait suffi pour guider son choix d’études, même s’il ne pratiquait aujourd'hui pas dans le domaine de la métamorphose esthétique. On pourrait dire qu'on retrouve d'une certaine façon ce même goût de la beauté et de l'esthétique dans la carrière qu'il poursuivait en tant que directeur d'un établissement des Arts. Mais ce serait peut-être enjoliver ce qui, dans le fond, avait un certain côté malsain. Tout en s'interrogeant sur ce qu'il voyait dans son reflet, Fabio s'était surpris à penser à Niall. Qu'est-ce que lui voyait lorsqu'il le regardait ? L'Egyptien avait chassé sa présence de son esprit aussi rapidement qu'elle était apparue, préférant rester seul avec ses doutes. Il était resté encore un instant, immobile, à contempler ce double de lui-même sans réellement savoir ce qu'il lui voulait. Négocier avec le temps, peut-être. D'une certaine façon, ses petits rituels cosmétiques, maquillage, crèmes et compagnie le lui permettaient, lui donnaient une impression de contrôle en même temps qu'ils lui rappelaient qu'au fond, le temps ne se laissait pas arrêter. D'un léger mouvement de baguette, il avait éteint la lumière de la salle de bain et avait laissé l'obscurité avaler son reflet.
Fabio était monté se coucher. Il avait lu quelques chapitres d'un livre aux propriétés doucement réconfortantes, se laissant bercer par les lignes et les images qui se glissaient entre elles – tant celles qui illustraient les pages que celles qui se formaient dans son esprit au fur et à mesure qu'il progressait dans la lecture. Finalement, il avait corné d'un pli précis le haut d'une page, avait refermé le livre avant de le poser à son chevet : il était temps de s'exposer au sommeil dans l'espoir qu'il ne tarderait pas trop à venir le chercher.
Les cils ne battaient plus que lentement ; rideau de plus en plus épais entre le plafond de son appartement et les mystères qu’il pouvait y avoir de l’autre côté, côté rêves, aux confins de son esprit et de la nuit.
Alors oui Niall, tu peux te demander si les étagères de Fabio sont faites pour accueillir un livre choisi par tes soins. Un jour, peut-être. En attendant, tes Jardins de la nuit n'attendent pas plus loin que sur sa table de nuit, à une trentaine de centimètres de l'oreiller sur lequel reposait la tête de l'Egyptien. Peut-être espérait-il que le sommeil soit son portoloin secret, celui qui allait l'enlever pour le mener jusqu'à ces fameux jardins nocturnes, parmi ces arbres qu'évoque ton livre, la musique et… peut-être qu'avant d'y embarquer, il aura invoqué dans un bas murmure son patronus. Ainsi, Niall, si tu aperçois un cheval grand, mince, élégant – non, majestueux carrément – paraissant fait de lumière et dont la robe brille dans cette caractéristique lueur bleutée que tu reconnaîtras certainement... Les chances sont grandes qu'il ait été envoyé te chercher. Oui oui, toi ; galopant à toute allure pour te trouver, porté par l'espoir que tu acceptes de rejoindre son propriétaire le temps d'un de ces envoûtants spectacles faits de beauté et de mystère. Ou qui sait, peut-être… même au-delà ?
Fab’ulous
#583400
Résidence Dermott • Quai Glanmore Peakes
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L'AURA N°2
3 avril 2051
cf. le catalogue • @Lylas Mistérya
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L'AURA N°2
3 avril 2051
cf. le catalogue • @Lylas Mistérya
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Avec la légèreté d'une feuille d'automne venant de lâcher la branche de son arbre, l'enveloppe était venue se poser sur le bureau du Directeur de la Salle de spectacle, ce matin. Il l'avait découverte un peu plus tard dans la journée, parfaitement centrée au milieu de son sous-main, et quand bien même la tentation de l'ouvrir immédiatement était grande, Fabio s'était contenté de la glisser dans son sac : il s'accorderait le loisir de la découverte plus tard.
***
Une mélodie distraite lui coulait du bout des doigts, accrochant les cordes de l'oud au rythme d'un instinct fluide qui se répandait dans le salon et s'échappait par la fenêtre entr'ouverte dans dans un filet de notes empreintes de légèreté. Paraissaient d'autant plus abruptes ces silences soudains qui interrompaient – imprévisibles – le flux de musique toute les quelques minutes, le suspendant dans un vide étrange. La mélodie retenait sa respiration le temps de quelques secondes tout au plus avant de reprendre tout aussi soudainement, comme si rien ne s'était passé, lorsque les doigts de Fabio avaient tourné la page du catalogue posé sur le sur la rondelle d'arbre anti-pesanteur qui flottait à ses côtés.
Son regard parcourait le texte de l'éditorial, puis les pensées de Talya Mistérya couchées sur papier dans la partie qui s'intitulait l'Instant Élégance. La directrice créative avait décidément un vocabulaire aussi poétique que l'était la collection qu'elle présentait et qui à vrai dire, lui plaisait énormément. Tout particulièrement, il aimait ce haut très ample qui n'était resserré par un petit fil qu'à la taille et aux poignets, créant ainsi un volume intéressant mais léger. La pièce bleu ciel plaisait bien… Il feuilleta plus loin et reprit sa mélodie.
Suivre la mode actuelle était peut-être l'expression de connaissances des codes et d'un pseudo bon goût dans lequel on pouvait se complaire, assuré d'obtenir l'approbation générale. Elle semblait ne jamais ennuyer car elle muait, s'offrait régulièrement un rebranding qui permettait de goûter à la nouveauté ; un uniforme déguisé sous des airs d'originalité. Pire encore étaient les classiques, ces pièces prétendues intemporelles, brides discrètes de la créativité qui étouffaient les étincelles d'audace et retranchaient l'originalité dans les confins soigneusement définis du beau, du permis ou du convenable. Rien de risqué : on se drapait d'un type d'élégance qui finalement, ne révélait de soi-même uniquement que l'on avait suffisamment de galions en bourse pour pouvoir s'acheter l'étiquette pré-validée.
Si l'Egyptien rejetait ainsi loin de lui l'idée de chercher à être tendance, il dut cependant admettre que ce petit foulard carré qu'on lui présentait comme un incontournable des belles journées lui avait filé droit au cœur. Et très rapidement, il eut la certitude qu'il lui en fallait un. Non, pourquoi pas deux, même – la vision se matérialisa très clairement dans son esprit. Son premier foulard aurait les chaudes couleurs jaune-orangées d'un coucher de soleil méditerranéen un soir d'été tandis que les teintes du second piocheraient dans la palette allant du rose au lila : quelque chose de floral et de plus printanier.
C'était décidé : dans la semaine, il ferait un tour à l'Atelier Mode. Il essaierait la blouse bleue pour s'assurer qu'elle lui irait bien, puis passerait commande pour les pièces qu'il avait sélectionnées. La mélodie s'interrompit une dernière fois lorsque Fabio referma le catalogue, puis reprit pour une quinzaine de minutes avant de finalement, s'estomper avec une délicatesse qui rappelait la légèreté vaporeuse des pièces de la collection printemps et été.
Fab’ulous
#583400