17 mai 2026, 00:11
 Receuil  Ouvre moi tes ailes
Lueur d'Espoir
Septembre 2047


C'est comme allumer la lumière, hein ? Hein Madame ? Promis ?

Main tremblante, animée du mix d'émotion tout sauf positif qui me traverse, les mots traversent mes lèvres pour la énième fois. Il y a quelques minutes déjà que ma concentration m'a abandonnée, que je m'accroche à ce sentiment dérisoire qu'est l'espoir comme un homme proche de la noyade.

Plusieurs secondes que les mouvements de ma baguette ressemblent de plus en plus à mes gribouillis d'enfants, affichés fièrement sur le frigo de mes parents. La boucle qu'on était si contents de répéter en cours semble bien loin, là.

Et pourtant, alors que je sais bien la futilité de ce que je suis en train de faire, je continue. Comme ci m'arrêter signait ma mort. Peut-être que ça le fait. J'en sais plus trop rien.

Ce sont les larmes qui m'arrêtent, brouillant ma vision jusqu'à que je ne puisse plus les empêcher de couler. Je m'affaisse par terre, poing serré sur le bout de bois que je me retiens de jeter à l'autre bout de la salle. Des fois, il n'y a même pas un pas entre la rage et la tristesse. Elles sont sœurs.

Mon cerveau tourne à cent à l'heure, m'affligeant d'un brouillon de tout et son contraire. C'est pas le moment, je hurle à moi-même, en silence. Laisse moi m'apitoyer.

L'espoir, je le garde pour plus tard, quand il sera l'heure de réessayer.

Boulet en rébellion visuelle - #004040
4ème année RP

3 juin 2026, 01:05
 Receuil  Ouvre moi tes ailes
Dans la nuit noire...
Décembre 2047


Mes doigts se mouvent, faisant glisser l'encre sur le blanc de cette feuille. Sont laissés derrière des mots qui me sont bien connus, et pourtant si étrangers.

L'abandon est impensable. L'échec n'est que temporaire. Il l'est toujours. Hein, promis papa ?

Les lettres me narguent. Faisant miroiter un savoir inaccessible, que tout les autres comprennent pourtant.

Ça fait au moins un mois qu'on est passé à un autre sortilège. Que tout le monde maitrise Lumos, quand la formule me hante moi, jusque dans mon sommeil.

Marrant, hein, de visualiser que ses rêves. Marrant, ouais. Tu parles. J'me marre bien, là.

Wingardium Leviosa, me nargue mon écriture. Les mots bleus saignent sur le papier, bavant sous mes doigts.

C'est pas juste, c'est vraiment pas juste. Mais la vie s'en fou complet de l'égalité, apparemment. Et de l'équité, et de tout les synonymes.

M'enfin, une fois que ça c'est dit, la vraie question c'est, qu'est-ce que je vais en faire.

Ah, si c'était si simple.

J'essaye, promis j'essaye. Et si ça marche jamais ? Et si j'essayes pour rien ?

...

Papa aurait dit qu'on fait jamais rien pour rien. Mais papa il a pas toujours raison. Ça, c'est maman qui le dit.

La vraie vérité c'est que j'en sais rien. Que je me convaincs que je vais y arriver, parce que Miss Priddy elle l'a dit. Parce que sinon, j'deviens quoi ? J'vaux quoi ?

Boulet en rébellion visuelle - #004040
4ème année RP

10 juin 2026, 01:10
 Receuil  Ouvre moi tes ailes
... perce un rayon de soleil.
Janvier 2048


Ces rendez-vous avec moi-même deviennent une habitude. Pas trop fréquemment, non, sinon le sentiment d'abandon me suit, huile collé à mes plumes qui m'empêche de m'envoler. Non, je prévoyais une séance dès que l'espoir revenait me toucher, parfois quand un cours de sortilège me donnait l'impression que moi aussi, je pouvais le faire. Parfois quand une séance de Quidditch me disait que je pouvais soulever des montagnes, si seulement j'en avais la détermination. Que mon châtiment avait une fin, que le rocher ne roulerait pas jusqu'en bas, cette fois.

A chacun de ces moments, je sors ma baguette, emplie d'une confiance renouvelée, persuadé que cette fois, oui, cette fois, c'est enfin la bonne.

Et promis, cette fois, cette fois-là, maintenant, c'est la bonne. Pitié.

Bras tendu, je ferme les yeux avec force, comme si ce geste allait effacer mon cerveau embrouillé. Un esprit clair. Un sentiment fort d'espoir. Je peux le faire. Moi aussi, moi aussi, j'ai le droit à la magie.

Mes respirations profondes peinent à masquer le son omniprésent des battements de mon cœur à mes oreilles. Je ne sais combien de temps s'écoule avant que je ne trouve le courage de rouvrir les yeux. Je n'ai pas envie de le savoir, en fait.

Regard rivé sur ma baguette, je la vois s'élever doucement, comme contrôlée par un autre. A force, le mouvement s'est inscrit dans mes os, il n'a plus besoin d'être conscient. Tant mieux, je ne sais pas si j'aurais eu la volonté de le faire, sinon.

Le mot qui est formé par mes lèvres, lui, est volontaire. Il le faut. Il faut que ça marche, cette fois. Une fois. Je n'en demande pas beaucoup.

Lumos

Oh, malheur, oh, bonheur. Un éclat surgit, faible et tremblotant, mais réel, oh, si réel, au bout de ma baguette. La mienne.

Pendant un instant, le temps s'arrête, le monde arrête de respirer, Poudlard se tait, pour admirer, avec moi, cette petite lueur.

Je resserre mes doigts nerveux sur le bout de bois, yeux écarquillés ne lâchant pas une seconde de ce miracle. Je le sais, je le sens, la lumière blanche ne va pas tarder à s'éteindre. Je le sens.

Mais pendant un cours instant, elle était là, bien là. Pendant un cours instant ce jour là, j'étais un sorcier. Je suis un sorcier.

Boulet en rébellion visuelle - #004040
4ème année RP

30 juin 2026, 23:19
 Receuil  Ouvre moi tes ailes
Crépusculaire
Janvier 2048


L'espoir qui a tant touché mon âme était, comme tout, temporaire.

Je m'y attendais. Je le savais.

Et pourtant.

Est-ce qu'appréhender un coup le rends plus doux ? Est-ce qu'un cognard que l'on voit venir est d'autant plus traitre ? Parce qu'on aurait pu l'éviter, parce qu'on bande ses muscles, flight or fight ?

Tremblant dans une salle vide, je fixe ma baguette morte, posée doucement, malgré la douleur.

Evidemment, évidemment, que c'étais un coup de chance. Je le savais, tout le monde le savait.

Et pourtant.

L'espoir est un sentiment puissant. Puissant, et horrible. Salvateur, je l'accorde, mais horrible tout de même. Marrant comment la même chose qui donne envie de continuer peut l'enlever en une demi seconde.

Demi-seconde de trop.

Ceci dit, encore maintenant, au milieu du silence, larmes aillant presque finies de se cacher, il reste cet infime sentiment. Celui qui dit que si tu l'a réussi une fois, c'est que tu peux le faire.

Qui dit que même si ça prends un million d'essais, si c'est faisable, alors c'est faisable, faisable, et refaisable. Celui qui dit aussi que le plus têtu gagne à la fin, qu'abandonner c'est un truc pour les autres.

L'échec est un obstacle, de ceux qu'on va forcément surmonter un jour ou l'autre. Même Sisyphe roule son rocher tout les jours, alors pourquoi pas moi ? Un jour, le rocher ne sera plus.

Boulet en rébellion visuelle - #004040
4ème année RP