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Rentrée 2050
Dans la vitre Otis regardait son reflet. Il avait un air distrait, un visage allongé qui ne disait pas grand-chose. Le verre déformait sa tête et tendait sa peau ; il ressemblait à un clown d'un autre âge, de ceux qui semblaient à la fois si triste, et si joyeux. Il pencha son menton vers le côté pour changer son reflet. Cela le fit sourire. Malgré son expression perdue il lui semblait qu'il faisait plus vieux que son âge. Il avait de grandes oreilles décollés, de grands yeux, un grand nez : tout chez lui était grand et étiré, et sur le quai aujourd'hui il s'était senti si grand par apport à ses camarades, encore inconnus, qu'il dépassait pour la plupart d'une bonne tête. Comme un diplodocus dans une foule de dinosaures, son cou dépassait et il avait le champ libre pour observer à loisir le train, les murs, les parents qui disaient au-revoir, ceux qui pleuraient, ceux qui souriaient, ceux qui étaient déjà partis, et les élèves qui portaient leurs valises trop grandes pour eux à bout de bras. Les plus grands aussi, qui n'hésitaient pas parce qu'ils connaissaient déjà tout. Otis ne connaissait rien.
De son reflet ses yeux dérivèrent vers le quai. Sa maman était là, son père à côté, parlant avec un Benedict ému. Ada et Hector étaient déjà installés, il ne savait pas où ; il n'avait pas osé les déranger alors qu'ils s'en allaient nonchalamment, d'un pas tranquille. Ils ne partaient pas, eux : ils rentraient à la maison. Otis avait regardé son frère avec tout le sérieux du monde, et lui l'avait regardé avec plus de sérieux encore, et en se serrant la main ils s'étaient séparés, scellant leur pacte. Ils allaient dans deux wagons différents, et celui qui réussissait à se faire des amis en fera profiter à l'autre. C'était la mission, et chacun lui accordait toute l'importance qu'elle méritait. Deux corsaires affrontant les eaux noires, et, s'il fallait partir, c'était pour qu'ils se retrouvent, forts de nouveaux alliés, de l'autre côté de la mer. Ils avaient emporté leurs chapeaux de pirates, mais ni l'un ni l'autre ne le portait. Victor, en regardant la foule, n'avait pas osé le mettre. Et Otis avait oublié le sien, au fond de sa valise.
De toute façon, ils avaient le mal de mer.
Il ne savait pas quoi ressentir, alors il ressentait tout. La peur de s'éloigner de sa famille pour la première fois. L'excitation de découvrir enfin Poudlard et sa magie. Le sentiment d'être à la fois perdu et terriblement à sa place. La hâte d'arriver, la hâte de découvrir sa maison, la hâte de rencontrer des gens, la hâte d'utiliser sa baguette, la hâte de voir le Lac noir, de s'y baigner, d'y faire voler des cerfs-volants. Pendant qu'il regardait par la vitre de ce wagon vide, il était si distrait qu'une personne entrant l'aurait fait sursauter. Il sursautait beaucoup. Cela ne le dérangeait pas.
Oh, que Victor lui manquait déjà.
@Soleil Beaumont mes excuses pour ce retard !
Tu peux dire qu'Otis sursaute à ta venue dans le wagon.
#9d6c6c "I saved latin ! What did you ever do ? - Max Fischer
Dans la vitre Otis regardait son reflet. Il avait un air distrait, un visage allongé qui ne disait pas grand-chose. Le verre déformait sa tête et tendait sa peau ; il ressemblait à un clown d'un autre âge, de ceux qui semblaient à la fois si triste, et si joyeux. Il pencha son menton vers le côté pour changer son reflet. Cela le fit sourire. Malgré son expression perdue il lui semblait qu'il faisait plus vieux que son âge. Il avait de grandes oreilles décollés, de grands yeux, un grand nez : tout chez lui était grand et étiré, et sur le quai aujourd'hui il s'était senti si grand par apport à ses camarades, encore inconnus, qu'il dépassait pour la plupart d'une bonne tête. Comme un diplodocus dans une foule de dinosaures, son cou dépassait et il avait le champ libre pour observer à loisir le train, les murs, les parents qui disaient au-revoir, ceux qui pleuraient, ceux qui souriaient, ceux qui étaient déjà partis, et les élèves qui portaient leurs valises trop grandes pour eux à bout de bras. Les plus grands aussi, qui n'hésitaient pas parce qu'ils connaissaient déjà tout. Otis ne connaissait rien.
De son reflet ses yeux dérivèrent vers le quai. Sa maman était là, son père à côté, parlant avec un Benedict ému. Ada et Hector étaient déjà installés, il ne savait pas où ; il n'avait pas osé les déranger alors qu'ils s'en allaient nonchalamment, d'un pas tranquille. Ils ne partaient pas, eux : ils rentraient à la maison. Otis avait regardé son frère avec tout le sérieux du monde, et lui l'avait regardé avec plus de sérieux encore, et en se serrant la main ils s'étaient séparés, scellant leur pacte. Ils allaient dans deux wagons différents, et celui qui réussissait à se faire des amis en fera profiter à l'autre. C'était la mission, et chacun lui accordait toute l'importance qu'elle méritait. Deux corsaires affrontant les eaux noires, et, s'il fallait partir, c'était pour qu'ils se retrouvent, forts de nouveaux alliés, de l'autre côté de la mer. Ils avaient emporté leurs chapeaux de pirates, mais ni l'un ni l'autre ne le portait. Victor, en regardant la foule, n'avait pas osé le mettre. Et Otis avait oublié le sien, au fond de sa valise.
De toute façon, ils avaient le mal de mer.
Il ne savait pas quoi ressentir, alors il ressentait tout. La peur de s'éloigner de sa famille pour la première fois. L'excitation de découvrir enfin Poudlard et sa magie. Le sentiment d'être à la fois perdu et terriblement à sa place. La hâte d'arriver, la hâte de découvrir sa maison, la hâte de rencontrer des gens, la hâte d'utiliser sa baguette, la hâte de voir le Lac noir, de s'y baigner, d'y faire voler des cerfs-volants. Pendant qu'il regardait par la vitre de ce wagon vide, il était si distrait qu'une personne entrant l'aurait fait sursauter. Il sursautait beaucoup. Cela ne le dérangeait pas.
Oh, que Victor lui manquait déjà.
@Soleil Beaumont mes excuses pour ce retard !
#9d6c6c "I saved latin ! What did you ever do ? - Max Fischer