Miroirs d'eau
9 mai 2049
Lac – Poudlard
2ème année
Le soleil me réchauffe doucement la tête tandis que, le visage penché sur mon carnet, je dessine les contours du lac, la lisière de la Forêt interdite et la cime des arbres s'imbriquant dans le ciel. Mon crayon trace presque automatiquement des traits légers, faciles à gommer, représentant peu à peu le paysage qui se dresse devant moi. Je n'ai qu'à relever la tête de temps en temps pour vérifier un détail, mais c'est un paysage qui m'est devenu tellement familier, que j'ai observé tellement de fois, qu'il est presque automatique pour moi de le dessiner. Le croquis terminé, j'ajuste quelques traits, avant de poser mon crayon et de prendre ceux plus colorés qui me permettront de rendre vivante la scène. Je commence par le ciel, percé de quelques nuages qui ne me posent aucune difficulté. La texture cotonneuse est facile à faire ressortir, tout comme la limpidité du bleu derrière. Dos au soleil, je n'ai presque pas d'ombre à faire lorsque je m'approche des arbres, éclaircissant ceux de devant, ajoutant des touches plus foncées à ceux du fond et précisant leurs feuilles à l'aide de plusieurs traits sombres ou clairs, selon ce que j'ai envie de montrer. J'ajoute au bord du lac un cerf inexistant, pur fruit de mon imagination, la tête penchée pour s'hydrater. Il rend le tout plus vivant, et j'aime le voir boire aussi paisiblement, comme si aucun humain n'existait pour le déranger dans sa tranquillité. J'ajoute comme dernière retouche un oiseau prenant son envol, puis passe à l'eau.
Mais je me stoppe net, la mine frôlant le papier, prête à dessiner les reflets du lac. L'eau a toujours été ce qui me pose le plus problème. Je n'arrive pas à rendre aussi bien compte de sa texture que le reste, ses reflets ressemblent plus à des tâches qu'autre chose et j'ai l'impression d'au final manquer toutes les subtilités de l'eau – ou ici, du lac – et de tout simplement colorier un gros paquet de différentes nuances de bleu comme un enfant de cinq ans le ferait. À la seule différence que moi, je ne dépasse pas. Je soupire, posant mon carnet à côté de moi, le laissant ouvert pour prendre du recul et réfléchir. Je lâche mon crayon bleu dessus, avant de me lever pour me dégourdir les jambes. Je m'étire, m'évente légèrement, ayant l'impression de cuire sous cette journée étonnamment chaude pour un mois de mai, avant de me tourner vers le château, puis le lac. J'hésite à rentrer et à reprendre mon dessin plus tard. Mais la vérité est que si je retourne à l'intérieur, je risque de ne jamais le terminer.
Une idée me traverse soudain l'esprit : le meilleur moyen pour connaître la texture de l'eau n'est-il pas de plonger dedans ? Pas littéralement, évidemment, mais au moins de tremper mes pieds, de faire quelques pas pour observer la forme des vagues que mes mouvements créeront. Et puis, cela me permettra de me rafraichir et d'oublier un instant mon – et mes – problème. D'un mouvement fluide, je retire mes bottines puis mes chaussettes, les laisse dans le sable à côté de mon carnet et de ma sacoche et marche lentement vers la rive du lac. L'eau est plus froide que ce que je pensais et je frissonne en crispant mes orteils. Je me force cependant à faire quelques pas de plus et m'arrête lorsque le niveau de l'eau atteint le milieu de mes mollets. Je tourne sur moi même un instant, les yeux rivés sur le château, le regardant d'un air étranger, comme si le fait d'être dans l'eau m'éloignait instantanément de lui et me sortait du domaine de Poudlard. Peu à peu habituée à la température de l'eau, je finis par me retourner vers la Forêt interdite, savourant cette soudaine fraicheur au milieu de la chaleur du printemps. Je baisse la tête et observe mon reflet dans l'eau, appréciant la réalité déformée par ce miroir mouvant. Comme si c'était la moi d'un autre monde que je regardais à travers le clapotis du lac.
Lac – Poudlard
2ème année
Le soleil me réchauffe doucement la tête tandis que, le visage penché sur mon carnet, je dessine les contours du lac, la lisière de la Forêt interdite et la cime des arbres s'imbriquant dans le ciel. Mon crayon trace presque automatiquement des traits légers, faciles à gommer, représentant peu à peu le paysage qui se dresse devant moi. Je n'ai qu'à relever la tête de temps en temps pour vérifier un détail, mais c'est un paysage qui m'est devenu tellement familier, que j'ai observé tellement de fois, qu'il est presque automatique pour moi de le dessiner. Le croquis terminé, j'ajuste quelques traits, avant de poser mon crayon et de prendre ceux plus colorés qui me permettront de rendre vivante la scène. Je commence par le ciel, percé de quelques nuages qui ne me posent aucune difficulté. La texture cotonneuse est facile à faire ressortir, tout comme la limpidité du bleu derrière. Dos au soleil, je n'ai presque pas d'ombre à faire lorsque je m'approche des arbres, éclaircissant ceux de devant, ajoutant des touches plus foncées à ceux du fond et précisant leurs feuilles à l'aide de plusieurs traits sombres ou clairs, selon ce que j'ai envie de montrer. J'ajoute au bord du lac un cerf inexistant, pur fruit de mon imagination, la tête penchée pour s'hydrater. Il rend le tout plus vivant, et j'aime le voir boire aussi paisiblement, comme si aucun humain n'existait pour le déranger dans sa tranquillité. J'ajoute comme dernière retouche un oiseau prenant son envol, puis passe à l'eau.
Mais je me stoppe net, la mine frôlant le papier, prête à dessiner les reflets du lac. L'eau a toujours été ce qui me pose le plus problème. Je n'arrive pas à rendre aussi bien compte de sa texture que le reste, ses reflets ressemblent plus à des tâches qu'autre chose et j'ai l'impression d'au final manquer toutes les subtilités de l'eau – ou ici, du lac – et de tout simplement colorier un gros paquet de différentes nuances de bleu comme un enfant de cinq ans le ferait. À la seule différence que moi, je ne dépasse pas. Je soupire, posant mon carnet à côté de moi, le laissant ouvert pour prendre du recul et réfléchir. Je lâche mon crayon bleu dessus, avant de me lever pour me dégourdir les jambes. Je m'étire, m'évente légèrement, ayant l'impression de cuire sous cette journée étonnamment chaude pour un mois de mai, avant de me tourner vers le château, puis le lac. J'hésite à rentrer et à reprendre mon dessin plus tard. Mais la vérité est que si je retourne à l'intérieur, je risque de ne jamais le terminer.
Une idée me traverse soudain l'esprit : le meilleur moyen pour connaître la texture de l'eau n'est-il pas de plonger dedans ? Pas littéralement, évidemment, mais au moins de tremper mes pieds, de faire quelques pas pour observer la forme des vagues que mes mouvements créeront. Et puis, cela me permettra de me rafraichir et d'oublier un instant mon – et mes – problème. D'un mouvement fluide, je retire mes bottines puis mes chaussettes, les laisse dans le sable à côté de mon carnet et de ma sacoche et marche lentement vers la rive du lac. L'eau est plus froide que ce que je pensais et je frissonne en crispant mes orteils. Je me force cependant à faire quelques pas de plus et m'arrête lorsque le niveau de l'eau atteint le milieu de mes mollets. Je tourne sur moi même un instant, les yeux rivés sur le château, le regardant d'un air étranger, comme si le fait d'être dans l'eau m'éloignait instantanément de lui et me sortait du domaine de Poudlard. Peu à peu habituée à la température de l'eau, je finis par me retourner vers la Forêt interdite, savourant cette soudaine fraicheur au milieu de la chaleur du printemps. Je baisse la tête et observe mon reflet dans l'eau, appréciant la réalité déformée par ce miroir mouvant. Comme si c'était la moi d'un autre monde que je regardais à travers le clapotis du lac.
Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur
Miroirs d'eau
Orion était un peu absent. Une minute, il était conscient de ce qui l'entourait, l'autre, il se perdait dans ses pensées, les yeux levés vers les nuages. Il était parti pour aller cueillir des fleurs, l'une de ses activités préférées quand l'hiver avait décidé de laisser place à son cousin le printemps. Alors, le manteau de neige, le froid et les arbres dénudés quittaient petit à petit le paysage pour laisser les oiseaux chanter, les fleurs pousser et la chaleur caresser les étudiants de Poudlard qui osaient à nouveau pointer le bout de leur nez. L'écossais, lui, ne perdait d'ordinaire jamais une seconde pour abandonner sa cape et son écharpe d'hiver, embarquant un carnet — son précieux carnet — dissimulé sous son lit par dessous son bras pour retrouver l'étreinte chaleureuse que l'extérieur ne lui refusait jamais. Il pouvait passer des heures à arpenter le relief du parc, étudiant les sols pour savoir quelle flore il pourrait y retrouver le mois d'après, si le temps était assez clément. La mi-printemps ne faisait pas non plus exception.
Le soleil était désormais plus chaud, les jours plus longs, lui laissant tout le loisir de s'adonner à cette activité qu'il appréciait tant. Pourtant, aujourd'hui, il n'arrivait pas à se concentrer. Il marchait sans vraiment savoir où aller, il ignorait les colonies de fleurs qu'il dépassait et, pire, il en piétinait même inconsciemment d'autres sans ressentir une pointe de honte. Il n'aurait vraiment su situer jusqu'où sont esprit distrait aller l'amener mais il n'en avait pas réellement quelque chose à faire. Il marchait, c'était déjà bien. Regardant tantôt le sol, tantôt dans les airs, ce n'est qu'au moment où il trébucha sur des racines qu'il se rendit compte qu'il avait atteint l'orée de l'une des zones boisées du parc, près du lac. Fronçant les sourcils, il regarda ses alentours mais force était de constater qu'il n'allait certainement pas y trouver son bonheur : il ne voyait aucune plante qui pouvait l'intéresser. D'un autre côté, en cherchait-il vraiment ? Allez, concentre-toi, Orion. T'es pas là pour marcher dans le vide. Il roula des yeux à sa propre réflexion, comme s'il n'avait même pas envie d'écouter ses propres sermons et continua à avancer en trainant des pieds.
Après une autre bonne dizaine de mètres à continuer d'errer dans la zone boisée, il s'apprêta à faire demi-tour pour de bon, ayant pour seule motivation qu'il s'ennuyait un peu, à l'ombre, mais un mouvement au loin attira son attention. Tiens, tiens... Si Orion n'était pas la personne la plus curieuse qui puisse exister, il ne lui en fallait cependant pas beaucoup quand il voulait combattre son ennui. Ainsi, il continua sa route vers les abords du lac et, arrivant l'autre côté du bois, il aperçut une silhouette près de l'eau. Elle était à une douzaine de mètres de lui, si bien qu'elle ne devait probablement pas l'avoir entendu arriver. De loin, Orion l'observa ; c'était une jeune fille aux cheveux foncés, au carré. Ses pieds nus étaient dans l'eau et les petites vaguelettes du lac lui caressaient les mollets, gentiment. Un instant, elle regardait le château, l'autre, elle lui tournait le dos. D'un œil curieux, le garçon n'avança pas, il resta discret, attendant de voir quel serait son prochain mouvement. Finalement, elle sembla s'observer dans l'eau. Sans vraiment comprendre pourquoi, Orion vit dans ce tableau une quiétude agréable à regarder. Peut-être que c'était de ça dont il avait besoin pour recentrer ses pensées, lui aussi ?
Il sortit de sa cachette avant d'avoir l'air d'être un curieux prédateur et s'avança vers la jeune fille de manière nonchalante, son carnet sous le bras. Arrivé à quelques mètres de la rive, non loin d'elle et assez près pour qu'elle l'entende s'il parlait normalement, il arqua un sourcil.
« Méfie-toi, Narcisse, tu risquerais de tomber amoureuse de ton reflet et de te noyer dedans, à force de te regarder comme ça » lâcha-t-il d'un ton moqueur, un léger sourire en coin.
@Ashley Houston, j'espère que cela te convient !
660 mots
Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues...
Le soleil était désormais plus chaud, les jours plus longs, lui laissant tout le loisir de s'adonner à cette activité qu'il appréciait tant. Pourtant, aujourd'hui, il n'arrivait pas à se concentrer. Il marchait sans vraiment savoir où aller, il ignorait les colonies de fleurs qu'il dépassait et, pire, il en piétinait même inconsciemment d'autres sans ressentir une pointe de honte. Il n'aurait vraiment su situer jusqu'où sont esprit distrait aller l'amener mais il n'en avait pas réellement quelque chose à faire. Il marchait, c'était déjà bien. Regardant tantôt le sol, tantôt dans les airs, ce n'est qu'au moment où il trébucha sur des racines qu'il se rendit compte qu'il avait atteint l'orée de l'une des zones boisées du parc, près du lac. Fronçant les sourcils, il regarda ses alentours mais force était de constater qu'il n'allait certainement pas y trouver son bonheur : il ne voyait aucune plante qui pouvait l'intéresser. D'un autre côté, en cherchait-il vraiment ? Allez, concentre-toi, Orion. T'es pas là pour marcher dans le vide. Il roula des yeux à sa propre réflexion, comme s'il n'avait même pas envie d'écouter ses propres sermons et continua à avancer en trainant des pieds.
Après une autre bonne dizaine de mètres à continuer d'errer dans la zone boisée, il s'apprêta à faire demi-tour pour de bon, ayant pour seule motivation qu'il s'ennuyait un peu, à l'ombre, mais un mouvement au loin attira son attention. Tiens, tiens... Si Orion n'était pas la personne la plus curieuse qui puisse exister, il ne lui en fallait cependant pas beaucoup quand il voulait combattre son ennui. Ainsi, il continua sa route vers les abords du lac et, arrivant l'autre côté du bois, il aperçut une silhouette près de l'eau. Elle était à une douzaine de mètres de lui, si bien qu'elle ne devait probablement pas l'avoir entendu arriver. De loin, Orion l'observa ; c'était une jeune fille aux cheveux foncés, au carré. Ses pieds nus étaient dans l'eau et les petites vaguelettes du lac lui caressaient les mollets, gentiment. Un instant, elle regardait le château, l'autre, elle lui tournait le dos. D'un œil curieux, le garçon n'avança pas, il resta discret, attendant de voir quel serait son prochain mouvement. Finalement, elle sembla s'observer dans l'eau. Sans vraiment comprendre pourquoi, Orion vit dans ce tableau une quiétude agréable à regarder. Peut-être que c'était de ça dont il avait besoin pour recentrer ses pensées, lui aussi ?
Il sortit de sa cachette avant d'avoir l'air d'être un curieux prédateur et s'avança vers la jeune fille de manière nonchalante, son carnet sous le bras. Arrivé à quelques mètres de la rive, non loin d'elle et assez près pour qu'elle l'entende s'il parlait normalement, il arqua un sourcil.
« Méfie-toi, Narcisse, tu risquerais de tomber amoureuse de ton reflet et de te noyer dedans, à force de te regarder comme ça » lâcha-t-il d'un ton moqueur, un léger sourire en coin.
@Ashley Houston, j'espère que cela te convient !
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Miroirs d'eau
Plus j'observe mon reflet, plus il m'apparaît détestable. Je me sens soudainement incapable de soutenir mon propre regard dans l'eau, ces yeux noirs, sévères, montrant un soupçon d'agacement – ou de colère, je ne sais pas. Pourtant, je n'arrive pas à m'en détourner, aspirée par mes traits, détaillant chaque défaut, analysant chaque trait qui révèle qui je suis, découvrant ce que les autres voient chaque jour. Je le trouve rude, ce visage. Il n'est pas beau ; il est brusque. Peut-être que si je le détendais, il aurait l'air doux, plus aimable, peut-être même attrayant. Après tout, ne m'a-t-on pas déjà dit que j'étais jolie quand je souriais ? Mais avec du recul, ces compliments me semblent être dits par politesse, ou comme un réflexe, une chose qu'on dirait automatiquement face à un enfant qui se tient sagement. Si Maman entendait ces pensées, elle les démentirait tout de suite. Mais difficile de la croire lorsque je suis persuadée par ce que je crois voir et ce que je ressens avec tant de force.
Je fronce les sourcils, durcissant ce regard voilé par l'eau, souhaitant le faire disparaître, le noyer, l'oublier et ne plus m'y attacher, ne plus y accorder aucune importance car ça ne sert à rien. Je n'ai jamais fait attention à l'image que je renvoyais aux autres et je ne compte pas m'y mettre aujourd'hui. D'ailleurs, je devrais relever la tête, reporter mon regard sur ce que je suis vraiment venue faire ici : étudier la texture de l'eau pour la retranscrire ensuite avec mes crayons. Mais quelque chose dans ces yeux pleins de colère m'empêche de m'en détacher, j'y suis comme aimantée et je déteste cette impression d'être incapable de résister à... moi-même. Si encore, c'était le doux regard d'Ander, ou celui vert enflammé de Swart, je comprendrais mon impuissance et leur attraction, car ils ont de ces regards qui sont durs à oublier, qui vous marquent et qui vous attirent, vous hypnotisent avec brusquerie mais aussi avec tendresse. Ils ont de ces regards qu'on aime autant qu'on haït, qui disent des choses sans parler et qui ne sont pas à repousser. Dans le mien, je ne vois que du noir et de la colère ; je ne vois que ce que je déteste en moi et ce que je souhaite rejeter – mais je n'y arrive pas et au fond, c'est cela qui est le plus énervant. Ma propre faiblesse face à moi-même.
Mais, à mon soulagement, une voix me force à relever la tête et je me tourne vers son origine. Un Serpentard est debout sur la berge, en train de me regarder avec peu de discrétion. Je ne sais pas depuis quand il est là, mais ça m'est égal. Une infime reconnaissance naît en moi à l'idée que grâce à lui, je me suis arrachée à cette vision détestable. Sa remarque est moqueuse et me fait penser qu'il se méprend sur ce à quoi je pensais en détaillant mon reflet. Mais ce ton moqueur peut également très bien vouloir dire qu'il a compris que je n'aimais pas ce que je voyais, et immédiatement cela fait naître en moi de la méfiance à l'idée qu'il ait pu voir la même chose que moi sur ce miroir. Comme si je renvoyais cette image à tout le monde. Cette idée, petite mais solide, s'insinue en moi comme un serpent et je frissonne.
« Aucune chance que ça arrive avec un reflet comme ça » réponds-je sur le même ton, choisissant l'autodérision pour cacher ce que j'ai l'impression d'avoir affiché à la vue de tous – et en l'occurence, du Serpentard.
Pour appuyer mes propos, je donne un coup de pied nonchalant dans l'eau, brisant mon reflet en mille petites gouttes, laissant les vagues le déformer et lui donner des traits qui ne sont pas les miens et que je trouve, en quelque sorte, plus agréables, plus amusants à regarder. Je jette un dernier coup d'œil aux remous dans l'eau avant de reporter mon attention sur le Vert. Il me permet de m'arracher à mes pensées, tel une bouée à laquelle je peux m'accrocher, et je compte sur sa présence pour ne pas sombrer.
« Et toi tu risques de finir en statue si tu continues de m'espionner comme ça » raillé-je en poussant volontairement sur les références mythologiques. Il paraît que je peux en pétrifier plus d'un rien qu'avec un coup d'œil. »
Je fronce les sourcils, durcissant ce regard voilé par l'eau, souhaitant le faire disparaître, le noyer, l'oublier et ne plus m'y attacher, ne plus y accorder aucune importance car ça ne sert à rien. Je n'ai jamais fait attention à l'image que je renvoyais aux autres et je ne compte pas m'y mettre aujourd'hui. D'ailleurs, je devrais relever la tête, reporter mon regard sur ce que je suis vraiment venue faire ici : étudier la texture de l'eau pour la retranscrire ensuite avec mes crayons. Mais quelque chose dans ces yeux pleins de colère m'empêche de m'en détacher, j'y suis comme aimantée et je déteste cette impression d'être incapable de résister à... moi-même. Si encore, c'était le doux regard d'Ander, ou celui vert enflammé de Swart, je comprendrais mon impuissance et leur attraction, car ils ont de ces regards qui sont durs à oublier, qui vous marquent et qui vous attirent, vous hypnotisent avec brusquerie mais aussi avec tendresse. Ils ont de ces regards qu'on aime autant qu'on haït, qui disent des choses sans parler et qui ne sont pas à repousser. Dans le mien, je ne vois que du noir et de la colère ; je ne vois que ce que je déteste en moi et ce que je souhaite rejeter – mais je n'y arrive pas et au fond, c'est cela qui est le plus énervant. Ma propre faiblesse face à moi-même.
Mais, à mon soulagement, une voix me force à relever la tête et je me tourne vers son origine. Un Serpentard est debout sur la berge, en train de me regarder avec peu de discrétion. Je ne sais pas depuis quand il est là, mais ça m'est égal. Une infime reconnaissance naît en moi à l'idée que grâce à lui, je me suis arrachée à cette vision détestable. Sa remarque est moqueuse et me fait penser qu'il se méprend sur ce à quoi je pensais en détaillant mon reflet. Mais ce ton moqueur peut également très bien vouloir dire qu'il a compris que je n'aimais pas ce que je voyais, et immédiatement cela fait naître en moi de la méfiance à l'idée qu'il ait pu voir la même chose que moi sur ce miroir. Comme si je renvoyais cette image à tout le monde. Cette idée, petite mais solide, s'insinue en moi comme un serpent et je frissonne.
« Aucune chance que ça arrive avec un reflet comme ça » réponds-je sur le même ton, choisissant l'autodérision pour cacher ce que j'ai l'impression d'avoir affiché à la vue de tous – et en l'occurence, du Serpentard.
Pour appuyer mes propos, je donne un coup de pied nonchalant dans l'eau, brisant mon reflet en mille petites gouttes, laissant les vagues le déformer et lui donner des traits qui ne sont pas les miens et que je trouve, en quelque sorte, plus agréables, plus amusants à regarder. Je jette un dernier coup d'œil aux remous dans l'eau avant de reporter mon attention sur le Vert. Il me permet de m'arracher à mes pensées, tel une bouée à laquelle je peux m'accrocher, et je compte sur sa présence pour ne pas sombrer.
« Et toi tu risques de finir en statue si tu continues de m'espionner comme ça » raillé-je en poussant volontairement sur les références mythologiques. Il paraît que je peux en pétrifier plus d'un rien qu'avec un coup d'œil. »
Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur
Miroirs d'eau
Aussi loin qu'il s'en souvenait, Orion n'avait jamais été très doué pour faire attention aux autres. Quand il errait dans les couloirs, il avait généralement son regard fixé droit devant lui, ayant pour seul but d'atteindre l'autre extrémité du chemin de pierre. C'était d'ailleurs l'une des principales raisons pour lesquelles il ne repérait jamais vraiment de visage familier dans la foule, à moins de réellement mettre un point d'honneur à l'y trouver. Il aurait été déraisonnable pour autant de dire d'Orion qu'il n'était pas observateur ; s'il se concentrait, n'importe qui pouvait être sûr qu'il essaierait de déceler dans vos yeux les moindres secrets de votre âme. Orion voyait les fines grimaces qui tordaient les visages, aussi subtiles soient-elles, il voyait les plissures aux coins des yeux des gens qui souriaient, il repérait le souci qu'un léger froncement de sourcil pouvait indiquer. La plupart du temps, pourtant, il n'en faisait rien. Il voyait, mais il ne s'intéressait pas. C'était plus simple ainsi, moins chronophage. Nul n'aurait vraiment su dire s'il s'agissait d'un manque d'empathie ou bien d'un réel manque d'intérêt ; à dire vrai, il s'agissait même là d'un mystère pour Orion. Mais la conclusion était simple : si la personne qu'il observait n'était pas sa petite sœur, il y avait fort à parier qu'il n'irait pas chercher une signification aux grimaces, aux sourires ou aux froncements de sourcil. Point.
Alors, il était fort curieux de le voir ainsi, statique, le regard rivé vers cette âme dont il ne connaissait que l'arrière du crâne. Pourtant, tel un félin attendant que sa proie soit leurrée par l'idée de la quiétude, il resta à l'observer. Il n'attendait pas de réponse particulière — après tout, peut-être ne l'avait-elle pas entendu malgré la distance — mais il garda ses yeux rivés sur elle. Son regard n'était pas insistant, simplement persistant. Il ne voyait pas clairement son visage mais, après quelques pas continuant dans sa direction, il parvint à distinguer ses traits figés sur son reflet. Elle avait les sourcils froncés, mais le relief ayant creusé son front ne ressemblait pas à celui qui traduisait de l'inquiétude. De l'agacement ? De la colère ? Il ne la voyait pas assez clairement pour se faire une idée finale sur ce qu'elle ressentait. S'il avait trouvé de l'apaisement dans le tableau qu'elle avait dessiné plus tôt, il pouvait toutefois maintenant voir que quelque chose la chiffonnait, rendant le paysage plus morose, moins paisible.
Finalement, la silhouette releva le visage vers lui une fois qu'elle prit complètement connaissance de sa présence. Désormais, il pouvait voir son visage d'emblée. Son physique l'intéressait peu, mais il était intrigué par ses pensées ; ses traits semblaient mitigés, pourtant, elle choisit d'égaler son ton au sien. Telle une fine dague, elle cassa l'illusion du garçon en même temps que son reflet dans l'eau pure, valant au garçon d'hausser un sourcil, surpris d'une telle hâte à fuir son propre regard. Pourtant, elle n'abandonna pas son ton railleur, renforçant le petit rictus amusé de l'écossais.
« J'étais au courant de la présence du Calmar Géant dans les eaux du Lac Noir mais on ne m'avait jamais prévenu de celle de Méduse... Mince, encore un trou dans mon éducation ! Miss Lydon aura des nouvelles de ma part » dit-il avec légèreté, en secouant la tête pour mimer de la déception.
Doucement, comme un chat trouvant ses aises, il s'approcha du bord de l'eau, là où les vaguelettes n'osaient plus s'aventurer et la regarda d'un air inquisiteur.
« Étonnant que tu ne te sois pas figée toi-même, cela dit. T'avais l'air plutôt concentrée. »
599 mots
Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues...
Alors, il était fort curieux de le voir ainsi, statique, le regard rivé vers cette âme dont il ne connaissait que l'arrière du crâne. Pourtant, tel un félin attendant que sa proie soit leurrée par l'idée de la quiétude, il resta à l'observer. Il n'attendait pas de réponse particulière — après tout, peut-être ne l'avait-elle pas entendu malgré la distance — mais il garda ses yeux rivés sur elle. Son regard n'était pas insistant, simplement persistant. Il ne voyait pas clairement son visage mais, après quelques pas continuant dans sa direction, il parvint à distinguer ses traits figés sur son reflet. Elle avait les sourcils froncés, mais le relief ayant creusé son front ne ressemblait pas à celui qui traduisait de l'inquiétude. De l'agacement ? De la colère ? Il ne la voyait pas assez clairement pour se faire une idée finale sur ce qu'elle ressentait. S'il avait trouvé de l'apaisement dans le tableau qu'elle avait dessiné plus tôt, il pouvait toutefois maintenant voir que quelque chose la chiffonnait, rendant le paysage plus morose, moins paisible.
Finalement, la silhouette releva le visage vers lui une fois qu'elle prit complètement connaissance de sa présence. Désormais, il pouvait voir son visage d'emblée. Son physique l'intéressait peu, mais il était intrigué par ses pensées ; ses traits semblaient mitigés, pourtant, elle choisit d'égaler son ton au sien. Telle une fine dague, elle cassa l'illusion du garçon en même temps que son reflet dans l'eau pure, valant au garçon d'hausser un sourcil, surpris d'une telle hâte à fuir son propre regard. Pourtant, elle n'abandonna pas son ton railleur, renforçant le petit rictus amusé de l'écossais.
« J'étais au courant de la présence du Calmar Géant dans les eaux du Lac Noir mais on ne m'avait jamais prévenu de celle de Méduse... Mince, encore un trou dans mon éducation ! Miss Lydon aura des nouvelles de ma part » dit-il avec légèreté, en secouant la tête pour mimer de la déception.
Doucement, comme un chat trouvant ses aises, il s'approcha du bord de l'eau, là où les vaguelettes n'osaient plus s'aventurer et la regarda d'un air inquisiteur.
« Étonnant que tu ne te sois pas figée toi-même, cela dit. T'avais l'air plutôt concentrée. »
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Miroirs d'eau
Du regard, je détaille le visage de l'inconnu, ne lui répondant pas tout de suite. Des cheveux bruns ébouriffés, des yeux de la même couleur où ressort une étincelle étonnante, un éclat qui trahit son intelligence, un nez droit. Il a, au final, un physique assez banal et je pourrais le confondre avec n'importe qui dans le Château. Par conséquent je pourrais aussi décider de le planter là et de m'en aller pour immédiatement oublier notre interaction, car je n'ai pas envie de perdre mon temps avec quelqu'un dont je ne me souviendrai pas le lendemain. Peut-être qu'au final, il m'a simplement servi à me détacher de mon reflet, et que le destin veut que je passe à autre chose – comme ce dessin que j'ai à finir. Mais tout de même, il y a quelque chose dans sa voix, dans sa façon de parler, qui me donne envie de lui répondre. C'est peut-être son ton, entre légèreté et amusement, ou sa façon de trouver quoi dire, d'avoir cette pointe de sarcasme que j'apprécie toujours et que je trouve avant tout chez Valerian.
Peut-être qu'il ressemble à Valerian, en fait. Pas physiquement, non, car mon frère a les cheveux et les yeux noirs, une mâchoire plus angulaire et des traits plus marqués. Mais il serait tout à fait capable de me comparer à Narcisse ou à Méduse. D'ailleurs, il a exactement la même mimique que le Serpentard, quand il secoue la tête pour feindre l'indignation ou la déception. C'est cette mimique qui me retient de sortir de l'eau pour m'en aller et qui m'incite à rester pour lui répondre. Oubliés, mes soucis et craintes, ce que j'ai vu lorsque je fixais mon reflet dans l'eau. Il ne reste plus que le Vert et ses répliques scintillantes d'une intelligence subtile.
« Le Lac est plein de secrets, peu savent ce qu'il s'y cache », réponds-je d'une voix qui se veut énigmatique, relevant un sourcil pour appuyer mes propos. Puis, moqueuse, j'ajoute : « C'est pas la faute de Lydon si ton niveau est insuffisant. »
Je ne juge pas utile d'ajouter que cela vient possiblement de ses propres compétences, insuffisantes et lacunaires, même si je ne crois pas une seule seconde ce que je dis et que je ne fais ça que pour écarter mon esprit de mes pensées envahissantes et détestables envers moi-même. Je le regarde s'approcher de l'eau, mes yeux suivant le moindre de ses mouvements.
« C'est parce que j'ai appris à m'immuniser. C'est dur de s'affronter soi-même, hein ? »
Je n'attends pas vraiment de réponse et me contente de faire un signe de tête dans sa direction.
« T'as peur de l'eau, pour rester planté au bord comme ça ? »
Peut-être qu'il ressemble à Valerian, en fait. Pas physiquement, non, car mon frère a les cheveux et les yeux noirs, une mâchoire plus angulaire et des traits plus marqués. Mais il serait tout à fait capable de me comparer à Narcisse ou à Méduse. D'ailleurs, il a exactement la même mimique que le Serpentard, quand il secoue la tête pour feindre l'indignation ou la déception. C'est cette mimique qui me retient de sortir de l'eau pour m'en aller et qui m'incite à rester pour lui répondre. Oubliés, mes soucis et craintes, ce que j'ai vu lorsque je fixais mon reflet dans l'eau. Il ne reste plus que le Vert et ses répliques scintillantes d'une intelligence subtile.
« Le Lac est plein de secrets, peu savent ce qu'il s'y cache », réponds-je d'une voix qui se veut énigmatique, relevant un sourcil pour appuyer mes propos. Puis, moqueuse, j'ajoute : « C'est pas la faute de Lydon si ton niveau est insuffisant. »
Je ne juge pas utile d'ajouter que cela vient possiblement de ses propres compétences, insuffisantes et lacunaires, même si je ne crois pas une seule seconde ce que je dis et que je ne fais ça que pour écarter mon esprit de mes pensées envahissantes et détestables envers moi-même. Je le regarde s'approcher de l'eau, mes yeux suivant le moindre de ses mouvements.
« C'est parce que j'ai appris à m'immuniser. C'est dur de s'affronter soi-même, hein ? »
Je n'attends pas vraiment de réponse et me contente de faire un signe de tête dans sa direction.
« T'as peur de l'eau, pour rester planté au bord comme ça ? »
Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur