Ciao Roma, Hello Bristol !
Bristol, mardi 7 juillet 2048
Je regardais sans vraiment les voir, les essuies-glace du taxi qui battaient de droite à gauche dans un rythme effréné. Ils chassaient à grands coup, comme des gifles, les énormes gouttes d'eau qui s'écrasaient sur le pare brise.
J'avais l'impression que ma tête allait exploser. Peut-être bien à cause du claquement des essuies-glace, de la pluie qui martelait le toit de la voiture bleue ou de la musique indienne qu'écoutait le chauffeur. Non, en fait, c'était juste mon coeur qui cognait dans mes tempes.
Mila dormait en suçant son pouce, à moitié couchée sur maman, qui elle, lisait un livre. Enfin je crois qu'elle lisait. De temps en temps, elle me jetait des coups d'oeil mais à chaque fois, je détournais les yeux. Je préférais encore regarder les façades tristes des rues de Bristol. Ma nouvelle ville. Aïe.
Je sentais un nœud grossir dans mon ventre.
Il était 15h12. Je me demandais ce que papa pouvait bien être en train de faire. Le service devait être fini à cette heure-ci. Est-ce qu'il était allé travailler ? Ou bien est-ce qu'il tournait en rond dans notre maison vide, guettant les rires de Mila, un regard complice de maman ?
Non. Il savait bien que tout ça c'était fini. Lui, il le savait. C'était moi qui arrivait pas à l'admettre. Ou plutôt à l'accepter. J'avais envie de pleurer. Mais je crois bien que même si j'avais voulu, j'aurais pas pu. Y avait plus de larmes dans mon corps. Je les avais toutes libérées, depuis des mois, un peu chaque soir, quand j'enfouissais ma tête dans l'oreiller. Je pleurais depuis que la grande décision avait été prise. Je pleurais et j'étais en colère. Et triste.
J'avais supplié maman de pas partir. Et j'avais aussi supplié papa de rester amoureux de maman. Mais c'était des histoires de grands, et moi j'étais un petit. Je comprenais pas que papa il était toujours amoureux de maman et que c'est pour ça qu'on partait. Parce qu'être trahi par la personne qu'on aime, c'est ce qu'il y a de plus dur.
Pour ça et parce que moi aussi j'étais un sorcier.
Alors le matin, on a dit au revoir à papa. On a prit l'avion.. Mila faisait des "coucou" à l'aéroport à travers le hublot, elle avait de la chance de rien comprendre. Moi je comprenais que tout allait changer. Alors je disais silencieusement au revoir à mon pays et adieu au gamin que j'étais...
Mais dans ce taxi, même pas douze heures plus tard, ce gamin me manquait. Et mon pays aussi. Ici tout était différent. C'était froid, triste, gris.
Les maisons semblaient malheureuses, les gens marchaient sous leur parapluie, en regardant leur pied.
On avait tourné dans une rue large, bordée à gauche, de grosses maisons jumelées, en brique, et à droite, de maisons individuelles, dans des grands jardins très verts et avec des clotures en métal noir.
Le chauffeur a dit un truc à maman mais j'ai pas bien compris. Mon anglais était loin d'être parfait et le gars du taxi avait un accent mal dégrossi.
Mais maman a doucement réveillé Mila.
La voiture s'est garée devant une des grosses maisons au jardin vert et avec une clôture noire.
Maman a détaché Mila qui dormait encore à moitié, bien agrippée à la longue oreille de son doudou lapin, et m'a fait signe de descendre du taxi.
Il m'a fallu quelques secondes ou quelques minutes, j'sais pas trop, pour me décider.
Et puis j'ai rejoins ma mère et ma soeur, regardant la voiture bleue s'éloigner, m'abandonnant devant mon nouveau chez moi.
J'avais l'impression que ma tête allait exploser. Peut-être bien à cause du claquement des essuies-glace, de la pluie qui martelait le toit de la voiture bleue ou de la musique indienne qu'écoutait le chauffeur. Non, en fait, c'était juste mon coeur qui cognait dans mes tempes.
Mila dormait en suçant son pouce, à moitié couchée sur maman, qui elle, lisait un livre. Enfin je crois qu'elle lisait. De temps en temps, elle me jetait des coups d'oeil mais à chaque fois, je détournais les yeux. Je préférais encore regarder les façades tristes des rues de Bristol. Ma nouvelle ville. Aïe.
Je sentais un nœud grossir dans mon ventre.
Il était 15h12. Je me demandais ce que papa pouvait bien être en train de faire. Le service devait être fini à cette heure-ci. Est-ce qu'il était allé travailler ? Ou bien est-ce qu'il tournait en rond dans notre maison vide, guettant les rires de Mila, un regard complice de maman ?
Non. Il savait bien que tout ça c'était fini. Lui, il le savait. C'était moi qui arrivait pas à l'admettre. Ou plutôt à l'accepter. J'avais envie de pleurer. Mais je crois bien que même si j'avais voulu, j'aurais pas pu. Y avait plus de larmes dans mon corps. Je les avais toutes libérées, depuis des mois, un peu chaque soir, quand j'enfouissais ma tête dans l'oreiller. Je pleurais depuis que la grande décision avait été prise. Je pleurais et j'étais en colère. Et triste.
J'avais supplié maman de pas partir. Et j'avais aussi supplié papa de rester amoureux de maman. Mais c'était des histoires de grands, et moi j'étais un petit. Je comprenais pas que papa il était toujours amoureux de maman et que c'est pour ça qu'on partait. Parce qu'être trahi par la personne qu'on aime, c'est ce qu'il y a de plus dur.
Pour ça et parce que moi aussi j'étais un sorcier.
Alors le matin, on a dit au revoir à papa. On a prit l'avion.. Mila faisait des "coucou" à l'aéroport à travers le hublot, elle avait de la chance de rien comprendre. Moi je comprenais que tout allait changer. Alors je disais silencieusement au revoir à mon pays et adieu au gamin que j'étais...
Mais dans ce taxi, même pas douze heures plus tard, ce gamin me manquait. Et mon pays aussi. Ici tout était différent. C'était froid, triste, gris.
Les maisons semblaient malheureuses, les gens marchaient sous leur parapluie, en regardant leur pied.
On avait tourné dans une rue large, bordée à gauche, de grosses maisons jumelées, en brique, et à droite, de maisons individuelles, dans des grands jardins très verts et avec des clotures en métal noir.
Le chauffeur a dit un truc à maman mais j'ai pas bien compris. Mon anglais était loin d'être parfait et le gars du taxi avait un accent mal dégrossi.
Mais maman a doucement réveillé Mila.
La voiture s'est garée devant une des grosses maisons au jardin vert et avec une clôture noire.
Maman a détaché Mila qui dormait encore à moitié, bien agrippée à la longue oreille de son doudou lapin, et m'a fait signe de descendre du taxi.
Il m'a fallu quelques secondes ou quelques minutes, j'sais pas trop, pour me décider.
Et puis j'ai rejoins ma mère et ma soeur, regardant la voiture bleue s'éloigner, m'abandonnant devant mon nouveau chez moi.
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