Rattrapé par la réalité
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Une sonnerie forte et un remue-ménage hors-norme démontraient la finalité du cours qu'Aaron venait de donner. L'épuisement était total, car il avait encore dû y mettre de son énergie pour ne serait-ce qu'obtenir une participation autre que celle de l'élève le plus brillant de cette promotion. Bien sûr, Aaron ne doutait nullement de l'intelligence de ses étudiants — loin de là — mais il savait, avec une intuition pure, que la matière ne les aidait nullement à s'exprimer comme ils le voulaient réellement tant les attentes familiales les attendaient tous et toutes au tournant, comme les siennes l'eûrent fait par le passé quand il n'était encore qu'un étudiant de Gryffondor.
Il ramassa les copies que ses élèves avaient ramenées au début de ce cours et remarqua que son élève le plus brillant s'apprêtait à partir. Et pourtant, Aaron voyait que quelque chose semblait s'être installé dans la vitalité et les pensées du jeune garçon.
— Cooper ? Pouvez-vous rester quelques minutes, j'aimerai beaucoup discuter avec vous de vos résultats lors des derniers devoirs que j'ai eu à corriger.
Le ton d'Aaron se voulait rassurant — comme toujours — et surtout dans un contexte de confiance ; il savait qu'Elijah s'approchait irrémédiablement des examens de fin d'étude et d'une manière de vivre très différente de celle estudiantine qu'il connaissait. Cependant, Aaron avait décelé une divergence très prononcée par rapport à la norme voulue par la société. Une différence telle qu'elle était en réalité impossible.
— J'ai remarqué quelque chose d'intrigant dans vos derniers devoirs : vous êtes très précis sur la vie des Moldus, vous accentuez même des concepts que je ne vous avais pas encore présentés. Est-ce que vous vous préparez pour une défense pour intégrer les équipes d'excuses magiques après vos études ?
Vav-mi-ia.
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Lieu froid #5f084e | Lieu chaud #500442 | Lieu neutre #53124d
Rattrapé par la réalité
Elijah adorait les cours d'étude des moldus. Pour lui, c'était la matière la plus facile du monde, puisqu'il lui suffisait de parler de ce dont il avait toujours connu. Pour lui, les moldus n'étaient pas des sujets d'étude, simplement des gens normaux. C'était bien les sorciers qui méritaient d'être étudiés sérieusement, avec leur volonté d'écrire à la plume et à l'encre alors même qu'il existait des stylos bille.
Entre la technologie et la magie, le choix de l'adolescent était vite fait : il préférait être normal, et pouvoir reprendre sa vie comme elle l'était avant, avec ses amis et surtout, sa famille. Faire pousser des bois de cerfs et voler sur un balai, c'était marrant, mais ça ne valait pas les batailles de nerf, les cabanes dans les arbres, la musique à fond et les après-midi sur la plage à surfer ou à jouer au volley. Parce que lui n'aimait pas se cacher. Et surtout, surtout, il n'aimait pas être un sorcier.
Et puis il en avait marre qu'on le regardât de travers pour une planche de skate ou une casquette à l'envers, alors même que ceux qui devrait être mal regardés c'était ces imbéciles qui se baladaient en robe à tout bout de champ. Bref, la magie n'était pour lui qu'une très longue parenthèse dans sa vie, et s'il s'amusait particulièrement à Poudlard, il n'en restait pas moins persuadé que tout cela serait loin derrière lui lorsqu'il serait grand.
Bref, l'étude des moldus était simplement un cours lui permettant d'avoir des bonnes notes sans se fouler. Aussi fut-il surpris que le professeur l'arrêtât pour parler de ses derniers devoirs. Il fit signe à ses amis qu'il les rejoindrait plus tard avant de lâcher nonchalamment son sac à ses pieds pour s'appuyer contre la table du premier rang à laquelle il était parvenu lorsque Bagans lui avait demandé de rester.
- Ben M'sieur c'est normal si j'sais des trucs, j'suis moldu moi hein. 'Fin né-moldu quoi. J'connais bien parce que c'est ma vie. J'veux pas travailler pour les excuses magiques c'est juste un truc pour les gros mythos ça. Moi j'suis ici parce que M'dame Priddy elle a dit que je devais apprendre à contrôler ma magie, c'est tout hein. Après j'pourrais revivre normalement ! expliqua-t-il comme s'il s'agissait là d'une évidence, et c'en était une à ses yeux. Bagans était sympa, mais il était drôlement bizarre quand il s'y mettait.
Entre la technologie et la magie, le choix de l'adolescent était vite fait : il préférait être normal, et pouvoir reprendre sa vie comme elle l'était avant, avec ses amis et surtout, sa famille. Faire pousser des bois de cerfs et voler sur un balai, c'était marrant, mais ça ne valait pas les batailles de nerf, les cabanes dans les arbres, la musique à fond et les après-midi sur la plage à surfer ou à jouer au volley. Parce que lui n'aimait pas se cacher. Et surtout, surtout, il n'aimait pas être un sorcier.
Et puis il en avait marre qu'on le regardât de travers pour une planche de skate ou une casquette à l'envers, alors même que ceux qui devrait être mal regardés c'était ces imbéciles qui se baladaient en robe à tout bout de champ. Bref, la magie n'était pour lui qu'une très longue parenthèse dans sa vie, et s'il s'amusait particulièrement à Poudlard, il n'en restait pas moins persuadé que tout cela serait loin derrière lui lorsqu'il serait grand.
Bref, l'étude des moldus était simplement un cours lui permettant d'avoir des bonnes notes sans se fouler. Aussi fut-il surpris que le professeur l'arrêtât pour parler de ses derniers devoirs. Il fit signe à ses amis qu'il les rejoindrait plus tard avant de lâcher nonchalamment son sac à ses pieds pour s'appuyer contre la table du premier rang à laquelle il était parvenu lorsque Bagans lui avait demandé de rester.
- Ben M'sieur c'est normal si j'sais des trucs, j'suis moldu moi hein. 'Fin né-moldu quoi. J'connais bien parce que c'est ma vie. J'veux pas travailler pour les excuses magiques c'est juste un truc pour les gros mythos ça. Moi j'suis ici parce que M'dame Priddy elle a dit que je devais apprendre à contrôler ma magie, c'est tout hein. Après j'pourrais revivre normalement ! expliqua-t-il comme s'il s'agissait là d'une évidence, et c'en était une à ses yeux. Bagans était sympa, mais il était drôlement bizarre quand il s'y mettait.
4e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050 - Reelijah 4ever - Prince des Flammes
Rattrapé par la réalité
Aaron accusa le coup, le regard soudain voilé par une pointe de tristesse qu'il ne parvint pas tout à fait à masquer. La franchise d'Elijah était un cri du cœur, mais elle révélait une faille béante dans la perception que l'adolescent avait de son propre futur. Le professeur Bagans savait que la magie n'était pas une parenthèse que l'on refermait d'un simple mouvement de baguette ; elle était une trace indélébile, autant pour les lois de la nature que pour celles de l'administration.
Il délaissa les copies pour croiser ses mains sur le bois du bureau, cherchant à accorder son ton à la gravité de ce qu'il s'apprêtait à dire.
— Je comprends ce sentiment de décalage... Vraiment... Mais je serais un bien piètre professeur si je ne vous mettais pas en garde contre la réalité qui vous attend de l'autre côté, car cela ne risque pas de vous plaire...
Il soupira doucement — non par agacement — par pure empathie pour ce garçon qui semblait vouloir nager à contre-courant d'un fleuve dont il ignorait la force.
— Pour le monde dont vous parlez, vous avez disparu à l'âge de onze ans. Vous n'avez aucun diplôme moldu, aucune existence légale dans leur système d'apprentissage ou de travail. Vouloir retourner vivre parmi eux sans utiliser la magie est une chose, mais y construire une carrière en est une autre... surtout sans risquer de compromettre le Secret Magique. Comment pensez-vous qu'un employeur vous regardera dès l'instant où il verra sur votre C.V. que vous n'avez pas été à l'école dès vos 11 ans, car pour beaucoup, il vous sera demandé une copie de votre diplôme...
Il s'approcha, son regard cherchant celui d'Elijah avec une sincérité désarmante. Aaron détestait véritablement cette position ; celle qui le plaçait en tant que méchant de l'histoire, en tant que briseur de rêve. Cela lui était insupportable, mais il se devait de dire la vérité à Elijah : rien ne revient à ce qu'il était avant pour un sorcier d'origine moldue.
— Je ne dis pas cela pour vous décourager ou pour vous forcer à aimer ce château... On n'est pas obligé de l'aimer. Je le dis parce que je m'inquiète de vous voir tout rejeter de la sorte... Êtes-vous vraiment certain de vouloir faire un tel saut dans le vide ? De chercher au final des excuses pour couvrir cette absence administrative pour eux ?
Vav-mi-ia.
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Il délaissa les copies pour croiser ses mains sur le bois du bureau, cherchant à accorder son ton à la gravité de ce qu'il s'apprêtait à dire.
— Je comprends ce sentiment de décalage... Vraiment... Mais je serais un bien piètre professeur si je ne vous mettais pas en garde contre la réalité qui vous attend de l'autre côté, car cela ne risque pas de vous plaire...
Il soupira doucement — non par agacement — par pure empathie pour ce garçon qui semblait vouloir nager à contre-courant d'un fleuve dont il ignorait la force.
— Pour le monde dont vous parlez, vous avez disparu à l'âge de onze ans. Vous n'avez aucun diplôme moldu, aucune existence légale dans leur système d'apprentissage ou de travail. Vouloir retourner vivre parmi eux sans utiliser la magie est une chose, mais y construire une carrière en est une autre... surtout sans risquer de compromettre le Secret Magique. Comment pensez-vous qu'un employeur vous regardera dès l'instant où il verra sur votre C.V. que vous n'avez pas été à l'école dès vos 11 ans, car pour beaucoup, il vous sera demandé une copie de votre diplôme...
Il s'approcha, son regard cherchant celui d'Elijah avec une sincérité désarmante. Aaron détestait véritablement cette position ; celle qui le plaçait en tant que méchant de l'histoire, en tant que briseur de rêve. Cela lui était insupportable, mais il se devait de dire la vérité à Elijah : rien ne revient à ce qu'il était avant pour un sorcier d'origine moldue.
— Je ne dis pas cela pour vous décourager ou pour vous forcer à aimer ce château... On n'est pas obligé de l'aimer. Je le dis parce que je m'inquiète de vous voir tout rejeter de la sorte... Êtes-vous vraiment certain de vouloir faire un tel saut dans le vide ? De chercher au final des excuses pour couvrir cette absence administrative pour eux ?
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Rattrapé par la réalité
Lorsque les professeurs cessaient ce qu'ils étaient en train de faire pour reporter entièrement leur attention sur lui, Elijah sentait que ce qui allait suivre n'allait pas forcément lui plaire. Toujours appuyé sur la table derrière lui, il se mordit légèrement la joue inférieure en regardant Bagans d'un air teinté d'incompréhension. Et effectivement, le début de sa tirade n'indiquait rien de bon.
Comment ça, il avait disparu à l'âge de onze ans ? Il était bien là ! Il existait toujours ! Et puis, il rentrait chaque été d'abord, c'était bien qu'il vivait toujours là-bas, au moins un peu ! Il se sentait trahi. Personne ne lui avait dit tout cela avant. Pourquoi personne ne lui avait dit tout cela avant ? Il avait l'impression de tomber, d'être en pleine chute libre, et que cela ne s'arrêtait pas. Pas de diplôme. Pas même d'école. Rien de rien pour vraiment travailler chez les moldus.
Le garçon resta là, à regarder son professeur, d'un air un peu ahuri. Il lui fallut plusieurs secondes pour sortir du silence, et tenter de remettre son cerveau en marche tout en analysant tout ce qu'il venait d'apprendre.
- Mais... Je... commença-t-il avant de refermer la bouche.
Par Merlin toute l'horreur de sa situation venait de lui tomber dessus d'un coup. Un profond sentiment d'injustice le prit aux tripes, faisant monter en lui une colère désormais bien trop familière.
- Mais c'est pas juste ! J'voulais même pas v'nir moi ! J'voulais rester là-bas ! C'est M'dame Priddy qu'a dit... Elle a dit que si j'apprenais pas à contrôler la magie j'deviendrais un Obscurial et que j'allais mourir ! J'voulais même pas être un sorcier moi ! C'est marrant cinq minutes la magie mais j'm'en fiche ! J'étais mieux avant ! J'aurais qu'à dire que j'ai fait l'école à la maison, non ? Pis me faire un faux diplôme ? Ça se fait ça non ? Comme les fausses identités pour boire avant d'être majeur ! Tout l'monde sait ça !
Comment ça, il avait disparu à l'âge de onze ans ? Il était bien là ! Il existait toujours ! Et puis, il rentrait chaque été d'abord, c'était bien qu'il vivait toujours là-bas, au moins un peu ! Il se sentait trahi. Personne ne lui avait dit tout cela avant. Pourquoi personne ne lui avait dit tout cela avant ? Il avait l'impression de tomber, d'être en pleine chute libre, et que cela ne s'arrêtait pas. Pas de diplôme. Pas même d'école. Rien de rien pour vraiment travailler chez les moldus.
Le garçon resta là, à regarder son professeur, d'un air un peu ahuri. Il lui fallut plusieurs secondes pour sortir du silence, et tenter de remettre son cerveau en marche tout en analysant tout ce qu'il venait d'apprendre.
- Mais... Je... commença-t-il avant de refermer la bouche.
Par Merlin toute l'horreur de sa situation venait de lui tomber dessus d'un coup. Un profond sentiment d'injustice le prit aux tripes, faisant monter en lui une colère désormais bien trop familière.
- Mais c'est pas juste ! J'voulais même pas v'nir moi ! J'voulais rester là-bas ! C'est M'dame Priddy qu'a dit... Elle a dit que si j'apprenais pas à contrôler la magie j'deviendrais un Obscurial et que j'allais mourir ! J'voulais même pas être un sorcier moi ! C'est marrant cinq minutes la magie mais j'm'en fiche ! J'étais mieux avant ! J'aurais qu'à dire que j'ai fait l'école à la maison, non ? Pis me faire un faux diplôme ? Ça se fait ça non ? Comme les fausses identités pour boire avant d'être majeur ! Tout l'monde sait ça !
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Rattrapé par la réalité
Toute la frustration d'Elijah agit comme un électrochoc pour Aaron. Il découvrait d'une certaine manière tout ce que cet adolescent gardait en lui : la séparation avec sa famille, ses amis ; la colère de devoir rattraper tout ce dont les autres élèves sorciers avaient connaissance, mais aussi la simple menace de ne pas devenir autre chose que ce qu'il était. Et pourtant, Aaron se sentit immédiatement pris entre deux feux : celui de n'être encore qu'un professeur à la connaissance superficielle de ses élèves, et d'autre part être un sorcier qui avait sorti des centaines d'excuses aux Moldus afin de préserver le monde magique. Il ignorait donc totalement les méthodes qu'avaient utilisées les autres professeurs pour faire accepter leur condition de sorciers à des enfants nés chez les Moldus, mais cette méthode lui semblait particulièrement brutale, apportant avec elle un frisson de malaise et une profonde empathie pour l'adolescent.
Pour lui, Elijah souffrait d'un sentiment d'injustice ; cela paraissait totalement légitime. Mais d'un autre côté, il ne pouvait permettre à Elijah de franchir la ligne de la criminalité pour vivre un semblant de normalité. La sorcellerie faisait maintenant partie de lui, il ne pourrait s'en détacher indéfiniment, et Aaron se devait de le prévenir.
— Tricher avec les diplômes moldus est une chose bien plus grave qu'une simple fausse carte d'identité pour entrer dans un pub, Cooper... Les gens n'engagent pas sans réelles compétences ; ils vous testent avant de vous embaucher : psychologiquement dans un entretien, mais aussi par vos compétences lors des périodes d'essai. Si vous n'y arrivez pas et que cela se voit que vous mentez, ils découvrent la supercherie. Et là, la justice moldue ne sera nullement clémente avec vous. Cela peut amener à des amendes élevées, mais aussi à des années de prison. Et je doute fortement que vous vouliez retourner à la vie moldue pour finir enfermé en cellule. De ce que je sais, les prisons moldues peuvent être parfois pires qu'Azkaban, et là, vous vous refermerez les portes du travail chez les Moldus tout seul...
Aaron s'interrompit, laissant le silence de la classe absorber la gravité de ses paroles. Mais au-delà de cette déjà dure réalité d'avenir, Aaron savait qu'il devait aussi reparler de l'Obscurial ; de cette menace qui avait lourdement pesé sur Elijah avant qu'il ne devienne un élève dans cette école. Il se devait de le rassurer, de trouver la raison qui le pousserait à accepter une deuxième fois ce choix de vivre parmi les sorciers. Elijah avait grandi depuis cette révélation sur sa condition, il était pleinement en âge de comprendre et de revoir ses choix.
— Je ne connais le professeur Priddy que depuis le début de cette année scolaire, et j'ignore comment s'est déroulée votre rencontre... Ses paroles ont pu vous sembler d'une dureté sans nom, comme un chantage cruel pour vous forcer à venir. Mais je ne pense nullement qu'elle l'ait fait pour vous faire peur, mais pour vous donner la chance de vivre votre magie, d'en devenir le maître... Ce qu'elle vous a dit sur les risques de mort est la vérité, Elijah. Votre magie, si vous aviez continué à la brimer au fond de vous pour essayer de rester normal, elle vous aurait détruit, car cela aurait été elle qui vous maîtriserait. Vous ne seriez qu'une coquille d'une chose qui peut tout détruire sur son chemin... sans que vous ne vous en souveniez une fois redevenu humain... On ne vous a pas arraché à votre famille par pure cruauté, mais pour vous garder en vie, ainsi que vos proches qui n'auraient rien pu faire face à une telle puissance.
Il fit un pas discret vers l'adolescent, refusant de garder cette posture de censeur qui lui pesait tant, pour ne laisser place qu'à sa bienveillance naturelle.
— Vous n'avez pas à oublier la plage, le volley ou votre vie d'avant... On n'efface pas ce que l'on est à onze ans. Mais pour construire la suite sans vous mettre en danger, vous devez accepter le sorcier que vous êtes aujourd'hui. Il existe des solutions légales pour lier vos deux mondes, si vous acceptez que l'on y travaille ensemble...
Vav-mi-ia.
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Lieu froid #5f084e | Lieu chaud #500442 | Lieu neutre #53124d
Pour lui, Elijah souffrait d'un sentiment d'injustice ; cela paraissait totalement légitime. Mais d'un autre côté, il ne pouvait permettre à Elijah de franchir la ligne de la criminalité pour vivre un semblant de normalité. La sorcellerie faisait maintenant partie de lui, il ne pourrait s'en détacher indéfiniment, et Aaron se devait de le prévenir.
— Tricher avec les diplômes moldus est une chose bien plus grave qu'une simple fausse carte d'identité pour entrer dans un pub, Cooper... Les gens n'engagent pas sans réelles compétences ; ils vous testent avant de vous embaucher : psychologiquement dans un entretien, mais aussi par vos compétences lors des périodes d'essai. Si vous n'y arrivez pas et que cela se voit que vous mentez, ils découvrent la supercherie. Et là, la justice moldue ne sera nullement clémente avec vous. Cela peut amener à des amendes élevées, mais aussi à des années de prison. Et je doute fortement que vous vouliez retourner à la vie moldue pour finir enfermé en cellule. De ce que je sais, les prisons moldues peuvent être parfois pires qu'Azkaban, et là, vous vous refermerez les portes du travail chez les Moldus tout seul...
Aaron s'interrompit, laissant le silence de la classe absorber la gravité de ses paroles. Mais au-delà de cette déjà dure réalité d'avenir, Aaron savait qu'il devait aussi reparler de l'Obscurial ; de cette menace qui avait lourdement pesé sur Elijah avant qu'il ne devienne un élève dans cette école. Il se devait de le rassurer, de trouver la raison qui le pousserait à accepter une deuxième fois ce choix de vivre parmi les sorciers. Elijah avait grandi depuis cette révélation sur sa condition, il était pleinement en âge de comprendre et de revoir ses choix.
— Je ne connais le professeur Priddy que depuis le début de cette année scolaire, et j'ignore comment s'est déroulée votre rencontre... Ses paroles ont pu vous sembler d'une dureté sans nom, comme un chantage cruel pour vous forcer à venir. Mais je ne pense nullement qu'elle l'ait fait pour vous faire peur, mais pour vous donner la chance de vivre votre magie, d'en devenir le maître... Ce qu'elle vous a dit sur les risques de mort est la vérité, Elijah. Votre magie, si vous aviez continué à la brimer au fond de vous pour essayer de rester normal, elle vous aurait détruit, car cela aurait été elle qui vous maîtriserait. Vous ne seriez qu'une coquille d'une chose qui peut tout détruire sur son chemin... sans que vous ne vous en souveniez une fois redevenu humain... On ne vous a pas arraché à votre famille par pure cruauté, mais pour vous garder en vie, ainsi que vos proches qui n'auraient rien pu faire face à une telle puissance.
Il fit un pas discret vers l'adolescent, refusant de garder cette posture de censeur qui lui pesait tant, pour ne laisser place qu'à sa bienveillance naturelle.
— Vous n'avez pas à oublier la plage, le volley ou votre vie d'avant... On n'efface pas ce que l'on est à onze ans. Mais pour construire la suite sans vous mettre en danger, vous devez accepter le sorcier que vous êtes aujourd'hui. Il existe des solutions légales pour lier vos deux mondes, si vous acceptez que l'on y travaille ensemble...
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