10 mars 2023, 11:22
Lamentables lamentations
Février 2048
@Archibald Featherstone

Le cours de botanique était enfin terminée et il venait encore de mal se passer. Un mois après le remplacement de son grand-père au poste de professeur, Alaska n'arrivait pas à se faire à ce vieux moustachu qui s'occupait des serres à sa place. Elle n'avait pas vraiment fait d'efforts pour apprendre à le connaître ni pour admettre sa bonne pédagogie, non pas qu'elle ne pouvait pas, mais elle ne voulait pas. Featherstone était meilleur que lui et elle ne voulait pas l'accepter comme professeur, se laissant presque croire qu'elle pouvait avoir le choix.

« C'était mieux avant. » dit-elle comme une grande personne qui avait vécu la révolte des Gobelins, la direction de Monsieur Winslow ou encore la bataille de Poudlard.

La jeune fille sécha ses larmes de crocodile puis croisa les bras, c'était son bouclier, elle était ainsi complètement fermée à la discussion, protégée par à une potentielle réplique extérieure qui n'irait pas dans son sens. Mais elle savait très bien comment manipuler son grand-père et sur quelle corde sensible appuyer.

« Vraiment, je rigole pas. Ses cours sont nuls, on ne fait rien, il ne nous apprend rien ! Complètement bornée, Alaska sacrifiait ses propres notes pour de simples a priori. Tu sais pourtant comme j'adore la botanique. Mais il suffit de voir mon bulletin, j'ai que des Piètres et des Acceptables dans sa matière. Je vais être obligée de prendre des cours particuliers, sinon je vais rater mon année ! Tu veux bien m'en donner, toi ? »

@Sigmund Charleston Puisque ça parle de vous :innocent:
Dernière modification par Alaska Cross le 26 oct. 2023, 19:09, modifié 1 fois.

Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac

10 avr. 2023, 20:49
Lamentables lamentations
Archibald avait été bien surpris en s'apercevant qu'on lui rendait visite. Il le fut encore plus quand il vit Alaska débarquer dans son bureau, presque sanglotant. L'apprenti grand-père s'était d'abord posé plein de questions. Pourquoi une fille de son âge pouvait-elle bien pleurer ? Lui avait-on volé son goûter ? Son petit-ami — comment s'appelait-il déjà ? — l'avait-il quittée pour une autre ?... Il la laissa s'asseoir pour écouter ses plaintes.

Archibald se trouva bien confus lorsque la jeune fille lui expliqua l'origine de ses soucis. Le sous-directeur, qui avait accès aux bulletins de tous les élèves, et en particulier celui d'Alaska, avait bien remarqué ses baisses en botanique. Mais ce n'était pas le cas de ses camarades, et même si l'excentricité du nouveau professeur le rendait... décalé, il apportait une certaine modernité dans l'apprentissage de la botanique au château. Du moins, c'est ce que l'on pouvait entendre.

« Vous ne faîtes rien ? répéta le professeur, interrogateur. Tu as tes notes de cours avec toi ? »

Il constatait bien malgré lui à quel point Alaska pouvait ressembler à sa mère dans ces moments-là.

« Tu te doutes bien que je n'aurais pas laissé n'importe qui reprendre les cours de botanique. Ça m'importe énormément que vous ayez un bon professeur dans ce domaine, et le professeur Charleston a toute mon estime. »

Le professeur pencha, au-dessus de son bureau, pour se rapprocher de sa petite-fille, comme pour l'inviter dans une discussion plus intime.

« Tu es sûre que c'est le professeur Charleston qui est à l'origine de tes baisses en botanique ?... Je sais que ce n'est pas évident de se confier à ton âge, mais si tu veux parler de ce qui ne va pas, ou d'une peine de cœur, je suis là. »

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26 oct. 2023, 19:03
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Alaska essuya furtivement une fausse larme du coin de son œil, profitant du moment pour jouer habilement de la sensibilité de son grand-père. Elle prit une grande inspiration, rassemblant le courage nécessaire pour raconter sa version de l'histoire. Parce que malgré tout il en fallait du courage, pour se plaindre de cette façon.

« Oh, papi Archi, c'est tellement compliqué, commença-t-elle d'une voix tremblante. Le professeur Charleston, il est si différent de toi. Ses méthodes ne correspondent pas du tout à ce que tu nous as appris. En fait, il n'en a pas. Tout est confus, je me sens vraiment perdue en classe. Il est trop... bizarre. Il se donne un style pour paraître cool auprès des élèves, mais il pense plus à son image qu'à ses enseignements. Il n'est pas intéressé par notre réussite. »

La jeune fille baissa les yeux, elle avait tout de même de vrais revendications, elle les caricaturait juste un peu trop. En parallèle, elle avait esquivé toutes ses questions.

« Je sais que tu l'apprécies, sans savoir pourquoi, mais je ne peux pas m'empêcher de me demander pourquoi il a été choisi pour remplacer un professeur aussi exceptionnel que toi. Il est tellement excentrique que ses cours en deviennent incohérents. C'est comme s'il vivait dans son propre monde, un autre monde, il est complètement déconnecté de la réalité... et complètement timbré. » souffla-t-elle à voix basse de manière inaudible.

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2 févr. 2024, 20:16
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La jeune fille n'accorda pas d'importance à la tentative de son grand-père de la rassurer. Il fallait dire que le botaniste était un peu à côté de la plaque, et il s'en rendit compte lorsque la benjamine poursuivit dans la même lancée. Il écouta d'une oreille attentive, celle qui entendait mieux que l'autre. Malgré le sérieux de la Serpentard, le vieux professeur ne put s'empêcher d'esquisser un sourire lorsqu'elle pointa le caractère excentrique du moustachu. « Bizarre », « complètement timbré »... il fallait dire qu'il était facile de penser cela de cet homme au caractère bien particulier. Le sous-directeur s'obligea à imaginer la réaction qu'il aurait eu à 15 ans, s'il avait eu un professeur aussi hurluberlu.

À 15 ans, le professeur Featherstone était de ceux qui passaient le plus de temps dans les rayons de la bibliothèque. La botanique en particulier était un sujet bien sérieux. À cet âge où, bien souvent, les garçons commencent à flirter, où les adolescents qui l'entouraient flâner dans le parc, Archibald feuilletait les pages et développait déjà la rigueur du scientifique sérieux et rigide qu'il deviendrait. Sans doute déjà, il aurait attendu la même placidité de son professeur de Botanique. Le professeur Chourave avait d'ailleurs été d'une exemplarité dans ce domaine. Aussi, il comprit sa petite fille à qui les méthodes du sympathique Charleston ne convenaient pas.

« Alaska... Tu penses vraiment que j'aurais choisi quelqu'un qui ne s'intéresse pas un minimum à votre réussite pour me remplacer ? Dit-il alors. Je comprends tout à fait que les méthodes de ce cher Charleston ne te convienne pas... »

Le sous-directeur s'approcha de l'adolescente, comme pour révéler une confidence.

« Moi aussi je le trouve bizarre. Admit-il avant de se redresser et poursuivre : Tu ne devrais pas laisser les enseignements de ton professeur influencer ton apprentissage, et tes notes. »

Le vieil homme réfléchissait à comment il pouvait l'aider. Il avait plein de livres qu'il pouvait lui conseiller, des manuels pour les débutants. Mais était-ce ce qu'elle voulait vraiment ? Il ne pouvait quand-même pas demander le licenciement de Sigmund Charleston à cause d'Alaska !

« Qu'attends-tu de moi exactement ? Demanda-t-il. »

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9 févr. 2024, 16:09
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Même si son grand-père semblait comprendre ses préoccupations, Alaska ne pouvait s'empêcher de ressentir un léger agacement face à sa réticence à agir plus fermement contre le professeur Charleston. Comme les autres élèves, il semblait lui trouver quelque chose d'attachant, mais il était surtout très chiant.

« Je sais que tu as forcément choisi quelqu'un d'intéressé par notre réussite, mais le professeur Charleston a une approche bien trop différente de ce que tu peux imaginer, une façon de voir les choses... tordue, » dit-elle en insistant légèrement sur le dernier mot, comme pour souligner l'étrangeté de la situation.

La jeune fille baissa légèrement la voix, comme si elle lui confiait un secret. « Je veux juste pouvoir apprendre de manière efficace. Je veux être à la hauteur de tes attentes et des attentes de ma maison. Je veux apprendre et comprendre, sans que chaque explication parte dans tous les sens et soit dénué de sens. » Bien sûr que le comportement de son professeur pouvait influencer ses notes, Alaska n'était pas à l'aise avec lui, alors elle avait décidé de se braquer, refusant catégoriquement son apprentissage et son savoir.

Qu'attendait-elle de lui ? Elle devait en venir aux faits. Elle se mordit ensuite la lèvre inférieure, signe de son inquiétude croissante. « Je ne veux pas te causer des problèmes, mais je ne veux pas non plus retourner en cours avec lui. Il faut que tu lui parles. dit-elle en levait les yeux vers son grand-père, en espérant qu'il saisisse l'urgence de la situation. Elle suggérait à demi-mot un entretien avec lui, ainsi elle espérait un blâme, ou mieux, un renvoi ! Mais la brune atténua ses propos rapidement, prête à contrebalancer si elle était allée trop loin, pour l'instant elle prenait doucement la température. J'ai besoin d'aide, de conseils, de quelque chose pour m'aider. Je peux redevenir ton élève ? Ta seule élève ? C'est tout ce que je demande. » Et pas des moindres.

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14 juil. 2024, 07:44
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Tordue. Le mot fit esquisser un sourire au vieux sous-directeur. C'est vrai qu'il caractérisait bien le botaniste farfelu. Sa jovialité et son esprit simplet étaient effectivement loin de la sobriété que l'on connaissait dans la famille Featherstone. Une « différence d'approche », c'est comme ça que le vieux scientifique nommait le fossé qui les séparait, comme si la vie était un problème à étudier et que les botanistes avaient décidé de l'aborder de manières diamétralement opposées. Mais qui avait raison en fin de compte ?

Au fond, le professeur Charleston sembler affronter la vie d'une manière beaucoup plus positive. On lui trouvait une énergie solaire, et son côté brouillon reflétait bien l'originalité et la créativité du plus jeune botaniste. Archibald, en ancien Serdaigle, avait longtemps côtoyé ce genre de profils dans son adolescence. Mais il savait aussi que le comportement clownesque du professeur Charleston ne disait rien du bonheur qu'il ressentait réellement. Toutes les vies ont leurs lots d'épreuves, et ce sont parfois les joyeux lurons qui en souffrent le plus. De son côté, Archibald se savait plus constant dans sa manière d'être et de penser. Il était plus distant des affolements que créaient les sentiments. Il était sérieux. Trop sérieux, certains diraient. Il n'avait connu qu'un monde de papiers et de livres, remparts fragiles aux épreuves de la vie, souffrances et abandons familiaux. C'était comme ça qu'il avait abordé sa vie. Avait-il raison en fin de compte ?

Le grand-père écouta les besoins de sa petite-fille. Son envie d'apprendre de manière plus rigoureuse et mieux cadrée. Mais Archibald ne pouvait à la fois dispenser Alaska d'aller en botanique et parfaire à son rôle de sous-directeur. Il proposa alors ce compromis :

« Alaska, tu comprends que je ne peux pas accepter que tu sèches les cours de botanique ? Je n'ai pas le droit non plus d'abuser de mes privilèges pour te dispenser d'aller en cours. Donc si tu me promets de suivre du mieux que tu puisses tes cours avec le professeur Charleston, je me libérerai pour pouvoir t'aider et te donner des compléments en botanique. Est-ce que ça te conviendrait ? »

L'accord était posé. Si c'est « tout ce qu'elle demandait », il n'y avait aucune raison de le refuser. Et déjà la perspective de passer du temps privilégié avec sa petite-fille réchauffer le cœur tout rabougri du vieux professeur.

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28 avr. 2026, 21:53
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La jeune fille laissa échapper un léger soupir, elle n'était pas totalement satisfaite, mais elle savait que c'est tout ce qu'elle pourrait obtenir de son grand-père. Et puis le compromis était plutôt raisonnable, bien plus que ce qu'elle aurait pu espérer de la part d'un homme aussi attaché aux principes que son grand-père. Sa rigueur n'était d'ailleurs plus à prouver, bien loin des excentricités florales et désordonnées du professeur Charleston.

Alaska hocha lentement la tête, scellant ainsi leur accord. La perspective de subir les cours du botaniste fantasque lui paraissait soudain moins insurmontable si en contrepartie, elle pouvait bénéficier du savoir académique de son sous-directeur. Pour la jeune Serpentard, c'était une belle victoire finalement, et elle en était ravie.

« C'est d'accord, grand-père. Je ferai l'effort de supporter... Comment dire ? L'approche créative du professeur Charleston, si cela signifie que je peux apprendre la vraie théorie à tes côtés. », répondit-elle d'une voix légèrement provocante.

Un léger sourire imperceptible étira alors ses lèvres, car au-delà de l'intérêt purement scolaire, l'idée de passer ces moments privilégiés avec son aïeul lui procurait un sentiment de bonheur qu'elle aurait eu du mal à formuler. Dans ce château immense et parfois chaotique, Archibald était son repère.

La brune lui proposa une tasse de thé, et sans même attendre une réponse, elle s'approcha du service en porcelaine qui trônait près de son bureau où elle versa le liquide ambré dans une tasse qu'elle donna ensuite à son grand-père.

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8 mai 2026, 18:02
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La jeune Alaska hocha lentement la tête, comme un acquiescement timide, un peu pensif, d'une personne qui n'a eu qu'une partie de ce qu'elle voulait. Archibald s'attendait à ce que la Serpentard insiste. On la disait têtue, un trait qu'elle tenait de sa mère, qui le tenait elle-même d'une autre personne dans la pièce. Puis au final, Alaska confirma pour dire que cela lui convenait. Le grand-père fut même honoré qu'elle veuille autant apprendre de lui. Il l'était toujours quand un élève lui demander de l'aide supplémentaire ; mais Alaska, malgré le fait qu'il essayait d'être le plus impartial possible, n'était pas une élève comme les autres.

Puis, Alaska prit l'initiative de proposer un thé. Archibald ne le refusait jamais, et elle sembla le deviner car elle n'attendit même pas la réponse du vieil homme et commença à prendre la théière.

« Euh... je... »

Il allait l'arrêter. Parce que "c'est le thé du matin, et qu'il est l'après-midi maintenant". Mais au final, avait-ce vraiment une quelconque importance ? Alors il lui fit un geste pour qu'elle continue et la remercia. Non pas réellement pour le service, mais pour ce moment qu'ils partageaient.

Enfin, le vieil homme, qui n'avait pas l'habitude de ces moments seuls à seuls avec sa famille, finit par s'ouvrir. Il commença à raconter quelques anecdotes sur ses propres premiers cours de botanique à l'école, avec Pomona Chourave, ou sur sa propre scolarité. Il sortit aussi quelques papiers de ses tiroirs.

« Regarde, ce sont des caricatures de professeurs que j'ai confisquées. Je n'ai pas le droit de te dire qui les a faites, mais tu le devineras peut-être. »

Les anecdotes du professeur Featherstone étaient rares, mais elles étaient toujours un peu spéciales et offraient en cet instant un moment de légèreté, isolé de la routine quotidienne.

Fin pour moi, merci :)

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9 mai 2026, 22:51
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Alaska ne l'interrompit pas, savourant ce privilège rare de voir l'homme de marbre se fissurer pour laisser passer quelques rayons de nostalgie. C'était un spectacle qu'elle trouvait fascinant, même si elle imaginait mal son grand-père sur les bancs de l'école, lui qui semblait avoir toujours fait corps avec les murs du château.

Lorsqu'il sortit les caricatures de son tiroir, elle posa délicatement sa tasse de thé et se pencha sur le bureau. Elle observa les traits exagérés, les nez crochus et les postures ridicules avec un petit sourire.

« Celui-ci a un air de famille avec un portrait du deuxième étage ! » s'exclama-t-elle, un léger soupçon d'amusement dans la voix.

La jeune fille redressa le buste et rangea ses propres pensées dans les tiroirs de son esprit. Elle se sentit étrangement proche de lui, elle ne se sentait plus comme l'élève proche du sous-directeur, mais comme héritière.

Archibald semblait s'ouvrir, et cette vulnérabilité nouvelle l'intrigua autant qu'elle la déconcerta. Pour son plus grand bonheur Alaska apprenait de plus en plus à le connaître, autrement que par le peu d'informations qu'elle avait sur son arbre généalogique. Elle aurait voulu lui dire qu'elle était reconnaissante de ces instants, pour cette fenêtre ouverte qu'il lui avait accordé. Pourtant, les mots restèrent coincés dans sa gorge, étouffés par sa pudeur naturelle. Elle se contenta de reprendre une gorgée de son breuvage, et profita simplement.
Merci à toi !

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