8 mai 2026, 19:55
Il arrive, le bébééééé !!!!!
Londres,
Le 6 décembre 2048
RP seule
Le 6 décembre 2048
RP seule
La pluie frappait doucement les grandes fenêtres du salon des de Boinot, transformant Londres en une aquarelle grise et floue. Assise en tailleur sur le tapis, Adélaïde essayait tant bien que mal de tresser les cheveux de Pia, qui gigotait toutes les trois secondes comme un vif d’or surexcité.
— Tu tires trop fort !
— Parce que tu bouges trop.
— Maman tresse mieux.
Cette phrase mérita un regard dramatique digne d’une tragédie sorcière.
Leur père faisait les cent pas depuis presque une heure. Costume froissé, manches retroussées, il jetait des coups d’œil nerveux à l’horloge du salon comme s’il espérait la faire avancer par pure intimidation.
Adélaïde avait fini par lever les yeux vers lui.
— Papa… tu vas creuser un trou dans le parquet.
Louis de Boinot s’arrêta net.
— Je ne suis pas nerveux.
Pia pencha la tête.
— Tu as mis tes chaussures à l’envers.
Silence.
Louis regarda ses pieds.
Effectivement.
Adélaïde eut un petit sourire victorieux avant de reprendre la tresse catastrophique de sa sœur. Pourtant, même elle sentait cette drôle d’électricité dans la maison. Quelque chose flottait dans l’air depuis le départ de leur mère pour la Nouvelle Sainte-Mangouste tôt ce matin-là.
Puis soudain…
CRAC.
Une chouette surgit dans le salon par la fenêtre entrouverte, faisant sursauter Pia qui poussa un cri aigu avant de se cacher derrière Adélaïde.
L’oiseau lâcha une enveloppe directement sur la tête de Louis.
— Enfin !
Il attrapa la lettre si vite qu’il manqua de la déchirer. Ses yeux parcoururent les lignes à toute allure… puis son visage changea complètement.
Comme si quelqu’un venait d’allumer toutes les lumières d’un coup.
— Les filles…
Sa voix tremblait légèrement.
— Vous avez un petit frère.
Pia ouvrit la bouche si grand qu’on aurait pu y ranger un cognard entier.
— UN VRAI ?
Adélaïde, elle, resta immobile une seconde.
Un petit frère.
Pas une idée. Pas “un jour peut-être”. Pas un bébé imaginaire dont parlaient les adultes depuis des mois.
Un vrai.
Son père riait déjà presque tout seul au milieu du salon.
— Victor. Il s’appelle Victor.
Pia sautillait partout comme un ressort enchanté.
— Je veux le voir ! Je veux le porter ! Je veux lui apprendre à dessiner des dragons !
Adélaïde ne disait rien.
Elle regardait simplement la pluie glisser le long des vitres avec ce petit sourire discret qu’elle avait quand quelque chose comptait vraiment.
Puis elle demanda, très sérieusement :
— Est-ce qu’il sera élégant au moins ?
Louis éclata de rire.
— C’est un bébé, Adélaïde.
Une pause, pendant laquelle il réfléchit puis dit :
— Donc pour l’instant non. D’accord. On a du travail alors.
436 mots
"Rester fidèle aux siens, avancer malgré la peur et ne jamais céder forge les plus grands."
Adélaïde de Boinot
8 mai 2026, 20:38
Il arrive, le bébééééé !!!!!
Dans un taxi londonien du ministère de la magie
Le 6 décembre 2048
Le 6 décembre 2048
Le trajet jusqu’à la Nouvelle Sainte-Mangouste sembla durer une éternité.
Adélaïde était assise près de la fenêtre du taxi noir, le menton posé dans sa main, tandis que les gouttes de pluie glissaient le long de la vitre comme des limaces transparentes. À côté d’elle, Pia n’arrêtait pas de parler depuis au moins vingt minutes sans reprendre une seule fois son souffle, ce qui relevait probablement de la magie avancée.
— Tu crois qu’il aura mes yeux ? Et s’il parle avant moi ? Est-ce qu’il peut déjà faire de la magie ? Moi à six ans j’ai presque fait exploser une théière une fois.
— “Presque” est un mot très généreux, murmura Adélaïde.
Devant elles, leur père essayait visiblement de rester calme. Raté. Il vérifiait sa montre toutes les trente secondes et tapotait nerveusement contre la portière.
Les rues londoniennes défilaient sous un ciel gris perle. Adélaïde observait les passants emmitouflés dans leurs manteaux, les parapluies qui se cognaient, les lumières des boutiques qui brillaient dans le brouillard humide.
Et dans sa tête, une seule pensée tournait encore :
Victor.
C’était étrange.
Elle avait toujours été “la petite”. Puis Pia était arrivée. Et maintenant… quelqu’un serait plus petit qu’elle. Quelqu’un qui apprendrait tout depuis le début.
Elle imaginait déjà ses petites mains essayant de tenir une baguette. Ou un balai miniature. Ou une cuillère, ce qui était probablement plus urgent.
Pia tira soudain sur sa manche.
— Tu crois qu’il va nous aimer ?
Adélaïde cligna des yeux avant de répondre avec l’assurance tranquille qu’elle utilisait quand Pia commençait à douter de tout.
— Évidemment.
— Même si je lui chante faux ?
— Il n’aura pas le choix.
Le taxi ralentit finalement devant le grand bâtiment sorcier dissimulé au regard des moldus. Même sous la pluie, la Nouvelle Sainte-Mangouste paraissait immense, avec ses hautes fenêtres illuminées et son agitation permanente.
Le cœur d’Adélaïde fit un drôle de bond.
Son père paya le chauffeur presque trop vite avant de sortir sous la pluie.
— Venez, les filles.
Pia bondit dehors immédiatement.
Adélaïde, elle, prit une seconde avant d’ouvrir la portière.
Une toute petite seconde.
Comme avant d’entrer en scène.
373 mots
"Rester fidèle aux siens, avancer malgré la peur et ne jamais céder forge les plus grands."
Adélaïde de Boinot
9 mai 2026, 07:29
Il arrive, le bébééééé !!!!!
Nouvelle Sainte Mangouste
Le 6 décembre 2048
Le 6 décembre 2048
L’odeur fut la première chose qu’Adélaïde remarqua en entrant dans la Nouvelle Sainte-Mangouste.
Un mélange étrange de potions, de linge propre et de fleurs trop parfumées. Les couloirs étaient baignés d’une lumière douce, presque dorée, et des guérisseurs passaient rapidement d’une porte à l’autre dans un bruissement de robes vert émeraude.
Pia trottinait à côté de leur père en regardant partout avec des yeux immenses.
— On dirait un château pour sorciers malades.
— Chut, répondit Louis avec un sourire fatigué.
Adélaïde avançait plus lentement.
Ses chaussures claquaient doucement contre le sol brillant tandis qu’elle observait les portraits qui bougeaient sur les murs et les objets enchantés qui flottaient parfois d’une chambre à une autre. Pourtant, malgré toute cette magie, elle sentait son ventre noué.
Comme juste avant un spectacle.
Sauf que cette fois, elle ne savait pas exactement ce qui l’attendait derrière le rideau.
Puis son père s’arrêta devant une porte.
Chambre 217.
Il inspira profondément avant d’ouvrir.
Et tout devint silencieux dans la tête d’Adélaïde.
Sa mère était là, installée dans un grand lit blanc, les cheveux un peu défaits mais le visage lumineux malgré la fatigue. Elle avait cet air étrange des adultes après avoir beaucoup pleuré ou beaucoup ri. Peut-être les deux à la fois.
Et dans ses bras…
Victor.
Minuscule.
Encore plus petit qu’Adélaïde l’avait imaginé.
Il dormait profondément, emmitouflé dans une couverture vert pâle, avec un visage sérieux de bébé occupé à faire des choses importantes… comme respirer.
Pia poussa un petit cri étouffé avant de courir vers le lit.
— IL EST TOUT PETIT !
Louis éclata doucement de rire en embrassant le front de sa femme.
Adélaïde, elle, resta près de la porte quelques secondes.
Quelque chose serrait sa poitrine.
Pas de la peur.
Pas vraiment.
C’était plutôt cette sensation bizarre de voir le monde changer d’un coup sans avoir demandé la permission.
Sa mère leva alors les yeux vers elle.
— Viens voir, ma chérie.
Et cette simple phrase suffit à faire fondre toute l’étrange tempête dans son ventre.
Adélaïde s’approcha lentement du lit. Très lentement. Comme si un mouvement brusque pouvait casser cet instant fragile.
Victor remua légèrement dans les bras de leur mère.
Ses tout petits doigts dépassaient de la couverture.
Adélaïde hésita… puis tendit doucement la main.
Le bébé attrapa immédiatement son doigt.
Fort.
Étonnamment fort.
Et là, quelque chose bascula.
Elle ne savait pas comment expliquer ça. C’était comme découvrir une pièce cachée dans son propre cœur. Une pièce qu’elle ne connaissait pas avant aujourd’hui.
Elle regarda longtemps son petit frère avant de murmurer :
— Il est vraiment très moche pour l’instant.
Sa mère éclata de rire.
Louis aussi.
Même Pia protesta :
— Mais non !
Adélaïde eut un minuscule sourire en coin sans quitter Victor des yeux.
Puis, beaucoup plus discrètement, presque dans un souffle :
— Mais je crois que je l’aime déjà quand même.
483 mots
"Rester fidèle aux siens, avancer malgré la peur et ne jamais céder forge les plus grands."
Adélaïde de Boinot
9 mai 2026, 07:40
Il arrive, le bébééééé !!!!!
Nouvelle Sainte Mangouste,
Le 6 décembre 2048
Le 6 décembre 2048
Pia avait finalement obtenu le droit de s’asseoir sur le fauteuil près du lit à condition de “ne pas secouer le bébé comme un paquet surprise”, selon les mots très sérieux de leur père.
Évidemment, cela n’empêchait pas la fillette de fixer Victor avec l’intensité dramatique d’une scientifique découvrant une nouvelle espèce.
— Il a des oreilles minuscules.
— C’est souvent le principe d’un bébé, répondit Adélaïde.
Elle était désormais assise au bord du lit de sa mère, beaucoup plus calme qu’à leur arrivée. Victor dormait toujours, parfaitement inconscient du chaos émotionnel qu’il venait de provoquer dans toute la famille.
Dehors, la pluie continuait de tambouriner contre les vitres de la chambre magique. Les lumières du soir commençaient doucement à colorer Londres d’or et de gris.
Sa mère passa une main tendre dans les cheveux d’Adélaïde.
— Tu vas bien ?
La fillette haussa légèrement les épaules avant de répondre honnêtement :
— Je crois.
Et c’était vrai.
C’était étrange d’être l’aînée maintenant. Très étrange même. Une partie d’elle avait peur que tout change. Que sa mère ait moins de temps. Que son père regarde davantage Victor qu’elle. Que Pia et elle deviennent “les grandes” d’un seul coup.
Mais en observant le bébé roulé dans sa couverture, une autre pensée prenait doucement toute la place.
Il allait apprendre le monde avec eux.
Et ça… c’était presque merveilleux.
Victor eut soudain un petit bruit bizarre dans son sommeil.
Pia sursauta.
— Il explose ?
Louis manqua de s’étouffer de rire tandis que Katerina cachait son visage derrière sa main.
— Non, Pia. Il rêve sûrement.
— Les bébés rêvent déjà ?
Adélaïde observa son petit frère quelques secondes avant de répondre d’un ton très sérieux :
— Peut-être qu’il rêve de lait.
— Ou de dragons miniatures ! ajouta Pia.
— Ou de silence, souffla leur père.
Pia lui lança un regard outré.
Puis Victor ouvrit légèrement les yeux.
Deux petits yeux encore flous, sombres et perdus, qui semblèrent chercher quelque chose avant de se poser vaguement sur Adélaïde.
Et sans réfléchir, elle lui sourit.
Un vrai sourire.
Pas celui qu’elle utilisait pour paraître élégante ou intelligente ou plus mature qu’elle ne l’était.
Un sourire simple.
Doux.
Celui d’une grande sœur.
370 mots
"Rester fidèle aux siens, avancer malgré la peur et ne jamais céder forge les plus grands."
Adélaïde de Boinot
9 mai 2026, 16:50
Il arrive, le bébééééé !!!!!
Nouvelle Sainte Mangouste,
Le 6 décembre 2048
Le 6 décembre 2048
Adélaïde ne remarqua même pas tout de suite qu’elle continuait de sourire.
C’était inhabituel.
D’habitude, elle faisait attention à son expression, à sa posture, à la façon dont les autres la regardaient. Son père disait souvent qu’une personne de la famille de Boinot devait toujours garder une certaine tenue.
Mais là…
Elle avait simplement oublié.
Victor remua encore un peu dans les bras de leur mère avant de laisser échapper un minuscule bâillement. Un tout petit bruit ridicule qui fit immédiatement fondre Pia.
— IL EST ADORABLE !
— Il ressemble toujours à une vieille pomme de terre fatiguée, répondit Adélaïde avec calme.
Sa mère éclata de rire une nouvelle fois.
— Tu es terrible.
— Je suis honnête.
Louis s’approcha alors du lit avec un air faussement solennel.
— Bon. Question importante. Lequel de vous trois sera le plus sage maintenant ?
Pia leva immédiatement la main.
— Moi !
— Faux, dit Adélaïde.
— Pourquoi faux ?!
— Parce que tu as essayé de nourrir un niffleur avec des boutons la semaine dernière.
Pia croisa les bras avec indignation.
— Il avait faim.
Pendant que leur petite dispute remplissait doucement la chambre, Adélaïde observa discrètement sa mère.
Elle avait l’air fatiguée. Plus fatiguée qu’elle ne l’avait jamais vue. Mais aussi heureuse. D’une façon différente. Plus calme. Comme si Victor avait ajouté quelque chose de lumineux dans la pièce rien qu’en existant.
Puis Katerina leva doucement le bébé vers elle.
— Tu veux le prendre un peu ?
Le cœur d’Adélaïde rata presque un battement.
— Moi ?
— Évidemment toi.
Soudain, tout lui sembla extrêmement dangereux.
Ses mains étaient trop grandes.
Le bébé trop petit.
Et si elle le faisait tomber ? Et si sa tête partait de travers ? Et si les bébés étaient plus fragiles qu’ils en avaient l’air ?
Pia, elle, semblait scandalisée.
— Moi aussi je veux !
— Plus tard, répondit leur père très vite.
Adélaïde hésita encore une seconde avant de tendre les bras avec une prudence presque comique. Sa mère déposa Victor contre elle avec douceur.
Il ne pesait presque rien.
Une toute petite bouillotte vivante.
Adélaïde resta parfaitement immobile.
Victor ouvrit un peu les yeux avant de se rendormir aussitôt contre elle, comme si c’était l’endroit le plus normal du monde.
Et cette fois, la drôle de sensation dans sa poitrine revint encore plus fort.
Quelque chose de chaud.
De fragile.
D’immense.
Elle baissa les yeux vers son petit frère puis murmura très discrètement :
— Bonjour Victor.
Comme si elle faisait réellement sa connaissance pour la première fois.
429 mots
"Rester fidèle aux siens, avancer malgré la peur et ne jamais céder forge les plus grands."
Adélaïde de Boinot
10 mai 2026, 07:55
Il arrive, le bébééééé !!!!!
Nouvelle Sainte Mangouste,
Le 6 décembre 2048
Victor dormait toujours contre elle.
Et plus les minutes passaient, plus Adélaïde avait peur de bouger d’un seul centimètre.
Pas parce qu’il était lourd. Au contraire. Il semblait si léger qu’elle avait l’impression de tenir un flocon vivant entre ses bras. Même sa respiration était minuscule.
Pia, agenouillée sur le fauteuil, observait la scène avec une jalousie très visible.
— C’est injuste.
— Tu as failli demander s’il explosait il y a dix minutes, rappela leur père.
— J’ai changé.
Louis leva un sourcil.
— En dix minutes ?
— Oui.
Adélaïde étouffa un petit rire sans quitter Victor des yeux.
C’était étrange comme tout le reste semblait devenu plus silencieux. Les couloirs de l’hôpital, la pluie, les voix au loin… tout paraissait flou autour du bébé endormi.
Puis Victor fronça soudain son minuscule nez.
Adélaïde se figea aussitôt.
— Pourquoi il fait cette tête ?
Sa mère sourit doucement.
— Parce qu’il va sûrement pleurer.
— Pourquoi ?
— Les bébés pleurent beaucoup.
Cette information sembla profondément choquer Adélaïde.
— Tout le temps ?
— Presque.
Elle regarda immédiatement Victor avec suspicion.
— Donc il va être bruyant.
— Comme toi, lança son père avec amusement.
Adélaïde releva aussitôt la tête.
— Moi, je parle avec élégance.
Pia éclata de rire si fort que même Katerina en eut les larmes aux yeux.
Mais au milieu des rires, Victor poussa finalement un petit son plaintif avant de commencer à pleurer pour de vrai.
Un cri minuscule.
Pas impressionnant.
Et pourtant capable de remplir toute la chambre.
Adélaïde sursauta presque.
— Il est cassé.
— Non, répondit sa mère en riant doucement. Il a juste faim.
Victor continuait de pleurer contre elle en agitant ses petites mains rouges avec une énergie surprenante.
Et malgré le bruit…
Malgré la panique légère qui montait…
Adélaïde sentit un sourire revenir sur ses lèvres.
Parce qu’il était vivant.
Là.
Réel.
Son petit frère.
Elle finit par tendre doucement Victor à leur mère avec une précaution infinie avant de lisser sa robe d’un geste appliqué, comme pour retrouver un peu de contenance après cette tempête minuscule.
Puis elle déclara très sérieusement :
— Bon. Il pleure beaucoup, il est ridiculement petit et il ressemble toujours à une pomme de terre.
Pia leva les yeux au ciel.
— Tu dis toujours ça.
Adélaïde regarda Victor se calmer dans les bras de leur mère.
Et son expression s’adoucit presque malgré elle.
— Oui… mais c’est notre pomme de terre.
411 mots
Le 6 décembre 2048
Victor dormait toujours contre elle.
Et plus les minutes passaient, plus Adélaïde avait peur de bouger d’un seul centimètre.
Pas parce qu’il était lourd. Au contraire. Il semblait si léger qu’elle avait l’impression de tenir un flocon vivant entre ses bras. Même sa respiration était minuscule.
Pia, agenouillée sur le fauteuil, observait la scène avec une jalousie très visible.
— C’est injuste.
— Tu as failli demander s’il explosait il y a dix minutes, rappela leur père.
— J’ai changé.
Louis leva un sourcil.
— En dix minutes ?
— Oui.
Adélaïde étouffa un petit rire sans quitter Victor des yeux.
C’était étrange comme tout le reste semblait devenu plus silencieux. Les couloirs de l’hôpital, la pluie, les voix au loin… tout paraissait flou autour du bébé endormi.
Puis Victor fronça soudain son minuscule nez.
Adélaïde se figea aussitôt.
— Pourquoi il fait cette tête ?
Sa mère sourit doucement.
— Parce qu’il va sûrement pleurer.
— Pourquoi ?
— Les bébés pleurent beaucoup.
Cette information sembla profondément choquer Adélaïde.
— Tout le temps ?
— Presque.
Elle regarda immédiatement Victor avec suspicion.
— Donc il va être bruyant.
— Comme toi, lança son père avec amusement.
Adélaïde releva aussitôt la tête.
— Moi, je parle avec élégance.
Pia éclata de rire si fort que même Katerina en eut les larmes aux yeux.
Mais au milieu des rires, Victor poussa finalement un petit son plaintif avant de commencer à pleurer pour de vrai.
Un cri minuscule.
Pas impressionnant.
Et pourtant capable de remplir toute la chambre.
Adélaïde sursauta presque.
— Il est cassé.
— Non, répondit sa mère en riant doucement. Il a juste faim.
Victor continuait de pleurer contre elle en agitant ses petites mains rouges avec une énergie surprenante.
Et malgré le bruit…
Malgré la panique légère qui montait…
Adélaïde sentit un sourire revenir sur ses lèvres.
Parce qu’il était vivant.
Là.
Réel.
Son petit frère.
Elle finit par tendre doucement Victor à leur mère avec une précaution infinie avant de lisser sa robe d’un geste appliqué, comme pour retrouver un peu de contenance après cette tempête minuscule.
Puis elle déclara très sérieusement :
— Bon. Il pleure beaucoup, il est ridiculement petit et il ressemble toujours à une pomme de terre.
Pia leva les yeux au ciel.
— Tu dis toujours ça.
Adélaïde regarda Victor se calmer dans les bras de leur mère.
Et son expression s’adoucit presque malgré elle.
— Oui… mais c’est notre pomme de terre.
411 mots
"Rester fidèle aux siens, avancer malgré la peur et ne jamais céder forge les plus grands."
Adélaïde de Boinot
10 mai 2026, 08:17
Il arrive, le bébééééé !!!!!
Dans un taxi londonien du ministère de la magie,
Le 6 décembre 2048
La nuit était déjà tombée lorsqu’ils quittèrent enfin la Nouvelle Sainte-Mangouste.
Les grands couloirs de l’hôpital semblaient plus calmes maintenant, baignés dans une lumière tamisée où résonnaient seulement quelques pas lointains et le froissement des robes des guérisseurs de garde.
Adélaïde marchait près de son père pendant que Pia sautillait devant eux, incapable de contenir toute l’énergie que cette journée avait déposée dans son petit corps.
— Et quand Victor rentrera à la maison, il dormira où ?
— Dans sa chambre, répondit Louis.
— Et s’il a peur du noir ?
— Il aura une veilleuse.
— Et s’il a peur des dragons ?
— Pia… les bébés ne pensent pas encore aux dragons.
La fillette sembla réfléchir sérieusement.
— C’est triste.
Adélaïde leva les yeux vers les immenses fenêtres de l’entrée. La pluie avait cessé. Londres brillait sous les réverbères humides comme une ville enchantée cachée sous une couche de brouillard.
Son père posa doucement une main dans son dos pour la guider dehors.
Le froid du soir lui piqua immédiatement les joues.
Et soudain, tout lui sembla différent.
La ville était la même.
Le ciel aussi.
Même les taxis noirs alignés dans la rue n’avaient pas changé.
Pourtant, elle avait l’impression que le monde entier venait de bouger légèrement sur son axe.
Pia attrapa sa main sans prévenir.
— Tu crois qu’il nous reconnaîtra quand il reviendra ?
Adélaïde baissa les yeux vers sa petite sœur.
— Bien sûr.
— Même toi avec ton air sévère ?
— Je n’ai pas l’air sévère.
Louis toussa discrètement pour cacher un rire.
Trahison absolue.
Le trajet du retour fut beaucoup plus calme que l’aller.
Pia finit par s’endormir contre l’épaule de leur père avant même que le taxi ne traverse la moitié de Londres. Sa tête rebondissait doucement à chaque virage tandis qu’elle murmurait encore des choses incompréhensibles sur des dragons miniatures et des bébés sorciers.
Adélaïde, elle, regardait les lumières défiler derrière la vitre.
Elle repensait aux petits doigts de Victor serrés autour des siens.
À son souffle minuscule.
À cette sensation étrange dans sa poitrine.
Son père remarqua finalement son silence.
— Tu réfléchis beaucoup.
Elle hésita avant de répondre :
— Je crois que ça fait peur un peu.
Louis tourna légèrement la tête vers elle.
— Quoi donc ?
Adélaïde chercha ses mots quelques secondes.
— D’être grande sœur pour de vrai maintenant.
Le taxi roulait doucement sous les lampadaires dorés.
Puis son père sourit.
Un sourire fatigué mais sincère.
— Tu sais… moi aussi j’ai eu peur quand tu es née.
Elle cligna des yeux, surprise.
— Vraiment ?
— Évidemment. Tu étais minuscule, tu pleurais très fort et tu avais déjà un regard de Serpentard mécontent.
Cette fois, Adélaïde rit franchement.
Un vrai rire clair qui fit même bouger Pia dans son sommeil.
Louis lui ébouriffa doucement les cheveux.
— Mais regarde aujourd’hui.
Adélaïde tourna de nouveau les yeux vers la vitre.
Le reflet qu’elle aperçut dedans semblait presque un peu différent de celui du matin.
Toujours elle.
Mais avec quelque chose en plus désormais.
Quelque chose qui ressemblait peut-être au début de devenir grande.
522 mots
Le 6 décembre 2048
La nuit était déjà tombée lorsqu’ils quittèrent enfin la Nouvelle Sainte-Mangouste.
Les grands couloirs de l’hôpital semblaient plus calmes maintenant, baignés dans une lumière tamisée où résonnaient seulement quelques pas lointains et le froissement des robes des guérisseurs de garde.
Adélaïde marchait près de son père pendant que Pia sautillait devant eux, incapable de contenir toute l’énergie que cette journée avait déposée dans son petit corps.
— Et quand Victor rentrera à la maison, il dormira où ?
— Dans sa chambre, répondit Louis.
— Et s’il a peur du noir ?
— Il aura une veilleuse.
— Et s’il a peur des dragons ?
— Pia… les bébés ne pensent pas encore aux dragons.
La fillette sembla réfléchir sérieusement.
— C’est triste.
Adélaïde leva les yeux vers les immenses fenêtres de l’entrée. La pluie avait cessé. Londres brillait sous les réverbères humides comme une ville enchantée cachée sous une couche de brouillard.
Son père posa doucement une main dans son dos pour la guider dehors.
Le froid du soir lui piqua immédiatement les joues.
Et soudain, tout lui sembla différent.
La ville était la même.
Le ciel aussi.
Même les taxis noirs alignés dans la rue n’avaient pas changé.
Pourtant, elle avait l’impression que le monde entier venait de bouger légèrement sur son axe.
Pia attrapa sa main sans prévenir.
— Tu crois qu’il nous reconnaîtra quand il reviendra ?
Adélaïde baissa les yeux vers sa petite sœur.
— Bien sûr.
— Même toi avec ton air sévère ?
— Je n’ai pas l’air sévère.
Louis toussa discrètement pour cacher un rire.
Trahison absolue.
Le trajet du retour fut beaucoup plus calme que l’aller.
Pia finit par s’endormir contre l’épaule de leur père avant même que le taxi ne traverse la moitié de Londres. Sa tête rebondissait doucement à chaque virage tandis qu’elle murmurait encore des choses incompréhensibles sur des dragons miniatures et des bébés sorciers.
Adélaïde, elle, regardait les lumières défiler derrière la vitre.
Elle repensait aux petits doigts de Victor serrés autour des siens.
À son souffle minuscule.
À cette sensation étrange dans sa poitrine.
Son père remarqua finalement son silence.
— Tu réfléchis beaucoup.
Elle hésita avant de répondre :
— Je crois que ça fait peur un peu.
Louis tourna légèrement la tête vers elle.
— Quoi donc ?
Adélaïde chercha ses mots quelques secondes.
— D’être grande sœur pour de vrai maintenant.
Le taxi roulait doucement sous les lampadaires dorés.
Puis son père sourit.
Un sourire fatigué mais sincère.
— Tu sais… moi aussi j’ai eu peur quand tu es née.
Elle cligna des yeux, surprise.
— Vraiment ?
— Évidemment. Tu étais minuscule, tu pleurais très fort et tu avais déjà un regard de Serpentard mécontent.
Cette fois, Adélaïde rit franchement.
Un vrai rire clair qui fit même bouger Pia dans son sommeil.
Louis lui ébouriffa doucement les cheveux.
— Mais regarde aujourd’hui.
Adélaïde tourna de nouveau les yeux vers la vitre.
Le reflet qu’elle aperçut dedans semblait presque un peu différent de celui du matin.
Toujours elle.
Mais avec quelque chose en plus désormais.
Quelque chose qui ressemblait peut-être au début de devenir grande.
522 mots
"Rester fidèle aux siens, avancer malgré la peur et ne jamais céder forge les plus grands."
Adélaïde de Boinot