Oublier le présent avec le passé
13 MARS 2051
PNJ ACTIF : FAELAN CLWYD
PNJ ACTIF : FAELAN CLWYD
Certains diraient qu'il n'avait fallu que quelques minutes. Peut-être même quelques secondes si l'on en jugeait la rapidité à laquelle Niall s'était rué sur le col de Fáelán. Sa main gauche s'y était posée comme si le tissu n'avait toujours espéré que son contact, et cela avait suffi. Ce dernier s'était laissé agripper et son hôte avait souri, laissant sur place l'étonnement pour ne garder qu'un plaisir silencieux. Aucun mot de la part des deux sorciers n'avait résonné dans la rue étroite de Godric's Hollow, et tout s'était enchaîné.
La main agrippant le col avait fini par tomber, jugeant sa continuité inutile – le sujet secondaire ayant suivi scrupuleusement le premier – pour revenir le long de la jambe de Niall. Ses pensées auraient pu s'évaporer sur les briques rouges de la ville sorcière, mais étonnamment, toutes étaient réunies sur un même objectif : reprendre le contrôle de son passé, jusqu'à ce que son présent le rattrape. Alors lorsque l'Irlandais s'était arrêté dans cette fameuse rue, faisant enfin face au regard du Gallois, il avait attendu quelques secondes, le regard à la fois froid et triste, et l'avait questionné :
« – Qu'est-ce que tu vois ? Le ton n'avait rien de violent, contrairement au geste qui les avait menés jusqu'ici. En revanche, la question était expéditive et avait peu de patience en elle.
Fáelán, quelque peu perplexe par la tonalité et la question en elle-même, fronça les sourcils sans lâcher son sourire amusé.
– Comment ça qu'est-ce que...
– Qu'est-ce que tu vois ?, répéta Niall déjà impatient et agacé du manque de sérieux de son interlocuteur. »
Ce dernier en prit d'ailleurs conscience et se redressa de manière automatique, comme pour finalement accepter le jeu dans lequel il s'était retrouvé et dans lequel il lui fallait donner davantage de sérieux. Il inspira, puis, sans quitter pour autant son sourire, inspecta enfin les alentours. Tout ce qu'il voyait était une simple rue de Godric's Hollow dans laquelle les habitations ne se trouvaient que d'un seul côté. En somme, une rue tout du moins banale ne justifiant en aucun cas une telle demande de sérieux.
« – J'sais pas, Niall, commença-t-il en haussant les épaules. Je vois qu'on est dans une rue, y a des gens à leur fenêt... »
Non. Niall n'espérait pas cette réponse et il aurait dû s'en douter. On n'attend pas la réponse parfaite de Fáelán du premier coup. Et Niall le savait. Alors après avoir claqué sa langue contre son palais signalant de son agacement, il agrippa, cette fois, le poignet de l'interrogé. A nouveau, sans rien dire, l'Irlandais l'emmena ailleurs, précédés par ce crac si singulier du transplanage.
Oublier le présent avec le passé
Deuxième rue. Deuxième tentative. Deuxième échec.
« – Et là, qu'est-ce que tu vois ?
Fáelán, qui se remettait tout juste du transplanage non consenti se plia à nouveau à l'exercice, sans toutefois s'empêcher de soupirer. En tournant la tête, il pouvait évidemment constater la présence d'un parc et quelques sorciers au loin ; la scène avait clairement changé, mais rien qui ne vaille la peine d'être mentionné. Alors à nouveau...
– J'sais pas... Un parc ?, répondit-il en haussant à nouveau les épaules. »
Ce n'était toujours pas ce que Niall souhaitait entendre et celui-ci se mit à imiter le soupir et l'exaspération du Gallois. A quoi s'était-il attendu aurait-on pu lui demander. Et bien à tout, sauf à ça. La naïveté, l'espoir et la tristesse avaient pris possession du corps de Niall, laissant tout jugement loin des deux sorciers. Et alors qu'un abandon aurait été un avis judicieux, l'Irlandais n'eut pas envie de capituler. C'est qu'il s'y accrochait à cette réponse, il voulait l'entendre, il voulait raviver quelque chose en lui ; qu'on lui prouve que le Gallois avait une mémoire, que leur relation avait compté.
Niall traversa le parc sans se soucier de si l'homme le suivrait, puisqu'il savait qu'il le ferait, et finit par atteindre les grands escaliers qui précédaient le bâtiment principal qui l'intéressait. Il le fixa un instant, comme s'il espérait y imprégner tous ses souvenirs et ses espoirs et se retourna vers Fáelán qui jouait avec la tige d'une feuille qu'il venait de ramasser en chemin. En relevant la tête vers l'Irlandais, il arracha la tête de sa plante et jeta le tout au sol :
« – Ah, ça, je sais !, s'exclama-t-il tout fier d'avoir enfin la réponse à ce jeu bien curieux. C'est le bâtiment des fêtes de Magifac.. Enfin des miennes en tout cas. »
Il y avait d'abord eu une lueur d'espoir dans le regard du libraire où toute crainte, toute négativité et tout malheur avait disparu. Si l'on pesait le tout sur une balance, la lueur aurait dû perdre le combat, mais puisque Niall s'accrochait à ce qui était plus confortable, c'était son pas qui s'était avancé vers le sorcier.
Et puis tout s'était éteint. D'un coup.
Niall avait eu envie de transplaner, de partir, tout quitter, hurler et surtout, de mettre son poing dans le joli visage du Gallois, mais il s'était contenté de le serrer et de garder ses pieds bien ancrés dans le sol.
« – C'est tout ? C'est tout ce que t'as quand tu vois ce bâtiment ? Le parc et les fenêtres de l'allée ? En nous voyant là, c'est tout ce que tu vois, des bâtiments ? »
Niall avait beau lui répéter les mêmes mots et les mêmes questions deux fois, Fáelán était quelque peu hésitant à répéter à son tour la même réponse que celle donnée plus tôt. Pour une raison qu'il ignorait, il avait la lourde impression que s'il copiait les règles du libraire, il se retrouverait à nouveau embarqué dans un autre lieu avec une nouvelle énigme ; et cela ne l'enchantait pas tellement. Alors d'une petite moue hésitante, et d'un regard qu'il fit glisser à nouveau vers le bâtiment et le parc derrière lui, il prit soin de choisir les mots adéquats. Du moins, ceux que Niall attendait.
« – Et bah.. Non, je crois que je vois autre chose. 'Fin... Je sais pas, Niall ! Dis-moi ce que t'attends et comme ça on arrête de jouer aux devinettes. »
« – Et là, qu'est-ce que tu vois ?
Fáelán, qui se remettait tout juste du transplanage non consenti se plia à nouveau à l'exercice, sans toutefois s'empêcher de soupirer. En tournant la tête, il pouvait évidemment constater la présence d'un parc et quelques sorciers au loin ; la scène avait clairement changé, mais rien qui ne vaille la peine d'être mentionné. Alors à nouveau...
– J'sais pas... Un parc ?, répondit-il en haussant à nouveau les épaules. »
Ce n'était toujours pas ce que Niall souhaitait entendre et celui-ci se mit à imiter le soupir et l'exaspération du Gallois. A quoi s'était-il attendu aurait-on pu lui demander. Et bien à tout, sauf à ça. La naïveté, l'espoir et la tristesse avaient pris possession du corps de Niall, laissant tout jugement loin des deux sorciers. Et alors qu'un abandon aurait été un avis judicieux, l'Irlandais n'eut pas envie de capituler. C'est qu'il s'y accrochait à cette réponse, il voulait l'entendre, il voulait raviver quelque chose en lui ; qu'on lui prouve que le Gallois avait une mémoire, que leur relation avait compté.
Niall traversa le parc sans se soucier de si l'homme le suivrait, puisqu'il savait qu'il le ferait, et finit par atteindre les grands escaliers qui précédaient le bâtiment principal qui l'intéressait. Il le fixa un instant, comme s'il espérait y imprégner tous ses souvenirs et ses espoirs et se retourna vers Fáelán qui jouait avec la tige d'une feuille qu'il venait de ramasser en chemin. En relevant la tête vers l'Irlandais, il arracha la tête de sa plante et jeta le tout au sol :
« – Ah, ça, je sais !, s'exclama-t-il tout fier d'avoir enfin la réponse à ce jeu bien curieux. C'est le bâtiment des fêtes de Magifac.. Enfin des miennes en tout cas. »
Il y avait d'abord eu une lueur d'espoir dans le regard du libraire où toute crainte, toute négativité et tout malheur avait disparu. Si l'on pesait le tout sur une balance, la lueur aurait dû perdre le combat, mais puisque Niall s'accrochait à ce qui était plus confortable, c'était son pas qui s'était avancé vers le sorcier.
Et puis tout s'était éteint. D'un coup.
Niall avait eu envie de transplaner, de partir, tout quitter, hurler et surtout, de mettre son poing dans le joli visage du Gallois, mais il s'était contenté de le serrer et de garder ses pieds bien ancrés dans le sol.
« – C'est tout ? C'est tout ce que t'as quand tu vois ce bâtiment ? Le parc et les fenêtres de l'allée ? En nous voyant là, c'est tout ce que tu vois, des bâtiments ? »
Niall avait beau lui répéter les mêmes mots et les mêmes questions deux fois, Fáelán était quelque peu hésitant à répéter à son tour la même réponse que celle donnée plus tôt. Pour une raison qu'il ignorait, il avait la lourde impression que s'il copiait les règles du libraire, il se retrouverait à nouveau embarqué dans un autre lieu avec une nouvelle énigme ; et cela ne l'enchantait pas tellement. Alors d'une petite moue hésitante, et d'un regard qu'il fit glisser à nouveau vers le bâtiment et le parc derrière lui, il prit soin de choisir les mots adéquats. Du moins, ceux que Niall attendait.
« – Et bah.. Non, je crois que je vois autre chose. 'Fin... Je sais pas, Niall ! Dis-moi ce que t'attends et comme ça on arrête de jouer aux devinettes. »