12 juin 2026, 16:25
 Fanfiction  Le heaume rouge  En cours 
PARTIE 6 : Départ






Tout s'enchaîne très vite, ça fait une semaine que j'attendais d'obtenir l'autorisation de mener cette opération, et je l'ai enfin obtenu. Debora, Ulfrid, Gueulefort, Luna et Alice, ont commencés les préparatifs avant d'obtenir l'autorisation, histoire de gagner un maximum de temps. Je dois avouer que je suis assez inquiet, j'ai jamais vu une opération dans un autre pays, je sais pas vraiment comment ça se passe. Luna et Alice sont là pour ça, elles vont se charger de faire la liaison sur place puisqu'elles ont été formées pour ça, les agents bénéficieront de technologies de pointe de la CIS. Gueulefort et son équipe se chargeront d'encadrer le périmètre. La Cour Suprême du Canada est pleine de monde, ce ne sera pas simple d'entrer dans une statue sans se faire repérer, et comme ils connaissent mieux l'endroit que n'importe qui puisque c'est leur pays, ils vont se charger de dissimuler l'opération. Ils s'y prendront probablement avec le plus grand soin, le monde moldu est constamment sous surveillance, passer totalement inaperçu serait un miracle. Debora et Ulfrid, accompagné d'aurors et d'oubliators entreront dans la statue pour rejoindre le puit, aucune idée de ce qu'il s'y trouve. Le prisonnier n'a rien donné d'autres que la localisation d'un des passages menant au puit, tout ce qui entoure cet endroit est inconnu. C'est pourquoi j'ai suggéré de mener une étude sur la statue avant de se jeter dans la gueule du loup.

Malheureusement, ils ne peuvent pas se permettre de trop prendre leur temps, ni de trop étudier la statue, si des fanatiques se rendaient compte de ce qu'il se passait, il se pourrait qu'ils décident de détruire la statue, ou de tendre un guet-apens, tout peut arriver. Je ne veux pas non plus lancer deux de mes meilleurs agents dans l'inconnu sans prendre les précautions qui s'imposent, même si malheureusement, je n'ai pas le choix.
Pour éviter au mieux les fuites, chaque agent a signé des documents pour garantir l'intégrité de la mission, mais dans l'éventualité où un des agents se trouvent être un espion pour le compte de la secte, j'ai demandé aux chefs de chaque équipe de bien surveiller le moindre mouvement de leurs agents. Je pars du principe que je ne peux n'avoir confiance qu'en eux, aussi le jour du début de l'opération n'a pas été annoncé, mais c'est aujourd'hui que les équipes partent.

Le rendez-vous est à Godric's Hollow, je ne suis pas fatigué alors même que je n'ai pas fermé l'œil de la nuit. Je ressens un tel stress, une telle peur, je sens littéralement mon cerveau trembler au rythme de mon cœur. C'est une opération d'envergure, et dangereuse, on a pas le luxe d'être prudent, toute cette affaire traîne depuis trop longtemps. Ça fait déjà maintenant six semaines que les activités de la secte ont diminués jusqu'à totalement cesser. Eux aussi préparent une opération d'envergure, et il faut en apprendre le plus possible tant qu'il est temps. Temps d'empêcher les choses de dégénérer, tant de protéger ce qui est le plus..... ..... Protéger ce qui est le pluuuus.... .. . ...... Le plus précieux. C'est notre devoir.

Je suis assit au centre de l'amphithéâtre, la réunion a commencé.
Le conseiller Hilton fait son discours d'introduction, il parle de la mission, rien que je ne sache pas déjà, mais seul lui a l'autorité pour déclarer le début de l'opération. Derrière lui se tiennent les chefs de chaque équipe. Ulfrid, Debora, Luna, Alice et Gueulefort. J'ai enquêté sur Luna, Alice et Gueulefort, sur mon temps libre. Je n'ai pas trouvé tant d'éléments que ça, mais suffisamment pour avoir confiance en eux. Les faits de service de Gueulefort sont extrêmement impressionnant, il a réussi à démantelé deux réseaux de braconnages au Canada, c'est pas son premier rodéo au nain.

Je sais que je suis pas censé m'attacher à eux, pour ma propre santé mentale... Mais, c'est impossible. Je connais Ulfrid et Debora depuis des années, et bien sûr je connais Luna, Alice et Gueulefort depuis une semaine, mais ils sont adorables. Gueulefort est tellement content d'être ici qu'il amène des viennoiseries tout les matins, sur sa propre paie, et même si je ne doute pas qu'avec une telle carrière il s'en est fait plein les poches, le nombre d'agents mobilisés pour cette opération approche de la centaine.

Je suis assis aux premières loges, et le conseiller fait son discours, j'écoute à peine, je suis trop concentré sur les traits de ces gens qui vont aller au front, pendant que moi j'aurais le cul dans la chaise, à faire de la paperasse, à rentrer voir ma femme le soir, à profiter de la vie et faire comme si tout est normal. Mais eux aussi ont une famille, une famille qu'ils verront pas pendant un certain temps, une famille qui s'inquiètent car c'est eux qui vont foncer sur le danger et quoiqu'il arrive JE serais responsable.

Je pense au mari et aux enfants de Debora, je la connais depuis suffisamment longtemps pour connaître leur nom, et même des détails sur eux comme le fait que son aînée a 20 ans et l'autre l'âge d'Eden, ou que l'aînée a fait un cursus à l'AESM et qu'elle va tenter de passer le concours d'oubliator pour travailler avec sa mère. Et Ulfrid, Ulfrid n'a personne qui l'attend chez lui, mais il a quatre chiens, quatre chiens qu'il retrouve tout les soirs et avec qui il dort toutes les nuits, quatre chiens qui gambadent dans le jardin et qui lui saute dessus quand il rentre, quatre chiens qui n'auraient plus personne si Ulfrid venait à... Je veux pas y penser.
Alice et Luna je les connais pas vraiment, mais elles sont mignonnes tout plein. J'ai pas pu m'empêcher de déceler une partie de leur personnalité. Alice a l'air grognon, mais elle est juste timide, et Luna s'inquiète du bien de la communauté, en la suivant lorsqu'elle est retourné à l'hôtel, j'ai remarqué qu'elle s'arrêtait pour aider chaque personne qui semblait en avoir besoin, et Alice la suivait. Elles partagent leur chambre, et en vérifiant les registres de l'hôtel j'ai remarqué qu'elles partageaient le même lit. Elles ne sont qu'agents de liaison donc ça devrait aller, mais je peux pas m'empêcher de m'inquiéter malgré tout. Je dois m'inquiéter parce que si j'ai confiance en la compétence de Debora et Ulfrid car je les connais, et je sais de quoi ils sont capables, je n'ai confiance en les autres que par pure intuition, je ne sais pas ce dont ils sont capables. Gueulefort pourrait être un escroc, qui a utilisé le succès de personnes meilleures que lui ! J'en sais rien, et je serais pas là pour le vérifier, je suis obligé de faire mon rat de bureau. Et de toute façon... Même si je pouvais, les médicaments limitent trop ma magie pour que je sois aussi utile que Debora ou même Ulfrid...

Je suis inutile à partir de maintenant, et jusqu'à ce que l'opération ne soit terminée...

Non. Cette enquête est une priorité, mais ce n'est pas la seule, il y'a tout de même des interventions à mener, j'ai un bureau à gérer.

Lorsque la réunion est finie, la foule applaudit le conseiller, et il sera l'heure de partir. Je me lève et les suit, les mains dans les poches, l'air blasé. Parce qu'honnêtement, tout ça ne me plait pas. Je suis terrifié, j'ai envie de pleurer, j'ai tellement peur pour mes agents et pour ces gens adorables. Je suis obligé d'avoir confiance en eux, je ne peux pas être celui qui les protégera, je dois être celui qui reste tranquillement au bureau et qui attend que tout ça soit fini.

Je les ai suivi jusqu'au portail de Demeter pour les saluer, ce que je fais. Ça faisait longtemps que notre portail de Demeter n'avait pas été lié à un portail de Demeter d'Amérique. D'habitude c'est seulement pour pour l'Europe et la Russie. M'enfin, qu'importe.

Remuant la main, je les vois s'éloigner. Je grave leur image dans mon esprit pour pouvoir dire "t'as pas changé d'un pouce" ou "t'as changé d'un pouce" selon si ils auront changés d'un pouce ou non quand ils reviendront. Ils vont revenir, je le sais. Je dois...... .. .... Je dois... .. .. . ..... .Je dois faire confiance.

Je vois la silhouette de Debora, dans son uniforme noir. Sa boucle d'oreille brille légèrement, on ne voit pas sa cicatrice de dos, ni son maquillage noir contrastant avec sa peau pâle. Tout ce qu'on peut voir c'est son crâne rasé et sa carrure imposante. J'aurais aimé plongé mon regard dans ses yeux vert émeraude pour qu'elle me dise que tout ira bien pour elle.
Ulfrid se tient à côté, il fait à peu près la même taille, bien que moins imposant. Il a une sacrée calvitie, et des cheveux mi-longs châtains, je ne vois ni sa moustache, ni ses yeux bleus, mais je suis sûr qu'il sourit comme d'habitude.
Puis il y'a Gueulefort, qui marche d'un pas réfléchi, sa cape descend jusqu'à ses petites bottes, à côté d'Ulfrid il ne lui arrive qu'au bassin et c'est assez ridicule, lui aussi a une calvitie, mais il a aussi une bonne trentaine d'années de plus et des cheveux plus blancs. Sa petite bouille musclée et pleine de sagesse me donne confiance, je place beaucoup d'espoirs en lui.
Il y'a Alice aussi, sa peau noire contraste avec la peau de Luna. Sa coupe afro et son allure grognon lui donne un style d'enfer. Luna a côté laisse se balancer ses cheveux lisses et blonds.
Elles font partie de la CIS, elles doivent être compétentes.

Je les vois avancer à travers le portail, nos camarades canadiens de l'autre côté les accueille à bras ouverts. Et le portail de Demeter s'éteint. Je suis seul, et c'est comme si tout ça n'avait jamais eu lieu. Comme s'ils n'étaient jamais partis, qu'ils n'avaient jamais été là.

Je reste à fixer le portail de Demeter une bonne dizaine de minutes, mais je peux pas m'attarder, j'ai un bureau à faire tourner. Si ce n'est pour l'intérêt général, au moins pour m'occuper l'esprit plutôt que de penser à tout ça.
Éli me manque, l'époque où le secret magique n'était pas constamment en danger me manque, l'époque où je me souciais de la maison dans laquelle serait réparti Eden me manque.

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14 juin 2026, 17:05
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CHAPITRE 2 : Le retour


PARTIE 1 : Le retour d'Ulfrid et de Debora






Affalé sur ma chaise, un filet de bave me coule au coin de la bouche. J'ai la tête en arrière et je regarde le plafond, les mains reposant sur sur mes cuisses. Je m'attendais à perdre des gens avec cette opération, je me suis inquiété pendant des jours, j'ai pas fermé l'œil de la nuit je dors que trois heures quand je rentre chez moi et je passe la nuit à penser, et à m'inquiéter. Tout ça, pour ça.

J'aurais supporté qu'ils meurent, j'aurais voulu qu'ils restent tous en vie, qu'ils remportent une victoire écrasante. Qu'ils détruisent le puit, le neutralisent, qu'ils découvrent sa véritable nature ou qu'ils fassent des prisonniers de valeur. J'aurais voulu que les premiers mots que Debora m'apporterait en rentrant, soient "on a réussi".

Au lieu de ça, tout est parti en sucette. Je sais pas comment on a pu en arriver là, j'en ai sincèrement aucune idée. J'ai aucune idée de l'origine de tout ce bordel, j'ai aucune idée de ce qu'on peut faire pour s'en sortir, j'ai aucune idée de ce que je dois dire, de ce que je dois faire.
Tout ça est une énigme complète et entière, absolument parfaite, il n'y a rien à redire.

Je dois être... Le pire chef que ce bureau ait jamais connu. Ne pensez pas cela de vous, monsieur Omniak, vous êtes un bon chef. Me dit Debora, vers qui je tourne la tête. Elle a l'air sincère. Mais oui, monsieur Omniak. Je dis la vérité, et rien que la vérité. Elle me dit avec un grand sourire.

Je ne sais pas si c'est le changement de personnalité, les menottes, ou le fait qu'elle se balade dans mon esprit, mais j'aime vraiment pas ça. Je la regarde l'air blasé, ma joue appuyée contre ma main. Ulfrid prend la parole. Je suis d'accord, j'ai toujours pensé que vous êtes le meilleur chef que ce bureau ait connu. Et Debora, toujours tout sourire, hoche la tête comme pour acquiescer. J'aurais aimé que ces mots sortent de la bouche de Debora et d'Ulfrid de leur vivant, pas maintenant que leur cerveau a complétement cramé. Nos cerveaux n'ont pas cramés monsieur Omniak, au contraire, nos esprits n'ont jamais été si épanouis. Me dit-elle, enthousiaste, mais je soupire. J'entends le cliquetis des maillons de leurs chaînes, et je me rappelle que ce ne sont pas eux. Plus vraiment en tout cas. Mais si c'est n-La. Ferme. Je lance à leur égard, je préfère parler de vive voix que de les entendre répondre à mes pensées et je les vois se figer, et leur enthousiasme se calmer alors qu'ils se détendent sur leur chaise.

Lorsqu'ils sont revenus, lorsqu'Ulfrid et Debora ont traversés le couloir, accompagnés d'Alice, de Luna et de Gueulefort, je pensais sincèrement que tout s'était bien passé. Ils avaient le sourire, tout aurait dû bien se passer, mais Alice et Luna arboraient des mines déçues, morbides, comme si elles avaient perdus leur motivation, puis j'ai vu les chaînes aux poignets de Debora et d'Ulfrid, et enfin l'expression dépitée de Gueulefort, celle que moi-même j'ai dû prendre pour annoncer une mauvaise nouvelle à la famille d'une victime.

Ils m'ont expliqués rapidement la situation, apparemment Debora et Ulfrid sont entrés avec leurs équipes à travers la statue de la Cour suprême, et ils en sont tous ressortis une vingtaine de minutes plus tard, à la file indienne, avec un sourire. Gueulefort avait compris que quelque chose n'allait pas, mais c'est Ulfrid qui a pris les devants. C'est lui, qui a déclaré leur défaite, et qu'ils sont passés dans les rangs ennemis. Tout les agents qui sont entrés dans le puit, en sont ressortis le sourire aux lèvres, et se sont rendus sans même chercher à résister.

Gueulefort m'a amené ces deux-là pour que je les interroge en bas, et pour m'informer. Il a bien fait de me les amener, car je n'y croirais pas si je ne les avais pas sous les yeux. Et voilà que je les ai sous les yeux, et que j'ai malgré tout du mal à y croire. Deux de mes meilleurs agents, des oubliators-en-chef émérites, échouent. Ce que je peux comprendre, les échecs on en connait un tas dans notre métier, et ça nous ronge... Mais qu'ils échouent en passant à l'ennemi ? Jamais j'aurais pu prévoir ça, j'avais confiance en eux, j'avais sincèrement confiance en eux...

J'aimerais me lamenter pendant des heures, tout comme j'aurais aimé qu'ils réussissent, ou qu'ils soient à mes côtés. Qu'ils échouent dans l'honneur ou qu'ils gagnent, même s'ils emploient les pires tactiques.
Mais je n'ai pas que ça à faire, je vais les interroger, je veux savoir ce qu'il s'est passé, je veux savoir comment ça s'est passé, je veux... .......... .. .. ..... ....... .. .. Je veux.... Je....... .. ..... .. Je........ Veux..... .. ............. . .. . .......... .. ..... ...... Tout savoir. Absolument, tout, savoir.

J'expire un coup et me redresse. Bon, on va y aller par quatre chemins, je veux savoir ce qu'il s'est passé. Je me doute bien que ça va pas être aussi facile, je devrais probablement même user de techniques immondes. Sur... Mes propres agents.... Non.
Anciens, agents. Je ne vais pas culpabiliser ni me sentir mal d'employer les techniques les plus atroces contre des personnes qui m'ont trahies, qui ne sont pas sous mes ordres, et dont la vie n'est clairement pas aussi importante que les informations qu'ils détiennent. Et encore moins que la sécurité du pays. Nous sommes prêt à tout vous raconter. Lance Ulfrid, l'air sérieux. Ça me rend assez confus, j'avoue que je suis dubitatif, en théorie ils ne sont pas censés pouvoir mentir s'ils sont vraiment passés du côté de l'ennemi, et ils n'auraient aucun intérêt à faire croire qu'ils sont passés du côté de l'ennemi à moins d'avoir été menacés ? Par exemple, mais on sait tellement rien sur ce foutu puit qu'il est impossible de dire ce qu'il s'est, ou ce qui aurait pu se passer. Je pensais que j'aurais plus de mal à vous faire cracher le morceau, j'étais prêt à utiliser tout les moyens à ma disposition... Je laisse entendre, je suis vraiment surpris, mais je vais pas me plaindre non plus. Je suis plutôt agréablement surpris de ne pas avoir à aller jusque là, je déteste utiliser mes outils. Monsieur Omniak... Contrairement à ce que vous pensez, nous ne vous avons pas trahi... Poursuit Debora, mais encore une fois je ne peux que douter au vu de leurs actions, je n'ai pas d'autres choix que de douter. À nos yeux... Tu es un ami proche, Redose. Conclue t-elle, les yeux rivés sur moi, l'air sérieux, et pourtant si chaleureux. Ça faisait tellement longtemps qu'elle ne m'avait pas tutoyé, la dernière fois, elle était saoul. On fêtait une grande victoire pour l'équipe, au bar, mais ça remonte à tellement longtemps... J'ai l'impression qu'elle essaie de me prendre par les sentiments, j'aimerais que ça puisse marcher avec moi. J'aimerais pouvoir les croire, j'aimerais... Tellement.

Mais je dois protéger ce pays. Je ne peux pas les croire. Je dois faire fis de ma volonté, de mes émotions, je dois faire fis de tout ce qui fait de moi un humain. Pour le bien de mon pays...... Pour protéger..... .. ........ ... ........ ..... ... Pour tous les... ........ ....... .......... .. ....... ........ ........ .. ...... ... Pour tous les protéger de......... ... ............... Les protéger de........ ......... ...... .. .De...... .... Quiii.... .... .. ........ ..... .. .... DE......

Merde. Ça fait seulement quelques semaines, les médicaments peuvent pas DÉJÀ avoir perdu leur efficacité. C'est pas possible... REPRENDS-TOI, Red. C'est pas le moment. Très bien, mais je peux pas vous croire comme ça. Parlez d'abord, on verra ensuite. Je déterminerais s'ils m'ont effectivement trahi moi-même, qu'importe ce qu'ils disent, je n'ai confiance qu'en moi. Car moi, je n'ai pas de chaînes aux poignées, et ça n'arrivera jamais, je ne suis pas un traître.

Debora prend une certaine inspiration, avant de se pencher en avant et de commencer à parler. Nous sommes arrivé comme prévu au lieu convenu, au moment convenu. Les équipes canadiennes et de la CIS avaient déjà quadrillés la zone, et tout fait pour assurer la bonne conduite de la mission. Elle s'arrête, et au moins, ça signifie que la trahison a dû avoir lieu au puit, et pas avant. C'est déjà rassurant, sa version concorde avec le plan de la mission, et ce que m'a rapporté Gueulefort. On était tous très stressés, mais moi et Debora on devait paraître invincibles. Autrement, nos équipes auraient paniqués. On a donc fait un discours en leur disant que tout se passerait bien, mais on savait pas vraiment ce qu'il allait se passer. Poursuit Ulfrid.

À les écouter, j'ai l'impression que tout s'est bien passé, et qu'ils me font un rapport tout ce qu'il y'a de plus normal. Je me demande si tout ça n'était pas un piège, si je me suis fait avoir, et si c'est le cas, par qui je me serais fait avoir ? Et quand... Qu'importe, je fais signe de continuer.

Debora se redresse, comme pour raconter un passage un peu plus houleux de l'histoire. Comme prévu, on est tous passé à travers la statue, un par un, et... C'était comme se rendre au quai 9/3/4, à la différence qu'une fois au puit, le paysage était radicalement différent. Elle continue, je prends des notes à mesure qu'elle parle, je suis curieux de ce qu'elle entend par "radicalement différent", je lui fais signe de s'arrêter. Qu'entendez-vous par "radicalement différent" ? Je demande. Je remarque que je me sens comme un psychologue. Ulfrid prend la parole, comme s'ils savaient ce que Debora avait ressenti. Mais à bien y repenser, il ne serait pas étonnant qu'ils lisent dans leurs propres pensées... Mais là, je pense que c'est surtout que leurs sensations étaient non seulement similaires, mais identique. En fait, lorsqu'on était du côté moldu de la statue, c'était la ville. Un espace vraiment... Ouvert. Il n'y avait pas beaucoup de sons, grâce aux équipes canadiennes et de la CIS, mais ça sentait la ville. Et le ciel était gris. Il se penche en avant, et joint ses mains, et comme pour me raconter avec tout son sérieux un rêve qu'il a fait, il sourit à nouveau. Mais de l'autre côté de la statue, l'espace était assez clos. Je dirais que c'était une grotte... Une grotte verdoyante. Il y'avait une couche de mousse et d'herbes à nos pieds. Quelques arbres, dans les parois il y'avait quelques ruisseaux qui passaient. Et sans vraiment qu'on ne sache d'où, des rayons du soleil traversaient la grotte de parts et d'autres. Ulfrid s'est redressé sur sa chaise, tout sourire, avant de tourner sa tête vers Debora.

Et ce fut à son tour de sourire maintenant. En entrant, on avait nos baguettes en main, prêt à se battre, prêt à neutraliser quiconque se trouverait dans la grotte qui d'ailleurs faisait une centaine de mètres carré de surface, ce qui est assez petit quand on s'y trouve, on se sentait cloîtré, presque pris au piège, mais ce n'était que le stress qui parlait. Continua Debora, elle tourna la tête vers Ulfrid, et leur petit jeu commençait sérieusement à m'irriter, mais en même temps ils savaient comment me prendre au jeu. Tout ce qu'il y'avait, c'était un puit au centre de cette grotte mystérieuse. Nos équipes ont vite remplis l'espace, se méfiant de tout. Nous avions remarqué plusieurs autres entrées, instinctivement moi et Debora avons supposés que c'était les entrées des autres pays. puisqu'il y'en avait cinq en tout. Conclue Ulfrid, il paraissait de plus en plus enthousiaste, sans doute à l'idée d'en venir aux faits. Non parce que jusque là l'opération s'est bien déroulé, et il aurait suffit qu'ils détruisent le puit dès ce moment. Mais ils ne l'ont pas fait, et je ne l'aurais pas fait non plus si j'avais eu l'occasion de recueillir des informations à son sujet. Mais à les entendre cet endroit était vide, il y'avait seulement un puit, donc au moins ils étaient au bon endroit c'est déjà ça, mais j'arrive pas à savoir ce qui a pu se passer pour que tout se passe aussi mal, j'attends qu'ils me le disent. Et je commence sincèrement à être frustré, je commence sincèrement à craindre la suite de leur histoire. Notre mission consistait à recueillir des informations sur le puit, si cela s'était avéré impossible, notre mission consistait à détruire le puit. Une mission annexe avait été de capturer quiconque se serait trouvé sur les lieux. Continua Debora, son sourire plus absent et volatil. Mais il se trouve qu'il n'y avait personne, et la première chose logique à faire était de regarder dans le puit. Conclue t-elle, avant de regarder vers le bas l'air un peu déçu, comme pour compatir à ma peine. Mais très vite, un sourire pris place sur son visage qui s'illuminait comme par enchantement, comme si un souvenir joyeux lui revenait en mémoire, et Ulfrid présentait le même comportement.

Ce dernier pris une inspiration, et souriait comme s'il m'apportait une joyeuse nouvelle. Nous y avons vu des yeux magnifiques nous fixer, ces yeux étaient empreints de sagesse, et une voix s'éleva du fond du puit. Je m'avance sur ma chaise et me penche, impatient de connaître la suite. Qui c'était ? Qu'a t-elle dit ? Je demande, enthousiaste au possible. Vous n'avez qu'à y aller vous-même. Me lance Ulfrid avant de croiser les bras, un sourire largement satisfait au visage. Tout ce que je voudrais qu'il arbore sur son visage, c'est mon poing. Je supporte pas qu'on se moque de moi, mais voilà que Debora rigole et je me sens humilié et ridiculisé, alors même que je suis presque sûr que tout ce qu'ils ont dit jusque là c'est la vérité, et je sais que Debora ne ferait pas une blague qui consiste à me faire croire que la mission est un échec, elle et Ulfrid sont beaucoup trop sérieux, et beaucoup trop fiers pour croire un instant que c'est drôle, et que ça aurait un meilleur effet que de se contenter de me faire un rapport positif.

Debora repris la parole avant que j'explose sur eux. Nous aimerions vous le dire, monsieur Omniak, mais on a promis qu'on ne dirait rien... Me dit-elle, après avoir arrêté de rire, à la voir on dirait qu'elle voudrait tout me dire, et qu'elle se retient. Elle arbore la même expression que les fanatiques de cette secte, probablement car désormais ç'en est une. Et je n'obtiendrais pas plus d'informations d'elle que de la part de n'importe quel autre fanatique. Je sais ce que vous pensez, mais ce n'est pas un piège. C'est une véritable bénédiction. Dit Ulfrid, et j'ai bien assez d'informations pour savoir ce qui est en train de se passer.

Je dois voir Artamiel.

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14 juin 2026, 18:14
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PARTIE 2 : Le retour de bâton






En raison de la procédure, on a envoyé Debora et Ulfrid à Azkaban. Plus tôt, je m'étais réjouis qu'on ai le droit de déroger à des droits fondamentaux, mais maintenant je crains que ça ne porte préjudice à Debora et Ulfrid. Puis, peut-être qu'ils reviendront de notre côté, même si à vrai dire rien n'est sûr, et à vrai dire, je n'y crois pas un instant. Une fois qu'on est sorti du jardin d'Eden, on peut plus y retourner. Et une fois qu'on y met le pied, on peut plus en sortir.
J'ai ma petite idée de ce qu'il s'est passé là-bas, et je pense qu'ils se sont vu offrir le jardin d'Eden sur un plateau. Je doute franchement qu'ils soient victimes de manipulation magique, tout les résultats des analyses effectuées sur les fanatiques testés ne révèlent pas de signe d'empoisonnement ni même, et c'est le plus curieux, de trace d'un ensorcellement. Ce qui signifie que si Debora et Ulfrid ont changés de camp, ils l'ont fait en toute conscience, et probablement en toute connaissance de cause. Ils ne sont pas des victimes.

Gueulefort à côté de moi attire mon attention. Où va t-on monsieur Omniak ? Me demande t-il alors qu'on marche d'un pas rapide à travers la capitale. Appelle-moi Redose, et tu le sauras bientôt. Je lui réponds, ce n'est pas tant que je ne veux pas tout lui dire, mais on peut pas parler de toute cette affaire en public et j'aurais besoin d'un peu de temps pour lui expliquer. Contrairement au bureau, la rue n'est en aucun cas sûr pour parler d'affaires non seulement importantes, mais confidentielles. Il a la jugeotte pour savoir ça et ne pas poser de questions sur l'enquête, il a dû se douter que c'était uniquement professionnel et que je l'invitais pas déjeuner.

Je dois avouer que je suis en colère, et je devrais peut-être me calmer, mais je ne suis certainement pas en état de me calmer. Moins on perd de temps, mieux on se porte, et je refuse de perdre du temps à me lamenter.

Je pense que la fatigue joue sur la colère, j'ai clairement dormi trop peu, je dors clairement trop peu, et tout ce stress m'empêche de poursuivre l'affaire dans le calme au bureau. Il faut que les choses avancent, et je les ferais avancer, et pour ça j'ai besoin de toi. Arta. J'appelle, alors que je pousse les portes de la bibliothèque de la capitale où travaille Artamiel, un bibliothécaire. Il n'est pas très loin de moi, au moins je n'ai pas eu à le chercher. Je m'approche de lui et lui prend la main relativement brutalement, mais ça ne l'a jamais dérangé. J'ai besoin de toi. Je lui dis avec conviction.

Artamiel est un ami, et je n'aime pas vraiment le voir uniquement pour lui demander un service, mais je n'ai pas trop le choix. Je n'ai plus vraiment le temps de passer du temps avec lui, à jouer à des jeux de sociétés avec Arthur, son petit-ami, je n'ai pas plus le temps de passer lire pour le plaisir, à mon grand regret. Je n'ai plus vraiment de temps pour rien.
Même si... Si je continue à avoir du mal à dormir, je vais finir par profiter de ce temps pour être productif, au lieu d'essayer de dormir.

Je vois son visage s'illuminer, et il prend ma main avec son autre main. Tout ce que tu voudras. Me dit-il, mais je n'ai pas besoin de tout ce qu'il pourrait avoir à offrir, j'ai seulement besoin de livres.

Il me guide jusqu'à son bureau à l'accueil, et Gueulefort nous suit avec difficulté, il est court sur pattes et voler attire trop l'attention. Comment je peux t'aider ? Il me demande, après m'avoir lâché et être passer de son côté du bureau. Je sais qu'il ne va pas faire la causette, les petites discussions inutiles ne sont ni son fort, ni quelque chose qu'il apprécie. Et je le connais bien assez pour savoir qu'en un instant il a capté le côté urgent de la chose, on parlera des enfants, d'Éli et d'Arthur, de la famille et des amis une autre fois. J'ai besoin de tout ce que tu as sur les bénédictions. Je lui dis, visiblement il est confus. Il s'agit d'une forme de magie dont on retrouve parfois des signes dans des contes et des légendes. Il a l'air encore plus confus, ce qui se comprend, cette forme de magie n'est pas vraiment commune ou réputée, ce n'est pas comme la magie noire. Mais les bibliothécaires devraient avoir accès à un artefact pour optimiser et faciliter les recherches, c'est lui-même qui m'en a parlé. Et je n'ai pas besoin de lui demander de l'utiliser, il le fait instinctivement, il a assez confiance en moi pour savoir que je parle de quelque chose de réel.

Le garçon me demande d'attendre le temps qu'il aille chercher ce qu'il a, il prend un chariot et se dépêche vers les livres. Les bénédictions... Se questionne Gueulefort, sans doute qu'il n'en a pas entendu parler non plus. La seule raison pour laquelle moi, j'en ai entendu parlé, c'est parce que moi, j'ai rencontré une des rares personnes qui en connait l'existence, et je devrais également aller la voir. Seulement, j'ai peur de perdre mon temps à la chercher, ce n'est pas vraiment le genre de personne que l'on trouve, ou avec qui on prend contact. Non. C'est elle qui nous trouve, c'est elle qui prend contact avec nous, et la chercher me paraît être une perte de temps, même s'il y'a une petite chance de la trouver.
J'enverrais quand même un message à un de ses proches, peut-être qu'on obtiendra un résultat, mais je ne peux vraiment pas compter là-dessus, ou baser mon enquête sur si peu.

Après avoir attendu une dizaine de minutes, Artamiel revient avec un chariot plein de livres.
Gueulefort pour sa part reste assit au sol, contre le bureau d'accueil, les bras croisés. Il sait qu'il n'a pas vraiment quoique ce soit à faire, mais je vais avoir besoin de lui. Pas maintenant, mais j'ai besoin de lui. C'est la personne la plus fiable, maintenant que Debora et Ulfrid sont passés aux côtés de l'ennemi. Je ne dis pas que j'ai confiance en lui, car je n'ai pas plus confiance en lui qu'en certains de mes agents. Mais contrairement à ces agents, il a une expérience impressionnante, et des compétences que même moi je lui envie.

Artamiel prend la parole. J'ai réunis trente livres dans lesquels le mot "bénédiction" est particulièrement employé. Me dit-il. Je les veux tous. Je lui répond, il se fige un instant. Je me doutais que ce ne serait pas si simple. Je t'en prie, je n'ai pas beaucoup de temps, j'ai besoin que tu en empruntes quinze, et moi-même j'en emprunte quinze. Quinze, c'est la limite de livres que je peux emprunter, il n'y a pas d'exception, pas même pour le chef du bureau des oubliators d'Écosse. Artamiel accepte d'en emprunter quinze, je sais qu'il a confiance en moi, et j'ai confiance en lui pour garder le secret. Il faut que le moins de personnes possibles sachent que j'ai emprunté ces livres, il ne faudrait pas accidentellement ébruité l'affaire d'une quelconque manière, je suis sûr qu'on est surveillé partout où on va, mais j'ai pas d'autres choix. Il y'aura une marque sur le dossier d'emprunt de la bibliothèque, mais encore une fois, je n'ai pas d'autres choix.

Lorsqu'on en a finit, je laisse les livres dans mon sacs sans fond et me dirige vers la sortie après avoir salué Artamiel, puis Arthur qu'on a croisé. Eux deux sont vraiment adorables ensemble, je suis heureux pour eux, mais c'est pas le sujet. Je peux pas penser à mes amis pour l'instant, je dois penser à l'enquête, il y'a que ça qui compte.

Moi et Gueulefort on passe les portes de la bibliothèque, mais à peine je fais un pas dehors que je me prends une sifflante. Je l'avais pas vu venir, je laisse tomber mon sac et tombe au sol, cette gifle était super puissante. J'ai été ébloui par le soleil, j'avais même pas vu que y'avait quelqu'un sur le passage, pourquoi faire ça ? Un accident ? Non, mais ça va pas ? Lança Gueulefort, mais je suis plus concentré par la silhouette qui vient de s'asseoir sur mon ventre, lorsqu'enfin sa tête cache le soleil, j'ai l'impression de voir Debora. Mais c'est pire, bien pire, c'est Bellatrix. Bellatrix Hitchcock. Espèce d'enfoiré ! M'insulte t-elle, et je discerne ses larmes couler. Elle me maintient au sol, les mains sur mon col, et un homme plus douillet essaie de la libérer de moi. Mes yeux roulent vers Gueulefort, qui a sa baguette sortie. Mais Bellatrix l'ignore, car il n'y a que moi qui l'intéresse, et si elle doit souffrir pour avoir ma peau elle souffrira. L'homme douillet doit être son père, Desmond Hitchcock. Gueulefort ne lancera pas de sorts à moins d'y être absolument contraint, après tout, il n'est pas chez lui ici. Quant à moi, je peux pas me permettre de frapper Bellatrix après ce que j'ai fais à sa mère, je comprends sa colère.

Elle ne souffre pas d'autant de vergogne que moi, puisqu'elle m'adresse un poing en plein dans le pif, je sens que ça a pas craqué, mais je saigne légèrement du nez. Elle avait confiance en vous ! Me hurle t-elle dessus, son visage à quelques centimètres du mien. J'entends tout ce qui se dit autour, les mots de Gueulefort, les mots de Desmond qui essaie de la retirer de moi, les mots des témoins, mais il n'y a bien que ses mots qui m'atteignent. Elle n'a pas tort. Elle n'a pas tort du tout, non, elle ne ment pas.
J'aimerais dire que je suis désolé, mais je mérite chaque insulte qu'elle me crie et surtout, je ne le suis pas. Son père et deux témoins parviennent finalement à la retirer de moi, elle en a de la force pour une gamine de seulement 20 ans.

Je me relève et je la vois qui se débat pour pouvoir se jeter sur moi, mais elle s'épuise, et se réfugie dans les bras de son père qui me lance un regard noir. Un regard particulièrement mauvais, et je peux pas m'empêcher de penser à ce qu'Eden penserait de moi. Je mets ces pensées dans une boîte dans mon esprit, et je continue à me diriger vers les cheminettes du consilium avec Gueulefort. On a continué à marcher sans faire la discussion, et finalement on arrive. La Ruche Noire. Je prononce après avoir lancé la poudre à mes pieds. Gueulefort n'a pas l'habitude des cheminettes, mais il arrive quelques secondes après moi à la cheminette de la Ruche Noire.
Dernière modification par Redose Omniak le 15 juin 2026, 05:02, modifié 2 fois.

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14 juin 2026, 19:54
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PARTIE 3 : Le retour de Redose






Arrivé à la Ruche, j'ai ignoré Rem qui était derrière l'accueil pour m'en aller chez moi. Éli n'est sans doute pas encore rentrée, quoiqu'il commence à se faire tard, et je commence à saturer.

Une fois rentrés à la maison, j'ai envoyé Nightingale transmettre une missive au proche de la seule personne que je connais, qui s'y connait en bénédiction. J'ai laissé Gueulefort seul, prendre un café en bas. Et avec tout ça, je lui ai même pas dit ce qu'on venait faire ici, il doit me prendre pour un fou. Mais franchement c'est pas un problème du tout, qu'il me prenne pour un fou qu'importe, du moment qu'il m'aide. Je vais pas abandonner, je refuse d'échouer, et je refuse de perdre. Je perdrais pas, je perdrais plus jamais.

J'arrive en bas et fait signe à Gueulefort de me suivre, on s'en va pour une petite balade. Une dizaine de minutes, pas plus, on marche vers la forêt, et là à sa place j'aurais commencé à flipper. Je ne sais pas si le fait qu'il reste silencieux et me suive est un signe que je dois lui faire confiance, ou un signe que je ne dois surtout pas lui faire confiance. J'ai beau savoir qu'il est fiable, il ne demeure pas moins un inconnu, et je douterais presque de ce que je suis en train de faire... Encore une fois, si j'avais une alternative qui me trahirait pas, je la saisirais.
Seulement le choix est un luxe que je n'ai pas, le temps file, la nuit va tomber, et Gueulefort est loin de son hôtel, loin du regard des autres, loin du regard du gouvernement. Le gouvernement le suspecte d'ailleurs peut-être d'être un espion, ce que je comprendrais, mais il m'a l'air réglo. Ceci étant dit, je ferais tout pour mon pays, et il ferait probablement tout pour le sien. Il n'a pas d'autres intérêts que de protéger son pays, mais contre une menace qui s'en prend au secret magique, il n'est plus question de faire son difficile. Si le secret magique tombe, tout le monde tombe. Et pas juste les sorciers, non, mais les moldus un peu suspects. Toutes les créatures du monde magique, les dragons, les licornes, même les véracrasses sont menacés. Le savoir, les plantes, les cultures magiques. Tout tombera, c'est la fin du monde, la fin du monde magique qui plane au dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès.

À la place de Gueulefort, je serais terrifié. Mais je me suivrais malgré tout, car j'oeuvre dans l'intérêt du monde magique, et que je préfère suivre la seule personne qui prétend avoir une piste, que de ne rien faire ou d'attendre. J'irais même jusqu'à trahir mon pays si ça peut permettre de le sauver, j'irais jusqu'à trahir mon monde si ça peut permettre de le sauver.

Arrivé devant un arbre, je m'arrête. On est arrivé. Je sors ma baguette, et fait un geste. L'écorce de l'arbre s'ouvre et nous aspire dans une étreinte bosée.
Il fait tout noir, on est comprimé dans le bois au point d'avoir du mal à respirer, mais quelques secondes plus tard on est recraché par l'arbre, on se retrouve sous son tronc, sur un sol qui n'a rien à voir avec de la terre. C'est un peu poussiéreux, mais nous y voilà, les pieds sur du carrelages, des pierres s'allument au plafond. On y est ? Me demande Gueulefort.

Je me tourne vers lui. Je suis soulagé de pouvoir enfin t'expliquer tout ça. Et je remarque qu'il a toujours sa baguette en main, il a peur lui aussi. Mais il est venu malgré la peur, il a l'esprit de Gryffondor. Quel courage. Tout d'abord, on est où ? Il me demande.

Ma main caresse l'arrière de ma tête et je roule des yeux au ciel, je suis visiblement mal à l'aise de tout lui dire.On est dans mon laboratoire... Je lui avoue, mais il a l'air confus, pas convaincu, et je le comprends. J'ai pas confiance en mon gouvernement, je pense qu'il nous surveille plus que ce qu'on croit, et qu'il me surveille tout particulièrement. Surpris, Gueulefort écarquille les yeux et hausse les sourcils. Et concrètement, ici ou chez toi quelle différence ? Il me demande.

Je le regarde, et lui réponds. J'ai enchanté cet endroit de sortes à ce qu'il soit invisible. Malgré tout les artefacts et sortilèges qui se trouvent ici, rien de ce qui se trouve ici n'est détectable. Ni les conversations, ni la magie noire, ni les portoloins. Même les tabous ne fonctionnent pas. Je lui avoue finalement. Ce lieu est loin d'être inviolable, mais il est indétectable. Il est possible de le trouver par hasard, en rasant la zone, ou en faisant comme de par hasard un geste avec sa baguette devant l'arbre précis qui se trouve au-dessus.
Mais même s'il peut être trouvé et pénétré, il demeure indétectable. Qu'importe le moyen, magique ou moldu. Ça faisait longtemps que j'y étais pas allé, cet endroit me rend assez malade et pour le bien d'Éli et les enfants je m'en suis tenu loin pendant quelques temps.

Seulement là, on en a besoin. Tu m'as l'air parano et complètement fou. Il me dit, ce que je comprends. On ne construit pas un tel endroit en une journée, avec peu de ressources, non. Un tel endroit prend du temps, de l'énergie, des ressources, et on le fait pour une raison, car on a des choses qu'on veut cacher. Si ça peut me permettre de gagner cette guerre. Je hausse les épaules en le disant. Même si je suis fou et parano, je peux me battre et je vais le faire. C'est probablement parce que je suis fou et parano que je me bats et que je m'arrêterais jamais, pas avant d'avoir gagné. Tu comptes m'aider, oui ou non ? Je lui lance. Il range sa baguette, ouvre les bras, et tout sourire s'exclame. Plus on est de fous, plus on rit ! Et je sais que j'ai misé sur le bon cheval.

On descend à l'étage inférieur où se trouvent un lit, un canapé, une table, un meuble et une bibliothèque au dessus. Cette pièce dégage le minimalisme. Je sais pas combien de temps ça va durer, mais chaque jour après le travail tu feras mine de te rendre à l'hôtel, puis tu viendras ici. Tu vas dormir ici. Puis on ira au travail, séparément. Tu dois te rendre à l'hôtel, et je dois me rendre à la capitale. J'ordonne, il comprend que c'est sérieux je suppose, puisqu'il n'a pas l'air de se plaindre. Il prend même ses aises sur le canapé.

Me retrouver dans cette pièce me rappelle des souvenirs, mais rien qui ne me manque. Je suis très heureux comme je suis, mais je ne dois plus être qui je suis. Je dois être davantage Redose le monstre, et moins être Redose le père de famille aimant. Même si je sais qui je suis au fond, même si j'œuvrerais toujours pour ma famille avant tout, et même si je continue de prendre des médicaments, je devrais être impitoyable. Autant avec moi-même qu'avec les autres.

C'est quoi cette histoire de bénédiction au fait ? Lance Gueulefort de nul part. Et je dois en effet le mettre dans la confidence, c'est en partie pour ça qu'on est venu ici, des gens paieraient chers pour découvrir des bénédictions.

Ce que je vais te dire doit rester entre toi et moi. Je lui demande, et je vois dans son regard, quand il acquiesce, qu'il va garder ça pour lui. Avec autant d'années d'expérience, il a dû en garder des secrets dans sa vie. Les bénédictions ne sont pas une forme de magie particulière. Je commence, contrairement à ce que j'ai dis à Artamiel. Tu connais les druïdes ? Et les mages noirs ? Je lui demande.

Gueulefort a l'air de réfléchir un peu avant de répondre. J'ai arrêté un paquet de mages noirs, mais des druides... J'en ai jamais rencontré. Me confie t-il. Ça se comprend, il vit au Canada, et les celtes ont principalement vécu en Europe. Les druides sont des sorciers maniant une forme de magie rare, qui ne se transmet que de druide à apprenti. Je poursuit, inutile de lui parler des cultures celtes, on s'en fout. Seul ce qui est essentiel à dire, doit être dit, pas besoin de perdre du temps avec des détails. Je reprends ma respiration. La magie druidique consiste à utiliser la magie externe. Gueulefort paraît surpris, et je le comprends, ça semble inconcevable. Moi-même quand j'ai appris ça j'ai eu du mal pendant un moment à y croire, mais j'ai pas le temps de le convaincre. Il croit, ou pas. Je sens Gueulefort plus attentif que jamais. La magie noire consiste pour sa part à effectuer un auto-sacrifice pour obtenir un effet plus puissant. Je lui dis, il ne semble pas surpris, sans doute a t-il connaissance de cette information, même s'il a utilisé le terme mage noir qui aujourd'hui est surtout répandu pour parler de sorciers malveillants. Il doit connaître la différence. Les mages noirs sont ceux capables d'employer cette magie, et les druides ceux capables d'employer la magie druidique. Je poursuis, jusqu'à conclure.

Gueulefort n'est clairement pas satisfait. C'est tout ? Quel rapport avec les bénédictions ? Mais j'y viens, et je l'ai vu venir. Les malédictions sont censés être des sortilèges de magie noire, même si beaucoup de sortilèges sont catégorisés comme des malédictions seulement car ils sont puissants ou dangereux. Je continue, je sens que j'ai son attention, je m'assois sur le lit avant de continuer.

Les bénédictions, presque personne ne les connait. Là où une malédiction demande un auto-sacrifice, une bénédiction est comme un don. Un don qu'on ne s'attribue pas. Je poursuis, les jambes légèrement écartés, et les bras sur les genoux, je le regarde à mesure que je lui révèle un secret qui est censé être extrêmement bien gardé. Suffisamment pour ne pas entendre le terme dans une bibliothèque. Les bénédictions sont des dons qu'un sorcier, ou qu'une créature, suffisamment puissante pour être considérée comme une entité supérieure octroie à un individu. Généralement en l'échange d'un sacrifice. Je poursuis, et je sens le visage de Gueulefort se décomposé.

Ulfrid Belgame m'a dit que ce que leur avait dit la personne dans le puit était une véritable bénédiction, et ils ne peuvent pas mentir. Ils ne peuvent pas mentir, aucun des fanatiques de cette secte... Je regarde en bas et ma langue tique. De ce culte, ne le peut. Et désormais leur esprit est inviolable, et ils peuvent lire dans les pensées. Mes yeux remontent vers Gueulefort, dont la mâchoire s'est très visiblement décroché lorsqu'il a finalement entendu ce que j'avais à dire, et je suis sûr qu'il n'est pas déçu de m'avoir suivi dans les bois. La seule conclusion logique c'est que... Je laisse en suspens, car j'ai du mal à le dire. C'est une bénédiction... On se bat contre une entité supérieure... Et une tellement puissante, qu'elle peut en octroyer des centaines. Des centaines vraiment puissantes, nécessitant probablement deux sacrifices. Gueulefort. On est en train de se frotter à l'équivalent d'un dieu. Je lui dis finalement.

Une chose est sûr, on a les pieds enfoncés plus profondément dans la bouse d'éruptif que prévu. Ni moi ni lui n'arriverons à fermer l'œil de sitôt, Gueulefort présente le même caractère d'urgence dans les yeux. Je crois l'avoir attiré dans ma folie, comme j'ai dû le faire avec Debora et Ulfrid. Nous devons œuvrer durant la journée à trouver comment gagner du temps, et comment remporter des victoires contre ce culte qui semble se renforcer chaque jour. La nuit, on lit les livres sur les bénédictions, peut-être pourrait-on apprendre comment libérer les bénis ? Moins cette entité aura de fidèles, plus elle sera faible, ou peut-être qu'elle sera plus forte, si sa magie retourne à elle... Qui sait ? Ces bouquins peut-être.

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18 juin 2026, 01:20
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PARTIE 4 : Le retour du monstre






On entre en octobre, et je dors de moins en moins. J'ai vu madame Brown ce matin, je ne lui ai pas parlé de notre travail supplémentaire à Gueulefort et à moi, je lui ai surtout demandé d'augmenter ma dose de médocs puisque je sens bien que ça empire. Je le sens jusque dans mes tripes et dans ma chair. J'ai dissocié plusieurs fois, une partie de mes rituels ont réapparus et se sont intensifiés et les rares fois où je peux rêver, je fais des rêves récurrents particulièrement réalistes et intenses. Elle a refusé d'augmenter la dose, elle veut attendre encore pour voir comment ça évolue. Mais ça évoluera mal, j'en suis certain.

Comme si ça suffisait pas, on accueille de nouvelles personnes au bureau. Les résultats des concours sont tombés récemment, et parmi toutes les nouvelles recrues, le nom de Bellatrix Hitchcock ressort de la liste, et me tire une grimace. Par ma faute, sa mère est à Azkaban. Je peux pas lui faire confiance, elle pourrait être aveuglée par sa haine ou préparer une vengeance, ce que je peux comprendre, mais je ne peux pas le tolérer. De toute façon, bientôt, je serais peut-être même plus là.

J'ai prévu de mener une opération avec Gueulefort prochainement, on va faire ça hors des clous, donc ça s'avérera particulièrement dangereux. Si Debora a pu être corrompue, je pourrais l'être tout aussi. Par conséquent, je dois profiter du temps qu'il nous reste pour nous préparer les meilleures protections possibles, contrairement à elle et Ulfrid, nous savons ce qu'il peut se passer, et nous savons que ce n'est pas un piège. Je devrais avoir reçu les matériaux pour les artefacts que je prévois de créer, on doit les fabriquer le plus vite possible, sans pour autant les bâcler.

Concernant les bénédictions, on a pas trouvé beaucoup de choses là-dessus. Entre les informations inutiles, les informations qui se répètent, les informations qu'on a déjà, et les informations qui se contredisent, il est compliqué de trouver quoique ce soit d'intéressant dans les livres. J'espère que notre opération nous apprendra des choses. Gueulefort pour sa part pense naïvement qu'il faudrait simplement détruire le puit dès qu'on arrive, mais sans même savoir si c'est possible, je pense qu'il faudrait prendre les risques en compte. Et ces risques-là, on ne peut pas les prendre sans les connaître.

Je lèves les yeux lorsque quelqu'un ouvre ma porte, Bellatrix Hitchcock. J'ai la main sur Crenguţa au cas où ça dégénérerait, mais elle a les mains vides, qu'importe, je ne lui fais pas confiance pour autant. Oui ? Je demande sans prétentions. Je veux savoir ce qu'il s'est passé. Me demande t-elle, et je la trouve tellement naïve de me demander ça. Oh mais oui, je vais révéler des informations confidentielles à quelqu'un qui a deux heures de service actif ! Je lui lance, sarcastiquement. Elle ne peut tout de même pas penser que j'allais lui donner, spontanément, et gratuitement, des informations sur une enquête confidentielle avec laquelle elle n'a littéralement aucun lien. Peut-être bien que sa mère est une victime, mais qu'importe. Si les victimes participaient aux enquêtes, il y'a de bonnes chances que les enquêtes ne soient plus que des expéditions punitives, et ce n'est même pas le rôle des aurors, alors encore moins le notre.

Je vois son visage prendre des couleurs, elle est frustrée et ça se voit. Elle veut la vengeance, clairement, elle voudrait que ce bureau soit vindicatif. Mais il est préventif, il est à la limite du répressif, mais en aucun cas n'est voué à l'être. Dans ce bureau, on protège le secret magique, on ne punit pas, sauf quand on est mandaté par le tribunal pour oublietter un détenu car ça relève de notre compétence de manipuler les esprits... Mais là encore, on ne prend pas la décision, les juges la prennent, on est seulement l'outil de leur sanction. De simples outils... Donc il y'a pas moyen que je lui fasse ce plaisir, il y'a pas de monde où ce bureau satisfasse un tel plaisir. Je la vois sur le point de s'éloigner, et instinctivement je la retiens. Attends. Je lui dis, en oubliant même de la vouvoyer malgré ma persistance à le faire, et à ne pas nouer de liens avec quiconque dans ce bureau. L'expérience d'Ulfrid et de Debora m'a prouvé d'ailleurs que c'était la voie à suivre. Malgré tout, ça n'a pas suffit à ne pas ressentir de peine, ou de colère, je n'ai pas toujours su garder mon calme, et je sens que Bellatrix pourrait me poser des problèmes à ce niveau. Si il s'avérait qu'elle arrive au puit, j'aurais une victime sur les bras, je préfères largement qu'elle reste de son coin ou même de l'intégrer à l'enquête plutôt qu'elle mène une vendetta seule et que je me retrouve non pas avec une Hitchcock à Azkaban, mais deux. Peut-être même que son père finirait par prendre la relève et, même si l'ironie de la situation serait amusante, elle n'aurait rien de drôle.

Ceci étant dit, je ne peux pas avoir confiance en elle. Elle est nouvelle, ne m'a pas convaincu. Elle est téméraire et impatiente. Elle prend ses rêves pour des réalités et d'ailleurs, le sens des réalités, clairement elle ne l'a pas. Je ne m'attarde pas sur un titre, ou un nom, non, je préfère regarder des choses qui sont réellement significatives : Les chiffres, les faits accomplis, l'expérience, le parcours, et tant d'autres choses qui sont révélatrices. Bellatrix est jeune, elle n'a rien accompli, par conséquent je ne peux pas encore l'intégrer à une enquête d'une telle importance, et qui s'est récemment révélé être d'une dangerosité bien supérieure à tout ce à quoi on s'attendait. L'équivalent d'un dieu...

Ce qui ne me laisse qu'une seule solution, ce n'est pas la solution que je préfère personnellement... Mais c'est la seule solution que j'ai, et surtout, je ne suis plus le gamin violent que j'étais. Aujourd'hui je suis plus vulnérable, et j'assume mes faiblesses. Pas celles que l'on pourrait utiliser contre moi, quoiqu'un peu je l'avoue. Mais celles qui peuvent faire naître de l'empathie, ou idéalement, de la sagesse... Ces faiblesses là méritent d'être dévoilées.
Et si je me convaincs que je les dévoiles pour protéger l'intégrité de l'enquête, je dois avouer que... Ce sentiment de justice qui m'appartient, m'anime en partie.

L'air dépité, je me lève et fait signe à Bellatrix de me suivre. Nous nous avançons jusqu'aux cheminette, et nous prenons le chemin d'un quartier sorcier du pays de Galles. Je mène Bellatrix jusqu'à la place public et je nous arrête net pour nous reposer sur un banc, les jambes croisés, je regarde devant moi. Là enfin, elle ouvre la bouche, confuse après quelques minutes de silence. Et... Que fait-on là ? Demande t-elle enfin, non sans exposer une pointe de colère, dissimulée derrière une péninsule de haine. Mais je continue à regarder droit devant, tout cela est inutilement compliqué. Je pointe discrètement du doigt un petit fleuriste. Enfin, petit, il avait plutôt la carrure d'un ours. Je vois le regard de Bellatrix s'ancré sur l'ours, avant de se détourner de lui, pour me regarder à nouveau. Mais... Je garde le silence. Oui ? Et bien ? Qui est-ce ? Demande t-elle, et les mots peinent à sortir.

J'aimerais tant lui dire que c'est une personne que sa mère, Debora, a sauvé. Et qu'elle a continuellement risquer sa vie pour sauver celles d'autres personnes. J'aurais tant aimé pouvoir affirmer à Bellatrix, que l'ours que je viens de pointer du doigt, est une des personnes que nous avons sauvés, ou ne serait-ce qu'aider. Mais la vérité, c'est que notre rôle consiste à protéger le secret magique, et cette fonction s'avère bien plus abstraite que de protéger les citoyens. Il est plus simple de montrer la conséquence d'un meurtre, que la conséquence d'une faille du secret magique. Sans compte la pression que c'est que de se dire qu'une erreur pourrait coûter le secret magique, secret protéger depuis des siècles par des générations et des générations de sorciers, partout, et littéralement, partout dans le monde. Une erreur, et l'oeuvre de toutes ces vies s'écroulent. Ce n'est pas nécessairement un métier à risque stricto sensu, puisque généralement, les aurors se battent, et nous on efface. On modifie l'histoire.
Mais c'est un métier où on doit prendre des risques, car un type qui veut tuer dans la nature, c'est généralement pas plus de cinq à dix victimes potentielles. Un type qui veut briser le secret magique, c'est le monde sorcier entier qui est à risque. Qui sait ce qu'il se passerait si les moldus apprenaient notre existence, ces tarés peuvent raser un pays pour un oui ou un non.

Je finis par l'ouvrir. C'est mon père. Je lui dis d'une voix discrète, elle me regarde, confuse. C'est une provocation ? Me demande t-elle, intriguée, et ne sachant clairement pas comment réagir ce qu'honnêtement je comprends, je ne saurais pas non plus à sa place, et puis elle n'a pas le contexte. Récemment, la peine d'oubliette a été adoptée. Je commence, et je sens l'attention de Bellatrix monter. Mon père a été le premier a la subir. Je poursuis. Je lis dans ses yeux un soupçon de plaisir, je suppose qu'elle apprécie savoir que j'en souffre. Et c'est à moi, qu'il est revenu de l'oublietter. Je conclue.

Je distingue dans son sourire de l'ironie, du contentement, de la haine, et un grand désir de faire un sarcasme. Une victime de plus à ton tableau de chasse. Désir assouvi. Et elle a dû me tutoyer... C'est fou tout de même, qu'elle me déteste plus qu'elle n'aime ce boulot alors que... Non. Je vais le dire à voix haute j'en ai rien à faire.

Je me détache de mon rôle, et décide de prendre mes aises. De me détendre en écartant les jambes, une mains sur le bord du banc, dans son dos, et très vite elle arbore un air dégoûté et une grimace. Mais j'm'en tape. C'est drôle que tu me manques autant de respect, tu me détestes visiblement plus que tu ne tiens à ton emploi. Je commence, avant de tourner la tête vers elle. Alors même que c'est une entreprise familiale haha, tu es sûre de toi ? Et sur cette menace presque à peine dissimulée, je vois son visage prendre des teintes que je ne lui avais jamais vu. Et je ne pense pas ça car je ne l'ai pas vu beaucoup de fois, mais parce qu'en un instant son visage semble avoir perdu toutes ses couleurs. C'est drôle. Et je la sens presque bégayer en essayant de répondre, mais le sourire aux lèvres, je la coupe. Évidemment que ce boulot est important, après tout... Ta grand-mère occupait mon rôle avant moi, et ta mère était oubliator-en-cheffe, n'est-ce pas ? Je demande, comme si je ne connaissais pas la réponse. Mais je la connais, et à vrai dire, moi aussi j'ai le droit d'être en colère. Bellatrix me manque de respect, elle me traite comme seul et unique responsable de ce qui est arrivé à sa mère, mais elle n'en sait rien. J'irais même plus loin, elle est loin de savoir quoique ce soit. Ça aussi je dois lui dire.

Alors qu'elle finit par abandonner l'idée de parler, et que ses lèvres se retroussent, les miennes s'ouvrent, et le magicien que je suis fais un dernier tour qui consiste à faire disparaître mon sourire en un claquement de doigts. Tu ne sais rien de rien, tu crois être entrée dans la cour des grands ? Mais tu n'es encore qu'un poisson-clown dans une petite marre, mais suffisamment grande pour que je puisse te traiter d'ignorante amatrice de sa propre bêtise. Je poursuis, avec suffisamment de colère pour qu'elle comprenne ce qu'il se passe. Je la gronde. Je gronde l'enfant pourrie gâtée qu'elle a probablement été, pour relever ainsi le menton en me regardant, pour lever le pif l'air hautain. Je ne me laisserais pas mener à la baguette par une sorcière de pacotille, qui n'a en tout et pour tout exploit, d'avoir réussi à me foutre dans une colère rouge, malgré tout les médicaments que je prends. C'est ta grand-mère qui m'a fait oublietté mon père, simplement pour "tester ma loyauté". Je dis en mimant les guillemets avec paresse.

Et soudain je m'approche d'elle, et elle fait reculer un peu son visage, détournant ses yeux des miens. Et mon souffle vient frapper sa peau. C'est pas la pire chose qu'elle ait faite, alors imagine un peu ce que moi. L'homme qui lui a dérobé sa place. L'homme qui a fait d'elle une retraitée. Moi, Redose Omniak... Je caresse ses mèches tombantes, mon visage plus près encore, et ma tête incliné pour qu'elle voit bien que mes yeux la fixent. Même si elle ne les regarde pas, même si je sais pertinemment qu'elle les sens, mes yeux. Je veux qu'elle ait dans sa vision périphérique mon regard plein de cruauté, qu'elle sache qui je suis, que ce regard s'ancre profondément dans le blanc de ses yeux, et qu'il grandisse en elle comme un parasite, jusqu'à ce qu'elle apprenne ce que moi, Redose Omniak. Je pourrais faire. L'expression dénuée de sentiment, je la sens tremblée sous ma main, et je me rends compte que je suis en train de perdre les pédales.

J'ai pu voir mon père, et la remettre à sa place, c'est le principal je suppose. Je vois qu'il se porte bien, ses cheveux sont en bon état, sa barbe est finement taillée, probablement pour un rencard. Il a le sourire aux lèvre quand il parle à un client, et il rit aux éclats quand il parle à une plante. Je suppose que, du moment qu'il est heureux, tout va bien. J'aurais aimé choisir le scénario, moi qui le connaissait si bien. Mais bon qu'importe je suppose, tout ce qui importe c'est qu'il soit heureux.

Je fais signe à Debora qu'on y va, mais on fait une dernière escale avant de retourner au bureau. Cette fois on atterrit à Birmingham, c'est un bel endroit. On marche un peu plus que lorsque l'on a vu mon père, et on pourrait transplaner, mais je préfère qu'on marche et que Bellatrix reste le plus longtemps possible près de moi, dans mon ombre, avec le souvenir terrifiant que je lui ai infliger sans la moindre magie. Avec un peu de chance, ça lui permettra de réfléchir un peu. De mûrir même ? Faut pas rêver, ou alors très grand. Et je préfère rêver très grand.

On arrive dans un centre de soins pour les personnes âgées, disons une maison de retraite si c'est plus correct. On entre assez facilement, car la magie peut tout, et on se rend là où on souhaitait se rendre. Dans une grande salle assez paisible, avec des vieux un peu partout que j'aimerais pouvoir chasser en remuant le bras. Mais ils sont chez eux, pas moi. Pas tout à fait en tout cas.

Je remarque la dame sur sa chaise, elle admire le paysage à travers la fenêtre. Et ça, c'est ma mère. Je chuchote à Deb... Bellatrix. À un moment... Elle arrivait plus à garder le secret magique, donc on lui a enlevé ses sept enfants sorciers de la mémoire. Bellatrix, les yeux sur ma mère, retient un hoquet, les mains posés sur sa bouche. Je lui confie un dernier détail. Et je ne sais combien d'autres membres de sa famille j'ai dû lui faire oublier. Je dis en plaisantant, mais en vérité je connais le nombre exact, puisque j'ai dû les effacer. Et quand j'avais un doute ou que je savais pas, je devais effacer la zone. Bellatrix pose sur moi un regard plein de peine, que je n'ai jamais vu que dans les yeux de sa mère. Ta grand-mère m'a chargé de cette tâche, uniquement parce qu'elle trouvait ça drôle. Je lui confie, le ton amer. Bellatrix laisse s'échapper un son : Je suis tellement désolée... Elle me dit.

T'as rien à voir là-dedans. Je lui annonce en la dirigeant vers la sortie. Je voulais juste que tu saches que moi aussi je sais, ce que ça fait de voir un parent à soi ne plus être tout à fait... Soi. Je lui avoue, quelques frustrations au fond de la gorge. Seulement, Debora n'était ni une civile, ni une criminelle. Elle s'attendait au pire, et moi aussi, et si j'avais pu je serais allé avec elle. Je lui promets avant de reprendre ma respiration. Seulement ce n'était pas possible... Je conclue, plein de peine dans ma voix. Mon expression témoignant d'une sincère douleur, car au final, même si j'ai du mal à me l'admettre. Même si je vacille entre l'humain et le monstre, il n'empêche que je tenais à Debora. Je l'aimais.

Ta mère n'est plus tout à fait comme avant, mais je t'assure qu'au fond elle est ta mère. Je finis par lui assurer, car en dépit de tout, il est certain que Debora est bien sa mère. Seulement, si je la laisse lui parler, ça risque de compromettre l'enquête. Bellatrix pourrait se mettre en tête de faire des vagues, et je ne peux pas risquer ça. Fais tes preuves. Je lui ordonne, histoire de pouvoir réunir une mère et sa fille. Personnellement, j'ai fais mes preuves assez vite, sans avoir de motivation particulière. Bellatrix peut faire mieux que moi, elle est plus jeune, peut-être plus forte. Elle descend d'une lignée de battants, et se bat pour quelqu'un, en plus de se battre pour elle.
Oui, chef. Me promet-elle finalement, et je me sens fier. Si je ne considérais pas Debora comme une sortes de mère, je considérerais Bellatrix comme une sortes de fille. J'ai confiance.

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19 juin 2026, 13:22
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PARTIE 5 : Le retour en enfer (Partie 1)






Ces derniers temps, je trouve Bellatrix bien plus... Professionnelle ? Plus de regard mauvais, elle se contente de détourner le regard. Il faut croire que mon intervention de la semaine dernière a été fort utile. J'étais pas bien sûr de mon coup à vrai dire, je me disais que j'avais des chances de la calmer en suscitant son empathie, ou sa peur. Et dans le doute, du haut de toute mon audace, j'ai décidé de faire les deux. Et ça a marché. D'ailleurs, je remarque qu'elle travaille énormément, elle doit faire la fierté de sa mère... Elle arrive plus tôt, part plus tard, et gagne du temps chaque fois qu'elle le peut : Elle parle peu voire pas à ses collègues, ne s'éclipse que pour manger et aller aux toilettes, ce qu'elle fait à une vitesse folle. Elle écrit vite et bien pour ses rapports, mène des interventions avec succès, et j'ai l'impression de me voir en elle. Enfin, quand j'étais plus jeune, quand j'avais quoi... Quatorze ans ? Il y'a environ douze ans si je ne me trompe pas. À cette période, j'étais tellement... Tellement en colère, contre tous et tout le monde. J'avais un objectif et rien n'aurait pu me dévier de cet objectif, donc je travaillais, encore et encore, sans jamais me lasser. Jamais. Le problème, c'est que c'est beaucoup trop. Un agent qui travaille autant de tiendra pas trois ans. Parler avec ses collègues, prendre son temps, se reposer... C'est essentiel. Sans repos nous serions des bêtes, et si nous étions des bêtes nous n'aurions rien à faire dans un bureau. Voir ce bureau comme un sprint plutôt que comme un marathon est une erreur, car mort d'épuisement, on ne sert plus à rien. On ne peut plus protéger le secret magique, on ne peut plus....... ... Protéger..... ........ ....... .. ..... .. . .... Qui que ce soit.

Pas même soi. Le premier devoir d'un agent est probablement de prendre soin de lui, car un agent mort ne sert à rien. Je préfère largement un agent peu efficace, mais sur qui je pourrais compter et compter longtemps, qu'un agent téméraire qui ne fait que fi de sa santé.

Ceci étant dit, je n'ai pas que ça à faire de m'occuper d'une gamine revancharde qui est là pour une raison que j'ignore. Je ne sais pas si elle veut protéger ce pays, protéger ses proches, je ne sais pas si elle veut se venger, ou n'est là que parce que sa famille était là. Peut-être n'est-elle là que parce que c'est tout ce qu'elle connaît après son cursus et sa vie, peut-être a t-elle une motivation cachée. Je ne peux le dire. Je ne la connais pas. Et comme je l'ai pensé, je n'ai pas que ça à faire. Récemment, le conseiller Hilton nous a retiré l'enquête sur ce culte.

Selon lui ce n'est plus une priorité, selon lui on est allé trop loin, trop de fois, trop longtemps avec cette enquête. Il voudrait qu'on se contente d'examiner la surface de cette affaire. J'ai trouvé ça louche, très louche, mais après avoir épluché son historique je n'ai pas pu le relier à la culte de quelque manière que ce soit. Il faut croire qu'il est juste stupide alors, pour croire qu'il faut simplement se réjouir de la baisse d'activité du culte et se concentrer sur autre chose au seul prétexte qu'il - lui, un conseiller - est trop lâche et fainéant pour poursuivre une enquête d'une aussi grosse envergure. Il n'a rien d'autre à faire que de garder ses fesses enfoncées dans son fauteuil en cuir qui vaut un mois de salaire, et de signer les documents que je lui donne en acquiesçant, mais non. Cet espèce de nigaud prend peur, alors que c'est pas lui qui a perdu des agents. C'est pas lui qui travaille sur cette enquête. Lui n'a rien fait que de signer des documents. Si on veut travailler c'est notre droit, et c'est surtout MON droit, à moi. Je suis le chef du bureau des oubliettes d'Écosse, mon rôle est d'intervenir dans le nord du Royaume-Uni, et de protéger le secret magique. À tout prix. Si ça doit coûter des vies, ça coûtera des vies. Même la mienne s'il le faut... Je ne dois rien à un conseiller de pacotille, du moment que je fais mon devoir.

Et mon devoir, c'est de passer outre des ordres directs. Officiellement cette enquête est à l'arrêt, officieusement, je continue de travailler avec Gueulefort de mon côté. On a perdu pas mal de monde dessus en y mettant un terme, donc forcément ça sera plus lent, et plus difficile. Mais En même temps ça me permet de... Je sais pas. Je cherchais un point positif, mais j'en trouve peu. À la limite, ça me permet de rentrer plus tôt, d'arriver plus tard, mais ça ne vaut clairement pas tout le travail qui était fait par mes agents. Et ça vaut encore moins tout le travail qui a déjà été fait jusque là... Cette enquête on est dessus depuis bien avant la baisse d'activité du culte, et voilà que ça s'arrête... Je ne laisserais pas ce débile de conseiller faire à sa guise.

Gueulefort rentrera chez lui dans quelques jours, une semaine tout au plus le temps de régler la paperasse. Luna et Alice sont déjà retournés à la CIS. Seulement voilà, si je ne peux plus officiellement enquêter, eux le peuvent. En particulier l'équipe du Canada. L'ennemi a un pied chez eux, et contrairement à nous, ils savent où se trouve ce pied et ils peuvent intercepter ceux qui ressortent du passage. Nous, on est démunis. Et on est pas prêt de trouver un passage ici, vu que l'enquête est arrêtée.

Tout n'est pas perdu, j'ai pas mal avancer dans mes recherches sur les bénédictions. Et j'ai appris plusieurs choses intéressantes. Il existe plusieurs types de bénédictions, les bénédictions mineures qu'un druide et une... "Entité supérieure" peuvent accorder à n'importe qui. Et les bénédictions majeures, que seules ces "entités" peuvent accorder et uniquement à des êtres y consentant. J'ai aussi appris que les druides ne font qu'imiter la forme de magie dont ce servent ces "entités", "entités" que je vais appeler "puduc", parce que j'aime vraiment pas les appeler "entité supérieure". Ça me donne l'amer impression que tout ce que je tenterais face à l'un d'entre eux est voué à l'échec.
Ainsi, les druides imitent la forme de magie des puducs. Il paraît que certaines bénédictions sont héréditaires, nécessitent des conditions pour être octroyées, ou pour être employés.

Et voilà. Je n'ai rien d'autre. Tout le reste est un saut immense dans l'inconnu, mais ce n'est pas comme si jusque là, je m'aventurais en terrain connu. Ce monde regorge de mystères, et visiblement, nous ne connaissons rien sur rien. Socrates était décidemment un sacré visionnaire, alors même qu'il ne savait rien, il savait qu'il ne savait rien. Et dire que j'ai la prétention de me frotter à un puduc... Je suis déraisonnable. Enfin, je le serais si je ne croyais pas en moi, le hic (pour eux) c'est que je suis Redose Omniak, et que je crois en moi. Je n'ai pas besoin de tout savoir, et encore moins de tout comprendre, pour gagner.

Ce soir, je proposerais à Gueulefort de poursuivre nos recherches chacun de notre côté, je lui demanderais de chercher à coopérer avec Luna et Alice pour l'enquête officiel du Canada. De mon côté, je vais poursuivre mon travail en attendant les réponses de Gueulefort. C'est assez frustrant, cette impuissance que je ressens, face à toute cette situation et ce qui en découle. J'aimerais être celui qui donnera les ordres, mais pour une fois, je vais devoir me ratatiner et suivre. Gueulefort, puisqu'il est désormais en charge de la plus grosse équipe, a le plus de moyens et d'effectifs, devient le chef des opérations. Par conséquent, c'est lui qui lancera le prochain assaut, parce qu'il est certain qu'il y'aura un prochain assaut. On le sait tout les deux, et j'ai commencé à me préparer à ça avant même d'avoir épuisé notre stock de livres.
Gueulefort va m'aider, il doit m'aider. Même si je suis prêt à tout pour protéger ce monde que j'aime tant, pour protéger mon pays, ma famille... Je ne veux pas les perdre. Je ne veux surtout pas me perdre.



Une fois que mon service fut terminé, je rentrais chez moi. Gueulefort pour sa part était déjà rentré plus tôt, il n'a aucun besoin de rester au bureau maintenant que l'enquête est terminée, sa paperasse il peut la faire où il veut. Il est probablement au laboratoire, à poursuivre notre travail. C'est également là que je me dirige.

Lorsque j'arrive, je le vois. Le nez dans un bouquin, un stylo à la main, en train de prendre des notes. On arrête pas un homme déterminé à ce que je vois, il ne prend même pas le temps de me considérer. Je m'assois donc en face de lui, et son regard se détache de ses notes pour se poser sur le mien. Ses yeux sont fatiguée, ses lèvres sont gercées, il a des boutons, des poches sous les yeux, un regard épuisé et tellement faible. Et je sais qu'il se dit la même chose en me regardant, car notre rythme de vie est étroitement lié depuis quelques temps.

Alors qu'il s'apprêtait à replonger dans ses notes, je l'interpelle. Gueulefort. Je l'appelle, sa tête qui basculait en bas remonte vers moi, le regard interrogatif. Personne n'est immunisé face à la corruption, tout le monde a ses failles et faiblesses. Même les défenses les plus solides ne sont que des défenses, et les défenses, ça cède. Je lui dis. Visiblement il ne comprend pas où je veux en venir, ce que je comprends. Toi et moi, on va se rendre au puit. Je ne sais pas quand, mais je dois m'y rendre, et toi aussi. Je lui dis, et je vois à son expression qu'il a compris où je voulais en venir. Lui aussi a été témoin de ce que le puit est capable de faire à des oubliators-en-chefs, des personnes aussi talentueuses que Debora et Ulfrid. Ils avaient beau avoir un esprit protégé, ils ont été corrompus. Et les protections dont on dispose pour notre esprit ne suffisent pas à bloquer des sous-fifres du culte, alors le puit... Il est probable que ce soit pire encore.

Le regard interrogatif, le buste légèrement penché en avant. Tu suggères quoi ? Demande Gueulefort. Et je décide de lui révéler à nouveau un de mes secrets. Contrairement à une bonne partie des oubliators, je n'ai pas vraiment de défenses mentales à proprement parler. Je lui avoue, et son expression se fige, je sens sa mâchoire se crisper. Décidemment, il ne comprend pas, et je le conçois. C'est n'est pas vraiment rare qu'un oubliator n'ait pas de protections mentales, puisque les oubliators attaquent plus qu'ils ne défendent. Les aurors c'est différent.

Seulement, n'importe qui s'y connait en magie de l'esprit, peut ériger des défenses mêmes minimes. Permettant au moins d'empêcher des legilimens de les entendre, à défaut de les empêcher de les écouter. Aussi, un oubliator-en-chef doit être assez puissant pour ériger des protections d'un niveau convenable. Alors le chef du bureau... Je comprends que Gueulefort puisse être confus, mais je lui explique. Je me suis entraîné à une pratique assez particulière qui repose sur la tromperie. Je laisse volontairement entrer quiconque veut pénétrer, non sans opposer une dose minimale de protections pour pas que ce soit louche. Je poursuis. Mais ils ne voient que ce que je veux qu'ils voient, mon esprit tend à changer de forme. Je conclus, l'expression de Gueulefort s'adoucit, et je comprends qu'il voit peu à peu où je veux en venir.

J'ai développé cette technique car elle est peu commune, généralement plus efficace que des protections, et qu'elle me permet de garder le contrôle de la situation. Je poursuis, même si ce n'est pas tout à fait exact. Je garde le contrôle de la situation dans la mesure où la personne est bernée. Un legilimens particulièrement puissant pourrait tout à fait me surpasser, non sans mal ceci dit. Les défenses sont faillibles, donc je les ai abandonnés. Je poursuis. C'est vrai... Il conclut.

Et j'en viens au vif du propos. On ne sait pas ce qu'on affronte, mais on sait que c'est excessivement puissant. Je lui dis, les mains sur la table comme pour étayer mon discours. Alors je veux qu'on fasse des artéfacts, qui puissent conserver notre esprit, afin que même si on est corrompus... Ce qui est tout à fait probable. On reste nous-mêmes... Il dit.

Il suffira d'informer des aurors avant qu'on ne s'aventure dans le puit, pour qu'ils nous capturent et réintègrent notre esprit dans notre corps. Ainsi, nous diminuons le risque de ne plus pouvoir revenir en arrière. Et surtout... Il n'y a que nous qui sommes capable d'une telle manœuvre. De toutes les personnes connues faisant actuellement face au culte, nous sommes les deux personnes avec le plus d'expérience, le plus de talent, et le plus de connaissances sur le sujet.

C'est pour cela que nous avons passés nos derniers moments ensemble, à nous épuiser encore plus, sur la confection d'un artefact. Je suis arrivé en retard, et parti en avance. Gueulefort n'a pas quitté mon laboratoire. Et enfin les choses devenaient concrètes. On va risquer tout ce pour quoi on a œuvré si dur dans notre développement. Notre esprit.

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19 juin 2026, 14:46
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PARTIE 5 : Le retour en enfer (Partie 2)






Voilà que Gueulefort est parti, et que le rythme au bureau est redevenu normal. Pour ma part, je suis épuisé, chaque jour et chaque nuit est un combat, je ne vois presque plus Éli, je ne mange que des trucs que j'ai acheté. J'ai plus le temps de cuisiner, de dormir, de prendre une grande inspiration. Chaque seconde compte, et les mots de Gueulefort me reste en tête. Lorsqu'on a terminé l'artefact qui me servirait de sauvegarde pour préserver mon esprit, il m'a avoué qu'il n'en voulait pas un pour lui. Je sais pas ce qui lui passe par la tête, s'il a fait son temps ou s'il veut rejoindre le culte de Veritas pour une raison que j'ignore, et je commence à douter de son intégrité. Comment peut-on faire confiance à une personne qui ne fait pas tout pour se protéger, pour protéger son esprit, son identité... Perdre confiance en le seul allié fiable que j'ai, n'est pas quelque chose dont j'ai besoin en ce moment...

Et je ne peux même pas compter sur la CIS ou le Canada, ils se sont alliés pour mener une opération sans tirer aucune leçon de la précédente. Tout ce qu'ils font c'est envoyer des agents dans la gueule du loup, et renforcer les rangs de l'ennemi. Ils n'apprennent pas de leurs erreurs, et ils n'apprendront pas de sitôt. Je n'ai pas le temps d'attendre qu'ils apprennent, que mon propre pays apprenne, et tire les conclusions qui s'imposent.

C'est pourquoi, malgré ma peur de m'être trompé au sujet de Gueulefort, j'ai décidé de tourner le dos à mon pays et mes responsabilités. Il est de mon devoir d'informer mon bureau, et le conseiller Hilton, en charge dudit bureau. Il est de mon devoir de suivre les ordres directs, il est de mon devoir de faire passer les ordres avant l'intérêt supérieur de la nation, et du secret magique ? N'importe quoi. Je suis bien meilleur que tout ces lâches imbéciles accros à leur paperasse, et je suis sûr que les agents de ce bureau sauront très bien se gérer sans moi. Alors j'ai décidé d'accepter la proposition de Gueulefort, nous irons seuls, tout les deux, au puit. Armés d'artefacts et de notre esprit. Si nous réussissons cette opération, j'aurais une chance de ne pas me voir retirer la direction du bureau des oubliators d'Écosse. Autrement... Je serais démis de mes fonctions, et il est même possible que j'ai une amende ou une sanction administrative. Ce n'est pas si cher payé pour la protection du secret magique.

Je partirais pour le Canada bientôt, dès que mon service sera terminé. Un sac contenant mon équipement m'attend dans un magic'port. J'arriverais dans la soirée, nous nous préparerons, puis nous irons au puit dans la nuit. Il y'a moins de risques de se faire prendre, et de commettre des infractions au secret magique en essayant de le protéger. Même si... Dans la mesure où le Canada a mobilisé des effectifs pour surveiller la statue en permanence, nous avons peu de chance de nous en sortir sans être repérés, mais il est préférable d'être repéré par des sorciers la nuit, que par des moldus à peu près n'importe quand.



Lorsque mon service fut terminé, je me suis dirigé vers le magic'port. Le matin même, j'avais laissé une lettre à Éli pour qu'elle sache où je suis. Je sais que je peux compter sur elle, et j'espère qu'elle ne m'en voudra pas trop, même si je suis sûr que ça ira. Il n'y a personne au monde en qui j'ai plus confiance, et quand elle m'a dit qu'elle m'aimait, et qu'elle m'aimerait malgré tout, je l'ai cru. Et je la crois toujours.

Le sac sur le dos, j'ai attendu une dizaine de minutes avant le prochain départ de portoloin, je l'ai pris et après quelques minutes à tournoyer dans le vide, je me suis retrouvé au Canada. Ça fait bizarre d'être dans un autre pays, alors qu'il y'a encore quelques minutes j'étais chez moi, au Royaume-Uni. Après avoir vomis un coup dans les trous magiques prévus à cet effet, j'ai pris le chemin d'un hôtel moldu proche de la Cour Suprême, c'est le lieu de rendez-vous avec Gueulefort. Nous avons fait mine de ne pas nous connaître quand nous nous sommes croisés. J'ai rangé mes affaires, puis j'ai toqué à sa chambre et il a ouvert, je suis entré, il a fermé, et les affaires pouvaient enfin reprendre.

Personne t'a suivi ? T'as toutes tes affaires ? Il me demande, ce à quoi j'acquiesce par un signe de la tête. Une question me trotte en tête, et je veux la lui poser avant de prendre un chemin qui je sais, ne connait pas de retour en arrière. Avant tout, je veux savoir. Pourquoi tu as refusé de forger un autre heaume ? Je lui demande.

C'est vraiment louche, il a pourtant été témoin de ce que le puit a pu faire à Debora et Ulfrid.
Il sait tout le mal que le puit peut faire, il sait toute la violence que c'est que de perdre son identité, que de la céder, alors pourquoi ? Je me doutais que tu me poserais la question... Il m'avoue, l'expression neutre, et pourtant les lèvres rentrées et la mine renfrognée. Il se tient debout, et je suis assit sur une chaise, pourtant nos épaules sont à la même hauteur, et nos esprits alignés sur la même longueur d'onde. C'est l'impression que j'en ai, mais je dois savoir, car une impression n'est jamais qu'une impression. Et les sorciers ne sont pas des livres ouverts. J'ai... Peur. Il me confesse, comme s'il venait de dire quelque chose de fou. Encore heureux, il faut avoir peur. Si je n'avais pas peur d'échouer, si j'étais assez fou et arrogant pour y aller sans précaution, je n'aurais jamais vécu aussi longtemps ni été promu au rôle de chef du bureau des oubliators d'Écosse. Je lui insurge, l'air énervé, autant car son demi-aveu est absurde et ridicule, d'une évidence rare, que parce que ce rôle je risque de bientôt le perdre. Non... Bien sûr que j'ai peur d'être corrompu. Mon visage dépeint une expression de confusion. Mais j'ai encore plus peur de souffrir. M'avoue t-il.

C'est vrai que je l'ai embarqué dedans sans me soucier de sa douleur. Je lui ai forcé un poids sur les épaules, un poids qu'il ne voulait peut-être pas. Un poids... Lourd, mais j'ai du mal à voir où il veut en venir.

J'ai vu Debora, Ulfrid, tout ceux qui ont été corrompus par la bénédiction... Ils sont heureux. Et mon visage se vide de ses couleurs. Je prie pour que ses prochains mots ne soient pas "je veux être heureux, je veux rejoindre le culte". Je ne le supporterais pas, toute cette opération risquerait de tomber à l'eau à moins que j'y aille seul, et que je prenne un risque fou. Je ne peux pas non plus abandonner Gueulefort, il en sait beaucoup trop sur moi et mon laboratoire. Et... Je ne veux pas être corrompu. Mais si je l'étais, et que j'en retournais, j'ai peur de ce que je pourrais me faire, ou de ce que je pourrais faire... Il poursuit. Et je comprends ce qu'il veut dire.

Une fois qu'on est sorti du jardin d'Eden, on peut plus y retourner. Et une fois qu'on y met le pied, on peut plus en sortir. Mais si on en sortait, alors on n'aurait plus qu'une envie, ce serait d'y retourner... Et si c'est impossible, alors plus rien ne vaut la peine en ce monde... Je crois que pour la première fois de ma vie je comprends vraiment ce que ça veut dire, avoir peur du bonheur. J'ai longtemps été addict au sortilège d'allégresse, et je comprends ce qu'est la sensation grisante du bonheur. Je comprends maintenant... Ce dont il a peur... C'est du bonheur qu'il pourrait ressentir sous l'effet de la bénédiction, et de la douleur qu'il ressentirait de l'abandonner... Je n'ai pas vu les choses sous cet angle. J'aurais dû.
Je comprends maintenant ce dont il a peur, et je comprend son point de vue, même si je ne le partage pas tout à fait. Faute de sagesse, folie, bêtise, qui sait pourquoi. Je n'ai peut-être pas assez vécu pour vivre ce genre de dilemmes, mais je suis rassuré. Je sais qu'il est de mon côté, et qu'il connait parfaitement les risques. Il y a d'ailleurs plus réfléchi que moi, moi j'ai préféré me contenter de considérer que le pire qui puisse m'arriver, ce serait d'être corrompu. En fait, être corrompu est peut-être la meilleure chose qui pourrait m'arriver, et me soigner la pire.

Bien... Je comprends. Je lui dis. Dans ce cas, contentons-nous de réussir, et de ne pas nous laisser corrompre. Je lui lance, et quel lancé naïf. Si c'était si facile, tout le monde l'aurait fait. À moins d'adorer la sensation de sentir la vérité dans le creux de sa main.

Après quelques minutes de silence et de réflexion, Gueulefort repris enfin la parole. Les objectifs sont clairs. Commence t-il, même si c'est faux, on doit y croire. Nous devons découvrir la nature et l'identité de l'entité au fond du puit dont nous ont parlés les agents Hitchcock et Belgame. Commence t-il à énumérer, c'est probablement le plus difficile des objectifs à accomplir. Nous devons condamner le puit et son accès. C'est déjà plus simple quand il suffit de tout détruire.

Il y'a d'autres objectifs auxquels je ne prête pas vraiment attention, je les connais par cœur de toute façon. Lui et moi nous sommes équipés, fin prêt à en finir une bonne fois pour toute. Car on aura pas de seconde chance, on le sait tout les deux. Nous avons une seule occasion de réussir, et si on ne la saisit pas, alors on aura perdu. Si on la saisit, et qu'on échoue, alors on aura perdu. Je ne laisserais pas notre entreprise, notre fatigue, notre famine, notre peur, notre ennui, notre douleur être vaine. On va gagner. Je lance, le poing vers le bas. Ouai, pas le choix. Réplique t-il, son poing vers le haut venant cogner le mien.

Pour ma famille, pour la nation, pour le monde magique. Je me répète.

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22 juin 2026, 22:31
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CHAPITRE 3 : Perdre


PARTIE 1 : Perdre le combat






Après avoir vérifié que la voie était belle et bien libre, Gueulefort et moi nous sommes discrètement faufilés jusque la statue. En pleine nuit, la rue est déserte, et il faudrait qu'elle le soit à notre sortie... Et il est préférable de ne pas essayer de voir combien de temps on pourrait attendre la prochaine nuit, en compagnie du puit. Non. Il va falloir faire aussi vite et bien que possible, d'une part car on aura qu'une seule chance, et d'autre part parce que... Nous ne sommes pas... Nous ne sommes pas invincibles.

Je me répète que ça va aller, que jamais je ne troquerais ma famille pour la vérité, mais plus le temps passe et plus j'y pense. Plus je pense à tout ce que la vérité pourrait apporter à un oubliator, à ce que la vérité pourrait faire de bien à mon pays, au monde entier à vrai dire...
Plus besoin de torturer, plus besoin de fouiller, notre système judiciaire serait même désengorgé car les juges sauraient la vérité.

La véritable question est là, à portée de mains. Acceptons-nous ce monde comme il est, ou voudrions-nous qu'il change ? J'ai suivi le label donné aux fanatiques du culte de Veritas aux simples motifs que ce culte était l'ennemi de mes prédécesseurs et qu'il cherche à faire tomber le secret magique. Seulement rien ne nous dit que le secret magique est une bonne chose... On pourrait faire tellement de bien en collaborant avec les moldus, en travaillant ensemble main dans la main. Bien sûr il y'a un tas d'efforts à faire, et au vu des tensions géopolitiques actuelles c'est clairement ni gagné, ni le bon moment. Mais y'aura t-il un meilleur moment que celui-ci ? La situation pourrait empirer en tout point. Si on attend le moment idéal, le moment parfait, alors jamais il ne viendra, jamais on aura l'occasion de voir ce que le nombre des moldus et leurs sciences peuvent produire comme merveille lorsqu'ils sont associés à la magie.

En arrivant devant la statue, je la contemple de tout son bronze et dans le noir, elle semble me regarder. L'air hautain avec ses bras croisés, elle a la présence d'une mère, car Éli nous regarde comme ça quand un cookie disparaît. Elle semble me juger de toute sa hauteur, jonchée sur son bloc de pierre. Je ne peux pas lire avec si peu de lumière, mais je devine qu'y est inscrit son nom, Veritas.

J'aurais peut-être fini par être contre le secret magique, si les arguments avancés par le mouvement de libération des sorciers n'étaient pas aussi puérils et ridicules. Tout ce qu'ils font c'est crier des mots creux, et proposer des idées abstraites, et pourquoi ? Faire tomber le secret magique. Il ne pense pas au futur. Quant au culte de Veritas, il a trop mauvaise réputation pour faire le bien. Il a laissé passer sa chance.
J'ai choisi mon camp, je suis pour le secret magique, tant que je ne saurais pas quelles changements son abolition apporterait, je m'y opposerais. Je ne me laisserais pas non plus corrompre, il est presque certain qu'on sera cueilli à la sortie de la statue, et si je veux que mes enfants me voient avec le sourire, je préfère éviter le séjour à Azkaban. ... ... ... Quoique le prisonnier qui m'a mené ici dans un premier temps avait l'air jovial.
Qu'importe, avec appréhension je laisse tout mon poids basculer à travers la pierre et Gueulefort me suit.

Lui et moi, nous pouvons finalement voir le puit. Le puit et tout ce qui l'entoure.

Qu'il s'agisse de tout ces fanatiques que j'ai rencontré au cours des années, de cette foutue enquête qui m'a pris tant d'énergie pour finalement être abandonnée, de Debora et Ulfrid.
Tout ces efforts nous ont menés précisément à cet endroit. Cet endroit terrifiant sur lequel on ne savait rien, avant d'en savoir très peu de choses, trop peu pour poursuivre l'enquête, suffisamment pour tenter d'en finir.

Ulfrid et Debora ont fidèlement décrit cet endroit. Avant d'y entrer, on ne se doute pas de ce qui se cache ici. Une sorte de petit havre de paix avec plusieurs entrées apparentes dont on ne voit pas le verso, mais dont on suppose le même fonctionnement que le passage dans la statue. Des rayons de soleil transparaissent dans cette grotte, mais on ne peut pas voir au-delà. J'aurais probablement dû y réfléchir plus tôt, mais ce n'est que maintenant que je prends vraiment conscience de toute l'étendue du mystère que revêt ce puit. Des rayons de soleil traversent la grotte, aux extrémités on ne voit rien, rien d'autre que la lumière qui au vu de la taille du rayon d'un côté, et de la taille du rayon de l'autre, n'arrive que d'un côté. Ces côtés sont les plus lumineux, si bien qu'on ne voit pas au-delà. Et vu l'inclinaison des rayons le soleil est assez bas, or, au Canada il fait nuit. Quand Debora et Ulfrid y sont allés, il faisait jour. Cet endroit pourrait-il être hors du temps ? Ou ce soleil pourrait-il être un faux... Et puis, il n'y a pas d'espace dans la statue pour permettre d'accueillir une grotte de cette taille, seulement je n'ai pas ressenti de sensation particulière comme la sensation d'être ratatiné ou téléporté.

Je porte mon doigt à mon menton et marche dans la grotte, explorant ce qui est visible, mais qui pourrait échapper à ma réflexion. J'étudie la grotte avec beaucoup de sérieux, et à voir Gueulefort je suppose qu'il en fait de même. Sans qu'on ai besoin de se le dire, on évite soigneusement de s'approcher du puit. Il se pourrait qu'on se soit trompé depuis le début, et qu'on vienne de mettre les pieds dans une bouse noire. Pour autant, la peur ne doit pas me détourner de mon objectif.

Après avoir fait un tour des lieux, nos regards à Gueulefort et à moi se croisent, et on se comprend. On commence à installer nos artefacts. Cet endroit paraît si peu réel... Ces artefacts sont là pour nous ramener à la réalité. Enfin... En un sens. Certains sont programmés pour nous paralyser si on effectue certains gestes, ou si on a certaines pensées.
Certains nous assomment ou nous rendent confus si on reste trop longtemps ici. D'autres explosent. Je ne suis pas un grand fan de cette idée, mais c'est le cas de Gueulefort. Quand il s'approche du passage par lequel on est entré pour y installer une bombe, je sens qu'il est temps de dire quelque chose. Gueulefort. Je l'interpelle, son signe de la tête montre qu'il comprend parfaitement pourquoi je l'interpelle. Et pourtant... Il hausse un sourcil comme s'il ne savait pas pourquoi je l'ai arrêté. C'est audacieux, mais ça veut surtout dire deux choses : 1. Il me défie. 2. On est pas venus ici avec les mêmes objectifs en tête.

Il est prêt à condamner tout les passages, même si ça équivaut à nous enfermer tout les deux dans cet endroit. C'est la principale différence entre lui et moi je suppose, tant qu'il a le contrôle de lui, empêcher le culte de sévir est l'objectif principal. Même si ça veut dire se sacrifier. Mon objectif principal, c'est de pouvoir revoir ma femme et mes enfants, le sourire aux lèvres. Bien sûr empêcher cette secte de sévir est important, sinon je n'aurais jamais pris autant de risque pour arriver à ce puit. Mais ce culte n'est pas plus important que moi, ni que ma famille, ni que mon pays. J'y retournerais. Mais en aucun cas, je le laisserais détruire le passage qui mène à ce qui...... ............... .......... .... .. .......... ... ........... ........ Ce qui.... .......... ........... ......... ...... Ce qui est précieux. Ne pose pas cette bombe. J'ordonne. Il s'arrête, et m'obéit. C'est bon signe, ça veut dire qu'on peut raisonner.
Ce n'est pas possible d'être sans cesse sur la même longueur d'onde, et tout ce qui peut mal se passer risque de se passer, j'espérais que Gueulefort soit sur la même longueur d'onde que moi et ce fut le cas, jusqu'à cet instant, où il envisage de couper le pont qui me relie à tout ce qui m'est................. PRÉCIEUX.

Redose... Écoute. Commence t-il avec l'audace de penser, que c'est sujet à débat. Il est peut-être prêt à raisonner et moi aussi, mais je ne suis pas ouvert au débat. Ma raison l'emportera, par la plume ou par l'épée. Non. Je l'interrompt avant de m'avancer de quelques pas vers lui. Il est hors de question que tu m'empêches de retourner chez moi. Je lui dis, et je vois de la peine lui déchirer la face. Comme s'il ne reconnaissait pas la personne en face de lui, mais j'ai toujours été qui je suis. Et si je dois être violent, je le saurais. Je suis sûr que Gueulefort n'a jamais cherché qu'à m'utiliser pour arriver ici, il a dit lui-même que s'il était corrompu, il ne voudrait pas en revenir. Je ressens une rage profonde m'envahir. Écoute, c'est seulement une précaution. Et la colère éclate. J'AI DIS NON. Je lui hurle dessus avec force. Je ressens tellement de choses différents là tout de suite, et ça me fait du bien.

Très bien, mais dans ce cas il faudra détruire le puit. Me dit-il, l'air confiant, mais... Je vois la peur dans ses yeux, ça ne m'était pas arrivé depuis si longtemps. Un rictus s'esquisse sur mon visage, j'ai gagné. J'ai dominé le vieillard. J'ai gueulé plus fort Haha. Hahaha.. HAHAHAHAHAHA... Je rigole, les mains sur les côtes, tant je suis heureux d'avoir gagné contre lui. Cette sensation d'euphorie après avoir dominé quelqu'un est tellement... Agréable, tellement satisfaisante, je ne m'en lasserait jamais je crois. Et la peur que je vois dans ses yeux pendant que je me contorsionne, quel régal. Son petit regard méfiant, cette sensation qu'il pourrait sortir sa baguette à n'importe quel moment. Et ce sentiment invincible, exquis, tout bonnement divin de supériorité. Je pourrais le vaincre, même si j'étais retourné, même s'il avait déjà sa baguette vers moi.
Je ne le laisserais pas me séparer de ma famille, je ne le laisserais pas le séparer de ce qui m'est précieux. De ce qui est, À MOI.

Ma tête vient se retourner sur le côté, et perché de toute ma hauteur, dans une allure serpentine, j'ordonne. Jette un coup d'œil dans le puit. Je lui lance.
Naturellement il y va, après tout, je suis certain que son seul et unique objectif depuis tout ce temps c'était égoïstement, de savoir ce qui se trouve dans ce puit. Probablement le puduc qui donne sa bénédiction à tout va. Je suis sûr qu'il en crève d'envie, je pourrais aussi en profiter pourquoi pas ? Hahaha... Je le mérite après tout.
J'emboîte le pas au demi-gobelin, et le contourne lorsqu'on arrive au puit. Je penche ma tête au dessus du puit et regarde au fond du trou, n'en détournant les yeux qu'une seconde pour apprécier la confusion, le choc, et l'expression totalement ébahie du nain. Je me permets de regarder moi aussi, de voir ces beaux yeux jaunes me fixer de toute leur intensité, dans l'obscurité du trou, ne laissant que deviner la silhouette d'une femme nue. Aucune élégance, mais quel régal. Bonjour. Nous fait-elle, je suis un peu déçu par sa voix douce et faible. C'est une femme, mais j'aurais trouver ça marrant qu'elle ait la voix d'un minotaure ou un truc du genre, surtout si elle passe ses journées à poils dans un puit.

Le nain est trop occupé à la reluquer, il arrive pas à aligner deux mots. Quel abruti. Salut, Veritas, je suppose ? Je demande. Le puduc fait un signe peu confiant de la tête en signe d'approbation, mais je ne dirais pas qu'elle manque de confiance, non. Je dirais plutôt qu'elle doit pas souvent bouger. T'es quoi ? Je lui lance.

Elle s'assied, les bras entourant ses genoux, son regard un peu perdu, elle ne me regarde plus dans les yeux, et se contente de répondre. Je suis ce que tu appelles une puduc. Bien qu'à une époque, on m'appelait "déesse"... Commence t-elle, jouant avec l'une mèche avec nostalgie. Qu'elle aille à l'essentiel nom de Merlin. Je pense lui demander ce qu'elle fout ici, dans un puit, dans une grotte, si c'est bel et bien une déesse comme elle le prétend. Tu fous quoi ici ? J'ai tellement de questions à lui poser, ce qu'elle fait ici, en quoi consiste sa bénédiction, si on peut en soustraire à une personne, je veux savoir plein d'autres trucs.

Je l'entends soupiré au fond de son trou, et une grimace me traverse la face, si elle me fait trop attendre je la bute. Je suis Veritas, une sorcière qui a fait l'affront aux dieux de boire une coupelle de l'eau du puit de la vérité. Lorsque je suis revenu le lendemain pour y boire à nouveau tant la vérité était bonne... Un homme très charmant m'a convaincu d'aller jusqu'à me baigner dedans. Continue t-elle, de la peine dans sa voix et un soupir dont on a que faire, qu'elle abrège. L'homme se révéla être Jupiter, et il me condamna à être la gardienne de ce puit. Conclue t-elle ENFIN. Donc, si je comprends bien, t'es la gardienne de ta propre geôle ? C'est ridicule, t'as qu'à sortir. C'est pas si simple, mais le puit n'est pas non plus un ravin.
Elle a un tas de fidèles, c'est une sorcière qui a connu Jupiter, donc un gars de la préhistoire, et elle est coincée ici ? Ça tient pas la route. Peut-être qu'elle ment.

Je vois son regard se tourner vers moi avec de... De la pitié ? Je vais la tuer. Le monde ne supporterait pas la vérité nue. Il préfère un tas de mensonges habillés. Me répond t-elle avec dédain, j'aime assez en vérité. Après avoir passé autant de temps dans un trou, peut-être que tout ce dont elle rêve c'est qu'un homme lui tienne compagnie hehehe... Ma...Madame Veritas. Pourriez-vous nous en dire plus sur la bénédiction que vous accordez ? Lance l'autre nain, qui semble avoir retrouver sa langue. Je lui lance un regard mauvais sur le côté, avant de retourner mon regard à la belle dame.

Jupiter a fait de moi une déesse, et m'a accordé des dons qu'aucun sorcier ne peut supporter, en contre-partie, je dois rester immerger dans le puit de la sagesse et de la vérité, et je ne peux plus utiliser la magie sorcière. Poursuit-elle, et je dois avouer que ça m'intéresse vachement. Alors comme ça... Je pourrais devenir un dieu ? C'est excessivement intéressant, j'adore. Je suis friand des informations exclusives et je ne cache pas mon rictus. Il m'a donné don de la vérité. Concrètement... C'est quoi ? Je vois son regard se tourner à nouveau vers moi, je suppose qu'elle lit les esprits. La vérité... Me permet de lire les esprits, de regarder dans l'avenir, et de connaître la réponse à n'importe laquelle de mes questions. Ma mâchoire se décroche, et j'entends Gueulefort expirer un soupir lorsque sa mâchoire se décroche également. Ce don qu'elle a... La vérité est un don qui dépasse ce à quoi je m'attendais, je m'attendais pas à quelque chose d'aussi... Fou. Et ta bénédiction alors ?? Je lui lance avec espoir et émerveillement, elle me lance un regard assez étrange, fatigué peut-être, mais franchement j'irais jusqu'à boire l'eau de son bain si ça me permet d'obtenir un don aussi pété !
La bénédiction que j'accorde permet soit de lire les esprits, soit de regarder dans l'avenir, soit de connaître la réponse à n'importe laquelle de vos questions. Le prix est le même, vivre sans mensonge. Nous annonce t-elle, comme si elle cherchait à nous vendre un produit, pourtant, elle n'est clairement pas motivé par nous vendre quoique ce soit.

Je vois Gueulefort passer un pied sur le mur de pierre constituant la partie émergée du puit.
Comme si j'allais le laisser se jeter là-dedans, si quelqu'un doit pécho, c'est moi. Je le saisit par la cape et le tire violemment en arrière, assez violemment pour qu'il fasse deux roulades.
Puis se ressaisisse. À quoi tu joues ? T'imagines tout ce qu'on pourrait faire avec ça ? On pourrait-La ferme. Je l'interrompt, avant de m'avancer vers lui à petits pas. Laisse-moi deviner, on pourrait résoudre des affaires, faire avancer la science, prévenir des catastrophes ? J'énumère, ma tête se balançant de droite à gauche. Oui ! Me crie t-il, à quatre pattes devant moi. Cette meuf est là depuis la préhistoire, et tout n'a fait qu'empirer au fil du temps. Je lui lance, en regardant le puit derrière nous.

Je vois qu'il fait le muet. Tu vois, on préfère un beau mensonge qu'une vérité nue. Si on nous dit qu'il y'a une catastrophe qui va se produire pile au moment et à l'endroit où j'y serais pour mon seul jour de congé, j'irais quand même. Je lui dis. Les mains dans les poches, histoire que le vieux con comprenne. Un enquêteur prétend avoir résolu une enquête ? Super, comment ? Je poursuis, en me frottant la nuque. Oh, ce n'est que de l'intuition ? Et bien il peut aller se faire voir et je penserais à le rétrograder. Puis mon regard retourne au nain qui est debout désormais. Oh c'est un fanatique ? Et bien il peut aller se faire voir à Azkaban. Je conclue.

Je comprends... Me confie t-il. Dans ce cas détruisons ce puit et allons nous-en, il n'a jamais aidé personne. Me lance t-il, une pointe de détermination dans la voix. Fébrile pointe, entourée d'un épais manteau de déception et de peine. Ce que je comprends, le désespoir que l'on doit ressentir quand on comprend qu'on est dans le tort... Est pathétique. Moi je le ressens jamais, car j'ai toujours raison. Gueulefort a sorti sa baguette, et moi je la lui ai arraché des mains. Il me regard avec des gros yeux, avant de faire quelques pas en arrière. Enfin... Des pas de nains quoi, disons, quelques demis-pas en arrière ? Le truc qu'il comprend pas, c'est qu'il est pas aux commandes. Ni ici, ni nul part ailleurs. JE DECIDE. J'ai la rage qui m'envahit, cet espèce d'asticot est un foutu incapable, je le hais, je le hais, JE LE HAIS. Pourquoi ? Ose t-il me demander dans une fragile supplique.

Tu es un idiot incompétent. Tu crois qu'il se passe quoi si tu brises la prison de la vérité ? ON EN SAIT RIEN. Je nous hurle, sentant la veine sur ma tempe battre d'une intensité qui me donne mal au crâne. Je sens mon visage prendre des couleurs pourpres, et ma vision se trouble. Le bruit d'un craquement dans la main, je devine que je viens de briser la baguette en métal de Gueulefort tandis que je m'avance vers cet idiot. Je vais détruire... Toutes les issues, sauf celle de laquelle on vient. La mission n'est pas encore un échec... Je poursuis. ALORS FAIS PAS TOUT FOIRÉ. Je lui hurle, et le pousse avec mon doigt. Le nain tomba contre le mur du puit, l'air terrifié, et il a raison de l'être.

Je m'accroupis, et le regarde droit dans les yeux. On a pas été corrompu. Je commence, avant de sortir Cren. On en a appris plus que les autres agents. Je poursuis, détruisant l'un des passages avec un sortilège visiblement très violent. On connait les effets de la bénédiction. Je poursuis, avec un autre sortilège d'une grande violence sur un autre passage. Je me sens assez bien. Un passage en moins. Tu te sens bien.Le quatrième passage est condamné. On a réduit les passages au nombre de un. Il nous reste plus qu'à savoir comment soustraire une personne à une bénédiction, et on pourra partir. Je conclue, tout sourire. On peut pas. Lance Veritas, depuis le fond crasseux de son puit.

Je me relève et la fixe du regard. Je comprends pourquoi elle n'était pas motivée, elle savait que je ne me laisserait pas corrompre. Il y'avait tellement de raisons pour pas que ça arrive, à commencer par le fait que je laisserais pas n'importe qui avoir ma liberté. Ma liberté m'appartient, à MOI, et à MOI SEUL. Je vais la buter. On peut soustraire une malédiction à un individu, mais pour la bénédiction... Elle commence, mais s'arrête, car de toute façon je l'aurais couper. J'aime qu'elle joue le jeu, je vais la laisser vivre. Il faut l'accord des deux parties, comme un contrat. Elle acquiesce d'un signe de tête, je comprends mieux. Je m'en suis peut-être fait pour rien au final, cette mission était hyper facile et je me suis jamais senti aussi bien.

Je prends le trouillard par le col et l'amène au passage. Bon courage. Nous lance gentiment, quoique curieusement, Veritas. Et puis quelque chose me frappe juste avant de sortir, c'est étrange que je me sente aussi bien en fait. Je me suis pas senti aussi bien depuis... Jamais certes. Mais je crois que la période où j'ai été le plus proche de cette sensation d'euphorie, c'est juste avant de prendre mon traitement.
Et puis je comprends.
La vérité nue, c'est une cascade du voleur ce passage. Ou cette grotte. Elle révèle la vérité.
Au moment où je m'en rends compte, je me retrouve de l'autre côté du passage, Gueulefort à la main, et le paysage est pas aussi beau que dans la grotte.

Je ne saurais dire si c'est la centaine d'aurors qui nous font face baguette levée ou si c'est juste que ce quartier craint, mais je suis pas un grand fan.

5 ème année RP - Disponible
Renvoyé définitivement de Poudlard
Si on a un rp à commencer, relancez moi parce que j'oublie haha

24 juin 2026, 12:49
 Fanfiction  Le heaume rouge  En cours 
PARTIE 2 : Perdre son image






Absorbé par ce qui ressemble à une armée de sorciers, je me fige et ma mâchoire se décroche. Je ne me sens d'un coup vraiment, vraiment pas très bien. Je sens mes forces et ce courage nouveau qui m'envahissait il y'a encore quelques instants se détacher de moi.

La main de Gueulefort vient frapper mon avant-bras, et je me rends compte que je le tenais toujours par la cape. Pour une raison qui... M'échappe ? J'ai beau comprendre pourquoi, je ne comprends pas comment j'ai pu me montrer si cruel avec lui, c'est pourtant mon allié. Enfin... Dans une certaine mesure.

L'hybride fit une pirouette avant de se retrouver sur ses pattes, et nos regards se croisent sous le clair de lune d'Ontario. L'animosité que je lis dans ses yeux me suffit à deviner que notre collaboration vient de s'éteindre. Dommage, je l'aimais bien. Et malgré l'air confus qu'il peut lire dans mes yeux, je comprends parfaitement qu'on en arrive là. Et je comprends mieux pourquoi on en est là. Le puit dévoile la vérité, lorsqu'on y était, même si ça a pris un peu de temps avant de totalement prendre, et peut-être même que ça aurait pu être pire si on y était resté plus longtemps... Une cascade du voleur, levant le voile du mensonge, pour ne laisser transparaître que la vérité nue. Ça fait sens, c'est un espace quasiment clos, cloîtré, il y'avait de l'eau et un puit, mais aussi de la lumière et une légère chaleur, bien qu'il y fasse froid. Ce puit existe depuis la préhistoire, la grotte est imprégnée de ses enchantements.

Gueulefort m'assène soudainement un coup dans le tibia m'empêchant de poursuivre mon raisonnement. J'ammène mes mains à ma jambe dans une certaine grimace, cet enfoiré a une petite jambe musclée, il m'a pris par surprise et ça m'a fait mal. Mais je l'ai probablement mérité, son regard énervé me dit tout ce qu'il y'a à savoir, mais il l'ouvre quand même. T'AS BRISÉ MA BAGUETTE ! M'accuse t-il avec un ton qui ne laisse aucune place au doute, et dans lequel je discerne certes une touche, mais une touche néanmoins de peine. Son long doigt pointe vers mon torse dans un ton encore plus accusateur, et la centaine de silhouettes tournées vers nous ne semblent pas réagir, mais à ce moment, je dois admettre que j'en ai rien à carer de tout ces aurors. Ni de pourquoi ils sont aussi nombreux pour deux pauvres mecs.

Je repousse son doigt d'un revers de ma main, et lui lance d'une expression outrée la stricte vérité. Ce... Ce n'était pas moi ! Je n'étais pas vraiment moi ! Je lui dit avec peur. Jamais je n'aurais été aussi cruel après tout... Oh que si c'était toi, c'était plus toi que tu ne l'as jamais été avec nous. Sale MENTEUR ! Je lui lance un regard mauvais, mais au final il a pas tort. Et à l'entendre, je me rends compte que ma stricte vérité est restée de l'autre côté du passage. Sa vérité est plus forte que la mienne. Mais je ne pense pas que ce petit coup de chaud soit notre plus gros problème pour l'instant, j'ai l'impression que ces aurors ont décidés de faire le premier pas. Je pourrais toujours toucher deux mots à Gueulefort plus tard, histoire de refroidir les tensions, c'est un allié de poids.

Je sens tout le poids de mon corps me tirer vers le sol, et le sol rampe le long de mes bras pour m'empêcher de bouger. Un coup d'oeil me permet de voir que visiblement, Gueulefort a subit le même traitement. Je comprends pas pourquoi ils sont aussi violents alors que, clairement, on pourrait être simplement deux membres lambdas du culte, ou peut-être qu'ils nous ont reconnus, mais là encore ils devraient savoir qu'on est pas vraiment des guerriers. On est peut-être meilleur que la moyenne puisqu'on est plus proche du milieu criminel, et il faudrait peut-être trois sorciers lambdas pour me maîtriser, probablement huit pour Gueulefort, mais ce sont des aurors. Ils ne peuvent être que des aurors, car ils n'enverraient rien d'autre pour cueillir des criminels. Et même si on est meilleur que des sorciers lambdas, il suffirait d'un auror pour me maîtriser, et de deux ou trois pour Gueulefort. Alors forcément... En voir une centaine... C'est violent, j'y comprends rien.

Tandis qu'un auror lit ses droits à Gueulefort, un autre me lit les miens. Rien d'exceptionnel si ce n'est qu'il a un accent britannique et pas canadien, mais vient le moment de connaître les motifs et... Le gars s'arrête plus. Au pire on aurait pu être accusés de... Je sais pas moi, d'intrusion ? De désobéissance à des ordres directs ? Dans le pire des cas de collaborer avec l'ennemi, mais on s'était préparé et il nous aurait suffit de mentir pour prouver notre innocence. Mais là... On est plus sur une simple sanction administrative ou une amende, je vois Gueulefort bouche bée, il est accusé de complicité pour la majeure partie des motifs déjà énoncés, et je me surprends à l'être aussi, bouche bée. En entendant tout ces motifs on a l'impression d'avoir planifier un acte terroriste contre le chef d'état ou un truc du genre. Une grande partie des motifs donnés ne concernent d'ailleurs même pas le Canada, en tout cas pour moi, et je remarque que la personne qui liste ses motifs d'arrestations à Gueulefort s'est arrêté avant celle qui me liste MES motifs. J'apprends que je suis accusé de haute trahison, de conspiration, et je vacille. Je peux pas appréhender tout ce qu'on vient de me mettre sur le dos, penser que je suis un traître... Tout ce que j'ai fais c'est pour mon pays et ma famille. On m'accuse d'avoir un lien avec des organisations terroristes, de mettre en danger la sécurité de l'Etat, d'être corrompu, d'avoir failli à mon devoir de secret, c'est pas... C'est pas possible... C'est pas moi... C'est... C'est faux ! Je savais pas tout ça ! Je voulais juste... JE VOULAIS JUSTE ARRÊTER CETTE SECTE ! Gueulefort crie, et je le vois devant moi, se débattre comme un obstiné, son regard ayant perdu ses couleurs, pendant qu'on est fouillé. Je vois la peine, probablement celle de ne pas être cru, mais on est dans cette bouse ensemble, lui et moi, il n'est pas le seul à être innocent. Toi... Me lance t-il, plein de sueur, après s'être calmé. C'est toi le coupable... Je leur dirais tout ce qu'ils veulent savoir, il est pas question que tu t'en sortes ! Me lance t-il finalement. Et finalement on dirait bien que... On est pas ensemble.

La panique s'empare de moi, on était allié il y'a une heure, on est entré dans le puit ensemble et j'ai été un véritable monstre avec lui. Je comprends sa réaction, j'ai peut-être pas trahi mon pays, mais lui, je l'ai trahi c'est sûr. Je savais qu'on pouvait pas s'entendre sur tout, mais je pouvais pas me permettre d'y aller seul, de me préparer seul, ça aurait pas été prudent. Quelque soit l'allié que j'aurais choisi, la situation aurait été la même, voire pire. Gueulefort était le plus fiable des personnes sur l'enquête, son expérience et ses accomplissements faisaient de lui la personne idéale. Et puis, c'est parce qu'il est en partie gobelin qu'on a pu forgé l'artéfact... Merde... L'artefact... Si Gueulefort leur dit tout il les ménera à mon laboratoire, et y'a un paquet de trucs illégaux dans mon laboratoire, mais au-delà de ça il y'a mon heaume. Le heaume contenant la sauvegarde de mon esprit, une copie conforme. Jusque là je voyais cet artefact comme une précaution, un moyen de toujours me trouver, même si on m'effaçait la mémoire. Je me serais jamais douté que... Je me serais pas douté que ça puisse être utilisé contre moi. Quiconque met la main sur ce heaume tient mon esprit entre ses doigts, c'est pire qu'une pensine, le heaume n'est pas protégé puisque ce n'est pas un artefact que j'aurais sorti de mon laboratoire, le laboratoire, C'EST la protection. Mais Gueulefort connaît le chemin, et il connait l'artefact. Et ma mémoire leur appartiendra : Le secret des bénédictions, mes indics, mes recherches, mes faiblesses... Ils auraient tout.

Je sens littéralement mon visage se vidé de toute ses couleurs, ma poitrine se gonfler, et ma tête basculé en avant dans un soupir désespéré. Je vais perdre quelque chose de... De tellement.... ..... .. ...... ....... . .. ... Précieux ? Je sens la roche s'affiner autour de mes bras avant de finalement se détacher de la terre. Une main m'agrippe le bras et je vois Gueulefort subir le même traitement. Il se lève et je me sens impuissant. Rien de ce que je pourrais dire ou faire ne pourra empêcher Gueulefort de rameuter ces chiens à mon laboratoire. Cette seule pensée me terrifie, elle m'opresse, elle me fait mal, elle me TUE.
Je me sens défaillir, et en un pincement de coeur, ma vision se trouble, tout se met à tourner, et j'ai une vision sur le ciel. Redose Omniak, est tombé.

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30 juin 2026, 06:47
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PARTIE 3 : Perdre la bataille (Partie 1)






Tout va bien, Redose ? Une voix, une voix mais laquelle, elle ne m'atteint pas je... Je suis à bout de souffle. Respire, ça va aller. C'est à moi qu'elle parle, c'est moi, moi, je suis... Je suis qui ? Mon cœur se serre je comprends pas ce qu'il se passe, je suis- Redose... Je sens la chaleur d'une main sur mon épaule, une faible lumière éclaire la pièce. Je reconnais mon lit, je reconnais la fenêtre et ces rideaux, je reconnais la forme de la chambre et le dressing, oui, c'est chez moi ici. Et enfin, en tournant la tête, je le reconnais lui. Georges... Ça me revient maintenant, je comprends pourquoi j'arbore un air paniqué. J'ai fais ce cauchemar, encore...

Je ne peux m'empêcher de m'écrouler, je suis tout en sueur c'est dégelasse. J'ai respiré si vite que j'en ai la tête qui tourne, et je reprends mon souffle petit à petit. Je sens sa main caresser mes cheveux brutalement. Et quelques minutes à me calmer plus tard, mes yeux se ferment, et je ravale ma salive. Je sais ce qu'il s'est passé, tout va bien. Tout... Va bien. Je me redresse et m'engouffre dans ses bras, heureusement qu'il est là. Tu as rêvé de quoi cette fois ? Me demande t-il, curieux comme il est, mais les mots peinent à sortir de ma gorge, et je sens les larmes me monter aux yeux. Me voilà écroulé à nouveau, mais sur lui cette fois, mes bras l'enlaçant, ma tête contre son ventre.

J'ai refais le rêve... Je dis. Haha vraiment... Mais c'était quoi ? Me demande t-il, un léger rire sournois frayant son chemin à travers sa gorge.
Déjà petit, je rêvais de Londres en feu, puis je me suis mit à rêver de la guerre, puis de l'armée des nécromanciens, et petit à petit mes rêves se sont mit à se mélanger, à se superposer, une nuit je rêvais de la guerre, la nuit suivante des extra-terrestres, puis de la guerre à nouveau, puis de me noyer, puis des extra-terrestres... J'en oublie que je suis difficile à suivre, j'en oublie que moi-même, je ne me suis plus. Georges... J'ai l'impression de perdre la tête. Je lui avoue avec honnêteté, quelque chose n'est pas... Juste ? Mais ça m'échappe comme si j'essayais d'attraper de la fumée à la main. Je régurgite, et il garde le silence, mais je sens ses yeux m'épier en profondeur, son regard sale sur moi, mais je sais que je l'aime. Sans doute attend-il que je poursuive, ou peut-être veut-il seulement se rendormir. J'ai rêvé de me faire oublietter, qu'on efface mon identité, mon esprit. Que tout le travail que j'ai fais jusque là... Mes dents se serrent, mais je dois les desserrer, il doit savoir. N'ait servi à rien, et je vous ai vu. Ma gorge se noue, et je me dois de la dénouer. Chaque fois que je m'empêche de parler, je me force à résoudre le problème, je dois lui dire. Toi, Lucas, Chopper et Jérémy... J'ai vu chaque membre de ma famille, chacun de mes amis. C'est de plus en plus difficile, je sens mes doigts se resserrer sur son dos, et ma tête appuyer contre son ventre, je ne retiens plus mes larmes et je laisse s'échapper une courte lamentation dans mes pleurs. Je finis par me mordre la lèvre pour me reprendre, mais je tremble, et tout paraît impossible. Mais alors, je sens sa main caresser ma tête, et son rire sadique éclater. Mes mains se desserrent, il veut que je parle et je dois le décevoir, pourtant il s'amuse, c'est comme ça que je sais qu'il m'aime en retour.

Caché dans son ventre, je sens me visage se décrisper, et arborer une expression neutre, le visage plein de sueur. Je peux le dire, je peux le faire, je me dis. Malgré la difficulté, les mots sortent enfin. Je vous ai tous vu disparaître de ma mémoire, et j'oubliais qui vous étiez, et j'oubliais... Je pris une grande inspiration. J'oubliais qui j'étais. Je dis enfin.

La nuit avait été difficile, mais maintenant que je suis dans ses bras, ça va mieux. J'ai pu reprendre mon calme Mais est-ce bien grave au fond ?. Me chuchote t-il dans l'oreille. Je suppose que... Pas tant que ça... Du moment que je t'ai ? Je lui réponds. Son rire éclate à nouveau, et je me sens perdu...
Quelque chose ne va pas ?

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