Je peux vous poser une question ?
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Bureau du psychomage / 7 Novembre 2050, 13 h 30 / avec Hyacinthe Kyros
Bureau du psychomage / 7 Novembre 2050, 13 h 30 / avec Hyacinthe Kyros
Gabrielle avait hésité longtemps avant de prendre rendez-vous chez le psychologue - enfin psychomage. Elle ne considérait pas avoir besoin de voir une telle personne, mais elle ne savait pas vers quel autre adulte se tourner pour poser ses questions. Ou plutôt sa question. Pourquoi moi ?
Gabrielle avait peur ; du moins c’est ce qu’il lui semblait. Elle se dépêchait dans les couloirs pour ne pas arriver en retard, l’esprit occupé à chercher comment présenter sa demande. Elle se mordilla la lèvre. Elle n’avait pas vraiment peur de ce rendez-vous, ni même du psychomage, bien qu’elle ne le connaisse pas. C’était plutôt une sorte… d’angoisse ? Elle ne savait pas bien le définir.
On était en novembre, la deuxième année de Gabrielle était déjà bien entamée. La petite Poufsouffle avait presque honte de ne pas avoir pris rendez-vous plus tôt. Elle s’était déjà interrogée sur la raison de sa présence à Poudlard alors que sa famille était Moldue. Bien sûr. Comment n’aurait elle pas pu le faire ? Mais jusqu’à présent ça ne lui avait pas semblé essentiel d’en parler…
En fait ils n’en parlaient pas beaucoup à la maison. Gabrielle leur racontait tout, mais la question du pourquoi elle n’était jamais venu sur la table.
La gorge de la petite Poufsouffle se serra. Comment avait-elle fait pour ne pas voir ce que couvrait son frère ? Ce n’est que cet été que tout lui était apparu en face. Sa jalousie, principalement, avait été le plus dur à accepter…
Pourquoi ne pouvait-on pas tous être sorcier et étudier à Poudlard ? Pourquoi Gabrielle était-elle une des privilégiées ? Son frère aurait-il eut une chance de suivre le même parcours ? Et sa petite sœur, sera-elle capable de magie ?
Sa sœur… Gabrielle ne voyait pas comment la consoler si elle ne recevait pas une lettre le jours de ses 11 ans. Elle aimait tellement ce monde de magie… La deuxième année voyait déjà son sourire illuminer le château et il lui semblait presque entendre ses pas résonner. C’est sur, si elle n’était pas acceptée, elle ne s’en remettrai pas…
13 h 30. Gabrielle était en retard. Elle dépassa un premier année et, rapidement, s’engouffra par la porte du bureau du psychomage. Le cœur encore battant de sa marche rapide, elle posa une main sur son sac et s’arrêta net. Un rapide coup d’œil lui permis de reconnaître une salle d’attente. Avisant l’heure, la Poufsouffle se dirigea immédiatement vers la porte du bureau. Elle passa une main nerveuse dans ses cheveux et toqua trois petits coup sur le panneaux de bois.
En regardant mieux la pièce où elle se trouvait, Gabrielle découvrit des fauteuils et canapés à l’apparence moelleuse et un table basse regorgeant de magazines. L’ensemble de la pièce dégageait une atmosphère accueillante avec les grosses plantes vertes disposées dans tous les coins.
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479 mots / @Hyacinthe Kyros / N’hésitez pas si quelque chose ne va pas !
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“Le sourire est le même dans toutes les langues’’
2A rp • 12 ans et toutes ses dents • color=#a67b01
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Je peux vous poser une question ?
Novembre filtrait à travers les grandes fenêtres du bureau en une couleur grise et humide que Hyacinthe appréciait plutôt bien. Il ne pleuvait pas, heureusement, et ce net affaiblissement de la lumière lui faisait grand bien aux yeux. C'était un climat différent des automnes qu'il avait passé au sud de l'Europe, mais ce n'était pas pour autant déstabilisant. Les plantes qu'avait laissé Mia semblaient ne pas en tenir compte vu le climat du château (peut-être était-ce parce qu'il les avait arrosées la veille). Le roux inspira lentement, ajusta une mèche blanche derrière son oreille, puis reposa ses mains fines sur ses genoux.
Il était 13h30. Son entretien du début d'après-midi ne devrait pas tarder. Il s'agissait d'une toute première séance avec une jeune Poufsouffle. Gabrielle Taylor. Le psychomage se retrouvait à ne plus trop les appréhender vu le nombre de première séance qu'il avait du faire depuis sa prise de poste, mais... c'était toujours une épreuve, dans un certain sens. Il ne savait jamais comment les élèves allaient réagir à sa présence et à sa fonction : savoir et sortir ce qu'ils avaient dans la tête.
Il fut perdu dans ses pensées jusqu'à entendre trois petits coups donnés contre le bois de la porte d'entrée. Ah, enfin. Le trentenaire se leva presque immédiatement et lissa inutilement ses vêtements, plus par besoin de contrôle que par coquetterie. La porte d'entrée une fois ouverte, son regard se posa sur la jeune Poufsouffle qui se trouvait là. Elle semblait à peine arrivée - était-elle inquiète d'être en retard ? Peut-être. Hyacinthe ne comptait pas s'offusquer de quelques minutes, en tout cas. Malgré cela, il reconnu la tension caractéristique de la première séance et tenta de la calmer avec un sourire léger, poli et sans insistance.
- Miss Taylor ? Entrez, je vous en prie.
Il observa rapidement la jeune fille et s’écarta pour lui laisser le passage, refermant la porte derrière elle avec un soin presque cérémonieux. Le bureau baignait dans une chaleur tranquille. C'était un point positif, qui contrastait si bien avec la température extérieure que Hyacinthe n'avait même pas à la travailler. En revanche, il avait redisposé les fauteuils de manière asymétrique, pour ne pas donner l’impression d’un face-à-face imposé.
- Installez-vous où vous voulez.
Hyacinthe laissa le temps à Gabrielle, puis se rapprocha de son propre siège sans pour autant se rasseoir. Ses yeux glissèrent sur ses épaules légèrement remontées et sa mâchoire serrée. Angoisse, pas panique. Ca allait, oui.
- Comment s'est passée votre matinée, Gabrielle ? Les cours n'ont pas été trop difficiles ? Reprit-il avec un sourire amical et un air attentif. Oh, je m'excuse, je ne vous ai pas demandé si souhaitez quelque chose à boire ? J’ai du thé, du chocolat chaud... ou simplement de l’eau.
Il attendit sa réponse, sans combler le silence. Peut-être allait-il devoir s'éloigner pour préparer sa boisson, de toute façon. Le psychomage espérait que la conversation basique pourrait détendre la jeune fille avant qu'elle ne développe sur la raison de sa venue.
- Dites-moi, Gabrielle... Qu’est-ce qui vous a donné envie de passer me voir ?
Il était 13h30. Son entretien du début d'après-midi ne devrait pas tarder. Il s'agissait d'une toute première séance avec une jeune Poufsouffle. Gabrielle Taylor. Le psychomage se retrouvait à ne plus trop les appréhender vu le nombre de première séance qu'il avait du faire depuis sa prise de poste, mais... c'était toujours une épreuve, dans un certain sens. Il ne savait jamais comment les élèves allaient réagir à sa présence et à sa fonction : savoir et sortir ce qu'ils avaient dans la tête.
Il fut perdu dans ses pensées jusqu'à entendre trois petits coups donnés contre le bois de la porte d'entrée. Ah, enfin. Le trentenaire se leva presque immédiatement et lissa inutilement ses vêtements, plus par besoin de contrôle que par coquetterie. La porte d'entrée une fois ouverte, son regard se posa sur la jeune Poufsouffle qui se trouvait là. Elle semblait à peine arrivée - était-elle inquiète d'être en retard ? Peut-être. Hyacinthe ne comptait pas s'offusquer de quelques minutes, en tout cas. Malgré cela, il reconnu la tension caractéristique de la première séance et tenta de la calmer avec un sourire léger, poli et sans insistance.
- Miss Taylor ? Entrez, je vous en prie.
Il observa rapidement la jeune fille et s’écarta pour lui laisser le passage, refermant la porte derrière elle avec un soin presque cérémonieux. Le bureau baignait dans une chaleur tranquille. C'était un point positif, qui contrastait si bien avec la température extérieure que Hyacinthe n'avait même pas à la travailler. En revanche, il avait redisposé les fauteuils de manière asymétrique, pour ne pas donner l’impression d’un face-à-face imposé.
- Installez-vous où vous voulez.
Hyacinthe laissa le temps à Gabrielle, puis se rapprocha de son propre siège sans pour autant se rasseoir. Ses yeux glissèrent sur ses épaules légèrement remontées et sa mâchoire serrée. Angoisse, pas panique. Ca allait, oui.
- Comment s'est passée votre matinée, Gabrielle ? Les cours n'ont pas été trop difficiles ? Reprit-il avec un sourire amical et un air attentif. Oh, je m'excuse, je ne vous ai pas demandé si souhaitez quelque chose à boire ? J’ai du thé, du chocolat chaud... ou simplement de l’eau.
Il attendit sa réponse, sans combler le silence. Peut-être allait-il devoir s'éloigner pour préparer sa boisson, de toute façon. Le psychomage espérait que la conversation basique pourrait détendre la jeune fille avant qu'elle ne développe sur la raison de sa venue.
- Dites-moi, Gabrielle... Qu’est-ce qui vous a donné envie de passer me voir ?
516 - @Gabrielle Taylor
Excuses mon retard, et joyeux Noël !
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Psychomage depuis septembre 2050. - Présence partielle, mais on gère !
#5f957c - Tonton Hya
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Je peux vous poser une question ?
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Bureau du psychomage / 7 Novembre 2050, 13 h 30 / avec Hyacinthe Kyros
Bureau du psychomage / 7 Novembre 2050, 13 h 30 / avec Hyacinthe Kyros
- Miss Taylor ? Entrez, je vous en prie.
Gabrielle se retourna, surprise dans sa contemplation de la salle, et tenta un sourire.
- Bonjour, lança-elle.
Sa première impression du psychomage fut… étrange. L’homme face à elle l’impressionnait. Était-ce ses longs cheveux roux parcourus de mèches blanches ? Ou son apparence androgyne ? La deuxième année ne savait pas.
Le psychomage s’écarta pour la laisser passer et, se faisant, laissa apparaître son bureau. Gabrielle y entra, presque timidement, observant avec de grand yeux émerveillée la pièce.
Le bureau, très chaleureux, surpris la petite Poufsouffle. Une grande fenêtre éclairait des fauteuils, un canapé et une table basse, au centre de la pièce, ainsi que les nombreuses plantes, disposées ça et là. Une bibliothèque et un bureau était poussé contre un mur, et Gabrielle apercevait un escalier en colimaçon, servant visiblement d’étagère.
- Installez-vous où vous voulez.
La deuxième année se rendit compte qu’elle s’était arrêtée, et qu’elle regardait peut être la pièce avec trop d’insistance. Elle se décida rapidement pour un fauteuil, moins vaste que le canapé, et s’y assis mécaniquement. Elle garda son sac sur ses genoux et s’y accrocha. Elle n’était pas stressée par ce rendez-vous, elle n’avait pas peur, mais… c’était la première fois quoi.
- Comment s'est passée votre matinée, Gabrielle ? Les cours n'ont pas été trop difficiles ? Repris le psychomage avec un sourire, empêchant Gabrielle de remettre encore une fois en question sa venue. Oh, je m'excuse, je ne vous ai pas demandé si souhaitez quelque chose à boire ? J’ai du thé, du chocolat chaud... ou simplement de l’eau.
La petite Poufsouffle fut prise de court par cette question.
- Oh, euh, juste de l’eau, merci, répondit-elle. Elle regarda l’adulte s’éloigner. Mes cours se sont bien passés, c’était intéressant, dit-elle simplement pour répondre à ses précédentes interrogations.
La fillettes faillit elle-même poser une question, mais se retint. Elle ne savait pas si sa curiosité serait bien accueillit sur un sujet plus personnel.
- Dites-moi, Gabrielle... Qu’est-ce qui vous a donné envie de passer me voir ?
La deuxième année se tortilla sur son siège, elle hésitait encore : avait-elle bien fait de venir ? Quoiqu’il en soit, elle y était, elle ne pouvait plus faire demi-tour… autant poser sa question.
- Je… En fait je sais pas trop si.. enfin je sais pas si c’est vous que je devais voir pour ça, mais… Elle secoua la tête, consciente qu’elle perdait son interlocuteur dans ses paroles inutiles. Pardon. Je voulais savoir pourquoi… enfin, pourquoi je suis pas Moldue, comme ma famille ?
Gabrielle senti ses joues rosir de gêne. C’était pas une question à poser à un psychologue, mais qui aller voir d’autre ? Un professeur ? Elle ne savait pas lequel et elle avait peur de les déranger. Au moins, là elle prenait rendez-vous avec quelqu’un dont le métier était de discuter, et…
Stop
Elle avait déjà trop réfléchi à cela et refaire le même raisonnement ne menait à rien.
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431 mots / @Hyacinthe Kyros / Excusez-moi du retard
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Je peux vous poser une question ?
Hyacinthe accueillit la question sans laisser paraître le mouvement intérieur qu’elle provoqua. Pourtant, quelque chose se resserra doucement en lui, une vibration familière, presque intime, comme si les mots de Gabrielle venaient effleurer un souvenir ancien qu’il préférait laisser tranquille. Pourquoi moi ? La formule était simple, mais elle portait toujours plus qu’elle ne le laissait entendre.
- Oh ! C'est une question surprenante, mais néanmoins très intéressante. Je suis content que vous soyez venu me la poser, s'exclama-t-il avec un sourire calme aux lèvres.
Le trentenaire se leva alors doucement pour aller chercher le verre d'eau. Le simple fait de se déplacer lui permit de ne pas répondre immédiatement et de prendre le temps de se souvenir des détails et de la façon dont il pourrait les simplifier. Il prit le temps de remplir un verre d’eau, observant le niveau monter lentement, écoutant le bruit du liquide contre le verre. Ses cours de biologie dataient un petit peu... mais l'essentiel était toujours là. Peut-être que Diarmuid aurait été un interlocuteur plus adapté à la question, surtout dans la manière dont il pourrait l'expliquer à une adolescente. Mais Hyacinthe se pensait apte à répondre à la demande de la jeune fille, plutôt curieux d'entrevoir tout ce qu'elle impliquait.
Lorsqu’il revint, il posa le verre devant Gabrielle avec une attention presque cérémonieuse puis se rassit sans précipitation, ses longs doigts se rejoignant naturellement sur ses genoux.
- Je pense que Monsieur O'Belt et moi-même sommes des interlocuteurs apte à répondre à ce genre de question, puisque nous travaillons tous deux dans la santé. Donc... vous êtes au bon endroit, vous n'avez pas à vous en faire.
Son regard, cerné mais attentif, se posa sur la jeune Poufsouffle. Il nota la rougeur de ses joues, la façon dont elle s’accrochait à son sac, comme si elle craignait d’avoir franchi une limite invisible. Cela le fit sourire avec attendrissement tandis qu'il se mit à parler, la voix plus enveloppante que directive.
- Ce n’est ni déplacé, ni bête, ni égoïste de vous le demander. C’est même très humain, de vouloir comprendre ses origines.
Puis, marquant un courte pause, Hyacinthe choisit ses mots avec soin afin d'expliquer plus en détails.
- La magie ne fonctionne pas comme une récompense, reprit-il. Elle ne choisit pas "le bon enfant", ni celui qui en aurait le plus envie. Elle apparaît parfois dans une famille moldue sans raison visible, et parfois elle disparaît dans une famille sorcière. C’est surtout une question de génétique.
Hyacinthe s’adossa légèrement à son fauteuil, croisant les jambes avec cette élégance un peu nonchalante qui lui était propre. Il laissa planer un bref silence tandis que son regard restait posé sur Gabrielle.
- Si on entre un peu dans les détails, sans les rendre trop compliqué, bien sûr, cela se transmet par la famille. C'est plus évident chez les sorciers, puisqu'une grande majorité d'entre eux engendrent des enfants eux-même sorciers. Mais il arrive que des parents moldus portent, sans le savoir, des gênes qui ne s'expriment pas chez eux. Cela peut s'aligner chez un enfant, parfois. C'est surtout une question de probabilité, dirons-nous.
Son regard se perdit un instant sur les arbres qui étaient de l'autre côté de la fenêtre, avant qu'il ne finisse par se recentrer sur la Poufsouffle.
- Nous pouvons comparer ça à la couleur des yeux. Une personne peut avoir les yeux verts même si aucun de ses parents n'a cette couleur d'yeux. Cela peut être parce l'un de ses grands-parents, ou même arrières grands-parents ou tout autre ancêtre récent, a les yeux verts.
Il s’interrompit là volontairement, son regard posé sur elle, ouvert, l’invitant sans la pousser à répondre, à poser d’autres questions, ou simplement à réfléchir à voix haute. Hyacinthe espérait surtout avoir été clair dans sa formulation.
- Oh ! C'est une question surprenante, mais néanmoins très intéressante. Je suis content que vous soyez venu me la poser, s'exclama-t-il avec un sourire calme aux lèvres.
Le trentenaire se leva alors doucement pour aller chercher le verre d'eau. Le simple fait de se déplacer lui permit de ne pas répondre immédiatement et de prendre le temps de se souvenir des détails et de la façon dont il pourrait les simplifier. Il prit le temps de remplir un verre d’eau, observant le niveau monter lentement, écoutant le bruit du liquide contre le verre. Ses cours de biologie dataient un petit peu... mais l'essentiel était toujours là. Peut-être que Diarmuid aurait été un interlocuteur plus adapté à la question, surtout dans la manière dont il pourrait l'expliquer à une adolescente. Mais Hyacinthe se pensait apte à répondre à la demande de la jeune fille, plutôt curieux d'entrevoir tout ce qu'elle impliquait.
Lorsqu’il revint, il posa le verre devant Gabrielle avec une attention presque cérémonieuse puis se rassit sans précipitation, ses longs doigts se rejoignant naturellement sur ses genoux.
- Je pense que Monsieur O'Belt et moi-même sommes des interlocuteurs apte à répondre à ce genre de question, puisque nous travaillons tous deux dans la santé. Donc... vous êtes au bon endroit, vous n'avez pas à vous en faire.
Son regard, cerné mais attentif, se posa sur la jeune Poufsouffle. Il nota la rougeur de ses joues, la façon dont elle s’accrochait à son sac, comme si elle craignait d’avoir franchi une limite invisible. Cela le fit sourire avec attendrissement tandis qu'il se mit à parler, la voix plus enveloppante que directive.
- Ce n’est ni déplacé, ni bête, ni égoïste de vous le demander. C’est même très humain, de vouloir comprendre ses origines.
Puis, marquant un courte pause, Hyacinthe choisit ses mots avec soin afin d'expliquer plus en détails.
- La magie ne fonctionne pas comme une récompense, reprit-il. Elle ne choisit pas "le bon enfant", ni celui qui en aurait le plus envie. Elle apparaît parfois dans une famille moldue sans raison visible, et parfois elle disparaît dans une famille sorcière. C’est surtout une question de génétique.
Hyacinthe s’adossa légèrement à son fauteuil, croisant les jambes avec cette élégance un peu nonchalante qui lui était propre. Il laissa planer un bref silence tandis que son regard restait posé sur Gabrielle.
- Si on entre un peu dans les détails, sans les rendre trop compliqué, bien sûr, cela se transmet par la famille. C'est plus évident chez les sorciers, puisqu'une grande majorité d'entre eux engendrent des enfants eux-même sorciers. Mais il arrive que des parents moldus portent, sans le savoir, des gênes qui ne s'expriment pas chez eux. Cela peut s'aligner chez un enfant, parfois. C'est surtout une question de probabilité, dirons-nous.
Son regard se perdit un instant sur les arbres qui étaient de l'autre côté de la fenêtre, avant qu'il ne finisse par se recentrer sur la Poufsouffle.
- Nous pouvons comparer ça à la couleur des yeux. Une personne peut avoir les yeux verts même si aucun de ses parents n'a cette couleur d'yeux. Cela peut être parce l'un de ses grands-parents, ou même arrières grands-parents ou tout autre ancêtre récent, a les yeux verts.
Il s’interrompit là volontairement, son regard posé sur elle, ouvert, l’invitant sans la pousser à répondre, à poser d’autres questions, ou simplement à réfléchir à voix haute. Hyacinthe espérait surtout avoir été clair dans sa formulation.
630 - @Gabrielle Taylor
Excuses mon retard, je reviens seulement de ma pause
Excuses mon retard, je reviens seulement de ma pause
Psychomage depuis septembre 2050. - Présence partielle, mais on gère !
#5f957c - Tonton Hya
#5f957c - Tonton Hya
Je peux vous poser une question ?
- Oh ! C'est une question surprenante, mais néanmoins très intéressante. Je suis content que vous soyez venu me la poser, s'exclama calmement l’adulte.
Gabrielle mordilla sa lèvre inférieure, soulagée par l’accueil de sa question. Les yeux levés vers le psychomage, elle attendait maintenant la réponse. La deuxième année le suivit du regard quand il se leva et se dirigea vers un coin de la pièce. Le bruit d’un filet d’eau rompit le silence et, tendis que le niveau montait dans le verre, Gabrielle balançait doucement ses jambes qui ne touchaient pas encore le sol. Pourquoi prenait-il son temps ? Se demandait son esprit d’enfant, impatient. Elle le regarda revenir et poser doucement le verre d’eau devant elle.
- Merci, souffla elle.
L’adulte se rassit, toujours dans un mouvement lent et doux. Ces manières précautionneuses semblaient faire parti de sa personne, ou peut être étais-ce des habitudes prises du métier qu’il exerçait ? Il repris alors enfin la parole et la rassura sur son choix : elle était bien au bon endroit pour poser sa question. Gabrielle osa un petit sourire timide pour le remercier.
- Ce n’est ni déplacé, ni bête, ni égoïste de vous le demander. C’est même très humain, de vouloir comprendre ses origines. Ajouta-il.
La petite Poufsouffle hocha la tête, le regard baissé. Elle était plus que reconnaissante pour ces paroles. Elle avait bien fait de venir en fin de compte, le psychomage savait que dire pour la rassurer d'une inquiétude qu'elle avait a peine exprimé.
- La magie ne fonctionne pas comme une récompense, dit-il enfin pour répondre à la question qui avait amené la jeune fille dans son bureau. Elle ne choisit pas "le bon enfant", ni celui qui en aurait le plus envie. Elle apparaît parfois dans une famille moldue sans raison visible, et parfois elle disparait dans une famille sorcière. C’est surtout une question de génétique.
La génétique... Gabrielle connaissait un peu le concept, mais de là à comprendre vraiment le lien avec la magie... Pour elle, le génétique était la chose qui faisait qu'elle ressemblait à ses parents. Mais vu que ses parents n'étaient pas sorciers, où était le lien ? Le psychomage ne la laissa heureusement pas là dans ses explications et entra un peu plus dans les détails de la fameuse génétique pour expliquer à la fillette que des parents moldus pouvaient porter un gène sorcier sans en être un, et que ce gène sera par la suite transmis ou non à l'enfant.
- Nous pouvons comparer ça à la couleur des yeux. Une personne peut avoir les yeux verts même si aucun de ses parents n'a cette couleur d'yeux. Cela peut être parce l'un de ses grands-parents, ou même arrières grands-parents ou tout autre ancêtre récent, a les yeux verts.
Gabrielle fronça les sourcils en réfléchissant sur ces explications. Au fil de ses pensés, son regard se posait un peu partout dans la pièce, évitant toute fois l'adulte.
- Mais, fini-t-elle par dire, je.. enfin, même mes grands parents ne sont pas sorciers, donc ça marche pas votre truc ! La petite Poufsouffle se rendit compte un peu tard du ton de ses derniers mots. Enfin, em, j'veux dire que.. y'a pas autre chose ? se rattrapa-elle en gigotant.
Un ange passa. Gabrielle repensa à sa famille...
- Et du coup, pour ma petite soeur, comment on sait si elle est comme moi ? demanda-elle alors, gêne oubliée. Et... pourquoi, enfin, mon frère aurais pu venir ici ? Il avait autant de.. chances ? demanda-elle finalement d'une petite voix, attendant avec un peu d'appréhension la réponse de son interlocuteur. Ce sujet l'atteignait finalement plus qu'elle ne voulait l'admettre.
Pourquoi la chance ne l'as pas choisis ? Pourquoi moi ? Pourquoi... pourquoi m'en veut-il ? M'en veut-il vraiment ? Ou est-ce autre chose ? Gabrielle se mordilla de nouveau la lèvre inférieur. Comment aurai-je été à sa place ? Je... CHUT
Gabrielle mordilla sa lèvre inférieure, soulagée par l’accueil de sa question. Les yeux levés vers le psychomage, elle attendait maintenant la réponse. La deuxième année le suivit du regard quand il se leva et se dirigea vers un coin de la pièce. Le bruit d’un filet d’eau rompit le silence et, tendis que le niveau montait dans le verre, Gabrielle balançait doucement ses jambes qui ne touchaient pas encore le sol. Pourquoi prenait-il son temps ? Se demandait son esprit d’enfant, impatient. Elle le regarda revenir et poser doucement le verre d’eau devant elle.
- Merci, souffla elle.
L’adulte se rassit, toujours dans un mouvement lent et doux. Ces manières précautionneuses semblaient faire parti de sa personne, ou peut être étais-ce des habitudes prises du métier qu’il exerçait ? Il repris alors enfin la parole et la rassura sur son choix : elle était bien au bon endroit pour poser sa question. Gabrielle osa un petit sourire timide pour le remercier.
- Ce n’est ni déplacé, ni bête, ni égoïste de vous le demander. C’est même très humain, de vouloir comprendre ses origines. Ajouta-il.
La petite Poufsouffle hocha la tête, le regard baissé. Elle était plus que reconnaissante pour ces paroles. Elle avait bien fait de venir en fin de compte, le psychomage savait que dire pour la rassurer d'une inquiétude qu'elle avait a peine exprimé.
- La magie ne fonctionne pas comme une récompense, dit-il enfin pour répondre à la question qui avait amené la jeune fille dans son bureau. Elle ne choisit pas "le bon enfant", ni celui qui en aurait le plus envie. Elle apparaît parfois dans une famille moldue sans raison visible, et parfois elle disparait dans une famille sorcière. C’est surtout une question de génétique.
La génétique... Gabrielle connaissait un peu le concept, mais de là à comprendre vraiment le lien avec la magie... Pour elle, le génétique était la chose qui faisait qu'elle ressemblait à ses parents. Mais vu que ses parents n'étaient pas sorciers, où était le lien ? Le psychomage ne la laissa heureusement pas là dans ses explications et entra un peu plus dans les détails de la fameuse génétique pour expliquer à la fillette que des parents moldus pouvaient porter un gène sorcier sans en être un, et que ce gène sera par la suite transmis ou non à l'enfant.
- Nous pouvons comparer ça à la couleur des yeux. Une personne peut avoir les yeux verts même si aucun de ses parents n'a cette couleur d'yeux. Cela peut être parce l'un de ses grands-parents, ou même arrières grands-parents ou tout autre ancêtre récent, a les yeux verts.
Gabrielle fronça les sourcils en réfléchissant sur ces explications. Au fil de ses pensés, son regard se posait un peu partout dans la pièce, évitant toute fois l'adulte.
- Mais, fini-t-elle par dire, je.. enfin, même mes grands parents ne sont pas sorciers, donc ça marche pas votre truc ! La petite Poufsouffle se rendit compte un peu tard du ton de ses derniers mots. Enfin, em, j'veux dire que.. y'a pas autre chose ? se rattrapa-elle en gigotant.
Un ange passa. Gabrielle repensa à sa famille...
- Et du coup, pour ma petite soeur, comment on sait si elle est comme moi ? demanda-elle alors, gêne oubliée. Et... pourquoi, enfin, mon frère aurais pu venir ici ? Il avait autant de.. chances ? demanda-elle finalement d'une petite voix, attendant avec un peu d'appréhension la réponse de son interlocuteur. Ce sujet l'atteignait finalement plus qu'elle ne voulait l'admettre.
Pourquoi la chance ne l'as pas choisis ? Pourquoi moi ? Pourquoi... pourquoi m'en veut-il ? M'en veut-il vraiment ? Ou est-ce autre chose ? Gabrielle se mordilla de nouveau la lèvre inférieur. Comment aurai-je été à sa place ? Je... CHUT
@Hyacinthe Kyros, me voilà
Encore désolé pour l'attente !
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Je peux vous poser une question ?
Le petit éclat de protestation de Gabrielle arracha finalement un rire à Hyacinthe. Léger, chaud et loin de toute moquerie, il était surtout symbole d'un certain attendrissement. Le roux porta brièvement une main à sa bouche dans un réflexe élégant, les yeux plissés par l’amusement.
- Non, effectivement. Présenté comme ça, "mon truc" a l’air un peu bancal, admit-il avec un sourire. Mais c’est justement ce qui rend la génétique aussi compliquée... et parfois franchement agaçante, même pour ceux qui en ont quelques notions.
Il se détendit légèrement dans son fauteuil, observant Gabrielle réfléchir avec toute l’intensité sérieuse d'une jeune adolescente qui essayaient sincèrement de comprendre ce qu'il lui avait expliqué. Son regard suivit distraitement les mouvements de ses jambes qui ne touchaient pas le sol, la façon dont ses yeux évitaient encore les siens lorsqu’elle se sentait incertaine. La jeune fille voulait une logique claire, immédiate. Une explication qui tombait juste et qui était aisément compréhensible. Malheureusement, la magie comme la génétique ne pouvaient fournir de telles réponses - cela aurait été trop beau.
- Quand je dis que cela peut venir de votre famille, cela ne veut pas forcément dire vos parents ou vos grands-parents, reprit Hyacinthe en glissant une mèche de cheveux derrière ses oreilles. Cela peut remonter bien plus loin, parfois. Vraiment... beaucoup plus loin. Un ancêtre qui a vécu, par exemple, au XIXe siècle.
Le trentenaire accompagna ses mots d’un petit mouvement de main vague et son sourire s’étira légèrement devant l’expression probablement perplexe de la jeune Poufsouffle.
- C’est ça la grande difficulté de la génétique : les choses peuvent rester cachées très longtemps avant de réapparaître chez quelqu’un. Imaginez... que ce gène est une pièce de puzzle qu'il faut piocher parmi tout un tas d'autres pièces. Il n'y a que très peu de chances que cela n'arrive, n'est-ce pas ? Sa voix restait calme, fluide, sans lourdeur professorale. Hyacinthe ne voulait pas donner un cours, sûrement pas. Il ne voulait que tenter d'éclairer la jeune fille, et... le sujet s'évérait complexe. C’est aussi pour cela que deux enfants d’une même famille peuvent être très différents. Votre frère - ainé, si je comprend bien ? - aurait pu être sorcier. Votre sœur aussi. Ou aucun des deux, tout dépend de la pièce qui a été piochée, et... je crains que cela ne soit pas contrôlable.
Le mot fut choisi avec précaution. En effet, Hyacinthe semblait remarquer quelque chose de subtil dans la voix de Gabrielle, une hésitation, une fragilité glissée sous cette curiosité apparente. Ne remettre la faute sur personne à cause du caractère incontrôlable, immuable de la génétique aiderait probablement la jeune fille à ne pas s'en vouloir pour être différente de sa famille. Cela aiderait probablement cette même famille à comprendre que tout ce que pouvait être Gabrielle n'était pas de son ressort. Encore moins de sa faute.
Alors son ton s’adoucit encore quand il décida de mettre en avant l'aspect familial en rassurant la jeune Poufsouffle.
- Le fait que vous soyez une sorcière ne vous rend pas "mieux" ou "plus spéciale" que les membres de votre famille. Cela... vous différencie, évidemment, mais cela ne change pas votre valeur.
Le fait d'être capable de faire de la magie pouvait parfois donner cette impression de "mieux", surtout venant de moldus découvrant cette facette du monde par le biais d'un proche. "Pourquoi lui et pas moi ?" C'était une question qui faisait émerger une diversité de sentiments : admiration, curiosité, envie, jalousie, ou encore sentiment d'être laissé de côté. Cela se retrouvait surtout chez les frères et sœurs... même si cela venait la plupart du temps d'un point de vue biaisé. Gabrielle n'avait pas mentionner clairement la réaction qu'avait eu son frère quand elle s'est découverte sorcière, et Hyacinthe ne pouvait en dire plus sans informations complémentaires. Il décida de poursuivre.
- Pour votre petite sœur, en revanche... quel âge a-t-elle ? Tant qu’elle n’a pas manifesté de magie accidentelle, personne ne peut être certain de quoi que ce soit. Et... j'ai conscience que cette attente peut être difficile quand on aime ce monde, quand on découvre la magie et que l'on voudrait la partager avec les personnes que l'on aime.
Mais nous ne le pouvons pas, pensa-t-il. Oui, les jeunes issus de familles moldues étaient bien moins loties que leurs homologues sorciers. Ils étaient assurément dans une situation familiale qui les isolaient, à la fois de leurs parents et de leurs frères et soeurs. Mais surtout, cette isolation prenait une ampleur toute autre vis-à-vis des autres membres de la famille, ceux qui n'étaient pas impliqués dans le secret magique.
- Non, effectivement. Présenté comme ça, "mon truc" a l’air un peu bancal, admit-il avec un sourire. Mais c’est justement ce qui rend la génétique aussi compliquée... et parfois franchement agaçante, même pour ceux qui en ont quelques notions.
Il se détendit légèrement dans son fauteuil, observant Gabrielle réfléchir avec toute l’intensité sérieuse d'une jeune adolescente qui essayaient sincèrement de comprendre ce qu'il lui avait expliqué. Son regard suivit distraitement les mouvements de ses jambes qui ne touchaient pas le sol, la façon dont ses yeux évitaient encore les siens lorsqu’elle se sentait incertaine. La jeune fille voulait une logique claire, immédiate. Une explication qui tombait juste et qui était aisément compréhensible. Malheureusement, la magie comme la génétique ne pouvaient fournir de telles réponses - cela aurait été trop beau.
- Quand je dis que cela peut venir de votre famille, cela ne veut pas forcément dire vos parents ou vos grands-parents, reprit Hyacinthe en glissant une mèche de cheveux derrière ses oreilles. Cela peut remonter bien plus loin, parfois. Vraiment... beaucoup plus loin. Un ancêtre qui a vécu, par exemple, au XIXe siècle.
Le trentenaire accompagna ses mots d’un petit mouvement de main vague et son sourire s’étira légèrement devant l’expression probablement perplexe de la jeune Poufsouffle.
- C’est ça la grande difficulté de la génétique : les choses peuvent rester cachées très longtemps avant de réapparaître chez quelqu’un. Imaginez... que ce gène est une pièce de puzzle qu'il faut piocher parmi tout un tas d'autres pièces. Il n'y a que très peu de chances que cela n'arrive, n'est-ce pas ? Sa voix restait calme, fluide, sans lourdeur professorale. Hyacinthe ne voulait pas donner un cours, sûrement pas. Il ne voulait que tenter d'éclairer la jeune fille, et... le sujet s'évérait complexe. C’est aussi pour cela que deux enfants d’une même famille peuvent être très différents. Votre frère - ainé, si je comprend bien ? - aurait pu être sorcier. Votre sœur aussi. Ou aucun des deux, tout dépend de la pièce qui a été piochée, et... je crains que cela ne soit pas contrôlable.
Le mot fut choisi avec précaution. En effet, Hyacinthe semblait remarquer quelque chose de subtil dans la voix de Gabrielle, une hésitation, une fragilité glissée sous cette curiosité apparente. Ne remettre la faute sur personne à cause du caractère incontrôlable, immuable de la génétique aiderait probablement la jeune fille à ne pas s'en vouloir pour être différente de sa famille. Cela aiderait probablement cette même famille à comprendre que tout ce que pouvait être Gabrielle n'était pas de son ressort. Encore moins de sa faute.
Alors son ton s’adoucit encore quand il décida de mettre en avant l'aspect familial en rassurant la jeune Poufsouffle.
- Le fait que vous soyez une sorcière ne vous rend pas "mieux" ou "plus spéciale" que les membres de votre famille. Cela... vous différencie, évidemment, mais cela ne change pas votre valeur.
Le fait d'être capable de faire de la magie pouvait parfois donner cette impression de "mieux", surtout venant de moldus découvrant cette facette du monde par le biais d'un proche. "Pourquoi lui et pas moi ?" C'était une question qui faisait émerger une diversité de sentiments : admiration, curiosité, envie, jalousie, ou encore sentiment d'être laissé de côté. Cela se retrouvait surtout chez les frères et sœurs... même si cela venait la plupart du temps d'un point de vue biaisé. Gabrielle n'avait pas mentionner clairement la réaction qu'avait eu son frère quand elle s'est découverte sorcière, et Hyacinthe ne pouvait en dire plus sans informations complémentaires. Il décida de poursuivre.
- Pour votre petite sœur, en revanche... quel âge a-t-elle ? Tant qu’elle n’a pas manifesté de magie accidentelle, personne ne peut être certain de quoi que ce soit. Et... j'ai conscience que cette attente peut être difficile quand on aime ce monde, quand on découvre la magie et que l'on voudrait la partager avec les personnes que l'on aime.
Mais nous ne le pouvons pas, pensa-t-il. Oui, les jeunes issus de familles moldues étaient bien moins loties que leurs homologues sorciers. Ils étaient assurément dans une situation familiale qui les isolaient, à la fois de leurs parents et de leurs frères et soeurs. Mais surtout, cette isolation prenait une ampleur toute autre vis-à-vis des autres membres de la famille, ceux qui n'étaient pas impliqués dans le secret magique.
769 - @Gabrielle Taylor
Psychomage depuis septembre 2050. - Présence partielle, mais on gère !
#5f957c - Tonton Hya
#5f957c - Tonton Hya
Je peux vous poser une question ?
Voyant que la jeune fille restait perplexe, le psychomage lui développa son explication précédente en ajoutant notamment que l’ancêtre avec le gène sorcier pouvait remonter à plus loin que ses grands parents. Même au XIXe siècle ! C’est là la complexité que Gabrielle avait du mal à saisir. L’adulte compara le sujet à des pièces de puzzle ; la probabilité d’en piocher une en particulier est presque impossible. Pareil avec le gène sorcier. La petite Poufsouffle hocha la tête pour signifier qu’elle avait compris. La comparaison était clair : trouver un coin du puzzle dans une boîte de plus de 1000 pièces… un sacré coup de chance !
- C’est aussi pour cela que deux enfants d’une même famille peuvent être très différents. Votre frère - ainé, si je comprend bien ? - aurait pu être sorcier. Votre sœur aussi. Ou aucun des deux, tout dépend de la pièce qui a été piochée, et... je crains que cela ne soit pas contrôlable.
Gabrielle baissa son regard sur ses mains. Elle jouaient avec la lanière de sa sacoche, l’enroulant et la déroulant machinalement autour de ses doigts. Une histoire de chance… Adrien aurait pu avoir cette chance, Léna pourrait ne pas l’avoir ; elle, elle l’avait eut.
- Le fait que vous soyez une sorcière ne vous rend pas "mieux" ou "plus spéciale" que les membres de votre famille. Cela... vous différencie, évidemment, mais cela ne change pas votre valeur.
La voix de la psychomage était la plus douce possible, mais Gabrielle ne ressentait pas ses mots comme apaisants. Bien sûr qu’elle n’avait pas changée en apprenant qu’elle était sorcière. Du jour au lendemain, elle n’était pas devenu une autre personne. Mais elle se sentait tellement différente de sa famille !
- Je sais, mais… fin, si c’était mon frère qui était à ma place, j’pense que je le verrais naturellement comme spécial et… supérieur. Tout le monde voit la magie comme ça ! C’est… c’est un comte, une histoire, devenue réalité donc ça… ça impressionne et.. Je sais que les sorciers sont pas supérieurs aux autres, mais c’est comme des super héros vous voyez ? elle regarda enfin l’adulte, cherchant une approbation. Ils ont plus.. d’aptitudes. Leur vie est plus cool aussi…
La voix de Gabrielle s’éteignit. Elle pensa à tout ce qui était possible de faire avec la magie. Les maisons des familles sorcières devaient être tellement charmantes et pleine de vie ! Pleine de petits traits particulier à la magie, d’habitudes… la deuxième année repensa à sa petite sœur qui avait tant envie de venir à Poudlard… dire qu’elle n’avait que peu de chances…
- Pour votre petite sœur, en revanche... quel âge a-t-elle ? Tant qu’elle n’a pas manifesté de magie accidentelle, personne ne peut être certain de quoi que ce soit. Et... j'ai conscience que cette attente peut être difficile quand on aime ce monde, quand on découvre la magie et que l'on voudrait la partager avec les personnes que l'on aime.
Gabrielle faillit sursauter. Le psychomage semblait presque lire dans ses pensées.
- Elle a huit ans… souffla la Poufsouffle, le regard dérivant dans la pièce. Elle ne pu qu’hocher la tête aux phrases suivantes. Et.. on pourrait pas ouvrir le château aux familles ? Un peu comme des portes ouvertes ? demanda elle finalement en se redressant, les yeux pétillant de son idée.
@ Hyacinthe Kyros
- C’est aussi pour cela que deux enfants d’une même famille peuvent être très différents. Votre frère - ainé, si je comprend bien ? - aurait pu être sorcier. Votre sœur aussi. Ou aucun des deux, tout dépend de la pièce qui a été piochée, et... je crains que cela ne soit pas contrôlable.
Gabrielle baissa son regard sur ses mains. Elle jouaient avec la lanière de sa sacoche, l’enroulant et la déroulant machinalement autour de ses doigts. Une histoire de chance… Adrien aurait pu avoir cette chance, Léna pourrait ne pas l’avoir ; elle, elle l’avait eut.
- Le fait que vous soyez une sorcière ne vous rend pas "mieux" ou "plus spéciale" que les membres de votre famille. Cela... vous différencie, évidemment, mais cela ne change pas votre valeur.
La voix de la psychomage était la plus douce possible, mais Gabrielle ne ressentait pas ses mots comme apaisants. Bien sûr qu’elle n’avait pas changée en apprenant qu’elle était sorcière. Du jour au lendemain, elle n’était pas devenu une autre personne. Mais elle se sentait tellement différente de sa famille !
- Je sais, mais… fin, si c’était mon frère qui était à ma place, j’pense que je le verrais naturellement comme spécial et… supérieur. Tout le monde voit la magie comme ça ! C’est… c’est un comte, une histoire, devenue réalité donc ça… ça impressionne et.. Je sais que les sorciers sont pas supérieurs aux autres, mais c’est comme des super héros vous voyez ? elle regarda enfin l’adulte, cherchant une approbation. Ils ont plus.. d’aptitudes. Leur vie est plus cool aussi…
La voix de Gabrielle s’éteignit. Elle pensa à tout ce qui était possible de faire avec la magie. Les maisons des familles sorcières devaient être tellement charmantes et pleine de vie ! Pleine de petits traits particulier à la magie, d’habitudes… la deuxième année repensa à sa petite sœur qui avait tant envie de venir à Poudlard… dire qu’elle n’avait que peu de chances…
- Pour votre petite sœur, en revanche... quel âge a-t-elle ? Tant qu’elle n’a pas manifesté de magie accidentelle, personne ne peut être certain de quoi que ce soit. Et... j'ai conscience que cette attente peut être difficile quand on aime ce monde, quand on découvre la magie et que l'on voudrait la partager avec les personnes que l'on aime.
Gabrielle faillit sursauter. Le psychomage semblait presque lire dans ses pensées.
- Elle a huit ans… souffla la Poufsouffle, le regard dérivant dans la pièce. Elle ne pu qu’hocher la tête aux phrases suivantes. Et.. on pourrait pas ouvrir le château aux familles ? Un peu comme des portes ouvertes ? demanda elle finalement en se redressant, les yeux pétillant de son idée.
@ Hyacinthe Kyros
“Le sourire est le même dans toutes les langues’’
2A rp • 12 ans et toutes ses dents • color=#a67b01
2A rp • 12 ans et toutes ses dents • color=#a67b01
Je peux vous poser une question ?
Le sourire qui étira les lèvres de Hyacinthe cette fois fut plein d'attendrissement pour la jeune Poufsouffle. Voir Gabrielle se redresser brusquement dans son siège, les yeux pleins d'une énergie qui semblait au roux tellement spécifique aux jeunes de cet âge, était tout bonnement touchant. Depuis le début de l’entretien, elle semblait porter ses questions comme quelque chose de fragile, de prudent. Gabrielle avait-elle peur de le déranger en pensant trop à ses émotions, aux réponses qu'elle souhaitait avoir ?
La conversation n'était plus seulement inquiétude, mais aussi projection. Il y avait un désir, une idée naïve, et... l'idée qu'ils soient de super-héros était adorable ! Et pourtant, Hyacinthe voyait bien d'où cela venait. La familiarité d'une éducation moldue qui s'accrocha aux souvenirs qu'avait le roux de son enfance. La culture populaire moldue avait une idée forte et répandue sur ce qu'était la "magie", sur ce qu'étaient les "héros". Des individus avec des pouvoirs en tout genre, on en voyait partout sur chaque support d'information. Il était ainsi évident que des jeunes sorciers pouvaient faire le rapprochement, même s'ils finissaient souvent par déchanter au fil de leurs années d'étude puisque la magie restait malgré tout une discipline scolaire normale pour chaque sorcier. Rien d'extraordinaire lorsque l'on commençait à côtoyer des personnes comme soi. Hyacinthe prit quelques secondes avant de répondre et s’adossa un peu plus profondément dans son fauteuil.
- Je comprends très bien cette idée. Des super-héros... murmura-t-il finalement avec douceur. Même si à présent je ne le conçoit plus de la même façon, il m'est arrivé de penser la même chose lorsque je suis arrivé à Poudlard.
Enfin, sauf que dans son cas, sa famille n'avait jamais vraiment eu l'occasion de penser à tout ça. Pas de frère ni de sœur pour échanger autour de cette idée excitante de super-pouvoirs, simplement des parents aigris et trop occupés par leurs propres problèmes. L'idée qu'il avait été sorti de sa maison parce qu'il avait des super-pouvoirs avait fané au bout de quelques mois pour laisser place à la douce et chaleureuse banalité de l'école. Par chance, Hyacinthe avait pu rattraper cela récemment et vivre ce que son jeune lui n'a jamais pu espérer : la fille de sa cousine s'est révélée être une sorcière. Le roux avait alors prit un plaisir sans nom à expliquer le fonctionnement de son monde à Danaé, Agathe et Hélène, tantôt à cheval sur le secret magique et tantôt profondément amusé par les réactions de la plus jeune. Hélène avait eu cette même excitation, cette même appréhension de découvrir qu'elle était une sorcière, c'était grisant. Hyacinthe avait grandement participé à l'atmosphère amusante, excitante et confortable de leur foyer après ce changement.
- Quand on grandit sans magie autour de soi, ce que font les sorciers paraît extraordinaire, proche de toute la fiction que l'on retrouve chez les moldus. Nous sommes capable de réaliser des choses qu'ils pensent impossible d'une façon qui semble simple. Allumer un feu, réparer un objet, déplacer des choses sans les toucher... évidemment que cela impressionne. Selon le sortilège, même un sorcier peut être impressionné par un autre.
Progressivement, son regard revint vers Gabrielle, calme et attentif. Le roux parlait sans empressement avec fluidité. Il ne pu cependant cacher le sourire qui apparaissait sur son visage suite aux doux souvenirs de sa petite nièce.
- La différence entre les deux, c'est que le moldu est impressionné par la réalisation d'une chose qu'il pensait impossible. Le sorcier, quant à lui, l'est parce qu'il connait la complexité de certains sorts, et se trouve ainsi intéressé par la maîtrise du sorcier.
Il laissa passer une seconde avant de poursuivre :
- Mais l'élément le plus intéressant ici, c’est que sorciers et moldus développent surtout des compétences différentes parce qu’ils n’apprennent pas à vivre de la même façon. Hyacinthe accompagna ses mots d’un petit mouvement vague de la main, comme s’il dessinait deux routes parallèles dans l’air entre eux. Un sorcier passe des années à apprendre comment maîtriser sa magie, comment lancer des sorts correctement, préparer des potions... en soit, tout ce que vous avez pu commencer à découvrir ici. Toute son éducation tourne autour de ça, c’est ce qu’on lui demande pour vivre de façon autonome.
Les sorciers se reposaient essentiellement sur la magie, et la nombreuse diversité de ses branches leur permettait de s'éparpiller sur différents domaines. À contrario, les moldus se spécialisaient dans des disciplines déjà bien diverses, et pouvaient amasser un panel de connaissances aux bases plus diversifiées que ce qu'offrait la magie. Ses yeux glissèrent brièvement vers la bibliothèque avant de revenir à Gabrielle.
- Les moldus construisent des connaissances différentes, et les premières et plus impactantes qui me viennent à l'esprit concernent la technologie et l'ingénierie. Vous savez tout aussi bien que moi que ce sont des choses quotidiennes, et pourtant incroyablement complexes. Un sorcier lambda n'aura probablement jamais connaissance de tout ça. Bien sûr, il sait pour les voitures, les petites boîtes portables bruyantes... mais il n'en saura jamais plus.
Un souffle amusé lui échappa. Il en avait entendu, des choses sur les téléphones. C'était hallucinant de voir autant d'ignorance, et pourtant... c'était le triste destin des sorciers qui n'avaient qu'en tête l'idée d'ignorer les progrès moldus. Séparer les deux mondes était une chose compréhensible, mais n'avoir aucune connaissance de l'autre était à ses yeux une erreur monumentale. Hyacinthe espérait néanmoins que son commentaire, léger, avait pu alléger le poids que Gabrielle semblait toujours porter. Il l'observa, attentif à la manière dont elle absorbait ses paroles. Le roux voyait très bien le conflit derrière ses questions : cette volonté sincère de ne pas croire les sorciers supérieurs, et en même temps l’émerveillement immense que la magie provoquait encore chez elle. L’émerveillement n’était pas le problème. La culpabilité, peut-être davantage.
Lorsqu’il reprit la parole au sujet des portes ouvertes, son ton changea légèrement. Pas plus froid, mais plus lucide. Hyacinthe se devait malheureusement d'expliquer une règle tacite dont il ne partageait pas du tout la croyance. Par Merlin, qu'il détestait ça. Non seulement devoir expliquer aux jeunes le contexte dans lequel ils devaient arriver était désagréable, mais voir leurs idées sincères se briser ainsi lui faisait sans doute autant mal qu'à eux.
- Ce serait probablement merveilleux pour beaucoup d’élèves, de pouvoir faire visiter l'école à leurs parents.
Ses yeux dérivèrent un instant vers les fenêtres hautes du bureau. Allait-il pleuvoir ? Le ciel devenait de plus en plus sombre. Il espérait sincèrement que non.
- Mais... de façon générale, la communauté sorcière reste très fermée vis-à-vis des moldus. Pour des raisons diverses et variées, certaines plus vraisemblables que d'autres.
Certains par peur - rejet, contrôle -, d'autres par mépris, suffisance. Cela avait un fond et des conséquences bien différentes. Le roux songea au Chemin de Traverse et aux interdictions qui ont été mises en places quelques années auparavant. Poudlard avait beau être à part du Conseil, cela restait un lieu précieux pour le pays tout entier. Les dirigeants de ce monde en prenaient donc évidemment compte dans leurs décisions. C'était bien triste, pensait-il, surtout pour les familles qui voulaient rester proche de leur enfant sorcier. Mais bon, ce genre de discrimination était toujours un sujet qui le mettait dans un état peu enviable. Il soupira en croisant les jambes, ses mains revenant se rejoindre sur ses genoux. Il n'aborderait pas ces détails avec Gabrielle.
- Poudlard n'est donc malheureusement même pas envisageable à cause de plusieurs lois, mais aussi parce que le château et ses environs sont protégés par un sortilège éloignant les moldus. Ils y voient généralement autre chose et sont poussés à s'en éloigner. Pour éviter tout incident, mais aussi que notre secret soit découvert par de simples randonneurs... Avouez que ce serait cocasse !
Un léger sourire passa sur ses lèvres, cette fois teinté d’une ironie douce. Hyacinthe leva brièvement les yeux vers le plafond. Oui, le château était en paix, ici. Sans influence extérieure autre que ce que les individus apportaient avec eux.
- Mais votre envie de partager cet endroit avec votre sœur reste quelque chose de très doux, Gabrielle. Je souhaite que cela soit possible un jour.
Il le souhaitait ardemment. Ouvrir le château à n'importe qui restait horripilant, mais pour les familles... les familles étaient une exception importante, à la fois pour l'impact social que cela aurait et pour le bien-être des élèves.
La conversation n'était plus seulement inquiétude, mais aussi projection. Il y avait un désir, une idée naïve, et... l'idée qu'ils soient de super-héros était adorable ! Et pourtant, Hyacinthe voyait bien d'où cela venait. La familiarité d'une éducation moldue qui s'accrocha aux souvenirs qu'avait le roux de son enfance. La culture populaire moldue avait une idée forte et répandue sur ce qu'était la "magie", sur ce qu'étaient les "héros". Des individus avec des pouvoirs en tout genre, on en voyait partout sur chaque support d'information. Il était ainsi évident que des jeunes sorciers pouvaient faire le rapprochement, même s'ils finissaient souvent par déchanter au fil de leurs années d'étude puisque la magie restait malgré tout une discipline scolaire normale pour chaque sorcier. Rien d'extraordinaire lorsque l'on commençait à côtoyer des personnes comme soi. Hyacinthe prit quelques secondes avant de répondre et s’adossa un peu plus profondément dans son fauteuil.
- Je comprends très bien cette idée. Des super-héros... murmura-t-il finalement avec douceur. Même si à présent je ne le conçoit plus de la même façon, il m'est arrivé de penser la même chose lorsque je suis arrivé à Poudlard.
Enfin, sauf que dans son cas, sa famille n'avait jamais vraiment eu l'occasion de penser à tout ça. Pas de frère ni de sœur pour échanger autour de cette idée excitante de super-pouvoirs, simplement des parents aigris et trop occupés par leurs propres problèmes. L'idée qu'il avait été sorti de sa maison parce qu'il avait des super-pouvoirs avait fané au bout de quelques mois pour laisser place à la douce et chaleureuse banalité de l'école. Par chance, Hyacinthe avait pu rattraper cela récemment et vivre ce que son jeune lui n'a jamais pu espérer : la fille de sa cousine s'est révélée être une sorcière. Le roux avait alors prit un plaisir sans nom à expliquer le fonctionnement de son monde à Danaé, Agathe et Hélène, tantôt à cheval sur le secret magique et tantôt profondément amusé par les réactions de la plus jeune. Hélène avait eu cette même excitation, cette même appréhension de découvrir qu'elle était une sorcière, c'était grisant. Hyacinthe avait grandement participé à l'atmosphère amusante, excitante et confortable de leur foyer après ce changement.
- Quand on grandit sans magie autour de soi, ce que font les sorciers paraît extraordinaire, proche de toute la fiction que l'on retrouve chez les moldus. Nous sommes capable de réaliser des choses qu'ils pensent impossible d'une façon qui semble simple. Allumer un feu, réparer un objet, déplacer des choses sans les toucher... évidemment que cela impressionne. Selon le sortilège, même un sorcier peut être impressionné par un autre.
Progressivement, son regard revint vers Gabrielle, calme et attentif. Le roux parlait sans empressement avec fluidité. Il ne pu cependant cacher le sourire qui apparaissait sur son visage suite aux doux souvenirs de sa petite nièce.
- La différence entre les deux, c'est que le moldu est impressionné par la réalisation d'une chose qu'il pensait impossible. Le sorcier, quant à lui, l'est parce qu'il connait la complexité de certains sorts, et se trouve ainsi intéressé par la maîtrise du sorcier.
Il laissa passer une seconde avant de poursuivre :
- Mais l'élément le plus intéressant ici, c’est que sorciers et moldus développent surtout des compétences différentes parce qu’ils n’apprennent pas à vivre de la même façon. Hyacinthe accompagna ses mots d’un petit mouvement vague de la main, comme s’il dessinait deux routes parallèles dans l’air entre eux. Un sorcier passe des années à apprendre comment maîtriser sa magie, comment lancer des sorts correctement, préparer des potions... en soit, tout ce que vous avez pu commencer à découvrir ici. Toute son éducation tourne autour de ça, c’est ce qu’on lui demande pour vivre de façon autonome.
Les sorciers se reposaient essentiellement sur la magie, et la nombreuse diversité de ses branches leur permettait de s'éparpiller sur différents domaines. À contrario, les moldus se spécialisaient dans des disciplines déjà bien diverses, et pouvaient amasser un panel de connaissances aux bases plus diversifiées que ce qu'offrait la magie. Ses yeux glissèrent brièvement vers la bibliothèque avant de revenir à Gabrielle.
- Les moldus construisent des connaissances différentes, et les premières et plus impactantes qui me viennent à l'esprit concernent la technologie et l'ingénierie. Vous savez tout aussi bien que moi que ce sont des choses quotidiennes, et pourtant incroyablement complexes. Un sorcier lambda n'aura probablement jamais connaissance de tout ça. Bien sûr, il sait pour les voitures, les petites boîtes portables bruyantes... mais il n'en saura jamais plus.
Un souffle amusé lui échappa. Il en avait entendu, des choses sur les téléphones. C'était hallucinant de voir autant d'ignorance, et pourtant... c'était le triste destin des sorciers qui n'avaient qu'en tête l'idée d'ignorer les progrès moldus. Séparer les deux mondes était une chose compréhensible, mais n'avoir aucune connaissance de l'autre était à ses yeux une erreur monumentale. Hyacinthe espérait néanmoins que son commentaire, léger, avait pu alléger le poids que Gabrielle semblait toujours porter. Il l'observa, attentif à la manière dont elle absorbait ses paroles. Le roux voyait très bien le conflit derrière ses questions : cette volonté sincère de ne pas croire les sorciers supérieurs, et en même temps l’émerveillement immense que la magie provoquait encore chez elle. L’émerveillement n’était pas le problème. La culpabilité, peut-être davantage.
Lorsqu’il reprit la parole au sujet des portes ouvertes, son ton changea légèrement. Pas plus froid, mais plus lucide. Hyacinthe se devait malheureusement d'expliquer une règle tacite dont il ne partageait pas du tout la croyance. Par Merlin, qu'il détestait ça. Non seulement devoir expliquer aux jeunes le contexte dans lequel ils devaient arriver était désagréable, mais voir leurs idées sincères se briser ainsi lui faisait sans doute autant mal qu'à eux.
- Ce serait probablement merveilleux pour beaucoup d’élèves, de pouvoir faire visiter l'école à leurs parents.
Ses yeux dérivèrent un instant vers les fenêtres hautes du bureau. Allait-il pleuvoir ? Le ciel devenait de plus en plus sombre. Il espérait sincèrement que non.
- Mais... de façon générale, la communauté sorcière reste très fermée vis-à-vis des moldus. Pour des raisons diverses et variées, certaines plus vraisemblables que d'autres.
Certains par peur - rejet, contrôle -, d'autres par mépris, suffisance. Cela avait un fond et des conséquences bien différentes. Le roux songea au Chemin de Traverse et aux interdictions qui ont été mises en places quelques années auparavant. Poudlard avait beau être à part du Conseil, cela restait un lieu précieux pour le pays tout entier. Les dirigeants de ce monde en prenaient donc évidemment compte dans leurs décisions. C'était bien triste, pensait-il, surtout pour les familles qui voulaient rester proche de leur enfant sorcier. Mais bon, ce genre de discrimination était toujours un sujet qui le mettait dans un état peu enviable. Il soupira en croisant les jambes, ses mains revenant se rejoindre sur ses genoux. Il n'aborderait pas ces détails avec Gabrielle.
- Poudlard n'est donc malheureusement même pas envisageable à cause de plusieurs lois, mais aussi parce que le château et ses environs sont protégés par un sortilège éloignant les moldus. Ils y voient généralement autre chose et sont poussés à s'en éloigner. Pour éviter tout incident, mais aussi que notre secret soit découvert par de simples randonneurs... Avouez que ce serait cocasse !
Un léger sourire passa sur ses lèvres, cette fois teinté d’une ironie douce. Hyacinthe leva brièvement les yeux vers le plafond. Oui, le château était en paix, ici. Sans influence extérieure autre que ce que les individus apportaient avec eux.
- Mais votre envie de partager cet endroit avec votre sœur reste quelque chose de très doux, Gabrielle. Je souhaite que cela soit possible un jour.
Il le souhaitait ardemment. Ouvrir le château à n'importe qui restait horripilant, mais pour les familles... les familles étaient une exception importante, à la fois pour l'impact social que cela aurait et pour le bien-être des élèves.
1393 - @Gabrielle Taylor
Psychomage depuis septembre 2050. - Présence partielle, mais on gère !
#5f957c - Tonton Hya
#5f957c - Tonton Hya