27 juin 2026, 21:57
Avant les légendes  Recueil   OS   Solo   PNJ 
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Ce recueil d'OS sera centré sur l'enfance de Noa à l'Île de Skye.
Utilisation des PNJ Donatella Vane et Dural Vane
CHAPITRE I. Emporte mes tourments
CHAPITRE II. Le nid au sommet du monde
CHAPITRE III. Un gros tas qui fait du bruit
CHAPITRE IV. Gauche. Droite. Gauche.
Dernière modification par Noa Vane le 30 juin 2026, 20:29, modifié 1 fois.

#d19002 - Tournes-toi vers le soleil, et l'ombre sera derrière toi.

27 juin 2026, 22:08
Avant les légendes  Recueil   OS   Solo   PNJ 
Emporte mes tourments

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Île de Skye
03 juin 2045

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Le vent gronda dans les feuillages, arracha les branches et emporta avec lui les cheveux d'or des deux silhouettes perchées au sommet de la colline.

Il n'était pas rare de voir le plus grand des deux s'asseoir ici, le regard perdu à l'horizon. Parfois triste, parfois heureux. Il diffusait ses émotions parmi la forêt habitée, toujours surplombant les régions boisées, le regard perdu dans le ballet d'or du ciel à son coucher.

Il était parfois accompagné d'une femme. Très différente de lui, elle dégageait quelque chose de plus élégant, de plus inaccessible pour la forêt qui les contemplait d'en bas. Alors il n'était pas surprenant qu'une deuxième silhouette se détache du paysage cette fois encore.

Mais pourtant, une chose différait.

Ce n'était pas sa taille plus petite, presque de la moitié de l'habitué, ni cette ressemblance frappante qui les reliait. Mais ces cris. Ces sanglots inépuisables qui s'échappaient de sa gorge. Et puis, l'adulte parla. Cela ajouta encore à cette étrangeté. Jamais il n'avait prononcé un mot, même en compagnie de cette femme qu'il ne quittait pas du regard.

Alors, la forêt retint son souffle. L'attention marquée était portée sur le spectacle qui se jouait tout là-haut.

Les mots du père ne parvinrent pas à calmer l'enfant, dont l'attention restait fixée sur le petit tas de terre retournée à quelques pas de là. Elle espérait voir son lapin en sortir, comme si la journée qu'elle venait de passer n'était qu'une farce, une simple mise en scène de son ami pour l'embêter. Mais le gravât de terre resta obstinément immobile, et même le vent ne semblait pas vouloir le déranger.

La large main de son père vint se poser sur les cheveux d'or de l'enfant en pleurs. Il s'accroupit à sa hauteur et resta un instant silencieux, le regard tourné vers l'horizon.

Tu sais...

Il inspira doucement.

Quand je me sens triste, ou que ma tête est trop pleine, je viens ici.

Son regard glissa vers le soleil déclinant.

Je regarde le soleil se coucher. Et j'essaie de lui laisser tout ce qui me pèse.

Il marqua une légère pause, sa main restant dans les cheveux de sa fille.

Comme s'il pouvait l'emporter avec lui.

Il baissa enfin les yeux vers elle, avec un calme tranquille.

Et quand il disparaît... les choses paraissent souvent un peu moins lourdes.

L'enfant le regarda. Elle n'avait pas tout compris, mais se tourna vers l'horizon.

Alors... le soleil avait ce pouvoir ?

Un instant, son père lui sourit.

On va s'asseoir ?

Noa acquiesça, prête à confier ses démons à l'astre qui veillait sur eux.
Dernière modification par Noa Vane le 28 juin 2026, 12:53, modifié 1 fois.

#d19002 - Tournes-toi vers le soleil, et l'ombre sera derrière toi.

27 juin 2026, 22:21
Avant les légendes  Recueil   OS   Solo   PNJ 
Le nid au sommet du monde

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Manoir Vane, Île de Skye
18 septembre 2046

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La pie était inquiète. Un instant, elle laissa échapper son agitation dans une série de jacassements nerveux. Ses précieux œufs écloraient bientôt, et un renard curieux s'approchait bien trop près du nid.

Le voilà, tiens.

Ses yeux dorés cerclés de rouge brillèrent d'un éclat hostile, fixés sur cet affreux perturbateur bipède. La gamine aux airs de petit mammifère roux s'approchait encore de son nid.

Un cri sec s'extirpa de son bec tandis que ses rémiges noires et blanches battaient l'air chaud, annonciateur du retour imminent de ces satanées grues. Quelle plaie.

Ses pattes, qui serraient fermement les brindilles protégeant ses œufs, se détendirent à peine. Juste assez pour que les plus téméraires d'entre elles s'élancent vers le rejeton bipède.

La fillette ne réagit pas. Pas un sursaut. Juste un léger mouvement d'agacement, comme si le vent venait de lui fouetter le visage.

De son côté, inconsciente de l'hostilité aérienne dont elle était la cible, Noa avait en tête d'aller voir cet amas de brindilles de plus près. Peut-être y trouverait-elle un trésor. Son nom entrerait alors dans l'histoire, aux côtés des grands explorateurs du monde sorcier.

Trépignant d'impatience face à une telle éventualité, elle se hissa, non sans mal, jusqu'à la première ramure.

Un nouveau jacassement d'antipathie s'extirpa du syrinx du volatile tandis que les mains du bipède s'agrippaient au pilier de son foyer. Elle prit de la hauteur, pattes en avant, prête à griffer la petite intruse.

Cela ne stoppa pas l'intrépide humaine, qui se hissait encore plus haut, branche après branche. Ses prises, autrefois épaisses, s'amincirent jusqu'à ne laisser que quelques brindilles. Trop fragiles malgré son corps chétif d'enfant. Mais cela ne freina pas la jeune humaine, qui continua son ascension comme une martre insensée, prête à dérober ses précieux oisillons.

Alors, lorsque la branche qui la soutenait se brisa sous son pied, le cri de la pie résonna comme un avertissement.

Mais avant même que la chute ne s'amorce, une nouvelle branche sembla surgir du tronc, juste sous les pieds de la fillette. Bien plus épaisse, bien plus solide que la précédente.

Deux cris retentirent au même instant. La pie, effarée, observait son prédateur. Noa, elle, regardait la nouvelle ramure avec une joie non dissimulée.

Elle avait poussé.

Comme ça.

Les yeux encore plus brillants, elle continua son ascension, et les branches continuèrent de la porter vers le « trésor ».

Plus haut. Encore plus haut.

Et enfin, le nid.

Une petite masse de feuilles et de branches tissées avec l'attention d'une mère, coincée dans une fourche épaisse du tronc. Et en son centre, quelques formes remuaient, minuscules, fragiles, encore aveugles au monde. Quelques coquilles blanches restaient collées à leur duvet tandis que quelques piaillements s'échappaient déjà de leurs becs.

Noa se pencha légèrement, les yeux écarquillés.

Et l'éclat malveillant dans les yeux de la pie s'embrasa en une colère maternelle. Elle replia ses rémiges et fondit sur l'étrange prédateur.

Elle piqua vers elle comme une flèche noire et blanche, furieuse, oubliant la prudence au profit de l'instinct. Ses ailes claquèrent, ses serres fendirent l'espace.

Noa eut juste le temps de lever les bras avant de basculer en arrière, son corps libéré de ses prises.

Le monde bascula, et le nid disparut au profit du vide.

Elle chuta.

Le vent lui arracha un souffle, puis un second, tandis que les branches défilaient autour d'elle comme des traits brouillés. Elle n'eut pas le temps d'aligner deux pensées que le vent se stoppa et que sa vision s'éclaircit.

Elle vit trois brins d'herbe particulièrement hauts lui effleurer les prunelles.

Noa cligna des yeux, l'esprit encore figé par l'adrénaline.

Hein... ?

Puis elle tourna lentement la tête.

Derrière elle, entre les branches, une silhouette venait d'apparaître.

Sa mère.

Essoufflée.

Regard fixe.

Bras encore levé, comme si elle venait d'arracher sa fille au vide lui-même.

Sa mère inspira profondément.

Noa...

Un silence.

Puis, d'une voix très calme :

Redescends.

Sans prêter attention à ses mots, la fillette lui fit un grand sourire. Plus grand encore qu'après un chocolat chaud.

Maman ! J'ai fait de la magie !
Dernière modification par Noa Vane le 1 juil. 2026, 12:18, modifié 2 fois.

#d19002 - Tournes-toi vers le soleil, et l'ombre sera derrière toi.

27 juin 2026, 22:26
Avant les légendes  Recueil   OS   Solo   PNJ 
Un gros tas qui fait du bruit

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Île de Skye
20 décembre 2046

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Une canette roula le long d'une bordure pendant ce qui sembla durer une éternité avant de tomber sur la longue route nationale.

Une voiture passa. La canette aussi.

Noa, responsable de la disparition de l'innocent récipient, ne cilla pas. Les bouts de métal avaient leurs problèmes, et elle les siens.

Ses parents l'avaient traînée jusque-là avec la détermination de deux dinosaures obstinés — elle ne venait pas de nulle part, après tout — dans l'espoir irréaliste de la cultiver. Ou, au moins, de la rendre vaguement fréquentable.

Ils avaient déjà tout essayé.

L'histoire : elle s'était révélée un peu trop passionnée par les cadavres.

La peinture : ils n'avaient pas apprécié sa fresque murale dans le salon.

Le sport : elle était trop dangereuse.

La botanique : elle avait simplement fui.

Leur liste de solutions s'épuisait à vue d'œil, tandis que la satisfaction de Noa atteignait des sommets. Dignes parents d'un pareil spécimen, ils avaient tenté le tout pour le tout.

La musique.

Un domaine sans scène morbide, pas vraiment salissant, sans possibilité évidente de blesser quelqu'un. Et surtout assez vaste pour qu'elle ne puisse pas s'en échapper facilement.

Le loisir parfait pour un monstre de son acabit.

Une musique moldue, de surcroît. Pas d'enchantement. Pas de magie à détourner.

Le paradis.

Ou, du moins, c'est ce qu'ils croyaient.

Mais Noa avait déjà autre chose en tête. Un plan bien plus intelligent. Diabolique, même. Donc parfaitement adapté à elle.

À peine la clochette eut-elle sonné qu'un vendeur se précipita vers la joyeuse famille. Il leur présenta un violon : secouement de tête. Une guitare : grimace immédiate. Un tambour : léger plissement d'œil.

Tout ça était trop... sage.

Il lui fallait quelque chose à sa hauteur. Quelque chose de son espèce.

Pendant que ses parents contemplaient un triangle avec une attention beaucoup trop sincère pour être crédible, son regard s'accrocha à autre chose.

Gros. Massif. Bruyant.

Ses yeux pétillèrent aussitôt.

Elle pointa du doigt le tas de tambours et de cymbales et interpella le vendeur :

Et ça, c'est quoi ?

Ses parents se retournèrent immédiatement. Le pli inquiet déjà creusé sur leur front à la simple idée de ce que leur petit ange pouvait avoir trouvé.

Elle les regarda.

Ils la regardèrent.

Tout le monde comprit la catastrophe qui se préparait.

Noa sourit.

Ses parents, eux, avaient déjà l'air épuisés. Ils commençaient tout juste à survivre aux nuits compliquées de leur fille unique, et voilà qu'elle recommençait déjà.

Elle s'avança vers le vendeur, la bouche en cœur et les yeux bien trop innocents pour quelqu'un d'aussi sournois.

Puis elle désigna la masse bruyante du doigt.

Et ses parents comprirent que c'était fini. Pris à leur propre piège.

Une batterie. Elle avait choisi une batterie.
Dernière modification par Noa Vane le 28 juin 2026, 12:53, modifié 1 fois.

#d19002 - Tournes-toi vers le soleil, et l'ombre sera derrière toi.

27 juin 2026, 22:32
Avant les légendes  Recueil   OS   Solo   PNJ 
Gauche. Droite. Gauche.

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Île de Skye, Manoir Vane
30 mai 2051

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Les aiguilles de la pendule faisaient leur vie.

Gauche. Droite. Gauche.

Noa les fixait avec une intensité franchement disproportionnée pour un objet censé donner l'heure.

Qu'est-ce que c'était nul, une pendule. Aucun suspense, aucune surprise. Juste un bout de métal fatigué qui avait décidé de rythmer l'existence des autres avec une régularité insultante.

Pour savoir l'heure, il y avait les sorts. Simple. Efficace. Et surtout : silencieux.

Elle le disait souvent à ses parents. À chaque fois. Sous toutes les formes possibles. Mais eux tenaient à leur "trésor de famille", comme si un vieux mécanisme grinçant valait mieux que le confort du monde moderne.

Ridicule.

Elle avait déjà essayé de s'en débarrasser.

Une fois.

Elle l'avait jetée par la fenêtre du deuxième étage avec une conviction totale. Et ce machin avait survécu. Bien sûr qu'il avait survécu.

Il avait amorti sa chute. Comme si la gravité elle-même avait décidé de collaborer avec lui.

Ses parents avaient dû s'y attendre. Évidemment. Toujours. Comme s'ils possédaient une sorte de sixième sens anti-Noa.

Très bien, elle ferait autrement.

Mais pas n'importe quand ; Ils avaient des habitudes. Des horaires. Des failles.

Le mardi soir. Toujours le mardi soir.

Absence prolongée, courses, discussions inutiles, retour tardif. Une routine parfaite pour ce qu'elle préparait. Il ne manquait qu'un élément.

Poilu... viens là.

Un bruit sourd répondit depuis le couloir.

La masse arriva comme une catastrophe joyeuse.

Noa n'eut même pas le temps de se redresser correctement. Elle bascula.

Le sol ne manifesta aucun intérêt particulier pour son bien-être.

Bien sûr... souffla-t-elle.

Poilu, lui, était ravi d'exister.

Trop ravi.

Elle se redressa, déjà résignée. Le genre de résignation très spécifique aux gens qui ont arrêté de croire en la stabilité domestique.

Plan en cours.

Dans ses mains : une ficelle. Et un nœud rose.

Simple. Théoriquement.

Elle attacha la ficelle à la pendule avec un sérieux presque cérémoniel. Puis fixa l'autre extrémité au nœud rose.

Poilu observa. Poilu comprit. Poilu bondit.

Échec immédiat de toute négociation raisonnable.

La ficelle se tendit. La pendule oscilla.

Gauche. Droite. Gauche.

Mais elle ne tomba pas. Noa cligna des yeux.

...Non.

Poilu tira plus fort. La ficelle vibra dans l'air. La pendule suivit le mouvement, glissant sur le mur, arrachée sans jamais céder. Comme si elle refusait par principe de perdre.

Noa sentit quelque chose se tendre dans son cerveau.

Bien sûr que non, toi...

Poilu, lui, avait trouvé un jeu.

Et il était très investi. Le salon commença à participer malgré lui.

Une chaise bascula. Un coussin quitta la pièce. Un vase prit des décisions qu'il ne reverrait jamais.

Puis l'ensemble se stabilisa dans une forme de chaos fluide.

Et la pendule continuait. Imperturbable.

Gauche. Droite. Gauche.

Alors la porte d'entrée. Un clic. Une clé.

Silence. Cette fois, réel.

On est rentrés !

Noa se figea. Poilu tira.

La ficelle vibra. La pendule oscillait encore, suspendue entre deux catastrophes.

Gauche. Droite. Gauche.

La porte s'ouvrit. Le regard de sa mère balaya la scène.

Le salon en désordre. Le chien surexcité.

Et cette pendule.

Toujours intacte. Toujours insultante.

Gauche. Droite. Gauche.

Un silence. Le père inspira.

...Noa.

Elle était cuite.

#d19002 - Tournes-toi vers le soleil, et l'ombre sera derrière toi.