Erin ou la vie sauvage... ou presque
Fin Septembre 2050
Suite à mon entretien à la mi-septembre avec Miss Luneau, j'avais eu la confirmation de mon acceptation à poursuivre la formation animagus ainsi que le contenu de cette nouvelle année.
Celle-ci allait être chargée mais tellement intéressante, car j'allais pouvoir observer des animaux dans leur milieu naturel.
Ne sachant pas encore quelle serait la première sortie, j'avais pris la décision de me renseigner sur les mammifères en général.
Définition :
Les Mammifères sont des Vertébrés Tétrapodes Amniotes.
Parmi leurs caractéristiques, on peut noter :- un crâne présentant une seule fosse temporale
- une mandibule formée d'un seul os
- la présence de trois os (les osselets : marteau, enclume et étrier) au niveau de l'oreille moyenne
- la présence d'un néocortex, la couche externe des hémisphères cérébraux
- la présence de poils
- des glandes mammaires permettant aux femelles d'allaiter leurs jeunes
Les Mammifères étaient un groupe vraiment étonnants.
Contrairement à ce que la plupart des gens pouvaient penser, certains Mammifères pondent des œufs. C'est le cas des Monotrèmes, représentés par les Echidnés et l'Ornithorynque, des mammifères possédant un museau recouvert d'un étui corné et dont les mâles possèdent un éperon produisant une substance toxique au niveau des membres postérieurs et que l'on trouve en Australie et en Nouvelle-Guinée. Il y a aussi les Marsupiaux dont les petits naissaient à un stade larvaire et allaient finir leur développement dans une poche, le marsupium, dans laquelle ils se fixent à une mamelle. Présents surtout en Australie, en Tasmanie ou en Nouvelle-Guinée, certains sont également présents sur le continent américain. Les plus connus sont les Koalas, les Kangourous, les Opossums... Et puis, il y a les Placentaires, ceux dont le développement des petits se faisait intégralement dans l'utérus maternel grâce un organe particulier, le placenta, qui permettait les échanges entre la mère et sa progéniture.
Mais la reproduction n'était pas le seul élément intéressant chez les Mammifères. Ces animaux étaient présents dans tous les milieux de vie, aussi bien terrestre que le milieu aquatique de façon partielle, comme chez les castors ou les loutres, ou de façon totale, comme les Cétacés, mais aussi le milieu aérien, avec le vol battu des Chiroptères.
L'organisation des membres locomoteurs était adaptée au milieu de vie, comme l'alongement des phalanges pour les ailes des chauves-souris. Même en milieu terrestre, on pouvait observer des modifications.
Conséquence, les empreintes de pas laissées par les animaux permettaient d'identifier l'animal ou du moins d'avoir une idée de l'animal en question. Et ça, ça pourrait être pratique lors de sorties en pleine nature.Plantigrade : l'animal se déplace en posant toute la plante du pied et le métatarse au sol. C'est l'adaptation à la marche, avec le pas comme allure normale. (exemple : ours, ratons laveurs, opossums, lapins, blaireaux... et l'Homme).
Digitigrade : l'animal se déplace sur ses doigts ou orteils, reposant sur des coussinets (pelotes). C'est l'adaptation à la semi-course, dont l'allure normale est le trot. (exemples : félins et canidés)
Onguligrade : l'animal se déplace sur l'extrémité de ses doigts, dont les ongles sont transformés en sabots. C'est l'adaptation à la course, avec une réduction du nombre de doigts porteurs.
(exemples : ruminants (bovins, ovins, cervidés...), porcins, équidés, rhinocéros, éléphants...)
Autre adaptation chez les Mammifères, leur dentition était liée à leur régime alimentaire, un peu comme le bec des Oiseaux, comme je l'avais appris l'année précédente.
Les dents des Mammifères s'étaient spécialisées par rapport à celles des Reptiles. De l'avant vers l'arrière, on trouvait des incisives pour couper, des canines pour déchirer, puis les prémolaires et les molaires pour broyer.
Ainsi, les carnivores avaient des canines très développées et pointues appelées crocs alors qu'elles étaient quasiment absentes chez les herbivores où les incisives étaient plus tranchantes pour couper herbe et feuilles. Les prémolaires et les molaires des carnivores avaient également un aspect pointu prenant le nom de dents carnassières, alors que chez les herbivores, elles étaient plates pour broyer et écraser les végétaux.
J'avais ainsi appris énormément de choses à propos des Mammifères et j'avais à présent hâte de mettre en application certaines de ses informations sur le terrain.

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Début Octobre 2050
Cairngorms National Park
Cairngorms National Park
Le moment de la première sortie sur le terrain était enfin arrivé.
Lorsque j'avais su que le principal objectif était d'observer des cerfs.
Alors, en bonne Serdaigle, j'avais fait mes devoirs, une recherche sur cet animal.
Fiche d'identitéNom commun : Cerf élaphe
Nom scientifique : Cervus elaphus
Répartition géographique : essentiellement en Europe, nord-ouest de l'Afrique, nord du Moyen-Orient et en Asie centrale
Habitat naturel : grands massifs forestiers (feuillus/conifères), milieux ouverts adjacents (prairies, landes)
Régime alimentaire : herbivore (bourgeons, jeunes pousses, herbes, feuilles, écorces, glands)
Description physique :Comportement social : vit en hardes (biches et faons), mâles solitaires ou en groupes séparés, rejoignant les biches au rut- pelage : brun-roux en été, gris-brun en hiver
- mâle (cerf) : 1,75 à 2,50 m de long, de 160 et 240 kg, bois caduque
- femelle (biche) : de 1,60 à 2,10 m de long, de 120 à 170 kg, pas de bois
- jeune (faon) : pelage tacheté de blanc durant les premiers mois
Période de reproduction : de septembre à octobre, le mâle brame (cri rauque) pour attirer les femelles et affronter les rivaux
Gestation : dure 8 mois, donne naissance à un seul faon, parfois deux
Equipée d'un petit sac-à-dos contenant un thermos sorcier de thé chaud, des sandwichs préparés par les elfes de Poudlard, d'une paire de jumelles, mais aussi de quelques pastilles sonores - car oui, j'avais l'espoir de pouvoir enregistrer les bruits animaliers de la forêt - sans oublier mon carnet de recherches et de mon matériel de dessin, j'étais prête pour affronter cette journée qui s'annonçait mémorable.
L'après-midi fut consacrée à l'observation générale de la faune, ou du moins, aux traces indiquant la présente de tel ou tel animal. En effet, en plus des empreintes de pas, il y avait milles et un indice permettant d'identifier la présence d'un animal, comme la manière où une coquille de noix ou de noisettes a été ouverte, la façon dont une pomme de pin a été "épluché", sans compter les plumes tombées au sol ou encore le chant des oiseaux.
A l'aide de cire chauffée, j'avais pu réaliser le moulage de quelques empreintes de pas de mammifères, celui du fameux cerf élaphe, bien sur, mais également de lièvre variable, d'écureuil, de castor et de chat sauvage. L'utilisation de la cire au lieu du plâtre permettait d'obtenir des moulages rapides, mais moins solide. Heureusement, rien d'insurmontable lorsque d'un coup de baguette, on pouvait les transformer en pierre. Merci duro.
Qu'est-ce que j'avais hâte d'être enfin majeure pour pouvoir être libre de faire de la magie.
Alors que le soleil commençait à décliner à l'horizon, mon sac s'était progressivement rempli de divers souvenirs de cette journée. On avait rejoint un poste d'observation, à la lisière de la forêt s'ouvrant sur une clairière.
Jumelles en main, je guettais la présence des cervidés. Mais ce ne fut pas mes yeux qui les repérèrent en premier, mais mes oreilles. Un cri rauque et puissant, semblable à un rugissement, le brâme. Et enfin, je les vis. Un cerf, les bois très développés témoignant d'un certain âge. Un peu à l'écart, un petit troupeau de frêles biches.
Malgré l'obscurité du crépuscule, la nuit est dégagée et les animaux sont suffisamment visibles pour que je puisse faire quelques croquis sur mon carnet.
Et puis soudain, un autre cri, moins puissant, un autre mâle, plus jeune d'après ses bois moins ramifiés que le premier, sort d'entre les arbres. Et là, le choc ! Les deux cerfs, têtes baissée pour orienter leur bois en direction de leur adversaire, se chargent. Le bruit des bois qui s'entrechoquent semble résonner dans la nuit. Je plaque l'une de mes mains contre ma bouche pour empêcher d'émettre un cri. C'est puissant, c'est impressionnant... Après quelques instants d'affrontement, le plus jeune se carapate vers les arbres. Il a voulu défier le dominant, il a perdu. A travers les jumelles, il me semble apercevoir une blessure...
Le calme de la nuit a repris ses droits. Je passe le reste du temps à observer, dessiner, entre deux bouchées de sandwichs.
Cette sortie restera gravée dans ma mémoire.

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Début Novembre
Etre le dindon de la farce du cochon d'indeSi j'étais étudiante à Ilvermorny, l'école de magie des Etats-Unis, je serais surement en train d'en déguster une, accompagnée de purée de patate douce, de sauce aux cranberries, de mais grillé, et pour le dessert, une "pumpkin pie"
Mais j'étais une étudiante de l'école de magie britannique. Il me faudrait attendre les festivités de Noël pour la déguster, garnie d'une farce à base de poitrine fumé ou de chair à saucisses, accompagnée de marrons, enfin des châtaignes en réalité.
Non, je ne m'étais pas lancée dans des cours de cuisine. Si je pensais à une dinde, c'était bel et bien lié à ma formation animagus.
En effet, je devais retravailler un sort de métamorphose étudié en quatrième année, le sortilège d'inde. Ce sort était vraiment particulier, puisqu'il permettait de transformer une dinde en cochon d'inde et inversement. Deux transformations pour le prix d'une formule.
Et même la formule était particulière, enfin, surtout pour les personne qui comprenait le français, bien que l'inventeur de se sort sont américain. C'était un sort assez récent, qui datait des années 1980. Le sorcier, Ted Mosby, francophile, aurait gagné une dinde vivante au cours d'une loterie de quartier. Encombré par la taille de l'animal pour son appartement, le sorcier chercha à le transformer en un animal plus petit. Et partant d'un jeu de mot entre la "dinde" et le "d'inde" du cochon d'inde, c'est ainsi que la formule dindedandinde, pouvant se lire de deux façons "d'inde dans dinde" ou "dinde dans d'inde" vit le jour. Formule qui pouvait donc correspondre à deux effets.
Comme pour chaque sort de métamorphose qui impliquait un animal, ou plus tôt deux pour cette fois, j'avais commencé par faire des recherches sur ces deux animaux.
La dinde, femelle du dindon, et dont les petits se nomment dindonneau, est une volaille de grande taille originaire d'Amérique du Nord. Elle a été importée en Europe par les Conquistadors espagnols au XVIe siècle, où elle portait alors le nom de "poule d'inde", puisqu'ils pensaient avoir atteint les Indes.
De 80 à 120 cm pour un poids entre 3 et 6 kg, le plumage de la dinde est généralement brun avec des reflets irisés. Les mâles sont plus gros, leur poids pouvant attendre les 10 kg, et ils possèdent une caroncule, une petite excroissance charnue, rouge sur la tête.
A l'état sauvage, la dinde vit principalement dans les forêts, les prairies. Elle construit son nid au sol, le cachant dans la végétation dense. Elle pond généralement entre 8 et 15 œufs qu'elle couve pendant 28 jours.
La dinde est omnivore, elle se nourrit de graines, de fruits, d'insectes et de petits animaux.
A l'inverse, le cochon d'inde, aussi appelé cobaye, est un petit rongeur originaire d'Amérique du Sud. Mesurant une vingtaine de cm pour un poids pouvant aller de 700g à 1 kg, le cochon d'inde, dont son nom venait également d'une erreur historique (non, Christophe Colomb n'a pas découvert les Indes, mais les Amériques), est strictement herbivore. C'est un animal grégaire, qui apprécie les compagnies des siens. Il a la particularité de posséder 4 doigts aux pattes avant et 3 aux pattes arrière.
Le carnet qui contenait toutes mes recherches liées à la formation animagus était ouvert sur une double page sur les nombreuses illustrations de dinde et de cochon d'inde que j'avais réaliser. Les dessins étaient accompagnés de légendes, indiquant les informations importantes pour m'aider à la visualisation au moment de la mise en pratique de dindedandinde.
Pour le moment, j'étais encore dépendante de ce carnet, mais avec du temps et un entrainement régulier, je n'en aurais plus besoin. Surtout qu'il ne fallait pas oublier que j'avais déjà travaillé ce sort l'année précédente.
Mais entre le programme normal de cinquième année, année qui se terminerait par les examens des BUSEs, sans oublié la venue d'Isidora et mon voyage à Castelobruxo, cette année allait être chargée.
Récupérant la dinde mise à ma disposition par l'enseignante de Métamorphose, j'allais enfin passer à la pratique.
Je commence par un entrainement à la gestuelle, celle-ci nécessité une certaine souplesse au niveau du poignet, puisqu'elle consistait à tracer un double D.
Puis, je passe à l'entrainement de la formule, jusqu'à obtenir une certaine fluidité, les syllabes étant assez proche, avec une successions de "den" et de "de".
din-de-dan-din-de... dinde-dan-dinde... dindedandinde, répétais-je.
Je me sentais fin prête.
Visualiser les modifications, la tête d'oiseau prenant l'aspect d'une tête de mammifère, les plumes laissant place au pelage, les ailes reprenant l'aspect de pattes, la diminution de la taille... Tant de choses à penser...
dindedandinde !, prononçais-je, baguette pointée en direction de la dinde, tout en effectuant la gestuelle en forme de double D.

Ce n'était pas encore parfait, mais c'était déjà un bon début.

Manuel de métamorphose : Dindedandinde
images générées par IA
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Début Décembre 2050
Les températures avaient baissé et les premières chutes de neige avaient recouvert le parc d'un manteau blanc. Bien au chaud entre les murs du château, je poursuivais mes recherches.
Les mammifères n'auraient plus de secret ou presque pour moi d'ici la fin de l'année à ce rythme.
Sur la table de travail étaient étalés différents ouvrages ainsi que mon carnet dédié à la formation animagus. Les pages se noircissaient de plus en plus, les pages recouvertes de notes à propos de certains animaux, de schémas descriptifs.
Plus je lisais, plus j'étais fascinée par les mammifères. Ces animaux étaient présents dans tous les milieux, aussi bien terrestres, aériens ou encore aquatiques.
C'était d'ailleurs ces derniers qui retenaient actuellement mon attention. Je préparais ma prochaine sortie sur le terrain qui aura lieu fin janvier. La destination : les îles Shetland où j'observerais phoques gris, loutres d'Europe, peut-être des orques si on était chanceux, ainsi que quelques oiseaux marins et les fameux poneys Shetland. Mais l'objectif principal restait les mammifères marins.
On peut distinguer deux catégories de mammifères marins. La première correspondait aux animaux totalement inféodés à l'eau. Ce sont les Cétacés, comme les baleines, les dauphins, les orques, les narvals... qui sont des carnivores, ainsi que les Siréniens, comme les lamantins, qui sont des herbivores. La deuxième catégorie était ceux qui sont partiellement liés à l'eau, se reposant et mettant bas sur terre. Il s'agissait des Pinnipèdes, c'est-à-dire les phoques, otaries et morses, ainsi que certaines de loutres. Ce sont des carnivores.
Le principal problème pour ces animaux était la nécessité de respirer à la surface. En effet, malgré leur retour à la vie aquatiques, ils avaient toujours des poumons, organes respiratoires permettant les échanges gazeux avec l'air. ils plongent donc en apnée et remontent régulièrement à la surface. Lorsqu'ils sont sous l'eau, leur rythme cardiaque ralentit et la circulation sanguine se concentre vers les organes vitaux (cerveau et cœur). Leur cage thoracique est plus flexible que celle des autres mammifères, permettant de comprimer l'air des poumons. Ces derniers sont proportionnellement plus petits que chez les autres mammifères. Ils amènent moins d'air quand ils plongent, mais plongent plus facilement puisque leur masse volumique est plus élevée.
Afin de faciliter leur déplacement en milieu aquatique, leur corps a une morphologie hydrodynamique, fusiforme, large vers la partie centrale, aminci vers l'arrière. Les membres antérieurs prennent la forme de palettes natatoires permettant les changements de direction. Certains développent une nageoire dorsale, l'aileron, servant d'organe de stabilisation. Les membres postérieurs raccourcissent ou disparaissent. Les Cétacés et les Siréniens ont une nageoire caudale horizontale - celle des Poissons était verticale - servant à la propulsion.
Afin de se protéger du froid de l'eau, ces animaux développent soit un pelage très épais soit une épaisse couche de graisse sous-cutanée, voire les deux.
Bref, le monde des mammifères était fascinant ! Chaque recherche était comme un petit trésor.
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Fin Janvier 2051
Iles Shetland - Ecosse
Iles Shetland - Ecosse
J'avais trépigné d'impatience, presque autant qu'il y a quelques semaines, lorsque Isidora était arrivée à Poudlard pour quelques jours.
Emmitouflée dans un épais manteau, armée d'une paire de gants, d'un bonnet et d'une écharpe enroulée autour du cou, équipée d'un petit sac à dos contenant mon éternel carnet de recherches, d'une paire de jumelles, d'un thermos de thé au miel et de plusieurs sandwichs et autres friandises, j'étais prête au départ.
Direction les Iles Shetland, pour observer la faune locale.
A cette période de l'année, les journées étaient courtes, laissant environ 6h de lumière pour en profiter, mais les touristes moldus y étaient moins fréquents.
L'excursion commença sur l'île de Noss, une réserve naturelle. Le paysage est spectaculaire, l'île était bordée de falaises de grès rouge culminant à 180 mètres de haut. En temps normal, les falaises hébergeraient une multitudes d'oiseaux, mais avec l'hiver, certains, comme les fous de bassan et les macareux, sont partis. On peut cependant observer des espèces hivernantes, tel le guillemot à miroir, le fulmar boréal, le cormoran huppé, le grand labbe, ainsi que le goéland arctique. Mes yeux sont rivés aux jumelles, j'arrivais à reconnaitre quelques espèces, ayant recherché l'année précédente, des informations sur les oiseaux marins puisque je m'étais entrainé à faire apparaitre un goéland argenté lors de la première année de formation.
Mais ce n'était pas pour eux que j'étais venu ici. Je braque les jumelles plus bas, sur la ligne entre terre et mer. Sur les rochers, j'ai trouvé ma cible, un phoque prend le soleil.
Phoque commun ou phoque gris, je sors mon carnet pour y chercher les notes prises les semaines précédentes pour préparer cette sortie.
Les phoques gris sont plus massifs que les phoques communs, entre 150 et 320 kg pour les premiers contre 55 à 130 kg pour les seconds. Les phoques gris pouvaient atteindre les 3 m de long alors que les phoques communs mesurent entre 1,20 à 1,90 m. Le pelage des phoques gris est gris avec des tâches irrégulières, alors que celui du phoque commun est plus foncé, dans les tons gris ou brun, avec des lignes claires.
J'observais le comportement de ses mammifères, certains reposaient sur un banc de sable alors que d'autres étaient sur des rochers entourés d'eau. Certains s'aventuraient vers la mer, j'observais comment ils se déplaçaient jusqu'à plonger sous la surface de l'eau. Toujours avec mes jumelles, je scrutais la surface agitée afin de les voir remonter pour respirer... mais c'est autre chose que je vois percer l'eau. Un dauphin ? Un cétacé, ça s'est sur. Mais plus difficile à identifier, puisqu'il s'agit d'animaux entièrement aquatique. Lors de mes recherches, j'avais trouvé que les cétacés que l'on pouvait observer dans cette région étaient essentiellement le marsouin commun et le grand dauphin. Profitant de ce court moment chanceux, j'observe ce que je peux du mammifère. J'irais ensuite relire ce que j'avais noté dans mon carnet à leur propos.
Le marsouin est plus petit, de 1,50 à 2 m, trapu et dépourvu de "bec" (rostre), avec une tête arrondie et une nageoire triangulaire. Le grand dauphin est plus grand, jusqu'à 4 m, athlétique, avec un rostre long et une nageoire en faucille.
A l'approche du moment du déjeuner, on rejoignit l'île principale de l'archipel, Mainland.
Il restait encore quelques animaux à observer. En marchant à travers la lande, mon regard croise quelques poneys Shetland, vivant en semi-liberté. Ce sont les plus petits chevaux au monde, mesurant entre 85 cm et 1 mètre au garrot. Leur morphologie très robustes est adaptée aux conditions climatiques de l'archipel. Ils peuvent supporter des charges égales à deux fois leur propre poids.
Je profite de leur proximité pour sortir mon carnet pour en faire quelques croquis, même si dessiner avec des gants, c'est pas très pratique.
Enfin, on arrive à notre dernier site d'observation, le promontoire "The Krap", une bande rocheuse s'avançant dans la mer. Ici, on pouvait observer des loutres d'Europe qui ont la particularité d'être adaptées à l'eau de mer.
Ces mammifères, très timides, ont un excellent odorat. Planquée dernière les rochers, sous le vent pour camoufler notre présence, je les observais à travers la paire de jumelles. Les loutres chassaient à marée basse, fouillant les mares résiduelles ou explorant les forêts de varech situées le long des côtes. Une fois hors de l'eau, elles ont besoin de se rincer dans des sources d'eau douce pour conserver l'imperméabilité de leur fourrure.
Une fois encore, je tente de faire quelques croquis de ces mammifères.
Alors que la luminosité baissée, je rangeais mes affaires. C'était le signe que la ballade touchait à sa fin et qu'il fallait rejoindre Poudlard.
Comme pour la première sortie sur le terrain, j'en avais pris plein les yeux.
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