16 mai 2026, 20:25
 Barques  À la dérive
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Hanae, 15 ans

C'était jour de sortie à Pré-au-Lard pour la petite Hanae, 5ème année, 15 ans tout juste sonnés, comme pour les centaines d'autres élèves d'années entremêlées qui l'auraient désiré. Ce samedi-là, le brouillard était épais, la lanterne de la barque le faisait scintiller, une pluie fine perlait, la barque semblait avec persévérance la traverser.

Car aussi avec ce temps-là il était hors de question de se décourager quand on avait aussi clairement besoin d'encre qu'Hanae. Le jeu du Calmar avait requis toute l'encre qu'elle avait, et il lui en fallait encore pour composer. Dès lors aller dépenser ses dernières mornilles à Scribenpenne était tout simplement une nécessité.

Et le mécanisme enchanté qui propulsait la barque semblait l'avoir bien intégré : la barque avec les deux courageux qui étaient prêts à affronter et la brume et l'humidité pour leur sortie filait. Voguant sur l'eau qui ondulait, faisant grincer le bois, trembler les reflets. Hanae tapota l'épaule de l'autre occupant assis à ses côtés, Lloyd, qu'elle aimait bien, pour lui montrer les lumières entre les racines noyées.

Les yeux d'Hanae devenaient plus doux avant même que ses lèvres ne bougent quand elle contemplait. Une fossette papillonnait brièvement dans le creux de sa joue gauche. Et surtout, elle avait cette habitude de retenir son souffle une demi-seconde devant quelque chose qu’elle trouvait admirable, comme si l’émerveillement lui coupait réellement la respiration.

- Des gerris… murmura-t-elle. De petites lueurs bleutées qui pulsaient sur le lac comme des étoiles qui y seraient tombées frémissaient doucement sur la surface sombre. C'était tout Hanae, ça. Cette façon d’habiter avec une douceur un peu ébahie le monde, comme si chaque détail méritait d’être aimé avec délicatesse. Et sa contemplation rêveuse épousait le rythme de l'eau. - On dirait qu'elles respirent... continua-t-elle, la danse des araignées d'eau imprimée dans ses iris bleu-gris.

La barque filait droit et traversait l'amas de roseaux... quand...

SCRAAAAAAAAATCH !


Elle venait de racler quelque chose de rugueux, non ? Et tout à coup, le coup d'arrêt. Et Hanae de sursauter. Puis après le grand bruit, plus de déplacement, plus de grincement, rien. La barque s'était raidie d'immobilité et Hanae de surprise.

- On vient d'éviter une mort dramatique ? Hanae donna un coup de coude léger à son voisin, pour l'inviter à réagir, qui rassemblait et le *tu sais ce qu'il s'est passé ?* et le *qu'est-ce qu'on peut faire ?* tandis qu'elle attrapait une des rames enchantées de son autre main, qui était en train de glisser.

Mais elle n'eut pas le temps d'écouter le garçon que déjà quelques rebondissements de son rire léger coloraient l'atmosphère suivies d'un nouveau commentaire sur le même ton débonnaire : - Saperlipopette alors, j'aurais aimé voir ce que ça fait quand les araignées d'eau rigolent. A quelques instants près, peut-être qu'ils auraient pu y assister. A leur réaction à cet arrêt inopiné. Voir si les araignées d'eau faisaient trembler de leurs éclats de rire le lac, le plissant de rides et de fossettes, vibrer de clapotis amusés.

Hanae réajusta de sa main libre de rame son pull de maille ; tiens, ce serait sympa aussi si elle pouvait éviter d'avoir l'air d'un glaçon enthousiaste demain matin.

Lloyd a-t-il déjà négocié avec une barque enchantée ? Sinon, c'est le moment pour lui de débloquer une nouvelle compétence ! - @Lloyd River

Reducio
Une gerris (araignée d'eau)

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22 mai 2026, 21:52
 Barques  À la dérive
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Lloyd, 13 ans


J’aime bien les sorties à Pré-au-Lard. Ça me permet d’aller refaire le plein de bonbec. Il me reste encore un peu de monnaie, j’vais me faire un petit kif.
Je suis confortablement installé dans la barque, la tête basculée en arrière pour profiter du soleil. C’est pratique, la barque. Et ça me berce. Parfois, j’ai envie de la secouer pour entendre les autres gueuler parce que t’en a qui savent pas nager, ou juste parce qu’ils veulent pas être mouillé. Mais aujourd’hui, je le fais pas. J’ai pas envie. Et j’ai la jolie Hanae avec moi, en plus. C’est une Serpentard, je crois. Je fais pas trop attention aux maisons. Ça veut rien dire. Pour moi, elle a plus un mood de Poufsouffle.

Et quand je l’entends parler toute seule, ça me donne encore plus raison.
J’ouvre un œil pour la regarder. Elle est vraiment chelou, cette meuf. C’est pour ça que je l’aime bien. Elle est perchée de fou. Et moi, j’aime bien les gens perchés. Tu t’ennuies pas, avec eux. Pour ça que la majorité de mes potes sont chez les blaireaux. J’ai l’impression que le Choixpeau les a tous envoyé là-bas. Mais encore une fois, les maisons, ça veut rien dire.
J’sais pas de quoi elle parle. Des gerris ? Je me penche un peu en arrière pour voir de quoi elle parle… et mes yeux s’ouvrent en grand, en très grand, alors que la barque fait un bruit de démon. Je sursaute et me remet droit direct.
Oh, bordel.
On a touché quoi ?
Un kelpie ?
Il y a des kelpies dans le Lac Noir ?
Ça serait trop stylé ! Il est marrant, le poulpe géant. Mais un kelpie ? Frère ! Un foutu cheval qui bouffe des gens ! Il le déglingue, ton calmar ! J’ai le coeur qui s’agite, je regarde autour de nous. Eh ! Là, les roseaux ! C’est p’t’être sa crinière ? Oh, bordel, dis moi que c’est un kelpie.

Le coude d’Hanae me percute, je baisse les yeux sur elle. « Flemme de crever sur une vieille barque qui grince », je réponds, mais ma voix se perd dans les rires autour de nous. Riez, les gars. Ça se trouve, on va tous se faire bouffer. Je me penche encore un peu en arrière pour essayer de voir un cheval marin. Oh bordel, je veux trop voir un kelpie, j’te jure. Après, j’suis pas assez bon nageur pour survivre à une visite sous l’eau avec lui, mais, eh ! Ça se tente !

Hanae redevient chelou. Pourquoi elle parle des araignées d’eau ? Mon regard les cherche. Je grimace. Elles me font angoisser, ces bestioles. J’aime pas leur façon de bouger sur l’eau… attends. Elle a pas dit ”saperlipopette”, juste avant ?
Elle me fume, cette meuf.

Bon. On est coincés, là, hein ? Pourquoi on est coincés ? C’est le kelpie ?

Je me rapproche d’Hanae, tendant la main vers elle pour récupérer la barre.

« Pourquoi tu veux qu’elles se marrent, les araignées d’eau ? Viens, donne. Au cas où on s’fasse charger par un kelpie. »

Je le regarde sérieusement, mais j’ai le sourire qui part sur le côté. Jude, elle dit que ça me donne un air de lutin. Mais Jude, elle a pas vu sa tronche.

553 mots

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Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Présence fortement réduite jusqu'à mi juillet

14 juin 2026, 23:21
 Barques  À la dérive
L’eau restait parfaitement calme, de manière presqu'insultante en fait. Comme un miroir qui n'aurait fait que refléter les peurs, les colères, les émerveillements des sorciers au ras de l'eau dans leurs bateaux sans vraiment les contenir. Et le brouillard en avalait doucement les contours en s'étendant si bien qu'on ne savait plus qui du ciel gris et du miroir d'eau montait ou descendait vers l'autre dans cet air saturé de silence et d'humidité à l'odeur d'algue trempée qui les entourait et collait les cils, les cheveux, les tissus.

Hanae avait déjà aperçu des pitiponks sur le lac, ces petites lumières erratiques farceuses rusées qui désorientaient et faisaient tourner en rond dans les tourbières. Mais de kelpie, que Lloyd mentionnait, encore jamais. Alors elle chuchota, mi-curieuse mi-amusée :
- C'est vrai ce qu'on dit sur les kelpies ? Que ceux de Poudlard pouvaient prendre forme humaine il y a longtemps ? quand...

*AAAAAAH*... quelque chose venait de frôler l'eau. Le frisson s'alluma et s’éteint aussitôt. Le doigt d'Hanae pointa une tache à une dizaine de mètres de là :
- Là !
Mais trop tard, le lac avait déjà refermé sa surface. Et la créature était encore trop mystérieuse semblait-il pour être perméable aux tentatives de définition. Trop proche pourtant pour ne pas être prête à revenir dans les minutes qui arriveraient. À moins que ce ne soit une plante ? Un être ? Ou autre chose encore ? Un sorcier ?!

*AAAAAAAH*
Le visage constellé de perles minuscules d'humidité d'Hanae se tendit en grimace.
- Un bras, c'était un bras ! Les paroles de la blonde, semées dans la brume avec le ton de la certitude, avaient claqué dans l'air humide. Et puis désormais des bulles, beaucoup de bulles, beaucoup trop de bulles. Un bassin de bulles. Sous l'eau, ça respirait.

Alors il y eut encore une, peut-être deux minutes d'affût où le temps épaissi pesait, où chaque seconde semblait traîner à se coudre à celle qui l'avait précédée.

Et puis Hanae finit par glisser, dans une voix où l'amusement avait fini par à nouveau s'immiscer :
- Tu crois qu'il joue à cache-cache avec nous ? Si c'est ça, il est doué en tout cas. J'aime bien.
Et Hanae croisa les bras. Parce qu'au fond c'était toujours comme ça. La blonde marchait à l'intuition, à l'affectif. Elle n'avait encore aucune idée de qui il était, mais elle avait décidé de lui faire confiance, à lui et sa colonne presque organisée de bulles qui jamais ne cessait.

Et sous la surface sombre et le regard d'Hanae, la forme passait. Longue. Souple. Trop précise pour être un courant. L’eau se déformait en ligne, puis en arc. Alors chez la cinquième année, la curiosité évidemment toujours plus montait.

Et puis à nouveau le "bras" quelques mètres plus loin durant quelques secondes : pâle, luisant, couvert d’une peau mouillée qui accrochait la lumière grise du lac. Qui se recourba lentement avant de reglisser sous l'eau à un mètre et demi de là sans éclabousser, alors que les bulles près d'eux continuaient.

Maintenant Hanae admirait. La façon dont la chose tirait le lac comme un tissu d'eau pour se border. Comment elle formait comme elle le voulait des cercles comme des ricochets parfaitement alignés tout autour d'elle. Tout un langage sur l'eau répandu tout autour d'eux.



Dur de dire qui est le plus imprévisible/spontané entre Hanae, le lac et Lloyd.

J'ai une idée de ce que cette chose pourrait être, mais je préfère laisser très ouvert sur la nature de cette chose pour te permettre de voir autre chose, aussi.