23 sept. 2025, 14:06
Le feu du bois dormant
Samedi 17 septembre 2050
Avec @Lilith McKey


Une fois l’altercation entre les deux jeunes filles terminée, Valérie avait demandé à la jeune rousse de la suivre en salle de répétition. Lorsqu’elle avait posé son regard sur elle au bout du couloir, la maestro avait aperçu une aura bouillonnante. L’élève de chez Gryffondor contenait en elle quelque chose de fort et de puissant. Et ça, la sorcière l’avait vu en un clin d'œil. Une puissance qui fait rage, un combat interne et une envie de se défouler lors de la première provocation venue.

Valérie se rappelait de ses années d’étude. La musique avait été pour elle une échappatoire, un lieu dans lequel elle pouvait évoluer en sécurité et surtout, un endroit sain et serein pour gérer sa colère ainsi que sa frustration. La gestion des émotions était quelque chose de difficile et l’appréhension de ses ressentis pouvait être long et fastidieuse, mais nullement impossible avec un peu d’aide. Et Valérie avait vu juste. La jeune rousse lui avait pris la main lorsqu’elle l’avait rejointe. Et ensemble elles continuèrent le chemin vers la salle de répétition.

Une fois arrivée, Valérie se stoppa et dessina un sourire rassurant à la lionne. Elle enleva sa main de celle de la fillette et marcha en direction du fond de la salle. Là-bas, elle tira difficilement deux fauteuils du fond, tapa quelques fois dessus pour en enlever la poussière et en profita pour tousser par la même occasion. « Pouah ! Faudrait passer un coup de balais… » La cheffe de chœur se redressa et capta le regard de la rousse avant de lui indiquer de la rejoindre par plusieurs lancers de main vers elle.

Elle profita de cet instant pour l’observer et l’inviter à s'asseoir. « Vient, on peut s’installer là si tu veux. Ce n'est pas le grand luxe, mais on dit souvent que les musiciens sont riches de par leur esprit… Je sais pas si je dois rire ou pleurer... » finit-elle en laissant échapper un petit rire. L’élève bouillonnait, ça se ressentait. Valérie sortit un mouchoir mauve de sa poche et l’adressa à la gryffonne pour qu’elle puisse s’essuyer les yeux. « Alors… Bien, bien, bien. Tu pourrais me dire ce qu’il s’est passé dans le couloir ? Ne t’inquiète pas, tu ne seras pas punie pour ce que tu as pu dire ou faire. Tu as déjà une retenue de toute façon » dit-elle en lui faisant un clin d'œil.

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18 janv. 2026, 19:02
Le feu du bois dormant
Lilith serrait fermement la main de sa professeure. Elle avançait dans un couloir qu’elle ne reconnaissait pas, les murs s’étiraient dans l’obscurité. Elle crut entendre quelque chose : un souffle, le berceau des murmures… Elle tendit l’oreille. Pourtant, autour d’elle, tout demeurait parfaitement silencieux. Pas une voix, pas un élève, pas même les portraits pour troubler ce calme infernal. C’étaient ses propres questions sans réponses, son angoisse, qui prenaient forme, laissant surgir cette peur qu’elle couvait depuis des années, prête à la dévorer...

En entrant dans la salle de répétition, elle entendit enfin leurs pas résonner sur le parquet, la ramenant brusquement à la réalité. L’adulte lui adressa un sourire, retirant doucement sa main pour rejoindre le fond de la pièce, là où un vieux piano ensorcelé sommeillait dans la pénombre. Chaque pas lui coûtait un effort énorme, Lilith devenait pierre et ne put aider sa professeure qu’avec un simple geste lent pour épousseter le fauteuil devant elle, avant de s’effondrer dedans, le cœur battant.

Toute distraction était bonne à prendre. Elle fit semblant de l’écouter, hochant difficilement la tête pour approuver, juste pour donner le change… même si, au fond, elle s’en fichait comme pas deux. Mais le moment arriva. Le moment où elle ne pouvait plus se cacher. Lilith fixa un coin du plafond. Parfait. Loin du regard de l’adulte. Un coin capable de recevoir ses aveux.

Je suis folle.

Plusieurs anges passèrent.

Mes camarades me détestent.

Elle faillit la regarder pour vérifier si elle pouvait continuer, mais la peur lui tordit le ventre. C’était presque insupportable. Pourtant, pour Summer, elle devait le faire. Lilith devait accepter qu’elle avait un problème.

«Je le mérite… Je suis folle, je me déteste comme ils me détestent». Les larmes coulèrent. «Elle a bien fait de me gifler». Elle venait d’ôter son armure. Elle était misérable. Et c’est précisément à cet instant qu’elle parvint enfin à croiser le regard de l’adulte. «Je le mérite quand je suis en colère... je veux tout détruire». Elle s’interrompit, puis accoucha enfin cette méchante vérité, la raison de son besoin de tout réduire en cendres. «Parce que je veux que les autres souffrent aussi. Comme moi».

La vérité s'imposa enfin, et rien ne pourrait l’en dérober, pas même un battement de cil. Ses yeux rougis restaient debout, prêts à affronter ce qu’elle était devenue. Un monstre.

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Désolée pour le retard miss @Valérie Hamilton :(

Lilith Bríd McKey ⋆ Née-sorcière ⋆ 02/11/37 ⋆ Skye ⋆ 2e année RP (13 ans) ⋆ #84774d
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Dyslexique dysorthographique

28 avr. 2026, 15:13
Le feu du bois dormant
La cheffe de chœur écoutait avec une profonde attention les paroles de la jeune rousse qui se tenait face à elle. Les mots de la lionne étaient durs, lourds et d’un poids inhabituel pour une élève de son âge. Pourtant, Valérie ne se permettait aucun jugement. Si ces mots existaient dans sa bouche, c’est qu’ils étaient ressentis et au vu des sentiments qui semblaient s'échapper de son corps, la maestro comprit bien assez vite le mal être que la gryffonne pouvait subir. Des échos du passé venaient, malgré elle, faire vibrer quelque chose en Valérie.

Elle laissa la lionne parler, sans jamais l’interrompre dans ses confidences. Il fallait qu’elle puisse baisser les armes et lâcher une partie du poids qui pesait sur ses épaules. Premièrement, afin de pouvoir la comprendre, mais également pour que la pression puisse redescendre. Garder de la noirceur en soi était rarement la meilleure option pour apaiser son âme. Puis cette phrase tranchante tomba :

«Parce que je veux que les autres souffrent aussi. Comme moi».

Un silence s’installa. Valérie inspira lentement, comme pour apaiser le tumulte intérieur que ces mots venaient de provoquer. Cette souffrance était réelle, visible, et surtout nommée. Elle souffrait. Elle était abimée. Derrière cette dureté, elle percevait une rare lucidité. Lilith possédait une conscience émotionnelle que peu d’élèves maîtrisaient à cet âge et, malgré la gravité de la situation, cela éveilla chez la maestro une forme d’admiration.

« Ce que je remarque ici, c’est que tu as l’impression de mériter tout cela. Comme si ta colère et ta souffrance donnaient aux autres le droit de te blesser… parce que toi aussi tu fais du mal. » Elle marqua une légère pause. « Ta colère, elle, elle fait du bruit… je pense même que les tableaux du château s’en souviendront encore un moment! » dit-elle en esquissant un sourire. « Mais ce qui compte vraiment, c’est de comprendre pourquoi. »

Ses yeux se levèrent un instant vers le plafond comme pour rassembler ses pensées avant de revenir vers la jeune fille.« Reprenons ce qui vient de se passer. À quel moment as tu senti cette colère monter en toi ? Quand est-ce que cette flamme a commencé à prendre toute la place ? Quelles paroles ou quels gestes l’ont allumée ? »

Valérie savait qu’elle ne laisserait pas cette enfant affronter seule ce tumulte intérieur. Ce combat était trop intense, trop envahissant. Elle avait besoin d’un appui, d’une présence stable et de quelqu’un à qui se confier sans crainte. Il lui fallait une épaule sur laquelle compter, un soutient qu'elle pourrait solliciter et surtout, une amie à qui elle pourrait parler. Ce n’était plus le moment de punir ni de juger. C’était le moment d’accompagner. Elle devait à présent remplir son rôle d'adulte, car en regardant Lilith, Valérie n’y voyait pas seulement une élève en détresse, mais aussi un reflet troublant de ce qu’elle-même avait un jour été.

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@Lilith McKey

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14 mai 2026, 15:04
Le feu du bois dormant
Lilith déboutonna sa chemise blanche qu’elle détestait plus que tout. Elle n’était pas comme les autres jeunes, à aimer les vêtements moldus. Depuis toujours, elle baignait dans les vieilles robes de sorcière de sa mère : confortables, larges, laissant vivre son corps. Pas comme aujourd’hui étouffée pas ces boutons. Aujourd’hui, elle aurait voulu plus que tout porter sa robe olive abîmée, recousue de partout mais douce au toucher. Retrouver l’odeur salée de son île. L’odeur de sa mère. Lilith pleurait. Lilith pleurait beaucoup trop ; c’était comme ça depuis toujours. Elle ne connaissait pas les faux-semblants. Son sang brûlait de vérité, et ça ne plaisait jamais vraiment aux autres. Alors elle admettait ce qu’elle entendait sur elle. Sa folie.

Combien d’élèves avaient utilisé ce mot ? Trois ans plus tôt, Lilith n’aurait jamais dit ça. Trois ans plus tôt, elle courait pieds nus dans l’herbe mouillée à la recherche d’aventures. Ses frères derrière elle, sa grand-mère toujours plantée dans sa maison à jardiner ou à concocter des potions. Avant Poudlard, Lilith ne s’énervait pas autant. Elle ne pleurait pas si souvent non plus. Elle était choyée, plus encore que tous ses frères réunis. Même le cadet ne pouvait rivaliser avec l’unique fille McKey. Comment pouvait-on changer aussi vite ?

Lilith n’était peut-être tout simplement pas faite pour coexister avec les autres jeunes de son âge. Jalouse, impatiente et téméraire, elle détestait au plus profond d’elle-même ses propres difficultés. Mais au fond, ce n’était pas si soudain. Dans toute la famille McKey, seule Gràinne — sa grand-mère paternelle décédée — partageait son handicap. Elle était un peu comme Lilith, mais différente aussi. Son grand-père adoré parlait souvent de l’amour de sa vie. C’était peut-être pour ça qu’il aimait autant Lilith. Parce qu’elles se ressemblaient. Trop sensibles, abandonnées éperdument à l’immensité de l’imagination, là où le réel finissait toujours par mourir. Mourrait-elle jeune elle aussi ? Et Gràinne voulait-elle, elle aussi, tout détruire ? Lilith pleurait encore plus fort en écoutant sagement l’adulte en face d’elle. Comment pouvait-elle lui expliquer tout ça ? C’était impossible, puisqu’elle-même ne comprenait pas tout.

Elle n’était qu’une gamine de douze ans essayant de se conformer à ce que la société attendait d’elle. Essayant de toutes ses forces d’être normale. Mais elle ne l’était pas. Elle avait son handicap et aucune magie au monde ne pourrait jamais le lui enlever.

Chui juste pas normale, dit-elle dans un hoquet de sanglot. J’y arrive pas. Chui nulle en tout et je dois tenir. Un silence s'installa. Chui fatiguée. Et c’était peu dire. Elle s’écroulait, tout simplement. Travaillant toujours plus, toujours plus encore pour maintenir des notes trop hautes. Elle finirait par tomber, un jour ou l’autre.

Lilith brulait de vérité mais pas pour ça justement. Si elle mettait un mot dessus, alors l’autre pourrait comprendre. Ou pire : savoir ce qu’était une dys. Et si l’adulte réagissait mal ? Alors elle préférait se taire. Seuls Matthew, Summer et Mina étaient au courant. Lilith ne l’avait jamais dit explicitement, mais chez les enfants, l’implicite semblait parfois naturel. Comme une évidence que les adultes oubliaient en grandissant.

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Je peux éditer si besoin miss @Valérie Hamilton :grin:

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20 juin 2026, 16:30
Le feu du bois dormant
Valérie continua d'écouter la jeune lionne sans l'interrompre. Elle se gardait bien d'en dire trop de peur d'orienter ses paroles ou de déformer ce que l'élève cherchait réellement à exprimer. Alors elle resta silencieuse, le regard fixé sur la fillette assise devant elle. Lorsque ses joues se firent plus humides encore et que ses reniflements se firent plus fréquents, la cheffe de chœur sortit doucement sa baguette. D'un léger mouvement circulaire, elle la fit tournoyer entre ses doigts. Quelques secondes plus tard, une boîte de mouchoirs bleutée vint se poser sur les genoux de la gryffonne. À l'évidence, le mouchoir mauve qu'elle lui avait tendu plus tôt ne suffirait pas.

Valérie se pencha légèrement en avant, les coudes appuyés sur ses genoux et le menton niché dans le creux de ses mains. Ses yeux se plissèrent un instant, et, chose rare pour être notifié, elle mit de côté ses plaisanteries et sa légèreté habituelle. « Quand on accumule trop de choses, elles finissent toujours par ressortir d'une manière ou d'une autre. Tu ne pourras pas garder tout ça en toi éternellement... au risque de finir brulée vive. » Un léger sourire étira néanmoins ses lèvres. Décidément, Valérie ne savait pas être entièrement sérieuse bien longtemps. Peut-être devrait elle travailler cet aspect maintenant qu'elle enseignait à Poudlard.

Pourtant, ce que décrivait la jeune fille lui était douloureusement familier. Cette sensation d'étouffer. De parler sans être entendue, d'avoir l’impression de s'exprimer clairement, tandis que les autres ne font qu'effleurer ce que l'on ressent réellement. Cette douleur sourde, tenace, qui consume lentement de l'intérieur sans qu'aucun mot ne semble capable de l'apaiser. Ce sentiment que se confier ne changerait rien. Alors, on cesse d'expliquer. On abandonne. Et l'on reste seule face à ce qui nous ronge. Valérie en retrouvait tous les traits chez la petite McKey. Quelque chose au fond d'elle, semblait aspirer son énergie, érigeant sans cesse de nouveaux obstacles sur son chemin.

« Bon... tu as l'impression de ne pas être normale. Mais, entre nous, qui a réellement envie de l'être ?» Une lueur malicieuse traversa son regard. « Parce que, franchement, les gens normaux... bah on les oublie vite. Ils ne dérangent rien, ne bousculent rien, ne laissent pas de traces. Alors personnellement, je trouve plutôt rassurant que tu te sentes un peu anormale. » Un petit rire espiègle lui échappa.

Toute sa vie Valérie avait été qualifiée de bizarre, d'excentrique, parfois même d'extravagante. Combien de fois lui avait on répété qu'elle n’était pas normale ? Avec le temps, elle avait compris que cette singularité n'était pas une faiblesse, mais une force.

« Alors, reprenons. » poursuivit elle avec douceur. « Tu dis être nulle en tout... pourtant, il y a au moins une chose pour laquelle tu ne manques pas de talent. » dit-elle en levant légèrement un sourcil. « Envoyer tes ennemies au sol. » Un sourire complice illumina son visage. « Tu as vu la façon dont Miss Jenkins a volé sur le sol avec le mouvement que tu lui as donné? C'était sacrement bien exécuté. » Son ton encourageant dura une seconde de trop avant qu'elle ne se reprenne brusquement. « Enfin, bien sûr, tu dois me promettre de ne jamais recommencer ça. Jamais. » Elle jeta un regard discret autour d'elle. Après tout, elle venait à peine de commencer son poste à Poudlard. Se faire renvoyer pour apologie de la violence serait regrettable.

Valérie se racla la gorge et secoua légèrement la tête, faisant tinter les créoles suspendues à ses oreilles. Lorsqu'elle reprit la parole, sa voix s'était adoucie. « Plus sérieusement... ici, tu peux parler. Tu es en sécurité. Si quelque chose t'épuise à ce point, peut-être que tu pourrais essayer de m'en parler. Et peut-être qu'ensemble... on arrivera à alléger un peu ce poids. » Son regard ne quitta pas celui de la jeune fille, essayant de gagner sa confiance afin de pouvoir avancer et de l'aider.
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@Lilith McKey et @Summer Jenkins pour la mention

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