Songe d'une journée de printemps

Vendredi 5 mai 2051

Depuis le début de l'année, elle avait fui un maximum la bibliothèque. Elle n'aimait pas celle qui s'en occupait, tout comme la grande majorité des élèves vivant dans ce château. Et puis, pour travailler, il y avait la salle d'études. Selon elle, seuls les intellos souhaitant se faire bien remarquer de Mme. Pinehead travaillait ici.

Oh, évidemment, son exposé en histoire de la magie en compagnie de sa camarade Elizabeth un peu plus tôt dans l'année ne comptait pas. Elle ignorait encore à cette époque à quel point les règles étaient strictes.

Ce qui l'avait convaincue de revenir était la re-disponibilité des livres à l'emprunt. Elle s'était donc décidée à venir en prendre peut-être un ou deux. Elle était un peu à court de livres ces derniers temps et ses parents n'avaient jamais beaucoup appréciés de lui donner de la littérature Moldue.

Elle fouilla un peu les rayons et dénicha Songe d'une nuit d'été par le grand Shakespeare, dont le seul nom suffisait apparemment à provoquer une extasie chez toute personne Moldue.

Elle s'approcha de l'endroit dédié et déposa avec délicatesse le livre. Ce n'est qu'une fois posée, qu'elle le remarqua. La couverture... la couverture était abimée. Quelqu'un avait visiblement renversé sa boisson dessus, il y a quelques mois, vu l'état, et s'était peu donné la peine de masquer les dégâts.

C'était incroyable... comment pouvait-on se montrer aussi peu attentif à l'état d'un chef-d'oeuvre ? Même quand, comme elle, on ne raffolait pas du sang de l'auteur, le fait était que lorsque l'on tient quelque chose contenant autant de beauté de langage, on en prenait soin.

De ses lèvres, franchirent très naturellement les mots suivants, l'offusquation dans la voix.

- Le ou la coupable d'un tel affront ne mérite rien d'autre qu'une sévère punition... j'espère que cette personne s'en mord actuellement les doigts.

Non qu'elle ne fut de ces personnes à aimer aller reporter aux adultes toutes les bêtises des personnes autour d'elle. Elle se refusait simplement à laisser passer une occasion de montrer toute sa grandeur, quitte à ce qu'il y ait deux ou trois dégats.

@Eglantine Pinehead, si quoi que ce soit ne va pas, je suis disponible en volière ^^

#ed6d94 - Fiche PR - Capitaine des AA (quoi qu’en disent Orion et Cassy) et Elue de Jedusor - Haute-Stalkeuse de Compétition selon Rahima

Songe d'une journée de printemps
Non... non, encore non. Encore et toujours, non. N'y avait-il donc aucun élève au-dessous de la quatrième année qui savait encore comment rédiger une bonne dissertation ? Où étaient passées les bonnes valeurs d'apprentissage ? Où étaient passés les cours essentiels au bon développement de l'esprit sorcier ? Comment cette école pouvait-elle tolérer sans ciller ce ramollissement du savoir et la baisse inexorable de son niveau... Pis que tout, comment les parents pouvaient-ils se contenter de si peu ?

Il était en tout cas hors de question que Thérèsa ne se retrouve au même niveau que les abrutis qui erraient dans les couloirs décrépis de cette école. Ses cours du soir allaient continuer, et elles profiteraient des vacances pour combler les lacunes que ces professeurs laxistes laissaient fleurir.

En laissant échapper un soupir, elle retira ses lunettes d'un geste lent, pour se redresser dans le fauteuil de son bureau. George était à l'accueil, et il était temps pour elle de faire sa ronde. Le jeune homme était compétent, mais trop coulant, et particulièrement lâche sur la discipline... si elle voulait que le calme règne dans sa bibliothèque, il fallait qu'elle mette la main à la pâte. Et c'était avec plaisir qu'elle se pliait à cet exercice tous les jours. Dans un bruit sinistre, le claquement de ses bottines résonna dans le silence de la bibliothèque.

Après avoir adressé un hochement de tête au jeune homme qui gardait la boutique, elle laissa les vibrations de son chapeau qui voit la guider. Jusqu'à tomber sur une petite Serpentarde, visiblement très contrariée par le livre qu'elle tenait devant elle... Et voilà qu'elle élevait la voix, par Merlin... Mais alors qu'elle s'approchait pour la sermonner, Eglantine crut apercevoir... Par tous les saints, qui avait osé abimer la couverture de ce livre ?! Son sang ne fit qu'un tour, et aussi raide que la justice, d'une voix unie, elle s'abattit sur la pauvre tête blonde.

« Mademoiselle, je vous prierai de ne pas élever la voix. Qu'avez-vous fait à ce livre ? »

Quiconque se montrait assez hardi ou imprudent pour salir ses précieux livres connaîtrait son courroux... Et ses yeux n'attendaient que la confirmation de ses suspicions pour distribuer la juste sanction.

Cavalier de l'Apocalypse de 2050 - 2b1146
« Les élèves s'abstiendront de conversations à voix haute. »

Songe d'une journée de printemps
Et bien... cette vieille chouette méritait une paire de gifles. N'était-il donc pas évident qu'elle avait beaucoup trop de grâce et une adresse beaucoup trop précise pour commettre ce genre de crimes ? Oh, et évidemment, jamais elle ne ferait ceci volontairement. Elle avait d'autres choses à faire de sa vie.

- Je n'ai absolument rien fait enfin. J'ai du respect pour ces oeuvres, contrairement à la très probablement abominable personne lui ayant fait subir ceci. Savez-vous de qui il s'agit ?

Elle n'avait rien à se reprocher. Mais bon, même si elle avait réellement quelque chose à se reprocher, elle resterait aussi droite qu'elle l'était. Elle attendait la réponse de la bibliothécaire, qui paraissait complètement hors d'elle. Ce qu'elle pouvait comprendre.

Elle avait entendu dire qu'elle n'était pas une grande fan des années les plus jeunes, mais ce n'était peut-être qu'une rumeur lancée par un ou une élève vexé.e d'avoir été puni.e de façon injuste.

En tout cas, elle se doutait que son âge et sa taille ne joueraient sûrement pas en sa faveur. Elle était minuscule, elle criait la première année. Et la plupart des gens étaient persuadés que les enfants étaient tous idiots. Ce qui n'était pas loin d'être faux. Heureusement qu'elle était là pour remonter le niveau.

Parfois, elle se demandait comment Miss Pinehead faisait pour être encore en poste, après le nombre de personnes qui se plaignait d'elle. Avait-elle une relation privilégiée avec un ou une membre de la direction ? Ce n'était pas impossible. Mais qui voudrait d'une telle femme ? Elle n'avait même pas le physique pour elle. Ou alors peut-être les payait-elle. Ce qui serait bizarre étant donné que c'était eux qui lui donnait son salaire, non ? Mais si ça se trouve, elle fonctionnait avec ce que son père appelait les pots-de-vin. Il en recevait beaucoup. Et bien, elle, elle en donnait peut-être beaucoup.

je me dédouane de tout propos fort peu sympathique pouvant traverser l'esprit du petit monstre :ninja:

#ed6d94 - Fiche PR - Capitaine des AA (quoi qu’en disent Orion et Cassy) et Elue de Jedusor - Haute-Stalkeuse de Compétition selon Rahima

Songe d'une journée de printemps
Par Merlin et Morgane réunis, cette petite sotte méprisable était-elle en train de sa payer la tête de la bibliothécaire ? Ses lorgnettes se replièrent dans un bruit mécanique entre ses doigts, tandis qu'elle toisait dans un silence absolu la misérable trouble-fête. Si cette petite entêtée et cornichonne comptait jouer la carte de la flagornerie pour s'attirer les sympathies d'Eglantine, elle s'était fourré le coude dans l'œil jusqu'au trognon. Peu de choses insupportaient d'avantage la bibliothécaire qu'une tentative pitoyable de flatterie éhontée. Les courbettes et la courtisanerie glissaient sur elle comme l'eau sur du papier ciré, et avaient même le don l'excéder outre-mesure.

Après avoir doucement inspiré, sans briser son masque de granite, elle ne perdit pas un instant pour remettre les pendules à l'heure à coups de cravate bien sentis.

« Il suffit. Vos pitoyables tentatives flagorneuses et vos boniments ne vous attireront nulle grâce. »

Un nouveau silence, avant qu'elle ne récupère sans la moindre délicatesse pour l'élève -contrairement à la délicatesse qu'elle démontra envers l'ouvrage, le précieux livre. Se désintéressant totalement de la Serpentard pour quelques instants, elle passa ses doigts crochus et veinés sur le papier abimé. C'était incompréhensible, elle vérifiait soigneusement chaque livre et chaque ouvrage de cette bibliothèque, toutes les semaines. À moins que...

George. Bien évidemment. Malgré la très légère amabilité que ressentait Eglantine envers Shakespeare, il n'en demeurait pas moins que ses ouvrages n'étaient que de simples fictions. Plus élégantes que les vulgaires et grossiers romans ou nouvelles, certes, mais de la fiction néanmoins. Et par conséquent, ces ouvrages avaient vu leur surveillance et entretien délégués à George Miller, son assistant. En déposant le livre sur le bas de son buste, elle se promis de le sermonner allègrement dès la première occasion. Elle se nota également de ne plus jamais lui faire confiance, et de toujours vérifier son travail.

Ces pensées mises au clair, elle revint au cas de la petite Whitmore. Le doute profite à l'accusé, voyons si elle avait autre chose à dire que ses belles paroles courtisanes.

« Vous dites que vous l'avez trouvé ainsi ? »

En y regardant de plus près, lorsqu'elle redéploya ses lorgnettes pour appuyer sa vision sur la couverture, il allait en effet être difficile de mettre ce drame sur le dos de la Serpentard. Les dégâts semblaient dater... Ce qui achevait d'enfoncer le pauvre Miller et de le disgracier aux yeux de la sévère bibliothécaire. Pourrait-elle le retirer de son salaire ? Elle en parlerait à la direction. Ce n'était pas une façon sérieuse de faire son travail, encore moins dans un établissement aussi prestigieux que celui dans lequel le jeune adulte posait ses lourdauds pas.


Petite précision : Rosalind ne peut absolument pas voir qu'Eglantine est hors-d'elle, cette dernière ne laissant filtrer aucune émotion particulière !

Cavalier de l'Apocalypse de 2050 - 2b1146
« Les élèves s'abstiendront de conversations à voix haute. »